Contrôle et assurance qualité des médicaments traditionnels et modernes dans la province du Sud-Kivu

Le documentaire, réalisé par des doctorants de première année de l'Université catholique de Bukavu, explore les multiples facettes du contrôle de la qualité des médicaments – modernes et traditionnels – dans la ville de Bukavu, province du Sud‑Kivu. À travers des entretiens avec des étudiants en médecine, des pharmaciens, des praticiens traditionnels, des patients et des habitants, le film décrit : (i) la prévalence de l’automédication et le recours simultané aux produits pharmaceutiques industriels et aux remèdes indigènes ; (ii) les pratiques de prescription informelle par des étudiants ou des tradipraticiens, souvent en dehors du cadre légal ; (iii) les risques sanitaires liés aux surdosages, aux intoxications (hépatotoxicité, néphrotoxicité) et à la résistance aux antibiotiques découlant d’un usage abusif ; (iv) les limites du système de santé officiel (accès financier, distance, manque de suivi) qui poussent les populations vers des solutions de fortune ; (v) le rôle des pharmacies de quartier qui délivrent des médicaments sans ordonnance, parfois en conseillant les patients sur la base de leurs symptômes ; (vi) les enjeux juridiques et éthiques (interdiction de prescription pour les étudiants, absence de réglementation pour les tradipraticiens) ; (vii) les perceptions culturelles (maladies d’esprits, croyances sur les antidotes) qui influencent les choix thérapeutiques ; et (viii) les propositions du groupe – sensibilisation du public, formation des acteurs de première ligne, coordination entre autorités sanitaires, cliniciens et communautés – pour améliorer la qualité, la sécurité et l’accès aux traitements. Le film se veut à la fois descriptif et appel à l’action collective.
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Longtemps soigné, mais jamais guéri. C'est ce que l'on dirait du peuple noir. Aujourd'hui, à travers ce voyage plein de découvertes surprenantes au cœur de Bukavu, les étudiants de la première année de doctorat de l'Université catholique de Bukavu vous feront découvrir l'une des plus grandes raisons à cette triste constatation.
J'ai eu des expériences pendant des stages, 3 stages déjà, et ces expériences m'ont permis quelquefois d'administrer des médicaments, à prescrire au quartier.
Comme presque partout en Afrique, à Bukavu, le problème de prise en charge de maladies demeure l'un des plus préoccupants. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'accessibilité géographique ainsi que celle financière ne sont pas les seules coupables. À blâmer. D'autres facteurs responsables de cette préoccupation se tapissent sous d'épaisses couches d'une quête acharnée des lucres. Particulièrement, nous allons nous pencher sur la question d'assurance qualité des médicaments modernes ainsi que des médicaments traditionnels et nous attellerons davantage sur la posologie et la prescription. Nous farfouillerons Bukavu autant dans ses recoins les plus insoupçonnés Ainsi que dans ceux où les scandales aient perdu toute discrétion, pour comprendre les raisons d'être de ce fléau.
Si a konato kambal, me o kona vite o kona piganishu, ikovite yakisi, me olimengwagizi, me mungwagutete.
Amen, hein?
Panasi de mungwagatuta tuli.
Oui, souvent j'utilise les médicaments indigènes et modernes. Par exemple, avec les maladies actuelles chez les enfants, on peut utiliser soit les herbes ou des comprimés. En effet, je suis polyvalent. Je compte tout traitement pouvant m'aider.
Je sens certaines maladies comme provenant de mauvais esprits. Comme hier, je me suis senti mal.
Le personnel soignant me donne toute la cure, mais quand je me sens bien, je garde le reste du médicament pour la prochaine fois. J'ai fait certains mélanges que je prends pour soulager ma peine, souvent quand j'ai la malaria ou quand je me sens fatigué.
Si tu as des maux de ventre ou fatigue, tu peux aller acheter de l'ibuprofène. Ça dépend de ce que le personnel soignant voit tes douleurs.
Oui, j'ai acquis des expériences pendant des stages, trois stages déjà, et ces expériences m'ont permis quelquefois d'administrer des médicaments, à prescrire au quartier des médicaments. Je le fais sur base des symptômes puisque je n'ai pas de moyens pour les examiner à la maison.
Comment ma bonne joie, tu sais me quoi, ma toute Quand les enfants tombent malades, je demande aux autres parents qu'ils me permettent d'aller prendre certains produits indigènes. Normalement, on prend l'antidote du poison 2 fois, mais si ton poison est mélangé avec la malaria, on doit prendre d'abord l'antidote et prendre les médicaments contre la malaria quelques heures après. Et on prend les médicaments contre la malaria, donc on attend que les gaz de l'antidote puissent se terminer dans l'organisme afin qu'il n'y ait pas d'interaction entre Una poca cuñatela y le da paso a la que le da por el estómago.
Una paso y cuñatela se ve, vente. Una paso cuñatela y le da por el yacizungo. Y le gasea y le da por el yacizungo y te puede echar hicha. Una tene y le da por el yacizungo y te puede echar hicha muy gasea.
Oui, et l'antidote tuera tous les œufs du poison dans l'organisme.
Si le traitement n'a pas marché, je leur dis un autre traitement si je le connais, ou je les renvoie carrément à l'hôpital. Non, je n'ai pas de notions vraiment précises pour la prescription des médicaments, mais je le fais seulement parce que j'ai quand même des bases.
D'abord, sur le plan légal, les étudiants ne sont pas permis de pouvoir prescrire quoi que ce soit. Même le paracétamol peut s'avérer très très toxique.
Je soigne les problèmes de tête, la hernie, les infections, les problèmes de stérilité, l'estomac. Les poisons, les problèmes des dents, les oreilles, la folie et des problèmes dermiques. Pour traiter la hernie, j'ai un produit qu'il faut bouillir et l'utiliser comme lavement 2 fois par semaine, donc le lundi et le samedi. D'autres racines peuvent être utilisées comme traitement.
D'après les docteurs, les étudiants en médecine ne sont pas légalement autorisés à prescrire un médicament. Et ce quand bien même le besoin pressant de leur intervention se fait ressentir face à la communauté ignorante et démunie. Et si cette liberté leur est restreinte malgré les connaissances dont ils sont détenteurs, que dire des tradipraticiens dont l'exercice ne connaît aucune réglementation Voilà une préoccupation qui requiert beaucoup d'intérêt.
Na ya mo be a panini? Shabo.
Shabo.
Shabo nje na sediyafunini.
On a quoi à tenir vierge?
Mais que idam opé à pénézir ou dix à virginité. Nawa tu as chassé au di.
Hey.
Hey.
Ah tcha kona ni ttole muzumi nda yone chassé.
Il faut faire attention avec la dose à donner. Il faut tenir compte du début des manifestations de l'intoxication, car on risque de tuer son patient.
Je travaille dans la pharmacie et devant des médicaments. Si les clients n'ont pas d'ordonnance, cela n'est pas très important. Par exemple, si les patients viennent pour des maux de tête, on cherche comment l'orienter.
Soit ma maux de tête, soit ma douleur abdominale. Soit que pour hôpital, pour dispensaire, pour soutien, n'est pas tenue ni ordonnance. Des fois, on n'a pas idée à qui envoyer, on a cru au moins on a expliqué, ils l'ont orienté.
Regarde, on est en pharmacie. Si mon pharmacien dit qu'il n'a pas de pharmacie, il a défendu une ordonnance.
Tous les clients ne viennent pas avec une ordonnance. Ils nous présentent leurs symptômes et nous servons des médicaments.
Coucou, on dit les docteurs, quand même qui choquent à Mubuma, bilan ordonnance, tu peux le faire, on servirait tard. Quand même, il y a quand même de la grippe, l'autre après souffle comme servirait tard. Ah, il faut ça qu'il a donné toutes les servirait bilan ordonnance.
On fait seulement ça en cas de petites maladies qui ne demandent pas une consultation médicale.
Là, tu n'as servi retard. Quand il y en a beaucoup, il n'allait pas à consultation médicale, normalement là.
Bon, les répercussions, ça peut être soit le surdosage, soit ça peut changer les courbes normales de la maladie, soit ça peut aggraver la maladie ou changer les symptômes qui seront exploités par les médecins, etc. Bon, personnellement, ça m'interpelle, mais souvent on n'a pas de choix, souvent on est obligé d'y aller puisque beaucoup n'ont pas de moyens pour voir les médecins. Médecin pour arriver à l'hôpital. Les limites que je m'impose, je me dis par exemple un tel patient qui est venu dans, par exemple dans une commande, je ne peux pas lui prescrire quelque chose. C'est ça. Et les limites aussi, ça dépend de comment je connais les gens au quartier.
Oui, la majorité de la population du quartier vient à l'hôpital après avoir pris certaines prémédications par rapport à la maladie dont il est question. Et souvent, vous allez voir que la plupart des malades viennent après avoir passé plusieurs jours, même plusieurs semaines, en train de s'automédiquer. Et il y a aussi certains patients qui viennent à l'hôpital après avoir aussi pris des produits traditionnels, et la plupart viennent avec des complications liées à la prise exagérée de ces produits traditionnels. Le problème lié à l'automédication et le problème lié à la prise de produits traditionnels constitue en tout cas un grand défi pour tout clinicien, surtout dans notre région, j'ai commencé avec l'automédication. Les automédications, surtout s'il s'agit des automédications avec utilisation des antibiotiques, ça cause un sérieux problème de résistance. Et donc vous allez constater que à cause de ces patients-là qui viennent avec des résistances, on se trouve dans l'embarras, on ne sait pas finalement quel médicament choisir. On trouve que ça devient de plus en plus compliqué parce qu'il y a certaines maladies qui sont décapitées par l'usage abusif d'antibiotiques, comme par exemple des pathologies comme la méningite et qui peuvent évoluer vers la chronicité avec des complications comme l'hydrocéphalie. Donc en gros, l'automédication, surtout l'automédication avec l'usage des antibiotiques crée un problème sérieux de résistance, ce qui fait qu'il y a pratiquement des souches microbiennes qui pratiquement se développent, des souches microbiennes multirésistantes qui sont développées au sein même de la population. Et ceci est greffé pratiquement d'une plus grande proportion de mortalité dans la population générale. Mais en ce qui concerne maintenant du type utilisation des produits traditionnels, donc l'intoxication aux produits traditionnels, on a 2 problèmes sérieux. Le premier problème, c'est pratiquement les insuffisances rénales, et le deuxième problème, ce sont les insuffisances hépatiques. Parce qu'à chaque fois qu'on prend des médicaments, c'est pratiquement le foie qui doit métaboliser ces médicaments, et c'est les reins qui est d'une façon générale chargé de pouvoir assurer l'élimination de ces médicaments-là. Alors vous allez voir que ce sont des patients qui viennent dans des tableaux d'hépatonéphrite très, très évolués, et souvent leur issue est de plus en plus fatale. Donc la plupart, pas la plupart, mais dans la plupart des cas, les insuffisances rénales aiguës sont dues à une consommation abusive des produits néphrotoxiques toxique, ce qui crée ce qu'on appelle une nécrose tubulaire aiguë. Et souvent, ce sont des insuffisances rénales qui sont très prééminentes et qui conduisent au décès. Sur le plan légal, les étudiants ne sont pas tenus de pouvoir prescrire quoi que ce soit. Même le paracétamol peut s'avérer très, très toxique. Vous savez, vous connaissez le métabolisme du paracétamol, le N-acétylpara-aminobenzokyline, il est très, très hépatotoxique.
Toxiques.
Donc avec le paracétamol, vous pouvez avoir une hépatite cytolytique, ça va. Et vous, vous allez dire que non, vous avez juste produit pour prescrire du paracétamol, c'est pas vous qui avez tué le patient. Mais non, le paracétamol, quand il est prescrit en surdosage, ça peut pratiquement entraîner des effets là très très délétères. Parce que c'est le paracétamol, c'est pratiquement le produit qui est pratiquement voué à la plupart des cas d'automédication là. Et il y a des gens qui pensent que c'est un médicament qui n'est pas nocif. Pourtant, il est nocif quand il est prescrit à forte dose, ou alors chez des individus déjà qui ont une insuffisance hépatique évoluée. Vous prescrivez encore du paracétamol, il ne sera pas métabolisé, cela peut faire une grande mortalité ou alors des effets secondaires néfastes. Donc sur le plan médico-légal, d'abord les les étudiants ne sont pas permis de prescrire des médicaments parce qu'ils peuvent être enfermés, parce qu'ils n'ont pas ce droit-là. Ce droit est réservé aux médecins pratiquants qui sont enregistrés sur les tableaux de l'Ordre national des médecins, vous comprenez. Ensuite, sur le plan pratique aussi, sur le plan pratique, pour pouvoir prescrire de façon efficiente un médicament, il faut avoir le minimum d'une expérience clinique, vous comprenez, parce que, vous devez savoir et maîtriser ce que vous êtes en train de prescrire. Et on ne prescrit pas n'importe quoi, parce qu'en prescrivant n'importe quoi, vous risquez en tout cas de conditionner beaucoup d'effets secondaires.
Nous ne prescrivons pas des médicaments, nous servons des médicaments en cas de maladie habituelle. Comme la malaria, le maux de tête. Si c'est grave, on te réfère chez un médecin.
Prescription médicale pour que tu puisses servir mesdames. Lorsque nous avons posé ma question, il faut que nous allions voir l'équipe Bodinane. Ce qu'on a, et qu'on a mal symptômes, par exemple la malaria, mais tout qu'on a doute, on a tout le monde pas mon gang, on n'a pas consultation.
Il faut savoir expliquer aux patients.
Comment prendre des médicaments? Nous donnons des médicaments en fonction des signes et des plaintes du patient.
Nous ne faisons pas d'examen car cela est une tâche réservée aux hôpitaux.
Morienter, tu n'as pas envie. Pour souter, pour que tu aies bien traité, il faut t'emmener à l'hôpital. Bon, dose de quoi c'est moins? Pour que tu aies, tu n'as pas n'a qu'à selon poids et maladie, ou selon la dose varie selon l'âge et le poids. Ah, bana rutiaka. Oui, bana rutiaka.
Ça va pas mieux. Et nous changeons d'un traitement s'il n'y a pas de guérison.
Il faut savoir ne pas faire ça. Examen, il y a des médicaments qui sont là.
On vous vend un médicament à la pharmacie, on vous dit par exemple que ça aide contre la toux. Ah mais vous savez, je vais donner un exemple très clair: ce ne sont pas toutes les toux qui doivent être pratiquement inhibées. Une toux qui est productive, c'est une toux qu'il faut laisser, c'est une toux qu'il faut laisser en activité. Productivité, parce que cette toux-là permet pratiquement à l'arbre trachéo-bronchique de pouvoir se débarrasser des microbes et des particules nocives. Alors quand vous, quand vous inhibez une toux productive, vous risquez de créer un encombrement bronchique chez les patients. Mais bien que vous savez qu'il existe certains antitussifs, il faut vraiment maîtriser l'usage des antitussifs. Il en est de même pour les autres médicaments. C'est pas parce que vous connaissez l'indication d'un médicament qu'il devient automatiquement indiqué dans ce cas particulier-là. Il faut avoir une expérience clinique par rapport d'abord à l'indication en question, ensuite par rapport aux effets secondaires, et ensuite par rapport à la nécessité de pouvoir prescrire des médicaments. C'est juste d'éduquer la population en lui demandant de venir à l'hôpital chaque fois qu'il y a un problème de santé. Jusqu'à preuve du contraire, on ne peut pas chasser quelqu'un de l'hôpital parce qu'il n'a pas l'argent. Ceux qui pensent qu'on peut les chasser parce qu'ils n'ont pas l'argent, qu'ils viennent d'abord à l'hôpital provincial. Nous, on n'a jamais abandonné un malade grave juste parce qu'il n'a pas l'argent. Tout ce qui se dit dans la cité concernant au Vous voyez, les médecins ne peuvent pas vous recevoir si vous n'avez essayé du n'importe quoi. Ceux qui sont gravement malades ou ceux qui ont un problème de santé qui viennent à l'hôpital, ils vont trouver des remèdes à l'hôpital au lieu d'aller chez les charlatans et commencer à prendre n'importe quoi jusqu'à ce qu'ils seront en train de mourir à leur propre santé.
Face aux déviances et charlatanismes, l'éducation de la population générale et la sensibilisation contre les idées reçues représentent une espérance de salut pour la population du Sud-Kivu ravagée par ce désastre. Le défi reste grand, mais pour le relever avec succès, il nous faudra tous: administratifs, médecins, pharmaciens, étudiants, et population en général y apporter notre part.