"We Had to Become Farmers" | A Doctor in Congo on What Happened When USAID Left

Dr. Céline Gounder, a physician at Keshero Hospital in Congo, describes the collapse of North Kivu's health system after USAID cut funding in 2024, eliminating 70% of medical supplies and forcing doctors to become farmers. Patients now turn to traditional healers, leading to untreated blood clots that require amputation. Maternal deaths, malnutrition, and epidemic outbreaks have surged across the province.
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Quand je suis médecin à l'hôpital Keshero dans l'année 2024, et puis du coup il y avait eu la rupture de l'appui de USAID, et du coup on avait réduit sur le nombre de personnel. Moi personnellement, je faisais partie des personnes, des médecins qui ont été mis à la porte. USAID appuyait au moins 70% du territoire national sud-sudanais RDC. Je me suis rendu compte que les intrants n'arrivaient plus, les zones de santé n'étaient plus équipées. Le personnel soignant aussi avait abandonné faute de ne pas avoir les assistances et tout. Ils se traitaient par les herbes et tout, faute de moyens. Il arrive des fois où les gens viennent à l'hôpital, ils n'ont pas de l'argent, ils ne font que donner le patate douce, le manioc, tout, pour un peu décompenser leur prise en charge. Puis en vue de cela, bon nombre de ces infirmières, ces infirmiers est obligé de laisser l'hôpital. Parce que je lui avais posé la question: pourquoi vous êtes tous seuls ici? Il m'avait dit: bon, avec la situation actuelle, Youssayed nous a appuyés, et vu que Youssayed était parti, il y a plus de personnes qui n'étaient que m'accompagner dans cette situation. Je suis obligé d'assumer toutes les responsables. Une fois arrivé au bureau de la zone de santé, le médecin-chef de zone lui-même avait envoyé clairement qu'en tout cas il n'y a rien. Je suis parti visiter les stocks C'était chaos. Du coup, je lui avais posé la question: comment est-ce que vous faites pour survivre dans ce coin ici? Il m'avait dit: en tout cas, j'avais changé de métier, je suis devenu cultivateur tout en étant médecin chef de zone. Parce que pas mal, au moins 70%, moins 70% des intrants que je recevais à ma zone provenait de USAID. Mais vu que USAID n'est plus là, en tout cas nous sommes— comment se fait-il un médecin qui a fait 7 ans, il peut laisser tout et aller cultiver le manioc aller pêcher le poisson et tout. Ça veut dire que vu qu'ils n'ont pas de moyens d'aller cultiver pour leurs intérêts. Have you seen the patient outcomes change after the USAID cuts? Les femmes, quand elles viennent sur la consultation prénatale, il y a des kits et tout et tout. Et tout cela, c'est donné gratuitement. Maintenant, toutes ces choses-là étaient prises en charge par USAID. Maintenant, vu qu'il y avait plus de stock, les gens ne recevaient plus, les femmes n'étaient plus des parasites, c'est des parasites plus, elles ne recevaient pas de quoi, de moustiquaire et d'autres traitements qui étaient gratuits. Maternité était gratuite et c'était appuyé par, en grande partie par USAID. Fini avec la situation de la malaria, tous les traitements là, les traitements là étaient donnés gratuitement, premièrement là-haut dans le milieu rural Maintenant, vu qu'il y avait plus le traitement, les gens mouraient franchement. Au-delà de la malaria, il y avait aussi la malnutrition, il y avait aussi des accouchements prématurés et des décès maternels qui étaient en abondance. Vous connaissez, je sais pas comment est-ce qu'on appelle ça en anglais, avec la notion des thromboses veineuses profondes qui se traitaient, qui se traitent à l'hôpital. Maintenant, vu qu'il y avait les ruptures de quoi, de USAID et tout, Bon nombre de phytothérapeutes, de tradipraticiens commençaient déjà à les traiter domiciliairement. Comme conséquence, avec des thromboses veineuses profondes, ça entraînait des amputations. Sur une échelle de 10, j'avais rencontré 3 personnes. Quand ils s'expliquaient, ils me disaient que: «Oh, je suis parti chez un phytothérapeute, il m'a donné des médicaments, ça n'a pas marché et je suis retourné à l'hôpital avec un grave état, on a été obligé d'amputer la jambe.» Il y a une notion de gastrique. Le phytothérapeute Ils ont un peu de maquillage, ils ont un peu d'utiliser les herbes et le patient nous arrive à l'hôpital déjà dans une phase-là de péritonite, beaucoup de complications qui vont avec.
Comme vous le savez, quand la situation avait commencé, ça a commencé normalement dans les institutions étatiques. Après quelques jours, quand la province était tombée, c'est la période où USAID aussi, ça fait aussi presque coupé tous ses appuis. Alors actuellement, les femmes sont délaissées, il y a des violences basées sur le genre, il y a des situations vraiment compliquées, les enfants n'étudient plus. Comme nous sommes dans une zone épidémique, après Mboxe c'était Ebola, aujourd'hui il n'y a que des répétitions des épidémies par rapport à la situation des conflits armés et tout ça, ça impacte sur la santé de la population de la province du Nord-Kivu.
If Ebola spreads further into North Kivu, what worries you most about the capacity to respond?
À l'accréditation justement pour l'appui de la riposte Ebola. Il y a des médecins qui décèdent, il y a des infirmiers qui décèdent. Nous n'allons pas baisser les bras, nous n'allons pas nous limiter en parlant comme on n'a pas de moyens. À l'instant où je vous parle, il y a une réunion des services épidémiologiques et de coordination, donc système de gestion d'incidents, qu'on est en train de préparer tout de suite avec les partenaires OMS justement qui nous appuient, mais aussi un appui de moyens parce que USAID aussi avait coupé tous ses appuis. On a toujours dit qu'on doit riposter de son moyen, on ne doit pas baisser les bras, on doit toujours faire la recherche active, la surveillance continuelle, la surveillance à base communautaire. It will be very important now to help us somewhere in order to help us because now we are struggling Really, really, if it could be someone who can try to help us like USAID and to get another partner who could help us, we invite you to help us really. And thank you for this moment.
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