
Pierre Rabhi grew up in a Saharan oasis, then rejected modern consumerism to farm in rural France and teach agroecology across Africa. He argues that petroleum-based economics destroys the environment and creates inequality, and calls for local communities to grow food sustainably instead.
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Le but principal de ce travail, ça a été de retrouver un sens à la vie. C'est-à-dire que je suis né dans le désert du Sahara, petite oasis. J'ai été ensuite élevé par des Européens. Ensuite, j'ai quitté l'Algérie. J'ai vécu à Paris et j'ai étudié en quelque sorte un petit peu l'organisation du monde moderne qui était un paradigme particulier basé sur la combustion énergétique, le pétrole, la technologie et qui proposait à l'humanité une autre ère, une autre situation historique. C'était l'Europe qui a inventé le modèle actuel Mais l'Europe, elle a pu survivre par la colonisation et par le drainage, l'apport des ressources de toute la planète pour ériger, pour construire son modèle de société. Donc ce modèle, il a une forte concentration en ressources et en moyens que l'Europe n'a pas générée. Donc nous sommes dans ce modèle-là qui a en fait dominé l'ensemble du système humain. Donc on a mis dans l'idéologie le profit est devenu l'élément moteur de tout l'ensemble de l'organisation humaine. Aujourd'hui, la problématique, c'est que ça a produit, au plan mondial, sur la base de la compétitivité économique, des disparités énormes. J'ai considéré que ce qui m'était proposé, c'est de faire une carrière. De ma vie, faire une carrière. Et là, j'ai considéré que c'était une confiscation de ma vie par un système. Quand on s'est rencontré avec ma femme Michel, qui s'appelle Michel aussi, donc nous avons refusé de faire carrière. Nous avons décidé de revenir vers la nature, vers la terre, en 1961. Et depuis 62-63, nous sommes installés sur ce lieu. Nous avons vécu 13 ans sans électricité, 7-8 ans avec très peu d'eau, pas de téléphone, aucun élément moderne. Et c'est là que nous nous sommes installés, parce que nous avons trouvé du bonheur à vivre dans ce lieu. Parce que le bonheur, c'est la seule chose qu'aucun milliardaire ne peut acheter. On ne pouvait pas se priver de ce cadeau que nous donne la vie, de la beauté des arbres, de la beauté de la nature, confisquer cela et croire qu'on est encore vivant. La deuxième phase, j'ai été ouvrier agricole. Je faisais donc de l'agriculture chez les gens pour apprendre et là j'ai vu que les gens utilisaient beaucoup d'engrais, de pesticides, des choses dangereuses pour la vie et pour la nature et pour la terre et j'ai rencontré La possibilité de faire l'agriculture, notamment par l'anthroposophie Rudolfsteiner, pour l'anthroposophie, pour l'agriculture écologique. Nous avons appliqué ces méthodes sur notre ferme, qui est devenue fertile et qui nous a permis d'élever nos cinq enfants. Et j'ai constaté qu'au tiers-monde, il y a des gens qui sont en difficulté de se nourrir. avec une agriculture où on leur disait qu'il fallait utiliser des engrais chimiques, des pesticides de synthèse et ce qui faisait qu'ils dépensaient beaucoup d'argent en même temps qu'ils empoisonnaient leur environnement, leur terre, l'eau et ils s'empoisonnaient eux-mêmes. Et donc ils auraient appris à l'agriculture écologique. La première fois au Burkina Faso. Et alors après on a créé des lieux de formation. Il y a à peu près une vingtaine de lieux que j'ai créés qui sont dédiés à l'humanisme et à la nature. À un certain moment, on m'a demandé de me présenter aux élections présidentielles et c'était pour faire avancer la vision écologique. À partir de la logique actuelle, qui a donné à l'énergie combustible un pouvoir important par ce qu'on appelle la pétrochimie internationale. La pétrochimie internationale a donc défini comment il fallait cultiver la terre. Et l'autre élément, ça concerne la médecine. C'est-à-dire, dans la médecine, La pétrochimie internationale a voulu investir les deux domaines, et l'agriculture en particulier, plus l'industrie, et la médecine. Aujourd'hui, on peut dire globalement qu'il y a une frange d'êtres humains qui sont conscients du piège dans l'économie. Donc nous, on est dans une réaction contre tout ça en disant qu'on peut cultiver la terre autrement, on peut se soigner autrement, on peut éduquer nos enfants autrement. On n'est pas obligé d'éduquer les enfants comme compétition, compétition. Donc moi, je suis très engagé dans ces actions concernant l'écologie globale. en matière d'agriculture comme en matière d'écologie globale. Donc nous avons créé plusieurs structures fondées sur le lien entre la terre et l'humanisme. C'est quand on a fait les dégâts, on vient secourir les gens. Alors qu'il suffirait d'aider les gens à se suffire à eux-mêmes, et ils n'ont pas besoin de notre aide. Ils n'auront pas besoin de notre aide. Si on se met en perspective pour demain, il faut revenir à la recréation de communautés de vie qui serait non pas compétitive mais solidaire. Et donc cette solidarité, j'appelle ça les oasis en tout lieu. C'est-à-dire qu'il y a une désertification sociale, une désertification économique. Et dans cette désertification, c'est la création de lieux de vie où les gens, plutôt que d'être en compétition, se regroupent en solidarité. Et je ne crois pas que l'avenir puisse être autrement. C'est impossible. En plus des structures, ce que nous voulons aujourd'hui, c'est intensifier la propagation de l'agroécologie. Si j'ai mon salaire j'ai besoin de personne. Seulement maintenant j'ai plus mon salaire et je me rends compte que j'ai besoin des autres. Il y a une inversion des choses et c'est pour ça que je pense qu'on peut mettre en perspective une société nouvelle Mais cette société doit être basée sur la modération. Parce qu'aujourd'hui, là où nous sommes, c'est ce qu'on appelle la croissance économique indéfinie. C'est-à-dire qu'il faut que nous nous libérions, il faut se libérer de tout ce qui nous rend dépendants, inutilement, pour arriver à une société dans laquelle les gens sont libérés, mais tranquille et heureux. Alors que le système, il n'arrête pas de dire, vous n'avez pas assez, vous n'avez pas assez. Et la publicité, justement, le rôle de la publicité, c'est d'entretenir la frustration. C'est ça pour qu'il faut travailler aussi sur l'éducation des enfants, apprendre aux enfants, dire, tu as à manger, tu es vêtu. Tu as une maison, tu es soigné, tu as tout ce qu'il faut, tu as tout, ça y est. Et alors il n'y a qu'un petit mois de vacances dans l'année où tout le monde court, glisse un peu sur la neige, va se bronzer sur sur les plages, et il considère que c'est ça, vivre. Vivre, ça devrait être au contraire, avoir beaucoup plus de temps pour admirer la vie, pour jouir de la vie. On n'a pas pris en compte le facteur humain et le facteur nature pour construire notre système. Et c'est pour ça que nous, nous militons pour qu'on puisse changer de paradigme, c'est-à-dire changer la logique elle-même. C'est-à-dire que quand on prend la planète entière, il y a des pratiques traditionnelles encore sur la planète. Quand on va en Afrique, en Inde et tout ça, il y a encore des gens qui travaillent comme leurs ancêtres depuis très longtemps. On peut dire que globalement, la part des alternatives en agriculture écologique, notamment en Occident, elle est encore petite. On crée des structures pour que ça s'étende. Pendant longtemps, c'était bloqué. Aujourd'hui, il y a de plus en plus de gens, de ce qu'on appelle les consommateurs, qui sont conscients du rapport entre leur alimentation et leur santé. Mais le problème, c'est que pour que ça puisse suivre, il faudrait des politiques nationales qui soient favorables à cela. Parce que dans l'État, il y a les gens qui ont des intérêts, qui sont dans les usines, qui sont des patrons d'usines, des patrons de multinationales, qui eux veulent que le modèle puisse perdurer. Et du coup, les décisions qui sont prises par l'État ne sont pas forcément en faveur de l'orientation écologique. Une humanité qui soit devient intelligente, fait des choses intelligentes, respecte la vie et elle vivra, soit ne respecte pas la vie et elle mourra.
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