Interview avec Corinne Loetscher, une super maman épanouie

Dans cette interview de plus d’une heure, Cédric Dupont accueille Corinne Loetscher, coach de vie, praticienne en constellations familiales et spagyriste, pour parler de son expérience de mère célibataire d’une fille de presque dix ans. Corinne raconte son parcours personnel – naissance prématurée, enfance avec une mère travailleuse et absente physiquement, divorce, création d’une activité indépendante pour pouvoir éduquer sa fille elle‑même. Elle décrit les difficultés rencontrées (santé post‑naissance, séparation du père, contraintes financières, pandémie) et les stratégies qu’elle a développées : mise en place d’un cadre structuré (horaires fixes, limites claires), moments de jeu et d’affection courts mais présents, limitation de l’exposition aux écrans, travail sur les croyances limitantes et la culpabilité parentale via la libération du subconscient, et usage des constellations familiales pour réparer le manque de lien maternel. Corinne insiste sur l’absence de « manuel » de la maternité, la pluralité des modèles parentaux (maman de semaine, belle‑mère, mère de famille recomposée, mère voyageuse) et l’importance de rester femme avant tout – prendre soin de soi, de sa sexualité et de ses besoins. Elle partage des conseils pratiques (routines, écoute des besoins de l’enfant, auto‑évaluation quotidienne) et souligne que la parentalité est un processus dynamique où l’adulte doit constamment ajuster son cadre pour offrir sécurité et autonomie à l’enfant.
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Alors, bonjour tout le monde, je suis heureux aujourd'hui d'inviter Corinne Lecher sur ma chaîne YouTube. Corinne est coach de vie, constellatrice en famille, constellatrice, j'y arriverai, et spagyriste aussi également. Bonjour à tous, bienvenue Corinne, bienvenue aussi, bonjour à tous ceux qui vont voir cette vidéo. Corinne, est-ce que tu es d'accord de nous partager, nous témoigner parce que tu es maman d'une demoiselle de 11 ans, c'est ça?
Oui, bientôt 10 là.
Pardon, bientôt 10?
Bientôt 10, oui.
Tu es aussi indépendante, voilà, disons tu couvres multi-casquettes et c'est C'est intéressant de voir comment tu arrives à te positionner dans ce rôle de maman. Qu'est-ce que tu as envie de nous témoigner, de nous partager aujourd'hui?
Alors, la première chose, c'est que déjà être maman, c'est pas facile. Être papa, c'est pas facile non plus, mais c'est vrai qu'être maman, c'est un challenge au quotidien, ça il faut le dire. Même si on a l'impression que oui, ça devrait être inné d'être maman. Quand tu vas avoir des enfants, on dit ouais, tu vas voir, tu deviens maman naturellement. Alors oui, Oui, t'as un enfant dans ton ventre, il sort d'une manière ou d'une autre, des fois ça se passe bien, des fois ça se passe moins bien, dans mon cas déjà ça s'est déjà pas passé bien et puis après bah t'es là et tu dois faire avec et puis c'est comme si la société elle te disait «oui mais tu sais faire quoi» comme si c'était instinctif. Alors oui il y a une part d'instinct animal mais après ça commence à se compliquer parce qu'il y a la société, il y a le père, il y a la famille, il y a la grand-mère, les grands-mères qui viennent dire tout ce qu'il faut faire, les amis qui donnent des conseils de comment tu devrais gérer les choses, tu vois. Et tout ça, c'est vrai que c'est compliqué, c'est pas gagné.
Comment est-ce que tu t'en sors? Quels challenges as-tu traversés justement?
Alors moi, déjà, il y a eu la première chose, c'est que quand elle est arrivée, j'étais pas forcément en bonne santé, donc il a fallu que je gère ma santé à moi pour me remettre. Après, il a fallu apprendre à la connaître, elle. Il a fallu créer un lien avec son père et puis après on s'est séparés. Donc déjà moi je suis une maman divorcée, seule avec ma fille. Son père s'occupe d'elle pendant les week-ends et les vacances, il s'en occupe aussi bien qu'il peut et puis y'a rien à dire là-dessus. Mais au quotidien c'est vrai que c'est moi qui la gère. Et puis après ben comme j'ai divorcé il a bien fallu que je trouve un travail et puis je me suis mise à mon compte parce que je voulais éduquer ma fille moi aussi et pas la mettre chez une maman de jour ou à la crèche, etc., parce que j'avais envie de moi l'éduquer en fait, d'être dans ce rôle-là au quotidien. Mais en même temps, il fallait payer les factures.
Ça a quelle valeur ou ça a quel poids? Parce que je trouve très courageux quand tu dis j'ai envie d'éduquer moi-même ma fille. C'est quelle importance quand tu dis j'ai pas envie de la donner à quelqu'un d'autre «J'avais vraiment envie de faire son éducation.» Quelle est l'importance? Qu'est-ce que ça venait chercher ou résonner en toi quand tu dis «j'avais envie de l'éduquer moi-même»? Qu'est-ce que ça signifie cela en fait pour toi?
Ben en fait, moi j'ai été éduquée par ma mère seule aussi, mais elle, elle a travaillé et du coup je me suis retrouvée toute seule avec ma petite sœur. Et c'est vrai que, ben encore une fois, il n'y a pas de jugement ou il n'y a pas de choses comme ça à faire, c'était comme c'était. Mais moi, ça m'a beaucoup manqué le côté enveloppant de la maman, le côté aimant, le côté rassurant, parce qu'elle était occupée à l'extérieur, parce qu'elle devait s'occuper de notre survie, parce que justement il n'y avait pas de père qui était là. Et donc du coup, elle devait gérer le côté survie, argent, nous nourrir, et il y avait ce côté aimant, maman, douceur, enveloppant qui rassure, qui est le côté féminin en fait, qui n'a pas pu être présent. Donc moi j'ai manqué de ça en fait. Il y a eu plusieurs raisons pour lesquelles j'ai manqué de ça parce que justement moi je suis née aussi prématurée et puis ça c'est quelque chose que j'ai appris l'année dernière seulement, tu vois comme quoi on apprend toujours des choses de nos parents avec l'âge. Et en fait les médecins en ce temps-là, quand moi j'étais dans la couveuse, quand ma mère m'a ramenée à la maison, ils lui ont dit surtout vous ne la touchez pas «Vous la laissez dans son lit, il faut pas la faire toucher aux gens, ils doivent pas la prendre, il faut la laisser dans son lit tranquille parce qu'elle est toute petite et il faut la protéger, donc surtout ne la touchez pas.» Et puis je me suis dit mais non, mais c'est pas vrai! Aujourd'hui on dit exactement l'inverse quoi, les prématurés faut les prendre sur soi les enfants, il faut les garder près de son cœur, il faut leur donner la chaleur humaine. Puis j'étais là, bah voilà, et en fait toute ma vie moi j'ai ressenti ça et il y avait ma mère avec qui j'ai jamais pu avoir en fait de lien physique et de douceur et de tendresse. Et par contre ma sœur, oui, parce qu'elle s'est rattrapée sur elle en fait. Elle est 2 ans plus jeune ma sœur. Et du coup c'est vrai qu'elle avait des câlins, des bisous et tout ça. Et moi j'avais pas ça et je me demandais mais qu'est-ce que j'ai fait? Et quand j'ai eu ma fille, je me suis dit je ferai pas ça, j'ai vraiment envie d'être là dans ce côté maternant rassurant, câlin, que moi j'avais pas vu et que j'avais pas eu. Et du coup, je suis partie dans cette idée, mais en même temps, la vie elle m'a obligée à rentrer de l'autre côté aussi, puisqu'il a bien fallu que quand je divorce, je trouve un moyen de gagner de l'argent. Et c'est vrai que là, j'ai eu de la chance parce que mon ex-mari m'a versé une pension très confortable le temps que j'arrive à me retourner. Et c'est vrai que l'année dernière, j'ai créé l'espace holistique pour ça et ça devait bien fonctionner. Malheureusement, entre-deux, il y a le coronavirus qui est arrivé et qui a foutu tout par terre. Donc c'est vrai qu'aujourd'hui, bah, je me retrouve dans la même situation d'être maman toute seule avec un enfant et dans cette situation de ouh, d'un côté financier, ça va être plus compliqué, mais je veux garder ça. Tu vois, ce côté aimant.
J'avais une question à te poser parce que l'image que j'ai, c'est très intéressant par rapport au contact de ta maman, comme s'il y a un lien, je vois vraiment comme une chaîne mais un anneau qui est ouvert et que le lien n'a jamais pu se faire avec l'anneau qui se crée. C'est comme quand tu dis «ma sœur elle a eu droit à ces câlins, elle a eu ça et moi pas», c'est intéressant, c'est comme si ce lien nouveau-né n'avait jamais pu se créer parce qu'à la naissance on ne t'avait jamais pris dans les bras comme prématuré. Est-ce que tu peux confirmer? Est-ce que tu peux en parler de cela?
Oui, tout à fait, et ça c'est quelque chose, j'ai dû faire un gros travail en constellation. D'ailleurs, les constellations familiales que maintenant moi j'ai appris, que j'ai étudiées et que je transmets, enfin je transmets pas mais que j'utilise avec mes patients aujourd'hui, au départ je les ai utilisées pour moi. Parce que justement il y avait un gros travail de réunification à faire comme tu dis avec ma mère mais aussi avec mon père parce que justement c'était des liens qui étaient pas en moi, qui jouaient pas et qui fait que bah ça me manquait et c'était pas possible d'avancer sereinement dans la vie et donc ça, ça a été un travail, ça fait, j'ai travaillé ça pendant 5-6 ans en constellation pour moi d'abord pour régler tous ces problèmes-là parce qu'effectivement quand on n'a pas ça, c'est compliqué d'avoir un rôle de mère qui soit équilibré.
J'ai une question à te poser: comment en fait tu t'es construite en tant que mère si justement tu n'avais pas un idéal ou un exemple justement qui était positif, probant, que tu souhaitais?
Je l'ai eu, je l'ai eu. Je l'ai eu parce que je l'ai vu avec ma sœur. Donc j'ai eu la vision de ça puisque je le voyais. Ce que j'avais pas reçu moi, je l'ai eu sous le nez pendant toutes ces années. Donc c'est pas comme si je l'avais jamais vu. Et puis on peut le voir dans tous les films, on peut le voir dans toutes les histoires, on peut voir comment ça devrait être le rôle de mère. Et là on arrive à un autre point qui est justement: non, il n'y a aucun rôle de mère qui devrait être. Il n'y a pas une ligne, il n'y a pas un mode d'emploi qui est pour tout le monde pareil. Et ça, c'est ce que moi j'ai réussi à comprendre. Il y a ce que moi j'ai voulu faire en tant que maman, mais il y a une multi-pluralité de façons d'être maman, et il n'y en a aucune qui est meilleure que l'autre, ni pire que l'autre, parce qu'en fait on fait tous autant qu'on peut comme comme on peut, avec qui on est, avec ce qu'on a eu derrière nous, avec les modèles qu'on a eu, avec notre éducation, avec tout ça. Et c'est vrai qu'il n'y a pas une généralité et c'est dommage parce que justement le discours qu'on a de manière générale c'est «ah bah oui alors la mère elle devrait être à la maison, pas bosser, s'occuper des enfants» ou alors c'est «maintenant la femme moderne elle doit aller bosser puis elle laisse ses enfants à la crèche et puis Et il y a tous ces discours contradictoires qui sont là et les femmes, elles s'y retrouvent plus.
Et après, j'ai envie de dire des préjugés de mauvaise mère et de bonne mère.
C'est ça, exactement. Et de comment ça devrait être. Et puis là, moi, je travaille avec les mamans comme ça en cabinet. C'est pas comme ça, c'est pas comme ça. On est toutes différentes et tous nos enfants sont aussi différents. Ça veut dire que c'est pas parce que ça va marcher avec un enfant que l'autre enfant, ça marchera la même chose.
Est-ce que là tu es d'accord de nous parler de certaines situations, de certains cas par rapport à divers modèles de mères, je sais pas comment dire ça, ou rôles de mère qui peuvent être possibles pour justement donner cette vision aux mamans qui peuvent des fois se sentir peut-être un peu perdues ou démunies parce que des fois effectivement comme tu dis, et souvent c'est assez intéressant si on a un garçon ou si on a une fille, c'est pas les mêmes fonctionnements.
Non, non.
Etc. On peut voir sa meilleure copine qui est super maman puis nous on se sent complètement débordé. Est-ce que tu veux donner quelques exemples?
Bah des exemples, on en a tout plein. Les deux que je viens de te donner, c'est les plus flagrants. Après, il y a encore les mamans dans les familles recomposées, donc elles sont mamans de leurs propres enfants et en plus elles éduquent un autre enfant parce qu'elles se sont remises avec un compagnon et donc du coup, bah là c'est compliqué parce que les règles c'est pas forcément les mêmes. Parce qu'il y a nouveau compagnon, c'est pas les mêmes valeurs, c'est pas la même éducation, ils sont déjà grands. Donc t'as pas la même position, t'as pas la même place, tu vois, t'es la belle-mère, donc tu joues la mère et la belle-mère en même temps. Donc là, c'est encore plus compliqué. Après, il y a des mamans qui ne s'occupent pas de leurs enfants parce qu'elles ont autre chose à faire, parce qu'elles sont dans un projet différent, parce qu'elles voyagent, parce qu'elles sont à l'étranger, parce qu'elles ont pas besoin d'avoir un lien très proche avec leurs enfants. Et c'est aussi comme ça, c'est aussi possible comme ça. Ça veut pas dire qu'elles sont des moins bonnes mères, au contraire, parce qu'elles peuvent être présentes seulement 2 semaines. Souvent on dit c'est les mamans qui ont la garde des enfants et les papas les week-ends, et il y a des fois l'inverse. Donc il y a les mamans qui sont des mamans de week-end ou qui sont des mamans de vacances, mais c'est pas pour autant qu'elles ont pas un lien fort avec leurs enfants, qu'elles les aiment pas et qu'elles ne savent pas s'en occuper. Tu vois, ça c'est déjà encore 2 exemples de plus, tu vois.
Très intéressant ce que tu dis. Et Cédric, l'idée qui me vient, c'est est-ce qu'il y a des carences? Ou comment combler ces carences affectives, émotionnelles?
Ben alors, on va dire ça comme ça. Et là, c'est vraiment le point de vue professionnel que je pourrais donner comme ça. Si l'intention est juste derrière, ça veut dire que si la mère, elle est au clair avec ce qu'elle fait, qu'elle est posée, qu'elle est alignée, hein, elle est libre de faire ce qu'elle veut et comment, voilà, et qu'elle fait les choses à partir de l'intérieur d'elle. Donc là, les il n'y a pas de dégâts, il n'y en a pas. Mais le problème, c'est que combien d'humains, et là je dis pas seulement des mères, je dis pas seulement des femmes, mais combien d'humains ne sont pas alignés intérieurement. Ça veut dire qu'en tant qu'être humain et en tant que femme, on est soumis à nos histoires familiales, donc nos liens avec nos propres parents, donc notre mère, aussi avec notre grand-mère, avec toutes nos lignées de femmes, avec cet inconscient collectif, cet inconscient féminin. Et on doit gérer tout ça. Et il y a toutes nos expériences qu'on a fait dans cette vie, notre relation aux hommes, qui vient en plus s'en mêler. Ça veut dire qu'on a des fois des envies qui nous viennent du cœur, on voudrait faire quelque chose parce que ça nous vient du cœur, mais il y a notre cerveau qui dit non, on peut pas faire ça parce que c'est dangereux, c'est compliqué, ça va pas le faire. Et après on n'arrive pas à les mettre en action, tu vois. L'alignement et être bien, c'est le cœur, le cœur et la tête bien ensemble qui sont d'accord et qui passent à l'action. Et à partir de là, quand ça c'est aligné correctement, les enfants ils souffrent pas, il n'y a pas de, il n'y a pas de problème parce que c'est net, c'est clair, c'est précis, c'est cohérent et les enfants ils prennent ça parce que c'est comme ça. Et c'est ok parce que tout le monde s'adapte, on est comme ça aussi nous en tant qu'adulte, hein, si t'as une personne en face de toi qui est pas cohérente, ça le fait pas.
Est-ce que tu peux nous partager toi ton vécu de maman? Est-ce que tu peux nous témoigner comment t'as pu le vivre?
Alors moi ça a été compliqué au début avec Sofia justement parce qu'il a fallu mettre des règles bien strictes parce que mon ex-mari lui il a une toute autre manière d'imaginer la vie. Et au départ, moi je voulais aussi m'imposer dans sa manière de faire comme lui voulait s'imposer dans la mienne malgré qu'il disait que non, mais voilà. Et c'est vrai qu'à un moment j'ai dû lâcher sur qu'est-ce qui se passe chez son papa. Ça, j'ai dû vraiment lâcher et me positionner là-dedans en disant non, ma foi, quoi qu'il se passe chez lui, c'est son affaire, c'est son problème, il se débrouille avec ça. Elle était petite, elle avait 4 ans et demi quand on s'est séparés, donc elle avait encore beaucoup besoin de moi. Mais du coup, j'ai laissé gérer les choses, j'ai lâché au bout de, avec de l'aide, je me suis fait aider pour ça, j'ai lâché ça et après c'était plus facile. Donc il y avait déjà cette idée-là de dire moi je peux pas contrôler ce que lui va faire quand elle est avec lui. Et puis après c'était de dire moi comment est-ce que je peux faire pour lui mettre un cadre? Parce que ben qu'on le veuille ou non, dans un couple parental il y en a un qui met un cadre le côté masculin un peu plus, hein, on voit ça, qui emmène les enfants vers l'extérieur. C'est ce qu'on voit, un enfant quand il naît, il naît du ventre de la mère, donc il est à l'intérieur, dans ce côté englobant, aimant, protégeant, qui protège. Et puis au fur et à mesure que l'enfant grandit, il veut aller plus vers la liberté. C'est l'histoire de la pirogue, c'est la sensation de sécurité et la sensation de liberté. Il faut trouver la juste limite entre les deux. Et le côté maternel, c'est ce côté de sécurité dans lequel on se sent bien, dans son petit cocon, dans son utérus. Et la liberté qui nous fait grandir, bah ça c'est le côté masculin, le père qui emmène là-dedans. Et quand t'es une maman seule et que tu as en plus un ex-conjoint ou un ex-mari qui est pas dans ce côté masculin-là, bah il faut que toi aussi tu le fasses. Donc il faut mettre un cadre, il faut mettre des limites, il faut la pousser dans cet endroit-là, mais tout en restant maternante en faisant des câlins, des bisous, mais en disant il y a les horaires à respecter, il y a l'école, tu vois. Donc c'est beaucoup de choses à réfléchir auxquelles on pense pas forcément comme ça, tu vois. Quand on est deux, souvent ça s'équilibre parce qu'il y a ces deux polarités. Quand t'es tout seul, faut gérer les deux.
Comment est-ce que tu as fait pour gérer? Est-ce que tu aurais des astuces à donner aux personnes qui vont regarder la vidéo?
Des astuces, c'est difficile franchement. Moi, c'est au fur et à mesure que j'ai appris. En voyant ses réponses, en voyant sa manière de réagir.
La manière de réagir de ta fille, tu parles?
Oui, c'est vraiment ça, c'est toujours par rapport à elle. C'est difficile de donner des trucs, il y a des règles, tu vois, il y a une structure à avoir, des horaires fixes, comme ça c'est plus facile, tu vois, aussi si tu mets un horaire fixe à un enfant, déjà ça le rassure. Donc tu arrives à faire les deux comme ça, tu vois, mettre un horaire fixe et une structure, c'est plus masculin mais ça rassure un enfant qui va se sentir en sécurité à l'intérieur. Donc il y a déjà ça qui est possible. Et puis c'est favoriser des moments où justement on n'est pas dans les règles, où on peut être juste dans le jeu. Souvent c'est ça, c'est difficile. Les papas, c'est des trucs qui sont, c'est des croyances, elles sont bêtes parce que c'est pas tous les papas comme ça et c'est pas toutes les mamans comme ça.
Et heureusement!
Et oui! Mais en même temps, on imagine souvent le papa, bah il aime bien jouer avec les enfants. C'est pas lui qui va changer les couches, c'est pas lui qui va plier le linge, c'est pas lui qui va s'occuper de l'intendance, préparer les repas, bien que ça vienne de plus en plus. Donc justement, je dis, c'est pas une règle, on est bien d'accord, mais souvent c'est comme ça. Et puis ben voilà, donc le papa il joue quand il rentre du travail, il veut jouer avec ses enfants, et du coup bah la maman elle fait tout le reste et elle joue pas forcément avec ses enfants. Elle n'a pas le temps de jouer.
Souvent elle s'oublie ou elle oublie. En tout cas, c'est vrai qu'en récapitulant déjà, je trouve intéressant de mettre une structure des horaires, avoir des moments de libre aussi pour pouvoir jouer parce que souvent j'ai l'impression qu'une maman s'oublie. On pourrait dire son cahier des charges, le nettoyage, le ménage, les courses, faire à manger, des fois prendre des moments de jeu, c'est comme si c'était des moments perdus parce que quand on regarde la liste to-do, to-do, to-do, to-do, à faire, voilà, en disant mais je perds du temps par rapport à tout ce que j'ai à faire et une personne peut culpabiliser par rapport, une maman surtout peut culpabiliser.
Ah oui, alors moi je l'ai fait, hein.
J'imagine et comment tu as réussi à dépasser ça aussi?
J'ai dû travailler sur moi, là c'est vraiment un travail sur soi à faire, là il n'y a rien à faire, il n'y a que ça, ça veut dire qu'il faut apprendre à reconnaître ça, à voir cette culpabilité qu'on peut avoir, aller chercher d'où elle nous vient, déjà. Et souvent, c'est des croyances limitantes qu'on a, qui nous viennent de notre enfance et de la société, qu'on a pris pour étant vraies. Et en fait, se libérer de ça, il y a des techniques, moi j'en propose justement à l'Espace Holistique, la libération du subconscient. Se libérer de ces croyances limitantes sur tous ces domaines, ça permet de déjà calmer tout ça, cette culpabilité. Et moi, ben, j'étais très, très à cheval sur le ménage, la propreté, tu sais. Et oh, c'était terrible, il fallait que ce soit toujours propre, machin. Et quand j'ai eu la petite, j'ai continué comme ça jusqu'à m'épuiser, tu vois, mais vraiment.
C'est souvent très féminin d'ailleurs comme figure, quoi, ou comme rôle, comme démarche, que tout soit propre, nickel, parfait, bien rangé.
C'est le côté, voilà. Et du coup, bah après, j'oubliais ça. Et maintenant, non, je vois la poussière, je vois le linge qui est pas rangé. Faut même pas regarder chez moi aujourd'hui, il y a du linge qui traîne depuis 2 jours. J'avais du monde hier, bah c'est pas grave, il y a du linge qui traîne dans la maison et je prends le temps le soir de faire un jeu avec ma fille, un jeu de société. Je prends le temps de faire du bricolage avec elle, je prends le temps de lui lire une histoire le soir, etc., etc. Donc mais c'est une décision à prendre qui est, eh ben non, ça, ça attendra. Alors après c'est vrai qu'il y a des choses qu'on peut pas remettre tout le temps mais Je pense qu'il y a beaucoup de gens, ils s'imaginent qu'il faut beaucoup de temps. Et en fait, moi ce que j'ai remarqué, c'est que parfois juste une minute, un câlin, et ça c'est quelque chose que j'ai appris justement à ma fille parce que j'ai beaucoup de choses à faire, je dois travailler à la maison et tout le truc et mon boulot de thérapeute, le téléphone, les emails, etc. Et parfois elle venait et elle avait besoin d'attention. Et je lui disais non, pas maintenant, je suis au téléphone, ou non, pas maintenant, tout à l'heure, puis je lui donnais une heure et je le faisais. Mais maintenant je me rends compte en fait que c'est aussi simple pour moi, à part quand je suis au téléphone ou comme ça, je suis en vidéo, voilà, mais c'est aussi simple de poser ma cuillère quand je suis en train de préparer à manger et juste de prendre 30 secondes en conscience et de lui faire le câlin qu'elle me demande. Mais vraiment, et je prends juste ces 30 secondes et la plupart du temps au bout de 20 secondes elle dit c'est bon. Mais elle a besoin de ça, que je me pose juste dans mes pieds, dans mon corps, que je la regarde et que je la prenne dans mes bras.
En fait, tu l'as juste reconnue et validée dans son besoin.
C'est ça, exactement.
Tu viens lui offrir et c'est vrai, comme tu le dis très justement, ça prend pas nécessairement des heures. Et quand on a beaucoup de choses à faire, on a peur de perdre du temps, donc on évite et on zappe ça. Finalement, ça crée une insatisfaction chez l'enfant et chez l'adulte aussi qui finalement se trouve un mauvais père ou une mauvaise maman parce qu'il n'a pas pu prendre ce temps que l'enfant venait solliciter là, à ce moment-là, quoi. C'est magnifique ce que tu fais, c'est un témoignage qui est juste waouh, moi ça me fait chaud au cœur là, c'est fabuleux ça.
Et même un jeu, tu vois, nous on a, parce que bah à la maison il y a, alors il y a des gens ils me prennent pour une extraterrestre, donc attention, chez nous il n'y a pas de tablette, il n'y a pas de télé, il n'y a pas de réseaux sociaux, il n'y a pas de jeux, donc alors accès à pas d'écran. Chez son père il y en a, mais chez moi pas. Et donc du coup, ben c'est vrai que ça, c'était une volonté de ma part de pas la mettre en face de tout ça trop tôt parce que voilà, ça faisait partie des envies que j'avais d'éducation aussi et à laquelle j'ai eu de la peine à me tenir, mais je me tiens quand même.
J'imagine.
Et bon, maintenant ça commence à venir un peu différent, donc elle va avec l'âge où elle aura bientôt accès à ce genre de choses. Elle a accès à l'école, mais ça sera sous surveillance aussi malgré tout. Mais on a des Je joue avec elle, on fait des bricolages, on fait de la cuisine, donc on trouve des activités à faire. Et au départ je me dis oui mais ça prend trop de temps, et en fait non, parce que c'est un petit moment, mais quand elle a ce petit moment-là, après elle est capable de jouer pendant 2 heures toute seule. Et pendant ces 2 heures moi je peux travailler, je peux faire à manger, je peux faire les courses, je peux travailler et faire mes emails, je peux faire mon téléphone, la lessive, etc. Et si je lui accorde ce petit temps-là d'une demi-heure où je suis vraiment présente, eh ben après elle, elle arrive à avoir cette autonomie. Et on fonctionne toujours comme ça en fait. Et c'est vrai qu'elle aime bien ça, elle me dit «bon alors qu'est-ce qu'on va faire ensemble maintenant? Maman je te vois pas, qu'est-ce qu'on fait?» Et du coup je lui dis «ben voilà on va faire un jeu, on va lire un livre» et je suis là présente pendant ce moment-là et hop après je lui dis «ben maintenant tu vas jouer un moment» ou alors c'est elle-même qui dit «oh ben maintenant je vais aller dans ma chambre, je voudrais lire un livre». Et puis elle y va, elle va faire son truc. Et on trouve des solutions comme ça. Mais il faut s'enlever ces croyances limitantes qu'on a, que ça prend du temps, que c'est pas possible, que j'arriverai pas à finir mon planning, que je suis pas une bonne mère si je le fais pas. Parce que des fois j'arrive pas, des fois j'arrive pas. Des fois elle me dit «Maman, je t'ai pas vu aujourd'hui de la journée» parce que le soir j'ai une conférence et je la vois une demi-heure pour manger. Alors là par contre je lui redis, je lui dis «Bah tu vois, on a partagé le repas ensemble, on a fait cette demi-heure-là. Oui, y a pas eu plus, mais c'est comme ça dans la vie, on peut pas tout le temps avoir tout ce qu'on veut non plus. Donc il faut aussi apprendre aux enfants que ben oui, ils sont importants, mais il y a un cadre, il y a une place, et je suis pas seulement une maman. Parce que les enfants souvent c'est ça aussi, c'est «oh c'est ma maman» et puis y a pas de place pour autre chose.
C'est comme s'il y avait pas de cadre, et d'ailleurs des mamans peuvent être épuisées parce que tout à coup les enfants viennent vampiriser quand la maman à travailler toute la journée, puis il faut que la maman soit disponible, puis qu'elle donne, donne, donne, donne, donne. Là, je trouve fabuleux ce que tu dis. L'image que j'ai, c'est vraiment comme si ta fille était dans une petite voiture à son niveau, puis que toi tu viennes mettre de l'essence, mettre de la benzine dedans, et tu lui donnes du carburant pour aller dans son autonomie justement affective, et après autonomie de pratique et de jeu, parce que tu l'as nourrie affectivement, émotionnellement, énergétiquement, etc., sur différents plans. Je trouve ça vraiment mais magnifique et merveilleux et ça te permet, toi, de la respecter et surtout toi aussi de te respecter aussi également, quoi.
Mais c'est un cadre parce que, tu sais, les enfants, c'est, tu vois, tu leur donnes le doigt, la plupart des enfants c'est ça, tu leur donnes le bout du doigt et ils veulent le bras. Et c'est là où c'est important d'avoir ce cadre et cette limite et de dire à certains jours mais je peux pas donner le bout du doigt, je dois même juste donner ça. Et certains jours, ok, normalement je donne ça, et puis certains jours, bah, je vais aller jusqu'à là, certains jours je vais aller jusqu'à là, et puis certaines fois, bah, je vais donner beaucoup plus consciemment, donc avec le cadre, et parfois je vais me laisser avoir.
Et ça, faut aussi l'accepter, que des fois on se fait manipuler, tu vois, c'est «oh maman, je me suis fait mal» parce qu'elle a besoin d'un câlin supplémentaire, mais qui en fait «C'est du cinéma, c'est de la comédie, et moi je le vois venir maintenant.» Et puis elle me dit: «Bah, oh mais c'est pas drôle avec toi parce qu'en plus ça marche pas.» Et je suis là: «Bah non, qu'est-ce que tu veux?» Et là je trouve magnifique parce que je connais même des femmes en couple qui s'épuisent parce que justement, et qui sont à la limite du burn-out, même pas au niveau de leur travail mais au niveau de la famille vis-à-vis des enfants parce qu'ils n'arrivent pas à mettre ce cadre justement que même toi en tant que femme mère célibataire Et que je trouve fabuleux comme tu as réussi à offrir cet espace de bienveillance, Cédric Dupont, et nourrissant, nourricier aussi également pour ta fille, qui est juste extraordinaire, quoi.
Mais c'est pas facile, ça a demandé, comme dit, ça a demandé beaucoup de travail. Moi, je suis contente d'y être arrivée, et c'est vrai que je vois les résultats maintenant, mais ça veut dire que j'ai dû beaucoup travailler sur moi, déjà par ce travail de Constellation, parce que par mon passé, je l'avais pas reçu. Bah oui, et parce que mon lien au masculin et au féminin était pas juste non plus, donc il a fallu travailler ça déjà, toutes mes croyances après. Donc pas seulement au niveau constellation, mais au niveau psychologique, enlever toutes ces croyances limitantes que j'avais sur c'est quoi un homme, c'est quoi une femme, c'est quoi un couple, c'est quoi l'amour, c'est quoi être maman, etc. Et puis après, au niveau émotionnel aussi, parce qu'il y a tous ces traumatismes que j'avais vécus et qui sont là et qui ont été là et que je peux voir revenir des fois aussi encore. Et c'est pas parce que j'ai j'ai fait un grand travail que ça revient pas parce que les enfants ils sont là pour nous montrer où est-ce qu'on devrait travailler aussi.
Effectivement, ils sont là pour nous montrer quand ça bug chez eux, c'est vraiment pas toi adulte mais au même âge que toi tu avais et ça peut montrer qu'il y a encore des failles des fois.
Non, ou même maintenant comme tu es, donc tu vois moi je vois très facilement des fois Sofia elle est nerveuse, en ce moment elle est très nerveuse et c'est pas de la joie, c'est nerveux, tu sais elle Elle s'excite facilement mais elle part dans des rires, tu sais, mais tu vois bien que c'est pas quelque chose de joyeux, de lumineux, c'est quelque chose de nerveux. Et en fait, elle me reflète simplement comment moi je suis actuellement, tu vois, avec toutes les questions que je me pose par rapport au fait justement qu'avec le travail ça va pas vraiment, qu'il faut que je trouve des solutions, peut-être commencer un autre boulot en attendant que les choses se calment avec tout le cirque-là qu'il y a maintenant. Et donc c'est vrai qu'elle est insécure parce qu'elle me sent insécure. Ça, c'est aussi important de pouvoir comprendre et voir ça aussi, que nos enfants, ils vont aussi nous refléter nous, ce qui nous arrive aujourd'hui, pas seulement de notre passé mais de notre présent, tu vois.
Et c'est vrai que des fois je la vois passer et je me dis «ah mais ça, c'est en fait c'est moi!» Je suis là «oh mince, au secours!» C'est juste important aussi de le reconnaître puis de le valider, parce que quand on prend conscience, ça permet de lâcher, ça évite justement que même l'enfant somatise des choses que le parent ne donne pas et est là dans l'inconscient. Donc ça permet que la vie, voilà, le mouvement vie, même s'il y a des difficultés, on vit pas dans un monde de Bisounours, voilà, que la vie continue son chemin malgré ce qui se passe. Est-ce que tu auras encore quelque chose à dire? Je propose qu'on arrive comme ça gentiment au bout de l'interview. Est-ce que tu aimerais dire un mot de la fin, dire encore autre chose?
En fait, j'en reviens à ce qu'on disait au début, c'est pas, y'a pas de mode d'emploi en fait pour personne, donc il faut déjà arrêter de croire à ça. Et il n'y a pas de bonnes mamans ou de mauvaises mamans, il n'y a pas de bonnes femmes ou de mauvaises femmes, il n'y a pas de bonnes épouses ou de mauvaises épouses, il n'y a pas de bons employés ou de bonnes patronnes ou de bonnes indépendantes, il n'y a rien de tout ça, il y a juste avancer au jour le jour avec qui on est et faire comme on peut en fait. Et l'idée c'est, ben, au fur et à mesure qu'on fait, c'est de voir ce qu'on a fait et les conséquences que ça a eu. Et puis si on arrive au jour le jour, à la fin de sa journée, de dire: ah, alors ça, j'ai réussi à faire ça aujourd'hui, ça c'était bien, ça c'était pas bien, enfin c'est pas que c'était pas bien, mais ah, j'aurais dû faire autrement. Et puis de le mettre en pratique le lendemain et d'avancer comme ça et de grandir en se disant: ah, Là j'aurais pu faire autrement, là j'ai bien fait, je vois que ça fonctionne alors on continue comme ça, tu vois. Et je crois en fait c'est beaucoup ça, il y a beaucoup de gens, c'est pas qu'ils se posent pas la question mais ils ont peut-être pas l'idée de le faire, de se dire le soir alors comment est-ce que j'ai été dans ma journée avec mon enfant? Qu'est-ce que j'ai fait de bien déjà? Qu'est-ce qui m'a plu dans cette relation avec mon enfant? Et comment j'ai pu le voir lui évoluer dans sa journée? Et puis après, qu'est-ce que je pourrais changer dans ce qui m'a pas plu? Et ça, c'est important et ça, c'est à faire très régulièrement. Moi, je le fais très régulièrement, plus maintenant tous les soirs, mais à un moment, c'est ce que je faisais comme ça. Donc au moins une fois par semaine, de se poser et de se dire, ben voilà, dans ma semaine, c'était comment? Et avec de la bienveillance, pas en disant «oh, je suis trop nulle », tu vois? Vraiment ça, beaucoup de compassion.
Là, en récapitulant, Cédric, je trouve magnifique, tu disais déjà de poser un cadre, notamment au niveau des horaires, prendre des moments de jeu, avoir vraiment des moments de câlins, ne serait-ce qu'une minute, mais en étant pleinement là et de frire ce câlin, de répondre aux besoins de l'enfant. Et là, je trouve magnifique aussi, prendre des moments aussi de remise en question. Comment est-ce que c'était? Est-ce que j'étais satisfaite ou pas? Qu'est-ce que je peux améliorer? Et d'avoir ces remises en question, mais je trouve tellement essentielles. Que ce soit même parent ou pas, mais je la trouve magnifique en tant que maman aussi, ou double parent ou pas parent.
Comme parent, tu vois, là je me mettrais dans les deux, moi.
Exactement, parce que comme il n'y a pas de CFC pour devenir parent, donc moi j'appelle ça le démerde-toi, Zizi, démerde-toi. Des fois tu fais des choses bien, des fois trop, des fois pas assez. Et si tu te poses pas ces questions, tu peux jamais corriger le tir. Donc là, je trouve super.
C'est pas corriger, c'est évoluer. C'est évoluer aussi avec l'enfant selon l'âge, tu vois, et comment lui il réagit. En fait, c'est pas être parent, tu vois, il y a beaucoup de gens qui disent être parent c'est moi, je, et il y a l'enfant qui est séparé. Et tu vois, on en vient au truc des Constellations pour finir de dire mais en fait non, c'est le lien entre les deux. Et comment j'arrive à adapter ce lien entre moi et l'enfant, tu vois. Vraiment c'est ça, et c'est regarder moi j'agis comme ça «Ça a cette réaction-là et c'est pas la réaction que je voudrais avoir, alors qu'est-ce que je peux changer, moi, pour que la réaction soit différente?» Plutôt que d'avoir ça, tu vois, c'est plutôt de faire un genre de truc comme ça, tu vois.
C'est quelque chose de vivant et de mouvant parce que si l'adulte est là et puis l'enfant il est là et puis quelque chose s'est figé, s'est rigidifié, c'est sclérosant même, j'ai envie de dire. Alors que là, il y a quelque chose, comme même tu le montres, c'est comme une danse Il y a une dynamique, il y a un flux.
C'est ça, et chacun a sa place.
Exactement, et chacun a sa place. Et c'est pas copain copain copain, parce que des fois ça peut être un gros problème.
Non non, c'est vraiment ça.
Pareil, son copain copine avec les enfants.
Non non, c'est je suis la mère, tu es l'enfant, et c'est ça qui est important. Dans le truc de la place, tu vois, quand on fait ça, ça part toujours de l'adulte. Ça veut dire que c'est pas à l'enfant de faire ça. C'est l'adulte qui vient, c'est la mère qui vient et qui se pose ces questions à sa place de mère et qui dit voilà, qu'est-ce que moi je peux faire dans ce sens-là? Et en fait, la réaction va donner une réponse, mais c'est pas l'enfant qui vient imposer le truc et qui vient dire moi je veux ça, moi c'est ça, tu vois. C'est vraiment dans ce sens-là pour que ce soit équilibré et qu'il y ait pas de blessure et que l'enfant il se sente en sécurité.
Et ça, je trouve ça vraiment fabuleux parce que souvent encore des mamans se disent: je serai heureuse quand mon fils ou ma fille sera heureuse. Elles ne se rendent pas compte que c'est eux ou elle le chef d'orchestre et qu'il donne justement cette impulsion pour que l'enfant puisse réagir. Et souvent, dans bien des cas, ils attendent que ce soit l'enfant le moteur, le parent, pour que eux, ah, quand mon enfant sera heureux, moi je serai heureux. Non. Et c'est vraiment revenir le chef d'orchestre, revenir justement le parent tout simplement, pour donner cet exemple que tu dis tellement nourrissant et tellement important, quoi.
Et il y a un truc qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'on est une mère, oui, mais on est une femme aussi en premier. Et ça, c'est aussi important pour nos enfants, ça c'est essentiel pour nos enfants, ne pas oublier d'être une femme avant tout.
Quelle différence tu en fais là?
Ah bah, il y a une grande différence, hein. Être une femme, c'est aussi intérieurement soi-même, c'est sa sexualité, c'est ses envies, ses loisirs, son bien-être, c'est continuer d'apprendre pour elle, se faire du bien, prendre du temps à faire sa toilette. Souvent les mamans, alors on s'oublie, on se coiffe pas, on se maquille pas, voilà, on n'est pas obligé de le faire si on n'aime pas ça, mais je veux dire prendre soin de soi en tant que femme Et puis dans sa sexualité aussi, et en tant que maman seule, ben c'est aussi pas si facile. Donc c'est quelque chose qu'il faut apprendre à gérer, et puis à voir comment on peut se positionner là dans ce rôle-là de femme, parce qu'il est essentiel, vraiment. Donc, et souvent il y a des problèmes entre les enfants et les mamans parce que ça c'est aussi pas clair. C'est plus clair souvent pour les hommes, mais pour les femmes moins.
Je trouve magnifique parce que c'est vrai que je trouve qu'il y a une forme de dévalorisation des jeunes femmes et une forme de valorisation en tant que mère. Et beaucoup de femmes s'oublient dans le rôle de mère. Et d'ailleurs, quand leur enfant grandit et part de la maison, c'est là tout à coup qu'elles se redécouvrent, ah mais j'ai pas été que mère, je suis pas que mère, mais je suis aussi une femme. Et des fois, pendant 20 ans, les femmes se sont oubliées, quoi.
Et ça, c'est pas bon, vraiment, ça c'est le truc s'il vous plaît à pas faire. Alors c'est difficile parce que, encore une fois, ça demande un travail, hein, ça vient pas comme ça.
C'est pas avec la baguette magique.
Voilà, mais en même temps c'est vraiment tellement important de ne pas oublier d'être une femme. Alors pour ceux qui sont en couple, bah c'est facile, il ne faut pas oublier d'être une épouse non plus parce que généralement ça bloque le truc et après il y a des problèmes de couple, on le voit souvent, c'est comme ça que ça commence. Mais quand t'es maman seule, ça devient compliqué là et gérer ça c'est vraiment important.
Est-ce que tu serais d'accord qu'on développe ça dans une prochaine vidéo? Oui, avec plaisir, ça pourrait être très très chouette, quoi. J'ai envie de te proposer qu'on arrête là pour aujourd'hui.
Le côté féminin dans le couple, le côté de la femme, de la maman qui est une femme et qui doit vivre sa sexualité, qui aimerait vivre sa sexualité.
Oui, là je pense qu'il y aurait vraiment de quoi dire et développer. J'aurais envie de proposer ça dans une autre capsule, dans une autre interview, si ça joue pour toi, quoi.
Ouais, voilà. Bah écoute, merci beaucoup.
Merci Corinne. Merci à tout le monde pour votre visionnement. À tout bientôt. Belle journée, au revoir.
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