« Combattre » le vieillissement avec Sensei Antoine Giasson - E087
6 Jan 2025 · 45 min
Dans cet épisode du podcast "Biohacking au féminin", l'hôte Annie Braggs, naturopathe et auteure, accueille le Sensei Antoine Giasson, maître d'arts martiaux (Kyokushin, Shorin‑ryu, Systema, jiu‑jitsu brésilien) et responsable du programme d'arts martiaux de l'Académie de Sainte‑Thérèse. La conversation explore comment la pratique du karaté et d’autres arts martiaux peut servir de biohack pour ralentir le vieillissement, améliorer la santé physique et mentale, et favoriser la discipline. Antoine raconte son parcours depuis l’enfance (judo, Muay‑thaï, kung‑fu, Wing Chun) jusqu’à ses 20 ans d’enseignement, décrit les spécificités de chaque style et explique les bénéfices pour les femmes, les enfants et les adultes. Ils abordent la dimension méditative des arts, la gestion de la peur et de la violence, les valeurs de persévérance, d’ikigai et de kaizen, ainsi que l’impact du confinement COVID‑19 sur le développement moteur des enfants et les réponses éducatives (exercices fonctionnels, jeux en équipe). Le dialogue propose des conseils pratiques pour débuter (essais gratuits, gestion des blessures, progression graduelle) et souligne le rôle des arts martiaux dans la performance professionnelle et la cohésion d’équipe. Enfin, ils évoquent la culture japonaise, la longévité d’Okinawa et la vision d’une vie jusqu’à 180 ans grâce à un entraînement continu. Les coordonnées d’Antoine (site web, Instagram, téléphone) sont fournies pour les auditeurs intéressés.
Chapters
On s'est moqué des frères Wright lorsqu'ils affirmaient que l'homme pourrait un jour voler. Pourtant, ils ont prouvé que c'était possible et l'avion existe aujourd'hui. On a aussi ignoré Thomas Edison quand il disait qu'on pouvait créer une source d'énergie indépendante. Et pourtant, lui aussi l'a réussi et l'ampoule fait partie intégrante de notre quotidien. Alors si moi je te dis qu'on peut vivre jusqu'à 180 ans en santé, est-ce que tu me croirais? Te voici dans Vivre jusqu'à 180 ans grâce au biohacking avec Annie Braggs, naturopathe et autrice du best-seller C'est toi la boss de ta vie. Ce podcast est destiné aux femmes qui veulent vieillir en santé, perdre du gras et garder une apparence jeune avec des remèdes et techniques naturelles. Chaque épisode révélera les nouvelles technologies ou astuces de biohacking données par moi ou un expert pour enfin obtenir obtenir des résultats durables sans bousiller sa santé. Prête à commencer à rajeunir? On y va!
Salut tout le monde, ici Annie Braggs dans l'épisode 87 de Biohacking au féminin et aujourd'hui, j'ai une invitée exceptionnelle avec moi et je suis très fière parce que si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous le savez que ça fait quelque temps que j'ai commencé le karaté. Je sais pas pour toi là, mais ça fait vraiment longtemps que je voulais commencer le karaté, mais j'ai toujours été un peu gênée à me dire que est-ce que je suis trop vieille pour commencer? Là, même, je me faisais des histoires de me dire je vais attendre d'avoir des enfants, puis quand mon enfant, il va être né, puis il va avoir un peu d'âge, je vais pouvoir aller faire du karaté avec lui. Puis je me mettais cette croyance-là dans la tête. Et je sais pas toi si tu as ce genre de croyance-là pour commencer quelque chose de nouveau. Et par hasard, un jour, j'ai su qu'un de mes amis était un grand Sensei et je suis très fière aujourd'hui de l'avoir sur mon podcast parce que j'ai envie de relier la longévité avec les arts martiaux. Cet épisode va être vraiment pour toi, pour une femme qui aimerait apprendre plus sur les arts martiaux, qui aimerait aussi peut-être intégrer ce sport à ses enfants mais qui doute parce qu'il y a peut-être peur que c'est un peu trop violent. Et moi, je sais que cette pratique-là de karaté et d'arts martiaux, c'est vraiment une question de discipline. Parce que moi, au début, je voulais commencer à faire ça pour méditer, pour me «groundé», qu'on pourrait dire. Fait que peut-être que pour toi, tu vas découvrir un nouveau dada que j'ai découvert récemment. Et je vais le présenter, en fait, c'est mon sensei qui est ceinture noire 2e dan de karaté Kyokushin. En passant, Kyokushin, c'est dans l'association, je sais pas si c'est une association qu'on pourrait dire, ou la sorte de karaté en fait que je suis. Il va pouvoir nous expliquer ça. C'est aussi un instructeur de kung-fu. Il est aussi ceinture noire 2e dan de Shorin-ryu. Là, riez pas de mon accent japonais. Instructeur de combat de Systema et étudiant aussi actif de jiu-jitsu brésilien. Et aussi, je trouve ça merveilleux, il est responsable du programme d'arts martiaux de l'Académie de Sainte-Thérèse. Il entame cette année sa 20e année d'enseignement. C'est Antoine, Antoine Giascion, qui est avec moi aujourd'hui. Comment ça va?
Ça va bien, merci et toi?
Ça va bien. J'ai pas trop cassé la présentation?
T'étais ri.
J'adore ça. Je me suis genre pratiquée quand il est arrivé là. J'ai dit ok, on va pratiquer les mots ensemble parce que vous le savez, je suis une fan du Japon, mais j'ai pas encore appris cette langue.
On va toujours avoir un accent québécois. Comme même des fois quand je suis allé faire des entraînements là-bas, j'étais perdu malgré qu'on apprend tous les mêmes termes, les mêmes techniques. Ouais, le i Ouais, on n'a pas l'accent.
Le même accent.
Parfait ici là.
Fait que là en plus, t'étais en train de dire aux femmes qui nous écoutent, peut-être aux hommes aussi qui nous écoutent, que t'as même pratiqué au Japon dans le fond.
Ouais, ouais, ouais. J'adore ça.
Tu vas pouvoir nous parler un peu de toi, Antoine. Je veux que tu me parles de quelle famille tu viens, ça a été quoi ton parcours pour devenir un Sensei aujourd'hui, puis je veux mettre la question en plus, c'est quoi un Sensei? Pour que les gens, ils nous écoutent, puis qu'on comprenne pas c'est quoi.
Mais SNC, ça veut dire à la base enseignant, professeur. Alors moi, je suis un élève à la base, puis j'en ai juste profité pour enseigner tout ce que j'ai appris pour pouvoir juste me concentrer là-dessus, parce que j'aime tellement ça que si je pourrais juste faire ça, mais pourquoi pas. J'ai décidé d'enseigner les arts martiaux. À partir de 20 ans, je savais que c'était ça que j'étais pour faire. J'ai commencé à enseigner du kung fu, qui était un art martial chinois avec une interprétation plus américanisée. Mais dans le fond, pas mal tout ce qu'on a ici au Québec, c'est pas mal américanisé. Mais à la base, moi je voulais apprendre à me battre. Je voulais m'entraîner. J'aimais pas beaucoup le gym pour juste aller lever des poids, puis je sortais de là, il manquait quelque chose. Puis j'avais déjà fait des arts martiaux quand j'étais jeune, c'était du judo, qui est beaucoup plus courant au Québec dans le temps, parce que c'était dans les années 80. Et puis Tout ce qui est en mon adolescence, j'ai fait du Muay thaï, la boxe thaïlandaise.
C'est pas— qui qui a inventé ça?
C'est les Thaïlandais.
Il y avait pas—
non, ça vient, c'est comme le pays, c'est le Bruce Lee. Bruce Lee, lui, c'est du Jet Kune Do.
C'était pas du Muay thaï, je pensais que c'était bon.
Ben moi, ce que je faisais, c'est du— quand j'ai enseigné le kung fu, c'était du Wing Chun. Wing Chun, qui est de son professeur à Bruce Lee, Ip Man, que lui c'est ce qu'il a enseigné à la base à Bruce Lee. Et Bruce Lee a fait son interprétation martiale qui a été le Jeet Kune Do, alors qu'il a rajouté beaucoup plus d'armes, puis tout le côté théâtral derrière tout ce qui est les arts martiaux. Où est-ce que lui il l'a amené? À quel niveau? C'est tout le temps ton interprétation. On est tous des artistes en quelque part. Oui. On se vole des idées, on en crée des fois.
On réinvente pas la roue, je le dis direct.
La vie peut être modifiée parce que tu vas au magasin de pneus, tu vas avoir plein de différents pneus que tu peux installer sur tes roues, puis après ça, il y a les marques. Là, on va parler des autres marques. Mais c'est vraiment qu'est-ce que toi tu vas faire avec ton art? Qu'est-ce que tu recherches à la base?
Donc, quelqu'un qui nous écoute en ce moment, moi, par exemple, quand je t'ai approché, c'était que je cherchais une forme de méditation. Il y a des gens qui pourraient dire que c'est pour se battre. Il y a des gens qui pourraient dire que c'est pour se remettre en forme. Dans le fond, on peut tous avoir une raison de commencer ça.
Toutes les options que tu viens de nommer peuvent être un toucher qui pourrait être une des facettes les plus importantes dans les arts martiaux, autant qu'il va être la méditation. Excusez, excuse-moi, je vous vois.
On se voit pas, même mon autre ange essaie de pas les vouvoyer là, on est chumis là.
Merci guys, girls. Puis non, c'est ça, dans le fond, tout ce qui est dans les arts martiaux, les interprétations, la façon que tu vas vouloir le faire, ben Ça varie et ça change parce que là, peut-être que tu commences avec justement l'idée de la méditation, puis là c'est un style traditionnel japonais que tu fais. Là, tu es comme, ok, wow, attends, là c'est cool, ok, mais qu'est-ce qu'on va apprendre? Quelle spécification dans l'art du combat que tu vas faire durant ce voyage-là martial? Pour qu'est-ce qui est du Kyokushin, qu'est-ce que toi tu embarquer et c'est vraiment un style le plus—
le plus violent. Moi je l'ai appris par la suite quand tu m'as envoyé des vidéos et qu'il y a même des gens qui m'ont dit Hey, bonne chance, tu as pris le plus dur.
L'affaire c'est que c'est pas nécessairement le plus violent parce qu'il y en a que c'est vraiment juste l'art du katana, du iaido, admettons, où est-ce qu'on va apprendre à dégainer un katana pour pouvoir finir un adversaire.
C'est quoi un katana?
C'est le grand épée japonaise. Ça pour dire, c'est quel est le niveau de violence qu'on pourrait dire que tu vas apprendre derrière le karaté. C'est plus la philosophie derrière l'art que tu vas faire qui va être intéressant. Oui, le Kyokushin, c'est un style qui est très tough, mais c'est le style d'arts martiaux, je crois, qui s'est vraiment basé sur leur esprit, un spirit de combattant vraiment de très haut niveau, d'être vraiment tough. Tu sais, manger des coups de poing, manger des coups de pied, c'est jamais, jamais plaisant, mais c'est quand tu apprends à enlever la peur de recevoir les coups que tu vas vraiment t'améliorer à un très haut niveau.
Tu pourrais-tu expliquer la différence, en fait, de ces sortes de karaté-là qu'on pourrait dire, de ces style de karaté-là?
Oui, ben, tout ce qui est les styles et je pourrais dire la vision du maître derrière les arts martiaux. J'ai fait du Shorin-ryu, j'ai fait des entraînements de Bujutsu, j'ai fait des entraînements aussi de Kyokushin, j'ai fait des entraînements particuliers avec des senseis vraiment cool au Japon dont Sensei Joe Swift, que lui, il a déménagé au Japon il y a 30 ans, il est météorologue là-bas, il fait de la traduction de manuscrits.
C'est un Québécois?
C'est un Américain. C'est un Américain que c'est un Québécois qui m'a fait rencontrer ce maître-là. C'est— en tout cas, c'est— ça fait juste plus arrêter des affaires que tu pourrais apprendre. Je pense que si les gens veulent commencer les arts martiaux, 1, connectez avec votre professeur. Là, ça donne qu'on se connaît, puis tu as fait comme Hey, j'aimerais ça.
Moi, je voulais faire de la boxe au début, puis là, je suis rentrée dans ton dojo qu'on dit, puis je suis comme Hey, OK, je suis pas dans une place de boxe en ce moment-là. Non, non, non.
Puis tu sais, j'ai fait du kickboxing, j'ai enseigné le kickboxing aussi au dojo, plus côté récréatif. Mais tu sais, c'est quoi que tu vas rechercher derrière ton entraînement? Ça va varier. Souvent, c'est ça qui va arriver dans les entraînements. Parce que moi, j'ai un dojo, j'accueille des gens. Ah oui, moi, je veux commencer à faire ça. Là, ça arrive avec des attentes. Puis là, on va s'entraîner, ça va être incroyable. Puis comme beaucoup de gens, ben, ils veulent du changement. Puis je cherche à toujours essayer de—
Mais c'était la même chose, c'est de la répétition puis perfectionnement.
Tu sais, je veux dire, tu peux lever des poids de 1001 façons.
Oui.
C'est quoi qui va fonctionner pour toi?
C'est la répétition. Puis ce que j'ai remarqué, tu sais, dans nos cours, parce que là on a eu quoi, 8 cours environ là, je suis encore ceinture blanche. Qu'est-ce que je me suis rendu compte, c'est que des fois tu me montrais des choses, mais je comprenais pas pourquoi. Fait que qu'est-ce que tu dis de dire, de connecter avec son sensei, mais aussi de se renseigner. Parce que je me suis rendu compte de ce qui fait que j'aime ça puis je continue, c'est l'histoire puis la philosophie derrière ça. Puis tu prends vraiment toujours le temps de me l'expliquer, puis à chaque fois je comprends plus encore. Puis je suis comme, ok, c'est pour ça qu'on fait ça. Puis là, je comprends le but à ça, tu sais. Mais on dirait que si tu me disais, ok, tu scrapes comme ça puis c'est tout, on dirait que tu as pas, comment dire, tu as pas de il n'y a rien qui justifie pourquoi je fais ça. On dirait que je ne comprends pas. C'est bon comme conseil que tu dises ça. Puis là, notre style à nous, le Kiosque aux chênes, ça serait quoi la différence majeure des autres? Si tu pourrais brièvement, pour quelqu'un, mettons, qui veut savoir OK, moi j'aimerais ça faire ce style-là ou un autre.
Cool. Alors, c'est un style qui est majoritairement assez récent, qui a été créé par Mathieu Germain dans au travers de la guerre, bien sûr. C'est un style qui a été forgé avec beaucoup, beaucoup de détermination. Puis c'est hard times, like, quand les temps sont durs, mais ça bâtit des personnes tough. Fait que c'est pas mal ça qui a été le thème derrière le Kyokushin qui a été tu pourras jamais me faire mal, tu pourras pas m'écraser, tu vas peut-être me mettre 40 petites fois au sol, mais je vais toujours me relever à la 49e. Je vais jamais abandonner. Puis ça, c'est l'approche japonaise à la base, parce que c'est un peuple très déterminé, très structuré. Puis sont accueillants dans certains sens. C'est pas compliqué. Ouais, tout le monde a leur place, tout le monde a leur rôle, puis tout le monde a la chance de pouvoir explorer leur propre potentiel au maximum. Alors il y a toujours place à améliorer, il y a toujours place à faire un petit effort de plus demain, tout le temps. Alors notre style de karaté, c'est un style qui touche toutes les facettes martiales que moi je voulais qu'il touche pour le karaté. Je fais pas juste du karaté, je fais aussi le jiu-jitsu brésilien qui est complémentaire.
Ça c'est plus violent, non?
C'est pas nécessairement plus violent. L'art martial le plus violent que j'ai fait, c'était le Systema, qui était des arts martiaux militaires russes que la plupart des gens vont pouvoir le voir dans les bullshido, où est-ce que Il y a des maîtres vraiment qui font quasiment de la magie. Ça a de l'air d'être de la bullshit, excusez l'expression. C'est comme fake au bout.
OK, comme la lutte.
Beaucoup de spiritualité, genre faut que tu sois smooth dans ton corps. Moi, j'ai eu un professeur qui m'a enseigné le Systema comment ça avait été enseigné à la base, qui était un art martial militaires. Alors comment apprendre à vivre avec le fait que tu vas peut-être pas y survivre aujourd'hui, puis se battre sous plein de contextes différents. On avait fait des fois des mass attacks, on se battait, on était 20. C'est, admettons, ton studio là, on était, admettons, une vingtaine là-dedans, puis on faisait juste se battre tout le monde contre tout le monde.
Oh my God, OK.
C'était des histoires de genre là. On a fait des soirées, fait passer à la maison. Non, c'est ça, on prenait un coup puis après ça on se battait. C'est toutes des expériences qu'aujourd'hui c'est très extrémiste, je vais pas mettre ça dans mon dojo, mais c'est des affaires où est-ce que tu dis ça va arriver parce que si tu défends à l'extérieur, souvent les gens ils vont sortir, vont aller prendre un coup, vont peut-être se faire attaquer ou ainsi de suite. Alors tu es pas la même personne sous l'influence Non, alors on a essayé plein de choses et c'était cela, c'était le plus violent. On jouait beaucoup avec des fusils, on faisait des étranglements avec comme genre des sacs de papier plastique sur la tête, tu sais, c'était vraiment extrême.
Là, je pense qu'il y a certaines femmes mamans qui nous écoutent en ce moment qui doivent avoir peur. Puis ce que j'admire beaucoup de toi, Antoine, c'est que tu es responsable du programme d'arts martiaux de l'Académie de Sainte-Thérèse. Ouais, donc tu as beaucoup d'enfants à ta charge. J'ai juste des enfants. Je trouve ça vraiment impressionnant, puis je trouve que c'est tellement une belle discipline pour ces enfants-là. Qu'est-ce que tu pourrais me dire en lien avec ça? Pourquoi un enfant devrait pratiquer les arts martiaux? Est-ce que c'est violent justement pour une femme qui aimerait ça que son enfant le fasse?
Puis ben, je pense que n'importe quel parent, les peurs qu'ils vont avoir pour leurs enfants, ça va être leur peur à eux à la base. Alors c'est pas nécessairement des peurs que les enfants vont avoir. Non, c'est les parents que les parents ont. Alors c'est peut-être même un bon moment pour vous aussi de peut-être s'intégrer dans les arts martiaux pour pouvoir voir c'est quoi, puis pas éviter la peur, mais bien la confronter. Puis c'est comme ça qu'on va pouvoir s'en débarrasser, parce que sinon, si tu fais juste tout le temps éviter le problème et ainsi de suite, ben ça reste. Puis encore pire, ça amplifie dans certains cas.
Mais est-ce qu'on pourrait penser que ça rend un enfant plus violent?
Je pense que la violence de l'enfant va toujours être en eux, no matter what. OK, on a tous cette force-là à l'intérieur de nous de pouvoir se sortir du trouble. Je veux dire, on a tous cette petite flamme à l'intérieur de vouloir se défendre. C'est juste savoir comment l'utiliser correctement. Alors, si jamais l'enfant a une mauvaise réaction une certaine journée à cause qu'il s'est battu ou quoi que ce soit, parce que ça arrive là. Ou est-ce que moi je donne des cours avec les enfants, après ça ils veulent aller pratiquer à l'extérieur, à la récréation, clatement ça passe pas. Mais alors qu'est-ce qui arrive? Tu vas voir au bureau, là tu vas pas au bureau de la directrice, c'est la faute de Sensei Antoine. Tu vas au bureau de Monsieur Antoine, alors tu vas voir Sensei, puis là tu dois lui expliquer qu'est-ce qui s'est passé, puis pourquoi tu as fait ça, parce que si tu veux continuer le karaté Ben c'est très simple, c'est tu gardes ces choses-là dans le dojo. Parce que la ligne est mince.
Mais c'est ça que j'allais demander, la ligne entre c'est correct ou c'est pas correct.
Ben l'affaire c'est que c'est pas correct de se battre. En tout cas, on pourrait parler de ça aussi même en tant qu'adulte, c'est quand qu'on a le droit de se défendre à l'extérieur. Parce que en quelque part, c'est si moi je me bats à l'extérieur, je sais que je pourrais blesser quelqu'un. Ça serait pas vraiment dans mon intérêt de blesser quelqu'un puis tout de suite après dire ah ben, c'est un maître de karaté, il pourrait avoir du contrôle sur ses— c'est justement là, je me suis retenu jusque-là et je sais comment frapper fort. Alors, on doit apprendre à gérer nos propres émotions puis pas avoir peur de justement les laisser sortir une fois de temps en temps. Quelqu'un qui est passionné, puis puis là tu es juste comme tu es trop passionné, arrête, reste dans ton coin, parle pas trop fort, tu sais.
On me l'a déjà dit ça.
Ah ouais? Ouais. Ça fait qu'il faut laisser le fou sortir, puis il va toujours avoir des phases de ce que les— il va avoir un extrême qui va aller en quelque part. Parce que même moi, tu sais, mon entraînement a été dans le côté violent un petit peu plus, surtout avec le kung fu, c'était une approche pas mal violente. Ils faisaient des Chinois, c'était pas des Chinois, eux autres, c'est vraiment des Canadiens. En tout cas, on faisait des batailles des fois dans des boîtes, comme genre il y avait construit des boîtes qui appelaient ça l'ascenseur, puis là on grimpait, on rentrait dans l'ascenseur, puis on faisait juste se battre dans l'ascenseur. On se battait dans une grange la nuit où est-ce qu'il y avait comme genre des tunière, sketch. Puis là, on savait pas trop qu'est-ce qui se passait. Puis là, c'est comme le silence, là tu sentais la tension en place. Les enfants vont pas vivre ça à mon dojo, mais j'ai quand même aussi vraiment, je suis vraiment content d'avoir passé au travers de tout ça, puis pour me faire réaliser dans le fond j'en ai pas besoin.
Mais le but, c'est ça, c'est pas de se battre, c'est de se défendre aussi, non?
C'est pousser ses propres limites. Moi, je l'ai fait, puis comme je te dis, moi, ça changeait, là, tu sais. Je savais que je voulais enseigner, ça c'est la seule chose que j'avais changé. La façon de l'enseigner, même chose, tu sais. J'ai rencontré plein de professeurs différents dans la compagnie, dans cette organisation, puis on a ils avaient tous le même curriculum, mais ils l'enseignaient différemment. Alors, tu sais, puis ça, ça m'a donné aussi l'opportunité de réaliser hey, quand moi je vais enseigner, je vais pouvoir avoir ma propre couleur, ma propre façon de pouvoir le faire, tu sais. Puis j'avais hâte à ce processus-là. Puis je pense que c'est ça qui m'a aidé à juste continuer à chercher plus loin, pas rester Tu te l'entoures pas. Puis juste, ok, là je suis juste bon dans la même, même chose, qui est pas nécessairement une mauvaise affaire.
Mais c'est bon ce que tu dis, parce que moi pareil, tu sais, je suis coach, j'aide les gens, mais c'est ce qui fait que je continue d'étudier, parce que je me rends compte qu'il y a tellement de possibilités que je vais apprendre plus pour pouvoir enseigner aux gens, justement. C'est bon que tu dises ça. Puis ça serait quoi les bienfaits du karaté, tu les connais-tu? Scientifiquement, ou qu'est-ce que ça peut faire autant pour un enfant, puis on va dire une femme aussi.
Mais c'est parce que surtout tantôt de parler de discipline, je pense que les, juste pour être sûr que les gens comprennent, moi je suis pas là pour chicaner les enfants, je suis pas là pour leur dire quoi faire tout le temps, puis c'est une discipline que je veux leur inculquer. D'avoir l'opportunité de pouvoir être la meilleure version d'eux-mêmes, des jours après jour. Tu sais, comme tantôt que je t'ai dit, un petit effort quotidien, comme au Japon kaizen, le petit effort, que ce soit 1% d'effort quotidien chaque jour que tu peux inculquer dans ton quotidien, c'est de même que tu vas être meilleur dans un an. Ça pourrait prendre juste un an, tu pourrais être une autre personne complètement, juste en te donnant cet objectif-là de juste un petit peu plus aujourd'hui, juste un petit peu plus aujourd'hui. Alors la discipline, c'est un gros plus, mais c'est, on veut qu'il soit autonome en tant qu'enfant, on veut qu'il soit capable de pouvoir se débrouiller par eux-mêmes, autant se défendre que de se tenir debout, d'être être capable d'attacher sa ceinture de karaté.
Ah, je suis même pas encore capable.
C'est ça, c'est des petites affaires comme ça. Ou est-ce que quand les enfants te demandent d'attacher la ceinture, puis quand je dis des enfants, puis là, tu sais, c'est comme, sont quand même en 4e année, à 31 ans. C'est ça, juste d'être capable de s'organiser eux-mêmes. Puis il y a les opportunités aussi de faire des compétitions qui sont hyper stressantes, mais tu sais que dans le fond, sont très accessibles. Puis il y a différents niveaux de compétition aussi, qui n'est pas nécessairement juste ça l'ancrage du Kyokushin ou du karaté à la base. Mais je pense que c'est une bonne façon aussi de de pouvoir confronter ses peurs, d'être jugé, de douter de nous, de nos propres talents, et ainsi de suite. Fait que tu sais, vraiment croire en nos forces. Puis il y a des journées où est-ce que ça va vraiment pas bien, puis ça va être de justement c'est quoi tu vas faire? Puis tu vas juste te rouler par terre et chialer, ou tu vas retourner à l'entraînement puis tu vas aller régler c'était quoi les problèmes.
C'est vraiment bon ce que tu dis parce qu'on voit que c'est comme une histoire, c'est une école de la vie. On apprend des choses à l'école, mais tu peux apprendre les mêmes choses dans cette pratique de karaté. Autant dans la répétition, dans la discipline. Puis c'est drôle que tu dises ça, mais des choses très simples. Exemple, moi, je suis toute seule avec Antoine quand je fais mes cours, mais je veux aller faire des cours avec les autres. Mais j'ai cette peur-là de le faire. Puis là, oui, moi, à l'ivraque dans ce moment, je suis vulnérable devant vous. Mais c'est fou comment ça me stresse de dire «OK, je m'en vais faire un cours devant tout le monde.» Mais je vois l'enfant justement qui vit ça à l'âge de quoi, 7, 8, à partir de quel âge qu'un enfant peut faire ça? L'affaire c'est que je les prends des fois, j'en ai pris qui avait 3 ans de BI, comme il y en a, tu sais, j'ai pris à 7 ans parce qu'il y en a que, mais tu sais, moi je vis ça en ce moment puis j'ai 31 ans, fait que je me dis c'est tellement beau de voir qu'un enfant de 4 ans peut vivre ses ces petits challenges-là, mais qui a 4 ans, tu sais. Fait que c'est fou comment l'apprentissage de cet enfant-là après peut être accéléré.
Ouais, mais j'ai un élève que lui, ça lui a pris près de 5 mois avant de commencer à rentrer sur mes tatamis et faire mes cours. C'était un ami d'enfance du secondaire qui est venu au dojo, puis il y avait un petit gars très tranquille, très effacé, Il a même fait des cours d'orthophonie avec une amie dans mon bureau en haut, à mon ancien local, avant qu'elle ait commencé les cours de karaté. Fait que là, il venait tranquillement, tout ça. Ça lui a pris quand même un bon 6 mois à le faire. Mais tu vois, là, ça fait plus de 10 ans qu'il est avec moi aujourd'hui.
Il était seul avec toi avant ou— OK, OK.
Mais c'est ça, son père l'avait réalisé que pouvait pas juste écouter les peurs puis les angoisses de son enfant. Parce que sinon, s'il fait juste OK, il aime pas ça, on va continuer à le garder à la maison tranquille dans son petit coin à rien faire, mais tu vas juste encore une fois, tu vas ancrer ces valeurs-là en lui. Ses croyances-là vont pas bouger.
Puis il doit y en avoir beaucoup de cas comme ça dans cette situation-là, des parents justement qui est stressé là, j'aime mieux pas qu'il fasse Ben, les temps changent, savez-vous, mais les temps ont changé énormément.
On fait juste penser que les enfants, plusieurs enfants ont passé 3 ans de leur vie, des fois la moitié de leur vie, à l'intérieur avec un masque.
Avec un masque. Des bébés COVID.
Pour apprendre à marcher en ligne, monter les escaliers, ainsi de suite, travailler avec des jeux d'équipe. C'était pas facile.
Mais c'est toi qui disais, c'est toi qui avais dit que tu t'aidais les enfants à jouer dans des— je pense c'est Nick qui m'a raconté ça, à jouer dans des modules parce qu'ils savaient pas comment jouer dans des modules dehors. Genre, c'est fou, faut que tu racontes ça là.
Parce que là, on a même eu un nouveau document du gouvernement qu'il fallait enseigner d'une différente façon l'éducation physique pour pouvoir justement les aider à à commencer à faire des jeux que nous autres on faisait quand on était jeunes. C'est comme juste grimper des cordes, faire les bars. Exactement, monkey bars. Là, dans le fond, moi je fais un entraînement fonctionnel pour les maternelles de l'académie. C'est la deuxième année qu'ils m'ont donné ce contrat-là. Eux autres, ils trippent sur la façon dont je l'ai fait. Alors, je les fais travailler en équipe, je les fais travailler avec de la musique parce que là, dès que tu as de la musique, aïe, les enfants partent mieux. Alors juste de l'endurance physique, travail en équipe, puis c'est ça, juste travailler le tonus parce que c'est ça.
C'est parce que dans le fond il faisait pas, ils font pas les parcs.
Moi j'allais au parc quand j'étais petit, là je marchais, j'allais au parc. Maintenant faut quasiment que tu y mets un AirTag dessus, là, sur ton enfant pour savoir exactement où est-ce qu'il est. Tu vas le suivre, puis là tu vas, tu regardes, puis c'est pas tous les parents qui sont prêts à aller tout le temps au parc avec leurs enfants parce qu'ils sont tous—
Mais c'est vrai que moi, quand j'étais jeune, j'étais vraiment jeune, j'allais tout seul au parc.
Ouais, maintenant c'est plus aussi facile. La peur sociale, je veux dire, je dis pas que ça n'arrive pas, mais tu sais, le fait de pas laisser notre enfant aller au parc, c'est sûr que ça l'enlève un peu de liberté pour eux autres de justement aller explorer.
Ces modules-là, puis est-ce que dans le document du gouvernement, il parlait justement de l'impact que ça a maintenant sur les enfants? Est-ce qu'il y a des pourcentages? Qu'est-ce que c'est, quoi, l'impact de tout ça aujourd'hui sur l'éducation, sur le grandissement de notre enfant?
Ben, c'est sûr que le gouvernement est très bon pour mettre des longues explications du pourquoi, puis à quel point que ça va être que pour leur bien, puis que c'est pas de la faute à personne. Mais tu sais, Ils disent pas que c'est la faute à quoi que ce soit, mais c'est sûr que c'était important de faire un ajustement sur l'éducation pour être capable d'être plus mobile puis être plus physique. Et on parle juste de descendre les escaliers, monter et descendre les escaliers en maternelle, c'est— tu leur faisais faire ça Ben moi, je leur montre toujours les escaliers, ainsi de suite. Mais moi, c'est beaucoup d'exercices avec de l'équilibre, l'endurance physique, autant des sauts sur quelque chose qui est pas stable. Alors on travaille les jambes, tu sais, des push-ups, mais tu sais, monter les mains sur le mur, descendre. Peut-être si je leur fais faire des choses que tu fais pas nécessairement à la maison, comme grimper les pieds sur le mur avec les mains au sol, grimper une corde, tu sais, frapper Kevin, qui est mon sac de frappe, qui Kevin, c'est pas Bob, c'est Kevin. Puis non, c'est ça, juste leur donner le plus de matériel possible.
Est-ce parce qu'ils sont plus retardés? C'est-tu parce que, ben non, ils sont en retard de quoi?
De stimulation. Je pense c'est plus, quand encore une fois, quand tu as 3 ans que tu es en cabanée, qui ont pas le droit de sortir à l'extérieur, qui ont pas le droit de d'avoir des amis proches à 1 mètre, ainsi de suite, que tu parles à des gens avec des masques, tu sais, c'est—
il y a beaucoup de problèmes de langage aussi, les bébés COVID.
Il y a eu un impact à ce niveau-là. Maintenant, est-ce que ça va s'améliorer? C'est sûr, c'est comme n'importe quoi, il y a toujours une évolution. Mais c'est quand même une génération, une cohorte qui a goûté quand même assez solidement.
On partage, Antoine, la même passion commune pour la culture japonaise. Je pense que dans tous les épisodes, il faut que je parle une fois de quelque chose de japonais. J'adore ça! Ça tombe bien, j'ai un beau cadeau d'ailleurs japonais. Je suis très contente de la part d'Antoine. Qu'est-ce qui fait selon toi leur force et leur supériorité dans le domaine des arts martiaux? Les Japonais, parce qu'on dirait qu'ils sont bons, ils sont toujours bons en tout.
Je pense qu'ils ont pas peur, ils ont pas peur de juste pousser plus loin les limites, juste les limites de l'imagination. Puis ça, ça a été une des plus belles leçons que j'ai eues dans mon dernier voyage, parce que tu sais, il y a quelqu'un qui pourrait te parler peut-être dans notre podcast, ça va avoir duré une demi-heure, 45 minutes ou quoi que ce soit, puis il va juste avoir une phrase qui va changer la perception ou l'idée de quelqu'un qui est à la maison en train de l'écouter. Puis dans mon voyage, ça a été quand le professeur a commencé à parler de tout ce qui est l'aspect de l'imagination, d'amener l'imaginaire à la réalité. Mais tu es à un point où est-ce que tu vas dire c'est impossible, je peux pas mettre des robots à la vie ici. Mais si tu vas pas le faire en vrai, tu pourrais le faire en dessin, tu pourrais le faire en manga, tu pourrais le faire en, tu pourrais le faire en statuette, en peinture, tu peux le faire n'importe quoi. Tu peux faire des robots, tu peux faire, il y a pas moyen de dire c'est impossible. Ça va être impossible quand il y a plus d'intérêt à travailler là-dessus, mais sinon, toujours essayer d'aller chercher plus loin et améliorer le tout à son maximum, à ta propre capacité, c'est sûr, mais de pas se stopper à juste dire ah non, c'est impossible. Combien de fois on va aller voir quelqu'un puis va dire mais non, peux pas faire ça. Moi je sais, j'en dis avec quelqu'un de malade, OK. Parce que là on a parlé, toi Antoine, ta famille, j'ai skip tout ça parce que je voulais pas parler nécessairement du côté familial. Mais c'est, je dis, même à l'école, moi j'étais pas pour avoir un bon avenir selon eux là. C'était T'es sûr que tu veux être à la bonne place ici à l'école? Ou quoi que ce soit. Non, mais moi je comprenais pas nécessairement, mais tu sais, on me disait que j'étais pas à ma place, que l'école était pas faite pour moi, que j'étais pour peut-être virer vraiment pas bien plus tard dans la vie. Tout va bien, tout va bien, tu étais prêt. C'est sûr que quand on fait juste répéter tout le temps que t'es pas fait pour ça, que t'es pas bon, Tu travailles pas assez fort pour ça. Écoute, si l'intérêt il est juste pas là, ça va être difficile d'être allumé. Mais tout ça pour dire, quand on m'a dit que l'école était pas faite pour moi, c'est un peu weird à réaliser que dans le fond, moi c'est ça que je fais présentement. Non seulement j'ai une école d'arts martiaux, mais j'enseigne à l'intérieur d'une école.
Est-ce que c'est pour ça que tu es à l'intérieur d'une école, tu penses, pour donner cette chance aux enfants qui ont peut-être de la misère?
Ou moi, j'aime l'idée d'aider certaines personnes qui pourraient pas vraiment se sentir dans le moule, parce qu'on se promène avec notre moule. Notre moule est déjà fait. Alors c'est nous autres qui est en contrôle aussi de ce propre moule, de notre départ. Mais ouais, moi j'aime aider les jeunes troublemakers, c'est vraiment mon dada.
J'aime ça, j'aime ça. Puis est-ce que c'est un Japonais qui t'a dit ça? Revenir à la question de dire que pourquoi les Japonais sont si bons selon toi, puis c'est d'aller pousser plus loin que tu disais.
Ouais, mais ils se tiennent beaucoup, ils ont une structure et une mentalité, une art, une enquête qu'ils vont faire toujours pour essayer de donner plus. Tout est tellement facile mais difficile en même temps. C'est le chemin, il est là, tu peux y aller, ça va être facile. Oui, c'est facile parce que le chemin est tracé, mais Toutes les embûches que tu vas avoir au travail vont être ridicules, puis c'est toi qui vas en faire ton histoire selon tes capacités puis ton endurance. Mais qu'est-ce qui fait en sorte qu'eux soient aussi forts? Leur mentalité, je pense, leur culture, leur culture, c'est juste la culture, c'est inculqué en eux, là. Ils sont tellement solides mentalement.
Hey, puis je fais souvent le lien, moi, de justement la culture japonaise puis la longévité, parce qu'on sait qu'il y a beaucoup plus de centenaires dans ces régions-là. Ça vient d'Okinawa. Okinawa, c'est là que le karaté a commencé aussi. Puis Okinawa, c'est là que les gens vivent le plus longtemps. Les maladies métaboliques n'existent pas réellement, le diabète, l'obésité, ça existe pas vraiment. Fait que moi, je trouve ça incroyable. C'est pour ça que je t'ai invité sur ce podcast-là, parce que je pense que tous les Japonais doivent pratiquer un art martial?
C'est comme, admettons, ici les gens de— Pas le hockey! Non, mais le golf. Les gens d'entreprise, ils vont s'inviter à aller jouer au golf, ça va leur donner le temps de pouvoir échanger en même temps, faire une activité le fun à l'extérieur, tu sais. Puis marche, En tout cas, si tu veux marcher, va au Japon parce que—
Ah, on montre ça.
Marcher en—
Barefoot.
OK. Alors, toutes les gens qui sont haut placés dans des compagnies veulent garder une sorte de structure, de discipline pour s'assurer. Puis en plus, tu le vois quand il y a tes employés, admettons, tu t'emmènes tes coachs, OK, puis là tu leur fais faire un workout and a half, là. Puis là, tu envoies une qui choque tout le temps, qui donne pas son maximum, puis elle va juste chialer tout le long. Tu es comme— puis là, tu en as un autre qui dit absolument rien, il est juste tout le temps à fond. Tu apprends vraiment à connaître les gens, c'est vrai, quand tu les amènes à un stress vraiment haut niveau. Alors moi, je pense que c'est une bonne chose. C'est bon, ça, comme le golf, tu sais, pas avoir plein de traction, si moindrement tu es en train de parler puis tu shoot to crush, tu vas être un bon team player, tu vas être capable d'être social, mais quand c'est le temps de sûrement avoir plus de fight à chaque qui est important, mais que tu le fais. Alors c'est un peu le même principe, je pourrais dire, avec les arts martiaux. Puis moi, je pourrais amener mes employés ou emmener certaines personnes à aller faire un entraînement, on le voit, c'est que la vraie personne qui est à l'intérieur C'est souvent des masques, tu sais, que les gens portent, des gros tops. Oui, tout à fait.
Les sortir d'une situation qu'on est habitué de les voir justement, puis les mettre dans un stresseur, je trouve que c'est une bonne idée. En tant que Sensei, c'est quoi les valeurs que tu aimerais transmettre à tes élèves?
De pas abandonner. De pas abandonner dans quoi qu'ils entreprennent. Croire en leurs talent. Et la personne à l'intérieur de nous là, à 15 ans là, il sait qu'est-ce qu'il veut. C'est sûr que c'est pas exactement la même chose, mais on le sait un peu qu'est-ce qu'on recherche. On soit plein d'embûches, in between, mais c'est croire en toi, croire en tes forces, puis pas avoir peur d'avoir peur.
Est-ce que tu penses que par la suite ça peut se transmettre dans notre vie générale?
C'est que ça. Moi je fais que de l'entraînement de ma vie, toujours. Ça me tente pas toujours de m'aller m'entraîner ou aller manger une bolive, tu sais, parce que là quand je l'ai dit à Howard demain, il va aller manger une bolive.
On a eu des belles discussions là-dessus.
Mais tu sais, c'est là où est-ce que tu travailler ton caractère, puis on s'améliore toujours. Même s'il y a des fois où est-ce que ça fait des années que je m'entraîne, je me fais brasser puis valaper d'un bord puis de l'autre, c'est quand même plaisant, puis j'apprends beaucoup malgré, excusez, ces entraînements difficiles-là. Ouais, ça Ça fait travailler ton toi, ta personnalité.
J'ai vraiment hâte à mon premier combat, j'ai hâte de voir si ça va travailler autant sur ma personnalité que tu le dis.
Tu vas pas avoir à te poser moins de questions. Ouais, c'est ça. Tu sais, quand on parle des arts martiaux, la méditation, ainsi de suite, mais c'est pas mal ça, c'est une grande danse qui se fait. Puis plus que tu en parles dans ta tête pendant qu'il le fait, moins bien que ça va aller. Faut vraiment que tu sois neutre, faut que tu sois sur les instincts, faut que tu sois relax, faut que tu sois prêt, puis faut pas que tu aies peur justement de frapper un peu l'autre. Ouais, surtout en compétition à un haut niveau, tu sais, faut que tu acceptes le fait que tu vas blesser l'autre probablement. Mais c'est soit lui ou toi, on vote par premier.
J'aime ça, j'adore ça. Et quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui hésite de commencer cette pratique martiale-là?
C'est une raison de plus de le faire. Ouais, ouais. Enlève une tique, puis peut-être que tu vas pas aimer ça. Ouais, peut-être tu vas pas aimer ça. Who cares? C'est quelque chose qui tente, qui t'intéresse, essaie-le. Je veux dire, c'est comme quelqu'un qui va passer à côté d'un chandail, il est trop bien beau le chandail, et puis là, à chaque fois que tu passes à côté, il est super beau, wow, wow, wow, et là tu l'essaies, il est laid. Laisse faire. Tant et aussi longtemps que tu l'essayes pas, ça va toujours t'agresser. Essaie-le. Ça va rien te coûter. Actuellement, les écoles d'arts martiaux, ils donnent une semaine d'essai gratuit. Tu l'essayes, t'aimes ça, t'aimes pas ça, whatever. Try, c'est gratuit.
Ouais, je pense que c'est important pour notre cerveau aussi d'essayer des nouvelles choses. La neuroplasticité, justement. Les gens sont déjà pas buckés de faire toujours les mêmes choses. Puis moi, je vais me prendre comme exemple, ça fait tellement longtemps que je voulais en faire, puis je l'ai jamais fait. Puis là, je l'ai essayé, puis je suis comme, c'est ça que je disais à mon mari, j'aime vraiment ça. C'est la première fois que j'aime vraiment quelque chose. Là-bas, j'en faisais, mais on dirait que j'étais comme, j'avais vraiment plus envie d'y aller. Mais c'est pour ça, le karaté, c'est une philosophie aussi, c'est une histoire en arrière de ça que tu apprends.
Puis je pense que l'avantage avec le karaté, c'est que c'est pas juste des combats. C'est japonais, mais c'est que c'est pas juste le combat. Il y a aussi tout l'entraînement derrière, il y a l'ido qui est tout l'entraînement en mouvement, il va y avoir les kihon qui est les entraînements sur place, il va y avoir aussi les bunkai qui va être les techniques de kata qui va être les choses aussi que tu apprends. Fait que tu sais, il y a beaucoup, beaucoup de matériel derrière le karaté qui est pas juste d'aller se frapper dedans.
Ouais.
Alors si moi je me blesse en quelque part, j'ai pas vraiment d'excuses pour dire je pourrais pas aller m'entraîner demain. Surtout si j'ai mal parce que j'ai reçu un coup de pied à la jambe, j'ai de la misère à bouger, à la gâte. Ça, c'est plus tu bouges, plus le bobo va partir, mais je peux travailler autre chose et éviter justement de me re-blesser encore plus. L'entraînement va être continu, puis c'est ça que je veux dans le fond. Moi je veux m'entraîner pour le restant de mes jours. Les gens me parlent de la retraite.
Ça existe pas au Japon, la retraite. Le mot n'existe pas.
Moi, je me vois pas arrêter. Honnêtement, je me vois pas arrêter. Tu sais, j'ai quelqu'un dans ma famille qui a eu une retraite très jeune, qui, la minute que ça a été fait, je l'ai plus jamais reconnu.
Tout à fait. Puis au Japon, il y a l'ikigai qui existe, en fait, le terme japonais qui dit trouver ta raison de vivre. C'est pas pour rien, les gens n'arrêtent jamais de travailler. Ils meurent avec leur passion parce que les kickers, c'est une passion et un travail en même temps.
Il en reste toujours un peu plus.
Ben non, puis les gens qui arrêtent de travailler, c'est là qu'après ils n'ont plus rien à faire. C'est là que tu commences à vraiment mourir, vieillir. Ça m'amène à ma dernière question que je pose à tous mes invités. Est-ce que tu penses que ça peut contribuer à une meilleure longévité, voire à vivre jusqu'à 180 ans, en adoptant cette art martial-là?
Ben, comme je viens de te dire, je pense qu'avec 180, j'avais pas encore assez de temps pour apprendre tout ce que j'ai à apprendre dans les arts martiaux. Alors je vais l'accepter. Si je prenais un petit peu plus, ce serait super, mais je pourrais mieux faire avec un 180. C'est quand même Je veux juste m'entraîner toujours, je veux toujours apprendre, je veux toujours apprendre plus. Il y a toujours quelqu'un qui a une histoire, une nouvelle façon de voir la même chose que j'adore faire. C'est ça que je veux, moi je veux apprendre, puis pas près d'arrêter là.
J'adore ça. Moi aussi. Merci Antoine. C'est où qu'on peut te rejoindre si les gens sont intéressés?
Moi je suis à Rosemère, vous pouvez me rejoindre 514 668-3634, Antoine Gerson, ou autodéfenseag.com, qui est mon site web. Alors ça, c'est avec tous les horaires, les forfaits sont là. Et si jamais vous avez d'autres questions, Instagram, c'est Antoine Gerson Sensei. Et that's it, vous allez me voir aussi dans les stories.
Je vais mettre tes liens de toute façon en mode podcast, avec les gens vont pouvoir te rejoindre. Mais merci beaucoup Antoine, c'était très apprécié. Alicia Marcelle Martine Bragalli et le 18 et 19 janvier prochain. Procurez votre billet gratuitement, on va mettre le lien aussi en bas et on se retrouve lundi prochain! Bye!
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