Dans cette intervention, le Dr Jean‑Marie Biada conseille les jeunes entrepreneurs à placer l'originalité au cœur de leur projet. Il explique que les projets non originaux peinent à obtenir un financement, car ils ne répondent pas à un besoin réel et sont facilement imitables. Il illustre ce propos avec des exemples concrets (un kiosque « call‑box », une petite machine à pop‑corn, la multiplication de taxis) qui, faute d’étude de marché et de business plan, se sont rapidement révélés non viables. Biada décrit ensuite les sources de financement accessibles en Afrique de l’Ouest – micro‑financement, fonds perdus, subventions étatiques – et montre que les bailleurs de fonds privilégient les idées originales et durables. Il insiste sur la nécessité de préparer un business plan solide, d’effectuer des études d’exploitation et de s’entourer de spécialistes. Il propose même un modèle d’accompagnement où le conseiller avance une partie du financement (mise en mémoire) en échange d’un remboursement ultérieur avec éventuel bonus, soulignant que l’engagement du conseiller renforce la crédibilité du projet. En conclusion, il encourage les jeunes à entreprendre, à rechercher l’originalité, à se faire accompagner et à structurer financièrement leur initiative pour maximiser leurs chances de succès.
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Donc à un jeune, je lui conseillerais davantage de mettre le curseur sur l'originalité de son projet. Si son projet n'est pas original, son projet n'est pas faisable, son projet ne répond pas à un besoin, pour moi il est en train de perdre du temps. Il va rarement trouver un financier, que ce soit financier classique, que ce soit une tontine, que ce soit des institutions financières non bancaires, que ce soit un certain projet étatique. Je vous prends le cas dans un pays comme le Bénin, le Togo, ou bien au Cameroun, il y a un guichet au niveau de l'Allemagne qui apporte à l'échelle micro, c'est-à-dire quoi, quelqu'un qui veut développer une petite porcherie derrière la maison, on peut lui apporter un appui jusqu'à hauteur de 500 000 ou 650 000 euros. Merci. Même ces gens qui ne font pas des financements, qui font ce qu'on appelle techniquement des financements à fonds perdus, ne seront pas intéressés à vous suivre dans votre projet une fois qu'il est établi que ce n'est pas original. Parce qu'un projet original original dure. Un projet original met beaucoup de temps sur la durée. Regardez que tous les projets qui étaient nés sur la base de l'imitation ont eu à disparaître. Je vous ai pris l'exemple de quelqu'un qui veut par exemple faire le call box. Il constitue tout un kiosque qui lui coûte beaucoup d'argent, il s'enferme là-dedans et il essaye un peu de vendre je ne sais quoi. Les gens peuvent facilement imiter son projet et le marché captif qui lui était réservé sera désormais partagé de lui et tous ceux qui ont imité son projet. Or, quand ils ont imité, ils lui ont pas versé les droits d'auteur, ils n'ont versé aucun, aucun frais, aucune prime, ce qui fait qu'il aura donc travaillé pour ces gens-là. Donc un jeune qui se lève, pour moi, chaque fois qu'il y aura une idée de projet original, il y aura toujours un financement pour vous suivre. Il y a pas de débat. Par contre, si vous faites ce qu'on appelle— j'ai été à la fonction publique avec un frère, nous avons été appelés à faire valoir nos droits à la retraite, on nous a payé nos primes, 3 millions. Nous sommes allés au quartier, nous avons vu une femme qui avait une petite machine à pop-corn, qui avait un modèle d'activité extrêmement sommaire. On branche au mur, on met les pop-corn, le maïs à l'intérieur, ça éclate, ça éclate, on appuie un petit bouton en bas, ça sonne en dessous et on lance à 50-50, on vend. Si nous tous nous voulons fonctionner dans ce thème, il est certain que Au bout de 6-7 mois, ça ne va plus marcher. Le frère a acheté un taxi, allez, j'achète aussi un taxi comme lui. Et nous étions peut-être 200 à être appelés à valoir nos droits à la loterie. Voilà 200 taxis qui arrivent dans la ville comme ça. Aucune étude n'a été faite, aucun business plan n'a été fait, aucun compte d'exploitation n'a été dressé. Allez hop, nous allons perdre de l'argent comme ça. Donc pour moi, lancer son projet, ce n'est pas toujours mauvais de se référer à un spécialiste. Le spécialiste qui parfois peut mettre ses frais en mémoire. C'est-à-dire quoi? Le monsieur dit, pour faire votre business, c'est 25 millions, vous ne les avez pas, mais dans l'immédiat, là, vous allez me donner 1 million de francs. Pour les 24 millions, je mets en mémoire. Comme je crois au projet, une fois que le projet va fonctionner normalement, dès le retour à meilleure fortune, je vais me faire payer sur les 24 millions que j'avais mis en mémoire, peut-être même avec un bonus en plus, parce qu'en fait j'y ai cru. Si je ne m'étais pas engagé, on se serait pas, on ne serait pas allé loin. Donc pour moi, se lancer dans l'entrepreneuriat, c'est une bonne chose. Se faire accompagner, écouter beaucoup les spécialistes, écouter beaucoup les experts, c'est encore une très bonne chose.