21 ans d'expérience en tant qu'éditrice avec Sophie Rouanet [ Podcast #32 ]

Dans cet épisode du podcast Connaissance Illimitée, l'hôte Mohamed Boclet interviewe Sophie Rouanet, éditrice depuis 2002, pour explorer le fonctionnement interne des maisons d'édition et partager son parcours professionnel à travers plusieurs grandes maisons (Flammarion, J’ai lu, Marabout, First, Leducq, Robert Laffont). Elle décrit les différents services d’une maison (édition, presse, diffusion, marketing), explique comment les projets de non‑fiction sont co‑construits avec les auteurs, détaille les critères de sélection (pertinence du sujet, angle novateur, légitimité de l’auteur, potentiel de communauté), et donne des conseils pratiques aux futurs auteurs : préparer une note d’intention, cibler les éditeurs, exploiter les communautés, choisir entre auto‑édition et édition traditionnelle, et comprendre le rôle logistique et financier de l’éditeur. Le dialogue aborde également les mécanismes de succès (exemple du livre Connaissance Illimitée), l’importance du « mercato » des éditeurs, la diversité des marchés (poche, grand format, vulgarisation scientifique) et la dimension humaine de la relation auteur‑éditeur. L’épisode se conclut sur une réflexion inspirante sur le plaisir de travailler dans le livre et un message d’encouragement aux auteurs.
Chapters
C'est vrai, c'est une histoire incroyable parce que là, on est à 33 000 livres, 32 533 livres.
On a passé les 33 hier.
Ah bah ouais, j'avais pas les chiffres d'hier. J'avais pas les chiffres d'hier. Donc merci. Bah voilà, on a dépassé les 33 000, c'est juste extraordinaire. Je m'appelle Mohamed Boclet, je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller Connaissance illimitée. Dans le podcast Connaissance illimitée, je reçois des invités au parcours extraordinaire pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée. Et aujourd'hui, je suis super content, je souris si vous voyez la vidéo parce que je suis avec Sophie Rouanet, c'est mon éditrice. Quand je dis mon éditrice, c'est comme si c'était la mienne, elle m'appartient. C'est la personne qui m'a trouvé sur les réseaux et qui a voulu éditer le livre Connaissance Illimitée. Aujourd'hui, elle est avec nous, elle va nous parler de de l'édition, du monde du livre, de son parcours. Et cet épisode va juste être incroyable. Bonjour Sophie, comment tu vas?
Bonjour Mohamed, ça va super bien, je suis très heureuse de te parler.
Yes, parfait. Et moi aussi, je suis très heureux d'être avec toi aujourd'hui parce qu'avant que je te connaisse, j'avais l'impression que le monde de l'édition, c'était un monde obscur avec des gens méchants et qui ne voulaient parler avec personne et qu'il fallait avoir le bras long pour pouvoir sortir un livre et que vous étiez là que pour à racketter les pauvres.
Quelle idée, quelle idée! Mais non, pas du tout.
C'était le monde que j'avais, cette image que j'avais. Et quand j'ai découvert la maison d'édition Robert Laffont, je me suis pris une belle claque et j'ai vu que c'était complètement l'inverse. Et j'ai envie d'en parler aujourd'hui, de montrer comment le décor des maisons d'édition est déjà. Mais avant ça, j'aimerais bien que tu te présentes dire un peu qui tu es et après on va continuer.
OK, alors donc je m'appelle Sophie Rouanet, je suis éditrice depuis 2002, donc depuis 21 ans. J'ai 44 ans, j'ai 3 enfants, j'ai travaillé dans pas mal de maisons d'édition différentes et sur pas mal de secteurs différents aussi. Et ça fait maintenant 3 ans, enfin ça va faire 3 ans au mois d'août que je suis chez Robert Laffont où je m'occupe de non-fiction. On aura peut-être le temps de revenir là-dessus et d'expliquer à quoi ça correspond. Et en particulier par rapport à mon, enfin en résonance avec le reste de mon expérience plutôt côté développement personnel, santé, psychologie grand public. Voilà, pas seulement évidemment, pas seulement, mais c'est le cœur de mon métier, c'est ça. D'accord.
Et tu disais que tu as fait 22 ans que tu fais ça. Qu'est-ce qui t'a poussé à rentrer dans l'édition? Comment tu étais jeune, tu t'es dit c'est bon, j'adore la lecture, j'ai fait un bac L, je vais faire de l'édition? Ou comment tu t'y es pris?
Alors, comment je m'y suis pris, j'ai Je me suis posé des questions mais pas tant que ça en fait puisque j'ai commencé, en fait le souvenir assez précis que j'en ai c'est que j'ai commencé, enfin mon premier stage je l'ai fait j'avais 19 ans, j'étais en 2e année post-bac donc tout ça était assez clair dans ma tête. Il se trouve que j'avais autour de moi un entourage amical qui était plutôt porté préparation des concours d'écoles de journalisme et que la préparation du concours, bon à 19 ans on n'est pas toujours très clair voyant et la perspective des concours d'écoles de journalisme me faisait assez peur. Je trouvais que c'était quelque chose d'assez engageant, d'assez lourd. Je me suis dit tiens, pourquoi pas tenter de faire un essai dans une maison d'édition. Et j'ai fait un premier stage qui a duré un mois. Donc c'était vraiment je mets un orteil dedans pour tenter un truc, vivre des expériences. Voilà, il se trouve que ça m'a plu, que J'ai mordu à ce moment-là. Ce qui est marrant, c'est que ce premier stage, il n'était pas du tout au service éditorial, en fait. J'ai commencé par... Bon, alors déjà, j'ai fait des études. Si je reprends du début, je suis quand même vraiment... Enfin, je suis une vraie littéraire. C'est-à-dire que vraiment, depuis la seconde, première, c'est vraiment les lettres qui me... Qui m'intéressent et qui me font avancer. J'ai toujours été hyper à l'aise là-dedans, assez grosse lectrice étant enfant et ado. Je lis pas très vite, un peu plus maintenant mais pas tellement. Et voilà, j'ai fait ce premier stage, j'ai fait des études, j'ai eu mon bac littéraire, j'ai fait ce qu'on ce qu'on appelle maintenant un master de lettres, mais qui à l'époque était une maîtrise, donc bac +4 en lettres modernes à Paris. Et puis en parallèle de ça, parce que l'université à l'époque, je sais pas comment c'est aujourd'hui, mais à l'époque ça laissait beaucoup de temps libre, j'ai fait des stages. Donc ce premier stage, je l'ai fait en deuxième année dans une maison indépendante qui faisait de l'édition scientifique, scientifique vulgarisation, et j'étais au service de presse, j'ai adoré ça. On a fait à l'époque, je me souviens, c'était un autre monde, l'édition a vraiment considérablement évolué dessus à pas mal de points de vue, mais on avait fait à l'époque un livre en partenariat avec France Télévisions, sur le premier âge, le développement psychomoteur de l'enfant avec un documentaire télé. Et j'avais adoré ce truc de faire parler du livre et surtout j'avais vu en fait comment déjà à l'époque, bien que n'étant pas moi-même stagiaire dans la maison d'édition à L'Éditorial, j'avais vu quand même comment il était possible et ça a cassé en fait tout de suite une idée reçue que tu as pu formuler toi dans l'introduction, qui était de dire que tout ça est très mystérieux et que les éditeurs regardent le monde extérieur de très loin et sont dans leur tour d'ivoire. Je me suis vraiment rendu compte qu'il y avait un travail de collaboration étroit entre l'auteur qui fait le livre, le fait de faire la matière première du livre, qui écrit et l'éditeur. Il y a un échange, tout ça est un cheminement commun. Et pas seulement avec l'éditeur ou l'éditrice, mais aussi avec tout le reste de la maison, puisque moi, étant au service de presse, j'ai vu ce qui s'est passé après et comment tu fais vivre le livre après. Et que le livre, je crois que j'ai compris à ce moment-là qu'il existait de mille manières et pas seulement par un manuscrit qu'on te remet et hop, ça part dans un truc mystérieux. Pas du tout. Vraiment, tous les services de la maison sont mobilisés et c'est ça qui fait vivre le livre.
Voilà.
D'accord.
Et donc quand tu dis tous les services de la maison sont mobilisés pour faire vivre le livre, c'est quoi ça? Quand tu parles de ça, tu parles de l'aspect marketing, de la synergie de tous les services?
Si tu veux, ce qu'on peut faire, c'est que je te raconte un peu mon parcours, puis après je te dirai un peu comment ça fonctionne à l'intérieur d'une maison d'édition.
Enfin, toi tu connais, mais Bien sûr, mais ton parcours, c'est ton parcours qui m'intéresse effectivement.
Vas-y, continue. Donc j'ai fait ce premier stage, j'ai fait un deuxième stage entre la troisième et la quatrième année, à cheval sur les deux années. J'ai fait un stage long de 6 mois dans une autre maison qui faisait à la fois du parascolaire, du scolaire et de la jeunesse, où j'ai travaillé à la diffusion. Donc tu vois, toujours pas l'éditorial. Et à la diffusion, donc la diffusion c'est toute la gestion entre l'humain et le commercial, c'est-à-dire que c'est pas du chiffré, c'est de la diffusion d'informations, c'est de l'organisation, mais c'est pas le côté négo, chiffres, rentabilité. C'est vraiment mettre des auteurs dans des salons, organiser la venue des auteurs, c'est de la logistique, c'est valoriser certains livres auprès des responsables d'événements. Programmer des signatures en librairie, c'est tout ça. Autre aspect hyper important, en direct avec le libraire et le public, et en l'occurrence avec le libraire et avec les organisateurs de salon. J'ai adoré ça aussi, le côté cheville ouvrière à régler des trucs, mais même en fait, même juste prendre des billets de train, quoi. Tu vois, c'est vraiment tous ces trucs-là. Faire des livres, c'est aussi prendre des billets de train et réserver des chambres d'hôtel et prévoir les repas.
Pour le staff et pour tout le monde, bien sûr.
Exactement. Donc j'ai aussi beaucoup aimé ça, c'était un stage un peu plus long. Et puis après, j'ai eu la chance d'être prise, d'être admise en DESS, donc l'équivalent du master 2 de lettres modernes appliquée à l'édition, lettre moderne spécialisée édition à la Sorbonne à Paris 4, où on était une quinzaine.
Forcément, vous êtes recrutée directement après ça, les maisons d'édition, c'est vraiment orienté maisons d'édition?
Pardon?
C'est orienté maisons d'édition, donc après vous êtes plus facilement recrutée ou rapidement recrutée?
Exactement. En fait, là, ce qui s'est passé, c'est que donc C'est un concours, il y a un dossier, c'est sur dossier. Ce n'est pas exactement un concours aussi pointu que d'autres, mais en tout cas, c'est sur dossier. Et les critères, c'est vraiment l'expérience que tu as acquise par toi-même, mais qui te font déjà avoir une certaine conscience de la réalité du terrain. Donc encore une fois, à contre-courant de tout ce qu'on peut imaginer de la tour d'ivoire, etc. Donc je pense que le fait que j'aie été bosser en presse, enfin en stage en presse et en diffusion, ça a joué pour moi. Et puis aussi dans des secteurs qui ne sont pas les secteurs attendus, parce que très souvent le grand public pense édition, roman, littérature, T'as plein de trucs. Non, pas du tout. Là, moi, j'étais en édition vulgarisation scientifique, jeunesse, parascolaire, vraiment d'autres choses. C'est aussi pour montrer à ceux qui nous écoutent que l'édition, c'est un milieu qui est en fait très, très, très hétéroclite, dans lequel il y a vraiment, oui, on pense au roman, mais il y a aussi plein d'autres choses. Et des marchés aussi importants et aussi intéressants ailleurs.
Alors tu as été recrutée chez quelle maison d'édition juste après ça?
Alors après, tu sais, tu as un stage de fin d'études, enfin à l'époque tu avais ça, et j'ai été faire mon stage chez Flammarion en littérature générale, donc à la fois fiction et document, enfin fiction et non-fiction. Et en fait, j'ai fait mon stage auprès de deux intervenants de la formation à la Sorbonne. En fait, ce qui est intéressant dans ce type de formation, au-delà de l'apprentissage que ça génère, c'est aussi les rencontres que tu fais, évidemment le réseau, et puis les discussions qui émergent des interventions des personnes qui viennent nous voir. Voilà, c'est des rencontres humaines. Et pour la petite histoire, en fait, dans cette formation, on n'était pas si nombreux. Aujourd'hui, 20-21 ans après, je me retrouve à travailler avec 3 personnes qui étaient à l'époque soit étudiants, soit intervenants.
Voilà. Oui, parce que c'est un monde petit, c'est un monde tout petit, donc forcément—
C'est un monde petit, mais je me dis que du coup, cette formation, elle a vraiment S'il fallait encore le prouver, elle a vraiment du sens, quoi.
Elle existe toujours? Tu sais si elle existe toujours?
Oui, oui, bien sûr, elle existe toujours.
Et t'es intervenante chez eux ou pas? T'as pas demandé?
Non, j'adorerais.
Faudrait leur écrire.
Ouais, ouais, ouais, tout à fait.
Si vous cherchez un intervenant d'une heure pour un petit truc.
Ouais, ça demande un peu de préparation quand même pour pas arriver les mains vides, mais bien sûr, oui, c'est quelque chose qui m'intéresserait beaucoup.
Donc t'as commencé chez Flammarion après ou pas?
Ouais, alors j'ai commencé chez Flammarion où j'ai fait donc un long stage. Je m'y suis bien plu, donc j'ai prolongé, prolongé, prolongé autant que possible le stage. Je suis restée un peu plus d'un an, j'ai fait un peu de freelance pour eux pour continuer les projets qui étaient en cours. Et puis il y a un poste qui s'est libéré dans le groupe Flammarion aux éditions J'ai lu. J'ai lu, c'est la marque de poche Non, j'y suis restée 4 ans, c'était une super école, maison très jeune, vraiment apte à former. Et puis ce qui est génial avec le poche, c'est que tu rencontres une grande partie des autres éditeurs. Puisque en fait, le poche, Pour expliquer brièvement, parce que c'est pas forcément évident pour tout le monde, en fait les maisons de poche que sont J'ai lu, Le Livre de poche, Pocket, Folio, et peut-être d'autres, mais bon voilà, les principales c'est ça, sont des maisons qui rachètent les droits des ouvrages qui sont déjà parus en grand format. En fait, certains livres, ceux qui marchent le mieux, ou ceux pour lesquels les éditeurs de poche sont un coup de cœur. Certains livres ont deux vies. Ils ont une vie en grand format, donc à un prix de 20 € au lancement, etc., ils ont une certaine durée de vie, et l'éditeur de grand format cède les droits ensuite à une édition plus grand public, plus petite, moins chère, moins coûteuse à produire, et ça donne au livre une plus longue vie.
Une deuxième vie, surtout.
Une deuxième vie. Un autre public aussi, parce que d'autres points de vente et d'autres, un autre lectorat qui n'a pas envie de mettre 20 €.
Qui peut permettre 7, 8, 10 €, c'est toujours moins de 10 € après.
À peu près, ouais, je pense qu'ils essayent de tenir leur prix malgré l'augmentation des matières premières, ils essayent de tenir leur prix entre 8 et 10 €.
Effectivement, moi c'est en haut là, ici on a que des livres de poche.
Ouais, moi aussi c'est plutôt ces livres que j'achète parce qu'effectivement Oui, ça peut faire vite. Si tu n'as pas de nécessité d'avoir le livre au moment de la sortie, au moment où il fait l'actualité, mais que c'est un livre qu'on appelle un livre de fond, évidemment c'est toujours mieux. C'est une vraie opportunité.
Et donc tu as fait le saut de plein de maisons d'édition. Et à quel moment tu as fait le switch et tu étais en mode éditrice?
C'est-à-dire que dès l'intégration dans ton premier poste, tu as commencé à être éditrice ou C'est pour ça que c'est une école géniale, j'ai lu, c'est qu'on m'a embauchée comme assistante d'édition. Donc j'étais chargée de faire pas mal d'intendances sur la gestion des quatrièmes de couverture, de certains plannings, de vérifier des choses assez basiques pour apprendre. En parallèle de ça, on m'a confié une petite collection. Une petite collection de littérature à l'époque, il y avait une dizaine de titres par an, qui s'appelait Nouvelle Génération, qui était donc, enfin c'était les nouvelles voies de la littérature, qui existait avant que je n'arrive mais pour laquelle ils avaient besoin de quelqu'un en plus. Et puis en plus de ça, après, à la faveur d'un congé maternité, la directrice éditoriale, je l'ai remplacée, donc j'ai découvert ce qu'était la gestion de du quotidien d'une éditrice de littérature. Et puis à son retour, parce qu'elle est extrêmement sympa et reconnaissante et qu'elle sait donner sa chance aux gens autour d'elle, elle m'a confié la collection de pratique santé développement personnel.
Ah donc déjà à l'époque, tu étais déjà dans cette thématique de dev perso, pratique?
Ouais, c'était en 2002-2003.
Et ça t'a suivi tout le long ou t'as toujours fait ça après? T'es toujours restée dans cette optique?
À peu près, ouais. À peu près. À peu près.
Et en quoi cette... Donc là, elle t'a confié ça et c'est parce que t'avais aussi des appétences sur cette thématique ou c'est parce que...
Ouais, j'avais des appétences. En fait, honnêtement, on m'aurait confié de la littérature, j'aurais attrapé le truc au vol. Voilà. Il se trouve qu'on me confiait quelque chose qui était une très belle collection, qui marchait hyper bien. Et dans laquelle j'ai assez vite compris qu'on pouvait faire des choses parce qu'on peut plus facilement faire des choses, il me semble, sur ces thématiques-là. On a plus son mot à dire qu'en littérature. Clairement, en plus, il y avait une grosse partie à l'époque littérature étrangère où tu as encore moins la main parce qu'en fait, il y a quand même le filtre de la traduction, de l'agent, etc. L'auteur il est encore plus loin et là pour le coup tu prends les textes et puis voilà.
Effectivement. Sur un roman, la personne qui te donne un roman, tu vas le relire, tu vas peut-être dire ça c'est pas assez clair, mais il va modifier quelques petits trucs. Alors que sur un livre de développement personnel ou un livre plus pratique, je pense que la maison d'édition a plus sa main sur faire évoluer le livre.
Alors là c'était plutôt, comme c'est du poche et donc c'est de la réédition et qu'on touche pas vraiment au texte. Là, c'était plutôt sur quoi raconter, comment avoir un vrai discours marketing construit sur l'offre complète. La bibliothèque, j'ai lu, c'est la bibliothèque qu'il vous faut pour, enfin le catalogue, j'ai lu, c'est le catalogue qu'il vous faut pour vous sentir bien dans votre vie. Je caricature, mais c'est vachement intéressant en fait parce que c'est à toi de raconter l'histoire. Et il y a toujours une histoire plus facile à raconter quand tu débutes sur ces sujets-là qu'entre trouver un dénominateur commun à 5 livres de littérature, tu vois. C'est plus facile, je trouve, pour se faire la main. Donc il y a eu ces 4 années-là. J'ai quitté J'ai lu pour rejoindre le groupe Achète et j'ai passé 6 ans chez Marabout ensuite. Donc là, j'ai fait la transition par, en fait, les éditions Marabout qui sont une maison d'édition pratique, ont une collection de poche en interne. Parfois il y a ça dans les maisons d'édition, pour plein de raisons, pour faire vivre leurs fonds elles-mêmes et pour pour pouvoir continuer à suivre les auteurs et pas les sortir de leur catalogue. Donc j'y suis arrivée par là. J'ai fait ça pendant 2 ans, mais il y avait un... C'était là aussi... Je crois que je vais te dire à chaque fois que c'était une très bonne école, mais c'est pas grave.
À chaque fois, c'était une très bonne école, c'est sûr. Donc tu as fait... Après Marabout, c'est à ce moment-là que tu es partie chez Le Duc après?
Non, non, non. Là, tu fais un gros rapide.
Là, en vrai, je pensais que ça part sur 10 heures. Ton autre podcast, il va durer 5 heures juste à savoir que tu t'es mise en édition.
Donc Marabout, maison d'édition pratique, hyper forte. Je suis passée assez vite du poche à la création. En fait, ça me titillait. Je voyais mes collègues faire de la création. Donc j'ai dit moi je veux faire de la création et on m'a permis d'en faire en fait de manière assez— ça c'est un vrai message à passer— on m'a permis d'en faire à mon retour de premier congé maternité. Donc tu vois c'est aussi quand souvent c'est un moment de questionnement et là on m'a dit te pose pas de questions, reste avec nous. Enfin moi je l'ai vraiment perçu comme ça et ça m'a vraiment donné envie de rester, de développer un truc. Voilà, donc là, 6 ans là-bas. Ensuite, j'ai travaillé 2 ans en freelance où j'étais éditrice freelance et co-auteure.
Et là, c'est là que tu as percé parce que c'est là que tu as vendu un livre, non, un calendrier qui s'est vendu à des milliers d'exemplaires, même des millions, non, presque?
Oui, des millions, ouais, non, des centaines de milliers, allez.
Des centaines de milliers. Où tu es devenue millionnaire. Non, c'est pas vrai.
Non, si seulement. Mais non, mais en vrai, ça a été une super histoire où j'avais un éditeur avec lequel je bossais beaucoup et qui m'a proposé de travailler sur une collection de coloriage qui s'est vendue en centaines de milliers d'exemplaires en France et à l'étranger. Et pour reboucler avec ce que je t'ai dit sur tous les services et l'importance de tous les services, ce succès-là Et ce truc incroyable qui m'est arrivé à ce moment-là d'auteur, enfin d'autrice, il est venu par le service des sessions de droit. Donc les choses peuvent venir de partout. Voilà, j'ai passé ensuite 18 mois chez, donc là, 3 ans chez, non pardon, 2 ans de freelance, 3 ans chez First qui était un de mes très très bons clients et avec lequel j'aimais beaucoup travailler. Et on a passé de très de très bonnes années, ces 3 ans chez First.
First, c'est plus orienté dev perso, pratique également aussi?
Non, tu pèses santé, développement personnel. Voilà, il y avait la collection Pour les nuls aussi.
Pour les nuls, c'est First.
Ouais, j'ai quitté First en 2018. Pour les éditions Leducq où on me proposait d'encadrer une équipe, ce qui était important pour moi. C'était aussi une envie d'aller chercher autre chose, d'aller voir ce dont je suis capable de ce côté-là. Et puis ensuite, après ces 18 mois chez Leducq, en fait c'est 2 ans, mais j'ai eu un congé maternité en cours. Je suis arrivée chez Robert Laffont il y a 3 ans.
C'était en 2021?
Non, 2020. C'était en 2020, c'était confinement, premier confinement.
D'accord, donc tu as fait toute la période de confinement et tout chez Robert Laffont.
Waouh!
En fait, tu as fait quasiment toutes les maisons. En fait, c'est juste pour les personnes qui nous écoutent, le monde de l'édition, c'est un monde assez petit. Effectivement, il y a des mercatos un peu comme le mercato footballistique.
C'est ça.
Passer de maison en maison.
En moins cher, ouais.
Voilà, et il y a le mercato, on vous vend, tu te fais racheter, tu prends des acheteurs.
Non, c'est pas tout à fait ça, c'est plus que comme le milieu est petit, quand une place est, enfin comme partout en fait, quand une place est vacante, ça se voit tout de suite, il manque quelqu'un, donc un départ entraîne un autre départ qui entraîne un autre départ et des réorganisations de maison.
Et toi aujourd'hui, donc tu parlais de, tu es responsable d'une édition particulière, donc la non-fiction chez Robert Laffont. Est-ce que pour les gens qui nous écoutent, c'est quoi la non-fiction? Tu intègres, donc tout à l'heure on réaborde, donc c'est pratique, dev perso, santé.
Je suis arrivée chez Robert Laffont clairement pour travailler sur la santé, le développement personnel et la psychologie grand public parce que c'est ce que je sais faire. Que j'aime faire d'abord, puis que j'aime ça. En fait, comme c'est une maison de littérature générale, une maison généraliste qui n'a pas forcément vocation à publier des livres très pratiques, ça m'ouvre aussi des perspectives. Je m'autorise des choses que je ne me serais jamais autorisée avant. Et pour la cohésion du catalogue, Et aussi parce que j'ai moins de, je m'autocensure beaucoup moins parce que je sais que quand même, il y a cette identité de marque. C'est quand même, je crois, je crois que c'est une jolie maison qui a une bonne image, en tout cas assez connue du grand public. Et c'est vrai qu'arriver avec cette carte de visite-là me permet de moins me brider que quand on est dans une maison d'édition pratique. Qui n'a pas forcément moins de succès d'ailleurs, et loin de là, mais qui parfois est pour certains auteurs qui ont certains préjugés un empêchement et qui se disent non, moi je veux être dans le truc principal, je ne veux pas être dans une maison pratique. Il y a un vrai travail des éditeurs de pratique pour sortir de ça. C'est très, très visible en ce moment et moi je le vois dans l'édition généraliste, combien les choses sont plus faciles. Il n'y a vraiment clairement pas que le talent de l'éditeur, il y a aussi toute l'ambiance de la maison, enfin tout ce que la maison renvoie.
D'où le grand succès du livre Connaissance illimitée, parce qu'une maison comme Robert Laffont qui accompagne un projet comme ça, forcément ça aide à faire connaître un livre au plus grand nombre.
Facile de refaire l'histoire après, il y a toujours plein de raisons. Je crois que si tu veux qu'on parle du succès de ton livre, je crois qu'il y a eu plein de choses qui se sont alignées de manière complètement dingue. Il y a eu un moment, un truc avec la presse qui a été fabuleux. C'est gentil. Un état de grâce où en fait un truc en a amené un autre, une invitation en a amené une autre, qui en a amené une autre. À un moment, tu venais toutes les semaines à Paris faire un gros truc.
Même moi, je m'en rendais pas compte. J'ai passé tout le mois de février, mars, j'aurais dû déménager à Paris. Je pense que écologiquement, ça aurait été mieux de vivre à Paris pendant cette période-là. Effectivement, c'est un média qui en a ramené un autre. C'est le livre, c'est l'histoire de l'auteur. En vrai, c'est toutes ces choses-là qui se sont alignées. C'est la période où il n'y avait pas d'actualité, grosse actu négative aussi. Parce que ça, ça joue aussi. Oui. Ça joue et tout. Et l'accueil du public, l'accueil du public sur le livre avec les bons retours.
Oui, oui. Et puis l'effet boule de neige, c'est-à-dire qu'il y a eu, c'est un très bon exemple et une très bonne illustration du phénomène, enfin de la mécanique du livre, connaissances illimitées, parce que c'est d'abord des gens qui te sont fidèles, qui te connaissent et qui de toute façon allaient acheter le livre. Plus une très belle presse au premier jour parce que je pense que ton histoire et ce que tu proposais a dû parler à un, enfin a parlé manifestement à un programmateur d'une émission de télé. Et derrière, c'est l'effet boule de neige, quoi. C'est les gens qui sont tout acquis qui parlent à d'autres. C'est l'émission de télé qui fait envie à une autre émission de télé avec l'effet de concurrence, un petit peu de d'émulation, enfin un truc un peu comme ça. Et en fait, ça a grossi, ça a grossi, et voilà.
C'est une histoire incroyable parce que là on est à 33 000 livres, 32 500.
On a passé les 33 hier.
Ah bah ouais, j'avais pas les chiffres d'hier, donc merci. Bah voilà, on a dépassé les 33 000, c'est juste extraordinaire. Même moi j'y crois pas, mais on en reparlera peut-être Après, comment toi aujourd'hui, bon on reviendra un peu sur comment fonctionne une maison d'édition, mais plus pour les gens qui nous écoutent et qui se disent, moi franchement j'aimerais bien être édité, mais c'est impossible. Comment toi en non-fiction tu décides de dire, bah ce livre-là, je vais le prendre, je vais l'éditer, j'y crois. Et comment une personne lambda qui a un livre et qui voudrait l'éditer, comment elle fait? Est-ce qu'elle envoie son manuscrit à 200 maisons d'édition? Ce serait quoi les conseils que tu donnes? Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu.
Très rapidement, parce qu'en fait, je pense qu'on pourrait y passer une semaine sur ce sujet-là. Mais la première chose qui est hyper importante, c'est que moi, je fais de la non-fiction. Donc la non-fiction, il y a vraiment, comme je le disais, un truc de co-construction entre la maison d'édition et l'auteur. Donc il faut se dire que dans la proportion de livres que je vais publier, que j'essaye de tenir chaque année. Je ne peux pas exploser mon nombre de titres parce que plus on a de titres, moins bien on s'en occupe. Ça, c'est une première chose. Donc moi, je vais sur une vingtaine ou 25 titres par an. Je dirais qu'il y en a au moins la moitié comme ça qui sont à mon initiative, c'est-à-dire que je vais aller contacter des gens qui n'avaient pas necessairement l'idée ou l'envie, j'essaye qu'ils aient l'envie quand même, mais en tout cas pas forcément l'idée et je vais les trouver et on discute et on fait avancer les choses. Mais parfois ça peut prendre 3 ans, parfois ça peut même prendre 10 ans d'avoir ce contact régulier, de se dire «est-ce qu'on ferait pas un truc ensemble?» «Ouais, je sais pas, c'est pas mûr.» Parfois j'ai des surprises 10 ans après. Donc ça, c'est la première chose.
Des fois, ça prend 3 mois. Voilà. Comme pour nous, mais ça c'est un autre débat.
Après, sur la moitié qui reste, c'est-à-dire entre 10 et 15 livres par an, je reçois des projets mais qui sont plutôt à l'état d'idées de projets, de synopsis, de notes d'intention et qui ne sont pas des manuscrits qui sont complètement rédigés d'un bout à l'autre. Et ça, c'est aussi important parce qu'en fait, très souvent, un auteur arrive avec un projet et on en discute. Et moi, je lui fais voir certains aspects, je lui donne un autre éclairage que celui qu'il avait. Lui, il a le nez dans le guidon et c'est bien normal, il est dans son truc. Moi, je lui donne un éclairage vision du public, vision des libraires, vision des journalistes. Donc les questions, c'est: Est-ce que quelqu'un qui ne vous connaît pas, qui se fout de votre existence, en librairie sera intéressé par ce sujet, par l'endroit d'où vous parlez aussi, par votre expertise, par votre place et votre légitimité à le faire? Et est-ce que votre place, votre légitimité lui donnera suffisamment confiance pour se dire c'est ce livre-là que je vais acheter? Ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est: est-ce que ce livre, est-ce que ce projet, à l'état de projet, est-ce que ce projet apporte une pierre nouvelle au débat? Est-ce que ce que vous avez à dire et l'endroit d'où vous le dites et la manière dont vous allez le dire sont suffisamment inédits et uniques pour que le lecteur puisse se dire j'ai besoin de ce livre, il y a une urgence à avoir ce livre. Le libraire également, le journaliste évidemment parce qu'il faut aussi aller voir le journaliste.
L'angle, c'est-à-dire que ça peut être un sujet déjà traité mais l'angle, soit c'est un sujet qui n'a pas encore été traité ou si c'est un sujet qui a déjà été traité, l'angle avec lequel on traite le sujet est innovant et qui donne envie d'aller explorer ce sujet.
Ouais, c'est ça. Et dernière chose et de moins en moins négligeable, Mais maintenant, je crois que tout le monde, en tout cas tous mes collègues, le savent. Alors peut-être que dans le grand public, c'est moins évident. La dernière chose, je disais votre expertise, d'où vous parlez. On est tous des auteurs uniques, on est tous des personnalités uniques. Néanmoins, le simple fait d'être soi-même n'est pas suffisant pour que le livre soit unique. Quelqu'un qui va raconter, je ne sais pas, un récit de voyage, il faut qu'il y ait ce petit quelque chose en plus. Ce n'est pas parce que lui va le raconter de son point de vue que moi je vais me dire «ah oui, ok, c'est unique». Et la solution, disons la réponse, l'outil pour ça quand même, ça devient de plus en plus la base de lecteurs, la communauté, Par exemple, si on prend ton cas, c'est la communauté réseaux sociaux, c'est la communauté des élèves, des gens qui te connaissent déjà, que tu as déjà formés, etc.
Là, c'est un exemple qui est facile à prendre parce que, exemple, dans mon cas de figure, même moi j'étais étonné, avant même la sortie du livre, on avait vendu presque 1000 livres en prévente. Donc quand tu dis que tu as vendu 1000 livres en prévente sans média, sans rien, parce que là c'est uniquement de l'organique, c'est uniquement des gens qui me connaissent, qui me suivent, c'est déjà très bien.
Et vraiment, j'insiste aussi sur le fait que c'est pas, c'est pas, quand je raconte ça comme ça, on peut se dire ah oui, OK, bon bah c'est les livres d'influenceurs, d'accord. Bon, il y a cette partie-là de l'édition qui est ce qu'elle est, qui a un mérite d'exister parce qu'elle correspond à un truc que les gens veulent, demandent. Ça marche plus ou moins bien, mais en général ça marche plutôt bien. Mais toi par exemple, Mohamed, au départ tu n'es pas influenceur.
Et pourquoi du tout? Mais encore moins, je ne suis pas influenceur et je ne le serai pas. Je ne suis pas influenceur.
Et puis tu n'as pas vocation à l'être. Toi, ta base de lecteurs, elle est ailleurs. Par exemple, je prends un autre exemple juste pour qu'on ne se dise pas qu'on construit toute cette réflexion sur juste l'expérience de de ton livre. Mais chez First, j'ai publié une fille qui est, qui s'appelle Caroline Estremo, qui est infirmière et qui avait fait une vidéo qui est devenue complètement virale à l'époque sur Facebook, qui était super marrante. Sur, en fait, elle était en droit je crois, et elle faisait un sketch où elle imitait sa grand-mère qui n'en revenait pas qu'elle lui annonce qu'elle voulait tout arrêter pour devenir infirmière. Et elle racontait la vie en école d'infirmière, etc., d'une manière hyper marrante. Et en fait, elle avait très très peu d'abonnés, il n'y avait pas de communauté. Il y a eu ce truc viral, mais en fait derrière, ce que moi j'ai compris, parce que le truc viral il est passé très très vite, il y a en fait derrière, il y a toute la communauté des infirmiers et des infirmières.
Bien sûr.
Tu vois, enfin la communauté, la corporation.
Oui, bien sûr.
C'est pas une communauté, c'est juste une catégorie de gens dont on pense qu'ils peuvent être intéressés et avoir besoin de se reconnaître dans cette lecture.
Moi, je vais revenir sur mon exemple parce que c'est celui que je connais le mieux. Mais exemple, en dehors des gens qui me connaissent et qui me suivent en tant qu'élève et autres, il y a toute une communauté de gens qui n'aiment pas la lecture. Il y a toute une communauté de gens qui ont des enfants en difficulté, qui ont l'impression de se sentir bêtes et pas intelligent. Et donc ce livre, il touchait une cible, et cette cible-là, c'est une cible de personnes qui est existante et qui peut être amenée à acheter ce livre. Donc effectivement, et c'est très bien que tu le précises, parce qu'une personne qui peut écouter, elle va dire: attends, mais moi j'ai pas de communauté, j'ai personne sur Instagram, j'ai personne, truc, donc je vais pas pouvoir vendre de livres parce que j'ai pas de communauté. Non, la communauté, c'est aussi la cible que tu touches, que tu as touchée, qui existe. C'est la cible que tu touches et qui est là et qui est existante. Tu ne parles pas à monsieur et madame tout le monde, tu parles à une typologie de personnes qui vont être susceptibles d'acheter ton livre. Et après, bien sûr, il y a d'autres gens qui viendront l'acheter effectivement, parce que ça va toucher plus de gens. Mais les premières personnes qui achètent mon livre, c'est principalement la cible des non-lecteurs qui pensent ne pas être faits à la lecture.
Et quand ils disent ça, c'est une cible, on sait exactement à qui on s'adresse. Après, c'est vraiment, enfin je le disais, c'était mon dernier point vraiment. T'as pas forcément besoin d'avoir, c'est très bien de l'avoir, mais c'est pas une nécessité absolue d'avoir une cible identifiée. Si déjà tu as une expertise et que tu apportes une pierre absolument nouvelle au débat, une idée que personne n'a jamais eue, si ton idée est géniale, ça peut suffire. Bien sûr. Voilà. Et tout ça, en fait, c'est à moduler. Moi, je donne le truc un peu dans l'ordre d'importance. Je pense qu'en tout cas, ce qui est vraiment capital de retenir, c'est qu'un livre, ça se travaille un peu en... Il y a le travail de réflexion et d'écriture, mais il y a aussi un travail un peu de back office de l'auteur. C'est-à-dire que tu Un auteur qui va asseoir sa légitimité, qui va lui-même déjà être connu comme expert dans sa catégorie, dans son environnement professionnel, dans un groupe particulier, ça facilite quand même. Enfin, moi, ça me donne plus envie parce que je me dis qu'il y a du répondant, ça ne sort pas de nulle part et on va pouvoir collaborer Correctement. Voilà.
Et aujourd'hui, sur les 15, on va dire tu en as la moitié que toi tu vas aller prospecter. C'est quoi ton moyen de prospection? C'est les réseaux sociaux? Qu'est-ce qui te fait, qu'est-ce qui te dit? Après, c'est un peu ce que tu as dit tout à l'heure à l'instant sur l'expertise autre. Mais qu'est-ce qui te... Est-ce qu'il y a un aspect instinct, un aspect ressenti? Comment tu te dis, bah lui, je vais lui proposer d'écrire un livre?
Alors il y a plusieurs choses. Évidemment, il y a les réseaux sociaux, ça tous les éditeurs, je pense, sont un peu dessus. Il y a la presse énormément, mais pas forcément pour aller chercher un projet en particulier et choper la personne qui a fait la une pour un truc en particulier. Il y a ça évidemment, c'est la manière la plus directe. Mais il y a aussi, en tout cas pour mes sujets à moi, il y a aussi un truc d'air du temps. Donc c'est en fait un travail long, c'est un travail de lecture de la presse quotidienne, enfin de toute la presse, un travail quotidien de lecture de la presse plutôt. Mais c'est rarement des projets qui tombent comme ça tout cuits sur ton bureau où tu dis «tiens, il y a un article sur telle personne, je vais aller la chercher». En général, quand il y a déjà un truc tout prêt dans la presse, le livre il est déjà publié ou il est déjà «Où il est déjà ?» Non, c'est vraiment une histoire de captation de l'air du temps, des envies, des soucis des gens, des besoins. Voilà, il y a ça. Il y a aussi, maintenant je connais quand même pas trop trop mal, je dirais, tout l'environnement santé du quotidien, prévention, etc. Et quand je tombe sur un sujet dont je me dis tiens, alors moi je regarde sur les sites marchands, c'est ma grande base, les sites marchands de livres. On n'en cite pas, mais voilà. Et je vois ce qui existe et ce qui manque aussi. Voilà. Et puis après, évidemment, on regarde aussi ce qui se passe à l'étranger. On regarde aussi ce qui se passe un peu en autoédition.
Souvent, les autoéditions qui fonctionnent bien, c'est des livres qui doivent finir en maison d'édition assez facilement. Une réédition d'un livre qui a été en autoédition.
Quand les auteurs sont OK, parce que parfois, ils trouvent tout à fait leur compte compte dans l'autoédition et à ce moment-là, OK.
Il n'y a plus d'intérêt de passer en maison d'édition.
Non, non, mais c'est vrai qu'il arrive que des livres soit qui marchent déjà bien en autoédition, soit qui sont identifiés d'une manière ou d'une autre parce qu'ils sont particulièrement intéressants, oui, ça a fini en maison d'édition. Mais encore une fois, moi je comprends tout à fait la mécanique de l'autoédition, c'est Autre chose, c'est autre chose. C'est vraiment pas le même projet.
Est-ce que tu conseillerais à une personne qui a un script, là une personne qui se dit: «Moi, j'aimerais écrire un livre, je fais un script, j'écris mon livre.» Est-ce que tu conseillerais de l'envoyer à des maisons d'édition en disant: «Voilà, j'ai un livre» ou de l'auto-éditer?
C'est difficile de répondre parce que moi, je suis éditrice dans une maison d'édition traditionnelle. Je sais ce qu'on y trouve. Et qu'on ne trouvera pas ailleurs. Évidemment, moi je prêche pour ma partie, tu vois. En fait, quand même dans une maison d'édition, et d'ailleurs je fais écho à un certain entretien qu'il n'y a pas longtemps avec un auteur que je connais. Tu as écouté? Oui. Et en fait, il y a des choses, précisément, tu vois, Tout est question de logistique. Alors il y a l'accompagnement éditorial, OK, on peut faire sans, on peut tout à fait faire sans, personne n'est irremplaçable. Un livre peut très bien sortir sans avoir été relu par un éditeur, ça voilà. Après, bon, il y a la correction quand même, c'est bien qu'il y ait pas trop de fautes de syntaxe ni d'orthographe. Après, tu as le travail de mise en page, OK, mais tu as aussi tout ce qui est commercialisation, donc logistique. Voilà, il faut les mettre les 19 000 exemples les remplir sous enveloppe et les envoyer. Bien sûr. Voilà.
On ne va pas donner d'exemple.
Il faut trouver un imprimeur, il faut négocier avec l'imprimeur, il faut réceptionner les livres, il faut faire tout ça. Et puis après, il faut un suivi, il faut aussi assurer tout ce qui est... En particulier quand tu n'as pas une communauté qui suffit à supporter les ventes du livre, qui va direct aller cliquer sur un lien d'achat. En fait, la maison d'édition, elle est aussi bien utile pour ouvrir. Il faut qu'il y ait au départ un travail de l'auteur, il faut qu'il travaille sa légitimité, mais après la maison d'édition, elle reste quand même un formidable porte-voix et un vrai soutien. Et puis voilà, elle va aussi t'organiser organiser les salons, elle va aussi organiser, elle prend aussi autre chose importante. Alors quand on n'a pas de communauté, on ne peut pas faire de campagne participative de financement. Quand on n'a pas de communauté, une maison d'édition, quand on est entre guillemets que expert et qu'on n'a pas développé sa communauté, la maison d'édition, elle est quand même indispensable parce que c'est elle qui supporte le risque financier.
Après, le plus dur, alors je me mets à la place d'un écrivain, le plus dur c'est de se faire accepter par une maison d'édition. C'est-à-dire qu'en dehors de l'aspect financier et tout, effectivement, pourquoi je dis ça? Je vais te parler de moi avant qu'on se rencontre. Ma croyance était: je ne vais jamais pouvoir me faire éditer, donc je pars en autoédition. Je te l'ai même dit lors de notre première discussion où on avait échangé, j'ai dit: ah, c'est incroyable, mais comme j'avais mon projet, je vais partir dans mon coin. Bon, après je suis revenu en arrière, j'ai bien fait. J'ai déjà raconté cette histoire, je ne vais pas forcément la raconter dans cet épisode, mais le plus dur pour moi quand tu es écrivain, c'est de se dire comment une maison d'édition m'accepte. Par exemple, comme tu as dit, tu fais 25 livres en non-fiction, je ne sais pas combien tu reçois de demandes, tu reçois combien de demandes par mois, par semaine?
Je ne sais pas, c'est très variable. Là, tu vois, j'ai fait une petite conférence avec une autrice la semaine dernière et le podcast-là, je pense que ça fait un appel d'air. En général, j'en reçois une dizaine par semaine. Là, on est plutôt sur 20 ou 30, quoi.
Et donc, sur les 20 ou 30, toi tu en fais 20 à l'année, forcément tu vas en choisir peut-être qu'un.
Comment il y a— Même moins d'un, en fait.
Ouais, ouais, parce que c'est plus de l'autre côté, effectivement. Et donc, comment moi, auteur, qui est passé sur plein de maisons d'édition, je veux court-circuiter le circuit pour que quelqu'un s'intéresse réellement à mon livre, lise mon livre même s'il n'est pas encore édité, s'arrête et se dise je vais le lire, effectivement peut-être c'est nul ou c'est bien, mais si c'est bien il va m'éditer. Comment on fait?
Comment on fait? Déjà on soigne la forme, c'est-à-dire que plutôt que d'envoyer un gros manuscrit comme je disais tout à l'heure, on envoie plutôt une note d'intention. On dit qui on est. Ce que je disais, c'est-à-dire tout le autour du texte, déjà c'est important de se présenter.
C'est une lettre de motivation. Au lieu d'envoyer un texte et dire «tenez, j'ai écrit un livre, prenez», c'est plutôt une lettre d'amour, ou un peu une lettre d'amour avec la motivation de «voilà qui je suis, voilà la communauté qui me suit, voilà mon projet, l'angle que je prends dans mon projet».
C'est ça, c'est plutôt pourquoi c'est indispensable «Pourquoi ça pour vous de me publier? Pourquoi il faut absolument que vous me publiez ?» C'est même pas «pourquoi je vous adore ?» Parce qu'on sait bien qu'on ne vous adore pas. Enfin, tu vois, c'est pas un sujet, mais c'est plus pourquoi je pense que vous allez adorer me publier. Et pour ça, avant ça, en fait, la première chose à faire, C'est d'envoyer aux bonnes personnes. En fait, la règle, c'est quand même que plus vous ciblerez, alors OK, ça va peut-être faire un envoi par un envoi, un envoi, un refus, un envoi, un refus, etc. Mais à la fin, évidemment, il n'y a pas de statistiques, mais ce sera beaucoup plus efficace que d'arroser la terre entière de notes d'intention et de manuscrits parce que Vous n'allez pas cibler, ça va être hyper déprimant parce que vous allez recevoir une masse de lettres de refus ou rien du tout même. Voir les éditeurs se parlent entre eux et quand on reçoit tous les mêmes propositions, parfois plusieurs fois, c'est compliqué d'avoir envie de publier. Voilà, il y a ça aussi. Donc vraiment cibler les maisons qui vous font rêver, qui qui vous font envie et qui correspondent aussi à ce que vous avez envie d'écrire. Le mieux, c'est quand même d'avoir un nom. Donc pour ça, il faut se renseigner un peu. En général, LinkedIn est assez bien pour ça. Voilà, c'est aussi cibler tout ça, c'est faire un petit format court pour expliquer éventuellement si vous avez déjà ébauché l'écriture d'une partie, vous n'hésitez pas, mais ne Je pense que balancer un manuscrit comme ça brut de décoffrage, l'éditeur va caler, on regarde, mais c'est vrai que c'est plus difficile de se rendre compte avec un truc, avec un texte déjà rédigé dont on va devoir tirer les informations. Et puis quand on écrit, on n'est pas le meilleur juge de ce qui est bon. De ce qui est bon à faire découvrir à l'autre et de ce qui est le bon argument, quoi.
L'idéal, ce serait carrément de donner son manuscrit à différentes personnes et leur demander à eux de sortir la substance qu'ils pourraient mettre en avant. Un peu comme nous, qui, moi, exemple, j'ai pas écrit la quatrième de couverture, c'est quelqu'un d'autre qui va écrire la quatrième de couverture. Dans l'équipe, c'est quelqu'un d'autre qui va écrire la quatrième de couverture parce que elle est extérieure au livre et elle ne va pas lire ce qui est pour elle le plus important. C'est un peu ça.
C'est exactement ça. Et il y a aussi une chose que vous pouvez faire, que des auteurs en devenir peuvent faire, qui est intéressante, c'est que pour être lu et avoir ce retour de l'extérieur, peut-être solliciter des gens autour de vous parce qu'en fait, il y a aussi des lecteurs partout. Finalement, les lecteurs, à la fin, ce sera le grand public, ce sera votre entourage ou des gens qui ressemblent à ce même profil de lecteur que votre entourage. Donc faites-les autour de vous, récoltez des avis, écoutez des gens qui vous connaissent et qui en plus vont vous faire des retours en général. Fabien, oui. Oui, c'est ça, c'est mieux de démarrer comme ça.
Et est-ce que toi, dans ta carrière, donc 22 ans d'éditrice en maison d'édition, est-ce que tu as un succès qui t'a marquée ou un truc, voilà, il y a deux questions. Est-ce qu'il y a un succès qui t'a marquée, première chose, et deuxième, est-ce que tu as un truc qui est arrivé, tiens, un truc, quelqu'un qui a fait un peu le forcing ou un truc où tu n'y croyais pas et d'un coup tu as dit: ah mais en vrai c'est un incroyable ce qui est en train d'arriver. Est-ce que tu as des exemples comme ça?
Alors, le succès qui m'a marquée très fort, est-ce que j'ai le droit de dire que c'est Connaissance Illimitée ou est-ce que vraiment ça fait trop fail?
Ah non, c'est en train de tourner. Est-ce qu'on a le droit de dire? Après, c'est trop récent, émotionnellement c'est trop récent peut-être, mais vas-y, bah discute.
Non, mais en fait c'est vachement intéressant C'est vraiment, c'est bizarrement formulé parce que ça tombe pas hyper bien dans le podcast, mais en plus j'en parlais hier avec quelqu'un et tu étais même pas là et c'était même pas pour te faire plaisir, mais en fait ce livre il a un truc qui est exceptionnel, c'est que t'es pas influenceur comme on l'a dit, le sujet de la lecture rapide Il y a plusieurs livres qui sont sortis en même temps. Alors on parle clairement pas que de lecture rapide, mais quand même, tu vois, les arguments commerciaux ont tendance à simplifier le contenu du livre. Et quand même, c'est un truc qui est ressorti.
Voilà, d'où le fait que je me suis fait terminer à cause de ça alors que je suis pas du tout—
bon, ça, ça marche. Voilà, c'est un autre débat. Mais oui, on t'a peut-être fait dire des trucs qui n'existent pas. Bon, donc il y avait plusieurs sujets qui étaient très dans l'air du temps. Moi, je trouvais qu'il y avait un truc avec les croyances limitantes, le conflit avec ses excuses, etc. Quand je t'ai contacté et que, enfin voilà, toute l'histoire que les gens connaissent maintenant, on s'est dit on va faire un livre ensemble, ça va être sympa, ça va être un bon bouquin. Voilà. Disons qu'il n'y avait pas de... En fait, ce qui est exceptionnel, c'est toujours le premier livre qui explose. Et là, il y a vraiment eu un truc comme ça où je pense que toi, évidemment, c'est ton livre et je pense que tu y croyais dur comme fer. Nous, on y croyait aussi, sinon on ne l'aurait pas signé. Mais on s'est laissé prendre par le truc. Tu vois, et parfois, souvent quand même, sur la masse de livres qu'on fait, on identifie des succès à venir et on se laisse toujours surprendre.
Effectivement, même moi, on s'attendait pas à faire 20 000 livres en 4 mois ou un truc comme ça, et 10 000 en un mois.
Ouais, ouais, c'est ça, on se laisse toujours, enfin là, on s'est vraiment laissé surprendre. Je trouve que les choses se sont parfaitement alignées parce qu'effectivement, comme tu dis, pas de déclaration de guerre, au moment où le livre est sorti, la presse au bon moment, les bonnes rencontres. Et parfois, en fait, ça résume assez bien mon métier. C'est-à-dire que ce livre-là, tout s'est aligné parfaitement. Mais pour qu'un livre arrive à ce niveau-là, En fait, il faut tenter plein de choses, il faut en faire plein, et ça fait aussi partie du plaisir. Et parfois on est très heureux avec des livres qui marchent moins bien, mais on est content de les avoir faits parce que, en fait, l'essentiel c'est quand même d'avoir la satisfaction d'avoir fait un bon bouquin. Et les ventes, évidemment, c'est une énorme cerise sur le gâteau, mais Mais il faut tenter des choses. Et notre métier, moi je me dis que j'ai quand même une chance inouïe qui est d'avoir une maison d'édition, une entreprise quand même, il faut se le dire, qui est derrière nous éditeurs et qui nous dit vas-y, je te fais confiance pour tenter des trucs. Pour tenter des trucs.
C'est vraiment fou et c'est une super aventure.
Non mais c'est bien. Et puis c'est aussi, je le disais tout à l'heure par rapport à l'autoédition et tout ça, c'est aussi le fonctionnement d'une maison d'édition traditionnelle. Je trouve qu'il est beau parce que c'est aussi, il y a cette idée reçue de «oui, les éditeurs, c'en est plein les fouilles». Alors faux, faux déjà, complètement faux. Mais il y a aussi ce truc de, ouais, l'éditeur, enfin la maison d'édition, la structure, elle est là pour assurer le risque pour miser sur des auteurs. Et je trouve ça fou, quoi. C'est complètement dingue.
C'est une victoire collective. Ce qui est bien, c'est que la victoire, c'est toute une victoire collective. C'est la victoire de l'attaché de presse qui a bien fonctionné, de l'édition, de l'auteur, du marketing.
Mais même du financier aussi qui m'a dit OK sur un truc qu'il connaît pas, avec un mec qu'il connaît pas, sur un sujet auquel il n'est pas sensible. Et il me dit vas-y. Voilà. C'est tout ça. Incroyable.
Je suis entièrement d'accord. Est-ce qu'aujourd'hui, parce que là on arrive sur la fin, ça fait presque une heure qu'on est ensemble, même on a dépassé l'heure. Avant l'épisode, je vous le dis, Sophie me disait mais une demi-heure, mais moi qu'est-ce que je vais raconter pendant une demi-heure? Juste son CV, il a duré 40 minutes.
Voilà, désolée, je suis bavarde en fait.
Est-ce que pour les personnes qui nous écoutent, est-ce que tu aurais un ou deux conseils ou une ou deux croyances que tu as pu rencontrer chez les auteurs que tu aimerais, les personnes qui sont auteurs ici qui aimeraient faire éditer ou qui sont auteurs, si tu as une ou deux croyances que tu as déjà entendues, que tu as déjà remarquées chez les auteurs que tu aimerais, pas défoncer mais pour être poli.
Non mais c'est compliqué, c'est en fait, c'est pas tellement des croyances que j'ai rencontrées parce qu'en fait on a des vraies personnes en face de nous qui sont toutes différentes. Donc il y a de tout, enfin c'est comme dans la vie en fait, c'est comme quand tu te promènes dans la rue. Mais en tout cas, il y a un truc qui est hyper important, c'est que l'édition, c'est une relation humaine déjà avant tout, c'est une relation de collaboration et c'est une relation qui est asymétrique parce qu'on a chacun nos rôles. Mais en tout cas, c'est vraiment dans les deux sens. C'est très compliqué comme relation, c'est ça qui est beau, c'est que c'est pas une relation client-fournisseur par exemple, c'est pas une relation amicale, c'est pas complètement une relation professionnelle non plus parce qu'un auteur il va y mettre son cœur, l'éditeur aussi mais ça bon voilà.
Et pour les maisons d'édition.
Mais voilà, donc c'est une relation qui est complètement autre. Et ça, c'est vachement important, je pense, de le dire aux auteurs que le truc, il va se construire. En fait, on va un peu tous tâtonner à chaque fois. Enfin, nous, en tant qu'éditeur, à chaque fois qu'on fait un livre, on va inventer une relation en fonction de la personne qu'on a en face de nous. Comprendre comment il travaille, comprendre comment il réfléchit, ce qu'il voudrait, qu'il ne sait pas forcément lui-même parce que la plupart n'ont jamais fait de livres et quand ils en ont fait, parfois c'est dans d'autres maisons, etc. Enfin, tout s'invente à chaque fois. Et ouais, c'est à chaque fois pour écrire le guide de savoir-vivre de l'équipe Conformes, quoi. Et c'est un truc vachement intéressant. Mais voilà, c'est un truc qui est important de dire. Il n'y a pas vraiment de règles, c'est à nous de les définir ensemble à chaque fois qu'on travaille.
OK, super. Donc de manière générale, même pour toutes les relations qu'on peut avoir avec l'humain, jamais avoir forcément un cadre bien strict et créer une relation humaine avec cette personne.
C'est ça la grande force. Et en même temps, truc très important quand même, notre travail, il est aussi de donner un cadre. L'auteur, il est là pour produire quelque chose d'écrit avec son cerveau. Nous, on est aussi là pour l'accompagner en le mettant sur les bons rails pour pas qu'il qui partent dans tous les sens s'il en a besoin. Mais encore une fois, ça s'invente à chaque fois. Parce que moi, j'ai aussi des auteurs qui sont ravis d'avancer tout seuls. Il faut le comprendre aussi. Il faut piger, pardon, que tu vas à certains moments te mettre en retrait et laisser avancer. Et il faut avoir cette force-là de lui faire confiance. Donc moi, c'est aussi ça qui m'intéresse. Au-delà d'imaginer des trucs, des livres intéressants pour le grand public et tout, c'est aussi à chaque fois piégé comment on va obtenir le meilleur livre avec une personnalité qui est à chaque fois différente.
Bon, ça c'est, sur ça tu es très forte.
Bah écoute, tant mieux, je suis pas toute seule, hein, une équipe.
Bien sûr, bien sûr. On arrive sur la fin, la dernière question que je vais te poser, celle que je pose souvent. Si tu écoutes mon podcast, tu dois la connaître, peut-être que tu as réfléchi à cette question, alors peut-être non. Mais la question qui est très simple, c'est là si c'est la fin et que que tu étais avec tes proches et que tu devais laisser un message à tes proches, un héritage, une phrase que tu aimerais leur laisser, ce serait quoi? C'est la question que j'aime bien poser aux gens pour finir.
Bah, c'est, alors je me suis dit oh là là, enfin je réponds à cette question et j'ai pas du tout préparé, j'ai juste paniqué. Je pense qu'il faut, en fait, c'est assez bateau, mais c'est en fait l'énergie, elle vient de Si vous ne voulez pas voir passer des journées, choisissez vraiment ce qui, authentiquement, ce qui va vous faire plaisir. Et ça résonne avec le fait de faire un livre. Parce qu'un livre, c'est une entreprise longue qui peut être très aride. Ça demande un effort. S'il n'y a pas cette notion de plaisir, de joie dans le fait d'écrire et de parler à son éditrice, à son attaché de presse, à son directeur commercial et tout, ça va être long quoi. Donc choisissez la maison ou enfin non, ça c'est autre chose, je pars sur autre chose. Mais non, mais et oui, dire à mes proches, faites le métier qui vous fait plaisir, ne le faites pas pour autre chose quoi.
Donc faire ce qu'on aime et ce qui nous fait plaisir.
Ouais, fais ce que tu aimes.
Merci beaucoup Sophie pour tout ce partage. Pour tous ceux qui veulent écrire un livre, je pense que vous avez appris énormément de choses, il y a énormément de conseils. Donc la prochaine personne qui envoie un script et qui a entendu ce podcast, je l'invite à réécouter le podcast parce qu'il n'a pas compris ce qu'il faut envoyer. Surtout pas envoyer de script, écoutez bien. Et encore merci pour tous ces conseils parce que presque une masterclass que tu as donnée avec énormément de conseils et ça, c'est vraiment top. N'hésitez pas et je compte sur vous pour partager cet épisode à un maximum de gens autour de vous, peut-être des personnes qui ont un projet de livre ou autre, permettre de connaître aussi les maisons d'édition. On achète beaucoup de livres, mais on ne sait pas comment ça se passe là-bas, de l'autre côté. Et donc là, aujourd'hui, on a pu découvrir comment ça se passe. Merci, mille mercis Sophie pour cet épisode. Est-ce que tu as quelque chose à dire, une dernière phrase, un dernier mot?
Non, bah merci, merci à toi de l'invitation. C'est toujours un plaisir d'arriver à mettre des mots sur cette activité qui prend quand même toute la vie, quoi. Et d'organiser ça, je trouve ça hyper intéressant.
Voilà. Merci beaucoup.
Merci.
Et comme je dis toujours: je suis, tu es, nous sommes tous des illimités. À très vite.










