Comment Abdellah Boudour a réussi à promouvoir la dictée auprès des jeunes ? [ Podcast #33 ]

In this French‑language podcast episode, host Mohamed Boclet interviews Abdellah Boudour, founder of the "Dictée pour tous" (Dictation for All) initiative. The conversation traces the project's origins in Argenteuil, how Boudour transformed a local school activity into a national (and international) touring dictation program that reaches thousands of young people, especially in under‑privileged neighborhoods. They discuss the logistical and financial challenges of organizing events, the role of sponsors, schools, and local authorities, and the pedagogical methods used to make dictation engaging and inclusive. The interview also covers the publication of the companion book "Dictée pour tous, s'entraîner en famille" co‑written with Sonia Sali, and how the book extends the project's reach. Throughout, Boudour emphasizes the core value of "partage" (sharing) – sharing time, resources, and experiences – as both a personal philosophy and a catalyst for community impact. The episode concludes with a call to listeners to share the podcast, acquire the book, and adopt the spirit of unlimited generosity.
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et il me sollicite pour organiser une action autour de l'orthographe. Moi, je me suis dit: j'ai l'habitude de leur offrir des cadeaux, des jouets. À la dictée, il y aura pas beaucoup de monde. Donc j'ai mis que 40 chaises et on s'est retrouvé à 250 participants.
Je m'appelle Mohamed Boucler, je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller Connaissance illimitée. Dans le podcast Connaissance illimitée, je reçois des invités aux parcours extraordinaires pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Paix sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissances Illimitées et j'ai l'honneur d'accueillir Abdoullah Boudour. Vous le connaissez forcément, vous avez entendu parler de son concept «La dictée pour tous». Forcément, il est passé dans tous les endroits incroyables de France: la Tour Eiffel, l'Élysée. Il a fait énormément de dictées un peu partout avec également plein de célébrités. Il est également l'auteur du livre que je suis en train de montrer, mais Pour ceux qui écoutent le podcast, Dictée pour tous, pour s'entraîner en famille. Il y a énormément de dictées à l'intérieur, plein d'exercices. Si vous voulez profiter de l'été pour faire des dictées en famille, c'est le moment, ou la rentrée également, c'est le moment de prendre et de se procurer ce livre. Il est partout, vous pouvez le retrouver dans toutes les librairies. Donc Dictée pour tous pour s'entraîner en famille d'Abdallah Boudour. Et on va rentrer dans le vif du sujet: comment il s'est mis à la dictée pour tous, comment il s'est lancé, pourquoi la dictée c'est aussi important pour lui, le le français et autres. Et bonjour Abdallah, comment tu vas?
Bonjour, ça va très très bien. Là on est sur la fin de l'année de la tournée nationale. En général on commence fin août avant la rentrée scolaire jusqu'à l'été et jusqu'au 30 juillet on a des dictées, on n'a pas arrêté cette année. C'était dur depuis l'époque du COVID en 2020 Et là, ça reprend bien cette année. On ressent qu'on peut organiser pas mal d'événements, que ce soit dans les petites, grandes villes. On accompagne, on organise et on arrive à réunir des grands, des grandes et des grands finalistes dans chaque lieu historique.
C'est incroyable. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots? Parce que tu es le fondateur, tu fais ça, mais tu fais pas que ça. J'ai l'impression que tu fais plein de choses.
Incroyable! Moi, depuis l'âge de mes 16 ans, j'organise des événements dans ma ville Argenteuil. J'ai commencé à faire des goûters, des tournois de foot, ensuite des sorties. Parce qu'à l'époque, à la télé, à la fin, il y avait les numéros de téléphone, on pouvait participer aux émissions. Donc c'était le seul moyen gratuitement pour atteindre et avoir accès aux célébrités, aux personnalités. Donc on y allait, on profitait pas forcément des présentateurs, même des artistes et tout ça, ou des sportifs. On y allait, on était mineur, on prenait le train, le RER pour aller à la Plaine Saint-Denis, là où il y avait tous les plateaux de télé.
Je l'ai fait une fois ça, j'ai rencontré le 113 comme ça.
Et ben je veux dire, comment moi, c'est eu ce déclic et je l'ai fait tout le temps. Moi c'est la funky family. Et t'as vu la funky family, à chaque fois qu'il y a une émission où ils se baladaient et tout, ben j'appelais tout ça.
Je m'appelle plus l'émission parce que moi j'ai grandi à Saint-Ouen dans le 93, jusqu'à mes 30 ans. La Plaine Saint-Denis c'est juste à côté. Il y avait une émission qu'ils enregistraient, j'y avais pu aller, il y avait le concert du 113 et tout. T'es petit, t'es mineur, tu te dis tu peux assister à un concert comme ça qui passe après sur M6. Je sais plus c'était quoi le nom de l'émission, mais c'était incroyable.
Nous on y allait plusieurs fois, même des grands artistes d'aujourd'hui, avant c'était des petits artistes qui passaient. C'était à l'émission à l'époque «En juin ça sera bien» sur la 5e. Et au fil des années Eh ben, j'ai pris conscience des problématiques du quartier. C'est-à-dire, après, on a organisé des distributions de denrées alimentaires pour les familles. On a organisé pas mal d'actions sociales, des distributions de fournitures scolaires, distribution de cadeaux. Et qu'est-ce qui s'est passé sur 2012? Quand je fais les fournitures scolaires, les parents, ils m'interpellent et ils me sollicitent pour organiser une action autour de l'orthographe. Moi, je me suis dit: j'ai l'habitude de leur offrir des cadeaux, des jouets. À la dictée, il y aura pas beaucoup de monde. Donc j'ai mis que 40 chaises. Et on s'est retrouvé à 250 participants. Et comme il y a eu pas mal de posts sur les réseaux sociaux et les médias, ça fait que j'ai été sollicité un peu partout dans toute la France. Et à la suite de ça, en professionnalisant le concept parce qu'au début on était que des amateurs autour du concept. On aime organiser des événements mais l'habitude d'organiser des dictées c'est pas du jour au lendemain tu arrives et tu es rodé. Donc arrive en 2017, on a pensé à organiser un championnat national et on s'est dit on va réunir les finalistes de chaque étape, les ramener dans les lieux historiques parce que la preuve sur les 3-4 premières années on arrivait à faire une dizaine, vingtaine de dates. Aujourd'hui, depuis 2017, on fait au moins 40-50 dates par an. Et plus, on accompagne pas mal de structures qui organisent eux-mêmes des dictées au niveau départemental, régional, dans chaque coin de France. Et on les accompagne sur la communication, sur trouver des sponsors, et plus aussi de récupérer leurs finalistes et les inviter sur notre grande finale de chaque année.
Parce que là aujourd'hui, vous faites quoi? Il y a en 2022, 2022-2023, vous avez fait plus de 50-60 événements, donc vous en avez fait beaucoup.
Ouais, on en a fait beaucoup. Des fois sur une journée, on peut avoir 4-5 événements.
Toi, tu es pas dans tous les événements, tu en fais que quelques-uns?
Non, non, non, j'en fais quelques-uns. Et je me concentre plus à déléguer le concept, c'est-à-dire je réfléchis chaque année comment mieux le déléguer. Mon but, c'est que ce concept-là, il puisse tourner dans toute la France sans moi et sans mon accompagnement. Je veux vraiment que les personnes soient autonomes. En Alsace, aux Bouches-du-Rhône, en Occitanie, en Loire-Atlantique et en Hauts-de-France, ça se passe très bien. Ils sont vraiment autonomes, ils organisent eux-mêmes leur concept et ça y est. On se donne des nouvelles, on communique sur les dates. Mais aussi, on a pu développer ça aussi à l'international. On a pu faire ça au Cameroun, à Yaoundé, à Agadir au Maroc. On a pu faire plusieurs dates en Italie, à Milan et à Naples. On a pu faire la Belgique. Et je te donne une info et un scoop: et là, on prépare la grande tournée d'Europe qui commencera en octobre si tout va bien.
Mais vous faites en Europe, vous faites en langue étrangère, vous faites comment? Dans la langue du pays, en Italie?
Jusqu'à aujourd'hui, on a toujours fait les dictats en français, mais il est important pour moi, même si je suis obligé d'assumer ce statut-là d'être ambassadeur de la langue française à promouvoir cette belle langue dans différents territoires de France et international. Je veux aussi rendre hommage aux différentes langues. J'ai pas envie d'aller sur un territoire et faire uniquement la langue française et utiliser que la langue française. Et c'est pour ça que ce concept qu'on va lancer en Europe, ça va être une partie en français et une partie avec la langue locale. Et j'ai oublié, il y a une date qu'on a fait en juin dernier, en 2022, c'était en Nouvelle-Calédonie à Lifou.
Waouh, tu es parti en Nouvelle-Calédonie pour faire une date?
J'avais deux opportunités, c'est soit j'allais en Nouvelle-Calédonie à Lifou, ou soit j'étais invité en Algérie pour l'ouverture des Jeux méditerranéens. Et j'ai préféré aller en Algérie.
Et tu as envoyé quelqu'un là-bas?
Il y avait une équipe là-bas qui a pu bien gérer, comme la communication, comme ça s'est bien fait par rapport à l'école locale. C'est surtout un instituteur qui a voulu porter le projet, qui est à la base de Lyon, des quartiers de Lyon, et qui est professeur là-bas dans un établissement. Dans plusieurs établissements en Nouvelle-Calédonie, on voulait organiser aussi la dictée. C'est-à-dire sur le même jour à la même heure, ils ont fait plusieurs dictées dans plusieurs établissements en Nouvelle-Calédonie. Il y avait même Christian Carambeu qui nous a fait une vidéo pour féliciter tous ces jeunes qui avaient participé à la dictée. Et ce qui était beau, c'est que le professeur a vraiment responsabilisé ses élèves Les responsabiliser dans le fait que c'est eux qui ont porté le projet, c'est eux qui sont partis chercher les sponsors, les lots, et qu'on communique auprès des élèves, on présentait aussi le projet à différents autres établissements.
C'est incroyable parce que pour ce type de projet, déjà toi en 2012, donc tu te lances, parce que là ce qui est incroyable, c'est qu'on voit les résultats.
2013 exactement, j'ai fait la dictée.
On va dire on est en 2023, On va dire que depuis 2 ans ou 3 ans, moi j'en entends beaucoup parler, on va dire 2 ans ou 2-3 ans, mais ça fait 10 ans, c'est 10 ans de travail pour en arriver là. Et toi, tu étais fort en orthographe, tu es fort en orthographe, c'était un truc pour toi simple, comment tu, parce que effectivement c'est des gens qui t'ont demandé, tu dis j'en fais une, ça a fonctionné, mais pourquoi tu t'es pris ce projet à cœur pour en arriver là aujourd'hui?
À la base, tous mes projets, tous mes concepts, je les lance dans mon quartier où j'ai grandi, Argenteuil, à La Haie-Normande, surnommé le Val d'Argenteuil, la ZUP, le Val Nord. Et ben, tous les concepts que j'ai lancés, je sais que les habitants, que ça soit jeunes et moins jeunes, me donnent leurs critiques et avec sincère et transparent. Donc j'ai le temps un jour, le jour même, ou même quelques semaines après, d'avoir encore des retours des personnes. Donc le fait de lancer cette dictée là-bas, que les participants, les habitants, déjà ont contribué. Moi, je peux solliciter 10 bénévoles, mais quand je fais un événement dans mon quartier, les 10 bénévoles, ils viennent, mais les habitants, ils voient que c'est Abdellah qui organise un événement, ils descendent tous, ils veulent tous contribuer. Ou soit nous ramener du thé, des gâteaux. Donc d'avoir ce soutien, cette force, ça m'a poussé encore à aller plus loin et de me dire: «J'ai la capacité d'organiser ça ailleurs.» Mais moi avec l'orthographe, ça fait 2. C'est-à-dire, je ne suis pas un expert en orthographe, je ne suis pas un grand amoureux de la littérature française. À la base, c'est juste valoriser mon quartier, réunir les habitants et de faire une action. Et de répondre à l'appel des mamans, comme les mamans des fois me sollicitent en urgence ou d'autres personnes. Et donc quand j'ai pris ce concept-là, après j'ai pensé à surtout à ceux et celles qui détestent la langue française, qui ont peur de la langue française. Quand je dis détester, c'est détester surtout l'exercice de la dictée. Donc j'ai réfléchi à un beau format de dictée, que ça soit pas trop long pour celui ou celle qui a du mal à écrire, qui sont en CP ou en CE1 ou en CE2. Ou l'adulte qui a quitté l'école très tôt. Et comme les contraintes familiales où ils peuvent pas rester toute une après-midi à faire une dictée. Donc c'est ça qui a fait qu'aujourd'hui ça prend de l'ampleur et surtout que ça a un succès. Après, moi-même, ce qui est beau, c'est que depuis l'âge de mes 16 ans, on va dire à 2013, jusqu'à mes 28 ans, c'est-à-dire plus de 10 ans, j'ai fait plein d'actions pieuses dans mon quartier. Et il y a même différentes associations, différents jeunes, ils m'ont demandé des conseils pour monter leurs projets, leurs actions dans leur quartier d'Argenteuil. Et j'avais fait le tour et je sentais qu'il y avait pas mal de structures et il y avait beaucoup de social et ça avait créé une nouvelle énergie, une nouvelle génération associative dans ma ville. Indirectement grâce à tout ce que je faisais avec les bénévoles. Donc j'ai toujours voulu me dire, j'ai fait le tour de ma ville, ça y est, je veux aller au niveau national et faire des actions au niveau national. Donc quand la dictale est arrivée, il y a eu cette porte et cet engouement sur les réseaux sociaux, donc j'ai foncé et je me suis dit vas-y, bah Abdellah, vas-y à fond et et sois plus rigoureux quand tu vas dans ton quartier. Quand tu vas dans ton quartier, la critique elle est facile, ceci cela, tu as l'habitude. Et le fait d'aller en national, de faire plusieurs étapes, s'adapter avec plusieurs publics, plusieurs régions, ça fait qu'aujourd'hui on peut faire pas mal de dates et qu'on arrive à valoriser différents quartiers. J'ai pu faire des dictées dans les quartiers nord de Marseille, aux Isards à Toulouse, au Mirail, que ça soit dans les différentes banlieues de Lyon. Donc c'est ça le but.
Comment tu fais pour faire venir ces jeunes? Parce qu'aujourd'hui, moi quand j'étais petit, tu me dis il y a une dictée, j'y vais pas.
Comment? Nous elle est complètement différente notre dictée. Notre dictée, comparée à l'école, il n'y a pas de notes. Elle est courte. Elle est vraiment adaptée sur le fait qu'il y a un ou deux mots difficiles. Il y a, quand je te dis il y a pas de notes, on ressort la copie qui a fait le moins de fautes. Donc il y a des personnes, ça fait, ça les désespère quand ils voient un 0 sur 20 ou 1 sur 20 à l'école. Mais là, ils se disent: ah, j'ai fait 5 fautes, j'ai fait 6 fautes. Ou peut-être il y en a, ils se disent, il y en a beaucoup, ils disent: ah, j'ai fait que 2 fautes ou 3 fautes. Donc ça les motive à revenir et c'est pour ça qu'on arrive à pérenniser et des structures reprennent le relais au niveau local pour organiser des dictées. Parce que les gens, ils en redemandent: c'est quand la prochaine dictée? On a déjà fait des dictées en bas d'immeubles et même souvent il y a des jeunes, ils sont à côté, ils veulent pas la faire. On arrive à leur dire: t'inquiète pas, c'est juste 10-15 minutes, regarde tes potes, ils se sont assis, assieds-toi. When Fayeensilo, ces mêmes personnes-là qui voulaient pas faire la dictée, c'est eux qui gagnent la dictée et ils sont étonnés. Donc ils pensent vraiment que le niveau est super élevé, mais ça se joue beaucoup sur les mots rares et les mots pas courants qu'on intègre dans les différentes parties de texte. Parce qu'il y a une partie primaire, collégien, lycéen, adulte. Tout le monde débute la dictée en même temps. Les primaires s'arrêtent en premier, les collégiens font la moitié du texte, les lycéens, les adultes font le texte entièrement. Et après, quand il y a beaucoup d'ex aequo, on leur fait écrire des moras et on les départage sur les moras.
Ce qui est bien dans ton livre, quand je l'ai lu et que j'ai regardé, surtout il y a plein plein de dictées à faire en famille. Mais ce qui est intéressant, en dehors de la dictée à faire, tu as les explications et des exercices créatifs, et tu as à chaque fois question d'orthographe et de vocabulaire. À chaque fois, pour chaque dictée, tu vas venir dire voilà, tyran, à quoi ça correspond, pourquoi c'est quoi. C'est-à-dire que juste faire la dictée, c'est bien, mais regarder et lire tout ce qui est ensuite associé. Je vois ici, il y a écrit morat, folâtre, c'est des mots effectivement. Et donc, à chaque fois, tu as mis ce principe et donc ça permet d'avoir un jeu en famille. Tu dis, vas-y, en famille cet été, je prends une dictée une après-midi, on va se la faire et on va regarder, on va analyser les mots, on va analyser les mots rares. Tu as des textes de Victor Hugo, tu as des textes plus récents, tu as des textes un peu plus... C'est super intéressant. Mais dès dans ton livre, au début, vous dites, parce que vous êtes deux à l'écrire, je dis que toi, mais il y a aussi Sonia Sali, vous l'avez écrit ensemble. À un moment, tu mets Pour moi, le fait de mettre ça en place, c'est... La dictée, elle a pour mission de promouvoir l'égalité des chances par la maîtrise de la langue française. Pourquoi, d'après toi, une personne qui écrit bien et qui fait des dictées, mais du moins qui à la fin ne fait pas de fautes d'orthographe, ça lui permet d'être dans l'égalité des chances et la maîtrise du français?
Tout d'abord, comme tu parles du livre, les livres et le travail, on va dire à 99 Il a été fait par l'écrivaine et professeure de français Sonia Sali. Et après, par rapport au concept de la dictée, de la tournée, je lui ai donné les idées et tout ça, parce que c'est complètement différent des dictées de l'école. Et on a voulu vraiment faire d'être le plus souple possible, c'est-à-dire sur les textes de dictée, sur les explications, que ça soit pas vraiment un livre de bouquins de cours de français. Et on a surtout, on s'est inspiré de textes classiques mais aussi des textes originaux que Sonia Saliha a écrit entièrement. Et plus il y a des QR codes où les différentes personnalités, on peut faire la dictée tout seul, où les personnes peuvent s'écouter la dictée et se corriger ensuite. Et on s'est inspiré aussi du dictionnaire francophone, on a montré que la langue française s'est inspirée de beaucoup beaucoup de vocabulaire de différents pays pendant tout son voyage de colonisation, que ça soit en Afrique, en Europe et ailleurs. Donc voilà. Après, moi je parle par rapport à la langue française, c'est que j'ai pas les chiffres, mais avec ce que je vois et ce que j'entends, c'est que beaucoup de jeunes des quartiers populaires ont moins de vocabulaire que pas mal de jeunes dans des milieux plus aisés. Et je l'explique parce qu'il y a beaucoup de foyers dans nos quartiers, ils sont dans le besoin primaire. Avoir une bibliothèque à la maison, c'est un luxe, c'est même pas une priorité. Tout à fait, c'est un luxe. Et surtout, Nous, on a, en tant qu'enfant du Val d'Argenteuil Nord, Argenteuil, nous on a une bibliothèque municipale au milieu du quartier. Ça nous a beaucoup aidé. Aidé dans le fait d'éviter de faire certaines bêtises. Au lieu de squatter dans le hall, d'aller squatter à la bibliothèque et que le responsable de la bibliothèque nous force à prendre un livre ou sinon on sortait. Donc à certaines familles qui n'ont pas d'enfants, qui n'ont pas de table ou autre, ou de place, d'espace pour pouvoir faire leurs devoirs, donc il y en a, ils allaient à la bibliothèque qui était au milieu du quartier. Donc aussi cette facilité aussi d'organiser cette première dictée dans mon quartier. Après, je veux à travers la dictée, certes valoriser les populations, valoriser les quartiers, Mais je veux donner aussi cette envie de lire et d'écrire aux jeunes. Leur montrer que la dictée c'est facile, de lire c'est facile. Mais aussi à travers différents lecteurs et lectrices. Parce que certes des fois je lis, mais je préfère mille fois inviter des personnes de différents domaines qui expliquent leur parcours et leur relation avec les mots autour de la dictée. Il y a des artistes qu'on entend à la radio, mais ces artistes-là Ils ouvrent les bouquins pour pouvoir écrire leur musique, comme des chefs d'entreprise pour s'inspirer, pour trouver des idées, se professionnaliser. Ils lisent, ils échangent, ils communiquent. Et tout ça, c'est à travers des mots. Et plus tu lis, plus tu t'inspires, plus tu es curieux, c'est-à-dire de ne pas sortir de ton environnement. Et ben ton ambition devient plus grande. Et c'est ça que je veux faire découvrir aux jeunes, c'est plus vous allez vous inspirer, plus vous allez lire, plus vous allez vous mélanger, plus ça va vous aider. On se dit qu'aujourd'hui en 2023 il y a internet, on est en connexion avec tout le monde. Non, la pauvreté elle existe toujours, la misère elle existe toujours, et c'est pas tout le monde qui peut aller à Paris, aller dans les musées, sortir et aller payer des pièces de théâtre. Le Pass Culture, c'est pour les jeunes, c'est pas pour des familles. C'est-à-dire, c'est bien, je dis que c'est bien pour le jeune qui veut sortir, mais faut oublier qu'il y a pas mal de personnes autour aussi qui sont restreintes. Et malheureusement, ils sont en retard. Ils sont en retard. Moi, je me suis mangé une claque quand je suis rentré dans le milieu professionnel. Parce qu'en bas de mon immeuble, il y avait la maternelle, le primaire, collège. Je traversais 2 cités, je me retrouve dans mon quartier, je me retrouvais dans mon lycée. C'est-à-dire, c'est après le lycée, quand je suis rentré à mes 18 ans, premier job d'été, c'est là où j'ai vu la réalité, certains codes, ceci cela. Mais par exemple, le stage que tu fais en 3e ou autre, tu le fais dans ton quartier. Tu cherches, donc T'es conditionné dans ta tête au niveau de l'ambition, au niveau du vocabulaire, au niveau de tout. Et y'a personne qui te dit: «Eh ben, la porte du quartier, elle est ouverte et tu peux sortir du quartier, tu peux faire ceci, cela.» Et tu vas toujours te référer à des profils qui ont réussi, qui sont encore dans ton quartier et qui fonctionnent dans ton quartier. C'est pour ça que malheureusement, ils ont beau certains nous critiquer à dire: «Y'a que des commerces de tel type dans nos quartiers.» C'est parce que c'est notre carte du monde et comme on voit que ça, on pense que la réussite c'est ça.
Et effectivement, quand tu sors du quartier et que là tu commences à parler avec d'autres personnes ou que tu arrives à Paris ou que tu— Moi, je me rappelle, j'ai fait de l'apprentissage après mon bac. J'ai fait un DUT et c'est quand j'ai commencé à aller à La Défense que j'ai commencé à me dire, mais c'est— Moi, j'ai grandi à Saint-Ouen dans le 93, j'ai tout fait à Saint-Ouen.. Et quand j'ai commencé à rentrer à La Défense, prendre le métro avec des gens, arriver là-bas, c'est qu'il y avait un décalage entre moi, ma manière de parler, nos codes et ce qui se passait réellement dans la vraie vie. Et effectivement, ça, la lecture, et aujourd'hui c'est un de nos combats, un de mes combats, et je pense que c'est ton combat avec l'écriture également, c'est de faire en sorte que les gens lisent, écrivent pour s'ouvrir à d'autres mondes et qu'ils puissent sortir de leur quartier.
Et c'est pour ça qu'à chaque fin de dictée, Je distribue des livres à l'ensemble des participants et adaptés à leur niveau, c'est-à-dire que ce soit pour les primaires, les collégiens, les lycéens, adultes. Là, c'est l'été, on leur offre plus des cahiers d'exercices et tout ça, mais toujours avec de la lecture autour de la langue française.
Tu dois avoir des sponsors qui t'offrent les livres?
Franchement, des fois, souvent, on les achète. T'as vu les sponsors qui me sollicitent? C'est pour me proposer 10, 20 livres. Mais je peux pas accepter un sponsor qui m'offre 10, 20 livres alors que Medi-T il y en a 200, 300. Si c'est pour coller leur logo et faire toute leur pub pour 20 livres, ça m'intéresse pas. Il y en a tout le temps, tout le temps qui m'appellent pour 20 livres, mais ça, je leur dis que je peux pas faire, je peux pas communiquer comme ça sur votre logo pour Tu préfèreras aller acheter des livres. Ouais, c'est clair, c'est clair. Mais je veux revenir par rapport à cette égalité des chances parce que je te parle aussi de la condition des gens des quartiers, le fait d'avoir tous les établissements dans le quartier et se mélanger, c'est-à-dire avec ceux et celles avec qui tu as grandi dans la cité, de la maternelle, et bah tu vas faire toutes les classes avec eux jusqu'à la fin du lycée. Effectivement. Donc le problème aussi, c'est la mixité. S'il y aurait plus de mélanges, plus au niveau de classe sociale, je pense ça nous tirerait plus vers le haut. Mais on se retrouve tous ensemble et tous avec les mêmes problématiques à des degrés différents. Et malheureusement, T'as vu, on entend des jeunes, des profils de jeunes de réussite, ou qui ont monté des startups ou autre, qui sont pas issus des quartiers. Et tu vois des jeunes des quartiers qui sont frustrés. Moi, ce que j'ai envie de leur dire, c'est: «Nous, on est handicapés.» C'est peut-être triste de le dire, il y en a peut-être qui vont dire: «Ouais, c'est fort comme mot.» Mais avec toutes les barrières qu'on a quand on commence quand on commence notre scolarité, c'est très difficile, tu as vu, d'avoir les mêmes chances. Nous, on se bat, on se bat. Il y a des mamans, des papas, ils se battent pour survivre. On n'a pas les mêmes, on n'a pas les mêmes moyens, même au niveau de l'Éducation nationale, tu vois. J'ai encore des parents d'élèves qui m'appellent dans le quartier où j'ai grandi, qui me disent: là, ils vont fermer des classes, là, ils vont réduire des heures, là, ils ont pas dans des mois. Et il y a des enfants et qui, des jeunes qui passaient qui doivent passer le PAC ou des épreuves, leur prof principal ou de matière principale ou autre n'a pas été remplacé.
J'ai mon neveu au collège, toute l'année il a eu sa prof d'anglais absente je crois 80% du temps. Donc quand il arrive en 5e, forcément l'anglais, déjà que dans la classe comme tu as dit, quand tu grandis au quartier, dans la classe les gens ils font que rigoler, Ils ne te laissent pas prendre la parole. On aime se charrier. Comme tu as dit, souvent des amis de quartier, on les retrouve dans la même classe. Quand tu es en classe, il y en a qui peut parler en anglais, ça termine, ça charrie. Donc forcément, tu n'as pas envie de parler. En plus, quand le prof, il n'est pas là pendant je ne sais pas combien de temps, ça joue. Et moi, une de mes grosses frustrations, c'est que quand j'étais en terminale, mon seul objectif, c'était d'avoir le bac. L'objectif, c'était d'avoir le bac. Quand maintenant, avec le recul, moi qui accompagne, ce matin, j'étais avec une prépa médecine où je prépare. Là, le bac, c'était hier. Ils ont eu les résultats du bac hier parce qu'au jour où on tourne, on est le 5 juillet. Ils ont eu les résultats hier. Aujourd'hui, les gens, ils sont en prépa et tout l'été, tout l'été, ils vont préparer la première année de médecine. C'est-à-dire que tout l'été, ils sont en train de réviser pendant que d'autres, ils sont en train de, à la plage et autres. Et aujourd'hui, on est le lendemain des résultats du bac, tu vois. Va voir quelqu'un au quartier, lui dire: tu viens d'avoir le bac, demain matin à 8 heures, tu es dans une classe,, et tu commences à travailler pour préparer septembre. La première année, tu vois l'état d'esprit? Et quand tu vois les gens dans la salle, tu vois pas, il y avait très peu, il y avait quelques personnes, mais très peu de personnes issues de l'immigration. Et pourquoi je te dis ça? C'est parce que eux, quand ils sont en première ou en terminale, le bac c'est une formalité. Pour eux, c'est de se dire: je suis déjà dans l'année d'après, je suis déjà dans ma prépa, dans ma médecine, dans mes trucs. Moi, ma seule préoccupation, les gens de ma classe, moi j'ai fait un bac S et pourtant, tu vois, tu dis: tu as fait un bac S, du style, mais rien du tout. Les gens de ma classe, notre seule préoccupation, c'était d'avoir le bac. Quand on était parti faire Parcoursup, à l'époque ça ne s'appelait pas comme ça, on mettait tous des vieilles licences parce qu'on était tous: mais je ne vais pas avoir le bac, de toute façon j'ai 3 de moyenne en maths, le prof il n'est pas là. Le prof il dit: mais vous n'aurez jamais le bac, on est 25 dans une classe. Et tu dis effectivement, au début on n'a pas les mêmes chances. Quand tu es le meilleur en banlieue, tu es juste la moyenne, ou tu fais partie à peine de ce qui est passable quand tu es dans des quartiers un peu huppés où les gens sont déjà dans le futur. Ils ont fini leur programme en milieu d'année, ils sont déjà en milieu de terminale, ils sont déjà en train de préparer le programme de prépa.
Mais ma petite sœur, elle, elle a fait prépa maths sup maths spé. Elle était partie au lycée Condorcet dans le 9e à Paris. Et beaucoup d'enfants, de jeunes qui étaient, qui avaient fait leurs écoles françaises dans les pays d'Afrique, ils se retrouvaient à faire la prépa au lycée Condorcet. Elle a commencé le premier trimestre de sa prépa. Tous les élèves qui étaient à l'international ils avaient déjà fini entièrement le programme de terminale. C'est-à-dire, le premier trimestre de prépa, c'était le programme de terminale. C'est-à-dire, dans nos quartiers, dans nos quartiers, ils nous préparent uniquement à passer le bac. Et c'est pas tout le programme qui est fait et qui est terminé. Ils vont jamais te dire là, ils vont jamais, là, certains, l'avouer, mais c'est triste.
Et c'est bien, en vrai ce que tu fais aujourd'hui c'est promouvoir la réussite pour tous, c'est un peu ce que je fais exactement mais différemment, c'est ça?
Moi, la grande frustration que j'ai dans mon quartier, que j'ai eu quand j'étais jeune, c'est de me dire il n'y a pas de grand dans mon quartier, il n'y a pas de personnes qui nous tirent vers le haut, qui nous tendent la main à œuvrer, à faire des événements ou autre, c'est-à-dire Il y a certaines cités, ils arrivent, mais à l'époque, moi, dans ma cité, c'était chacun était dans son coin. C'était beaucoup sectaire à une époque, les quartiers. Peut-être dans certaines régions de France, c'est encore le cas, mais nous, c'était comme ça. Donc je me dis: «Abdellah, essaie de donner ce que tu as jamais eu.» Il y a des jeunes qui veulent ouvrir dans leur quartier, dans différentes régions de France, Aide-les, accompagne-les, donne-leur les outils. Et le fait que je me déplace et que je vais dans des petites villes ou dans des petits coins de France, ça leur donne de la crédibilité. Ils se disent, au niveau des institutions, ils se disent: ah ouais, le concept qui est parti, le mec qui est parti à l'Élysée, au château de Versailles, qui arrive à réunir des personnalités ou les médias, qui a eu la décoration de Chevalier des Arts et des Lettres, ils se déplacent pour des petits jeunes là que nous peut-être qu'on sous-estime et qu'on dénigre. Et ben je leur montre la crédibilité en travaillant avec eux, leur donnant les outils, qu'ils arrivent à réaliser un événement. Ben ça fait qu'aujourd'hui ils continuent et qu'on se retrouve à chaque finale nationale où ils viennent avec leurs finalistes. Mon but c'est vraiment aussi de donner cette chance aux jeunes et qu'ils ont toute leur légitimité, leur place. Pour, pour ouvrir, parce que si on arrive à réunir les synergies de tout le monde et donner les outils à tout le monde à s'entraider, qu'est-ce qui va se passer? Les futures générations, ça va les pousser encore plus haut. Peut-être, moi en 2013 c'était une galère pour organiser une dictée, aujourd'hui c'est devenu à la mode. Il y en a peut-être, ils organisent pas forcément la dictée pour tous, même le nom de leur dictée, de leur cité ou autre, je les accompagne et tout ça. Demain, peut-être ça sera autre chose, ça sera un autre challenge. C'est-à-dire, on aura fait le tour de la littérature française, ça sera devenu normal comme les tournois de foot, comme les tournois de sports de combat ou autre. Aujourd'hui, le cinéma, c'est pareil, ça devient à la mode. Tout le monde, avec internet, tout le monde se filme, tout le monde essaie de faire des courts-métrages, des festivals. Il y a des festivals qui se mettent en place et tout ça, un peu dans les quartiers et tout. J'espère qu'il y aura d'autres choses. Et je pense qu'il faut évoluer, toujours trouver des idées qui vont faire qu'on va monter une étape en plus. Avant c'était plus le sport, maintenant c'est plus la culture, la littérature, le cinéma, la lecture et tout ça. Bien sûr. Il y en a, ça commence, il y en a qui se font de la place dans la mode, dans le textile. J'espère qu'il y aura d'autres idées.
Et je voulais rebondir sur, tu me disais que tu as fait des événements à l'Élysée, dans des endroits incroyables, la Tour Eiffel. Comment on arrive à pouvoir organiser un événement comme ça dans des salles aussi mythiques? Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu. Ça, c'est la première question. Et après, j'ai une deuxième sur le réseau que tu t'es fait. Comment tu t'es fait un réseau?
Parce qu'aujourd'hui, tes sponsors, tes invités, c'est des personnes Moi, je veux dire, c'est comme je t'ai dit au début, c'est le culot. C'est-à-dire, moi, je voulais rencontrer la Fonky Family et j'ai trouvé le moyen d'appeler les émissions et aller en bande. On était tous mineurs, on avait tous 16 ans et on déboulait à la Plaine Saint-Denis. On allait rencontrer la Fonky Family. Bah, c'est pareil. C'est-à-dire, quand j'ai une idée, un objectif, bah, c'est le culot. Le président de la République, j'ai dit: je vais l'attraper et surveiller ses déplacements. Et je dis, je vais lui dire, je vais faire une dictée à l'Élysée. C'est simple. C'est-à-dire, c'est—
Donc tu as suivi, tu as regardé ses déplacements?
Ah, je regardais ses déplacements. Ah ouais, je regardais ses déplacements. Et des fois même, il était en province, j'appelais des gens de province dans la région, je lui dis va l'attraper, dis-lui ouais, faire la dictée pour tous à l'Élysée. Et je l'ai attrapé une fois. Après, son cabinet, comme tous les cabinets, mairie, ailleurs ou autre, ils ont v'là les dossiers, donc c'est difficile de placer une dictée avec les urgences qu'ils ont. Donc je l'ai attrapé une deuxième fois, il m'a dit c'est bon, on l'a fait. Et on a fait la dictée. Et après, quand j'ai fait l'Élysée, j'ai dit c'est le moment d'enchaîner tous les lieux historiques parce que c'est la carte d'entrée. Si j'ai fait le Palais, l'Élysée, ça y est, je fais partout. Donc dans la même année, alors que mon staff me disait Abdellah, calme-toi, calme-toi, après les autres années tu pourras pas faire d'autres événements. Mais moi j'ai préféré foncer. La vie, elle est très courte. Donc on sait pas si demain on aura la santé ou autre, les capacités, donc j'ai préféré foncer. Sur 2019, je fais le Palais de l'Élysée en avril. Un mois après, je fais l'Assemblée nationale. Après, je fais le Château de Versailles. Le Château de Versailles, je le fais en octobre ou novembre avec Gad Elmaleh. Et ensuite, je fais la Tour Eiffel en décembre 2019. Crois-moi, j'étais lessivé, j'étais fatigué.
Il y a eu le COVID et tu t'es reposé.
Quand il y a eu le COVID, je me suis dit heureusement que j'ai pas écouté mon équipe qui m'a dit ouais, laisse les autres le story, parce que ça aurait été difficile. Bien sûr. Et après, et depuis, on a pu faire le ministère de la Culture, le toit de l'Arc de Triomphe. Toit de l'Arc de Triomphe, la Tour Eiffel, je vais t'expliquer pourquoi. Quand j'ai vu PNL, j'ai dit: «Ah, PNL, ils ont fait la Tour Eiffel, je dois faire la Tour Eiffel.» Quand j'ai vu DJ Snake, il a fait le Tour de l'Arc de Triomphe, j'ai dit: «Je ferai le Tour de l'Arc de Triomphe.» Donc là, mais ces événements, comme ça, tu les payes pas?
Ils te les mettent à disposition ou comment ça se passe?
Madame Macron, que je remercie, elle nous a facilité, déjà c'est l'Élysée, le loupard, mais franchement, l'accueil qu'elle a fait aux personnes, aux participants de province, à les accueillir avec tous le petit-déjeuner. Ils ont fait la dictée, après ils ont tous eu le déjeuner, ils ont eu tous des lots. Et c'est même elle en réunion qui a dit à son staff et tout ça, à son équipe, que je veux que les personnes qui ont fait le déplacement de Marseille, de Strasbourg, la Savoie et tout ça, soient bien accueillis et qu'ils puissent avoir la pêche et pas le ventre vide pendant la dictée. Et même quand ils vont repartir, la dictée. Donc Madame Macron, elle nous a facilité. L'Assemblée nationale, c'est pareil, le président de l'Assemblée nationale nous avait facilité aussi. Après, il y avait qui? Château de Versailles, ils nous ont facilité. C'est juste quelques prestataires, tu as vu, qui étaient un peu cher, mais ça va. Et il y a qui? Et la Tour Eiffel aussi, ils nous ont facilité. Franchement, ils nous ont facilité, c'est Pratiquement tous les lieux, franchement, c'est cadeau, c'est cadeau. On a pu faire même le Parc des Princes, le Groupama Stadium, et le Sénat dernièrement.
Pour beaucoup, tu dis, mais à réussir à rentrer dans ces salles-là, faire venir des célébrités comme Gad ou autres qui sont, tu peux pas, tu parles avec eux, ils ont tellement de sollicitations qu'ils te répondent même pas en temps normal.
Ouais, mais après, les personnalités, c'est le réseau, tu as vu, c'est les personnes autour. Qui me suivent dans les quartiers ou à travers les médias et qui me disent: est-ce que t'intéresserais que telle personnalité fasse la dictée?
C'est même plus l'inverse, c'est eux qui viennent te proposer des personnalités?
Non, non, ouais, c'est des connaissances. Et franchement, si j'en remercie 3 personnes, c'est par rapport à toutes ces personnalités qu'on qui ont fait le succès. Il y a Maïtena Biraben qui vraiment a bougé pour avoir pas mal de personnalités, que ça soit Mehdi de l'association Phoenix Star de Cachan. Et après, il y a deux autres personnes, Ismaël de Marseille et Nasser de Nars Prod qui s'occupe des tournées de Gims, Dadju et tout ça et tout. Qu'il y a eu pas mal d'artistes qui sont venus faire la dictée et dont des comédiennes de cinéma ou autre. Donc comme Leïla Bekhti.
Ouais, Leïla Bekhti aussi. Et donc c'est comme ça, c'est le réseau qui t'a permis de trouver ces personnes?
Tout à fait, tout à fait. Jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à aujourd'hui. Après, sur Instagram, j'envoie des messages, ceci cela, mais c'est pas tout le monde qui répond. Il y en a beaucoup, il y en a beaucoup, ils me lâchent des vues.
Les personnes comme ça, s'il n'y a pas de réseau qui vient interférer, tu les as pas. Même nous à notre niveau, on est tout petit, on a toujours plein de sollicitations et tu peux pas dire oui à tout le monde parce que sinon tu passerais tes journées à répondre aux sollicitations.
C'est clair.
Forcément, tu as une relation de confiance qui se crée. Si c'est quelqu'un que tu connais bien qui dit ouais, il y a untel qui veut t'inviter dans un podcast, tu vas prendre plus le temps d'écouter. Que si ça tombe du ciel parce que tu as plein de sollicitations, tu peux pas dire. Alors ces personnes-là, c'est normal. Pour toi, quelle est la personne pour laquelle tu es le plus fier? Quel est l'invité que tu as été le plus fier d'avoir?
Franchement, pas fier, je dirais, si je peux dire, les 3 qui m'ont mis une grosse claque, c'est l'artiste Dadju, parce qu'il est là au Cameroun, Il a fait, il a fait un geste pour les orphelins que, qui m'a mis une claque. Et le plus, en plus, il est venu faire la dictée. Donc franchement, Dadjo m'a mis une claque. Le deuxième, c'est Brigitte Macron, de sa simplicité, comment elle nous a facilité. Après, le troisième, Gad Elmaleh. Il s'est prêté au jeu à fond. Au Château de Versailles, il y avait plus de 1200 personnes. Le mec, il se baladait, prenait des photos même pendant la dictée. Il gardait sa patience. Tout le monde l'arrêtait, ça, ça, ça, les photos. Et même en lisant le texte qui était difficile, il arrivait à faire sourire et à faire rire les gens. Et en plus, même les interviews, les photos, les selfies et échanger avec le public, il l'a fait de A à Z. C'est-à-dire toute sa matinée avec 1200 personnes, c'est pas facile. En général, quand il fait un spectacle, ils sont tous assis. Là, je dis Thomas, il se baladait entre toutes les tables, que ça soit les enfants, les adultes, les personnes invalides, il est parti voir vraiment tout le monde. Et après, il y a qui qui m'a mis une claque? Leïla Bekki. Laila Bekhti, faut dire, elle a eu son, le César, il y en a pas, c'est le Ballon d'or du cinéma. Donc Laila Bekhti, elle est venue à Cachan, pareil aussi comme Gad Elmaleh, elle a été super cool, elle a passé du temps avec tout le monde. Et elle, carrément, c'était moins de 1200 personnes, elle a fait une photo avec tous les participants. C'est-à-dire on était obligé de faire une file indienne qui a duré je sais pas combien de temps et elle faisait photo avec chaque participant et entre les photos tu sais tu échanges, tu rigoles, tu joues, c'est folle. Donc franchement si je retiens, ouais c'est vraiment eux, ouais c'est eux qui m'ont mis une claque et c'est pour ça comme c'est des grandes célébrités dans leur domaine Quand des personnes moins connues ou pas trop sollicitées, ou c'est pas des grandes célébrités, et ils sont, tu as vu, ils donnent pas suite ou autre, parce qu'il y en a qui sont intéressés mais après donnent pas suite, je trouve ça triste, je trouve ça triste. Mais dans ma tête, tu as vu, je garde que le bon côté. Et que, que de bons souvenirs avec les lecteurs, les lectrices qui viennent, que ce soit des journalistes.
Est-ce qu'aujourd'hui tout ça c'est associatif ce que vous faites?
Ouais, tout à fait, tout à fait. Après, aujourd'hui moi je m'occupe vraiment, vraiment de la partie grande finale nationale, c'est-à-dire j'essaye au maximum aujourd'hui, la stratégie c'est plus la même stratégie qu'avant parce que mon concept maintenant je vais le développer à l'international. C'est-à-dire en France, je vais plus me focaliser à faire une grande finale, de développer ça à l'international, et j'essaie le maximum au maximum de déléguer. Pas malheureusement, c'est comme tout domaine, toute chose. Il y en a, ils veulent absolument que ce soit nous qui nous déplaçons, qu'on organise et qu'on soit présent. Je respecte, je le fais, je suis pas là à dire que, à refuser, mais Je préfère maintenant d'avoir créé cet engouement, cette mode de la dictée dans les quartiers et ailleurs. On a pu faire ça dans les quartiers, dans des petites villes, les villes plus aisées, dans des prisons pour mineurs, pour adultes.
Il y a eu les championnats, il y a eu le record du monde aussi, le Guinness des records aux Champs-Élysées aussi.
Il y a eu aux Champs-Élysées, mais après il y a eu pas mal aussi de grosses dictées, que ça soit aussi à Drancy, vous avez fait un grand record parce que depuis c'était Drancy qui l'avait fait, après nous il y avait le château de Versailles aussi qu'on avait organisé à plus de 1200 personnes mais je veux vraiment maintenant développer à l'international et aussi contribuer avec les langues locales en Afrique avec la jeunesse, c'est-à-dire trouver des personnes qui sont dans le même d'état d'esprit que nous ici en France, de vouloir œuvrer, de vouloir organiser des événements et de les accompagner à organiser des dictées en leur langue locale.
Si parmi les personnes qui nous écoutent, il y en a qui veulent faire de l'associatif, qui veulent se lancer, mais qui ont des difficultés, ce serait quoi toi les 3 conseils que tu donnerais? Parce que parmi nous, par exemple, il y a des personnes qui écoutent, il y en a qui veulent œuvrer, il y en a qui ont des projets perso, pro, entrepreneurial, associatif. Et qui baissent les bras, ce serait quoi? Parce que toi, je pense qu'entre 2013 et 2023, tu en as vu des choses passer, ça n'a pas toujours été facile. C'est quoi les 3 conseils que tu donnerais à ces personnes-là?
Les 3 conseils, la première chose, c'est la rigueur. Et quand je dis dans la rigueur, dedans j'intègre accepter la critique. Faut pas être dans la frustration, se dire «ah, il est jaloux, ceci cela, c'est pour ça il me critique, ceci cela». Non, faut toujours se remettre en question. Soi-même, mais aussi accepter la critique des gens. C'est-à-dire, si t'es un entrepreneur dans le business, accepter la critique du client. Si t'es dans le social, accepter la critique du public et des partenaires autour de toi. La deuxième chose, c'est de communiquer, savoir bien communiquer. Communiquer sur ce que tu fais, communiquer sur le marketing, c'est-à-dire sur ton concept, sur ton business, sur les actions que tu mets en place, qu'est-ce que tu distribues. Et après, la troisième chose, et ça c'est important mais c'est très difficile, c'est bien s'entourer. Tu peux commencer, tu peux te faire avoir, tu peux te faire doubler, tu peux tomber sur des personnes vicieuses ou vicieuses, mais ça fait partie du métier, ça fait partie de l'expérience et ça t'enrichit. Donc faut pas abandonner à la première personne ou la deuxième personne qui t'aura fait un coup derrière ton dos. Donc faut continuer à œuvrer. Et si ça arrive, cette troisième chose, parce que c'est pas tout le monde, il y a des exceptions, mais le grand pourcentage, on est dans un monde où l'homme est un loup pour l'homme. Ne doute jamais de tes capacités, ne doute jamais de tes capacités. Parce qu'une personne t'a fait du mal ou t'a mis des bâtons dans les roues, t'a freiné dans ton élan. Ça fait partie de ton chemin. Et si cette personne t'a fait du mal, c'était dire: tu es vraiment bon, tu es bon dans ton domaine, tu es bon dans ce que tu fais. Et la personne a peur, et tellement qu'elle a peur, elle va te causer du tort.
Je suis un peu en train de vivre ça actuellement, donc J'ai l'impression que ces paroles étaient faites pour moi.
Ah bah, elle est faite pour tout le monde. Elle est faite pour moi, si ça se trouve demain ça va m'arriver, ça m'est déjà arrivé. Mais le fait de jamais douter et de foncer dans ce que tu fais, tes objectifs, c'est important. Après, en parallèle, faut préserver son bien-être, c'est-à-dire toujours cultiver ce que tu aimes faire. Il y a ton domaine, l'associatif ou le business, mettre de l'autre côté pour cultiver son bien-être au niveau santé mentale comme physique. Toi, c'est quoi? C'est le sport? Pardon?
Pour toi, c'est le sport?
Ouais, le sport de manger. Moi, j'aime bien manger. Donc si mon palais, je l'entretiens bien, là, dans ma tête, je suis très bien.
Tu m'as tué là. Non, j'ai un peu le foot. Non, tu aimes bien le foot, j'ai l'impression.
Ouais, j'aime très bien le foot. J'aime beaucoup le foot. Et surtout, je kiffe l'ambiance dans les stades. Là, j'ai pris de l'âge, du poids, donc j'ai peur des blessures. J'ai une hantise dans le foot de me blesser au niveau de la cheville ou du genou. Donc c'est pour ça, je me calme. Je sais que j'ai pris du poids, je joue plus trop comme avant, mais je kiffe l'ambiance dans les stades et tout ça. Moi, aujourd'hui, je peux me déplacer dans n'importe quelle région de France. Et aller voir juste l'ambiance des supporters et voir du bon football.
Ok, ok, parfait. On arrive sur la fin de cet épisode et j'ai une question que je pose souvent à mes invités. Toi, tu en auras 2, d'habitude j'en pose une, mais toi tu en auras 2. La première, c'est: c'est quoi le projet d'après? Maintenant que tu as fait tout ça, l'Élysée, tu as fait des monuments, là tu commences, j'ai bien compris qu'il y avait l'Europe, là c'est le gros truc, c'est l'Europe, mais est-ce que À 10 ans, tu vises quelque chose encore plus grand?
Avant de passer une autre étape, je voulais lancer le livre de La Dictée Pour Tous et je voulais lancer une application. Ça, c'est fait. Donc maintenant, dans 10 ans, le même concept de La Dictée, mais dans plusieurs pays avec la langue de différents pays.
Wow, d'accord, la même chose.
Donc c'est ça, franchement, je te dis la vérité, je vis ça. Je vis ça, donc c'est pour ça je commence en Europe et après j'attaque le monde entier en 10 ans.
Waouh, bravo! Ça c'est de l'ambition, ça c'est incroyable!
Non, je le cache pas, tu as vu, d'habitude je suis pudique, je me la raconte pas parce que j'aime bien poster, partager ce que je réalise, parce que des fois les gens ils vont mal le prendre. Et ils vont être beaucoup dans la critique, mais franchement, ça s'est bien passé l'échange avec toi, donc je peux me permettre, et je te le dis, dans 10 ans, plusieurs pays, en plusieurs langues, tu verras. Je suis tellement déterminé que je vais, je n'irai pas dans le monde entier, mais au moins j'aurais fait quelques continents et j'aurais lancé ce concept. Bravo, bravo.
Et on va suivre ça, on va suivre ça de près sur les réseaux et partout. Autre chose importante, que je demande à chacun de mes invités, si là c'était la fin, que tu avais tes proches autour de toi et que tu devais leur laisser un héritage, mais cet héritage c'est une phrase, une parole, un enseignement, ce serait quoi?
Oh là là, là tu me mets un coup là, parce que déjà tu me prends sur l'émotion, tu vois ou pas?
Après ça peut être tout, une citation, une phrase, un truc que tu veux laisser en souvenir et que les gens disent: «Bah ouais, Abdoulaye m'avait dit crois en ça, fais ça.» Un truc comme ça.
Que ça soit à mes proches, à tout le monde, la famille comme pas la famille.
Ouais, la famille ou pas la famille, en vrai tu veux leur laisser un héritage. Mais un héritage, c'est pas forcément de l'argent, un truc, mais c'est une phrase, un truc que les gens vont se rappeler en disant: «Bah il m'avait dit crois en tes rêves, partage.» «Je vis...» Je sais pas, chacun, à chaque fois il y en a, ils ont des choses différentes.
Et j'aime bien parce qu'en fonction des profils, chacun me dit «Mec, tiens, entreprends, rêve.» Franchement, le seul mot que je leur dirais: «Partager.» Partage ton temps, partage tes biens, partage ton repas, partage ta santé physique d'être au service de l'autre. Franchement, c'est le partage parce que je rencontre des gens, on communique et ça, ça m'enrichit beaucoup. C'est de recevoir ce côté chaleureux de différents participants, que ça soit des enfants, des parents, des adultes, des retraités, même des institutions, des anciens professeurs. Et même la fierté de voir les parents qui sont contents pour leur enfant qui gagne la dictée ou même qui participe, qui sont partis jusqu'au bout. Et aussi le fait de partager, ça te permet de sortir de ta bulle et de voir la difficulté de l'autre, de partager du moment avec l'autre et de relativiser sur ta condition. Des fois tu pleures et tu crois qu'il y a un gros fardeau sur toi, non en fin de compte c'est une plume, c'est une plume comparée à certains, ce qu'ils traversent et ce qu'ils vivent. Donc je dirais partager et partager, c'est-à-dire de partager tout pas forcément avec ses proches, même avec l'autre. L'autre, ça peut être ton voisin, ça peut être la personne que tu rencontres dans la rue. Tu peux partager juste un sourire. Peut-être la prochaine fois que tu verras cette personne, elle va te raconter son problème ou autre, et peut-être tu pourras lui donner la pêche, lui donner la pêche avec tes mots et avec le temps que tu auras passé avec cette personne. Donc c'est le mot partage, franchement.
Bravo, merci pour cette conclusion. Et parce que effectivement, le partage, c'est très important. C'est ce qu'on fait avec ce podcast-là. Quand tu donnes une heure de ton temps alors que tu as plein de projets, plein de trucs, et que tu es là pendant une heure à raconter tes histoires, ton parcours, on est dans le partage. C'est ce qu'on fait. Et j'invite vraiment toutes les personnes qui ont écouté ce podcast à le partager, comme l'a bien dit Abdallah. Partagez ce podcast un maximum de gens pour que les gens puissent écouter et s'inspirer. Et c'est peut-être, ça va lancer des personnes dans l'associatif, dans l'entrepreneuriat ou dans autre. Merci Abdallah pour ces mots. Je vous invite vraiment à vous procurer ce livre «Dictée pour tous, s'entraîner en famille» d'Abdallah Boudour et Sonia Sali. Vous le trouverez dans toutes les librairies de France. Il est partout.
Je vous invite vraiment à vous procurer ce livre.
Et sur Amazon. Et sur Amazon, bien sûr. Amazon, la Fnac et autres. Amazon, la Fnac et autres. Effectivement, allez vous le procurer. Encore merci, mille mercis. Je vous invite à commenter, partager, mettre un like et donner de la force à cet épisode et à ce travail qu'on fait. Encore merci. Est-ce que tu as un dernier mot à donner, à dire à tout le monde avant qu'on conclue?
Franchement, je suis illimité.
Voilà, exactement.
Merci Laurent.
Tu es illimité et comme je dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités. Prenez soin de vous et à très vite.
Merci. Ciao.










