Comment mon cerveau m'a sauvé la vie

Mohamed Boclet grew up dyslexic in Saint-Ouen, hid his struggles through engineering school and corporate work, then discovered a reading technique that unlocked his brain's speed. He became world vice-champion in speed reading, wrote bestsellers, and now teaches thousands to manage stress and procrastination through mind-mapping.
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Je suis né dans les années 80, j'ai grandi à Saint-Ouen dans le 93. Aujourd'hui, quand vous me voyez sur un plateau télé ou dans une conférence, vous voyez l'expert, le vice-champion du monde de lecture rapide. Mais ce que vous ne voyez pas, c'est l'homme qui a passé 30 ans de sa vie à avoir peur de l'ombre de lui-même. Pendant 3 décennies, j'ai porté 2 chaînes: la dyslexie qui m'empêchait de lire et la phobie sociale qui m'empêchait de parler. Aujourd'hui, je vais vous raconter ce qu'on ne m'a jamais laissé dire. Mon histoire commence dans un petit appartement à Saint-Ouen grâce à toi. Mes parents sont arrivés du Maroc, mon père dans les années 70, ma mère dans les années 80. Mon père était ouvrier, ma mère s'occupait de nous. Nous étions 7 enfants et j'étais le seul garçon au milieu de 6 filles. À la maison, j'étais ce que certains diraient le petit prince, celui sur qui repose l'honneur de la famille. Mon père ne savait ni lire ni écrire le français, se réveillait tôt, se réveillait à 5 heures du matin, rentrait le soir fatigué pour qu'on ait une vie meilleure. Il me disait: Mohamed, j'ai fait tout ça pour que vous puissiez vous réussir. Pour lui, le fait que je réussisse à l'école, c'était fondamental. Il voulait absolument que j'aille à l'école, que je travaille, que je fasse des grandes études. Et c'était pour lui très, très important. Mes parents, à chaque fois que j'allais à l'école, que je rentrais, ils avaient une seule parole, des paroles positives. Ils m'encourageaient: «Mohamed, tu vas y réussir! Mohamed, tu peux le faire! Mohamed, je suis derrière toi !» Leur mission, c'était de faire en sorte de me donner le meilleur cadre. Oui, je n'avais pas les plus belles chaussures. Oui, je n'allais pas en vacances. En vacances tous les ans. On partait en bled une fois tous les 2 ans, une fois tous les 3 ans. On n'avait pas forcément les moyens. La seule chose qui était sûre, c'est que le frigo était plein, qu'on avait un toit, qu'on était en sécurité et que je voyais mon père souffrir tous les matins pour qu'on puisse réussir et nous donner le meilleur pour qu'on puisse avancer. Et ça, c'était la chose la plus importante. Et donc mes parents étaient là, ils m'encouragent. Ils pouvaient pas m'aider à faire les devoirs, ils pouvaient pas être derrière moi, mais ils m'encourageaient. Mohamed, «On est derrière toi, tu vas réussir, tu peux le faire.» À 9 ans, le verdict tombe: je suis dyslexique et dysorthographique. Quand je vous ai dit, je suis né dans le 93 et à l'époque, on ne vous aidait pas, on vous mettait des étiquettes. J'étais lent, la lecture à voix haute était mon peloton d'exécution. Les lettres s'inversaient quand je lisais, le B devenait D. Ces rires de la classe qui t'envahissent et des fois, quand j'y pense, je pense à ces personnes qui se moquaient de moi. C'est là que j'ai arrêté de parler. Si je parlais, on voyait que j'étais différent. Je parlais, on se moquait. J'ai redoublé, Mon CP, je suis devenu, comment dire ça, on va dire scolarisé, mais c'était pas facile. Parce qu'à l'époque, dès que tu faisais une erreur, on laisse pas passer. On parlait pas encore d'harcèlement, on n'était pas sensibles à toutes ces choses-là. La seule chose qu'on nous disait, c'est: «Sois fort, sois un homme, c'est normal.» Et je devais montrer mes preuves. Par quoi? Par le travail. Et moi, j'avais des difficultés, j'avais pas compris ce qui se passait. C'est à ce moment-là que je commence l'orthophonie. Je passe le mercredi, le samedi chez l'orthophoniste. Je me bats, je fais des efforts parce que je me dis que, avec ce travail, je vais pouvoir aller mieux et surtout pouvoir rendre fiers mes parents. Parce que pour moi, c'était une des choses les plus importantes à mes yeux. Et donc je me bats et je continue, je fais des études et j'obtiens mon bac. J'ai réussi, mais je ne sais pas quoi faire de ma vie. Donc je fais plein de petits boulots, je reprends mes études, je fais un bac+2 et là, je travaille tellement parce que je n'ai pas envie de reprendre ces petits boulots, je n'ai plus envie de travailler à DHL la nuit, porter des cartons, que je finis major de promotion en DUT, ce qui me permet de rentrer dans une des plus grandes écoles d'ingénieurs dans le top 10 des écoles d'ingénieurs qui est l'ENSA. Je me bats comme toujours, le même schéma, je travaille plus que tout le monde et j'obtiens ce titre d'ingénieur. Je suis tellement fier, je me dis c'est bon, j'ai réussi. Je deviens salarié, je rentre dans un grand groupe. Mes parents étaient si fiers, mais à l'intérieur j'étais une coquille vide. Je vivais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, la peur d'être démasqué dans le monde de l'entreprise. Vous savez, dès que je devais faire un mail, je devais me relire 20 fois, 30 fois avant d'envoyer le mail. Il m'arrivait de me relire plusieurs fois et de quand même envoyer un mail avec des fautes d'orthographe. Quand je devais lire des rapports techniques, je passais mes journées à les lire. J'étais le premier arrivé au boulot, le dernier à partir. Je voulais montrer à mon management que même si j'avais des difficultés, que je compensais par le travail. Un jour où j'envoie un mail à mon directeur adjoint et que ma chef vient me voir, elle me dit: «Mais Mohamed, il y a des fautes, je ne sais plus où me placer, je ne sais plus où me mettre.» Donc j'ai compensé par le travail. Mais je vivais et je sentais qu'au fond de moi, Y avait un problème quelque part. Pour un dyslexique, c'est un champ de mines. Je passais mes pauses déjeuner enfermé dans mon bureau à relire 3 fois le même mail et je rentrais le soir épuisé. Non pas par le travail, mais par la lutte permanente pour paraître normal. Le plus dur, c'était les réunions. On était 10 autour d'une table, je fixais mes notes, je priais pour que le manager ne me dise pas: «Mohamed, tu peux lire les grandes lignes du compte-rendu ?» Rien que D'y penser là, j'ai ma gorge qui est serrée. Je prenais la parole le moins possible. Je préférais passer pour quelqu'un de timide et d'effacé plutôt que pour quelqu'un de limité. Je fuyais le regard de mes collègues parce que j'avais l'impression qu'ils lisaient ma honte dans mon visage. Et puis, il y a eu ce jour. Ma femme me regarde et me dit: «Mohamed, tu ne peux plus continuer comme ça, tu t'éteins.» Elle m'annonce qu'elle m'a inscrit à un atelier de lecture rapide. Ma première réaction: «Non, impossible !» Je me suis dit que mon cerveau à moi était cassé de naissance, qu'on ne pouvait pas le réparer. Était persuadé que c'était une énième humiliation qui m'attendait. Et donc je ne voulais pas aller à cet atelier, mais j'y suis allé de force. Et j'y suis allé avec l'idée de prouver que ça ne marchait pas. Mais dès que les premières minutes commencent, l'instructeur pose un diagnostic différent de tout ce que j'avais entendu. Tu n'es pas lent Mohamed Boclet, ton cerveau est trop rapide pour tes yeux. Il te manque le guide visuel, un simple stylo. Il me dit de suivre la pointe du stylo sans revenir en arrière. Soudain, mon cerveau qui d'habitude s'ennuyait et partait dans tous les sens, mon cerveau pouvait Lire plus rapidement. Et j'ai découvert à ce moment-là aussi le mind mapping. Pour un dyslexique, c'est la liberté. Au lieu de noter des phrases linéaires qui s'embrouillent, je dessinais des arbres, des connexions, des couleurs. Je voyais enfin l'information en 3D pour la première fois de ma vie. Je n'avais plus besoin de traduire le français de ma tête, je le comprenais directement. Ma pensée s'est libérée et avec elle, ma voix a commencé à vouloir sortir. Mais vous savez, chasser un complexe à 30 ans, c'est très compliqué, ça demande beaucoup de travail. Donc je travaille dessus, j'apprends, je pratique, je continue à pratiquer, je continue à enseigner des méthodes. J'écrivais mon premier livre qui est là, Connaissance illimitée, qui me permet de faire mes premiers plateaux télé. Je me rappelle lorsque j'ai fait une de mes premières télés, quand je suis allé sur Quotidien, on me dit c'est à ton tour, vas-y Mohamed. Je regarde, je suis comme une personne perdue, je regarde en haut, en bas, à droite, à gauche, je sais plus où aller. Je me dis mais c'est fou, toi Mohamed, tu es devant des millions de téléspectateurs À la télévision en direct, c'est pas possible, qu'est-ce qui se passe? Au fond de moi, j'ai ce syndrome de l'imposteur. Je suis entré sur le plateau, le rouge de la caméra s'est allumé et j'ai ouvert la bouche. Et pour la première fois, ce n'était pas la peur qui parlait, c'était ma mission. Je voulais montrer aux gens que je pouvais le faire. Vous savez, en 2021, je me suis retrouvé au championnat du monde. Je n'étais plus ingénieur qui se cachait derrière ses dossiers, j'étais devenu un athlète du cerveau. Ce jour-là, je suis pas allé juste parce que je voulais gagner, je voulais me montrer à moi-même, je voulais me montrer démontrer à ce petit enfant qu'on peut réussir. Pour le petit garçon qui ne savait pas structurer une phrase en CP, c'était la plus belle des récompenses. Mais ma vraie victoire, ce n'est pas une médaille. Ma vraie victoire, c'est ce qui se passe après. J'ai pris cette méthode, celle qui m'a sauvé la vie, et je l'ai partagée. Aujourd'hui, on a pu faire en termes de conférences des centaines de conférences et aider des centaines de milliers de personnes qui ont assisté à ces conférences pour reprendre le contrôle de son cerveau. J'ai vu des étudiants en échec total décrocher des mentions, des cadres au bord du burn-out retrouver de la sérénité, des enfants dyslexiques retrouver le sourire parce qu'ils ont enfin compris qu'ils n'étaient pas nuls mais juste différents. Le point d'orgue de cette aventure, c'est quand je me suis retrouvé sur la scène mythique de l'Olympia. Monter sur cette scène, là où les plus grands ont parlé, et voir des milliers de personnes boire mes paroles pour apprendre à apprendre. C'est là que j'ai réalisé le chemin parcouru. Ma mission? C'est de vous donner les clés de votre propre prison. Chérissez vos peurs. Si vous avez la nausée avant un défi, c'est que vous êtes sur le point de changer de dimension. Aujourd'hui, je veux aller encore plus loin. Après le succès incroyable de mes 2 premiers livres qui m'ont permis de devenir auteur best-seller, mais grâce à vous, j'ai mis toutes mes dernières découvertes dans un nouvel ouvrage. C'est mon 3e livre, le plus personnel, le plus complet. C'est le manuel que j'aurais voulu avoir entre les mains il y a 30 ans pour ne plus souffrir. Ce livre, «Votre cerveau va vous sauver», a été écrit pour gérer le stress, la rumination, toutes ces pensées qui vous empêchent d'avancer. On m'a dit que j'étais inapte, que pour moi le lapin, c'était pas possible, que j'aurais jamais pu reprendre des études. Aujourd'hui, je suis en 2e année de doctorat. Et c'est pour ça que j'ai voulu écrire ce livre, parce que pour moi, mon cerveau m'a sauvé. Et ce livre est une invitation à reprendre le contrôle de son cerveau. C'est une invitation à comprendre ses pensées, à comprendre comment on fonctionne, à comprendre nos croyances, à comprendre nos points de blocage, à comprendre pourquoi on avance et pourquoi des fois on bloque juste à cause de nos pensées, pourquoi on procrastine et pourquoi on n'arrive pas à transformer souvent nos pensées en actions. Si tout ce que je vous partage vous plaît au quotidien, je vous invite à vous procurer ce livre. Le lien est en bio sous cette vidéo. Votre cerveau va vous sauver. À vous de prendre le cerveau et la clé qui ouvre toutes les portes. Et comme je dis toujours: je suis, tu es, nous sommes tous illimités.










