Comment trouver la motivation pour poursuivre plusieurs métiers à la fois ? [ Podcast #34 ]

Dans cet épisode du podcast Connaissance Illimitée, l'animateur Mohamed Boclet interviewe Emma Scali, psychothérapeute, coach, actrice, auteure et ancienne professeure de philosophie. Le dialogue alterne entre deux grands axes : la façon dont Emma vit et intègre ses multiples "casquettes" professionnelles, et son expérience intime de la perte de son mari, Basile, décédé d’un cancer en sept mois pendant la pandémie. Parcours pluriel – Emma décrit son identité comme celle d’une « interprète de l’histoire humaine », que ce soit sur scène, en cabinet ou à l’écrit. Elle raconte son rêve d’enfant de devenir violoniste virtuose, le basculement vers le théâtre, son double cursus en philosophie et en école d’art dramatique, puis sa formation en Gestalt. Elle explique l’origine de son nom de scène (Scali/Stélie) et la symbolique de la « staircase to the stars ». Elle détaille la rencontre fortuite avec Basile dans le métro, leur vie de famille, la création d’un « coffre au trésor de papa » pour les enfants, et la manière dont elle a intégré toutes ses identités sur un site web pour offrir une synergie à ses clients. Deuil et résilience – Le récit du cancer de Basile, les sept mois d’accompagnement, les moments d’intensité, la peur du fils de 5 ans qui associe la mort du père à sa propre mort, les colères et les violences exprimées par les enfants, ainsi que le « coffre au trésor » comme outil de mémoire, sont décrits avec une grande émotion. Emma partage sa conviction que les personnes décédées choisissent le moment de leur mort, que l’instant de la mort est un moment d’une intimité extrême, et que s’apaiser face à cet instant est crucial. Elle insiste sur l’importance d’autoriser toutes les phases du deuil (déni, colère, tristesse, acceptation) et de rester humain, sans chercher la perfection. Elle évoque aussi la spiritualité scientifique : nous sommes tous faits de poussière d’étoile, ce qui, selon elle, relie chacun à une énergie lumineuse. Conseils et philosophie de vie – Emma propose d’être à l’écoute de soi, d’accepter son propre rythme, de ne pas se comparer aux attentes extérieures, et de traiter les conflits comme des opportunités d’apprentissage. Elle encourage les auditeurs à se voir comme leur meilleur ami, à exprimer leurs émotions sans jugement, et à se rappeler que la mort, bien que douloureuse, peut révéler la valeur de chaque instant. Elle conclut en invitant le public à assister à son spectacle, à prendre des mouchoirs, et à partager le message du podcast. L’épisode mêle anecdotes personnelles, réflexions philosophiques, conseils pratiques et une dimension poétique‑scientifique, offrant une vision holistique de la vie multi‑professionnelle et du passage à travers le deuil.
Chapters
Je pense qu'être heureux, c'est accepter d'être humain. Et être humain, c'est quoi? C'est se vivre à la fois dans le moment présent et dans le temps, en acceptant nos émotions. Or, dans nos émotions, il y a quand même 6 émotions de base, et elles sont pas toutes kiffantes dans le ressenti. La première, exactement.
Je m'appelle Mohamed Boucler, je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller Connaissance illimitée. Dans le podcast Connaissance Connaissance Illimitée. Je reçois des invités au parcours extraordinaire pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Paix sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée. Et aujourd'hui, j'ai l'honneur d'avoir Emma Scali avec moi. Elle est coach, psychothérapeute, actrice, auteure. Elle a 15 vies et 10 milliards de casquettes. Et j'ai l'honneur de l'avoir avec moi parce qu'aujourd'hui, on va parler de plein de choses. Elle a un parcours juste extraordinaire et elle a une phrase qui la caractérise, c'est que tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Et elle vous expliquera pourquoi lors de ce podcast. Et je vous dis, il va juste être extraordinaire. Bonjour Emma, comment tu vas?
Bonjour, merci beaucoup. Merci pour cette présentation super sympa. Bah écoute, ça va plutôt bien.
Ça va, super.
Je suis ravie d'être là.
Et moi aussi, je suis ravi d'être avec toi. En plus, j'ai eu la chance de lire un peu ce que tu fais. J'ai même pu lire une pièce de théâtre que tu avais écrite Peut-être qu'on en parlera un peu plus tard et ça m'a énormément marqué. On va parler un peu de tout ça, mais avant, moi je t'ai présenté avec mes mots, j'aurais aimé que toi tu te présentes avec tes propres mots et après on va commencer.
Ok, super. Qu'est-ce que je peux dire de moi? D'abord que je suis une femme, bon ben voilà, et je suis aussi une maman. J'ai 2 enfants et ils sont un peu les piliers de ma vie et on aura l'occasion d'en parler après. Donc Donc voilà. Et puis dans mon activité professionnelle, je devrais dire plutôt dans mes activités professionnelles, je suis donc psychanalyste. Enfin, je reçois des personnes, qu'elles soient, que ce soit en individuel ou en couple, dans mon cabinet de psychothérapie. Et j'ai également une activité créatrice assez riche puisque à la base, en fait, j'ai fait des études de philosophie et théâtre. Et donc je suis comédienne et je suis lié à ma vie en général, devenir également auteur. Donc j'ai écrit 2 livres et surtout j'interviens, enfin je suis scénariste, donc je développe des projets à la télé ou au cinéma. Et j'ai une casquette un peu particulière aussi en tant que scénariste, c'est que je travaille sur la, j'accompagne aussi sur certains projets sur la psychologie des personnages de séries. Et donc il y a des projets sur lesquels je travaille, comme des séries qui sont en préparation, des séries polars pour TF1. J'écris pour R.S. Police Scientifique, par exemple, et où j'interviens et je vais dire ça, le personnage il peut faire, ou ça, par exemple, il pourrait pas faire parce que selon son profil psychologique, ça marcherait pas. Et j'ai écrit aussi un bouquin là-dessus. Voilà.
Alors ma première question, c'est quand je t'entends me dire tout ça, comment tu arrives à as jonglé? Parce qu'entre mère, femme, plus toutes les activités que tu viens de dire, comment tu gères toutes ces casquettes?
Alors, je sais pas trop comment je fais. Je pense que c'est une forme de personnalité un petit peu dont on pourrait dire qu'il y a un esprit en arborescence. Donc en fait, ça fait des pop un peu partout chez moi. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a une donnée fondamentale dans tout ça, c'est que ce que j'aime, moi, c'est la rencontre avec l'autre, avec l'être humain. Je suis un être hyper curieux. Et donc finalement, j'ai l'impression que tout ça, c'est un peu pareil, c'est-à-dire que les médiums, en fait, c'est différent, que ce soit quand je joue sur scène ou à la caméra, ou que ce soit quand je reçois mes patients ou quand j'écris. Mais finalement le dénominateur commun c'est l'humain, la rencontre avec l'autre, l'altérité et dans ma personnalité à moi, le côté interprète. En fait, je pense que ce qui me définit, c'est que je suis une interprète et donc je vais être ou bien une interprète sur scène ou devant la caméra quand je suis actrice, ou bien je vais être l'interprète d'une histoire qui est ou la mienne ou celle d'autres auteurs et on va mettre en forme cette histoire sur le papier, ou j'interprète quand je suis dans mon cabinet avec les gens. Ils me racontent eux leur histoire et à partir de là, on va essayer d'en définir un sens pour qu'ils puissent se la réapproprier autrement. Donc finalement, je fais la même chose partout mais avec des ingrédients différents. C'est un peu comme si j'étais un cuistot et puis un coup je fais des desserts, un coup je fais des entrées, puis un coup je fais des plats principaux.
D'accord. C'est une bonne métaphore. Et quand tu étais jeune, c'est ce que tu voulais faire? Parce que je crois que tu as été prof de philo également à un moment.
Oui, oui. Alors en fait, moi, quand j'étais toute petite, la première chose que j'ai eue ou que j'ai rêvé de faire, je voulais être violoniste. Donc on est toujours à l'endroit de l'interprète. Et je voulais être, plus précisément, je voulais pas être violoniste, je voulais être Udimenuin. Gros ego, grosse ambition, un des plus grands violonistes qui a existé. Sauf que j'ai rapidement compris que je serais pas Yudi Menuhin, mais je serais peut-être une bonne violoniste. Et mon ego en a pris un peu un coup. Et quand je suis devenue premier violon conservatoire d'arrondissement de chez moi, je me suis dit: «Ok, mais je deviendrai jamais la plus grande violoniste du monde, donc j'arrête.» Pas terrible comme truc à goûter très près ambitieux, gros ego, pas bien. Et puis j'ai découvert le théâtre en fait à ce moment-là et j'étais une petite fille très timide en fait, donc qui avait du mal à s'exprimer, plutôt bonne élève à l'école mais qui avait du mal à s'exprimer. Le jour où j'ai découvert le théâtre, j'ai fait «oh waouh, on peut être des personnes différentes et on peut s'éclater différemment». Après ça, j'ai voulu devenir prof Et au départ, je voulais être prof de français parce que j'avais une prof de français qui était géniale qui s'appelle Madame Benoît. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue, mais si jamais un jour elle nous écoute, eh bien je lui rends hommage. Annick Benoît, elle s'appelait. Et je voulais faire comme elle. Et je suis allée la voir un jour et je lui ai dit: «Voilà, qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour faire comme vous?» et tout. Et elle m'a dit: «Ben non, je pense que vous ne ferez pas comme moi.» J'ai très très mal vécu. Elle m'a donné l'exemple d'un garçon qui était dans ma classe qui s'appelait Benjamin. Qui était lui un très très bon élève et tout. Et elle me dit, et on était un peu en concurrence et toujours avec mon ego je voulais être la première, et elle me dit vous voyez Benjamin par exemple lui quand on lui donne un sujet et ben il fait exactement parfaitement ce qu'on lui demande et vous ben non, vous vous faites toujours, enfin c'est très bien mais il y en a toujours un peu trop ou pas assez, vous sortez du cadre. Et donc elle m'a dit je pense pas que vous serez prof comme moi. J'ai été horriblement vexée quand elle m'a dit ça. Et elle m'a dit: «Non, je pense que vous serez plutôt avocate ou actrice.» Et elle avait raison, elle m'avait bien perçue, cette dame.
Elle t'avait bien cernée à l'époque.
Exactement.
Elle t'a dit ça non pas pour éteindre tes rêves, mais pour te montrer que peut-être tu avais quelque chose de plus grand.
Exactement. Alors moi, sur le coup, je l'ai très mal pris parce que comme c'était mon modèle, eh ben je me suis dit: «Je suis pas comme il faut et je rentre pas dans les cases.» Et à posteriori aujourd'hui bien des années plus tard je me dis qu'elle avait raison et qu'en fait elle avait cerné chez moi cette appétence, cette curiosité. C'est pour ça qu'il y en a eu toujours trop ou pas assez parce que c'était un peu le bordel quoi!
Effectivement et ce qu'elle a bien vu parce que tu t'es lancée donc tu as fait des études mais alors moi j'ai quand même lu que tu étais prof de philo? Tu as quand même fait un petit passage...
Oui oui oui oui oui oui oui enfin En fait, j'ai fait des études de philosophie, donc tu as très bien lu. En fait, après mon bac, j'ai fait «hippocampe cagne», j'étais à Louis-le-Grand au lycée en classe préparatoire aux grandes écoles et après je suis rentrée à la fac donc en philo et j'ai été jusque... jusqu'au doctorat, juste avant le doctorat, de philosophie et parallèlement à ça, je faisais des études de théâtre. Donc j'étais dans une école de théâtre qui s'appelait le cours Périmony. Après, je suis rentrée à l'ESAD qui est l'école de théâtre de Jean-Louis Martin-Barbaz qui est un peu l'antichambre du Conservatoire. Enfin, à l'époque, c'était ça. Et en fait, je faisais les deux en parallèle, c'est-à-dire je faisais mes études de philo et ça en même temps, un petit peu comme un double cursus. Et donc après, je suis devenue comédienne et en même temps, pour vivre, pour arrondir les fins de mois, tu as fait prof. Voilà, j'ai donné pas mal, beaucoup de cours de philo et en réalité la philosophie fait partie de ma vie et elle fait partie de ma vie un peu partout. À la fois dans ma pratique thérapeutique, enfin je veux dire elle est vraiment au cœur de l'accompagnement que j'ai avec les gens, mais aussi parfois dans des spectacles ou des films que j'écris, la philo est aussi au cœur de ça, elle est dans mon ADN en fait. Mais c'est une philosophie plutôt pratique, c'est-à-dire que c'est pas tant la théorie, les grands auteurs et tout ça, évidemment je connais, mais c'est plutôt quel est mon rapport à la vie, à la mort, c'est quoi exister, c'est quoi être honnête, comment je vis moi en tant qu'humain par rapport à la question de la liberté, la question du destin, ce genre de choses-là en fait.
Et c'est quoi pour toi être heureux? Parce que ça c'est une question, pourquoi je te pose cette question? Après tu réponds à ta manière parce que les personnes qui nous écoutent Aujourd'hui, il y a plein de profils différents, mais je sais qu'on est tous sur cette quête du bonheur, mais en présent, elle est un peu sans fin, sachant qu'on se compare beaucoup aux réseaux sociaux, à ce qui se passe sur Instagram, sur les différents réseaux. Et ce qui fait que souvent, on culpabilise, on a l'impression de ne pas être assez bien que les autres. Et donc, à la fin, on n'est pas heureux parce qu'on n'est pas en train de vivre le moment présent et en train de vivre ce qu'on pourrait juste accepter ce qu'on a et kiffer ce qu'on a. Mais des fois, on est malheureux à cause de ça. Et j'aimerais bien avoir l'avis d'une philosophe sur ce sujet avant de rentrer sur le sujet de la résilience, parce qu'il y a plein de choses à parler de tout ça.
Alors, en fait, déjà, moi, j'ai un truc à dire par rapport au développement personnel et un peu à la situation de la peakracy, j'appellerais ça comme ça, dans laquelle on est. C'est-à-dire qu'avec toute l'explosion aussi du développement personnel, et moi, j'ai un gros problème avec ce mot de développement personnel parce que justement c'est très personnel et ça parle pas de relation. Et moi je trouve que ce qu'il y a de plus intéressant c'est la relation avec les autres. Eh bien il y a un peu une injonction au bonheur, genre il faut être heureux. Moi je suis pas sûre de ça, c'est-à-dire que d'abord c'est notre époque qui est vraiment là-dedans, mais si on reprend les philosophes il y a très très longtemps, il y a eu des moments où on pensait que c'était plus important d'être digne d'être heureux que d'être heureux. Soi-même, par exemple. Donc voilà. Ensuite, je pense qu'être heureux, c'est accepter d'être humain. Et être humain, c'est quoi? C'est se vivre à la fois dans le moment présent et dans le temps, en acceptant nos émotions. Or, dans nos émotions, il y a quand même 6 émotions de base, et elles sont pas toutes kiffantes dans le ressenti. La première, Exactement. Donc si on prend les émotions de base, on a la tristesse, la colère, la peur, la surprise, le dégoût et la joie. Ça, c'est les 6 de base. Et si on fait le bilan, finalement, il y a la surprise qui est une émotion neutre, la joie qui est une émotion cool. Les autres, on peut pas dire que colère, peur, tristesse, ce soit hyper cool à la base de les ressentir, sauf qu'elles sont archi nécessaires parce que c'est un peu nos boussoles en fait. Et je crois qu'être humain, c'est accepter de traverser ses émotions. Et finalement, être heureux, ou en tout cas être serein par rapport à sa vie, c'est accepter d'être traversé et de se traverser à travers ses émotions-là. Moi, je suis également autrice et j'écris donc des films, des séries, des personnages Et si vous racontez l'histoire de quelqu'un qui est parfaitement heureux tout le temps, à qui il arrive strictement rien de bout en bout, je sais pas moi, genre c'est le prince d'un super pays magnifique où tout le monde va bien tout le temps et puis il rencontre une princesse merveilleuse, magnifique, ou un autre prince merveilleux, magnifique, et puis qu'ils font une belle vie ensemble et puis ils ont des enfants et puis que je continue comme ça pendant 2 heures, vous allez vous ennuyer en fait, c'est atroce.
Personne va vouloir forcément voir le truc.
Exactement, donc il va falloir amener quoi? Il va falloir amener du conflit. Le conflit, ça va créer quoi? Des émotions. Et dans ces émotions, on va avoir de la colère, de la peur, de la tristesse, etc. Et ça va amener de la vie, et c'est ça qui va faire que l'histoire va être intéressante. Et ben, je crois qu'être humain, c'est ça. Je crois que être humain dans ce monde dans lequel on est nous, et bien finalement, c'est se laisser toucher et traverser par des émotions. Et quand on fait ça, et bien, on arrête de résister à ce qui se passe Et là, on rejoint ce que tu disais sur le moment présent. Et à partir du moment où tu arrêtes de résister, eh bien, tu te laisses toucher par l'autre, par toi-même au contact de l'autre. Et finalement, tu atteins une certaine forme de bonheur, mais qui va pas être un bonheur de joie permanent, c'est pas ça, mais qui va être de: ok, je me vis pleinement en tant qu'humain, avec mes joies, mes tristesses, mes douleurs, mes colères. Mes peurs.
Effectivement, et c'est vrai que c'est souvent après la difficulté qu'on a quelque chose d'encore plus beau et qu'on a une sensation plus— j'ai l'impression que plus c'est dur, plus la satisfaction est importante et grande. Et effectivement, quand tout est plat, tout est facile, on ressent presque rien et il y a aucun marqueur après. Donc si on n'a pas le moins, on n'aura pas le plus à la hauteur du moins qu'on aura eu en parallèle dans notre vie.
Tout à fait. Et je crois vraiment que c'est ça la vie, c'est-à-dire que la vie, c'est une gestion de paradoxes. On peut pas, enfin, ce qui est vivant va à un moment donné changer de forme, donc mourir pour se transformer et être différent. Et je crois que pour jouir de la vie je sais pas si c'est être heureux, mais en tout cas pour jouir de la vie, il faut accepter la vie dans toute sa forme, dans toute sa complexité, et donc eh bien s'en saisir totalement. Et ce que tu disais, c'est intéressant, c'est-à-dire que quand on traverse des difficultés, eh bien on se rend compte de la préciosité de certaines choses et on peut s'en saisir pleinement et ça devient magique. Mais c'est magique aussi parce que c'est précieux et parce que c'est rare, parce que c'est éphémère.
Est-ce qu'on marche vers les étoiles?
Oui, tout à fait. Il y a du sens. Oui, c'est vrai.
Parce qu'on marche vers les étoiles. Pourquoi je dis ça? Alors, petite anecdote, c'est parce que ton nom de scène, c'est Skelly, c'est pas ton nom initialement. Et est-ce que tu peux nous dire comment...
C'est pas mon nom de baptême.
Voilà, effectivement. Et comment tu as choisi ce nom? Parce que c'est en plus en lien un peu avec le bonheur et tout ce que tu viens de dire.
Complètement. Alors c'est intéressant parce que je devais avoir 18 ans, quelque chose comme ça, et donc le nom de mon papa c'est Bitton et mon prénom en entier en fait c'est Emmanuelle. Mais comme on m'appelait Manu, ça me cassait les pieds, donc c'est devenu Emma. Mais ceci dit, Emmanuelle j'aime beaucoup, je trouve que c'est très joli. Bref, et donc Emmanuelle Bitton, enfin je trouvais que c'était pas très— ça sonnait pas terrible quoi. Et donc je me dis je vais me choisir un nom, un pseudo, de loup, quoi. Un peu comme Romain Gary dans La promesse de l'aube qui fait toute la liste des pseudonymes possibles. Il a écrit De Gaulle, tout ça, bon bref. Et ben moi je me suis dit je vais choisir quoi. Alors j'ai été quand même dans mes origines et ma famille et j'ai une arrière-grand-mère qui s'appelait Cohen Scali, qui est un nom marocain, et donc j'ai décidé de garder que Scali. Mais alors pour plusieurs raisons. D'abord parce que tu parlais du fait que j'ai fait des études de philo et moi j'ai travaillé spécialement sur la Florence de la Renaissance, donc du Quattrocento en Italie. Il y a une des grandes familles florentines italiennes qui s'appelait Scali, à l'époque des Médicis et tout ça. Et que je ressemble un peu à une Italienne quand même, faut se le dire, même si j'ai aucune origine italienne, mais alors aucune. Je suis viking par ma maman, enfin normande, et marocaine par mes Et puis surtout, en fait, la Scala, Scali, en fait ce sont les marches en italien, donc ce sont, c'est comme ce qu'on a dans le mot escalier. Et puis dans un dialecte marocain, ça veut dire les étoiles, ou bien la Sicilienne, ou bien les étoiles. Et moi je trouvais qu'avoir un nom qui voulait dire «des marches vers les étoiles». Je trouvais ça hyper joli et c'est comme ça que j'ai choisi ce nom-là, qui est en même temps un nom qui est présent dans ma famille.
Et depuis, tu te fais appeler comme ça, c'est ton nom de scène de manière générale?
Oui, en fait, c'est même mon nom d'usage, je peux dire, parce qu'en fait, même mes patients, quand ils viennent me voir, etc., ils m'appellent Stélie. Donc en fait, c'est vraiment mon nom d'usage, un peu. Comme Johnny Hallyday ou je sais pas quoi. Par contre, c'est pas mon nom sur ma carte d'identité, mais c'est un nom avec lequel tout le monde m'appelle comme ça. Et les gens, là maintenant, ils le sauront. Mais il y a beaucoup de gens qui savent pas que je m'appelle pas comme ça. Parce qu'en réalité, au départ, donc je suis devenue comédienne, donc c'était le nom que j'utilisais. Et puis quand j'ai fait mes formations pour devenir psychanalyste et thérapeute gestaltiste. Une des personnes auprès de qui je me suis formée et qui s'appelle Alain Héril, il était metteur en scène et en même temps psychanalyste. Et il se trouve qu'Alain me connaissait sous ce nom-là puisque moi il m'a fait travailler comme comédienne. Ensuite il m'a envoyé du monde sous ce nom-là, donc après j'ai pas dit aux gens je m'appelle pas comme ça, enfin bon bref, c'était trop compliqué. Et donc c'est devenu mon nom.
OK, parce que je vois que le théâtre, parce qu'elle a fait du théâtre, et c'est le théâtre qui t'a fait faire plein de rencontres, parce que là tu parles de ce talent. Mais il y a aussi ton conjoint, oui, mon mari Basile, que tu as rencontré comme ça, lors d'une audition?
Exactement, en fait, pour tout dire, je ne l'ai pas rencontré lors d'une audition, c'est-à-dire qu'au moment où je, en fait, j'ai 24 ans et je passe une audition pour une pièce, on est très très nombreuses à passer l'audition et puis finalement on est deux à être retenues par le metteur en scène. Et il me dit en fonction du comédien qu'on va choisir parce qu'il devait former un couple, et ben ce sera toi ou ce sera pas toi. Et on est le 8 juin 2005 et ce jour-là je vais pas hyper bien quoi. Et moi je suis quelqu'un d'assez spirituel donc je pense que ça aide aussi par rapport à ta question que tu posais tout à l'heure sur le bonheur. C'est-à-dire que je pense que le fait d'avoir la foi, alors je sais pas trop en quoi, disons en la vie ou en l'univers ou en la lumière, dans les étoiles, eh bien ça aide quand même. Quoi qu'il en soit, à ce moment-là, je vais pas très bien, j'ai raté mon conservatoire, j'ai l'impression que je suis nulle, que je ferai jamais rien de ma vie. Et comme je suis spirituelle, je prie en fait à l'intérieur de moi et je demande à la vie ou à ma petite étoile de m'envoyer un signe comme quoi je suis bien sur mon chemin et que je suis pas en train de me tromper de chemin dans la vie. Et donc ce jour-là, ce fameux mercredi, eh bien je suis dans la rue et mon téléphone sonne et c'est le metteur en scène de la pièce qui m'appelle pour me dire qu'il ne m'a pas choisie, qu'il a choisi une autre comédienne pour jouer le rôle.» Et là, en fait, je m'effondre en larmes dans la rue. Pas tellement parce que je ne suis pas choisie, enfin ça, je suis très très vexée, vous avez compris, j'ai un gros ego, mais surtout parce que j'ai l'impression que c'est le signe que j'ai demandé à la vie qu'on m'envoie que je ne suis pas sur ma route. Donc je me dis mince, qu'est-ce que je vais faire? Donc là, je vais prendre le métro et je pleure, mais je pleure à un point, mais je suis vraiment très très mal à ce moment-là, c'est-à-dire que Il y a quelque chose d'un peu désespéré, du style en fait je n'ai pas ma place dans ce monde. Et donc je pleure, je rentre dans le métro et puis je vais m'installer aux places à 4 dans le métro et je suis tellement mal, je vois rien, vraiment j'ai un sentiment de désespoir. Et soudain je relève la tête parce qu'il y a une main devant moi qui est tendue avec un mouchoir. Il y a un homme en fait qui est debout devant moi et qui est en train de me tendre un mouchoir parce que je suis en train de pleurer. Et donc je saisis le mouchoir et cet homme ne me parle pas, il ne dit rien, il va juste se rasseoir. Et c'est un moment très fort à ce moment-là. Et puis quelques stations plus loin, en fait, il s'apprête à descendre et moi je descends aussi et je vais donner— tu parlais de la philo— je vais donner un cours sur Nietzsche à un étudiant qui allait passer le bac. Et l'homme en question, l'homme au mouchoir, se retourne vers moi. Donc je pleure toujours, en fait je suis vraiment pas bien. Et il me regarde et il me dit: «Ceux qui ne tuent pas rendent plus fort. Qu'est-ce qui vous met dans cet état, mademoiselle? Un décès ou une rupture sentimentale?» Évidemment, à ce moment-là, je me sens franchement ridicule. Je me dis mince, c'est ni l'un ni l'autre. Et je lui explique ma situation, enfin je lui parle même pas du signe, je lui dis voilà j'ai passé une audition, on était beaucoup et puis finalement j'ai pas été choisie et je suis un peu ridicule. Et il me dit mais non c'est pas ridicule, en revanche ça peut exagérer peut-être. Et là il me dit, moi je suis comédien. «Et si ça vous met dans un état pareil, il faut changer de métier tout de suite parce que ça va pas le faire.» Et lui, il allait passer une audition, enfin un casting pour un film, et il me dit «Mais venez avec moi, si ça se trouve, le casting vous trouvera un rôle.» Et je dis «Mais je peux pas, je vais donner mon cours sur Nietzsche.» Il me dit «Ah mais vous êtes philosophe, mais franchement Et puis très subtilement, il me dit «Mais si vous voulez, je peux lui passer vos coordonnées.» jolie façon de récupérer mon numéro de téléphone. Et cet homme va devenir mon mari.
Comme quoi, le signe effectivement est arrivé. Donc c'est devenu ton mari.
Exactement. Et en réalité, en fait, non, et en plus c'est pas tout, parce que ce qui est fou dans l'histoire des signes, C'est que ce jour-là, le jour où je le rencontre, lui il s'appelait Basile, le jour où je le rencontre, en fait le matin même avant d'avoir le coup de téléphone, etc., j'ai envoyé mon CV et ma photo pour jouer dans un téléfilm qu'il avait écrit et pour jouer sa femme. C'est là que c'est dingue. C'est-à-dire qu'en fait on se connaissait pas du tout et ça je vais le découvrir quelques semaines plus tard parce qu'on va se revoir bien sûr. Il va venir avec le scénario et je vais même pas lui dire tout de suite parce que c'est C'est presque absurde comme truc, c'est-à-dire que quand je vois le titre du scénario, je me dis mais c'est dingue, c'est le film pour lequel j'ai envoyé mon CV et ma photo le jour où je l'ai rencontré. Là je me suis dit, ah ben merci la vie de m'envoyer des signes pareils.
Et vous avez joué, tu as joué sa femme dans la pièce alors?
Non, pas du tout. Finalement, on n'a pas joué ensemble pour des tas de raisons de production. Lui-même non plus d'ailleurs, il n'a pas eu le rôle de son propre fils. Mais alors ce qui est intéressant, c'est que ça s'appelait, le titre du film, c'était «Un rebelle dans la famille». Et l'arrivée de Basile dans ma famille a créé un peu de rébellion, ça doit le dire. Donc voilà, ça a créé un peu de tension avec mes parents, etc. Et mais finalement, dans la vraie vie, eh ben il y a eu un rebelle dans ma famille et c'est beaucoup plus agréable. Ça a été la plus belle histoire Non, non, il avait 32 ans, moi j'en avais 24. Je pense que c'était pour des raisons, alors parce que c'était un artiste et que ça faisait super peur à mes parents déjà, qui se disaient mon Dieu, elle va devenir artiste, mais mon Dieu, il lui faut pas un mec qui soit artiste. Et puis après, pour des questions plutôt, je dirais, culturelles. Donc moi je suis d'origine juive, Basile lui, avec un nom pareil, il était catholique. Et ça a posé 2-3 questions à mon papa. Le fait qu'il soit catholique, ça a créé des tensions. Mais c'était, je dirais, aux deux endroits. C'est-à-dire que c'est pas parce qu'il était catholique que j'ai pas vécu un rejet de racisme ou de choses comme ça. Enfin, c'était un peu tendu dans certaines familles juives. C'est un peu compliqué quand même. Et puis parce que c'était un artiste, donc il s'est dit: «Deux sales femmes ensemble, mon Dieu, ils vont rien gagner. Et en plus, ils veulent vivre ensemble et tout, ça risque d'être la cata.» Déjà que j'avais un peu arrêté mes études, enfin voilà, j'avais pas continué le doctorat et tout pour devenir comédienne. Et Céline va me dire: «Eh bien, barrer ma fille, quoi!» Donc elle me ramène en plus un type rencontré dans le métro. Non mais qu'est-ce que c'était de faire, quoi?
Et comment tu vis, comment on vit quand on a des parents qui ont peur, pour les rassurer, leur montrer qu'on est dans la bonne voie? Parce que Tu as deux sujets: tu as le sujet de la peur par rapport au couple, mais aussi la peur par rapport à ton métier. Parce qu'aujourd'hui, toi, à cet âge-là, tu as une passion, tu as moins de 25 ans, tu as fait des études de philo, tu veux être actrice. La vie d'actrice, c'est compliqué parce que tu fais plein de castings, ça fonctionne pas. Comment tes parents, comment tu fais pour vivre avec ça, toi, intérieurement déjà, ces moments de doute, et dans ton entourage également?
Franchement, c'est très dur. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, ça sape beaucoup ma confiance en moi. Donc j'oscille entre «j'ai envie de le faire» et «je me donne pas vraiment les moyens de le faire». Donc j'ose pas aller à des castings, ou j'ose pas rencontrer des metteurs en scène, ou voilà. Donc en fait, ça me ralentit beaucoup. C'est aussi pour ça qu'à ce moment-là, je donne pas mal de cours de philo parce que j'ai besoin de gagner des sous. Donc je suis à un endroit qui n'est pas top parce qu'en fait mon désir est présent mais je ne me donne pas les moyens de réaliser mes rêves en fait. Donc c'est assez compliqué et en même temps j'essaie quand même de persévérer. Donc en fait je fais un pas en avant, trois pas en arrière, un pas en avant, trois pas en arrière. Et je fonctionne pas mal comme ça à ce moment-là.
Tu le conscientises là maintenant ou à l'époque tu avais déjà conscientisé?
Non, je pense que je le conscientise, mais sauf qu'à l'époque, il y a une part de moi qui a envie d'être l'élue, donc qui a envie d'être choisie, qui s'imagine que si je travaille bien et si je suis assez douée, en fait, enfin, c'est un peu le rêve, un peu comme Cendrillon, quoi. Je vais être choisie au bal, en fait, je vais arriver puis tout le monde va se retourner sur mon portage. En fait, c'est pas exactement comme ça que ça se passe dans la vie. Il faut se bouger un peu les fesses, quoi. Donc voilà. Mais à ce moment-là, il y a quand même une part de moi qui fantasme beaucoup sur le fait d'être choisie. En plus, dans ma vie, il s'est quand même passé 2-3 trucs un peu bizarres, notamment cette rencontre avec Basile. Donc je pense que je suis un peu dans une forme d'illusion et puis aussi dans des conflits de loyauté. C'est-à-dire que mes parents C'est vraiment des chouettes parents, mais avec aussi toutes leurs projections qu'ils ont pu avoir sur moi. Donc en même temps, j'ai l'impression de les trahir si je fais pas exactement ce qu'ils veulent, donc je m'en veux. Donc pendant ce temps, je vais pas exactement vers mes rêves, et en même temps ils m'ont donné une structure. Donc tout ça, c'est un peu du bazar. Et ça va prendre du temps à se mettre en forme et ça va durer plusieurs années avant que je comprenne aussi que toutes mes casquettes, parce qu'on en parlait au départ en fait, c'est-à-dire que j'ai plusieurs activités, qu'elles sont interdépendantes. Et que parce que dans notre société, jusqu'à il y a pas si longtemps, là c'est un peu en train de bouger avec le côté slasheur, etc. Mais avant c'était ou tu fais des études ou tu es je sais pas quoi, ou tu es journaliste, ou tu es acteur, ou tu es philosophe.
Tu peux pas faire plusieurs choses.
Exactement.
Tu n'as pas plusieurs casquettes.
Et donc les gens te prennent un peu pour un guignol quand tu fais plusieurs choses. Ils se disent: «Bah tu peux pas être bon quoi.» Donc ça, j'en souffre beaucoup. Donc aux gens que je rencontre quand j'écris, je leur dis pas que je fais aussi de la philo, que je suis aussi comédienne. À d'autres, je dis pas. Et donc finalement, j'ai l'impression d'être tout le temps morcelée et c'est pas très agréable. Et à un moment donné dans ma vie, notamment parce que je vais devenir thérapeute et ça va énormément m'apaiser, énormément me forger, etc., à ce moment-là, en fait, je décide d'assumer que oui, je suis tout ça.
Et c'est au moment où tu as assumé qu'il y a eu un changement dans tes résultats et mentalement?
Oui, oui, à partir du moment où j'ai accepté. En fait, c'est quand j'ai créé mon site internet, parce que j'ai été accompagnée par une nana assez géniale qui m'a demandé de vraiment réfléchir à ce que j'avais envie de mettre sur mon site. Et aujourd'hui, je trouve qu'il ne va plus du tout, mais c'est pas grave. Dedans, en fait, j'ai mis des onglets un peu pour tout, c'est-à-dire qu'il y avait à la fois la partie thérapeute, coach, psychologue, et puis il y avait aussi la partie artistique. Et à partir du moment où je me suis dit en fait je vais assumer que je suis les deux, eh bien ça m'a beaucoup aidé. Et surtout dans le cabinet, les gens ont commencé à venir pour ça, parce que j'étais les deux et parce que je l'assumais. C'est-à-dire qu'ils venaient me voir, moi Emma, pour ça, parce que eux-mêmes se sentaient éparpillés dans cet esprit en arborescence, ce genre de choses. Et donc là, ça a fait bouger des choses. Et puis surtout, à un moment donné, bah, toutes ces casquettes en fait se sont rassemblées. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le fait d'être psy, et ben, ça m'aide parce que j'interviens en tant que psy sur des séries existantes ou pas en création pour dire, ben voilà, la psychologie des personnages, c'est ça. La créativité m'apporte beaucoup dans le cabinet parce que ce sont des outils que j'utilise. Ça m'a permis, la philosophie, de créer un spectacle en 2018 sur la lumière et mon approche, elle est évidemment philosophique. Donc ça m'a permis de rencontrer des astrophysiciens, mais aussi des photographes, mais aussi des gens du développement personnel autour de la notion de lumière, et de me dire mais en fait on peut traiter un même sujet sous plein d'axes différents. Et finalement ça a beaucoup de sens. Mais à ce moment-là, en 2005, je me dis pas ça du tout.
Et toi, avec le recul, qu'est-ce que tu aurais aimé qu'on te dise à l'époque où tu étais en conflit de loyauté? Parce que je pense qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de jeunes ou de moins jeunes, même des parents qui sont aujourd'hui en conflit de loyauté vis-à-vis de leur conjoint, vis-à-vis de leurs enfants, ou des étudiants, personnes qui ont 20, 25 ans, qui sont en conflit par rapport à leurs amis, par rapport à leurs parents, et qui sont dans cette démarche de un pas en avant, trois pas en arrière, parce qu'ils veulent, mais ils font pas les résultats pour, parce qu'ils ont peur de réussir, parce qu'ils ont peur de briller, parce que les parents vont voir. Et qu'est-ce que tu aurais aimé qu'on te dise à l'époque? Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu.
Je crois que si je retournais voir la— en réalité, je voudrais pas que ma vie soit différente de ce qu'elle est parce que j'apprends beaucoup de choses aujourd'hui. Mais si la Emma d'aujourd'hui devait rencontrer la Emma de 24 ans, je pense qu'elle ferait ce que Basile a fait pour moi, c'est-à-dire me tendre un mouchoir et me dire: «Hey, c'est pas grave, t'es très bien comme t'es en fait, t'es juste un être humain qui a le droit de s'exprimer.» Je pense que ça, c'est aidant. Alors, de manière plus concrète, je dirais aux gens qui sont dans ces conflits-là: essayez de regarder les conflits non pas comme des obstacles, mais comme des apprentissages, c'est-à-dire mettre de l'amour là où il y a de la peur. Je pense que ça, c'est très aidant. C'est-à-dire que si on, au lieu de se critiquer, de se dénigrer en permanence, on se dit: «OK, tu fais de ton mieux.» D'être son meilleur ami pour soi. Qu'est-ce que dirait ton meilleur ami? Qu'est-ce que te dirait ta meilleure amie en te regardant par rapport à ce qui se passe dans les endroits où tu es en conflit? Que ce soit avec tes parents, que ce soit avec ton conjoint, que ce soit avec tes enfants, et te dire OK. Parce que quand on fait ça, en fait, le meilleur ami c'est quoi? Le meilleur ami c'est quelqu'un qui est à la fois très lucide et très objectif, qui vous connaît très très bien et qui est pas complaisant. Si c'est un vrai bon ami, c'est pas quelqu'un de complaisant, c'est quelqu'un qui va être honnête, authentique et en même temps bienveillant. Et donc qui va t'amener de manière bienveillante à te dire: «Hey, oh, comment tu pourrais faire autrement? Qu'est-ce que tu pourrais dire?» Voilà. Ensuite, je pense que, et ça c'est la part de thérapeute à l'intérieur de moi qui parle, et aussi parce que j'accompagne des couples ou que j'accompagne parfois des familles, je pense que le fait de s'ouvrir et de pas chercher à avoir raison, en fait on s'en fiche d'avoir raison. Beaucoup de conflits viennent du fait qu'on veut avoir raison. Mais si on arrête de vouloir avoir raison et que juste on écoute l'autre, on n'est pas obligé d'être d'accord, on n'est pas obligé de céder en fait, et on peut juste écouter le point de vue et dire ok, j'entends ton point de vue, et pour autant je vais quand même faire ce qui me semble juste pour moi. Je pense que ça, ça aide.
Et tu disais, c'est incroyable parce que tu as parlé de Basile qui te tend ce mouchoir, effectivement. Et donc ça a été une longue histoire d'amour, vous avez eu 2 enfants, vous vous avez été mariée. Pourquoi je parle au passé? Ton mari est décédé il y a quoi, 3 ans?
Oui, il est décédé le 29 novembre 2020, donc ça va faire 3 ans maintenant.
3 ans. Et là tu as écrit une pièce de théâtre qui est sur ce sujet-là, qu'on peut en parler, et que tu as appelé Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. C'est la phrase qui t'a donné, mais qu'est-ce qu'elle signifie pour toi? Pour toi, qu'est-ce que ce titre signifie?
Alors, il y a plusieurs choses. Donc cette première phrase qu'il prononce dans le métro, «ce qui me tue pas rend plus fort », «tout ce qui me tue pas rend plus fort », c'est la première phrase qu'il m'a dite quand on s'est rencontrés. Donc évidemment, il y a quelque chose à cet endroit-là de très personnel. Mais c'est surtout que quand il me dit ça, évidemment je ne sais pas quelle va être la fin de l'histoire ou la fin de notre histoire. De cette histoire. Je sais même pas que ça va être le début parce que je rencontre un homme dans le métro, il me tend un mouchoir, je me dis pas que ça va devenir mon mari et père de mes enfants. Ceci dit, à ce moment-là, je me dis c'est pas simple, hein, bizarre quand même. Mais voilà. Mais surtout, cette rencontre avec Basile, c'est une rencontre absolument incroyable dans ma vie parce que cet homme m'a fait naître à moi-même, et je crois que c'est ça l'amour. C'est-à-dire qu'en le rencontrant, il y a quelque chose qui a bougé à l'intérieur de moi parce que c'est une véritable rencontre. C'est pas juste, bien sûr on a vécu 15 ans ensemble, mais c'est pas que ça. C'est qu'il correspondait pas forcément à mes critères, Basile. J'étais pas en train de me dire, alors il était grand et beau, mais je veux dire, d'ailleurs je le trouve pas tellement beau quand je le rencontre, et ça l'énervait beaucoup. Il me disait, c'est vachement sympa la façon dont tu parles de moi à tes copines. Mais je crois surtout que Basile m'a permis d'aller visiter mes ombres en m'offrant la possibilité de rencontrer aussi les siennes. Et c'est à ce moment-là qu'on va se découvrir parce qu'on va pouvoir être totalement authentique l'un et l'autre dans nos pires parts de nous, vraiment les parts les plus mesquines, ce qu'on déteste de soi, les parts violentes aussi, les parts mensongères, etc. Et grâce à lui et avec lui, en fait, je vais aller visiter tout ça. Et ça, parfois, je crois que on a du mal avec ces parts de nous, les parts très méchantes aussi. Eh bien, je crois que quand on va les visiter de manière saine quand même, parce que je pense qu'on était suffisamment équilibré, suffisamment suffisamment équilibré pour pouvoir aller les visiter, suffisamment équilibré pour pouvoir se relever de ça, eh bien d'une certaine façon ça rend plus fort. Et surtout aujourd'hui Basile il est mort, et je dis mort, je dis pas il a disparu ou il est décédé, non il est mort en fait, son corps n'est plus là. C'est pas pour autant que je suis persuadée que tout de lui a disparu, pas du tout, et le lien n'a certainement pas disparu puisque en même temps il est toujours présent dans ma vie au quotidien. Et puis bon, moi je suis assez spirituelle, donc je pense qu'il y a d'autres plans. Mais il est quand même mort et moi je continue ma vie et je continue aussi ma vie de femme. Mais cette expérience, en fait Basile m'a fait 3 immenses cadeaux dans ma vie, 3 cadeaux exceptionnels. Le premier cadeau, il s'appelle Ella. C'est ma fille. Le deuxième cadeau, il s'appelle Louis, c'est mon fils. Donc notre fille et notre fils. Et il m'a fait cadeau de sa mort parce que j'étais là au moment où il est mort. Et c'est, je crois qu'il a choisi de mourir avec, pendant que je sois présente. Enfin, je crois pas, je suis sûre. Et on était que tous les deux. Et depuis, donc il est devenu non seulement mon apprentissage de la vie, la vie, mais il est devenu également mon apprentissage de la mort. Et aujourd'hui, eh bien, la mort, elle ne me fait plus peur parce que c'était un moment d'une puissance énorme, comme la naissance de mes enfants. C'est intéressant d'ailleurs que je dise qu'il y a 3 cadeaux: 2 naissances et un décès. Mais vraiment, je le pense. Et je n'ai pas peur de la mort. Je pense que le jour où je vais mourir, j'emprunterai un chemin qui m'est déjà familier parce qu'il m'a montré le chemin. Et ça, eh bien, ça m'a rendue plus forte. Et c'est intéressant parce qu'il est mort, mais il ne m'est pas tuée pour autant. Et dans cette phrase, tout ce qui me tue pas rend plus fort, eh bien, je crois que Je crois qu'il y a une différence entre être tué. En fait, notre lien, lui, il est pas tué. Notre lien, il est toujours là.
Tu es en train d'écrire une pièce sur sa vie, sur votre vie, sur votre relation, et donc faire vivre cet amour et votre relation, et le faire vivre via la pièce. Et effectivement, comment est-ce que tu en parles dans la pièce? Et j'aurais, pour les personnes qui écoutent, c'est ça que ça, c'est un peu compliqué compliqué de se projeter, mais pour un enfant, des enfants qui sont jeunes et tout petits, comment on vit? Parce que tu dis dans la pièce que ta fille dit demain j'ai envie d'aller à l'école, ton fils lui veut rester, c'est au tout début.
Oui.
Comment tu vis ça? Comment un enfant vit ça et comment tu les accompagnes toi avec cette casquette de thérapeute et en même temps le fait de l'avoir vécu?
Alors évidemment je peux pas être la thérapeute de mes enfants, ils sont accompagnés par ailleurs parce que c'est beaucoup trop collé. Ceci dit, le fait d'être thérapeutes aident. Alors nous, on a eu une énorme chance dans notre malheur, c'est que Basile est mort d'un cancer, donc dit foudroyant parce que ça s'est passé en 7 mois. Mais pour les gens qui viendront voir le spectacle quand il sera joué, ils comprendront que c'est beaucoup plus complexe que ça. N'empêche qu'entre le moment où le diagnostic est posé et le moment de son décès, il y a 7 mois. Et ça se passe pendant la période du COVID, ce qui rajoute, qui complexifie énormément la situation. Toutefois, et donc il n'est pas mort d'un accident de la route ou quelque chose comme ça, ce qui veut dire qu'au moment en fait où il y a ce diagnostic du cancer qui est posé, lui et moi, et c'est je pense l'énorme chance qu'on a, c'est qu'on comprend tout de suite que c'est très grave et qu'il va mourir. Et on en parle. On a évidemment de l'espoir parce qu'il y en a toujours et c'est un très important, n'empêche qu'on comprend, Basile comprend et je comprends qu'il va mourir. Et par contre, je ne sais pas de combien de temps on dispose. Enfin, je sais que c'est pas beaucoup. C'est mon cousin qui est médecin qui me dit en gros vous avez entre 6 mois et 2 ans, mais voilà. Et à partir de ce moment-là, et tu évoquais l'instant présent, tu évoquais C'est qu'est-ce qu'il faut pour être heureux? Et bien très étonnamment, dans ce paradoxe, évidemment c'est affreux, et en même temps la vie prend une autre saveur. C'est-à-dire que chaque moment qu'on passe ensemble, je me dis que ça fait partie des derniers moments, et d'un coup ça prend une intensité exceptionnelle. Alors c'est pas que sympa, il y a des moments où on est en colère, on s'engueule et tout. Il y a des moments aussi tellement drôles, enfin je veux dire on a vécu des moments mais hyper marrants et avec les enfants et bien c'est un peu pareil. Là où c'est beaucoup plus compliqué c'est que mon fils à ce moment-là a 4 ans, ma fille elle a pas encore 7 ans, elle va fêter les 7 ans pendant cette période et il se trouve que par chance on a déjà parlé de la mort avec les enfants donc c'est pas un sujet tabou et on a évoqué de notre croyance dans les étoiles et tout ça. Donc heureusement, parce que ça va être plus facile d'accompagner le mouvement. Toutefois, le plus dur, j'ai envie de dire, à ce moment-là, au-delà de, pour Basile, de la perte de sa propre vie et de la peur de pas voir grandir ses enfants, au-delà de ma propre perte et de perdre mon amour, eh bien, ce qui prime en fait, c'est les enfants. C'est comment on va pouvoir accompagner ces enfants en fait à grandir alors qu'ils vont grandir sans un papa vivant. Je dis pas sans papa parce qu'en fait le papa est toujours là et son énergie elle est toujours là. Et d'ailleurs, peu de temps après sa mort, on a créé ce qu'on appelle un coffre au trésor de papa dans lequel il y a plein d'affaires et ils peuvent aller voir dedans et rechercher. C'est pas tabou, on en parle, voilà. N'empêche que Ça, c'est très dur et il y a des moments qui sont très très très durs. Et il y a un moment qui a été absolument atroce, c'est le moment où on apprend que la chimio ne marche plus et que j'annonce à mon fils que les docteurs n'arrivent plus à soigner son papa et qu'il me demande est-ce qu'il va mourir.. Et donc c'est fou parce qu'il comprend, il a que 4 ans et demi mais il comprend. À ce moment-là il a 5 ans, il vient de fêter son anniversaire et que je lui dis bah ils vont essayer de le sauver mais il y a de grandes chances que son papa va mourir. Et qu'il me dit cette phrase: est-ce que ça veut dire qu'on va se tuer nous aussi? Et là je comprends pas en fait, je dis mais non on va pas se tuer. Il me dit mais moi je vais me tuer moi parce que dans sa tête de petit garçon un enfant de 5 ans, si papa meurt, ça veut dire que lui aussi meurt. Il fait pas le distinguo. Et donc pour lui, papa va mourir, ben non, on va tous se tuer. Et là, on va vivre une période très compliquée, et notamment avec mes parents qui s'occupent beaucoup des enfants et tout, parce que mon fils veut vraiment mourir, c'est-à-dire qu'il veut vraiment physiquement se tuer. Et là, c'est très compliqué. Et par chance, il y aura d'autres moments très difficiles avec les enfants où parfois ils m'ont dit «j'aurais préféré que ce soit toi qui sois morte» par exemple. Et dans ces moments-là, je ne le prends jamais personnellement. Je sais très bien que ça ne parle pas de moi. Et il faut qu'ils puissent exprimer leur colère, exprimer leur violence et la contenir. Et ça, je crois que c'est le plus difficile. Et aujourd'hui encore, alors que franchement on va vraiment bien. Je dois dire que les enfants vont super bien, ils sont heureux. C'est des enfants, ça n'a pas tellement de sens de dire ça, mais très normaux, qui s'éclatent, qui dansent, qui jouent, etc. Et moi je vais bien, vraiment je vais très bien. Enfin, je veux dire, il se passe plein de choses géniales dans ma vie. Mais il y a encore des moments qui sont les plus douloureux pour moi, c'est les moments où mes enfants font des spectacles et que leur papa est pas là. Et chaque fois, je pleure et je me dis: il est pas en train de les voir. Et les enfants ont pas le regard de leur papa vivant sur eux dans ce moment-là. Et ça, ça m'émeut profondément, quoi.
Donc voilà, c'est une vraie épreuve, c'est une vraie épreuve de la vie. Et toi, tu en ressors, là on en discute, et c'est incroyable. Tu fais plein de choses. Et est-ce que toi, tu as des— s'il y a des personnes qui nous écoutent et qui ont vécu des choses similaires ou qui sont confrontées des fois à la mort d'un proche, c'est quoi les conseils que tu aurais aimé, que tu aimerais leur donner pour vivre, même si c'est difficile, mais on va pas dire soigner ces moments-là, mais qu'est-ce que tu aurais aimé Qu'est-ce que j'aimerais transmettre? Transmettre pour que ces personnes vivent ce moment dans des conditions—
Alors d'abord, j'ai pas de conseils à donner parce qu'en fait chacun traverse ça comme il peut, je crois. Mais peut-être déjà il y a une chose que j'aimerais dire, notamment à tous les gens que j'entends et qui disent, par exemple quand un proche est mort avant qu'ils arrivent, et qui disent il est parti avant que j'arrive et je m'en veux parce que j'ai pas pu lui dire au revoir, ce genre de choses. Je suis absolument convaincue qu'ils choisissent leur mort, le moment de la mort. Et s'ils ne vous attendent pas, c'est pas parce qu'ils ne vous attendent pas ou c'est pas parce que vous arrivez trop tard, c'est parce qu'en fait je crois que c'est un moment d'une intimité extrême, le moment de mourir. Moi j'ai dit à mon mari, je lui ai dit la fameuse nuit où il est mort Je lui ai dit: «Écoute, il y a 3 possibilités. Soit tu veux mourir et qu'il y ait toute la famille autour de toi, et dans ce cas-là, il faut que ce soit demain, les gens verront d'un spectacle. Soit tu veux mourir et que tu sois tout seul, et dans ce cas-là, moi, je serai partie à tel moment, donc voilà. Soit tu veux qu'on soit que tous les deux.» Et il est mort, on n'était que tous les deux. Mais je crois profondément, en fait, que ça, ils choisissent parce que c'est un moment d'une— ils ne choisissent pas de mourir, je veux dire, c'est pas un choix d'être malade, d'avoir un cancer ou d'avoir un accident de voiture, ça je suis sûre que non. Mais en revanche, l'instant même de la mort, du départ, c'est quelque chose d'une intimité extrême. Il y a une femme qui s'appelle Noémie Silberg qui a vécu sensiblement la même chose que moi et qui a sorti un livre là qui s'appelle «Vivre après Marc» très récemment. Et on se connaît parce qu'on a vécu des choses similaires à peu près dans le même temps. Son mari est également mort d'un cancer, parti en 7 mois. Et son mari est mort, il était tout seul dans la chambre et elle, elle avait très peur en fait de le voir mourir. Moi j'avais pas peur mais elle, elle avait très peur. Et je pense sincèrement qu'il est parti au moment où elle n'était pas là parce qu'il a respecté ce que ça représentait pour elle. Et donc je pense que déjà s'apaiser, avec cet instant-là, c'est énorme. Je pense que c'est très important d'être apaisé par rapport à ça, parce que je crois réellement que la façon dont les derniers instants se passent, globalement, globalement, je parle pas dans le cas de crimes atroces, mais globalement, en tout cas, je parle vraiment de cette bascule-là, c'est quelque chose qui appartient au futur défunt et donc d'être vraiment apaisé. Ensuite, sur le reste, j'ai envie de dire, et là c'est presque plus la thérapeute qui parle, de s'autoriser à être dans toutes ces étapes du deuil. C'est-à-dire que tant qu'on est en mode survie, genre c'est pas grave, ça m'est arrivé mais bon c'est OK, et donc dans quelque chose de l'ordre du déni, bah c'est OK. Et puis quand on sombre, bah c'est ok aussi. Et puis quand on est très très en colère, moi il y a une période où c'était très compliqué avec ma belle-famille et ma belle-famille avec moi, et aujourd'hui c'est très apaisé, on s'entend vraiment très bien. Mais je pense qu'en fait on avait besoin d'être en colère, mais pas parce que j'étais en colère contre eux ou que eux étaient en colère contre moi, en fait on était en colère contre la situation. Et Basile a eu cette phrase géniale à un moment donné pendant cette période où il m'a dit «mais tu sais Emma, c'est difficile pour tout le monde». C'est quand même énorme que ce soit lui qui dise ça parce que pour lui c'était pas dur. C'était pas pour lui que c'était le plus dur. Mais il était d'une immense dignité quand il dit tout ça. Et voilà, et s'autoriser à toutes nos ambivalences. Et j'ai envie de le dire aussi quand on accompagne des gens malades. Moi, il y a une scène dans le spectacle qui est une scène vraie mais où à un moment donné j'arrive, j'en peux plus parce qu'il y a eu ce moment tellement difficile avec les enfants et notamment avec mon fils. Et où je lui dis: «J'en peux plus, j'aimerais que tu meures une bonne fois pour toutes.» Et évidemment, je me reprends. Mais à ce moment-là, et donc je lui dis: «Pardon, je voulais pas dire ça.» Et il me regarde et il me dit: «Si, si, c'est exactement ce que tu voulais dire.» Et oui, à ce moment-là, dans l'instant où je le dis, parce que c'est tellement insupportable qu'il y a des moments où j'ai envie que ça s'arrête. En fait. Et dans ces moments-là, après, je culpabilise, je m'en veux énormément. J'ai une chance inouïe d'avoir été avec un homme qui était en capacité d'entendre ça. C'est pour ça que je parlais des ombres tout à l'heure, de la violence et tout ça, et qui a été en capacité de comprendre ce qui se passait. Il était loin d'être parfait, mais je crois que quand on on accepte d'être humain, juste simplement humain, et pas d'être parfait, pas d'être Dieu, eh bien on s'apaise. Et donc en tant qu'humain, on est traversé par de la colère, par de la peur, par de la tristesse, par de la violence. Et je crois que ça, c'est aidant. Et d'accepter aussi son propre rythme. En fait, chacun a son rythme. Et quand des gens vous disent «bah ça devrait aller» ou «souris» ou «merde» quoi, J'ai envie de dire, chacun fait comme il peut et traverse comme il peut. Et je crois, je crois que c'est ça que je pourrais dire. C'est pas tellement un conseil, mais c'est plutôt d'être à l'écoute de soi.
Merci Emma, parce que ça fait déjà une heure. J'aime bien tellement de choses, j'ai encore plein de questions, mais j'aime bien faire en sorte que les épisodes ne durent pas pas trop longtemps parce que pour les personnes qui écoutent, et tu nous as partagé tellement de contenu sur que ce soit la première partie et sur cette épreuve de la vie qui est juste une épreuve très difficile. Quand je t'écoutais, je me projetais moi en train de perdre un proche et tout, et voir ma femme, moi, partir, et c'est des choses très, voilà, je vois à mes mots comment je parle que C'est quelque chose où il y a beaucoup d'émotions quand on t'écoute. Et je pense que les personnes qui vont nous écouter vont avoir énormément, beaucoup également d'émotions en écoutant cet épisode. Est-ce que tu as un dernier mot, une dernière chose à partager à tous les auditeurs du podcast? Un truc que tu as aimé, que tu n'as pas encore dit, que tu aurais aimé dire, que ce soit pour les inspirer, les motiver ou autre?
Oui, il y a quelque chose que j'aimerais dire. D'abord, quand il y aura mon spectacle, venez le voir. Je vais avoir besoin de public et pensez à prendre des mouchoirs, mais ce sera offert dans la salle. Donc je retransmettrai les dates, etc. Comme ça, il faudra y aller le jour. Donc ça, c'est juste très concret. Je fais ma promo, vous voyez, je perds pas le nord.
Non, la chose que je voudrais dire, c'est que pour la promo, sous l'épisode, comme toujours, il y aura les réseaux sociaux d'Emma, donc son Instagram, il y aura son site internet. Internet, c'est comme ça pour aller voir. Et bien sûr, le jour où ton spectacle est prêt, tu me diras, moi je serai un des premiers à venir. Et bien sûr, s'il y a un lien, je le remettrai sous l'épisode avec grand plaisir.
Trop bien. Non, ce que je voudrais partager juste en plus, c'est donc en 2018 j'ai créé un spectacle sur la lumière, et en faisant ce spectacle j'ai rencontré des astrophysiciens et j'évoquais le signe tout à l'heure, et le fait que je demande à mon étoile de montrer le chemin, et ben en fait, ça c'est pas juste une métaphore, c'est une réalité. Parce que je ne sais pas si vous le savez, mais nous sommes tous faits de poussière d'étoile. Je veux dire réellement et physiquement, c'est-à-dire que les atomes de notre corps, c'est de la poussière d'étoile. Et je crois profondément que si on se relie à notre énergie profonde qui vient des étoiles. Et encore une fois, c'est pas une métaphore, ça c'est de la physique. Et bien, cette poésie qu'on a quand on regarde un ciel étoilé, qu'on se dit, et que dans Le Roi Lion, Mufasa dit à Simba: «Regarde le ciel parce qu'il y a tous tes ancêtres.» Et qu'à un moment donné, il regarde le ciel et qu'il regarde les étoiles. Et ben, ça c'est pas juste une métaphore, en fait c'est une réalité. C'est-à-dire que c'est de la physique. Et donc je parlais de spiritualité tout à l'heure, c'est pas croire en Dieu, enfin après chacun il met ce qu'il veut derrière, mais ça c'est réellement de la physique. Et je pense que de se dire ça, on est de la poussière d'étoiles et qu'il y a à l'intérieur de nous quelque chose d'à ce point précieux qu'il est capable de briller comme les étoiles, eh bien on peut tous s'y relier. Ça s'appelle l'énergie et ça s'appelle la lumière. Et je crois qu'aujourd'hui d'asile, il est la lumière du soleil et les rayons sur la neige ou sur la mer l'été. Eh bien, je crois que ça, ça aide. Et je crois surtout que, voilà, moi je te connaissais pas Mohamed, et je connais pas forcément tous les gens qui écoutent le podcast. En revanche, on est relié par ça, par le fait qu'on est tous de la poussière d'étoile et qu'on est tous frères et sœurs à cet endroit-là. Et je crois que ça, c'est très important. Voilà, j'avais juste envie de partager ça pour finir.
Merci pour ces mots et pour ces belles paroles. Je vous invite tous, pour clôturer ce podcast, à nous mettre en commentaire ce que vous avez retenu, les enseignements. Bien sûr, je vous invite à mettre 5 étoiles et à partager cet épisode. Si des gens autour de vous qui— 5 étoiles en plus avec ce que tu viens de nous dire, mais surtout à partager cet épisode si S'il y a des gens autour de vous qui vivent certaines épreuves et vous pensez que cet épisode peut les aider, n'hésitez pas à partager cet épisode à un maximum de gens. Et bien sûr, comme toujours, comme je finis tous mes épisodes, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités. Merci Emma pour ce moment et à très bientôt.
À très bientôt, merci beaucoup à toi.










