De la critique à l'inspiration : L'expérience d'Olivier Liron face aux jugements [ Podcast #60 ]

In this French‑language interview, host Mohamed Boclet talks with author, coach and former École Normale Supérieure student Olivier Liron about his life as an autistic, high‑potential (HPI) individual. Liron recounts severe integration and bullying difficulties during school, and how he turned to intensive learning and competitive quiz shows ("Questions pour un champion" and "Super Champions") to regain confidence. He describes the mental‑sport nature of rapid‑response quizzes, the anticipation skills required, and the memory techniques he developed—mental imagery, kinesthetic gestures, memory‑palace methods—largely self‑taught. Liron explains how his love of knowledge, reinforced by his studies at Normale Sup' and his prolific writing (novels, poetry, stand‑up) helped him overcome social challenges and find purpose. The conversation then focuses on his latest book, La Stratégie de la Sardine, whose cover shows a sardine swimming against the current, a metaphor for turning difference and suffering into strength. Liron offers concrete advice for young people and parents facing harassment or neuro‑diversity: the importance of a supportive family environment, love, acceptance, listening adults, and helping each child discover their unique talent. He emphasizes self‑belief, kindness, hope, and the value of simple pleasures. Throughout, both participants stress that knowledge is a democratizable tool that can empower anyone, regardless of diagnosis.
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J'ai été diagnostiqué autiste et haut potentiel aussi. Alors c'est deux choses différentes, mais j'ai eu les deux. Moi, j'ai eu vraiment des grosses, grosses difficultés d'intégration et après, j'ai eu la chance de me mettre à apprendre des choses. Je sais que c'est vraiment un domaine où justement tu apportes beaucoup aux gens. J'ai vraiment réussi à me dépasser grâce à la connaissance. Dans un de mes livres, je raconte comment j'avais participé au jeu «Questions pour un champion» et j'ai gagné plusieurs fois ce jeu. J'ai gagné ensuite plusieurs fois les «Super Champions», il y avait les meilleurs joueurs.
Je m'appelle Mohamed Bouclet. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller «Connaissances illimitées». Dans le podcast «Connaissances illimitées», je reçois des invités au parcours extraordinaire pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast «Connaissances illimitées». Aujourd'hui, je suis avec Olivier Liron qui est auteur, coach, prof également. Il a énormément de casquettes. Il nous parlera de son parcours. Il est également auteur de plusieurs livres et il vient de sortir son nouveau livre aux éditions Robert Laffont, La Stratégie de la Sardine. Il nous en parlera longuement pendant cet épisode. Bonjour Olivier, comment tu vas?
Bonjour Mohamed, comment vas-tu? Bah écoute, très bien, très bien, tout va bien ici.
Parfait. Alors je suis content de t'avoir parce que j'ai beaucoup entendu parler de ton livre et j'ai eu la chance de pouvoir le lire. Donc tu Tu es auteur aujourd'hui, tu as écrit plusieurs livres, mais avant d'être auteur, est-ce que tu peux nous parler un peu de ton parcours et ton parcours scolaire? Parce que tu as eu un parcours très particulier, tu es HPI. Tu peux nous définir cette notion et après nous parler un peu de ton parcours scolaire?
Oui, merci. J'ai eu effectivement un parcours assez particulier. J'ai été diagnostiqué un peu plus tard autiste et haut potentiel aussi. Alors c'est deux choses différentes, mais j'ai eu les deux. Et je raconte dans ce livre comment— donc ça s'appelle La Stratégie de la Sardine— et je raconte justement comment on trouve sa place avec les autres poissons. Moi, j'ai eu vraiment des grosses, grosses difficultés d'intégration et de de contact avec les autres au collège, au lycée. Et après, j'ai eu la chance de me mettre d'abord à apprendre des choses. Je sais que c'est vraiment un domaine où justement tu apportes beaucoup aux gens. J'ai vraiment réussi à me dépasser grâce à la connaissance. Et dans un de mes livres, je raconte comment j'avais participé au jeu Questions pour un champion, jeu de quiz de culture générale. Et j'ai gagné plusieurs fois ce jeu et j'ai gagné ensuite plusieurs fois les Super Champions. Il y avait les meilleurs joueurs. C'était il y a une grosse dizaine d'années. J'avais 20 ans, je faisais mes études. Et en fait, toutes ces questions, alors on va peut-être y revenir, mais effectivement de harcèlement scolaire, en fait pour résumer, moi en fait à ce moment-là, ça m'a permis de dépasser ça et j'ai vraiment appris des millions d'informations par cœur et je m'entraînais pour jouer à ces jeux. J'étais une sorte de gamer, donc je m'entraînais sur Internet chez moi. Je m'entraînais aussi dans des clubs, je participais à ces jeux télé. Et je crois que ça m'a aidé à ce moment-là de prendre une revanche. À ce moment-là, quand je sortais vraiment de l'adolescence, et ça m'a vraiment permis d'être fier de moi, de repartir de l'avant. Aujourd'hui, je suis à la fois écrivain, donc j'écris des livres, pas forcément des livres sur ce sujet, c'est des romans, j'ai fait des livres de poésie, j'ai fait un stand-up, j'ai fait plein de choses. Et en fait, juste, c'est je crois cette étape-là de pouvoir faire des études et d'apprendre sur plein de sujets qui m'a permis de me montrer que j'avais une valeur en tant qu'être humain. Donc ça m'a beaucoup aidé, la connaissance, à reprendre confiance en moi.
Tu t'es réfugié dans la connaissance et dans le savoir. On a ces mêmes valeurs, toi et moi, parce que moi je prône le savoir et je prône la connaissance comme tu le fais si bien. Et pourquoi ça a été si particulier pour toi? En quoi le fait de te réfugier dans le savoir et dans la connaissance, ça t'a aidé? Qu'est-ce que ça t'a apporté?
Je crois que déjà, ça sort du quotidien, de la réalité. Quand la réalité, elle est un peu difficile, quand on se cherche, quand on a l'impression qu'on n'est pas à sa place, qu'on vaut rien, etc. Et c'était l'idée déjà d'avoir un domaine où on est bon, on est reconnu et où justement on va avoir quelque chose de positif qui va se dégager. Et après, au fur et à mesure, il y avait vraiment, moi spécifiquement, un truc de compétition. C'était comme un sport. Je savais que c'était comme une compétition et que je devais forcément battre les autres candidats. Ou même si je m'entraînais sur Internet, il y avait quand même des candidats. Donc il fallait vraiment— et ce truc de compétition, c'était pas un truc négatif de vouloir faire du mal aux autres ou de vouloir être meilleur ou se sentir plus intelligent. C'était vraiment quelque chose de positif, comme dans un sport. À la fin du match, tout le monde, normalement, si ça se passe bien, tout le monde se serre la main et tout, c'est fair-play. C'est juste que pendant le match, comme un sport de combat par exemple, c'est juste que c'est mental, c'est une sorte de MMA mental. Et donc il faut appuyer plus vite que l'autre, il faut interpréter la question. Il faut quand il y a une question, il faut comprendre la question avant même qu'elle soit finie pour pouvoir répondre avant l'autre. Donc en fait, c'est de la rapidité, c'est vraiment de la compétition.
Ça me fait penser aux compétitions de lecture rapide parce que moi, je suis vice-champion du monde de lecture rapide. Et effectivement, on te donne un livre, tu dois lire le plus rapidement possible. Après, tu as 20 questions précises sur le livre, mais il faut avoir des stratégies. C'est pas juste lire le livre parce que le but, c'est de pouvoir répondre aux questions, aller chercher de dire quelles sont les questions que l'examinateur peut me poser pour aller chercher les réponses. Tu serais parfait pour les championnats prochainement. Je t'intègre dans l'équipe. Je t'intègre dans l'équipe connaissance illimitée et on va au championnat.
Je sais pas si c'est pareil pour toi, mais j'ai l'impression qu'il y a un moment, moi j'ai une trentaine d'années, et il y a un moment, je pense qu'à partir de 25-26 ans, on a un peu moins de réflexes et peut-être c'est plus difficile d'être vraiment au top du top parce que franchement, je pense qu'il y a un moment, ça demande d'être tellement rapide et comme tu dis, on va aller chercher à comprendre la question. Je me souviens d'une question, c'était la capitale de la région d'Espagne qui est la Catalogne. Donc la réponse, c'était Barcelone qui est la capitale de la Catalogne. Mais simplement, tout le monde avait cette réponse évidemment parce qu'à ce niveau-là, tout le monde sait même la moindre petite commune, on sait combien elle a d'habitants. Donc à un moment, tu sais très bien que Catalogne, il faut dire Barcelone. Mais Il faut réussir à répondre à la question au moment où on est au début de la question, avant même qu'on ait dit «Catalogne». «Quelle est la capitale de la...?» Tu as déjà appuyé, elle dit «Barcelone». Et en fait, il faut être hyper rapide. Il faut comprendre, comme tu dis, ce qu'on va te poser comme question.
Super, c'est ça.
Et en fait, c'est un peu comme un jeu, tu vas anticiper. Moi, je prends toujours l'exemple du sport. Tu vas anticiper, par exemple au foot, l'appel en profondeur. Tu vas anticiper, tu vas essayer de comprendre. Mais si tu n'anticipes pas, tu ne peux pas être vraiment performant. Et l'intellect, c'est vraiment de l'anticipation. J'imagine que tu sais ça mieux que moi. C'est vraiment anticiper, comprendre la question qu'on va te poser. Et voilà. Après, il y a un grand plaisir à préparer parce qu'il y a la compétition, il y a le plaisir de la préparation. Moi, ma technique, je ne sais pas si c'est une technique que tu recommandes, c'est que quand j'apprenais des choses, par exemple, je pouvais apprendre une liste de tous les vainqueurs du Tour de France, par exemple, depuis 1901. Et en fait, j'apprenais une liste, je visualisais dans ma tête pour pouvoir retenir. Et même parfois, je faisais un exercice physique qui correspondait. Par exemple, j'avais commencé à apprendre le tableau des éléments. Et donc les premiers éléments, c'est hydrogène. Alors maintenant, tu vois, c'est vieux, j'ai un peu oublié. Mais il y avait hydrogène, hélium. Et donc je faisais un mouvement comme ça: hydrogène. Hélium, il y avait le bore, c'était le 5e, etc. Beryllium, c'était le 4e. Et j'avais en fait un truc physique pour mémoriser, et plein de techniques, mais que j'avais vraiment appris en autodidacte. Ça m'a beaucoup aidé.
Alors, j'enseigne le fait de faire des images mentales, utiliser l'intelligence kinesthésique, donc l'intelligence du corps, exactement, des histoires, le fait de se raconter des histoires pour retenir les informations, le palais de la mémoire que tu dois forcément peut-être utiliser, tu vas poser des histoires ou des mots dans ta maison, dans ta chambre, Exactement. C'est toutes ces choses qu'aujourd'hui on démocratise et que toi tu as appris tout seul et que tu as mis en application qui t'ont permis de gagner ce type de compétition et qui sont à la portée de tous et c'est ça qui est fou. Et le fait d'avoir mis tout ça en application parce qu'aujourd'hui tu es normalien également, tu as fait—
J'ai fait des études à Normale Sup', j'ai vraiment passé toute une partie de ma vie à être vraiment dans le plaisir d'apprendre Et ça m'a sauvé complètement. C'est vraiment ce qui m'a sauvé parce que sans ça, je n'aurais pas fait des livres. Et en fait, c'est vraiment ce qui m'a sauvé dans la vie socialement aussi. Et puis en tant qu'être humain, c'était de... Ouais, tu disais tout à l'heure pourquoi? C'est parce qu'on s'enrichit. En fait, on s'enrichit de... Tu vas comprendre d'autres gens que toi, tu vas comprendre... Moi, j'adore lire par exemple. Et quand tu lis un livre, même si c'est un roman ou une histoire où ce n'est pas forcément un essai très complexe, mais juste «Ah, je sais ce qui se passe dans tel pays parce que là, j'ai lu un livre, ça se passe au Soudan.» Je ne connaissais pas, moi, clairement la situation au Soudan. J'ai vachement compris de choses. OK, en fait, on s'enrichit de plein de trucs et on sort aussi de nous, de nos petits problèmes aussi parce qu'on comprend que— Moi, j'aime beaucoup ça. Apprendre, pour moi, c'est aussi sortir de soi et s'ouvrir aux autres, s'ouvrir au monde. Et donc, humainement, c'est super enrichissant pour moi.
Et c'est fou parce qu'on partage vraiment ce que tu dis, c'est exactement ce que je partage. Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu. Et ça t'a sauvé du harcèlement. Moi, je sais que quand j'étais jeune, l'insulte qu'on pouvait avoir quand on était au collège, au lycée, c'est «arrête de faire l'intello». C'était l'insulte de «tu es l'intello, tu fais l'intello». C'était C'était mal vu d'avoir des bonnes notes. Pour être socialement comme tout le monde, il fallait avoir des mauvaises notes. Toi, tu as dû le vivre parce que tu as appris à lire à 4 ans, tu connaissais énormément de choses très tôt, tu es arrivé à l'école, tu as dû sauter des classes et autres. Est-ce que tu peux nous parler un peu de cette période et comment, avec le recul, si une personne vit ça aujourd'hui, qu'est-ce que tu lui dirais?
Ouais, tu fais bien d'en parler parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui sont confrontés à ça ou des parents qui se posent des questions, qui ne savent pas. Surtout, moi, je n'aime pas trop les étiquettes de manière générale. C'est vrai que j'ai reçu ces diagnostics. Ça veut dire que je vais être une personne qui va être plus sensible à certaines réactions, à certaines incompréhensions parce qu'on a pu me percevoir comme quelqu'un de différent. Donc j'ai été traité d'intello, de gogol. L'intello, c'était vraiment ça. Et je pense que l'intello, c'est parce que tu Tu es perçu comme différent simplement parce que tu aimes lire alors que c'est quelque chose qui devrait être encouragé pour tout le monde. Donc j'avais un livre et c'était vrai que c'était l'insulte. Après, malheureusement, ces insultes parfois ça allait plus loin, des humiliations, des violences. Et ça, c'est effectivement ensuite le problème, c'est qu'avec le harcèlement scolaire, il y a des conséquences qui font qu'on va se dévaloriser. Et ce qui fait que effectivement, moi, plus tard, En allant dans la connaissance, en allant dans cette compétition, dans cette envie de surpasser ça, ça m'a un peu guéri de ça, ça m'a redonné confiance. Mais au fond, il y a toujours cette fragilité parce qu'on ne va plus faire confiance à l'autre. Et ça part souvent de cette démarche qui consiste à exclure ou à vouloir détruire l'autre parce qu'il est différent. Et je fais souvent des parallèles entre moi, ce que je veux que je vivais parce que j'étais intello ou d'autres personnes qui vont souffrir par exemple de racisme ou qui vont souffrir d'autres formes d'exclusion. C'est souvent les mêmes mécanismes. On voit quelqu'un qui est perçu comme différent et du coup on cherche à l'exclure. Et après, moi je pense que c'est quelque chose qui se passe aussi pour beaucoup d'enfants, c'est que je voulais m'intégrer à tout prix donc je me suis renié pendant ces années-là pour essayer de survivre. Je me suis sabordé, je voulais plus avoir— si j'avais un livre, je savais que j'allais être être frappé ou être insulté.
Rentrer dans le moule, pas plus faire.
On essaie de rentrer dans le moule parce qu'on n'a pas vraiment le choix. Et du coup, on arrive à un moment où on n'a plus envie d'être à l'école, on n'a plus envie de... Donc c'était vraiment très difficile pendant toutes les années où j'avais le sentiment que j'étais encore un enfant ou un ado et que tu peux pas vraiment t'affirmer. Et c'était plus facile ensuite, à partir de l'âge adulte, pour vraiment affirmer parce que tu prends un peu plus confiance en qui tu es. Mais c'est vrai que moi, ça m'a beaucoup aidé de dépasser ça et d'affirmer que justement on me traitait d'intello. Donc OK, j'allais devenir champion du monde, peut-être pas de lecture, mais enfin de quiz. C'est un peu ce truc de OK, devenir le meilleur dans un domaine où on t'a dit que tu valais rien, bah tu vas continuer et tu vas essayer d'être le meilleur dans ce domaine. Et tu prends un peu une forme à ce moment-là de, c'est pas uniquement une revanche, c'est aussi tu te réconcilies un peu aussi avec avec toi.
Et si tu avais un jeune là, tu lui dirais quoi, qui vit, qui est en train de vivre aujourd'hui, qui vit ça? Ou si tu as des parents qui vivent ça avec leurs enfants, tu leur dirais quoi?
Je leur dis déjà franchement une chose super importante, c'est vraiment pour moi le fait d'être entouré, je pense que ça fait 95%. Moi je sais que sans doute je le raconte dans ce livre où je raconte vraiment tout ça plus en détail. Je raconte que voilà, moi mes parents ils se séparaient, que c'était compliqué, j'étais pas forcément super protégé à la maison, donc j'étais plus vulnérable. Je pense que quand l'environnement familial il est solide, déjà c'est énorme. Après, il y a vraiment tout ce qui est l'amour et l'acceptation tout simplement de l'enfant, surtout s'il a une différence, s'il a un handicap. Vraiment, l'amour, l'acceptation, je pense, c'est très très très important. L'écoute, bien sûr, avoir un adulte parce que quand on subit des choses comme ça, on se sent en fait honteux, on se sent coupable, on n'a pas les mots à cet âge-là pour parler. Donc avoir quelqu'un qui est capable d'écouter. Et puis après, je pense que voilà, Il y a quelque chose qui est très important, c'est que chacun peut trouver aussi sa voie. Parfois, je rencontre des scolaires et puis il y a des gamins qui ne sont pas bons à l'école, mais il y a des trucs où ils sont super bons. C'est ça qu'il faut aussi creuser, encourager. Je pense que chacun est champion du monde de quelque chose. C'est juste que tout le monde ne va pas apprendre les listes des fromages français comme moi, mais chacun apprend son truc. En fait, chacun est super bon dans quelque chose et peut être utile aux autres dans quelque chose. Donc moi, je dirais un truc, c'est déjà: ce n'est pas ta faute. Voilà, ce n'est vraiment pas ta faute si tu te fais terrasser. Tu es une personne magnifique et ça va aller. Vraiment, j'ai envie de donner vraiment ce message d'espoir. Et du coup, j'ai mis pas mal d'humour aussi dans le livre pour raconter ça, me dire: voilà, on s'en sort et on trouve sa voie. Mais juste, c'est long comme pour n'importe qui. Mais je pense que ne pas croire que c'est sa faute et voir qu'en fait, on est une belle personne et qu'on va trouver sa voie quelque part et qu'on a beaucoup à apporter aux autres aussi.
Et c'est pour ça que tu as écrit ce livre, La Stratégie de la Sardine. Pourquoi La Stratégie de la Sardine? Qu'est-ce qui t'a poussé à appeler ce livre comme ça? Tu aurais pu l'appeler La Stratégie du Lion, de plein d'autres choses.
J'ai travaillé avec une excellente éditrice que tu connais, je crois, qui s'appelle Sophie Rouanet, qui est une éditrice extraordinaire. Et on aimait bien ce titre parce que c'était à la fois amusant et ça, en fait, c'était sur la couverture. Peut-être que j'ai un livre.
Il est là. Voilà.
J'ai un livre, voilà. Et donc on voit sur la couverture, c'est une petite sardine. La petite sardine, elle va à contre-courant en fait. Elle va dans la société, elle va dans le sens inverse. Elle va dans le sens inverse et elle est différente. Elle ne se sent pas de la même couleur. Et du coup, comment elle va trouver sa place? C'est un peu la question du livre. Et j'essaie de montrer qu'au départ, en fait, la différence, c'est une souffrance parce qu'on va subir des choses. En raison de sa différence. Et à la fin, si on a justement cette capacité de montrer sa valeur, ça devient une force parce qu'effectivement après on est valorisé par ce qu'on faisait alors qu'avant c'était pour ça qu'on nous— Donc c'est un peu transformer une souffrance et quelque chose de négatif en quelque chose de positif. Et c'est un peu ça que j'essaie d'expliquer dans le livre.
C'est exactement ça et c'est ce que j'ai ressenti en lisant le livre. Après, moi je vous invite vraiment à bookpoker, il est dans dans toutes les librairies de France, à la Fnac, Amazon en ligne ou les Cultura. Et que vous ayez une différence ou pas, forcément en lisant ce livre, vous allez vous retrouver, vous allez retrouver peut-être des personnes de votre entourage. Et accepter la différence, c'est super important parce qu'aujourd'hui, on vit d'après moi dans une société où on doit tous être pareils. C'est cool, tout le monde doit être identique alors que non, la différence est une force et ça, c'est juste super important. Il y a une question que j'aime bien poser, on va rester dans cet aspect un peu introspection que je pose souvent à la fin des épisodes. Aujourd'hui, on fait un épisode assez court pour plein de petites raisons. Tu disais tout à l'heure que si tu avais un jeune qui vivait du harcèlement, les conseils que tu donnerais, que tu donnerais à tes parents. Maintenant, on va faire l'inverse. Si toi, tu avais le Olivier de 15 ans devant toi, Quels conseils tu lui donnerais aujourd'hui de manière générale, avec ton expérience, avec ce que tu as vécu, ce que tu as pu accomplir? Si tu avais l'Olivier de 15 ans devant toi, qu'est-ce que tu lui dirais? L'Olivier qui était dans ces moments un peu difficiles, ces moments où il se posait beaucoup de questions.
C'est émouvant comme question. C'est une bonne question, je trouve, de se demander. Moi, je lui dirais, déjà, comme je dis, c'est que vraiment de ne pas croire que c'est sa faute, qu'en fait ce qu'il traverse, c'est juste des moments difficiles et que ça va passer. Et je lui dirais de croire vraiment en lui parce que je lui dirais: «Crois en toi, continue à croire en toi.» Et en vrai, je pense que si je suis honnête, je me le disais déjà à l'époque. Croire en soi, croire en toi, garder cette foi en soi-même. Et parce que même dans les moments les plus durs, les plus noirs, les plus sombres qu'on peut avoir à cet âge-là, il va y avoir de la lumière, il va y avoir des rencontres, il va y avoir des belles choses qui vont se passer et vraiment de garder confiance aussi en sa sensibilité, en sa sensibilité, ne pas se fermer, ne pas devenir quelqu'un de méchant, ne pas devenir quelqu'un de... Moi, je lui dirais: sois gentil quoi, sois gentil avec les autres. Parce qu'effectivement, quand on souffre, on a tendance à se replier. Et en réalité, il faut continuer à être capable de s'ouvrir parce qu'il n'y a pas que du méchant dans l'humanité. Il y en a, mais il y a aussi beaucoup de très belles choses. Et être capable aussi d'accueillir ça, c'est important de garder l'espoir. Je pense qu'on est vraiment dans une époque où on a besoin d'espoir, on a besoin d'avenir. Donc ce serait plutôt un message de paix, de tendresse plutôt qu'un message de colère. C'est plus un message, je crois, d'apaisement parce qu'on a tous besoin, je crois, d'être écouté, d'être compris quelles que soient nos différences et qu'on croit en nous. Je pense que moi, j'ai eu la chance justement d'être aussi, j'en parle dans le livre, de faire des belles rencontres, que ce soit des enseignants, que ce soit des— moi, j'étais très proche de mes grands-parents par exemple, qui m'ont beaucoup aidé, de faire confiance aux gens qui nous aident aussi. Donc c'est tout ça, c'est accepter aussi les belles choses de la vie, Tout ce qui est aussi l'humour, c'est important, la sensibilité, les moyens. Je sais que j'avais quelque chose de très fort avec la nourriture aussi, en fait de trouver des plaisirs simples pour parfois réussir vraiment à survivre dans des moments où on a l'impression que tout fout le camp. Et juste voilà, un message d'espoir vraiment.
Merci beaucoup Olivier pour ce message d'espoir. C'était court, mais tes enseignements, ils sont juste incroyables. Et je pense qu'ils vont donner beaucoup d'espoir à énormément de personnes, à toutes les personnes qui vont écouter cet épisode. Je vous invite vraiment à vous procurer son livre parce que vous allez apprendre énormément de choses, bien sûr sur lui, mais surtout vous allez pouvoir transposer ça à votre vie, à votre quotidien. J'ai adoré cet ouvrage, donc «La Stratégie de la Sardine», aux éditions Robert Laffont, vous le trouverez partout, d'Olivier Niron. Encore mille mercis d'avoir accepté cette invitation. Merci. Et comme je dis toujours à la fin de mes épisodes je suis, tu es, nous sommes tous illimités. Prenez soin de vous.










