De l'école à l'entrepreneuriat : l'histoire inspirante de Wallerand [ Podcast #46 ]

In this French interview, host Mohamed Boclet talks with Wallerand, co‑founder of the media group Le Crayon, about his unconventional path from a disengaged student to a multi‑faceted entrepreneur at 26. They explore Wallerand’s early ventures (selling iPhone cases, an event‑agency, a community‑management startup, a music label), the formation of Le Crayon’s four business units (media channel, personal‑branding agency Surligneur, influencer agency Le Pinceau, and a newly acquired media outlet), and the group’s focus on profitability and editorial independence. The conversation repeatedly returns to the concept of antifragility – illustrated with glass, lead, balloons, and eggs – and how loving contradiction fuels personal growth. Wallerand explains the group’s governance model (four founders with differing political views, task allocation, a 2‑against‑2 voting system), the importance of high‑leverage actions (80/20 principle, recruiting, client retention), and how failures (a failed copy‑cat startup, an un‑scaled music label) shaped his mindset. He also shares personal motivations for moving from Saint‑Ouen to Montpellier for his son, and his belief that sharing knowledge creates a boomerang effect that accelerates learning. Throughout, the tone is conversational, candid, and enthusiastic, with occasional humor.
Chapters
On va prendre un verre. Un verre, tu le jettes, il se casse. Le verre est fragile. Une pièce de plomb, tu la lances contre le mur, elle se casse pas. La pièce est solide. Et après, il y a la logique antifragile. Tu tapes, ça se renforce.
J'aime bien l'image d'un œuf et d'un ballon. Tu prends un œuf, tu le fais tomber, il se casse. Tu prends un ballon, tu fais tomber, il rebondit. Et plus tu vas taper fort, plus le ballon va rebondir haut et va continuer à rebondir. Et c'est cette notion-là que j'adore.
Exactement. Et que pour moi, ce qui rend le plus antifragile, c'est aimer la contradiction, aimer le fait d'être contredit et de contredire.
Je m'appelle Mohamed Boclet, je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller Connaissance illimitée. Dans le podcast Connaissance illimitée, je reçois des invités au parcours extraordinaire pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Paix sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance illimitée et j'ai l'honneur d'avoir Valerant aujourd'hui. Cofondateur du média Les Crayons que vous retrouverez sur YouTube et sur toutes les plateformes également, et également chroniqueur sur RMC dans l'émission Les Grandes Gueules. Et il a 10 milliards de casquettes, on va en parler aujourd'hui. Je sais pas comment il fait pour être encore en vie avec tout ce qu'il vit et tout ce qu'il fait. Et c'est pour ça que je voulais l'avoir aujourd'hui pour qu'il nous parle un peu de tout ça, de toutes ces casquettes, et comment il en est arrivé là alors qu'il a juste 25 ans si je me trompe pas.
26.
Je me suis arrêté à 25, mais il a 26 ans. C'est un peu comme moi, j'ai 35 ans dans 2 jours, mais quand on me demande, je dis j'ai 30 ans.
Je suis bloqué. Ah ouais, tu fais beaucoup plus jeune.
Ah ouais, mais moi je suis bloqué à 30. Quand quelqu'un me parle, dans ma tête je suis bloqué à 30 ans. Je sais pas pourquoi. Je me suis arrêté là.
En vrai, tu m'aurais dit 28, j'y aurais direct cru.
Ah bah voilà, on va voir. Je vais faire un sondage, je vais tester. Je vais faire un sondage en disant vous me donnez quel âge, on verra. Donc déjà merci à Valorant d'être là. Comment tu vas?
Bah écoute, ça va super et toi Mohamed? Je suis ravi d'être là. Et pour que les gens sachent, je suis un petit aficionado de ton contenu parce qu'en tant qu'un peu fan du YouTube de la connaissance, en vrai forcément ça tombe sur toi à un moment ou un autre.
Merci de suivre ce qu'on propose et ça c'est vraiment cool. Je t'ai présenté de manière succincte.
Il y a même mon associé qui a acheté ta formation, qui est un grand lecteur et qui a beaucoup kiffé. Et qui a beaucoup kiffé.
Ah bah comme quoi, ça Ça fait plaisir, ça fait plaisir.
Non mais je le dis sur caméra, je te l'avais dit quand on était en off, mais ça me paraît important de le dire parce que moi je suis pas forcément dans le business de formation, mais j'y crois beaucoup parce que ce que les gens qui n'ont jamais acheté de formation ne voient pas, c'est qu'en fait beaucoup, beaucoup de formations que vous voyez passer tous les jours, que vous pensez peut-être un peu obscures de loin, sont des trucs que des vrais gens achètent, que des vrais gens consomment et dont des vrais gens sont très contents. Et encore plus des gens comme mon associé Jules, qui lui est même un lecteur un lecteur beaucoup, beaucoup plus assidu que moi. Donc voilà, c'est important de le dire.
Merci, merci. C'est vrai qu'on a accompagné aujourd'hui plus de 13 000 personnes au sein de Renaissance. Et ça fait vraiment plaisir d'avoir ce type de témoignage. Alors je t'ai présenté et j'aimerais vraiment que tu te présentes toi avec tes propres mots.
On va dire que je suis entrepreneur récidiviste. Mon projet principal et celui auquel je dédie le plus de temps et d'affection, c'est Le Crayon, qui est aujourd'hui un groupe, on va dire, dans un groupe d'activités médias notamment. Et je suis un fan de médias, donc je suis aussi chroniqueur sur Les Grandes Gueules et sur BFM Business. Mais je suis d'abord et avant tout un mec qui aime bricoler des trucs et tester des trucs. Et j'ai construit le plus possible la boîte pour avoir une grande liberté de monter plein de projets au sein de la boîte qui permettent de la faire grossir et pas de la ralentir. Donc en fait, assez éloigné de ceux qui construisent des entreprises mono-produits ou mono-services. Qui est une très bonne stratégie entrepreneuriale, faut absolument le souligner, mais qui était pas ce qui moi m'aurait animé. Et donc du coup, le petit retard qu'on a pris au démarrage parce qu'on allait moins vite, parce qu'on faisait beaucoup de choses, c'est de l'avance qu'on gagne maintenant aujourd'hui, 3 ans, 3 ans et demi plus tard, parce que du coup il y a énormément de choses qui gravitent dans notre écosystème et ça nous rend en fait assez, assez large en fait dans ce qu'on arrive à toucher, que ça soit d'un point de vue d'audience, d'invités ou de clients, tu vois.
C'est vrai qu'au début, on préconise souvent le le focus et le mono-tâche ou mono-marché. Vous, vous avez directement créé l'écosystème. Parce que, autre personne—
On l'a pas directement créé, mais on l'a toujours eu en tête et on a monté des trucs assez vite parce qu'aujourd'hui, du coup, le Crayon, c'est 4 business units. C'est un média, donc le programme média de Débat des Jeunes, le Crayon, 1,3 million d'abonnés. C'est le Surligneur, une agence de personal branding et de relations presse pour les entrepreneurs. En gros, on fait des entrepreneurs, des personnes extrêmement populaires et des leaders d'opinion sur leur thématique. Typiquement, on aurait adoré accompagner quelqu'un comme toi avant que tu exploses toi-même de ton côté tout seul avec ton taf, tu vois. Et on a Le Pinceau qui est une agence d'influence et de création de contenu pour les entreprises. Et on a racheté un média très récemment, mais dont je ne révèle pas le nom parce que l'info sera probablement pas encore sortie quand le podcast sortira. Ouais, ben les gens, s'ils nous suivent un peu, ils le verront passer. On va être un peu bourrillant sur le sujet.
On va revenir sur tout ça après, mais je voulais revenir sur ton parcours à toi parce que moi je suis trop curieux. J'aime bien savoir comment les gens en arrivent là. T'as 26 ans, tu as déjà été sur Forbes, dans le magazine, tu as fait plein de choses. Mais quand tu étais jeune, quand tu étais encore jeune, mais quand tu étais étudiant, tu étais quel type d'étudiant et tu t'es arrêté où? Tu savais que tu voulais faire ça, comment ça s'est passé?
Je me suis arrêté après la L3, donc licence d'économie à la Sorbonne. Mais en fait, j'ai monté ma première boîte à 17 ans. Et en fait, je pense que pour que les gens comprennent qui je suis, mais en fait pour qu'ils comprennent même peut-être beaucoup d'autres entrepreneurs, parce qu'en fait je pense que je fais partie d'un profil assez cliché de l'antiscolaire qui est devenu entrepreneur avec plus ou moins de succès, tu vois. Mais en fait, c'est un peu ça le, on va dire, toute la rhétorique et tout le, tout le, la mentalité sur laquelle je me suis construit. C'est qu'en gros, l'école était pas faite pour moi, en tout cas pas pleinement faite pour moi. Je la critique sur certains points, sur d'autres points, c'est juste moi qui étais un sale con, faut aussi le dire, tu vois. Et en fait, j'ai eu besoin, j'ai eu vraiment ce, mais ce besoin très profond, presque identitaire, de trouver une zone de génie gagner quelque part. Et j'ai commencé à 14-15 ans à vendre des coques d'iPhone du mec à côté de chez moi, et je les revendais sur eBay, Vinted, et je les vendais plus cher que ce que ça coûtait, tu vois. Et donc j'ai commencé à comprendre qu'on pouvait gagner des sous sur Internet si on se débrouillait bien, tout ce que tu veux. Puis après, à 17 ans, j'ai eu l'opportunité unique, mais aussi parce que je faisais déjà un peu des petits trucs comme ça et tout, de pouvoir monter une boîte d'événementiel sur une boîte actuelle qui se fermait pour se rouvrir avec moi dans le capital. Et qui s'appelle WRTV, qui s'appelait WRTV, et qui a été mon vrai premier pas dans le vrai entrepreneuriat, le business où pour le coup tu gères des équipes, tu gères des projets, tu gères des clients, tes coûts et tes revenus sont pas directement foutus au même endroit et tout ce qui va avec, tu vois. Et je pense que c'est l'entrepreneuriat, c'est une vraie, vraie voie de sortie pour les cancres. Mais on se dit ça, c'était pas un dernier de classe non plus, mais j'étais pas excellent à l'école, ça me faisait chier, je faisais, j'emmerdais mes profs en faisant de la provoc en vrai, tu vois. Et je pense que tous les, tous les petits cons comme ça qui font les Alain, je pense que c'est ultra intéressant pour eux de se confronter à l'entrepreneuriat pour 3 raisons. La première, c'est que c'est super dur, donc ça rend humble. Donc c'est le meilleur antidote à la provoc que sont les gosses comme ça que j'étais, tu vois. Le deuxième truc, c'est que ça te permet d'avoir un autre terrain où être bon que celui de l'école qui convient pas. Après, certains vont chercher dans la musique, dans le sport, dans d'autres domaines, mais je trouve que l'entrepreneuriat, c'est une très bonne option. Et le troisième, c'est parce que je trouve que c'est un niveau d'apprentissage qu'aucune école ou aucun institut de formation n'est capable de donner parce que c'est l'apprentissage du vrai, tu vois.
L'apprentissage par l'erreur. Si tu testes, tu es confronté directement à la réalité de la vie et si ça fonctionne, tu gagnes de l'argent, si ça fonctionne pas, eh ben tu dois t'y reprendre. Donc c'est pas un contrôle où on dit tu as les meilleures notes, tu as passé ta journée à réviser, tu as pu passer ta journée à tout préparer. Quand tu es confronté aux problématiques sur le terrain, c'est problématique terrain.
Mais en fait, c'est comme si l'entrepreneuriat c'était un monde sans règles si ce n'est la loi. Donc en fait, tu as des méthodes, mais tu n'as pas de vérité absolue. C'est-à-dire que tu peux, un truc où tu aurais eu 8 sur 20 à l'école, si jamais dans la vraie vie et dans l'entrepreneuriat tu arrives à gérer un seul des pôles de ton truc, comme la vente, le marketing ou le produit, tu peux déjà réussir à créer quelque chose, alors qu'à l'école ça t'aura apporté un 8 sur 20, tu vois.
Exactement. Mais toi, c'est-à-dire qu'à 17 ans, tu avais déjà ta double casquette, parce que là aujourd'hui tu en as plein, on en parlera, et comment tu en es arrivé, mais tu gérais à la fois ta boîte d'événementiel et tu avais tes études parce que tu passais le bac, après tu as été en licence.
J'étais au lycée, ouais, j'étais au lycée. Ouais, mais en gros, j'avais des cernes que j'ai jamais vraiment totalement perdu parce que ça m'arrivait de faire des soirées en semaine qu'on devait gérer. Et donc du coup, quand c'était moi, c'est sur moi que ça tombait, je devais m'en occuper et donc j'assumais, tu vois, c'était assez dur. Et après, on va dire qu'au lycée, j'étais pas très très assidu, c'était la deuxième moitié de la terminale et je savais déjà ce que je faisais après le bac. Donc j'étais, on va dire que c'était un moment un peu tranquille. Et d'ailleurs, je suis, je crois, le seul ou un des deux seuls de mon lycée à ne pas avoir eu de mention bac. Ah oui, d'accord.
Mais t'étais dans un super lycée alors?
Ouais, j'étais le lycée privé parisien prétentieux qui fait le malin sur ses chiffres à la fin de l'année et dont c'est très important.
Et d'ailleurs, ils ont tous fini en prépa HEC, prépa grande école.
Pas tous non plus, c'est pas à ce point-là. C'est pas la Ligue des Champions, c'est la Ligue 1. Mon lycée, c'était pas la Ligue des Champions, c'était la Ligue 1. Mais c'est quand même la division 1, tu vois. Mais voilà.
C'est une super division parce que moi connaissant un peu les lycées et côtoyant beaucoup de lycées, la moyenne, le taux de réussite au bac cette année, l'année dernière c'était 91%, je crois que c'était 91, mais le taux de mention global il est à 50, un peu moins de 50 ou 45. Donc il y a quand même une personne sur deux qui a une mention aujourd'hui. OK, et donc on parlait de ça, de HEC et tout. Donc non, ils ont pas tous fini à HEC.
Non, non, ils ont fait des bonnes études, mais globalement j'avais un lycée privé, catho, tout ce que tu veux, mais qui était quand même vachement moderne dans les gens qui y étaient, plus que dans l'institution elle-même. Mais on pouvait venir en cours en basket, en vrai, même si jamais c'était pas tout à fait autorisé, on pouvait sortir nos portables pendant les cours de récréation, enfin tu as resté assez détente quand même, faut le dire, tu vois. Donc les gens ont plutôt fait, ouais, école de commerce et fac, donc prépa, école de commerce, fac, ingénieur, donc les trucs un peu classiques et tout. Mais c'est pas non plus une école qui nourrit la moitié de sa promo à HEC ou à Polytechnique, tu vois, on est quand même pas exactement là-dessus. Et donc en fait, moi je me suis orienté vers la prépa que j'ai plantée, et après je suis allé à la fac. Et en fait, dans ce truc-là, c'est surtout que pour moi, après le bac, pour moi l'événementiel c'était ma priorité, tu vois. Genre je savais que j'étais bon là-dedans, on gagnait pas mal d'argent. Moi, même quand j'ai quitté Maternalia, je gagnais plus d'argent que mes profs en fait, littéralement, à la fin du mois. Et j'en tirais une grosse prétention, c'est pour ça que je le mentionne comme ça. Et en fait, avec le recul, je me suis pris beaucoup d'humilité parce que je me suis rendu compte que tu vis dans un paradigme où tu gagnes de l'argent parce que ça correspond à une bonne période de ta vie, une bonne boîte, bon moment sur les bons trucs, mais en fait tu as une grosse part de chance et d'opportunité dans le fait de réussir ça. Donc toi, au début, tu crois que c'est toi le le mec invincible, tu as toujours été moyen au lycée, là tu fais un truc qui marche vraiment bien, mais en fait c'est pas que tu es le plus fort, c'est que tu es tombé sur un truc où il y avait de la chance, tu vois. Donc ça te permet d'avoir aussi un rééquilibrage de qui tu es et de comment tu te perçois, tu vois.
Et comment, pourquoi tu as arrêté cet événementiel, à part si tu le fais toujours?
Pour, non, on a vendu la société à une plus grosse agence.
Et là tu t'es dit allez, je vais créer mon média avec ma, parce qu'il y a ta sœur.
Ma sœur et 2 autres associés. Mais non, à ce moment-là, j'ai créé une 2e boîte de community management avec mon ex, sauf que c'est devenu mon ex, donc on a fermé la boîte un an et demi après. Mais c'était plutôt, on a plutôt réussi le truc, en vrai on était assez content. En fait, on était un peu des solopreneurs freelance plus plus payés d'autres freelances pour faire des missions qu'eux vendaient et stratégisaient, quoi.
On était une forme de project manager de CM, beaucoup d'agences aujourd'hui qui fonctionnent comme ça. Qui sont freelance et qui prennent des freelances pour travailler pour eux.
Et exactement, c'est un peu ce que nous on a fait et ça avait bien marché, mais donc du coup on s'est séparés. Et là, à ce moment-là, petite crise un peu existentielle de putain, qu'est-ce que je fais du coup de ma vie? Parce que moi à ce moment-là, j'étais encore dans mes études de Sorbonne, mais j'avais plus grand— enfin j'ai— donc là je savais pas trop quoi faire. Je savais que je voulais monter des projets. 22, 22, 23.
Crise existentielle à 22 ans pour tous ceux qui— non mais non, mais je fais rire, c'est juste Le mot est trop fort, t'as raison.
Prise de recul entrepreneuriale, c'est vrai, il faut que j'arrête de dire crise existentielle, c'est beaucoup trop fort. Parce qu'il y a la crise de la trentaine, la crise de la quarantaine.
Un jour je disais à ma famille, non c'est mon beau-frère, il me dit: ouais, tu prépares quoi pour ta crise de la quarantaine? Je lui dis: bah rien, mais j'ai même pas eu de crise de la trentaine. Il me dit: t'es sûr, t'as pas eu de la crise de la trentaine? Je lui dis: bah non. Il me répond quoi? Il m'a dit: tu as juste changé de ville, tu es parti de Paris pour aller à Montpellier, tu as démissionné de ta boîte, tu as lancé ta propre société et donc tu me dis que tu n'as pas eu de crise. En vrai, c'est vrai que je me suis rendu compte qu'à 30 ans, moi je ne l'ai pas conscientisé comme ça, mais c'est à ce moment-là que j'ai tout changé. J'ai changé de boîte, j'ai démissionné pour lancer mon business, J'ai pris des risques en me disant, mais voilà, tu lances, tu ne sais pas est-ce que ça va fonctionner ou pas, tu y vas. Et j'ai lancé le mouvement que j'ai créé aujourd'hui. Et donc voilà.
Tu vois, c'est ouf. Et ça, ça part d'un moment où tu te dis, putain, mais genre, juste qu'est-ce que je vais foutre, tu vois.
Exactement.
Qu'est-ce que je vais foutre, tu vois.
Mon cas de figure, c'est la naissance de mon fils. Et je me suis dit, ah non, mon fils, il arrive. Moi, j'ai toujours grandi à Saint-Ouen dans le 93. J'adore cette ville. J'y vais toujours. Mes parents y sont. C'est vraiment ma ville de cœur. Mais à 30 ans, je me suis dit: j'ai vécu de 0 à 30 ici, je veux pas que mon fils il vive ici. Je sais pas pourquoi, je me suis dit: allez, faut lui donner autre chose. Et c'est à ce moment-là que je suis parti.
Et quand tu dis que t'as pas envie qu'il vive ici, c'est le côté réussite professionnelle ou c'est le côté un peu, on va dire, plus sécurité, environnement et tout, tu vois?
C'était un peu tout. C'est-à-dire que moi, j'ai connu que ça dans ma vie. Donc le fait que que je découvre, j'avais envie de découvrir autre chose et montrer à mon fils autre chose. Et après, moi Montpellier j'aime bien parce qu'il y a la mer, la nature, et j'aime beaucoup la mer et la nature. Et je me disais pour mon fils, quand on finit l'école, parce que nous on aime bien avec ma femme, on aime bien sortir, marcher. Aujourd'hui, quand à Saint-Ouen on sortait, on allait dans, tu marches dans les rues, dans les boules. Là on s'est dit maintenant, donc on s'est dit on va aller dans le sud, on va pouvoir sortir dans la nature, aller à la mer, lui donner un cadre différent. Lui donner le soleil et sortir de cet environnement qui me déplaisait. Parce que moi, j'adore le Saint-Ouen, mais c'est le 93, avec tous les clichés que ça peut avoir et tous les beaux côtés. Tu vois, tu as des réussites incroyables, mais pas se mentir, c'est plus dur pour un jeune quand tu es né là-bas et tu grandis là-bas, comme moi je l'ai vécu. Je sais qu'est-ce que j'ai dû souffrir et endurer pour en arriver là. Et un peu le devoir du grand-père qui dit: bah, je vais pas donner ça à mon fils, j'ai envie de lui donner autre chose.
Je comprends complètement. Après, tu te rends compte que ça a un énorme impact sur comment tu as évolué, ce que tu as pensé et tout, tu vois. Moi je pense énormément, et c'est une jolie manière de le formuler, mais on va dire il y a une identité à laquelle tu aspires, mais il y a d'abord et avant tout une identité que tu fuis en fait. Exactement. Et je pense que c'est vachement important aussi que les gens se rendent compte de ça, que beaucoup de l'identité qu'ils souhaitent avoir, c'est fonction en fait de l'identité qu'ils veulent fuir, tu vois. Genre le, je sais pas, le Le mec qui vient d'en bas et qui a envie de s'habiller trop classe pour montrer qu'en fait il a toujours été successful. Le rebelle de bonne famille bourgeoise qui veut montrer qu'il est trop rebelle parce qu'en fait il a grandi dans la sécurité. Tu vois ce que je veux dire?
C'est exactement ça. Moi j'ai vécu des trucs à Saint-Ouen que je souhaite à aucun jeune, tu vois. Les guerres de quartier. C'est-à-dire que même si toi tu veux pas, tu fais pas partie de ce clan, mais Comme tu habites dans une cité, forcément, soit tu es avec les gens, soit tu es contre les gens. C'est-à-dire, soit tu es isolé, tu vis toujours chez toi, tu es enfermé et tu n'as aucune vie sociale. Je ne veux pas ça pour le fichier, je ne veux ça pour personne. Donc si tu crées une vie sociale, tu es obligé d'être dans l'environnement, avec les gens. Et des fois, tu as des guerres que tu ne choisis pas. Moi, je me rappelle du collège où tu avais des descentes de personnes d'autres quartiers qui venaient devant notre collège pour taper les personnes de mon collège parce qu'ils habitaient juste dans cette cité, dans ce quartier-là. Parce que c'était des guerres qui existaient depuis 20 ans entre les générations et que tu avais 2 personnes qui s'étaient passées dans le quartier, qui se regardaient de travers. Et toi tu sors du collège et il y en a qui ne connaissent pas ça. Mais tu sors du collège, si tu ne te bats pas, donc tu fuis, tu deviens la victime. Si tu te bats, tu n'as pas envie de te battre, mais tu vas quand même prendre des coups avec tout ce que ça peut impliquer aujourd'hui. J'ai eu des trucs au collège, au lycée comme ça, des gens qui t'attendaient, 30 personnes qui t'attendent, vous êtes 2. 30 personnes qui t'attendent à la sortie du lycée. Et juste parce que t'habites dans le quartier, le mauvais quartier, et que les leaders de ce mauvais quartier sont pas là, bah tu vas te prendre des coups et tu peux te faire défoncer. Et donc je me dis, mon fils qui arrive, j'ai pas envie de lui— même si Saint-Ouen ça a changé et c'est très bien maintenant, le maire il est en train de faire des trucs incroyables, il fait un travail juste extraordinaire parce que je le connais. Mais en dehors de ça, tu as beau faire tout le travail, c'est un environnement qui est très particulier. Et quand tu grandis dans cet environnement, C'est ce qui m'a fait aujourd'hui, qui je suis aujourd'hui, c'est grâce à ça. Mais effectivement, tu veux fuir ça pour ton enfant. Après, mon fils vivra d'autres choses, il aura ses galères forcément, et il faut qu'il en ait, parce que s'il n'en a pas, il ne va pas se créer de carapace, il ne va pas créer qui il est aujourd'hui, mais c'est comme ça. On va en revenir à ta question parce que là, tu as réussi à détourner le podcast vers dans l'autre sens. On fera dans Le Crayon un épisode si tu veux Et on va poser toutes les questions que tu veux. Et je voulais en venir sur ta création. Donc avec ta sœur et deux autres associés, vous décidez de créer un média pour les jeunes en vous disant voilà, on va créer un média où on va pouvoir parler librement, pouvoir mettre toutes les personnes quel que soit le bord politique, quelle que soit son idéologie ou autre qui va vouloir venir parler et être surtout confronté. À d'autres idéologies, à d'autres croyances, à d'autres manières de penser pour venir faire élever le niveau de conscience de tout le monde?
Complètement. En fait, on s'est rendu compte et on a compris 2 trucs. La première chose qu'on a comprise, c'est que les médias étaient en train de vivre une transition d'ampleur gigantesque et que ce qui est en train d'impulser cette transition et cette révolution, c'était les réseaux sociaux. Et la deuxième chose dont on s'est rendu compte, c'est que les modèles business, les business models des médias étaient flingués. Et pas flingués parce que les médias sont pas bons, flingués parce que la manière dont ça avait été constitué jusque-là était selon moi assez dangereuse et néfaste pour le contenu que proposaient les médias, rien que dans la manière dont leur business model est constitué. Et donc du coup, un peu de ces deux visions-là, en fait, on a commencé à construire Le Crayon, mais à la base, mais ultra humble, comme juste des gosses qui juste veulent faire du YouTube, tu vois. Et on a publié pas mal de vidéos, puis on a publié un premier débat qui était ce qu'on voulait faire depuis le début mais qui sont durs à organiser. Et là, le premier débat part viral, genre aujourd'hui c'était Julien Rochdy contre My Better Self. Déjà en 2020, on fait genre 15 millions de vues sur nos différents réseaux sociaux juste avec ce débat. Truc de dingue, truc de dingue. Ouais, truc de dingue, vraiment. Alors que la prod est claquée.
Qui est au sol, mais genre c'est le contenu, c'est plus le contenu qui était la—
on s'est rendu compte de ça avec ça, on s'est rendu compte que si jamais il y avait des trucs qui étaient intéressants, les gens regarderaient. Et en fait c'est logique, nous on regarde aussi, en fait nous aussi on est client de ce genre de truc, donc en fait c'est qu'il doit y avoir quelque chose derrière. Et du coup on a creusé dans cette direction-là et après on s'est étendu en tant que groupe parce qu'on a toujours eu cette vision en fait de créer des médias rentables, créer des boîtes médias rentables, parce qu'on est convaincu que c'est en créant des boîtes médias rentables que tu t'achètes réellement l'indépendance et la liberté éditorial.
Et nous, c'est ça, tu vois, tu as insisté beaucoup sur les médias rentables, parce qu'aujourd'hui les médias pour toi ils sont pas rentables.
Beaucoup ne sont pas rentables, c'est d'ailleurs pour ça qu'ils se font racheter en cascade. C'est pour ça qu'il y a autant de gens qui rachètent le média de l'un, le média de l'autre, tout ce que tu veux. C'est pas rentable, il y a plein de médias qui sont pas rentables et c'est pas un secret. Et donc du coup, en fait, il y a des médias comme Le Monde qui vont prendre du 9 millions d'euros de subvention, tu vois. Ouais. Et tu es en mode genre, ok, mais en fait est-ce que c'est pas de leur responsabilité d'être rentable en fait? Je demande pas que les médias deviennent des startups ou deviennent des organismes de formation. Je dis juste qu'il y a quand même beaucoup d'idées à creuser autour d'un business model qui ne nuit pas à la qualité éditoriale et qui même au contraire pourrait potentiellement la renforcer. Ça me paraît pas déconnant de poser cette question-là, tu vois. Et au lieu de nous faire ce que peut-être d'autres gens auraient fait, c'est-à-dire de créer un cabinet de consulting très bien payé pour expliquer aux médias comment être rentable, en mode genre un peu cabinet de consulting nouvelle génération, tout ce que tu veux. Bah en fait, on s'est dit on va juste prouver par l'exemple que c'est capable d'être fait. Et aujourd'hui, on est sur une bonne voie, on est évidemment rentable, mais on est encore sur des petits chiffres, tu vois. Donc tu, on est largement au-dessus du million de chiffre d'affaires, mais on n'est pas encore à 5-10 millions. Mais le but, c'est d'arriver à ces chiffres-là et de montrer et documenter. En fait, moi là aujourd'hui, je vais vraiment, je vais vraiment reprendre ma chaîne YouTube parce que je l'ai laissée un peu à l'abandon depuis 6 mois. Parce que j'étais concentré sur beaucoup d'autres choses. Mais là, je vais vraiment la reprendre pour pouvoir vraiment montrer un peu les coulisses de tout ce qu'on fait, pour expliquer un peu ce qu'on est en train de réaliser, tu vois. Et simplement parce qu'on n'est pas en train de le réaliser parce qu'on est des brillants entrepreneurs et tout, on est en train de le réaliser parce qu'on est en train de creuser notre sujet comme des obsédés, en fait, de se dire en fait—
quand tu parles de rentabilité, tu parles de Le Crayon le groupe qui est rentable ou Le Crayon le média? Parce que tu as 3 les deux.
Pour moi, c'est les deux. Pour moi, c'est justement les deux. C'est-à-dire qu'il faut que ça soit rentable en tant que média, mais si jamais c'est juste à l'équilibre, c'est très bien. En revanche, si jamais la crédibilité, la notoriété, le réseau et la compétence que permet de développer le média te permettent d'être incroyablement rentable par ailleurs sur d'autres business models, en fait, ça permet de réaligner tout le monde. Tu as plus de moyens d'investir sur tes productions, tu as plus de liberté par rapport aux annonceurs et aux investisseurs. Et tu es beaucoup, beaucoup plus crédible quand tu parles parce que tu ne parles pas en tant que commentateur, mais tu parles en tant qu'acteur.
Ouais, c'est ça.
Et donc en fait, ça change tout.
J'ai vu qu'un des points qui vous caractérise beaucoup—
Alors j'insiste sur un point pour que les gens ne comprennent, qu'on comprenne quand même bien. Je ne parle pas de journalisme d'investigation. C'est un tout autre métier et qui nécessite de toute façon des moyens alloués sans forcément de business model derrière. Et c'est important de le préciser. Ça, pour le coup, c'est du journalisme de pointe que nous, on ne fait pas aujourd'hui, qu'on ne fera peut-être jamais. Et je veux vraiment un gros, gros, gros shootout à ces gens-là. En revanche, le journalisme de contenu dans lequel nous on s'inscrit aussi, même si on n'est pas journaliste, ça, je suis désolé de dire qu'il n'y a pas d'excuses de ne pas avoir un beau business model derrière.
Mais il y a un des points qui vous caractérise beaucoup, que j'ai remarqué, vous êtes la contradiction. Tu vois, tu as un truc qui te caractérise, j'ai l'impression, et qu'on peut voir un peu même dans les débats. J'ai vu des capsules que vous faites entre deux personnes, tac, l'aspect débat. Pourquoi pour toi c'est important de mettre en avant dans les médias cet aspect contradictoire? Un peu ce que tu as, j'ai vu ta prise de parole devant la Première ministre où tu as carrément mis la Première ministre devant la réalité des faits en disant entre guillemets, moi ce que j'ai compris: vous êtes des losers, vous vous faites interviewer que par des gens qui vous caressent dans le sens du poil et vous acceptez pas de prendre des personnes qui viennent vous taper dessus, un peu un peu comme des contradictions à l'époque entre Le Pen et Bernard Tapie, voilà, Bernard Tapie qui va taper, qui va au combat. Là aujourd'hui on n'entre plus. Pourquoi vous avez arrêté de faire ça? Et j'ai l'impression que ça vous caractérise.
Mais pour plusieurs raisons, mais c'est ça pour le coup faut vraiment comprendre que c'est pas seulement une ADN de média, c'est vraiment une ADN humaine même de toute la boîte. La boîte est incroyable, mais même parce qu'aujourd'hui on est 18 dans la boîte, il faut comprendre que l'entreprise, le groupe Le Crayon, tout le monde qui est dans Le Crayon a une capacité de remettre en question le statu quo ou même les ordres du management. C'est important de le dire, ça ne veut pas dire qu'on va être d'accord avec eux. Et si jamais la personne qui est au-dessus hiérarchiquement pense que ce n'est pas une bonne idée, elle ne va pas agir dessus. En revanche, personne n'a l'interdiction de sortir des idées, de contredire les plans qui ont été faits s'il pense que c'est une meilleure décision pour la boîte. Et on pense que c'est un modèle de gouvernance qui est très sain. Un modèle de gouvernance où tu peux réussir à contredire en place publique des décisions qui ne sont pas encore prises. Parce qu'une fois que les décisions sont prises, ça sert à rien, ça fait qu'alimenter les tensions. Mais avant que les décisions soient prises, parce que ça permet de pouvoir affiner le plan que tu fais. Et je vais prendre cet exemple-là parce que ça m'intéresse toujours beaucoup, mais c'est le biais politique qu'on entend énormément de «oui mais moi ça fait 10 ans que je dis ça ou «ah, ça c'est pour la version un peu positive» et la version négative ça va être «ah oui mais vous dites ça maintenant mais avant vous disiez autre chose». Et je suis en train de m'arracher les cheveux. Heureusement, heureusement que les gens changent d'avis, que les gens se laissent convaincre par d'autres idées, que les gens réfléchissent, se remettent en question, repositionnent leur opinion. C'est super important, ça change tout.
Tu évolues avec le temps. Si tu gardais, moi, le nombre de choses que j'ai évolué...
Et tu évolues avec la contradiction. Parce que la réalité, c'est que peut-être que tu aurais monté ton truc beaucoup plus tôt si jamais à 23 ans, quelqu'un t'avait tapé sur l'épaule et serait en mode «mec, t'es très chaud, pourquoi tu te fais pas ton truc tout seul au lieu d'aller dans une boîte où c'est une espèce de grosse machine où en fait tu te sens pas vraiment utile au truc». Et en fait, peut-être que cette contradiction-là, parce que c'est aussi de la contradiction, c'est pas du débat mais c'est de la contradiction, elle te pousse à aller plus loin. Et en fait, c'est une mentalité, et je la résumerais, je pense, le plus simplement du monde, si les gens doivent retenir qu'un seul truc, cette logique de contradiction, c'est la logique de Nassim Nicholas Taleb. C'est une espèce de penseur et scientifique libano-américain ultra brillant.
Sur la résilience, il parle beaucoup de la résilience.
Exactement, il parle beaucoup d'antifragile. Donc pour que les gens comprennent ce que c'est qu'être antifragile, on va prendre un verre. Un verre, tu le jettes, il se casse. Le verre est fragile. Si tu prends un, je sais pas, qu'est-ce que tu prends comme exemple, une pièce de plomb, tu la lances contre le mur, elle se casse pas. La pièce est solide. Et après, il y a la logique antifragile. Tu tapes, ça se renforce. Tu tapes un muscle, il se renforce, par exemple.
Et donc du coup, en gros, l'incitation, tu prends J'aime bien l'image d'un œuf et d'un ballon. Tu prends un œuf, tu le fais tomber, il se casse. Tu prends un ballon, tu fais tomber, il rebondit. Et c'est ça, c'est-à-dire que nous on est des ballons. Tu tombes, t'es antifragile. Et plus tu vas taper fort, plus le ballon va rebondir haut et va continuer à rebondir. Et c'est cette notion-là que j'adore.
Exactement. Et que pour moi, ce qui rend le plus antifragile, c'est aimer la contradiction, aimer le fait d'être contredit et de contredire. Et je pense que c'est ce que les gens devraient énormément viver en fait comme but de vie personnelle. Parce que je pense qu'on mesure pas aussi l'importance que ça comporte vraiment pour soi-même, la rigueur intellectuelle de contredire et d'être contredit.
C'est quoi? C'est incroyable ce que tu es en train de dire. C'est bien parce que ça vient, pour ceux qui connaissent, qui écoutent régulièrement le podcast et qui ont pu suivre mes formations, je parle de la définition de la connaissance illimitée. C'est apprendre, appliquer, partager. Donc tu apprends, tu appliques ce que tu as appris, tu le partages pour rendre ce savoir illimité. Et quand j'explique la notion de partager, je donne toujours cette notion de quand tu partages, tu confrontes ton savoir aux gens. Et donc quand tu confrontes ton savoir aux gens, soit tu sais l'expliquer, c'est très bien, soit les gens vont te poser des questions, tu connais la réponse et c'est parfait, soit ils te posent des questions et tu connais pas la réponse, tu vas aller chercher la réponse. Et donc tu vas apprendre encore plus de choses. Et pour moi C'est une des manières, souvent les gens me disent mais comment tu as fait ça en 4 ans? Parce que moi il y a 4 ans et demi je connaissais pas la lecture rapide et où j'en suis aujourd'hui. J'ai découvert la lecture rapide en 2019, en février 2019. Et c'est parce qu'en octobre 2019, j'ai commencé à partager mon savoir avec une association et à donner ça gratuitement. Mais le fait de partager et de passer mon temps, tout mon temps libre à partager, j'ai fait que grandir beaucoup plus vite que quelqu'un d'autre parce que à chaque fois que je confrontais, les gens me posaient des questions: mais pourquoi tu dis ça Mohamed? Mais ça veut dire quoi ça? Soit tu sais pas, tu es humble et tu dis je sais pas, et ensuite tu rentres chez toi et tu vas chercher la réponse. Et donc, à chaque fois, j'arrivais à progresser grâce à ça, et c'est ce qui m'a permis de progresser beaucoup plus vite qu'une personne qui serait restée dans son coin. Et c'est ça, cette notion, elle est juste incroyable.
Et de faire le boomerang, c'est-à-dire en fait tu balances la connaissance et elle te revient dessus, tu vois.
Exactement, elle te revient dessus. J'ai un Ce sujet est super intéressant, on pourrait encore prolonger dessus, mais j'ai une question par rapport à la contradiction et surtout parce que vous êtes 4. Tu as toi, ta sœur et Jules et Antonin, 2 autres associés. Donc vous êtes 4 en tout. Mais comment vous avez défini les tâches quand tu travailles comme ça avec 3 autres personnes, surtout au bord d'un média comme le tien? Comment tu gères la contradiction dans ce cas de figure et comment vous répartissez? Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu.
Nous, il y a 3 spécificités avec notre association qui, je pense, en fait une association qui est un peu atypique. La première spécificité, c'est qu'on est tous les 4 pas d'accord politiquement. Et pour un média de débat, je pense que c'est important de le souligner. Globalement, pour le faire très court, mais Sick Cinéma, on est plutôt de droite et Jules et Antonin sont plutôt de gauche. C'est pas aussi simpliste que ça, mais globalement c'est comme ça que des gens d'un œil extérieur le caractériseraient. Donc ça c'est le premier point.
C'est bien pour la neutralité, ça permet, ça peut être très bien.
Et c'est d'ailleurs pour ça que le média est neutre aussi, je pense que si on avait été tous de droite ou tous de gauche, on l'aurait peut-être pas fait comme ça. Le deuxième truc, c'est par rapport à la gestion des tâches. Nous, sur notre gestion des tâches, ce qu'on a fait, c'est qu'au début on travaillait avec les tâches qu'il y avait à faire, avec quelques rôles, mais c'était pas très organisé. Puis on a eu la création du pinceau et du surligneur qui fait que Antonin gère le crayon média, Sixtine gère le surligneur, Jules gère le pinceau et moi je gère le groupe et on aura même une cinquième personne qui gérera le média qu'on a racheté. Donc en gros c'est ça à peu près pour l'organisation. Et le dernier point, et c'est celui qui est le plus important à mes yeux, c'est qu'on a fait aussi le choix que la boîte soit incarnée par 4 personnes. Ce qui est un truc qui est, et je m'en rendais pas compte moi au début, je trouve ça, sans trop y réfléchir, c'est assez unique, c'est très rare que plusieurs personnes à la tête d'une boîte s'expriment en étant des personnes différentes sur la boîte, au nom de la boîte, exactement.
C'est très fort parce que vous avez 4 fois plus de force et c'est 4 visages. Chaque visage peut attirer des personnes différentes, être apprécié par des personnes différentes. Et donc s'il y en a un qui dit n'importe quoi un jour, il peut être rattrapé par les 3 autres. Alors que là, s'il est incarné par une seule personne, si cette personne elle foire, c'est tout le truc qui est Exactement.
Et t'as complètement raison parce qu'en fait, ça attire des gens complètement différents parce que ce qu'on communique aussi sur nos opinions personnelles, sur notre vision de notre boîte, des choses, on communique sur des choses très différentes. Jules, il va avoir un énorme sujet sur l'écologie et l'influence responsable parce que c'est une cause qui lui tient particulièrement à cœur. Antonin, ça va être sur l'éducation et la pop culture parce que lui, c'est ce qui l'a bercé dans son enfance. Sixtine, ça va être sur la prise de parole, sur la confiance en soi parce que ça a été un de ses gros sujets. Et moi, ça va être sur l'innovation et l'entrepreneuriat. Et je dis ça, c'est très global, mais en fait ça attire des gens très, très différents. Et ce qui est vachement intéressant, c'est que du coup on devient, sans s'en faire exprès, un carrefour de plein de gens différents qui vont des militants écolos en passant par les startupeurs jusqu'aux profs d'université et aux artistes musicaux, tu vois. Et donc en fait, c'est— et tu peux avoir ces 4 personnes-là peuvent être là, je sais pas, des événements du Crayon ou autre, et c'est magnifique quoi. C'est C'est ça la France qu'on défend, quoi, tu vois.
Et aujourd'hui, comment vous gérez la contradiction entre vous? Parce que comme c'est un gros sujet dans votre mode de fonctionnement, et comment, quand vous avez un désaccord, comment vous gérez?
En gros, en gros, celui qui gère sa business unit pour les décisions stratégiques, parce que les décisions opérationnelles, chaque personne qui gère sa business unit décide tout seul. Et pour les décisions stratégiques, celles qui sont importantes pour la boîte, c'est la personne qui gère sa business unit plus l'un des deux, parce que c'est, il y a 2 contre 2. En gros, il suffit que la personne qui gère sa business unit ait une autre personne qu'elle pour être d'accord et la décision est prise. Donc en fait, c'est en cas d'égalité, c'est la personne qui gère la business unit qui a le bonus. Exactement. Et donc en fait, c'est une gouvernance super saine parce que si jamais tu as tes 3 associés contre toi, même si c'est ta business unit, c'est que tu as probablement tort. En revanche, il suffit qu'un seul voit ce que tu vois pour que toi tu sois le plus légitime parce que tu as le plus haut niveau d'information.
Très bien, on va continuer sur cette lancée-là d'organisation. Comment toi, vu qu'il y a plein de gens qui nous écoutent aujourd'hui, tu as 26 ans, tu as fait des choses incroyables, tu as plein de profils, il y a beaucoup de gens qui disent j'ai pas le temps, j'y arriverai pas, c'est pas fait pour moi, je vais pas réussir, je vais pas entreprendre. Comment toi tu gères ton quotidien d'entrepreneur et comment tu gères toutes tes casquettes? Parce que tu as une casquette qu'on n'a pas encore abordée, tu es aussi animateur plutôt, ou chroniqueur télé.
Chroniqueur, ouais.
Chroniqueur. Comment tu gères dans ton temps?
J'étais ce matin d'ailleurs.
D'accord, cool. Et il y a Sarah que je connais également, que j'ai pu inviter.
Sarah Salman, bien sûr.
Que j'ai invitée dans le podcast parce qu'on a la même maison d'édition.
C'est énorme, putain, trop drôle. Ouais, elle a fait un beau succès sur son bouquin.
Ouais, exactement. Et donc comment tu gères tout ça?
Bah en gros, je pense que c'est ce qui est le premier raisonnement à faire. Je pense que c'est d'ailleurs important, je le précise, c'est un raisonnement à faire à mon avis quand ta boîte tourne déjà. Un raisonnement qui à mon avis n'est pas bon à faire quand ta boîte elle est encore en démarrage. Quand ta boîte elle est encore en démarrage, quand tu n'es pas serein sur est-ce que tu vas réussir à te payer, à payer tout le monde et à être en croissance, si ça c'est encore des questions pour toi, ce que je vais te dire là ne s'applique pas. Le seul job que tu as à faire, c'est trouver des clients et améliorer ton service ou ton produit. Le reste, c'est du pipeau. C'est vraiment important de le dire.
Tu es focus dans ça, d'accord.
Mais une fois que tu as dépassé ce stade-là et que tu es dans un jeu, du moins ça sera un jeu d'expansion, développement ou autre, pour moi, toute personne qui est à la tête d'une boîte doit être obsédée par le 80/20. C'est-à-dire comment je peux avoir 80% de résultats sur 20% de mes actions et donc du coup d'identifier de faire que des actions à 20%.
En fait, pas que de, que les actions qui donnent 20% d'effort et qui donnent 80% de résultats. Toujours être focus sur ça, la priorité des priorités.
Exactement. Faire une chronique sur les grandes gueules, ça me prend une demi-journée par semaine. Donc ça me prend littéralement un dixième de mon temps de travail. Bon, même si je bosse le week-end et le soir, mais bref, mettons, on va dire un douzième de mon temps de travail. La réalité, c'est que est-ce que ça vaut le coup qu'un entrepreneur dans les médias qui porte une boîte qui fait des services sur le digital et dans les médias et qui est un média lui-même et qui en plus de ça veut porter une voix entrepreneuriale dans son personal branding, est-ce que ça vaut le coup de passer un douzième de son temps pour que plus d'1 million ou 1,5 million de personnes t'écoutent?
Oui. Oui, c'est ça parce que le but, c'est pas la... Moi, on m'avait fait une proposition un jour pour faire des capsules dans une émission. Bon, après, ça n'a pas abouti pour mille et une raisons. C'est pas le prix du cachet qu'ils donnent pour faire ça que... Moi, dans mon cas de figure, je donnais pas le prix, c'était dérisoire quand la personne m'a dit le prix.
J'ai dit quoi? C'est une formation vendue?
Non, même pas, c'était même pas une formation vendue, franchement c'était même pas ça. Encore, c'était une formation vendue, c'était même pas, je crois que c'est pas le SMIC, tu vois, c'était un truc de fou. Donc on m'a dit ça, j'ai dit ok, je peux même faire ça gratuit si vous voulez, il y a pas de souci. Quand ils m'ont sorti ça, après on s'est pas mis d'accord sur plein d'autres choses, mais, et donc ouais, effectivement Toi, tu as décidé de faire Chroniqueur pour cet aspect-là du branding.
Exactement, parce que c'est en gros une action, une live action, c'est ça, on pourrait dire, une action, une tâche à fort effet de levier. Et donc du coup, moi, en tant que CEO aujourd'hui, je vais chercher le maximum de tâches à énorme effet de levier. Exemple: le recrutement. Un recrutement bien fait avec un bon profil qui rentre chez toi au bon prix avec le bon mindset, bien onboardé, c'est une action à fort levier parce que que du coup cette personne-là va apporter beaucoup de valeur à l'entreprise. M'occuper de rassurer un client qui va se casser sinon alors que c'est un client historique qui nous a toujours beaucoup aidé, ce que tu veux, c'est une action à fort levier parce que et par rapport au client et par rapport à nous, ça va être vraiment important de le faire. Un call commercial avec un lead pas forcément très chaud, c'est une action à faible levier. Faire de l'admin ou de la compta ou tout ce que tu veux, c'est une action à faible levier donc je la dédaigne.
Ouais, moi je sais que la première chose que j'ai faite quand je me suis lancé entrepreneur, c'était de recruter mon bras droit.
Ouais, t'as un énorme levier, tu vois.
Ouais, je me payais pas que j'ai fait ça, c'est-à-dire que j'ai préféré payer mon bras droit que me payer moi et c'est juste incroyable.
Et t'as eu raison, ouais. Nous on a fait ça, hein, nous on a fait ça, nos 3 premiers employés ont été payés avant nous.
Tous ceux qui verront la vidéo, vous voyez que Valentin se déplace, c'est très particulier, c'est des podcasts parce que je mets la vidéo sur YouTube, je l'avais pas précisé tout à l'heure.
Non, c'est bon, ça j'ai vu, t'inquiète, t'inquiète, j'ai regardé, j'ai regardé moi, t'inquiète.
Ah ouais, donc ça va alors, ça va, ça va, il l'a vu et c'est bien parce qu'on a pu visiter sa cuisine. Ta cuisine ou ta salle de bain, je crois?
C'est la salle de bain de mon bureau.
Ah, c'est la salle de bain de ton bureau, ça c'est trop cool. Et je vous invite vraiment, ceux qui écoutent ça en podcast audio, à aller voir la vidéo, ça peut être aussi super cool. Cool. On arrive, j'ai encore quelques petites questions parce que moi j'aime bien connaître les réussites et les échecs des personnes avec qui je parle, ça m'inspire beaucoup. Et dans ton parcours entrepreneurial, parce qu'on a l'impression que tu as eu que des réussites, tu as lancé ta boîte à l'ancienne. Non mais bien sûr, je sais, je sais, avant même, je les connais pas, je connais pas les échecs, mais c'est sûr parce que tout le monde a des échecs, mais malheureusement les gens ont l'impression de voir que les réussites. C'est un biais cognitif qui fait qu'on voit que le positif sur les réseaux. On a l'impression que tout le monde réussit sauf eux, sauf nous. Donc dans ton cas de figure, t'as lancé ta boîte événementielle, ça a fonctionné. T'as lancé ta boîte avec ton ex, ça a fonctionné jusqu'à ce que l'aspect perso arrête de fonctionner. T'as lancé le blog, c'est incroyable. C'est quoi les échecs que t'as pu vivre?
Alors entre la boîte d'événementiel et la boîte de community management, j'ai essayé de monter une boîte avec un pote pendant 2-3 mois. Sauf qu'en fait, on préférait faire les cons à deux en réunion plutôt que de vraiment avancer sur le projet. Exactement. Encore, ça n'était qu'une bière. Et après, on a essayé de vendre ça à 4-5 clients avec en gros un projet qu'un mec avait monté en Suisse. On voulait monter le même en France, faire le copycat de ça. Et en fait, donc du coup, il y a beaucoup de raisons que ça marche pas parce que ça marchait en Suisse. Et en fait, on a juste été très mauvais, mauvaise exécution, mauvais pitch commercial, mauvais interlocuteurs. Enfin, on était mauvais, mauvais, mauvais, mauvais. C'est vraiment, tu fais la liste, c'est que des conneries. C'est vraiment, on a fait que des conneries. Et donc voilà, donc on s'est arrêté. Donc ça, c'était gros échec. Surtout, c'était en rebond de moi, modèle mensuel. Donc du coup, je pensais que j'étais le king, que tout me réussissait. J'étais en mode voilà, moi je réponds à quoi et tout. Et en fait, rien du tout. Ferme ta gueule, mon coco. Ouais, on va sortir tout de suite en fait, calme-toi, calme-toi. Et en fait, c'est un énorme échec, mais je me suis bien marré et j'en garde des très bons souvenirs avec mon pote. Donc pas de sujet, juste ça a été vraiment, ça a été 3 mois où on a vraiment genre travaillé sur un truc qui n'a produit même pas un résultat, c'est vraiment zéro résultat.
Il a produit des résultats indirects, des résultats dans ton mindset, dans— oui, mais aucun résultat en ROI, comme tu as dit, aucun résultat financier.
Quelques neurones en moins de nos réunions de pas travail, tu vois. Et voilà, mais c'était marrant. Et puis c'était une période où moi j'étais quand même encore, j'étais déjà en couple à l'époque, j'avais gagné du coup de l'argent de toute ma boîte d'événementiel. En vrai, ça va, tu vois. Mais c'est juste, pour le coup, ça m'a quand même bien calmé parce que pour moi, le truc avait marché ailleurs, il y avait aucune raison que ça marche pas. Et en fait, ça, il y avait toutes les raisons que ça marche pas parce qu'on a pas fait les choses bien.. Et il y a un deuxième échec, mais qui était plus amer celui-là, qui était: j'ai monté un label, un studio d'enregistrement de musique. On n'a jamais vraiment réussi à le faire décoller alors qu'on gagnait de l'argent. On devait sortir peut-être, c'est très faible, on devait peut-être sortir 5K par mois, un truc comme ça, à 2 avec un studio, tu vois. Donc en gros, en plus c'était l'appart de mon associé, donc en fait le loyer, on le, la boîte prenait la moitié, donc ça coûtait 600 balles. Donc on sortait, ouais, un K5 de cash chacun, tu vois. Et en fait, on a, on s'est assez peu payé, on s'est payé 2-3 fois, mais en fait on investissait surtout sur plus de matos, d'autres projets, de ce que tu veux. On quand même allé jusqu'à faire un clip et un son avec Dothéach et Bommel, qui sont un rappeur et un musicien assez connu, enfin assez connu, petite notoriété quand même, tu vois. En vrai, le clip a fait, je sais pas, 50 000 vues, et le son a fait peut-être 1 million de streams sur Spotify, tu vois. Donc pas dégueu, tu vois. Et mais en fait, là où c'était assez amer, c'est qu'on a jamais vraiment réussi à faire décoller le truc vraiment. Je me suis embrouillé avec le mec avec qui j'ai monté la boîte, qui était mon meilleur pote d'enfance, un brillant musicien, mais quelqu'un avec qui c'était devenu pénible de bosser, et qui je pense m'en a voulu d'arrêter, parce que c'est moi qui ai arrêté ma présence dans le truc, tu vois. Et je pense qu'il m'en a voulu que je revendais pas et que je me casse de ce truc-là. Et ça m'a rendu un peu triste parce que je pense qu'il y aurait eu du potentiel de faire ça. On avait une bonne thèse qu'on n'a jamais appliquée parce qu'on n'a jamais réussi à l'appliquer, mais qui était de réussir à faire un feat entre deux artistes, d'accord, sur un son original sponsorisé par une marque.
D'accord.
Ah ouais, donc je file l'idée, je file l'idée. Si des gens veulent faire ça, juste créditez-moi en générique, tu vois, invitez-moi sur le tournage. Mais en gros l'idée c'était tu prends— on arrivait à toucher des artistes assez gros parce que c'était le début du Kryon, donc on avait encore, on avait un début de réseau. On a eu Bob Sinclar au studio, on a eu, on a eu Bel Air au studio, on a eu quelques, quelques bons artistes au studio en vrai quand même, tu vois, une Emma Hoy, plutôt des bons artistes. Donc on commence à avoir plutôt un bon réseau. Et en fait le problème c'est qu'il fallait vendre ça à la marque et on avait aucune expérience pour le prouver, et que du coup on s'est pris un peu des murs là-dessus. Mais on n'a pas vraiment essayé, j'ai le goût un peu amer de qu'on a pas vraiment essayé. Et je suis sûr qu'une marque serait largement prête à payer 30 à 50K pour qu'un son et un clip fasse plus d'un million de vues et faire une belle opération là-dessus. Et je pense que beaucoup d'artistes seraient OK de faire ça, surtout si la marque est cool, genre Adidas, genre une marque de parfum, des choses qui se font aujourd'hui.
Il y a des sponsoring dans les films déjà, tu es sûr que des placements de produits, là ça serait vraiment pensé avec la marque.
C'est-à-dire qu'en gros, genre, je sais pas, tu sors, admettons, un son je sais pas, entre Krenetic et Sofiane Pamart, par exemple, un rappeur belge et un pianiste français, tu vois. Donc deux qui ont d'ailleurs des références ensemble, c'est pour ça que je dis ça. Et tu mets une marque du style, je sais pas, La Nuit de l'Homme de, je sais pas, tu vois, de La Nuit de l'Homme de Yves Saint Laurent, tu vois. Et en fait, ça fait un peu une espèce de, tu fais un peu un clip stylé design et tout, et en fait juste avec deux artistes trop stylés et qui pèsent. Et en fait, tu fais une petite DA, et pour peu que le son aille bien avec le produit ou le truc que tu veux vendre, en fait tout le monde est content, tu vois. Enfin, je sais pas, c'était l'idée qu'on avait dans la tête.
Et donc du coup, c'est ça, pour les gens là, les gens, regardez comment quand tu as deux cerveaux, ou du moins il y en a qu'un là dans le cas de figure, on peut sortir des idées. Et après, juste il faut aller dans l'action.
Premier degré, s'il y a quelqu'un qui se chauffe pour faire ça, s'il se chauffe pour trouver les sponsors qui font ça, nous on a tous les contacts d'artistes qu'il faut pour le faire, on les aidera à avoir les contacts d'artistes sans problème. En revanche, faut convaincre les marques de le faire. Exactement.
Donc ça, c'était deux plus gros échecs.
Ouais, et surtout parce que j'ai, entre les lignes, un peu perdu mon meilleur pote d'enfance au passage, tu vois.
Ouais, c'est sûr. C'est vrai que je comprends. Donc jamais pu relier des liens, passer à autre chose.
Non, pas vraiment. Mais bon, c'est aussi la vie, tu vois.
C'est la vie également. Et côté positif maintenant, dans le crayon, c'est quoi ton plus gros succès dans le crayon ou autre, ailleurs?
Mon plus gros succès dans le crayon, en vrai, c'est beaucoup sur la durée, mais je pense mon plus gros succès au crayon, ou en tout cas le moment où j'ai été le plus fier, C'est le moment où on a pris les apparts bureaux dans lesquels on est là aujourd'hui. Bon, maintenant on a 2 bureaux, mais notre premier gros bureau qui est dans le 8e arrondissement de Paris, dans un super appart et tout, quand on l'a pris, on savait pas du tout si on arriverait à tenir le niveau de revenu sur lequel on était pour réussir à maintenir ce truc-là. Et en fait, un an, un an et demi plus tard, on a dû prendre un 2e bureau parce que ça allait trop vite, tu vois. Et ça, ça a été vraiment, vraiment une vraie fierté parce que quand on l'a pris, on a vraiment dit en mode genre, ça se trouve, dans 6 mois, on se fait dégager parce qu'on peut plus payer, tu vois.
Pourquoi? C'est quoi l'ordre de prix?
C'est pas indiscret? C'est entre 5 et 6 000 balles par mois.
D'accord, ça va.
Et ça, alors que la boîte, la boîte est encore loin des chiffres qu'elle fait aujourd'hui, tu vois.
Aujourd'hui, elle fait beaucoup plus, effectivement. Parce qu'on est dans vos bureaux, vous faites les tournages?
On tournait dans notre bureau et puis maintenant, du coup, on tourne dans le deuxième local qui est vraiment, d'après, un deuxième local assez grand aussi, qui nous coûte à peu près le même prix, un petit peu moins, mais qui est vraiment en sous-sol où on a pu construire notre studio. On est en train de construire un deuxième dedans. D'ailleurs, ceux qui veulent louer des studios sur Paris, vous nous appelez. Et donc du coup là vraiment en train de vraiment scale un peu le côté boîte de prod avec les nouveaux locaux en fait. Et c'est pour ça qu'on les a pris aussi, c'est parce qu'on voyait bien qu'on commence à gagner pas mal d'argent avec la boîte de prod, le studio et boîte de prod. Du coup on a vraiment voulu faire un truc encore plus quali pour les clients qu'on avait et les futurs.
On arrive sur la fin de l'épisode. En vrai j'aurais encore pu te poser des centaines de questions parce que tu es tellement inspirant.
On se fera la manche retour chez moi.
Avec grand plaisir, avec grand plaisir. Mais parce que j'aime bien faire des épisodes qui durent pas plus d'une heure pour l'attention, parce que sinon après les gens ça part ailleurs, mais j'ai une question que je pose toujours à la fin de mes podcasts. La première, c'est: est-ce qu'il y a un sujet que tu aurais aimé aborder, que j'ai pas eu l'occasion d'aborder, et que, ou un enseignement ou quelque chose que tu aimerais partager ici et que j'ai pas, j'ai pas pu, ou j'ai pas su te poser la question?
Ouais, moi, juste revenir sur ce, non, tu as posé la question, mais juste revenir sur ce truc de, de pas être ouf scolairement et de s'en sortir par une autre voie. Je pense qu'on va vivre une époque inouïe à ce niveau-là et que s'il y a des gens qui écoutent et qui se sentent un peu délaissés du système parce qu'ils sont pas bons dedans, créez votre propre système ou changez d'environnement parce qu'il y en a plein d'environnements. Et tu en es aussi, toi comme moi, un très bon exemple où en fait tu changes complètement d'environnement et tu changes de vie. Et franchement, et je parle pour moi, j'espère que c'est ton cas aussi, mais pour beaucoup plus de bonheur et de satisfaction personnelle, tu vois.
Moi, je suis tous les jours en pleine gratitude. Des fois, je me réveille, c'est toujours une gratitude juste extraordinaire. Un jour, je parlais à ma femme. C'est une anecdote. Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui j'ai envie de parler. Ma femme me dit un jour, je lui dis ouais, je pense, un jour je galérerai. Je lui dis un jour, ouais, j'en ai marre, je pense que je reprendrai le salariat. Elle m'a regardé comme ça. Elle m'a dit: tu veux voir retourner dans un bureau, demander à ton patron de prendre des jours de congés, devoir finir à l'heure, Je lui ai dit: «Non, jamais de la vie.» Et elle m'a dit: «Tu vois tout ce que tu as accompli ?» Et je lui ai dit: «Mais en vrai, c'était un moment d'égarement, d'oubli de gratitude.» Parce que tu es tellement dans— je suis toujours dans la gratitude, mais des fois tu oublies. Et après, je suis revenu dans le recul et je me dis: «Mais en vrai, c'est bon, c'est vrai que ce que je suis en train de vivre, c'est juste extraordinaire et on a énormément de chance de le vivre.» Et des fois, on s'en rend pas compte, on s'en rend vraiment pas compte.
Tu as complètement raison et j'insisterai. C'est, je sais plus qui a dit ça, je crois que c'est Paul Graham, donc le patron du plus gros incubateur de startups aux États-Unis. Genre Stripe, Airbnb ou Discord. Voilà, ça se pose là niveau boîte créée. Et il disait: j'ai rencontré très très peu de boîtes qui sont mortes à cause de la concurrence, virgule, la majorité des entreprises meurent de suicide. Et j'avais trouvé ça incroyablement brillant parce que je pense que c'est une belle incitation à tout le monde de ne pas avoir le FOMO des chiffres et des succès des uns et des autres. Ce qui, moi, un truc qui m'a été, enfin, j'étais très sensible au FOMO sur les succès des uns et des autres. Je me disais, j'ai un esprit un peu de compétition où j'aime bien J'aime bien gagner, mais j'aime pas forcément gagner, mais j'aime bien qu'on garde les scores, tu vois, y compris quand ils sont en ma défaveur, tu vois. Et en fait, je me rends compte de plus en plus que oui, c'est bien de garder les scores, mais en fait, faut d'abord, surtout et tout le temps être concentré sur ce que toi tu fais et voir ce que font les autres comme de l'inspiration, mais jamais comme de la compétition. Parce qu'en fait, eux n'auront aucun impact sur ton business réellement, tu vois. C'est à des niveaux de boîtes qui pèsent plusieurs milliards que tu commences à avoir des sujets de concurrence, tu vois. Avant, c'est de la gnognotte.
Je suis entièrement d'accord. Merci beaucoup pour cet enseignement. Je te remercie vraiment d'avoir consacré une heure de ton temps pour les auditeurs de Connaissance Limitée et pour tout ce que tu as pu nous partager.
Bien sûr, je vous invite à— Petite annonce, juste, nous on recrute. Donc s'il y a des gens qui sont très forts en réseaux sociaux, n'hésite pas à me contacter sur LinkedIn ou par mail.
Bien sûr, on mettra bien sûr tous tes réseaux, c'est ce que j'arrivais à ça, on mettra tous tes réseaux LinkedIn, LinkedIn, tu me passeras ton mail si tu veux.
Bien sûr.
Pour que je puisse le mettre, mail, LinkedIn, Insta, pour que vous puissiez le contacter bien sûr. Merci pour la force, merci pour ce que tu fais et c'est juste incroyable. J'espère que Le Crayon va tout déchirer et que le million d'abonnés arrivera très rapidement sur YouTube.
On espère aussi.
Et qu'on puisse avoir des débats juste extraordinaires et j'espère que les prochains débats de la présidentielle, il y en aura dans Le Crayon parce que ça, ce sera super cool.
J'espère aussi, puis probablement très bientôt toi dessus aussi pour un petit débat.
On essaiera d'organiser ça avec grand plaisir, avec grand plaisir. Merci Valentin et à très vite. Prenez soin de vous, je suis, tu es, nous sommes tous illimité.










