De prof à illustrateur autodidacte avec Yannick Vicente : son parcours [Podcast #29]

Yannick Vicente left teaching to become a self-taught illustrator. A viral drawing in 2016 brought him 10,000 followers overnight, which he turned into a publishing house and over 35,000 books sold.
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Je le poste, je vais me coucher. Le lendemain, je me réveille, 10 000 abonnés, 800 messages dans ma boîte mail, des journalistes du monde entier qui me demandent des interviews, des machins et tout. Et moi, je suis là en mode: mais qu'est-ce qui se passe?
Je m'appelle Mohamed Bouclet, je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller Connaissances illimitées. Dans le podcast Connaissances illimitées, je reçois des invités au parcours extraordinaire pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissances Illimitées et j'ai l'honneur d'accueillir Yannick Vicente. Faire attention à comment on prononce son nom parce que j'ai eu droit à une masterclass juste avant sur la prononciation de son nom, sinon il allait me tuer. Donc voilà, c'est Yannick Vicente, je suis vraiment honoré de t'avoir avec nous aujourd'hui dans ce podcast. Il est illustrateur, il a écrit et co-écrit plus plusieurs livres, ou du moins illustré énormément de livres. Il a maintenant créé sa propre maison d'édition qui s'appelle Yo Éditions. Il est bien sûr entrepreneur en parallèle et il va nous parler de son parcours, de comment il a fait pour créer sa propre maison d'édition, comment il a fait pour en être là et vivre de sa passion. Parce qu'il n'y a pas énormément de personnes qui vivent de leur passion et surtout de l'illustration de nos jours et du fait d'être auteur. Et donc on a la chance d'avoir un auteur qui en vit et il en vit bien. Et aujourd'hui il va nous parler de tout ça. Salut Yannick, comment tu vas?
Salut Mohamed, merci beaucoup pour l'invitation. Écoute, ça va très bien en ce vendredi. Écoute, on est là.
Super. Est-ce que tu peux te présenter avec tes propres mots? Moi j'ai une petite présentation, mais toi, comment tu peux te présenter?
Bien sûr. Alors moi, ben voilà, je suis Yannick Vicente, j'ai 38 ans, je suis papa de 2 enfants et je suis illustrateur autodidacte, c'est-à-dire que j'ai jamais pris un seul cours de dessin. Et aujourd'hui, je suis aussi un peu entrepreneur. Je rentre un peu dans cette case-là, même si j'ai un peu du mal à me définir encore comme entrepreneur. Finalement, c'est ce que je fais, quoi. Donc je suis un peu tout ça, quoi.
D'accord. Et tout à l'heure, en off, on en parlait, on en a pas mal déjà discuté ensemble. Et je sais que l'aspect autodidacte est pour toi très important. Donc illustrateur autodidacte. Comment tu t'es mis au dessin?
Alors, je vais d'abord t'expliquer pourquoi c'est hyper important pour moi. Parce que déjà, j'ai un énorme syndrome de l'imposteur. Donc c'est un truc qui me caractérise, c'est que j'ai du mal à m'identifier. J'ai eu beaucoup de mal à m'identifier en tant qu'illustrateur. Pendant des années, j'ai dessiné. Ça fait plus de 10 ans que je dessine. Et je pense que je me considère vraiment comme illustrateur depuis 2 ans à peu près, 2-3 ans. Alors comment j'en suis arrivé là? C'est tout simple, je suis devenu papa en 2011 et en fait je dessinais un petit peu pour moi, je gribouillais et on m'a proposé de faire un bouquin, un livre pour enfants et en fait le chemin il a été: je suis peut-être pas fait pour ça mais en tout cas ça me ferait rire qu'un jour ma fille puisse avoir un un livre fait par moi dans les mains. Et c'est parti de là. En fait, vraiment, j'ai fait ce livre pour le délire plus que pour autre chose. Et grâce à ce livre, en fait, j'ai commencé à rencontrer des gens. J'ai fait des salons du livre, tu vois, comme nous, on s'est rencontrés sur un salon du livre au final. Et tu vois, j'ai rencontré des gens qui m'ont sollicité d'abord en me disant: «Bah voilà, t'as fait un bouquin, j'aime bien ce que tu fais, pourquoi pas, on y va.» on peut se lancer. Donc j'ai commencé à faire ce genre de petits bouquins pour enfants. Et en parallèle, du coup, j'ai commencé à alimenter un petit peu mes réseaux sociaux. D'abord Facebook, parce que j'ai mis énormément de temps à venir sur Instagram. Et jusqu'en 2016, ouais, j'ai dû commencer mes réseaux sociaux à peu près à cette période-là, en 2011. Et jusqu'en 2016, j'avais 600 abonnés.
OK, waouh, pendant 5 ans quasiment personne sur le groupe Facebook, mais tu avais déjà fait un premier livre, donc tu avais déjà eu—
J'avais même fait plusieurs livres, j'avais dû faire une dizaine de bouquins déjà.
Juste pour les personnes qui vont nous écouter, depuis tout à l'heure il a une super grosse montre, donc ceux qui vont écouter le podcast et non pas la vidéo, vous verrez qu'il a une super grosse montre et à chaque fois qu'il tape sur le bureau on entend un petit bruit de tic.
Toc toc toc. Ah, je l'enlève.
Ça paye tellement l'illustration que sa grosse Rolex fait du bruit. Donc c'est peut-être pour ça, je voulais le préciser.
Pardon.
Non, c'est pas vrai. Ceux qui verront la vidéo, non, c'est juste une montre normale. Mais c'est juste pour le préciser. Ouais, il l'a enlevée, ça va. Vas-y, dis, je te coupe.
Je t'ai coupé. Donc du coup, en fait, ce qui s'est passé, c'est que On en était à...
On était sur 5 ans, tu as eu que 600 abonnés. Incroyable.
Ouais, 600 abonnés. Et ce qui est assez incroyable, c'est que c'est là qu'on se rend compte de la force des réseaux sociaux. C'est quand même du jour au lendemain, j'ai pris 10 000 abonnés.
Sur une illustration qui a explosé, sur un truc qui a...
Sur une illustration qui a explosé. Je la publie, je me souviens, alors j'étais Pour recontextualiser, en fait, donc j'étais papa solo, séparé par la distance aussi physique de ma fille, parce qu'en fait je suis devenu professeur des écoles. D'accord. Et j'aimerais bien te refaire vraiment le schéma complet.
Vas-y, prends le temps, comme ça les gens vont comprendre et vont dire comment.
Je suis devenu papa, j'étais en formation, j'avais pas de taf, enfin j'étais prof des écoles mais suppléant. On appelle ça, c'est-à-dire qu'en gros j'étais remplaçant, j'étais titulaire de mon poste, je gagnais un truc comme 1200 balles par mois, donc c'était assez compliqué. Et je me sépare de la mère de ma fille, donc moi je bosse mon concours, tu vois, parce que derrière il y avait le «il faut absolument que je puisse avoir mon concours pour sécuriser le truc parce que ça va pas du tout là », j'étais dans un truc trop instable. Je réussis mon concours et je suis affecté à Marseille dans les quartiers nord, c'est-à-dire à 100 bornes de chez moi. Donc clairement, moi j'appelle, tu vois, je leur dis mais les gars, c'est loin, j'ai une fille, c'est loin, c'est compliqué et tout. Et ils m'ont clairement dit bah tiens mec, donc tu vas aller dans les quartiers nord de Marseille, sinon bah tu perds ton concours quoi. Et moi je l'ai travaillé pendant 3 ans le concours. Donc du coup, je me retrouve solo à Marseille, d'accord, loin de ma fille, et avec, je connais, dans une ville que je connaissais pas, je connaissais personne et tout. Donc je me mets à dessiner, voilà, en rentrant du taf, au lieu de, je me mets à dessiner, je fais un dessin sur ma fille en disant qu'elle me manquait en gros et qu'elle me portait, surtout qu'elle me donnait de la force, tu vois. Et je le poste, je vais me coucher, le lendemain je me réveille, 10 000 abonnés, 800 messages dans ma boîte mail, des journalistes du monde entier qui me demandent des interviews, des machins et tout. Et moi je suis là en mode mais qu'est-ce qui se passe en fait?
Ils avaient tellement adoré ton illustration et en avaient parlé tellement.
C'est ça, mais en fait alors il y a un côté un peu rigolo, c'est qu'on est vraiment dans le, en gros on est un papa qui exprime ses émotions. Et il y a encore 5, 6, 10 ans en arrière, c'était Ouais, c'était en 2016.
Donc ouais, c'était déjà en 2016. Ouais, là aujourd'hui on en parle plus, on met plus un peu ça en avant, mais ouais, il y a 7 ans, c'était pas la même chose.
Ouais, c'est ça. Et donc du coup, c'est ça qui a un petit peu interpellé. Donc moi, je me suis un peu prêté au jeu, tu vois, je me suis dit: «Ouais, ok, pourquoi pas?» Pourquoi pas, quoi. Et donc il y a une, je me souviens, journaliste pour Upworthy, c'est un gros média américain. Qui me demande une interview et il me dit: le 1 dessin c'est bien mais c'est pas assez, tu devrais en faire une dizaine. Et moi je me dis bon ok, en même temps j'ai des choses à dire tu vois, j'ai des choses à... Et donc je me fais ces 10 dessins juste pour cet article-là tu vois. Et je me dis ok bon allez on y va. L'article sort et là carnage aussi, ça repart, des dizaines de milliers d'abonnés encore, je me retrouve mais la folie. Et le Le truc de fou, c'est que cet article-là est repiqué par plein d'autres médias qui reprennent la source pour venir faire un article en disant «Yannick...» Exactement. Et donc du coup, je me retrouve traduit au Japon, dans des pays que je connais même pas, des trucs dans des dizaines de langues et tout. Et c'est comme ça que ça commence. Et moi, je suis toujours prof des écoles, tu vois. C'est sûr que je vais faire mon taf dans mes quartiers nord de Marseille et tout. Et le soir?
Tu gères ta célébrité.
Et j'avais l'impression d'être un peu Batman, tu vois. Je mettais mon masque d'illustrateur et le soir je faisais mes dessins et tout. Et je te disais, j'étais dans une période un petit peu de galère financière parce que je me retrouve papa solo, je dois payer un loyer dans une ville que je connais pas, machin. Enfin, c'était assez compliqué. Et donc pour arrondir mes fins de mois, je faisais des petits dessins, tu vois. Que je vendais 20 balles à l'époque. Et donc voilà, on propose des projets, on propose des bouquins et tout. Moi, je faisais ces petits dessins pour un petit peu essayer de vivre de mes dessins, mais voilà, c'est pas dingue. Un jour, je me trompe en envoyant un devis à une nana, elle m'a dit «ouais, j'aimerais vraiment un dessin de ma famille et moi» et tout. Et Au lieu de lui envoyer ses 20 balles, je lui ai envoyé ses 200 €.
Et c'est passé.
Et en fait, la nana me dit: OK, ben écoute, je te rajoute aussi 50 balles pour l'envoi. Et en fait, tu vois, je pense qu'il y a eu un switch à ce moment-là où je me suis dit: OK, donc en fait, ça y est, j'ai franchi une étape, tu vois. Je commence à avoir un petit peu de valeur sur le marché de l'illustration. Et donc on est en 2017 ou 2016, 2017, on est toujours dans la même période, tu vois. Et vraiment, je taffais 8 heures sur un dessin que je vendais 20 balles, tu vois. Ça me, c'était une cata.
La passion que, bien sûr, c'est de la passion.
Ouais, c'est ça. Et c'était, et puis c'était même alimentaire parce que je, voilà, c'était vraiment galère. Papa solo, c'était vraiment la merde. Donc ça passe. Et là, on va toujours, on propose des petits bouquins, tu vois. On me propose de faire des bouquins, moi je les fais, je fais mes petits trucs à ma petite échelle, tu vois, on est sur des petits tirages, on est sur du 1000 exemplaires, du machin, ça se vend pas trop mal parce que du coup je commence à avoir une communauté intéressante. Et puis surtout je fais une rencontre qui va changer ma vie, tu vois. Là je fais une rencontre en 2019, je rencontre l'auteur avec qui j'ai fait 3 best-sellers déjà., qui s'appelle Olivier. Il est connu sur les réseaux parce qu'il a une page qui s'appelle Papa Chouche. Et en fait, je reçois un message un jour d'Olivier qui me dit: voilà, j'ai suivi ta précédente campagne de financement participatif. J'avais fait une petite campagne, tu vois, un petit truc. Le livre était financé, il est sorti, j'étais content. Il a participé au projet et il m'écrit, il me dit: voilà, j'ai une idée, j'aimerais faire un livre pour enfants et» Et j'ai pensé à toi pour les illustrations. Super! Moi du coup...
Il est édité dans une maison d'édition? Il a une maison d'édition?
Alors lui, il était édité dans plein de maisons d'édition, mais c'est la première fois qu'il faisait un album jeunesse. Donc il écrit un petit truc, il me l'envoie et il voulait faire un truc avec du double sens pour les parents, les enfants et tout machin. Et moi, je le lis une première fois, je dis «OK, mais il va falloir vraiment le retravailler.» parce que c'était un petit peu compliqué. Il le retravaille, on l'envoie à des maisons d'édition et en fait lui il a, pour te donner une idée, il a 600 000 abonnés sur Facebook, un truc comme ça. Moi je suis autour des 100 000, pas loin, 93 000, un truc comme ça. Et donc du coup on a quand même mine de rien un poids un peu sur les réseaux, tu vois. On l'envoie à plusieurs maisons d'édition en disant qui on est évidemment, en se disant que ça va jouer en notre faveur. Et je crois que le pire message qu'on a reçu c'est une maison d'édition qui lit le texte et qui nous dit: moi j'édite pas ça et en plus vous en vendrez zéro. Tu vois, mon associé, il a un caractère, il est combatif, tu vois, voilà, il est hyper combatif. Moi, j'avais plus tendance à me dire: bon ok, tant pis, tu vois, c'est pas grave. Et lui, il me dit: mais non, on va pas faire ça. Et j'ai dit: mais alors, on a quelle solution? Moi, je suis sorti d'un financement participatif, j'ai dit: on n'a qu'à faire un financement participatif en fait. On a les communautés qui font que c'est possible. On a des idées et puis honnêtement, on est capable de vendre. Enfin voilà, nous on s'était fixé un objectif de vendre 2000 bouquins, ce qui est quand même beaucoup dans le monde de l'édition et de la jeunesse. Voilà, faut savoir qu'en édition jeunesse, un livre il sort à peu près à 500 exemplaires par an, tu vois.—
Ah oui, d'accord!—
Des chiffres que moi, que je tiens d'une libraire qui m'avait donné ça, tu vois. Et voilà, bon, on se lance, on se lance dans le projet. Franchement, c'est fou. On prépare le truc et tout, on lance le projet, le financement participatif. Et au bout de 4 jours, le livre est financé, donc sur une campagne qui dure 40 jours. Et au bout d'une trentaine de jours, on passe les 10 000 exemplaires vendus, donc best-seller.
Best-seller, il n'est pas encore imprimé?
Le livre, on a fait un best-seller avec 3 extraits de textes et 2 dessins.
Est-ce que vous avez envoyé cette info à l'édition qui dit vous en vendrez zéro? Tenez, on en a déjà vendu 10 000 avant même que le livre sorte.
Non, mais par contre, t'inquiète que derrière, les gens, ils ont, enfin tu vois, l'appât du gain, il est incroyable chez les éditeurs parce que nous, on a eu des propositions derrière. Incroyable. Des maisons d'édition qui nous envoyaient littéralement des mots genre: nous, on veut croquer dans ce que vous êtes en train de faire. On a reçu ce message-là avec mon associé: nous, on veut bien éditer votre livre, mais par contre, on va croquer sur votre campagne, quoi. On l'a reçu comme ça, le message. Et en fait, donc du coup, moi, ils ont au culot, eux. Non, au culot. J'ai fini la campagne On finit la campagne à 19 300 bouquins, je crois. La campagne se termine, j'appelle mon associé, je dis: «Bon, ben bravo, super campagne et tout. Et maintenant, on fait comment pour imprimer 19 000 livres, pour envoyer 19 000 livres?» J'ai fini les dessins pendant la campagne, donc le livre n'était même pas terminé. Il me dit: je sais pas, mais on va se renseigner. Et en fait, on est parti comme ça. On a trouvé un imprimeur par chance. On avait déjà quelques contacts, tu vois. Moi, j'avais des contacts avec une maison d'édition qui avait édité un de mes bouquins. On était resté en super bonnes termes et tout. Et donc, il nous a vraiment aidé à trouver un imprimeur. On s'est renseigné pour l'expédition des livres. On s'est renseigné, on avait des copains qui nous ont aidé pour la fabrication des goodies, des machins et tout. Et en fait, on a validé le truc, on a fait le livre, on l'a envoyé et les gens ont été hyper surpris de la qualité du livre et ils l'ont adoré. Aujourd'hui, on est à 35 000 exemplaires vendus de ce livre-là.
D'accord, toujours en autoédition sur ce livre-là ou vous l'avez passé?
Alors, on a passé sur notre maison d'édition puisqu'on a créé une structure du coup après.
Ah, c'est toujours ton associé sur Yoh Éditions, il est associé avec toi?
Ouais, ouais, ouais, carrément. Et donc, on fait une levée de fonds incroyable sur ce financement. Et à l'issue de ce projet qui devait être un one shot, nous on avait vraiment, c'était pour le fun de faire un livre, tu vois. Et en fait, il me proposait le projet qu'on m'avait proposé en 2011 où je me suis dit, bah, ce serait cool que mes enfants puissent lire un livre. Et lui, il s'était fait la même remarque, tu vois. Et un soir, il m'appelle, il me dit, bon, j'ai réfléchi, on a fait ça, on l'a fait de A à Z, on a monté ce projet de A à Z. Il me dit: «On fait quoi maintenant de ça ?» Soit c'était un one shot, on n'en parle plus et on l'a fait, soit on se lance et on crée une maison d'édition vraiment et on édite nos futurs bouquins, quoi.
Mais quand tu as créé ta maison d'édition, donc c'est à ce moment-là que vous choisissez de créer votre maison d'édition, en parallèle tu es quand même édité par Le Duc ou c'était...?
Oui, je suis édité par Le Duc. Et donc du coup, si tu veux, je connais lui et moi, on a déjà été édité, lui dans des maisons comme First et tout, moi chez Le Duc qui est le groupe Albin Michel. Là, j'ai un bouquin qui va sortir chez Larousse, tu vois. J'ai toujours travaillé avec des maisons d'édition. Je le fais plus pour le kiff de me dire j'ai sorti un bouquin dans une grosse maison d'édition que pour la thune parce qu'on sait ce que c'est, et toi et moi, d'être édité. On sait que les pourcentages de l'édition, c'est compliqué pour les auteurs. Et on sait qu'aujourd'hui, dans les chiffres, il y a 95% des auteurs et des illustrateurs qui ne vivent pas de leurs bouquins, tu vois.
Et donc, parce que là, ce que je comprends, tu as un premier succès avec ton premier livre qui est en autoédition. À ce moment-là, tu n'es pas encore édité par Le Duc ni qui que ce soit?
Si, je faisais en parallèle. Mais moi, quand je te dis que je travaillais, quand je te dis que je travaillais beaucoup, C'était pas des blagues, c'est-à-dire que je faisais mon boulot de prof, je me levais le matin à 7 heures, j'allais bosser, je passais ma journée jusqu'à 18 heures à peu près, je consacrais ma journée à mon métier d'enseignant. À 18 heures, j'étais chez moi et je dessinais jusqu'à 2 heures du matin.
Tu as dessiné pour ce livre en autoédition et pour les livres que tu avais reçus en édition avec qui tu avais proposé de faire illustrateur pour des personnes ou Ou autre? D'accord, ah, tu as cumulé les deux. À quel moment tu t'es dit c'est bon, j'arrête d'être enseignant et c'est bon, je me lance?
C'est arrivé il y a maintenant 2 ans.
En 2021, juste à la sortie du COVID?
Ouais, alors non, plus précisément en 2022 en fait. 2022, c'était l'année dernière. Ça fait un an en fait que je suis en Que j'ai arrêté un peu plus d'un an même, puisque c'était en mars l'année dernière. Mais en fait, clairement, j'aurais pu arrêter avant, mais j'avais un petit peu des angoisses par rapport à mon syndrome de l'imposteur, à un rapport un peu particulier à l'argent où j'ai vraiment peur de manquer parce que j'ai vécu pendant quelque temps en dessous du seuil de pauvreté et que c'était hyper compliqué, tu vois, de de me dire que je pouvais faire vivre ça à mes enfants, tu vois.
Aujourd'hui, tu es en dispo, tu t'es mis en dispo.
C'est ça.
Et tu t'es mis en dispo aujourd'hui, mais je voulais revenir sur l'aspect syndrome de l'imposteur pour toutes les personnes qui nous écoutent. Il y a beaucoup de personnes qui ont ce syndrome. Comment toi, tu l'as soigné entre guillemets, ou si une personne était là, si quelqu'un était là et disait voilà, Yannick, moi j'ai le syndrome de l'imposteur. Ce serait quoi les conseils que tu donnerais pour qu'il n'ait plus ce syndrome? Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu.
Mais alors, je pense que je parle peut-être mieux pour les autres que pour moi.
Si moi j'arrive, je dis voilà Yannick, tu sais, j'ai écrit un livre, ça se passe bien, mais moi j'ai le syndrome de l'imposteur, j'ai pas l'impression d'être à ma place, les gens me critiquent.
«Je sais pas, qu'est-ce que tu me conseilles?» De toute façon, il y aura toujours des détracteurs, tu le sais. On est dans un milieu où c'est compliqué, l'édition, les livres et tout. Il y a tellement d'appelés et peu d'élus, tu vois. Moi, j'ai encore un problème avec ce syndrome de l'imposteur. Vraiment, ça commence à rentrer dans l'ordre, tu vois, mais il m'a fallu vraiment du temps. Après, dire à une personne qu'elle mérite d'être à la place où elle est, Déjà ça, tu vois, je sais pas si ça aide parce que, parce que, enfin voilà, tu cherches forcément la validation de tes pairs. Mais aujourd'hui, quand moi je dis ça à une personne, j'ai suffisamment de crédit pour que ça puisse aider, tu vois. En fait, j'ai parlé avec des illustrateurs qui, tu vois, moi je le vois quand des gens commencent à me parler et qui me disent ouais mais toi, t'imagines tout ce que t'as fait, tout ce que t'as machin et toi. Mais en fait moi je me retrouve, enfin tu vois, ce qui me gêne dans mon syndrome de l'imposteur, c'est que je trouve que je dessine pas bien. Je trouve que j'apprends tous les jours en fait. J'apprends toujours à dessiner puisque je me suis formé tout seul, tu vois.
Est-ce que, je vais te poser une question, est-ce que bien dessiner c'est juste avoir une bonne touche ou avoir un beau dessin ou c'est plutôt le message que tu veux faire passer derrière? Un bon illustrateur, pas un dessinateur, un bon illustrateur, est-ce que c'est une personne qui dessine super bien ou c'est une personne qui dans l'image qu'il met, il arrive à faire passer le message des paroles qu'il veut donner? Tu vois ce que je veux dire?
Tu as compris? J'ai saisi la différence. Alors moi je pense que j'arrive à bien faire passer les messages. Mais que mes dessins sont perfectibles. Et c'est ça, et c'est ça pour moi ce qui me frustre un peu. C'est-à-dire que, parce que moi j'étais prêt à me payer des cours de dessin, tu vois. Bon, là j'ai un peu abandonné l'idée parce que le temps me manque.
Mais après, tu pourras plus dire en storytelling que tu as jamais payé de cours de dessin. Tu pourras plus dire non, non, non, non, là tu vas tuer tout ton storytelling. Là c'est mort, là c'est mort.
Exactement, mais oui, il y a quand même une frustration sur la qualité du dessin, même s'il est indéniable que j'ai progressé.
Moi, je trouve tes dessins incroyables. Moi, je te suis sur les réseaux, je regarde tes dessins, je les trouve très beaux. Et surtout, pourquoi je t'ai posé, je t'ai dit ça juste avant, c'est que effectivement, moi, je fais de la carte mentale, je fais du mind mapping. Donc, dans le mind mapping,, il y a un aspect illustration. Donc, c'est la carte mentale, on en parlait un peu en off par rapport à une personne dans ta famille, ton frère qui aimerait découvrir la carte mentale. Dans la carte mentale, on fait des dessins et on fait ce qu'on appelle du dessin pour la pensée visuelle. Et pourquoi je dis du dessin pour la pensée visuelle? Parce que quand j'enseigne le dessin aux élèves, moi je ne sais pas dessiner, je te dis, je ne sais pas dessiner, mais je ne leur dis pas je vais vous apprendre à dessiner, je ne leur dis pas vous allez devenir Picasso, Je vous apprends à faire des dessins que vous allez être capable de comprendre parce que c'est du dessin pour la pensée visuelle. Je vais vous apprendre à faire une voiture qui est belle, propre. Est-ce que c'est la plus belle des voitures au monde? Non, mais tout le monde, quand on verra le dessin, on verra une voiture parce que tu as un message à faire passer. Et ce message, c'est le message que tu vas passer pour ton cerveau parce qu'une image vaut mille mots et que tu vas plus facilement retenir l'information en regardant cette image avec tout ce que cette image implique que d'écrire le mot voiture parce qu'en dessinant la voiture, tu vas voir le transport, la galère, les bouchons, en fonction de ce que tu voulais faire passer comme message. Et c'est ça que j'ai envie de— Pourquoi je te dis ça? C'est que moi, quand je regarde tes images, déjà moi, je les trouve très belles par rapport à moi, parce que tout le monde, c'est en fonction de son échelle de valeur. Moi, par rapport à moi, je trouve que tu dessines extrêmement bien, mais surtout, ta force, après c'est plus d'après ce que je peux voir, c'est que tu arrives à faire passer un message. Et ça, la chose la plus importante. Je voyais une image, une illustration de toi avec la Terre, le Soleil, l'univers, la galaxie, et après un grand cœur, mais qui fait: mon amour, l'amour que j'ai pour toi, un truc comme ça. Je ne me rappelle plus exactement ce que tu as mis en dessous, mais l'illustration, elle est incroyable. En fait, le message, il est incroyable derrière ça.
Ouais, bien sûr. Mais après, ce qui est marrant, je rebondis un petit peu sur le mind mapping, mais en gros, moi, j'ai toujours eu, enfin, Je fais une petite digression comme ça, mais j'étais, moi j'ai toujours dessiné, tu vois, depuis que je suis tout petit, depuis que je tiens un crayon à l'école, j'ai toujours dessiné. Et j'avais des facilités à l'école, tu sais. Et ce qui est marrant, c'est que j'ai toujours dessiné pendant mes cours. Wow. Toujours. C'est-à-dire que moi, j'ai traversé toute ma scolarité en dessinant. Alors j'ai vécu des choses compliquées parce que harcèlement scolaire, machin et tout, donc j'ai J'ai dû redoubler, j'ai dû machin et tout, mais j'ai toujours eu des facilités. Et en fait, les gens, je reparle avec des gens qui étaient avec moi au collège, au lycée, machin et tout, et qui me disaient putain, mais je sais pas comment tu as réussi à avoir tes diplômes, à finir machin, tu faisais que dessiner. Et en fait, tous mes cours étaient remplis de dessins. Et en fait, vraiment, pour moi, c'était quelque chose où les choses rentraient ma tête par le dessin. Par exemple, je sais pas moi, on faisait un cours sur la Seconde Guerre mondiale, moi je m'amusais à dessiner des chars, des machins, des trucs comme ça, et ça me faisait rentrer les informations dans la tête, tu vois.
C'est exactement, c'est d'utiliser l'aspect visuel, ton intelligence visuo-spatiale, et d'utiliser également cet aspect kinesthésique, le fait de dessiner pour ancrer l'information.
Ouais, et moi ça a été vraiment hyper fonctionnel et c'est pour ça que, enfin, vraiment je suis hyper curieux de voir ce truc sur le mind mapping parce que je me dis que c'est vraiment quelque chose qui a marché pour moi. Alors c'était pas, j'imagine que c'est pas abouti comme ce que tu proposes, mais c'est intéressant, ça m'intéresserait de jeter un coup d'œil sur ça en tout cas.
Voilà, fini la digression. De toute façon tu auras accès à la formation, tu pourras regarder et tu pourras suivre Tout ça. Il y a un deuxième sujet que je voulais vraiment aborder avec toi, c'est que dans tes illustrations, dans tout ce que tu proposes, tu parles beaucoup de ton amour, de ton lien de parents. En vrai, c'est cet aspect parentalité qui est beaucoup mis en avant parce que tu as des illustrateurs sur plein de thématiques, mais une des choses qui te caractérise le plus, et tu le disais tout à l'heure aussi, c'est ta relation entre toi et ta fille et cet aspect parentalité. Est-ce que, comment tu en es arrivé à vouloir te nicher sur cet aspect-là? Pourquoi c'est aussi important pour toi?
Je pense que ça s'est imposé, tu vois, c'est pareil, c'est comme les livres jeunesse, mine de rien, je le fais pour mes enfants aussi, tu vois. C'est quelque chose, quand je dis que, en fait, mes enfants m'ont fait en tant qu'illustrateur et qu'artiste, tu vois. Je suis devenu illustrateur quand je suis devenu papa et aujourd'hui je le sais que voilà, je pense que je suis devenu illustrateur par amour pour mes enfants vraiment. T'en as plusieurs maintenant? Ouais, j'ai un petit gars aussi qui a 4 ans maintenant et vraiment pour moi c'est une façon de dire les choses aussi. Tu sais, je suis pas un grand communicant. Je te l'ai dit avant de lancer le podcast, tu vois, je suis pas un très grand communicant, mais j'arrive à faire passer un petit peu des trucs dans mes dessins, tu vois.
Et c'est quoi ton processus d'écriture? Mais là, c'est pas d'écriture, mais d'illustration. Comment, quand t'as la feuille blanche, est-ce que tu as déjà conscientisé ton processus? Comment tu fais pour y aller?
Ça va dépendre des fois. Il y a des fois où j'ai envie d'aborder des sujets qui me touchent ou qui me questionnent. J'ai traité par exemple des sujets comme l'hypersensibilité ou le droit des femmes ou enfin voilà des sujets qui m'intéressent, qui me questionnent, des questions de société finalement et je crois que c'est mon rôle des fois en tant qu'artiste de parler de sujets comme ça. Et puis il y a des fois c'est des situations de vie, des trucs un peu plus rigolos, des trucs un peu plus légers. Tu vois là, style ma dernière illustration postée hier, c'est sur le cadeau de la fête des pères où j'ai reçu un truc un peu spécial pour la fête des pères, ça m'a fait beaucoup rire tu vois. Ah ouais, bah écoute, j'ai tellement envie de te montrer ce que j'ai reçu.
J'ai reçu ça et vive l'école parce que c'est parce qu'ils ont fait ça à l'école, c'est comme ça que j'ai reçu ça, du grand qui m'a fait ça, sinon je crois que j'aurais rien eu.
C'est vrai, attends, je vais te montrer ça, tu as 2 secondes.
Pour tous ceux qui regarderont la vidéo, ils pourront regarder et voir nos cadeaux.
Ces autres, ils vont écouter Écoutez, mec, j'ai reçu un porte-téléphone en bouchon de liège qui est complètement— alors c'est très drôle parce que le téléphone ne tient pas dessus. D'accord, ça m'a fait beaucoup rire.
Du coup, c'est quoi? C'est quelqu'un qui l'a fait? Ta fille qui l'a fait?
Ou c'est mon fils? C'est mon fils, 4 ans, mon fils 4 ans maternel. Voilà, bon, c'était drôle parce que le téléphone ne tient pas dessus, machin et tout. Et je disais Et j'en ai fait un dessin pour rigoler, tu vois. Mais voilà, c'est un beau souvenir. Ouais, beau souvenir. Et du coup, j'en ai fait un dessin, donc je l'ancre, tu vois. Pour moi, je l'ancre dans mon— ça reste une façon aussi de garder une trace des choses, tu vois. Finalement, c'est un genre de mind mapping de ma vie, quoi.
Et donc, c'est plus au feeling, en fonction de ce que tu ressens sur le moment présent, qui va te pousser à dessiner? Dessinée, mais quand tu as un livre, parce que quand quelqu'un vient et donne un livre et tu dis maintenant faut que tu l'illustres, comment?
Bah là le processus il est encore différent, c'est-à-dire que moi je pars des écrits pour réaliser mes dessins, donc à partir de là je vais m'inspirer des sujets qui sont proposés dans le bouquin. Alors c'est vrai et c'est faux d'ailleurs, parce que j'ai quand même fait 2 bandes dessinées chez Le Duc que j'ai quasiment scénarisé complètement, tu vois. Et donc c'est que des idées que j'ai eues moi, et beaucoup en tout cas à moi. Il y avait aussi un co-auteur pour m'aider un petit peu à cadrer le truc, mais donc ouais, c'est de la commande et moi je fais ce que je sais faire en fait.
Tu as pas consenti, ça arrive d'un coup, tac, tu dis ah je voudrais essayer, tu y vas et tu pars.
Ouais, c'est ça. Et c'est marrant, mais justement, cette niche de la parentalité, dans mes prochains bouquins, j'aimerais bien en sortir un peu, tu vois. D'accord. Parce que je me rends compte que je suis pas que ça, tu vois.
Bien sûr, tu es plein d'autres choses.
Je suis plein d'autres choses, tu vois. Aujourd'hui, on parlait, je suis aussi devenu un entrepreneur mine de rien, parce que je gère, je suis cofondateur d'une maison d'édition avec mon associé, une maison d'édition qui a sorti une vingtaine scène de bouquins, tu vois.
Et ça a fonctionné bien la maison d'édition?
Ouais, ouais, ça fonctionne bien parce qu'on a une super communauté et qu'on a toujours mis un point d'honneur à faire des livres de qualité. Ça, c'était hyper important. On voulait pas se lancer dans une maison d'édition pour faire des trucs cheap, tu vois. On connaît des maisons d'édition qui se lancent, qui ont pas forcément les épaules et tout. Nous, c'était vraiment— nous, on voulait faire les choses bien ou pas les faire, tu vois. Donc voilà, on sort des bouquins, on sort des super livres, les retours sont incroyables. C'est que des albums jeunesse.
Ouais, que des albums jeunesse, c'est que pour les enfants. Donc ouais, ça c'est super.
On est issus tous les deux avec mon associé de ce milieu-là, c'est-à-dire que moi j'ai été prof des écoles dans les quartiers nord de Marseille, lui il était éducateur spécialisé, tu vois. Donc on a un rapport avec la jeunesse qui est assez fort parce qu'on a vécu des choses très dures et des choses à la fois dont on peut rigoler, qu'on peut dédramatiser, mais on a vécu des conditions de travail compliquées, tu vois.
Et t'as pas dit aussi que t'es collectionneur de baskets?
Ouais, j'aime un petit peu les baskets. Et ça, c'est ma revanche un petit peu sur les années de frustration où je pouvais pas avoir ce que je voulais, tu vois.
Et donc là, t'en achètes une tous les 2 mois ou quoi? Dès qu'il y en a une nouvelle qui sort, tu prends la nouvelle couleur?
Ouais, un peu ça, c'est un peu ça, c'est devenu, c'est presque grave.
Là, t'as toutes les couleurs, il n'en manque plus.
Ouais, il y a pas mal de couleurs là. Il y en a 2-3 quand même qui me font encore de l'œil dans ce qui va sortir prochainement, mais bon.
Ok, il y a un point aussi auquel t'es très confronté dans le cadre d'illustrateur, c'est les gens qui utilisent tes images. Et qui les mettent sur les réseaux. On va dire, il y a plein de gens qui vont prendre des passages vidéo et vont les couper pour faire des vidéos millionnaires, millionnaires, des trucs comme ça là. Et toi, c'est autre chose, c'est les gens vont prendre tes illustrations, enlever ton nom, ou même prendre l'illustration, enlever le sous-titre, on va dire, ce que tu as écrit comme information en lien avec cette illustration et l'utiliser. Comment toi tu vis avec ça?
Moi, ça me rend fou, ça me rend dingue. Je, vraiment, là, c'est dur, c'est dur pour moi à gérer parce que derrière une illustration comme ça, déjà, tu vois, moi, c'est tout un travail créatif, tu vois. Il va y avoir la réflexion, il va y avoir le dessin, il va y avoir le post, les attentes du post. Parce que quand on le poste sur les réseaux sociaux, malgré tout, même si on te dit ouais mais c'est pas important les réseaux sociaux et tout, machin, tu as des attentes, tu vois. Ça te la procure, ça te procure ton petit pic de dopamine, tu vois, et de machin. Et derrière, tu as des pages qui, sans scrupules, récupèrent le dessin, suppriment la signature, la recadrent et repostent ça et font 20 000 likes. J'ai eu déjà, j'ai déjà une clinique qui m'a fait ça, qui a pris mes dessins sur la parentalité, qui les a publiés et qui a fait 100 000 partages. Je sais pas si tu imagines ce que ça fait. Pas like, 100 000 partages. Donc le machin il a eu une résonance incroyable et à part râler auprès d'Insta ou Facebook et dire c'est mon dessin, faire ta déclaration de droit d'auteur, c'est duré hyper longtemps. Si, alors si, ils finissent par l'enlever maintenant parce que, parce qu'en étant certifié, ben j'ai peut-être un peu plus de crédit que d'autres, mais ça me rend, ça me rend malade, ça me rend malade parce que, parce que voilà, parce que c'est du travail, c'est du temps et c'est Et quand tu contactes ces types de personnes, ça se passe comment?
La clinique, exemple, tu leur...
La clinique, c'était un truc, c'était au Mexique, donc la clinique, ça a été très compliqué. J'ai parlé avec un avocat qui, voilà, apparemment ils ont licencié la personne qui avait fait ça. Donc moi, en plus, je me retrouve à porter le poids de ce licenciement alors que je suis, tu vois, moi j'ai juste fait médecin et les gars, ils ont tapé dedans.
Ils ont dû te dire ça juste pour te faire bosser. Une conscience, on l'a licencié, mais t'es pas là-bas pour voir s'ils l'ont licencié, et mais t'as pas d'indemnités, t'as rien.
Non, tu sais, aller porter plainte pour un vol d'illustration, ça sert à rien, tu vois. J'y étais une fois par curiosité, j'ai été à la gendarmerie leur dire voilà, on m'a volé des illustrations et tout, et le gendarmerie, on dit mais qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse? Enfin oui, OK, on peut prendre une plainte puisqu'ils sont obligés de la prendre, mais c'est 6 ans de procédure.
Il y a pas une notion de l'aspect droit d'auteur, c'est le fait qu'ils ont utilisé tes—
parce que moi là, tu sais, tu as beaucoup de mauvaise foi déjà, tu as beaucoup de mauvaise foi, tu as un manque aussi de, tu as un manque de de formation sur les droits, les droits d'utilisation à l'image, etc. Mais déjà, quand je parle avec des gens, t'as vraiment la mauvaise foi. Donc déjà, tu as le côté «ah ouais, mais déjà que je partage, ça va, tu pourrais être un peu reconnaissant », tu vois.
Mais tu partages, mais tu as enlevé ma signature. Encore, tu partages avec ma signature et mes infos et tout, bah oui, merci. Là, tu partages en m'enlevant, en enlevant toute trace de qui je suis.
Après, tu as la modification des messages aussi. Tu as des messages qui deviennent complètement pétés. Style, moi par exemple, je mets aucun, enfin tu vois, je mets aucun message religieux, politique, j'évite dans mes dessins parce que c'est pas mon combat, parce que voilà, parce que même si on a tous nos avis, on a tous nos machins, j'ai pas envie de rentrer dans ça. Un jour, je me suis fait voler un dessin par un groupe ultra catho. Et donc moi, j'ai un dessin où je porte ma fille dans mes bras et elle me dit: «Papa, c'est quoi l'amour?» Et moi, je réponds: «Bah, c'est toi.» Tu vois. Et le message, il est quand même, tu vois, il est beau ce message. Et je retrouve ce dessin sur un groupe ultra catho avec marqué: «Papa, c'est quoi l'amour?» Et la réponse, c'est marqué: «C'est Jésus.» Tu vois, le cas, on m'enlève, on m'enlève tout, on m'a enlevé ma signature, on m'a enlevé mon message et on laisse que mon dessin qui finalement en plus ne me satisfait pas, tu vois, c'est horrible.
Et donc là, tu as réussi à le faire enlever?
Ah ben, j'ai fait une réclamation de droit d'auteur auprès de Facebook, ça dure 3 jours, mais si tu veux, le mal est fait. Et le problème, c'est que les gens récupère les images.
Bien sûr, ça part en viral parce que, est-ce que à partir du moment où c'est sur Internet, tu perds tous tes droits? Est-ce que à partir du moment où c'est sur les réseaux?
Non, c'est faux, c'est complètement faux ça. Un artiste reste propriétaire de son travail et d'ailleurs c'est pour ça que quand tu fais un signalement de droit d'auteur, ben il s'est retiré. Mais il y a une espèce de légende urbaine qui persiste et qui dit que à partir du moment où c'est déposé sur Facebook, ça appartient à Facebook ou c'est libre de droit.» Et c'est totalement faux. C'est vraiment un combat. Il y a des légendes urbaines comme ça. C'est comme quand t'as un accident sur un parking, tout le monde pense que c'est 50/50 sur le truc alors que pas du tout. Les règles du code de la route continuent à s'appliquer peu importe l'endroit où c'est. C'est pareil pour l'illustration.
OK. Est-ce que toi dans ta carrière, t'as déjà eu une anecdote en lien avec ça? Soit en lien avec ça ou une anecdote particulière, une galère ou soit positif ou négatif que tu aimerais partager aux auditeurs pour qu'on puisse ressortir avec des enseignements?
Une galère ou un truc positif? Je vais plutôt partir sur un truc positif, tu vois. Je pense que des fois, des fois il faut se faire confiance, tu vois. Quand je te dis ça, moi j'avais j'avais du mal à me dire que je pouvais être capable de faire tout ça. Et finalement, c'est venu, j'ai l'impression de faire le discours d'autiste dans Astérix et Obélix Mission Clopâtre, tu vois. Je pense qu'à un moment, c'est des personnes que tu rencontres et vraiment, j'ai eu la chance de rencontrer une personne qui m'a donné suffisamment de boost pour pouvoir y aller, quoi, tu vois. Et franchement, mon associé, c'est quelqu'un que que je considère aujourd'hui même comme un ami, vraiment comme une super rencontre et qui m'a vraiment boosté dans tout ce que j'ai fait ces 3 dernières années. Tu vois, il m'a donné la force, il m'a donné la confiance, il m'a donné beaucoup de temps et beaucoup d'échanges et de discussions hyper intéressantes. Et je pense que vraiment de pouvoir discuter avec une personne qui est capable de te tirer vers le haut, C'est quelque chose d'hyper important. Je pense que tu vois, ce que tu fais dans tes podcasts, c'est quelque chose d'hyper inspirant. Et je pense qu'on a vraiment besoin de personnes comme toi, un peu inspirantes, et qui soient capables de nous tirer vers le haut, tu vois.
Merci. Après, moi je dis rien, moi je fais juste parler les gens. C'est vous qui parlez, c'est bon.
Ouais, mais tu vois, faire confiance à des gens, donner la parole à des gens, des gens comme moi, tu vois, où je me suis dit ce matin en me réveillant «Bon, qu'est-ce que je vais dire dans ce podcast? Est-ce que j'ai des choses intéressantes à dire?» T'en as plein. Voilà, on verra.
Ça fait presque 48 minutes qu'on est en train de parler. Et ça fait 48, presque une heure. Et je suis sûr que même ta communauté et les gens qui vont écouter vont apprendre plein de choses sur toi. Parce qu'il y en a plein qui connaissent pas ton histoire. Peut-être que ce qui est important dans ces podcasts, c'est que les gens comprennent que derrière un succès ou derrière quelque chose qu'on voit dans les réseaux, parce qu'aujourd'hui effectivement les réseaux sociaux c'est une vitrine d'une personne, mais il y a des êtres humains, il y a tout un parcours. Et peut-être que tu as des centaines de personnes qui te suivent pour tes illustrations et qui sont comme toi, qui étaient comme toi il y a quelque temps, salariés ou autres, qui disent mais non, mais moi je pourrais jamais, j'ai pas fait de grandes études de dessin, j'ai pas fait l'École des Beaux-Arts, j'ai pas fait ci, je peux pas y aller. Et qui vont écouter cette histoire et se dire attends, mais il y a encore un an et demi, il était encore prof, et regarde ce qu'il a fait pendant toute sa carrière de 2011 à 2021, pendant 10 ans, il a cumulé et illustrateur. Il a fait des trucs incroyables, il a fait des best-sellers en étant prof et en faisant ça le soir. Donc il se dit, lui il l'a fait, si Yannick l'a fait, pourquoi moi je pourrais pas le faire? Dans l'illustration ou dans d'autres sujets. Et c'est ça qui est important, et c'est ce qu'on a envie de faire partager. Et bien sûr que tu as un parcours inspirant. Gérer ta vie de papa solo, travailler sur sa passion, être prof en même temps, corriger les copies, Les quartiers Nord, pas l'endroit le plus calme pour être prof, tu vois.
J'ai vécu des choses incroyables là-bas. C'est incroyable.
Ça, c'est fou. On arrive sur la fin du podcast et parce que ça fait presque 50 minutes qu'on est ensemble. Si tu avais une phrase, un enseignement à laisser en héritage, ce serait quoi? C'est-à-dire que là, voilà, c'est la fin. On dit voilà, on te laisse l'opportunité. De nous partager une phrase, une citation, un message que tu aimerais dire aux gens et tu aimerais qu'on se rappelle de toi grâce à ces paroles-là.
Ce serait quoi? Je pense qu'il faut pas minimiser la bienveillance qu'on nous offre. Je sais que c'est dur, tu vois, moi par exemple je reçois beaucoup de messages hyper bienveillants sur les réseaux sociaux et parfois on en reçoit des mauvais, tu vois. Et j'apprends depuis quelque temps à essayer de me focaliser sur les bons parce qu'il y a une espèce de règle sur internet qui dit qu'il faut 1000 messages positifs pour effacer un message négatif. Et aujourd'hui, cette bienveillance que je reçois et que je pense avoir aussi envers les gens, tu vois. J'ai plus peur de la redistribuer, tu vois. J'ai aidé beaucoup de gens. Je pense que j'aide beaucoup de gens avec mes dessins déjà, tu vois, parce que je parle de sujets qui les touchent. Mais je pense que j'aide aussi des personnes dans leur accomplissement et je les aide à entreprendre aussi aujourd'hui, tu vois. Par exemple, j'ai aidé des gens à se lancer dans des campagnes de financement participatif, que aux épargnes, J'essaye de rendre ça parce que moi j'ai eu droit à ça, j'ai eu droit à cette bienveillance-là. Et donc quand quelqu'un est bienveillant avec vous, laissez-vous porter quoi, laissez-vous faire, vous avez le droit.
Exactement, parfait. Merci pour ces belles paroles. Et c'est vrai qu'aujourd'hui on oublie la bienveillance envers les autres souvent et envers soi-même aussi. Parce que des fois on oublie aussi d'être bienveillant envers soi-même et ça c'est vraiment dommage. Et cet aspect-là est très important. Et ce que tu viens de dire est très pertinent parce que même moi là je suis dans une période où j'ai pas mal de messages de haters suite à une vidéo à charge qui n'est pas du tout justifiée, avec plein de trucs, plein de mensonges, mais bon ça c'est un autre sujet. Et donc les gens ils font pas leurs études, ils vont et parlent direct. Et effectivement, se dire que le fait que tu sois sincère, que tu sais pourquoi tu fais les choses, revenir à l'essentiel et voir le bien que tu fais autour de toi, t'aide à passer ces moments où tous les haineux ou ceux qui cherchent juste à bloquer, à pas faire avancer le système, se disent: «En vrai, moi je vais pas mettre mon énergie sur ça, je vais mettre mon énergie sur le positif.» Et ça, c'est le plus important.
C'est hyper important. Carrément. Et puis surtout, tu vois, pour toi, les messages négatifs que tu reçois, c'est des gens qui à un moment donné n'ont pas la même vision que toi du truc et qui sont surtout, qui ont l'impression d'être protégés par leur identité des réseaux sociaux, tu vois.
Ouais, c'est ça.
Après, des fois aussi, n'oublie pas, il faut jamais oublier que dans la vie, un mec qui viendrait pas te dire en face «Ouais, ton dessin c'est de la merde », tu vois. Moi, enfin, tu vois, j'ai reçu de la malveillance, j'ai reçu des choses terribles quand j'étais... Je finis avec cette petite anecdote, mais j'ai perdu énormément de poids. Avant, je faisais 130 kg, tu vois. Et en fait, il y a eu un déclic à ça, c'est-à-dire qu'un jour j'étais sur un salon du livre. Et il y a une personne qui s'est approchée, qui m'a dit: c'est vous sur les dessins? Je dis: bah ouais, je me dessine et tout. Elle m'a dit: quand même, vous vous arrangez vachement parce qu'en vrai— et ça, cette personne-là me l'a dit en face, tu vois. J'ai fini de signer son livre parce que j'étais, tu vois, j'étais en train de taffer, donc j'ai fini de lui signer son livre. J'ai dit ben voilà, passez une belle journée, merci, au revoir. Je me suis levé, j'ai été pleurer, mec, dans des chiottes du salon du livre.
Et en fait, ça, j'ai rigolé, je m'excuse, j'ai rigolé parce que c'était trop méchant, mais bien sûr, mais c'était gratuit surtout.
Ça ressemblait à rien, ça n'avait aucun sens. Mais au final, ça m'a quand même, ça m'a quand même fait évoluer, tu vois, parce que j'ai changé complètement, voilà, de vie. J'ai changé, j'ai changé.
Et la personne, tu l'as revue et presque tu pourrais lui dire merci parce que c'est peut-être grâce à elle que tu as perdu.
Alors je vais pas lui dire merci, non, je pense pas, parce que j'ai quand même essayé d'analyser le truc plusieurs fois et dans tous les schémas et dans toutes les directions possibles, c'était quand même un truc tellement abusé que je me serais jamais permis.
Tellement violent. Eh, c'est grave.
C'est d'une violence rare. Mais bon, on peut trouver du bon dans le mauvais.
C'est incroyable, c'est incroyable comment les gens sont méchants des fois. Bah là, il y a pas longtemps, il y avait une polémique là avec le Festival de Cannes où une fille qui était un peu une influenceuse, que moi je suis pas du tout, je crois qu'elle s'est mise en robe, elle avait un peu pris de poids, et là tout le monde a dit mais elle est grosse ou je sais pas un truc comme ça. Et les gens, c'est internet et les réseaux, c'est une catastrophe. Et c'est un autre sujet, on pourrait faire carrément un podcast juste sur ça parce que Là, je suis en train de vivre une période, on va pas dire difficile parce que je le vis bien, je pense que j'arrive à bien le vivre, mais ça me permet de voir que les gens, en vrai, ce qui est dommage, c'est qu'ils font pas des vraies recherches et ils ont trop de biais cognitifs, ils s'arrêtent sur certaines choses. Et ça, c'est vraiment dommage.
Mais bon, ça, ça m'est— Mais surtout sur les réseaux sociaux, on est sur du clic et consommer.
Bien sûr, le but c'est de faire du buzz. C'est ça, parfait. Merci beaucoup Yannick pour ce moment, ce partage. Si l'épisode vous a plu, je vous invite vraiment à liker, commenter, partager. Partagez ce podcast à vos amis, à votre entourage. Pour ceux qui le connaissent pas, Yannick permettra de le faire connaître. Pour ceux qui connaissent Yannick, ça permettra aussi de faire connaître son histoire, parce qu'il y en a plein qui connaissent pas son histoire. C'est le moment, je pense que c'est pas un exercice qui fait souvent même très très très rarement. Je pense que plein de gens vont connaître et vont découvrir son histoire aujourd'hui grâce à ce podcast. Merci d'avoir pu te confier, raconter ton histoire, inspirer tous les gens qui vont écouter ce podcast. Et je te dis à très vite Yannick. Et comme je dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités.
Merci Yannick. Merci beaucoup.










