Devenir sa meilleure version : Les leçons de Laura Lesueur pour les femmes [ Podcast #47 ]

Laura Lesueur, founder of Legendely and the Legend Ladies podcast, talks about leaving tech sales to build a platform amplifying women's stories. She breaks down the psychological barriers keeping women from negotiating and speaking up, and shares concrete practices like salary negotiation tactics and daily audacity exercises. Her next goal: a large-scale show at the Olympia.
Chapters
Pourquoi aujourd'hui les métiers qui sont hyper importants dans notre société, qui sont les métiers du care, du soin à la personne, les infirmières, les sages-femmes, même tu vois les assistantes sont à 98 des femmes, des assistantes, il y a très peu d'assistants. Les gens qui sont au service des autres, ben en fait c'est majoritairement des femmes parce que ça vient d'un conditionnement d'éducation.
Je m'appelle Mohamed Boucler, je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller Connaissance illimitée. Dans le podcast Connaissance illimitée, je reçois des invités au parcours extraordinaires pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Paix sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée. Et j'ai l'honneur d'avoir Laura Le Sueur avec nous, qui est une personne super inspirante. Je l'ai rencontrée lors de mon dernier TEDx, on a été speaker lors du TEDx, et j'ai pu écouter son discours qui était juste incroyable, qui parlait des figures de l'ombre Le titre exactement, c'était «Les figures de l'ombre au pays des lumières». Exactement. Et donc Laura, déjà merci d'être avec nous.
Comment tu vas? Avec plaisir, ben écoute, je vais très bien. Hyper contente de te retrouver après effectivement le TED Talk qu'on a partagé.
Yes. Alors je voulais te présenter, mais je préfère plutôt te laisser le faire parce que je pense que tu auras des mots plus précis sur ce que tu fais aujourd'hui et qui tu es.
Yes, alors écoute, moi je m'appelle Laura Lesueur, j'ai 34 ans. Aujourd'hui j'ai une entreprise donc que j'ai créée qui s'appelle Legendely, on y reviendra peut-être, mais pour la contraction de légende personnelle au quotidien. Et j'ai un podcast. Donc Legendely c'est une entreprise de conférences et de formation. Donc mon job au quotidien c'est vraiment de faire des conférences, beaucoup pour les entreprises, un petit peu pour le grand public, avec un fort accent aussi sur les femmes pour qu'elles gagnent en confiance, en audace, en agilité, en pouf plus globalement. Et j'ai également un podcast qui s'appelle Legend Ladies, un podcast que tu connais maintenant, sur lequel depuis 3 ans j'en suis là à 215 épisodes. Donc c'est un épisode tous les mercredis, majoritairement des parcours de femmes qui ont des choix et des chemins de vie différents, pour montrer que l'ambition est positive et a plusieurs visages. Et aussi parce que je voulais que ce soit inclusif, des épisodes hors série une fois par mois avec des hommes qui ont aussi des parcours inspirants. Et puis que te dire d'autre, Je fais beaucoup d'événements aussi qui rassemblent notamment des femmes et je suis maman d'un petit garçon qui a 3 ans.
Et qu'est-ce que—
comment— j'ai oublié, j'ai écrit un livre qui est sorti en même temps que le tien, qui est sorti en février 2023 et qui est sur le féminisme éclairé.
Et il est aux éditions Cherche Midi. D'accord, on mettra la référence du livre, on peut le retrouver sur Amazon et dans toutes les librairies également.
Exactement.
Et donc quand j'ai pu, quand j'ai écouté ton TEDx et même quand je vois un peu ce que tu fais sur le réseau et autres, moi je me suis, la première question que je me suis posée c'est comment tu as décidé de te mettre sur ce créneau et ce sujet-là? Qu'est-ce qui fait que tu t'es mis à parler de ce sujet et pourquoi c'est aussi important pour toi?
Alors il y a différents sujets que j'adresse, mais en fait quand j'étais salariée, avant j'étais salariée dans la tech sur des fonctions de management et direction commerciale, et j'avais fait cet exercice que tu connais peut-être qui s'appelle l'Ikigai Et en gros, voilà, c'est le croisement, pour celles et ceux qui nous écoutent, c'est le croisement entre 4 cercles: ce que tu aimes faire, ce pourquoi tu es doué, ce pourquoi tu peux être payé, et ce dont le monde, ou du moins les autres, a besoin. Et c'est un exercice d'introspection, ça m'avait pris franchement plusieurs semaines, tu vois, c'était pas venu tout seul. Et long story short, moi j'étais aboutie à la réflexion qu'en fait mon ikigai, mon dénominateur commun à ces 4 cercles, qui est censé être en japonais ta raison d'être, ta mission de vie si on veut, et ben moi c'était l'expression orale. Comme toi j'avais fait du théâtre, au théâtre aussi, plus jeune, que j'avais adoré. Et en fait, l'expression orale. Donc si tu veux, quand je suis partie du job où j'étais salariée pour monter Les Jeunes Délits, en fait, je savais que je voulais prendre la parole. Il me restait juste à trouver pour dire quoi, donc le contenu, et puis à qui, tu vois, mon audience. Et au final, j'ai parlé très vite de sujets qui me tenaient à cœur, parce que je pense qu'on parle bien de ce en quoi on croit. Donc moi, c'était l'audace, c'était l'ambition évidemment, l'optimisme, le leadership aussi. Alors le leadership, on en parlait beaucoup, mais avec un angle bien particulier. Et puis, comme j'avais le podcast en parallèle que j'ai créé en même temps que mon entreprise, un fort accent sur les femmes. Parce que c'est vrai que je me suis rendu compte, je le savais déjà, mais je m'en suis encore plus rendu compte en recevant ces femmes sur le podcast. Des femmes qui font des trucs de malade, il y en a beaucoup, mais il y a un vrai sujet de mise en lumière par la société qui fait qu'elles ont été pendant des années invisibilisées. Mais aussi parce qu'elles-mêmes s'autocensurent beaucoup trop et que la prise de parole est souvent associée à une prise de pouvoir et que les femmes ont du mal avec le fait d'être mises en lumière même quand elles font des trucs formidables. Et voilà, tu vois, j'ai beaucoup creusé autour de ça et ça me tenait à cœur vraiment de parler aussi notamment des femmes, de ce qu'elles font, et d'essayer de les inciter à prendre la lumière.
Parce que tu étais encore salariée, que tu as lancé ton podcast pour mettre en avant les femmes, c'est-à-dire que tu avais déjà à l'époque où tu étais salariée cette envie de mettre en avant des personnes. Et ouais, j'ai vraiment initié le du podcast à la fin.
À la fin, quand tu vois, j'étais vraiment sur le départ dans l'entreprise où j'étais. Et puis quand je suis partie, j'ai lancé à fond le podcast et mon entreprise.
Et aujourd'hui, quand tu te lances dans l'entrepreneuriat, quand tu fais le grand saut de ouais, je suis là, je suis salariée, et là je me dis oui, je vais me lancer et je vais aider les femmes. Comment, qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête? Qu'est-ce qui a fait que ce déclic pour te dire bah là j'arrête tout et je me lance?
Alors écoute, en fait, moi j'ai, et je crois que là aussi c'est marrant, c'est un point commun, j'ai toujours eu une grosse capacité de travail. Et en fait, je pense que j'ai toujours aimé travailler. Pareil, tu vois, le sens de l'effort. Mon père, qui m'a beaucoup influencé positivement, m'a toujours dit: fais ce que tu veux dans la vie, mais si tu le fais, va au bout de ton potentiel. Et cette phrase, elle a beaucoup résonné. Et en gros, c'est vraiment: fais-le à 300%, que tu veuilles être boulangère, chef d'entreprise, dirigeante, actrice, peu importe. En fait, il y a vraiment pas— moi je crois vraiment à ça— il y a pas de saumétier. Je veux dire, tout est hyper noble, tu vois. Et dès le début d'ailleurs, dans mon podcast Les Young Ladies, comme je parle d'ambition, on en reparlera peut-être, ce que ça veut dire pour moi, je voulais aussi avoir des femmes au foyer qui le font par choix, tu vois. Parce que je trouve qu'en fait, si c'est choisi et pas subi, c'est tout aussi noble que dirigeante d'entreprise ou autre. Donc pour revenir à ce que tu me disais, attends, j'ai ta question initiale.
Comment tu as— qu'est-ce qui a fait que tu es passée de salariée à entrepreneur?
Voilà, exactement. Donc en fait, si tu veux, moi, même le— même quand j'étais salariée, le soir quand je rentrais à la maison après le dîner, je réouvrais mon ordinateur pour travailler. Le week-end, souvent je rebossais. Et à un moment donné, je me suis dit, bon, c'est quand même un peu dommage de mettre toute cette énergie au final au service d'un projet qui peut enthousiasmer mais qui est pas non plus le tien et qui est pas ce que tu portes vraiment en toi, ce que tu as envie d'apporter et d'impacter. Et donc voilà, je me suis dit, je vais mettre cette capacité de travail et cet enthousiasme, cette énergie, cette envie au service de mes convictions et de ce que j'ai envie de transmettre.
Wow! Mais quand tu étais jeune, quand tu étais étudiante, tu avais déjà cette envie de mettre en avant les femmes et de... Tu avais déjà ça au fond de toi ou pas?
Je pense que honnêtement, je pensais pas à l'époque tellement, tu vois, aux femmes. Pour moi, c'était un peu un non-sujet. Quand j'étais plus jeune, j'avais un caractère un peu vraiment garçon manqué. Donc pour moi, tu vois, le sujet de l'audace, de la confiance, s'est peu posé. Et j'ai toujours été assez à l'aise dans les environnements, tu vois, masculins, de commerciaux, etc. Et je me suis quand même rendu compte, notamment quand je suis arrivée dans la tech, qu'il y avait pas beaucoup de femmes, et que les femmes qui étaient là, même si elles étaient peu nombreuses, elles étaient hyper compétentes. Mais je me disais, mais attends, mais pourquoi est-ce qu'elles ont autant de mal à se mettre en avant, à aller demander une augmentation, à aller prendre la parole en réunion alors qu'elles ont 1000 trucs à dire, à aller oser demander, tu vois, un poste de management ou de direction? Enfin, et tu vois, même exemple Mohamed, dans les conférences que je donne maintenant, systématiquement, la majeure partie du temps, c'est des conférences aux hommes et aux femmes, aux collaborateurs et collaboratrices. Quand je demande des questions à la fin, mais systématiquement, c'est les hommes qui posent les questions, ou du moins c'est toujours un homme qui va poser la question en premier. Et tu vois, du coup, je me suis dit, il y a vraiment un sujet sur cette capacité de droit à l'erreur, d'audace, de pas vouloir toujours être dans un perfectionnisme parfois contre-productif, de s'autoriser à prendre la parole, à faire entendre sa voix. Et donc effectivement, ça m'a beaucoup fait réfléchir dans mes premières années de salariat, dans le début de ma vie professionnelle. Et c'est pour ça que Legend Ladies, je dis, c'est le podcast des femmes qui ont su suivre leur voie, V-O-I-E, et faire entendre leur voix, V-O-I-X, parce que c'est hyper important.
Et aujourd'hui, depuis, ça fait combien de temps que tu fais ça? Ça fait 3 ans?
Ça fait 3 ans et demi, ouais.
3 ans et demi, on a quasiment commencé en même temps. Tu as commencé en quoi? En 2020? Exactement.
Après le COVID. Ouais, c'est ça.
Et quel est le dénominateur commun aujourd'hui? Tu as dit à plusieurs moments que les femmes n'osent pas, ne se donnent pas le droit à l'erreur, ne s'autorisent pas. Et est-ce que tu sais pourquoi elles ne s'autorisent pas? Pourquoi elles n'acceptent pas ce droit à l'erreur? Qu'est-ce qui fait la raison intérieure?
Alors forcément, c'est vrai que je me suis— c'est une bonne question parce que je me suis évidemment penchée sur le sujet. Quand tu as un enjeu, un problème, tu essaies d'identifier d'où il vient. En fait, c'est multifactoriel. Il y a quand même des dénominateurs communs qui sont majeurs. Le premier, c'est évidemment l'éducation. Les garçons, les petits garçons, quand ils sont éduqués, ont des injonctions. Il n'y a pas que des filles, ça je tiens à le dire, mais ce ne sont pas les mêmes. Et les injonctions que portent les garçons sont plus valorisées socialement que celles qu'ont les filles. Je te donne un exemple: un garçon, je schématise, ça va être «sois fort, sois courageux». Une fille, ça va plutôt être «sois bien élevée, sois sage». Ou alors voilà, sois gentille. Et en vrai, pourquoi aujourd'hui les métiers qui sont hyper importants dans notre société, qui sont les métiers du care, du soin à la personne, les infirmières, les sages-femmes, même tu vois les assistantes sont à 98% des femmes, des assistantes, il y a très peu d'assistants. Les gens qui sont au service des autres, ben en fait c'est majoritairement des femmes parce que ça vient d'un conditionnement d'éducation. Et le problème c'est que c'est aujourd'hui les métiers les moins bien payés, tu vois, les métiers, enfin les sages-femmes, les infirmières, il y a des gros sujets alors que c'est des métiers hyper importants. Et Et donc après, même dans la posture, ben voilà, aujourd'hui prendre la parole, oser être entre guillemets fort, courageux, même si ça a aussi des, voilà, des revers de médaille, c'est quand même beaucoup plus valorisé dans la vie professionnelle et la vie entre guillemets publique que le fait d'être sage, à sa place, bien élevé, bonne élève. Et donc si tu veux, ça fait que les filles en général, elles réussissent mieux à l'école que les garçons. Mais le problème, c'est que quand elles rentrent dans la vie professionnelle, elles ont le syndrome de la bonne élève parce qu'elles ont pas compris que entre l'école et l'entreprise ou la vie active, les règles du jeu ont changé. Et que dans la vie professionnelle, il suffit pas d'être, de faire un travail de fourmi de manière hyper rigoureuse et de bien faire les choses et d'être discrète. En fait, on va pas venir te chercher. Donc à un moment donné, faut lever la main, faut parler, faut exprimer ses opinions, faut faire savoir, faut passer du savoir-faire au faire savoir. Et quand on n'a pas été habitué ou encouragé à le faire, c'est pas évident. Donc il y a ça, l'éducation, le conditionnement. Et puis il y a aussi le vrai sujet du manque de représentation. C'est-à-dire que tu vois, pareil là encore une fois, je «cliffhopper» parce que je sais qu'il y a des hommes qui ont aussi le syndrome de l'imposteur, ça existe, sauf qu'ils le disent moins parce qu'ils sont moins habitués aussi à parler de leurs émotions. Mais évidemment, quand tu vois que 30 du temps de parole dans les médias, 33 %, est une prise de parole féminine, seulement 33 %, et que dans ces 33 tu as très peu de prise de parole d'expertes, Quand les femmes sont interrogées dans les médias, c'est beaucoup en tant que témoin, parfois en tant que victime, mais très peu en tant qu'experte. Et donc si moi je suis une femme et que je suis pas habituée à voir dans la vie publique, dans la vie médiatique, des femmes qui prennent la parole en tant qu'expertes, le jour où moi on me dit «ah bah tu vas être l'experte sur ce sujet », j'ai vachement de mal à y croire parce que je ne me suis pas vue dans les représentations. Donc le manque de modèles de représentation est aussi un deuxième facteur.
D'accord, parce qu'en plus tu parlais de ça et le fait de lever la main. Hier je lisais que, hier on était le 6 novembre, au moment où on tourne l'épisode, et je lisais qu'à 11h25 les femmes commençaient à travailler gratuitement jusqu'à la fin de l'année. Parce qu'à compétences égales, diplômes égales, pour les postes égaux, les femmes gagnent moins d'argent, sont moins bien payées, et donc à partir du 6 novembre, travaillent gratuitement.
Et tu sais que moi j'ai vécu ça aussi dans l'entreprise où j'étais dans la tech. Je suis recrutée en même temps qu'un homologue masculin, même diplôme, école de commerce, même poste, on avait des objectifs similaires sauf que moi je devais être en dépassement d'objectif peut-être de 20% et lui était pile à l'objectif. Et puis autour d'une discussion à la machine à café, je découvre qu'il est payé 10 000 € de plus par an que moi. Et là, si tu veux, il y a deux types de réactions. Alors tu peux te plaindre et bien sûr tu peux dire que, et c'est évidemment le cas, que l'entreprise doit être plus transparente, que la loi est passée par là entre-temps, etc., donc que les choses doivent bouger. Mais tu peux aussi te dire qu'est-ce que moi j'ai fait ou pas fait et qu'est-ce que je peux rectifier. Et la vérité, c'est que comme j'avais une très belle proposition quand je suis rentrée dans cette entreprise, je n'ai pas pensé, parce qu'il y avait un processus de sélection, tu sais, hyper exigeant, etc. J'étais tellement contente d'être prise au poste que je n'ai même pas pensé à négocier mon salaire, ce qui est une erreur monumentale, surtout pour un poste de commercial. Et donc, bah, lui il l'avait fait. Et donc déjà, j'ai appris, tu vois, par rapport à ce, quand même, ce mur que tu te prends sur le moment. Et puis de Deuxième chose que j'ai fait immédiatement, j'ai sollicité un déjeuner avec les fondateurs, avec un des fondateurs. Et 15 jours plus tard, j'ai argumenté, mais pas en parlant, j'y tenais, pas en parlant de mon collègue masculin, en parlant de ma valeur à moi, de ce que j'apportais à l'entreprise, etc. Et puis j'ai eu la réévaluation et j'ai fait un gap de plus de 10 000 € de salaire en ayant cette conversation. Mais comme quoi, il faut oser négocier et puis surtout oser aller demander.
Il faut oser demander. Est-ce que toi, dans les expériences des personnes que tu as interviewées, tu as eu beaucoup de cas comme ça de personnes connais qui étaient moins bien payées parce qu'elles étaient des femmes, ou qui avaient vécu ce type d'injustice en disant bah tu en auras moins parce que tu es une femme, tout simplement.
Ouais, il y en a pas mal. Après, le problème c'est que si tu veux, il y en a plein qui étaient dans la même situation que moi mais qui ne l'ont pas découvert parce qu'en fait ça ne se sait pas toujours. Donc je pense, tu sais, il y a une phrase qui dit, il y a un professeur en leadership qui fait d'ailleurs un podcast sur l'histoire et le leadership qui s'appelle Gérald Carsenti, qui a cette phrase, qui était dirigeant dans la tech et qui dit: le compliment n'est pas un salaire. En vrai, dans l'entreprise, on est tous et toutes en quête de reconnaissance, c'est normal. Je crois que c'est un levier très important pour l'être humain, la reconnaissance. Et je pense les femmes peut-être encore plus. Et en vrai, ben, les compliments c'est bien, mais c'est vrai que c'est pas des salaires.
Et que voilà, effectivement, les compliments c'est pas des salaires. Parce que si tu es payé qu'en compliment: tu travailles très bien, c'est très bien ce que tu fais, bon, à la fin, c'est pas tout. Je sais que dans tes sujets de prédiction, c'est l'optimisme, l'audace, la parité, l'ambition. Et on a beaucoup parlé d'ambition. Et pour toi, c'est quoi ta définition de l'ambition?
Alors, ouais, ma définition de l'ambition, écoute, c'est avoir le courage d'oser se réaliser. En fait, tu sais, ça rejoint cette— moi, ce qui a vraiment guidé mon parcours, la légende personnelle. Avoir le courage d'oser se réaliser. Pourquoi le courage et pourquoi oser? Parce que tu vois, dedans il y a courage, audace et réalisation de soi. C'est parce qu'en fait beaucoup de gens vivent une vie en suivant, tu vois, l'autoroute, voilà, une ligne droite toute tracée, en ayant des, parfois des désirs ou des rêves, mais tu es même pas sûr que ce sont les tiens. Et si c'est pas des projections que d'autres personnes ont fait sur toi? Donc pour moi, l'ambition, ça commence déjà, c'est un chemin, ça commence déjà par identifier ce que toi vraiment, ton fort intérieur, ce que tu veux vraiment, quelles sont tes aspirations profonde, si tu enlèves les conditionnements de l'éducation, le conditionnement social, le regard des autres, donc ça fait pas mal de couches déjà à enlever. Et si tu enlèves aussi tes peurs, tu vois, même si la peur peut être un bon indicateur, mais voilà. Et puis c'est une fois que tu as trouvé ça, ce qui est pas évident, l'ikigai peut être un bon exercice, mais il y a plein d'autres exercices. Une fois que tu as trouvé ça, c'est oser y aller, parce que parfois de l'intention à l'action, il y a un fossé qui est énorme. Et donc c'est avoir le courage d'oser se réaliser, que tu veuilles ouvrir une exploitation agricole comme l'ont fait plein de gens d'ailleurs après après le COVID parce qu'il trouvait plus trop de sens à ce qu'il faisait, ou bien que tu veuilles devenir DG d'une entreprise du CAC 40, ou que tu veuilles être la plus grande ou le plus grand conférencier français, européen ou mondial. En fait, c'est à un moment donné mettre en œuvre un plan d'action pour y aller et pour, voilà, avoir le courage d'oser se réaliser quoi qu'on fasse. Et c'était pour ça que c'était important pour moi, tu vois, dans le podcast, de montrer qu'il y a une diversité de femmes, d'origines différentes, d'âges différents, de parcours de vie différents, et qu'à un moment donné, l'ambition c'est aussi de se dire ni mon passé, ni mes origines, ni mon âge, ni mon présent actuel ne peut définir ce que je suis capable de réaliser demain. Donc voilà, il y a aussi le fait d'y croire. Et ouais, c'est vraiment une énergie qui est très puissante, quoi.
Est-ce que là, comme ça, de tête, tu as la dernière fois où tu es— dernier projet ou dernière chose que tu as voulu faire qui était super ambitieuse, que tu as faite ou pas encore, que tu as— est-ce que tu as quelque chose à nous partager?
Ouais, bon, 2 trucs. Un truc que j'ai fait, un truc que j'ai pas fait. Comme pendant 3 ans j'ai rencontré toutes ces femmes à mon micro, et puis quelques hommes comme comme je te le disais. J'ai voulu les réunir au cours d'une soirée dans un super lieu à Paris, c'était au Royal Monceau, et j'ai voulu avoir une partie inspiration, une partie rencontre, et puis une partie avec des expériences, et en fait toutes les mettre dans une salle. Et du coup, j'ai regroupé 120 femmes au Royal Monceau en septembre dernier. C'était une soirée incroyable parce que dans les intervenantes, moi je suis intervenue, et puis après tu avais l'actrice Audrey Fleureau, tu avais Mecca Brunel qui est une dirigeante franco-iranienne qui a été à la tête d'une entreprise du CAC 40, T'avais Maud Bailly qui est la CEO d'Accor, le groupe hôtelier Accor, et tu avais Virginie Delalande que tu dois connaître, qui est la première avocate sourde de France. Et cette diversité de parcours me tenait à cœur parce qu'elles avaient rien en commun sauf le fait qu'elles se sont réalisées et qu'elles ont osé. Et après ça, tu vois, il y a une soirée faite de rencontres, de synergies. Et moi, ça m'a, tu vois, ça m'a, c'est pas du tout un événement qui me rapporte de l'argent pour être très concret, mais ça m'apporte une satisfaction de voir les synergies, l'énergie qui se passe quand tu des femmes dans un même lieu, que ça j'en suis hyper heureuse, tu vois. C'était un vrai challenge d'organisation, mais j'en suis hyper contente. Et puis le prochain challenge, si tu veux, moi j'ai aussi ce que tu es en train de réaliser, c'est-à-dire que je veux faire une salle mythique dans Paris avec des milliers de personnes, l'Olympia par exemple, à horizon, voilà, dans les années qui viennent. Et ça, c'est vrai que c'est un truc qui fait peur, mais qui est possible. Et c'est incroyable de se dire je n'y suis pas encore, je sais que c'est possible, c'est juste une question de temps. Il Il y aura des aléas, mais voilà, je trouve que se fixer des— tu sais, parfois, juste pour terminer sur cette question, Mohamed, j'ai un rêve, et puis en fait, moi, je joue au jeu de me dire, ok, maintenant je le rends en mode XXL, je prends mon rêve et je le rends encore plus grand, tu vois. Et au début, je me disais, je vais faire une salle de 500 personnes, je me suis dit, mais non. Et je me disais, je vais le faire en 2025, et en fait, non, tu peux te dire, je vais faire un truc beaucoup plus grand dans un temps beaucoup plus restreint.
Bien sûr. On va suivre ça de près, on va être là, on va faire en sorte d'être là pour ce moment XXL, et sûr que ça sera une grande, grande réussite pour toi. Dante, et c'est juste incroyable ce que tu nous dis, et bravo pour le Royal Monceau. J'avais vu ça passer sur les réseaux sociaux et vraiment c'est super. Tu parles donc dans les sujets de prédiction, tu as l'ambition, on en a bien parlé, tu as l'audace. Quel est le dernier moment où tu as— est-ce que tu as un exemple de moment où tu as fait preuve d'audace l'audace et pourquoi aujourd'hui il est fondamental de prendre, avoir de l'audace, et encore plus quand tu es une femme. Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu.
Alors écoute, en toute franchise, je sais pas s'il y a un grand truc dernièrement, mais tu sais, j'ai toujours, si c'est typiquement, tu vois, pour faire le lien avec ce qu'on se disait juste avant, j'ai envoyé mon brief brief à une amie qui a une agence d'événementiel avec qui je vais travailler pour le projet, tu vois, 2025, voilà, de l'Olympia. Donc j'ai envoyé un brief, ce qui est quand même un truc, c'est quand tu as une idée dans la tête, tu poses ça sur 3-4 pages, c'est un premier truc. Et puis faut l'envoyer, bon. Mais plus globalement, moi j'ai souvent cette phrase en tête que je me pose à moi-même, c'est: quelle est la dernière fois que tu as fait quelque chose pour la première fois? Parce qu'en fait, je trouve que l'audace, c'est vraiment une gymnastique mentale, c'est comme un muscle muscles que tu travailles. Et en fait, c'est un peu comme la prise de parole en public: plus tu pratiques, plus ça devient entre guillemets facile, même si ça l'est jamais complètement parce que sinon ça veut dire que tu es dans ta zone de confort. Mais plus tu pratiques, plus tu es habitué au sentiment qui va avec, c'est-à-dire peut-être la peur d'oser, l'incertitude, l'éventualité d'un échec ou d'un aléa. Plus tu t'habitues à ça et donc plus tu as de l'aisance à oser. Et sinon, tous les jours, moi, si tu veux, allez, je te donne un autre exemple pour rigoler mais qui est c'est vrai, je crois que c'était le mois dernier, j'ai écrit à Oprah Winfrey que je veux avoir sur mon podcast, mais j'ai aussi écrit à Michelle Obama évidemment. Et en fait, si tu veux, c'est le fait de, enfin, en fait moi quand j'ai cette idée en tête, je me dis ok, la prochaine action c'est quoi? Et puis j'essaye un premier moyen, un deuxième, un troisième, et en fait je trouve que c'est le, c'est le fait juste de passer à l'action quoi. Et un moment donné, parfois on se pose trop de questions Ce qui peut être, tu vois, le perfectionnisme qu'ont souvent les femmes parce qu'elles veulent être acceptées, elles veulent plaire, elles veulent être reconnues. Parfois le perfectionnisme, c'est en fait de la procrastination, que tout soit parfait alors qu'en fait ça le sera jamais. Et donc si tu veux, moi si j'ai un conseil peut-être à donner aux femmes qui nous écoutent, c'est pour être audacieux, il faut apprendre à déplaire. C'est-à-dire qu'à un moment donné, si tu n'es pas à l'aise avec le fait d'avoir le courage d'oser déplaire, parce que par essence on ne peut pas plaire à tout le monde, tu auras du mal oser parce que tu auras toujours peur de déplaire à quelqu'un.
Donc voilà, ça c'est impossible, on ne pourra jamais faire l'unanimité.
Exactement, exactement. Et ça, je pense que c'est super important de se dire voilà, j'essaie d'entraîner mon audace chaque jour et voilà, je suis, j'essaie d'être à l'aise avec le fait de voilà de pas plaire à tout le monde et je continue en étant focalisée sur mes objectifs.
Et quelle est la personne la plus inspirante que tu as eu dans ton podcast pour toi?
C'est dur.
Là tu m'as dit Michelle Obama et tout, j'ai pas écouté tous tes podcasts, mais tes épisodes. Bon, je vous invite vraiment à aller voir son podcast et à écouter les épisodes. Mais quelle est, ce qu'il y a une personne qui t'a marqué plus qu'une autre, ou une personne que tu voulais absolument, que tu as réussi à avoir, et tu dis waouh, là j'ai passé un cap, j'ai quelqu'un de super connu avec une grande notoriété sur ce podcast?
Écoute, je sais pas si c'est en termes de notoriété que ça m'a le plus impactée, parce que là il y en a eu 200, ouais, je te dis 215. Il y en a qui m'ont vraiment impressionnée par leur parcours de vie, qui ont des parcours de vie hallucinants. Bon, évidemment Virginie Delalande, mais je pense aussi à une femme qui s'appelle Aline Peugeot, qui a passé, je pense, 20 ans dans la rue, qui a connu des trucs hyper durs, qui a connu la prostitution, qui a su, enfin tu vois, et qui s'est construit après un parcours juste incroyable. Donc tu vois, des personnes qui ont vraiment connu des périodes très sombres et qui en sont revenues avec une clairvoyance hallucinante. Ça, ça m'a vraiment impressionnée. J'ai été très marquée par un épisode avec Anne Niva. Anne Niva, c'est une journaliste reporter de guerre qui a été en Afghanistan, en Irak, en Tchétchénie, en Ukraine, et qui a, tu vois, une énergie incroyable, et qui est une femme qui prend la parole dans les médias. Elle est tous les jours sur LCI et sur d'autres chaînes. C'est l'épouse aussi de Jean-Jacques Bourdin, qui est un grand présentateur. Donc Anniva, elle m'a impressionnée par son énergie. Prochainement, j'ai deux philosophes. Moi, j'aime beaucoup la philosophie parce que je trouve que ça aide à comprendre. J'ai deux philosophes que j'aime beaucoup, donc je les invite sur ton podcast en avant-première. Je vais avoir Frédéric Lenoir, que j'aime beaucoup, et je vais avoir André Comte-Sponville, qui est aussi un grand philosophe. Et voilà, et donc ça, c'est aussi des épisodes que j'ai hâte de tourner parce que c'est aussi des personnes qui aident à mieux comprendre le monde.
Je voulais vraiment inviter Frédéric Lenoir, j'ai plusieurs livres de lui et j'adore ses livres. Positive. J'ai pas encore réussi à créer—
je lui parlerai de toi quand je le verrai.
Avec plaisir, avec grand plaisir, n'hésite pas. En plus, on lui a déjà demandé, ou quelqu'un avait fait une mise en relation, et je pense qu'au moment où il a demandé, il était un peu sous l'eau. Avec grand plaisir pour la passe D. Il y a un sujet, je sais que tu as un autre sujet de prédilection, et tu as commencé directement par ça tout à l'heure. Il y a un moment qu'on en parle et qu'on prenne quelques minutes pour parler ça, c'est sa légende personnelle. Quelle est pour toi la définition de notre légende personnelle?
Alors écoute, c'est un concept, pour rendre à César ce qui appartient à César, c'est un concept qui vient du livre L'Alchimiste de Paulo Coelho, où en fait dans ce livre, sans spoiler du tout l'histoire, c'est un peu un conte philosophique d'ailleurs, tu sais, c'est un peu comme Le Petit Prince. Je pense que tu peux le relire à différents moments de ta vie, tu vois, au moins 4 ou En combien de temps?
J'ai plus le temps, mais j'ai lu plusieurs, j'ai dû lire au moins 4 ou 5 fois tellement il est incroyable. À chaque fois que tu le lis, tu vois d'autres choses et tu dis c'est extraordinaire.
Non mais c'est clair. Et en fait, voilà, c'est ce personnage Santiago qui se met en quête d'un trésor et on le suit dans son voyage. Et en fait, il comprend que finalement le trésor, c'est le chemin vers la connaissance de soi. Enfin, il découvre plein de choses sur lui-même. Donc pour moi, sa légende personnelle, créer sa légende personnelle au quotidien, c'est vraiment pas du tout une finalité ou un résultat. C'est vraiment, vraiment un chemin de, un chemin en fait de réévaluation constante déjà de qui tu es, qui tu as envie d'être, quelles sont les valeurs qui te guident, qu'est-ce que tu as envie de réaliser. Et franchement, c'est déjà des questions où je trouve qu'aujourd'hui on est tellement noyé dans les obligations, dans les urgences, dans les informations. En fait, tout est fait pour qu'on ne réfléchisse pas à ça. Et en fait, ça fait que tu as des gens à 40, 50 ans ou même avant, ils ont des crises existentielles Ils pètent un câble parce qu'ils ne savent plus qui ils sont, ils savent plus pourquoi est-ce qu'ils ont passé les 10 dernières années de leur vie à faire ça alors que ça ne leur ressemble pas. Et c'est un peu un sursaut, tu vois, où si tu te poses pas ces questions existentielles, faut pas non plus se les poser tous les matins, tu vois, mais si tu te poses pas régulièrement ces questions existentielles, quelque part tu peux passer un peu à côté de ta vie. Et donc pour moi, accomplir sa légende personnelle, c'est être dans un questionnement perpétuel, et en fonction des réponses que tu as, c'est vraiment de réaliser tes rêves et d'avoir une vision aussi sur, tu vois, la personne que tu veux devenir. Et ça, je trouve que c'est important parce que, pour terminer là-dessus, si tu as une vision de la Laura ou du Mohamed que tu veux être dans 10 ans et que tu as un événement, une contrariété ou un événement difficile qui t'arrive, et que face à ça, face à l'adversité, tu réagis pas comme le toi d'aujourd'hui mais comme la version entre guillemets augmentée que tu rêves d'être dans 10 ans, disant, bah forcément ça t'élève, tu vois. Et donc, et donc voilà, pour moi la légende personnelle finalement c'est tout ça, c'est une quête, c'est un chemin. Ça passe aussi évidemment par la connaissance, par la rencontre, et c'est le chemin d'une vie, quoi.
C'est juste incroyable ce que tu nous partages. Pour les personnes qui écoutent, je vous invite à réécouter ce passage à plusieurs moments, à plusieurs fois même, pour bien ancrer ce que Laura vient de dire. Je disais dans ton site que La légende personnelle, elle est axée sur plusieurs, tu as plusieurs axes: la vision, l'audace, l'optimisme, la cohérence et la persévérance. Et donc c'est tous ces axes-là qui vont te permettre de créer ta propre légende. Et j'aimerais comprendre pourquoi tu as mis la cohérence dans la légende personnelle.
Ouais, bonne question. En fait, pour moi, la cohérence, c'est, si tu veux, l'alignement entre 3 choses hyper importantes importante, et c'est vraiment un exercice d'humilité parce que c'est difficile, c'est ce que tu penses, ce que tu dis et ce que tu fais. Et en fait, les personnes, en fait c'est l'alignement si on veut le dire autrement, les personnes alignées, parce que franchement, entre nous, combien de personnes pensent des choses et disent pas exactement ce qu'elles pensent, ou alors disent des choses et ne font pas ce qu'elles disent? Il y en a plein en fait, parce que c'est super difficile. Mais quand tu essayes au maximum d'être aligné entre ce que tu penses, ce que tu dis et ce que tu fais, déjà tu as une forme d'autorité naturelle parce que les gens te te respectent en fait, parce que tu es aligné, parce que tu es cohérent. Et je trouve que dans la réalisation d'une vision, d'une légende personnelle, il s'agit pas juste, tu vois, d'avoir de l'audace et de réaliser ses rêves. Il faut aussi à un moment donné avoir une colonne vertébrale pour te dire, ok, je sais qui je suis, je sais quelles sont mes valeurs, et je sais que les 3 sont au maximum alignés. Et je trouve que c'est hyper important, surtout quand on a de l'ambition, parce que ça peut aussi monter à la tête, tu vois. Et quand tu vas à toute vitesse, tu te dis, ok, là je suis dans une ascension, mais si tu es pas ramené à cet alignement-là, à un moment donné et tu perds pied.
Mais comment, moi j'ai des personnes, des fois on parle de cette notion de la légende personnelle et d'autres, certaines personnes me disent mais moi j'ai pas de légende, ma vie elle est comme ça, je vois pas, j'ai pas d'Ikigai, je sais pas où je vais aller. Qu'est-ce que tu réponds à des personnes si tu as déjà eu des personnes comme ça? Qu'est-ce que tu leur dis?
Ouais, je pense que ça peut, je vois très bien, ça peut être un peu vertigineux de pas savoir, un peu, un peu même même décourageant de pas trouver. Je pense qu'il faut continuer et persévérer à se poser la question sans espérer avoir la réponse tout de suite. Je crois vraiment que la logique et l'habitude du questionnement est hyper utile. Tu peux ne pas avoir la réponse à l'instant T, et puis 2 mois, 2 ans ou 5 ans après, tu vas voir que tout va s'aligner, que les choses vont faire sens parce que tu auras continué à te questionner. Et là, tu vas avancer en vitesse rapide, en avance rapide. Mais je pense qu'il faut continuer à se questionner. Je pense qu'un bon exercice aussi, c'est d'essayer vraiment de faire l'effort de se souvenir un peu de l'enfant qu'on était. Alors après, je mets un bémol parce que ça dépend. Il y a des gens qui ont des enfances hyper difficiles, donc c'est compliqué de se plonger là-dedans. Mais si on a eu une enfance entre guillemets pas avec des traumatismes majeurs, tu sais, quand tu es un enfant avant le fameux âge de raison, avant 7 ans, tu es pas conditionné. C'est ça qui est magnifique, parce que tu vas spontanément vers tes aspirations profondes. Et moi, quand j'ai fait mon Ikigai, je me suis replongée là-dedans, et je sais que j'adorais faire des spectacles, j'adorais faire des imitations, des blagues au téléphone. Enfin, tu vois, il y avait tout un univers. Et ensuite, je pense qu'il faut aussi se poser les questions suivantes: qu'est-ce que tu continuerais à faire aujourd'hui si tu gagnais au loto? Ou bien: qu'est-ce que tu fais sans voir le temps passer? Ben, si à un moment donné, que ce soit de la cuisine, de la lecture, de passer du temps avec des enfants, «Peu importe, c'est des indices en fait qu'il faut continuer à collecter.» Et même si tu as pas la réponse tout de suite, tu notes ces indices, tu continues à alimenter un carnet ou un document, et à un moment donné, il y a quelque chose qui va se dessiner. Donc j'encouragerais à persévérer.
La persévérance et l'optimisme, parce que tu intègres aussi dans— Donc qu'est-ce que tu mets derrière l'optimisme par rapport à la légende personnelle?
Ouais, en fait, l'optimisme, surtout en France, je trouve que parfois c'est un peu confondu avec sa caricature, tu vois. C'est quelqu'un qui est niais, qui est un peu crédule, naïf, etc. Surtout surtout dans le monde dans lequel on vit. Alors que pour moi, c'est tout l'inverse en fait. C'est une posture mentale qui est hyper puissante, qui est se focaliser sur ce qui reste à faire, ce qui est possible, plutôt que ce qui est perdu. Et en fait, un optimiste pour moi, c'est quelqu'un d'hyper ancré dans le réel, parce que c'est une personne qui va avoir l'intelligence de mettre son énergie physique et psychologique sur là où il peut agir, agir à l'instant où il est, dans le moment présent, avec les personnes qui l'entourent, avec les ressources qu'il a à sa disposition et dans l'espace qu'il a pour agir. Parce que tellement de gens dispersent leur énergie mentale et physique sur des préoccupations sur lesquelles en fait ils n'ont aucun impact, et c'est une déperdition d'énergie et d'impact qui est juste énorme. Donc vraiment, c'est quelqu'un qui va se dire: ok, j'ai une marge de manœuvre, je mets tout mon potentiel là-dessus. Et puis tu sais, après, c'est une manière de voir les choses. J'aime bien dire que c'est les gens qui derrière le mot impossible entendent «un» plus loin «possible », tu vois. Et donc voilà, c'est une manière de voir les choses. C'est, tu sais, il y a cette phrase incroyable je trouve de Coluche. Coluche a dit: «La vie met des pierres sur ton chemin, à toi de décider si tu en fais des ponts ou des murs.» Et voilà. Et en vrai, on a tous des aléas maintenant L'optimiste qui vit une difficulté ou un échec, il va pas la nier, mais il va se dire c'est pas une finalité, c'est une étape vers le succès d'après, vers mon chemin. Donc voilà, c'est une manière de penser et c'est aussi une manière d'agir en restant dans l'action et en se focalisant sur ce qui est possible de faire à l'instant T.
Est-ce que tu penses que le chemin vers sa légende personnelle, il a une fin ou pas? Parce qu'on peut avoir trouvé sa légende personnelle et ou on est toujours en quête de sa légende personnelle?
Je pense qu'il n'a pas de fin, parce que tu peux l'avoir trouvée, tu vas toujours être en train de la réaliser, et tu vas toujours être en train, si c'est vraiment ancré en toi, de voir plus grand. Et je parle pas là en termes, tu vois, de forcément d'une logique carriériste, mais si tu veux, si ta légende personnelle par exemple c'est, voilà, d'impacter les gens avec une prise de parole, tu vas toujours vouloir impacter plus de monde pour toucher le cœur des gens, tu vas toujours vouloir peut-être transmettre à plus de monde. Et pour le coup, bon, on est je crois, 9 milliards sur Terre, donc c'est juste illimité. Et donc tu vas toujours vouloir avoir plus d'impact par rapport à ce que toi tu portes en toi. Et donc pour moi, c'est jamais terminé. Tu peux l'avoir identifié, mais elle est toujours en cours de réalisation. Pour moi, tu es jamais arrivé. C'est pour ça je dis, c'est jamais une fin. Ça finit avec ta vie, ou même après si on croit en après. Mais non, je pense que c'est un chemin perpétuel et Et voilà, après il y a identifier sa raison d'être, mais elle peut aussi évoluer, sa raison d'être, au cours d'une vie, tu vois. C'est pas forcément figé, mais la réalisation en elle-même, ouais, elle est infinie.
Et quel a été ton plus grand succès dans ton chemin vers ta légende personnelle?
Bonne question, bonne question.
Après on fera ton plus grand échec dans le chemin vers la légende personnelle.
Écoute, non, je pense que c'est vraiment une globalité. C'est, si tu veux, avoir réussi en 3 ans à être en fait là où j'imaginais que je serais. En fait, quand j'ai quitté le salariat, je me disais, voilà, je veux être devant des salles de centaines de personnes, faire des conférences, conférences, impacter, avoir un média. Et en fait, c'est ce que j'ai fait, et même au-delà, parce que le média a donné lieu à des événements, etc. Et puis il y a eu le livre aussi en cours de route, qui était pas prévu, parce que les opportunités évidemment arrivent. Donc ce dont je suis la plus fière, peut-être pour être la plus concrète possible, c'est avoir osé parler de mes rêves. Parce que tu sais, il y a toujours ce côté— je me souviens très bien quand j'ai quitté le salariat, les gens m'ont dit qu'est-ce que tu vas faire? Je savais pas exactement non plus, je savais que je voulais lancer le podcast, que je voulais faire des conférences. Et tu sais, je disais aux gens moi je veux être ce qu'on appelle, oui, conférencière, mais motivational speaker. Et tu as toujours des gens qui vont, et moi ça m'amuse, qui vont rigoler, qui vont avoir, tu sais, un petit côté un peu condescendant. Et en fait, c'est souvent les gens qui n'osent pas agir qui se comportent comme ça. Et je trouve qu'avoir le courage de parler de ses rêves quand ils sont pas encore faits, quand ils sont en cours de réalisation, ou même juste dans ta tête, ben en fait, déjà ça les rend plus réels. Elle. Et en plus, ça te donne l'opportunité d'avoir des synergies possibles qui vont arriver parce que tu en parles, et donc ça peut créer des opportunités. Donc je suis assez fière d'avoir, tu vois, cru en mes rêves et d'avoir su les verbaliser.
Et puis après, l'échec, l'échec ou l'embûche, ou si tu veux pas utiliser le mot échec.
Non, parce que comme je t'ai reçu sur le podcast, je te posais la même question, et quand tu as un mindset positif, c'est compliqué de voir les choses figées dans un échec. Non mais en fait, il y en a eu plein.
Alors tu parles des années d'entrepreneuriat, enfin là depuis Ouais, on peut dire si tu veux avant, tu peux avant, je te laisse choisir. Dans ton chemin vers ta légende personnelle.
Ouais, échec, vraiment j'identifie pas comme ça. Alors des embûches, tu vois, moi qui suis ambitieuse et volontaire, quand je me suis rendu compte que je m'étais plantée sur le fait de ne pas avoir négocié mon salaire comme je te racontais tout à l'heure, honnêtement j'ai quand même appris, tu vois, et je me suis dit ben voilà, c'était une erreur, mais j'ai vachement appris Bon, quand j'ai lancé mon podcast, au début il s'appelait Les Ambitieuses, et puis j'ai fait l'erreur de pas checker la propriété intellectuelle du nom, ce qui fait que j'ai reçu un jour un courrier d'avocat au bout d'un an de podcast. Quand ta marque commence à être connue, etc., c'est un peu pénible. Et donc en fait, c'était pas un échec, parce que c'était sur le moment, c'était très chiant et je l'ai vécu un peu comme un échec, mais c'était une opportunité parce que j'ai pu renommer mon podcast Legend Ladies, ce qui déjà est plus international et qui fait écho à mon entreprise Legend Daily. Et au final, ça m'a pas du tout posé plus de problèmes que ça. Donc tu vois, des embûches comme ça, en fait, il y en a eu plein. Après, ouais, non, je pense qu'il y en a eu d'autres, mais je m'arrête très peu dessus.
Donc voilà, parfait. Est-ce qu'on arrive sur la fin de notre épisode? Est-ce qu'il y a un sujet que tu aurais aimé aborder qu'on n'a pas encore abordé et chose que tu aurais aimé dire et j'ai pas eu l'occasion de le dire.
Écoute, oui, peut-être pour en revenir à l'entrepreneuriat, au fait d'oser se réaliser, aux femmes, je pense qu'il faut vraiment aussi, déjà il y a un sujet, s'autoriser à réussir. Tu sais, on parle souvent de la peur de l'échec, mais il y a des gens qui n'en sont pas conscients ou qui en sont conscients, qui ont la peur de réussir parce que parfois ça peut être une trahison par rapport à ta famille, à ton milieu social si tu réussis plus. Parce que réussir, alors tout dépend ce qu'on entend par réussir bien sûr, mais ça veut dire potentiellement être plus exposée et donc être vue. Et t'en as pour qui en fait c'est pas, socialement c'est compliqué parce que ça te met, tu vois, en lumière. Mais je veux, j'aimerais moi, si tu veux, repasser le message aux femmes qu'on peut aujourd'hui allier une vie personnelle, parce qu'on en a pas trop parlé, mais c'est super important, une vie personnelle épanouissante et une vie professionnelle ambitieuse sans être obligée de choisir. Moi, j'ai toujours détesté la phrase «on peut pas tout avoir». Ben pourquoi? Enfin, en fait, potentiellement si. Maintenant, faut être honnête, c'est difficile, tu vois. Moi, je dis en fait c'est possible, et encore plus peut-être sur le sujet vie pro, vie perso pour les femmes. Mais aussi, il faut dire aux femmes: faites attention, ne vous enfermez pas vous-même dans une logique de sacrifice permanent. Accepter que si vous déléguez des choses, ce soit pas fait exactement comme vous aimeriez que ce soit fait, que ce soit pas entre guillemets parfait, c'est pas grave. Et donc voilà, je pense que c'est possible, qu'il faut du travail, de la détermination et aussi de la souplesse. Et puis encore une fois, ouais, avoir le courage de déplaire, mais ça on en a déjà un peu parlé.
Donc ouais, super, merci beaucoup Laura pour ce moment, pour tous ces partage. Bien sûr, je vous inviterai à aller checker son podcast, je vais le mettre sous l'épisode. Mettez-moi en commentaire du podcast ce que vous avez retenu. N'hésitez pas à le partager à vos proches et aux gens qui sont autour de vous, parce que je suis sûr que ça peut inspirer énormément de personnes. Et encore merci Laura d'avoir partagé ce moment avec nous, de nous avoir inspiré pendant ces 45 minutes. Et comme je le dis et toujours je suis, tu es, nous sommes tous illimités.
Merci Mohamed.
À très vite.
À bientôt.










