Du capital humain à l'intelligence artificielle : Les enjeux du monde du travail avec Ilhem Alleaume

In this concluding segment of the interview, Ilhem Alleaume (director of Learning & Development at L'Oréal France) expands on several personal and professional themes. She reflects on her experience as a woman thriving in historically male‑dominated environments, emphasizing the lessons learned from male colleagues about delegation, prioritisation, and responsibility. Ilhem advises young women to be discerning when choosing a life partner, highlighting co‑responsibility in family and career, and stresses the importance of sorority and women‑to‑women support networks rather than merely replicating male models. She describes L'Oréal not just as a place to earn a salary but as a “human adventure” that offers lifelong learning, cultural openness, and a sense of purpose. The conversation then shifts to L'Oréal’s robust apprenticeship (alternance) program—30 years of history, over 1 000 apprentices annually across 197 métiers—detailing recruitment channels (website, social media, school fairs) and the role of mentors. Finally, Ilhem shares personal touches: her favorite humorist, hidden talent, inspirational figure (her mother), favorite brand (L'Oréal), a guiding quote, pride in her Marseille roots, and the music that connects her to that heritage. The segment blends career advice, gender‑related insights, corporate culture, and personal identity, illustrating how individual experience intertwines with broader labour‑market trends such as AI, automation, and demographic shifts discussed earlier in the interview.
Chapters
La France, l'Europe, et je vais même te dire l'hémisphère Nord, vieillit.
On veut que les gens travaillent plus, on veut réduire leur cortisolisation pour qu'ils aillent plus rapidement travailler, mais en même temps il y a tout l'aspect informatique, les machines, l'intelligence artificielle, qui fait qu'on a de moins en moins besoin de l'humain.
À la fois on a un pays qui vieillit et on a un taux de natalité qui est de plus en plus faible. Donc ce syndrome de l'immigré, oui il est là, j'ai lutté énormément.
Et comment tu fais pour le passer au-delà? Paix sur vous, aujourd'hui je reçois Ilay Malom qui est directrice du développement et de la formation pour L'Oréal France. On va parler parler de sa carrière, du monde du travail, de la technologie et aussi de son parcours en tant que femme issue de l'immigration. Paix sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode de The Boclet Talk. Et aujourd'hui, j'ai l'honneur d'avoir Ilem Alom qui est avec moi pour nous parler de son parcours et on va aborder différents sujets très à la pointe de la technologie. Je rigole. Alors, Ilem est, alors je vais citer exactement, elle est directrice du développement des personnes et de la formation chez L'Oréal France, le groupe L'Oréal. Je l'ai connue parce qu'on était anciennement collègues dans un autre monde, et aujourd'hui on travaille avec L'Oréal et ça fait partie de nos partenaires. Et je suis heureux d'avoir Ilham avec moi aujourd'hui. Comment tu vas? Bonjour Ilham.
Bonjour Mohamed, bonjour à tous. Je suis ravie d'être là.
Ça fait plaisir de t'avoir aujourd'hui et de pouvoir échanger. Ça fait longtemps qu'on veut faire cet épisode, il y a eu plein de péripéties, et aujourd'hui on y est enfin. Est-ce que déjà tu peux te te présenter, me dire qui tu es avec tes mots et après on rentre dans le vif du sujet.
Oui, ben écoute, tu l'as déjà mentionné, donc je m'appelle Ilhem, donc Ilhem Alom. Je suis directrice formation et développement pour le groupe L'Oréal en France. Donc j'ai la chance d'être dans cette belle entreprise depuis 4 ans, mais je suis aussi présidente du réseau Emploi Compétences pour France Stratégie, France Stratégie qui sont des services du Premier ministre et le réseau Emploi Compétences a vocation à réfléchir sur les questions du futur du travail, du futur des emplois et du futur des compétences.
Alors aujourd'hui tu es là, mais tu as eu tout un chemin pour en arriver ici dans une autre scène vie. Parce que j'aime bien, moi c'est pour moi c'était une ancienne vie. On était collègues, on était collègues chez Nedis. Est-ce que tu peux retracer brièvement ton parcours et comment tu en es arrivée là?
Alors, alors comme tu dis en plus qu'on était anciens collègues, en fait on a eu l'occasion toi et moi de travailler dans un même groupe. Donc ça, c'était avant mon arrivée chez L'Oréal, mais on n'a pas travaillé ensemble, Mohamed Boclet. Mais pour te retracer mon parcours, en fait, déjà, je suis donc née à Martigues, donc je suis originaire de Marseille, donc de la région marseillaise. Donc ça, c'est très important pour moi parce que mon parcours a démarré là-bas. Et puis, comme tu le disais, par rapport au parcours professionnel, mais ça commence aussi avec ma formation initiale. J'ai eu la chance de pouvoir avoir différentes formations et ça, ça va t'intéresser puisque c'est aussi ça qui nous a amenés à nous rencontrer. J'ai différentes vies professionnelles, j'ai la chance d'avoir une formation scientifique de base, donc j'ai une formation de biologiste des écosystèmes, donc tournée autour de l'écologie. J'ai fait de l'ingénierie, du management et en 2012, je me suis orientée vers les ressources humaines par choix, par vocation parce que Tout au long de ma vie professionnelle, je me suis découverte et je me suis formée aux ressources humaines, au coaching. J'ai fait plein de choses. Considère que tous les 2 ans, j'apprends un nouveau métier, de nouvelles compétences. Avant que tu continues. C'est ce qui structure aussi quelque part mon parcours.
Avant que tu continues parce que je vais m'arrêter sur ça. Pourquoi tous les 2 ans? Pourquoi c'est aussi important de te former?
En fait, ça fait partie de mes appétences naturelles. C'est une bonne question. C'est même pas une notion de 2 ans, tu vois, de timing. En fait, ça mène à moi parce que je m'intéresse à tout. J'ai la chance aussi, progressivement, tout au long de ma vie, de rencontrer des personnes qui sont très inspirantes et qui fait que, ben, tu vois, il y a un domaine, on amène un autre. Et c'est vrai que la formation a été pour moi le vecteur, quelque part le fil conducteur, qui m'a aidé à la fois à me découvrir, à découvrir les métiers et les sujets sur lesquels j'avais envie de m'investir et sur lesquels je pense avoir un impact. Et puis j'ai le sentiment que c'est comme ça qu'on comprend aussi mieux l'autre et qu'on comprend mieux le monde.
D'accord. Donc pour toi, parce qu'en plus aujourd'hui tu es dans la formation, c'est-à-dire que pour toi c'est important de te former et promouvoir soi et accompagner les gens vers ce sujet, c'est essentiel.
Oui, surtout que quand tu remontes à mon histoire personnelle, donc comme je te disais, moi, j'ai grandi dans le sud de la France. Mes parents, lorsqu'ils sont arrivés en France, se sont installés dans le nord de Marseille, dans une ville nouvelle qui s'appelait Vitrolles. Qui a été célèbre par le biais de la politique, mais en tout cas, une ville sur laquelle on a grandi. Et c'est vrai que dans mon environnement, tu vois, dans mon quartier, il n'y avait pas de personnes qui avaient entamé d'études supérieures.
Parce qu'à l'époque, on était en quelle année?
Ben écoute, moi je finis en 77, fin 77. Ah oui.
Et donc tu vois, imagine, tu étais en 80, alors 77, en 97, tu avais 20 ans à ce moment-là.
Oui, j'étais à l'université.
Tu es à l'université. Est-ce qu'autour de toi, les grandes études, c'était mis en avant, le fait de quoi, ou pas? Souvent, puisque tu as grandi en banlieue.
Oui, en fait, la banlieue nord de Marseille. En fait, on ne nommait pas les choses comme ça. Et en fait, pour t'illustrer à quel point l'école, apprendre, et puis derrière, tu vois, on parle de formation initiale et de formation continue. Ça a été quelque chose d'assez structurant. C'est qu'en fait, pour moi, la dimension d'apprendre a démarré même à l'école maternelle. En fait, la question de savoir lire et écrire en français était presque quelque chose de vital pour moi, pour pouvoir aider mes parents et plus particulièrement ma mère.
Ta mère ne sait pas lire?
Ma mère ne sait pas lire, ma mère ne sait pas écrire. Et donc je suis l'aînée de ma famille et j'étais dans un environnement où on avait à peu près 80 nationalités différentes. Et comme j'ai certaines facultés, à 3-4 ans, j'ai su lire et écrire. Le français et qui fait que très tôt, je pense comme beaucoup d'enfants issus de ce milieu-là, tu t'occupes des papiers administratifs, tu gères un certain nombre de choses. Mais c'est vrai que très tôt, dès la maternelle, avant même mon entrée à l'école primaire, j'étais déjà dans ce souci d'apprendre.
Tu me fais rire parce que ça me fait penser à mes grandes sœurs. Moi, j'ai pas fait ça, mais mes grandes sœurs, je me rappelle de tous les soirs, mon père venait avec les papiers et elles devaient s'occuper, ma sœur était au collège, elle s'occupait de tout l'administratif pour mon père parce que mon père ne sait pas lire et on a à peu près le même profil et c'est fou. Effectivement. Et t'as combien de frères? Vous êtes combien dans votre famille?
Écoute, on est 4. Moi, je suis l'aînée, j'ai 2 sœurs et un frère. Mon frère est donc le dernier de la famille.
D'accord. Et donc là, t'étais la grande, tu devais t'occuper de tout. Et est-ce que, parce qu'à cette époque-là, les grandes études, c'est pas forcément mis en avant ou c'était pas forcément valorisé. Comment toi, tu as réussi et tu t'es mis dans ta tête «faut que je fasse des grandes études, que j'aille dans un monde technique », parce que t'as une formation d'ingénieur, et que tu rentres dans le monde de la technique. C'était quoi le calcul?
Déjà, tu vois, la question de s'occuper de tout, moi je le dirais pas comme ça. La chance qui a été la mienne, déjà, c'est que j'ai une mère incroyable, extrêmement forte, qui, même si elle n'a pas eu cette chance elle-même d'aller à l'école, a une force et une détermination incroyable qui fait que déjà, t'es porté par une femme qui a énormément de valeur et qui est un modèle pour toi. Et donc ça, c'est guidant. Pourquoi je te dis ça? C'est parce que même si elle ne connaissait pas l'environnement scolaire, qu'elle n'avait pas de repères, elle s'est toujours battue pour nous, pour nous permettre de pouvoir en tout cas à la fois soutenir nos décisions. Et j'aurais un exemple à illustrer concrètement sur ça. Qui fait d'ailleurs un clin d'œil à L'Oréal, mais aussi qui savait à quel moment il fallait ne pas se soumettre, tu vois, pour pouvoir nous aider à avancer. Et donc, pour répondre à ta question, en fait, moi, j'ai eu 2 moments clés justement dans mon orientation scolaire, à la fois quand j'étais au collège à Vitrolles, parce que je faisais partie J'ai eu, comme je te disais, avec certaines appétences, donc j'avais un bon niveau scolaire et ce niveau scolaire, en fait, j'ai pu l'avoir, j'ai pu le nourrir parce que j'avais dans ma ville et dans mon quartier une maison de quartier avec des fonds, des aides qui avaient été données aussi par la mairie, qui permettaient du coup aux associations présentes d'avoir un soutien scolaire. Et c'est comme ça, parce que j'avais ce soutien-là, donc à la maison de quartier, on était un groupe comme ça, tu vois, d'adolescents, garçons et filles. De nationalités différentes et on avait des adultes qui pouvaient nous aider, nous structurer, nous accompagner pour faire les devoirs le soir. Pour autant, quand j'ai dû faire le passage du collège au lycée, ma mère a dû s'opposer au principal du collège parce que l'orientation qui était vouée pour des élèves comme moi, issus de mon quartier, était plutôt de faire un CAP coiffure. Et c'était vers la coiffure où—
Je te coupe, tu avais des très bons résultats à l'époque.
J'avais de bons résultats.
Le conseiller d'orientation, il t'avait plus orientée vers un bac pro ou un CAP plutôt que le général?
Oui, c'est ça qui est assez déroutant parce que souvent, tu sais, on peut entendre des humoristes ou des sportifs raconter leurs anecdotes avec les conseillers d'orientation, tu vois. Et bon, voilà. Et moi, je l'ai vécu, je l'ai vécu aussi. Et c'est vrai que ce qui a peut-être fait la différence, c'est ce que je dis, c'est ma mère. Qui a eu ce souci aussi de parler un français correct, un très bon français. Ma mère parle très bien français et qui fait qu'elle a su, à un moment donné, même si elle n'avait pas ce référentiel, s'opposer à une autorité, ce qui était rarissime à l'époque, et qui fait que je suis passée en seconde générale.
Voilà. Alors big up à ta maman et big up à toutes les mamans et à tous les papas parce que j'ai l'impression qu'on vit la même, on a vécu en parallèle quasiment la même vie parce que mon père s'est opposé au directeur les professeurs quand j'étais en primaire pour pas que j'aille en classe de perfectionnement. Au moment où ils ont décidé que je devais en CE2 aller en classe de perfectionnement, j'ai vécu la même chose sur l'orientation. Et effectivement, alors je dis pas que c'est toujours le cas, c'est pas ce qu'on est en train de dire, mais ça peut arriver. Et des fois, aller contre le corps enseignant pour pousser nos enfants et leur dire je crois en toi, tu vas y arriver, on en voit certains résultats. Je suis là parce que mes parents ont fait ça. Tu es là et tu es directrice de la formation dans une des plus grandes sociétés du monde. La plus grande société de France est une des plus grandes sociétés du monde, et ça c'est juste incroyable. Donc tu vas en général, malgré le fait que le proviseur veut pas, que tes parents sont derrière toi, et après tu, comment tu t'orientes vers la technique? Tu dis moi je vais faire ingénieur, et ensuite tu bifurques vers les RH.
Et avec Quelque chose que tu mentionnais, c'est que la chance aussi, tu vois, de par le collège, le lycée et même à l'école primaire, en fait, j'ai rencontré aussi des enseignants et des professeurs qui avaient vraiment ce souci de développer les jeunes enfants et futurs adultes qu'ils avaient devant eux. J'ai eu la chance de côtoyer aussi ces professeurs-là et plus particulièrement, il y a deux domaines sur lesquels je cultivais quelque part mes appétences et mes compétences, c'était les mathématiques dans un premier temps, parce que j'avais cette fibre mathématique et donc voilà, qui était très forte chez moi et c'est une vraie passion. Et puis j'avais la dimension autour de l'histoire, la géographie et l'éducation civique qui me permettait aussi à la fois de comprendre mieux le pays qui était le mien, donc la France, mais aussi d'avoir une dimension géopolitique qui a aussi nourri quelque part ma mon appréhension du monde, de la société et qui m'ont amenée petit à petit vers les ressources humaines.
D'accord. Et qu'est-ce qui t'intéresse dans les ressources humaines? Parce qu'aujourd'hui, la technique et gérer l'humain, c'est deux mondes différents.
Parce que c'est deux mondes différents et en même temps, quand tu fais de la technique, tu gères des hommes. Et comme j'ai commencé dans les métiers de l'ingénierie très, très tôt, en fait, dans mon parcours, Mohamed Boclet, à la différence de beaucoup, je n'ai pas démarré par une école d'ingénieur. Au lycée, je ne savais pas l'existence des écoles d'ingénieurs. Je ne savais pas l'existence des écoles de commerce. En plus, ça a été une période un peu particulière puisque quand moi, j'étais au lycée à Vitrolles, se jouait aussi une dimension politique qui fait qu'il y a eu un changement à la tête de la mairie de Vitrolles à l'époque. Qui a décidé effectivement, les citoyens ont décidé que cette ville devait passer dans un parti extrême. Et c'est vrai qu'un certain nombre d'élèves comme moi n'avions pas accès à l'information. Donc je ne savais pas ce que c'était que les classes préparatoires et je ne participais pas. Je n'étais pas invitée à participer aux sessions d'information. Et qui fait que quand j'ai eu mon bac scientifique avec mention, où j'avais eu de très belles notes en biologie, en mathématiques et en physique, eh bien, je me suis tournée tout de suite vers l'université. Et donc, j'avais soit le choix, tu vois, deux choix possibles: la médecine ou la biologie, toujours par rapport à des appétences. Et pour aller très vite sur ce point-là, parce que j'étais régulièrement au Maroc tous les étés pour aller voir ma famille, j'ai découvert le monde de l'ingénierie par la construction de l'édifice, donc de la grande mosquée Hassan II.
De Casablanca.
De Casablanca, effectivement. Et je me suis renseignée petit à petit sur les bureaux d'études. Un bureau d'études à Marseille qui s'appelait OTH Méditerranée et dont le nom est Aegis aujourd'hui, a accepté de me prendre pendant mes études universitaires en stage. Et j'ai découvert comme ça les métiers de l'ingénierie autour de l'environnement. J'ai managé des projets, ils m'ont gardée avec eux, ils m'ont embauchée. Donc ça a été mon premier contrat de travail en dur parce que j'ai eu plein de petits boulots tout au long de de ma jeunesse. Et puis après, progressivement, en faisant de la gestion de projet, je suis arrivée à manager du coup de plus en plus d'équipes. J'ai été recrutée par le groupe EDF en 2005 avec un management à 26-27 ans de 200, déjà 50 personnes, 200 personnes vers là. Donc tu vois, j'étais très jeune, des équipes techniques, des équipes commerciales. Et voilà, j'avais fait comme ça tout un chemin sur le management. Mais plus je faisais du management, plus je savais que développer le capital humain et accompagner les transformations des organisations, c'était mon truc. Et donc j'avais rencontré plein de patrons chez EDF, je leur avais expliqué un peu mon intention et j'avais une patronne qui était avec moi dans mon premier job, qui est devenue la patronne, la DRH du nucléaire. Et juste après Fukushima, elle avait besoin de quelqu'un pour bosser sur le recrutement en essayant de trouver le champ des possibles pour attirer les talents pour rejoindre cette filière-là et elle m'a donné cette chance. Donc je l'ai rejoint pour faire mon premier job RH et depuis, je n'ai pas quitté cette filière.
Tu as dit un mot là, elle m'a donné cette chance. Est-ce que pour toi, le facteur chance, c'est quelque chose? Parce qu'aujourd'hui, tu es directrice de la formation pour L'Oréal. Chez EDF, tu exerçais également à la fin, avant que tu partes, un poste de direction. Des postes de direction ou des postes avec fortes responsabilités. Avec des fortes responsabilités. Comment toi, tu, moi je suis une personne lambda et je me dis demain j'ai envie d'être directeur de la formation, comment je fais? C'est-à-dire quand je dis comment je fais, c'est est-ce qu'il y a forcément le travail acharné, il y a le fort coup de travail, mais est-ce que le facteur chance, le facteur réseau, c'est quoi les éléments qui peuvent, quand quelqu'un nous écoute et qui est jeune et qui dit bah moi dans 20 ans j'ai envie d'être directeur, Moi, quand j'étais chez EDF, dans ma tête, c'était impossible de pouvoir être directeur parce qu'il y avait trop d'obstacles. Moi, j'avais pas encore le bon état d'esprit pour en arriver là. Toi, tu l'as fait très rapidement. Donc, par où que t'es passée? Comment t'as fait?
Alors, je sais pas si je l'ai fait rapidement et je saurais pas te dire s'il y a une recette particulière. Parce que tu vois, si j'avais moi à retracer un peu ce parcours, le sujet, c'est pas tant le titre, c'est pas le fait de prendre, tu vois, d'avoir un poste de directeur ou directrice. C'est pas ça. En revanche, ce qui a structuré mon parcours, c'était d'agir avec compétence. Et donc j'avais besoin, moi, à la fois— Donc il y a 3 dimensions. Il y a le sujet de la motivation, comme tu dis, indéniablement, sur des parcours comme le mien, surtout du milieu qui était le mien, tu vois, et sans avoir finalement ni de role model ni de réseau. Et pas de connaissances, ni de réseau, ni de connaissances établies. En fait, j'ai toujours essayé de trouver, moi, l'opportunité de pouvoir apprendre dans des environnements sur lesquels on acceptait à la fois de me donner ma chance et d'être à la hauteur de la chance qu'on m'a donnée. Avec un jour, je t'avais parlé de ça, Mohamed Boclet, tu sais, cette notion de syndrome en plus de l'immigré.
Oui, on va en parler. Je vais aborder ce sujet. Dans 5 minutes, c'est un sujet important pour moi.
OK, mais bon, donc ça veut dire que le travail, c'est évident, mais c'est pas le travail acharné, c'est de savoir sur quoi je dois mettre mon énergie. Quelles sont les compétences qui me sont utiles et où je veux avoir de l'impact? Parce que je pense que ce qui est intéressant, en tout cas, et on ne fonctionne pas tous de la même manière, Mais tu vois, c'est la question de sa raison d'être, de savoir où est-ce qu'on a envie de s'investir, le sentiment d'être utile pour la société, pour le monde. Donc on a tous des ambitions différentes. Donc il faut déjà bien se connaître, travailler, se former. Tu comprends? C'est indéniable. Et donc apprendre à apprendre surtout. Et c'est comme ça d'ailleurs qu'on s'est—
C'est comme ça que tu m'as découvert. L'anecdote, c'était qu'au moment où je me suis lancé et que moi aussi j'étais dans le groupe EDF et que j'ai décidé de partir pour lancer mon activité. J'avais fait des posts sur LinkedIn et tu étais tombé sur un peu sur mon travail et tu m'avais contacté parce que ma mission c'est de l'apprendre à apprendre et démocratiser les méthodes d'apprentissage. Et toi tu étais venu me voir me dire ah c'est incroyable, chez L'Oréal le apprendre à apprendre c'est un sujet qui nous tient énormément à cœur parce qu'il faut le mettre en avant pour la culturation de l'accompagnement de nos salariés, l'évolution et autres. Donc il y a quelque chose à faire, on en a discuté et après tu m'as donné ma chance, on a pu faire les premières formations et depuis ça fait 4 ans qu'on collabore régulièrement avec L'Oréal Il fait partie de nos clients du côté Connaissance illimitée.
Exactement. Exactement, tu as tout dit. Mais c'est pour ça que pour revenir à la question que tu m'as posée, pour moi, il y a cette dimension de motivation, le fait de pouvoir s'investir et être très conscient que tu n'obtiens rien sans rien. Donc il faut vraiment être curieux, avoir de l'énergie, ne pas avoir peur de l'échec et donc oser. La deuxième dimension pour moi, c'est cette notion de savoir, de savoir-faire. Même de savoir-être, mais de développer par différents moyens ses compétences, par le biais de la formation, par le biais de l'apprentissage. Tu as aussi beaucoup de gens qui ont le souci de transmettre. Et moi, j'ai bénéficié à chaque fois dans mes expériences, Mohamed, depuis que je suis toute petite, de gens qui partaient à la retraite, tu vois, qui étaient aux prémices de partir à la retraite et qui avaient ce souci quelque part de me confier un héritage. De leur savoir. Et donc je suis aussi construite, moi, avec cette dimension. Et puis des terrains d'expérimentation, c'est-à-dire que ce que j'appelle moi des terrains d'expérimentation, c'est que c'est pas la question. Tu vois, aujourd'hui, j'ai cette chance d'être chez L'Oréal, mais quand j'arrive chez L'Oréal, tu vois, et ça fait 4 ans aujourd'hui que j'y suis, c'est que j'arrive aussi riche de mes expériences, de mes compétences, parce que j'ai éprouvé aussi beaucoup de choses tout au long de ma carrière. Donc il faut pas regarder ce qui brille, il faut juste regarder l'apport que ça a et de quelle manière, tu vois, dans quel écosystème je peux expérimenter des choses et je peux donner. Tu vois, il y a la notion de don contre don.
Et il y a la notion d'oser. Tu as osé tester, tu as osé partir à un moment d'une boîte, d'un bureau d'études pour rentrer chez EDF. Tu as osé à un moment partir d'EDF pour aller chez L'Oréal et tester d'autres choses. Et on sait pas ce que l'avenir te réserve. Peut-être tu oseras d'autres choses comme on le fait tous. Et effectivement, la notion d'oser, c'est super important. Il y a des personnes qui se ferment des portes, ils essaient même pas. Dans mon livre «Connaissance illimitée», la première phrase de mon livre, c'est «La peur a tué plus de rêves que l'échec ne l'a jamais fait.» C'est pareil, les gens n'osent pas et ont peur et donc n'essaient pas. Et pour l'anecdote, comme tu le sais, je fais l'Olympia le 7 septembre 2024. Et vous êtes tous conviés, donc je compte sur vous pour prendre votre place. Ça sera sous l'épisode. Mais quand j'en ai parlé à ma famille, à mes amis, à mes proches, on m'a dit: «Mais t'es fou, pourquoi faire l'Olympia?» Et aujourd'hui encore, on est à 5 mois de l'événement, les gens me disent: «Mais t'es fou, pourquoi l'Olympia?» Et j'ai osé, j'y vais. On verra ce que l'avenir nous réserve. Je sais que ce sera un succès, quoi qu'il en soit. Ce sera un moment qui aura marqué ma carrière ou mon esprit, ma vie. Parce qu'il y a énormément de challenges, c'est juste incroyable. Et ce moment sera incroyable parce qu'on va partager énormément de pépites sur scène.
Et moi, je suis extrêmement fière de ton parcours, Mohamed Boclet aussi. Je tenais à te le dire et tu le sais parce que lorsqu'on s'est rencontrés, en fait, moi, ce qui m'avait marqué, c'est que tout comme toi, en fait, on a quitté un écosystème au même moment. C'était au moment du Covid et donc du premier confinement. Et moi, j'avais vu tes premières initiatives sur les réseaux sociaux. Et je t'ai contacté sur LinkedIn parce que je voyais déjà que tu étais dans une dynamique entrepreneuriale. Et parce que souvent, tu vois, on pense à être salarié dans une entreprise. Et puis je trouve génial, et moi j'en ai plein d'ailleurs autour de moi, des gens avec qui j'ai grandi, qui ont décidé aussi d'être leur propre patron. Parce qu'il n'y a pas qu'un chemin quelque part pour se réaliser. Et de t'avoir vu comme ça entreprendre un sujet en plus qui me tenait à cœur, moi, qui était cette dimension d'apprendre à apprendre et de permettre à chacun justement de reprendre quelque part la main sur sa vie en considérant que le savoir pouvait être une clé justement pour pouvoir entreprendre un projet professionnel, tu vois, ouvrir une nouvelle voie. Et là, te voir grandir progressivement comme ça, tu as monté ton entreprise, tu as développé tes formats de formation. Je vois les conférences que tu mènes. J'ai même un ami ami d'enfance grâce à toi qui m'a contacté. Donc je salue Ali.
Exactement.
À Marseille, qui m'a dit «Il aime, j'ai rencontré Mohamed, tu as fait une conférence.» Alors je sais plus c'était quand.
Oui, c'était à Marseille, il y a pas longtemps, c'était début janvier, en janvier.
D'accord, donc janvier 2024. Et là, donc l'Olympia, imaginez, donc en septembre, tu vas aller, donc tu as organisé, tu organises là, tu prépares cet événement. Sache que nous, tu vois, on va être présent. Il y a des collaborateurs lauréaliens qui vont être là et qui vont te voir sur scène et on est ravis. Donc voilà, j'invite tout le monde à venir te voir.
Merci pour la force, merci beaucoup. Et effectivement, bien sûr, ILM sera là et merci pour la force. Et hâte de voir les pères des équipes de L'Oréal à cette date. Je t'avais demandé d'apporter un— on va passer à l'étape d'après. Je t'avais demandé d'apporter un objet. Est-ce que tu peux me dire quel est l'objet? Tu peux nous le montrer et le partager aux auditeurs?
J'ai pris Yes. L'échec, en fait, ça symbolise les échecs. Pourquoi? Parce qu'en fait, Mohamed Boclet, ce qui m'a fait à un moment donné aussi me connecter à toi, c'est que tu m'as rappelé deux éléments qui ont structuré aussi ma vie et ma jeunesse. Le premier, effectivement, c'est les échecs. J'ai eu un monsieur, Monsieur Poum, il s'appelait, à l'école primaire, qui venait comme ça pendant les temps de pause et le déjeuner. Et il venait, il nous apprenait les échecs. Ça a structuré justement mon amour des mathématiques, les échecs. Et on a eu comme ça, et ce monsieur était d'origine slave, et on a eu comme ça des intervenants qui venaient et qui s'adressaient à des populations différentes. Mais ce savoir qu'il nous a donné, en fait, il était précieux. Et très souvent, avec mes sœurs et avec mes amis, en fait, on repense à ça, à cette notion de comment élaborer les notions de stratégie, de réflexion, tu vois, de temps posé. Et donc Monsieur Poum m'a donné quelque part une appétence à cette réflexion et aux échecs, et donc derrière aux mathématiques, qui a quelque part guidé ma vie. Et en amenant cet objet, j'aimerais aussi te dire à quel point ta méthode à toi m'a été utile, parce que quand j'étais aussi au collège, il y a eu un autre intervenant qui m'a appris la lecture rapide en cinquième et j'étais dans une classe. Figure-toi, comment j'étais bonne élève. J'étais dans une classe qui était en grande difficulté et donc pour pouvoir aider les élèves qui étaient en grande difficulté. Quand je dis en grande difficulté, c'est même des élèves qui voulaient quitter l'école. Et il y avait cet intervenant. J'ai plus son nom en tête, mais il nous a appris la lecture rapide. Et en nous apprenant la lecture rapide, j'ai découvert et j'ai amplifié moi déjà ma capacité à apprendre. Moi qui étais, tu vois, j'étais l'intello et c'est pas facile d'ailleurs.
Tu avais l'étiquette de l'intello à l'école. Effectivement.
«Ah non mais arrête de faire l'intello.» J'étais tout le temps avec mes bouquins au quartier. D'accord. Et puis respecter ça, c'était pas évident, mais j'avais beaucoup de respect aussi par rapport à ça. Mais qui faisait que j'étais en capacité aussi de transmettre l'amour que j'ai pour les livres et pour la littérature à des élèves qui étaient avec moi.
Et aujourd'hui, tu utilises toujours la lecture rapide dans ton quotidien?
Alors oui, de fait, parce que je lis beaucoup aussi de par mon activité, de par aussi, tu vois, comme je change de métier aussi tous les 3-4 ans, donc j'apprends tout le temps. Mais je choisis à quel Quel type d'ouvrage utiliser ce type de technique et avec aussi le choix que je me laisse de pouvoir prendre le temps de lire.
Oui, la distinction entre la lecture plaisir et la lecture apprentissage où toi tu utilises ça pour la lecture apprentissage dans tes mails, la rapidité, aller chercher de l'acquisition et tu prends du temps pour la lecture plaisir parce que tu es plus là pour voyager.
Oui, mais sur ma table de chevet, je dois avoir à peu près 7 bouquins chaque fois. Ma famille n'en peut plus. Moi, j'ai besoin du format papier.
Comme moi.
Et voilà, je suis très format papier, j'écris sur 1000 livres. Mais c'est vrai que je suis sur ma démarche à chaque fois d'apprendre. Typiquement, là, j'achète des bouquins sur l'intelligence artificielle générative.
C'est fou parce que tu me permets de faire une transition incroyable. On va arriver sur la deuxième partie et sur les sujets d'actualité. On parle beaucoup, il y a plein de sujets d'actualité et il n'y a pas longtemps, On parlait de l'intelligence artificielle, on parle beaucoup de ça, avec les réformes qui arrivent sur les réformes du chômage où on veut réduire le temps du chômage, passer de 18 à 12 mois, aller sur le plein emploi, mettre plus de travail. Alors qu'en parallèle, moi quand j'ai vu ça, je me suis dit attends, on veut que les gens travaillent plus, on veut réduire leur cotisation pour qu'ils aillent plus rapidement travailler, mais en même temps il y a tout l'aspect informatique, les machines, l'intelligence artificielle qui fait qu'on a de moins en moins besoin d'humains. Donc qui va pousser encore plus de gens à être dans la précarité, à être au chômage, parce que les choses à faible valeur ajoutée peuvent être faites et pourront être faites par les machines ou faites par l'intelligence artificielle. Et donc ce que je veux dire, qu'est-ce que toi tu en penses de cette thématique? J'y ai pensé, je me suis dit alors je vais demander l'avis à Ilham. Toi, qu'est-ce que tu en penses? Aujourd'hui de ça?
En fait, dans ce que tu partages, il y a deux notions. Et si tu me permets, je vais commencer déjà avec ce que tu as évoqué sur reculer le départ de l'âge de la retraite. En fait, moi, sans vouloir évoquer les sujets d'ordre politique, je voudrais juste parler déjà de la démographie. En fait, et c'est ce que je dis à chaque fois qu'on me demande d'intervenir dans des conférences ou des tables rondes avec ma casquette de France Stratégie La France, l'Europe et je vais même te dire l'hémisphère Nord vieillit. On a cette chance, on a cette chance tous de vieillir et d'être, tu vois, d'avoir une vie en bonne santé. Alors je nous le souhaite parce que c'est un vrai sujet, la question de vieillir en bonne santé. En tout cas, la question de la longévité. On vit de plus en plus longtemps. Et mais on vit différemment. La société évolue, la technologie évolue, l'alimentation évolue. On n'a pas la même pénibilité en fonction des métiers. Tu as des métiers effectivement qui sont plus manuels, physiques, d'autres où tu as une charge mentale et la santé mentale. Et on l'a vu avec la crise Covid, est de plus en plus considérée. Donc, mais ce qui est évident, c'est qu'il y a le vieillissement en tout cas de la population. Qui fait qu'à la fois on a un pays qui vieillit et on a un taux de natalité qui est de plus en plus faible. Tu mentionnais, moi, ma mère, effectivement, elle a eu 4 enfants. Moi, j'en ai 2.
Moi aussi, j'en ai 2. Et quand je dis à ma femme, est-ce qu'on en fait un 3e? Elle me dit non, jamais.
Et je la comprends, je respecte ça.
Mais moi aussi, quand je dis, je te coupe par rapport à ça, c'est qu'aujourd'hui, on veut à la fois avoir cet équilibre vie pro, vie perso, être épanoui. Et l'épanouissement, c'est pas uniquement un épanouissement, dans mon cas de figure, on a envie de voyager, on a envie de faire plein de choses. Et effectivement, on est content d'avoir 2 enfants, et aujourd'hui on est heureux d'en avoir 2, et on se dit pas voilà, j'en veux absolument un 3e, un 4e, un 5e. 2, ça nous suffit. Et on a vraiment beaucoup de chance déjà d'en avoir. Il y en a qui galèrent à avoir des enfants. Et effectivement, c'est ce qui fait que le taux de natalité général, parce que les esprits évoluent, on pense de manière différente, on a d'autres focus qui font qu'on va privilégier d'autres choses, notre carrière, notre travail, notre épanouissement personnel, plus que d'avoir plusieurs enfants. Et effectivement, ça fait baisser le taux de natalité.
Mais ce qui veut dire aussi que ces sujets-là deviennent plutôt un choix, tu vois, c'est un choix de couple, un choix de famille. Et donc, ce qui était moins le cas il y a quelques décennies, donc ça montre aussi le progrès dans la société. Mais c'est une réalité. On a ce vieillissement de la population et qui fait que la question de l'employabilité devient essentielle. Et tu vois, si je reprends du coup mon autre casquette dans mes responsabilités chez L'Oréal, on a, tu vois, on agit pour faire en sorte que tous les collaborateurs puissent se former tout au long de leur vie professionnelle. Et on a des actions très spécifiques pour accompagner nos collaborateurs de plus de 50 ans pour continuer à réinventer leur carrière, à apprendre de nouvelles choses, et à se réaliser professionnellement. Mais je trouve que c'est un élément important qui fait que de plus en plus, quand je discute avec mes homologues, la question d'accompagner la séniorité au sein des entreprises se pose et elle est pour moi en tout cas incontournable au regard de ces questions démographiques.
Comment vous, vous accompagnez les personnes, les seniors? Les seniors, tu les mets à partir de quel âge?
Ça, déjà, tu vois, c'est une bonne question. C'est à partir de quel âge qu'on se considère senior?
Mais c'est pour ça que je te pose la question. C'est dans les textes, on va dire. Je vais prendre les textes chez L'Oréal. C'est quoi? À partir de quel âge on considère qu'un collaborateur est senior?
Moi, je vais te dire, en fait, c'est intéressant de voir la question sous différents formats parce qu'il y a quelques années, on faisait dans les entreprises des entretiens, ce qu'on appelait à mi-carrière. Les entretiens à mi-carrière se faisaient plutôt à 40-45 ans. Puis après, nous, on voit là sur l'accent. Moi, si je peux te partager une data sur L'Oréal. Un tiers de nos collaborateurs ont plus de 50 ans. Souvent, les gens pensent que dans mon entreprise, les collaborateurs sont très, très, très jeunes. En fait, alors bien entendu que dans leur esprit, tu as affaire à des gens d'un dynamisme incroyable, peu importe l'âge. Tu as de la curiosité, de l'énergie.
Je le vois en formation, on le voit souvent.
Et en plus, Mohamed, je crois que tu accompagnes nos retraités L'Oréal.
Exactement, oui, effectivement, Génération L'Oréal. Qui est votre association de retraités, qui m'avait sollicité. On avait fait tout un parcours, on les avait accompagnés sur plusieurs ateliers parce que oui, même à la retraite, on continue à se former aux méthodes d'apprentissage. Et on avait eu ça, c'était vraiment top.
Tu vois, donc c'est ancré chez L'Oréal. Ça fait 50 ans qu'on travaille sur les questions d'éducation permanente. Ça venait d'un patron, d'un président de L'Oréal qui s'appelait François Dell, qui s'investit autour de ça. Et tu vois, moi, je suis un maillon de la chaîne. Mais tout l'écosystème qui est autour de moi s'investit justement pour pouvoir avoir les budgets de formation, créer les meilleurs programmes adaptés. Et alors, pour répondre à ta question, à la fois ce que tu fais toi à nos côtés pour apprendre à apprendre nous permet de continuer, tu vois, à, j'allais dire, défier ou même remettre en question les croyances limitantes que certaines personnes peuvent avoir, parce qu'il y a ça aussi. Et puis on a des programmes spécifiques pour bien préparer la retraite, on soutient par exemple l'utilisation du compte personnel de formation.
Oui, les CPF.
Quand les gens veulent utiliser leur compte pour des formations certifiantes, il y a plein de dispositifs. Moi, dans mon campus de formation, j'ai des formations adaptées justement pour ces populations-là qu'on construit. C'est des formations sur mesure personnalisées. Et puis on accompagne même ceux qui ont 40-45 ans pour préparer leur retraite au niveau financier, pour qu'ils soient en conscience de qu'est-ce que ça veut dire aussi, tu vois, de pouvoir être en retraite, bien imaginer la manière dont ils vont épargner. Donc notre dispositif, il est très large. Et il y a peut-être une dernière action que je peux aussi te partager, c'est ce qu'on a fait pour moi en lien avec les dynamiques d'inclusion numérique. Parce que tu faisais le lien avec l'intelligence artificielle générative, ce qui est très important pour moi, c'est que peu importe ta génération d'appartenance, que tu te sens pas à l'aise avec la technologie. Donc on a identifié aussi dans nos sites de production, dans nos campus, les collaborateurs qui avaient du mal avec la technologie pour travailler avec un partenaire qui s'appelle Simplon et initier des ateliers pour permettre à ce que ces collaborateurs soient plus à l'aise avec les smartphones, nos applications informatiques, le compte personnel de formation. Donc voilà, donc All Generation, c'est tout ça à la fois, c'est vraiment s'assurer que l'employabilité soit au cœur quelque part de nos préoccupations et notre stratégie RH.
Mais pour venir sur le sujet d'actualité là, parce qu'il est aujourd'hui un senior, pour vous c'est quel âge chez L'Oréal?
En fait, je saurais pas te le dire comme ça, mais nous on est sur un programme qui est peut-être plus de 50 ans.
Plus de 50 ans, tu vois. Et aujourd'hui, moi j'aimerais avoir ton avis. Aujourd'hui, une personne qui a plus de 50 ans qui perd son emploi, Si on vient lui réduire ses allocations chômage qui passent de 18 à 12, est-ce que ça pousse pas la personne à être plus dans la précarité, à être plus difficile? Est-ce que tu penses que ça peut l'aider à rentrer plus facilement? Parce que vous, moi comme moi quand j'étais chez EDF, on est vraiment sur un accompagnement long terme. On va pas prendre un salarié à 50 ans, lui dire bon, tu es senior, tu te mets dans une case. Non, on va accompagner. De toute façon, les personnes sont dynamiques, ils avancent. Mais dans plein d'entreprises, c'est beaucoup plus compliqué. C'est-à-dire que des fois, à partir d'un certain âge, on a l'impression— moi j'ai énormément d'élèves, j'ai vu une tendance sur ces 4 ans parce que nous on a accompagné plus de 16 000 personnes et j'ai de plus en plus d'élèves donc qui viennent faire nos formations qui ont plus de 50 ans, mais vraiment énormément, parce qu'ils sont dans ce «j'ai plus de 50 ans, j'ai l'impression que mon cerveau ralentit », c'est une impression, ou «j'ai l'impression que je peux aussi vivre qu'avant, j'ai besoin d'avoir les bonnes méthodes, surtout j'ai moins de temps qu'avant aussi». «pour apprendre, donc j'ai besoin d'avoir les bonnes méthodes.» Et ces personnes-là, comment tu as entendu ça? Tu as pensé à quoi?
Qu'est-ce que tu t'es dit? Quand tu poses le sujet comme ça, je suis obligée de penser à mon père qui nous a quittés récemment. Pourquoi je te parle de ça? C'est parce que mon père, tu vois, quand il était carrossier peintre et il travaillait pour une grande, pour une firme et il a passé une grande partie de sa carrière dans cette firme-là. Et il y a eu, parce que donc évolution, tu vois, des fois il y a des plans de restructuration. Il a perdu son emploi. Cette société dans laquelle il était, c'était une grande partie de sa vie. C'était une grande partie de ses amis, tu vois. Et pour lui, perdre cet emploi-là a été très compliqué parce que ça a remis en question un socle fondamental. Et d'ailleurs, tu vois, petite, j'ai dû quelque part, et j'étais à l'époque, enfin, tu vois, j'étais petite, donc je n'étais pas majeure. J'ai même fait rédiger ses courriers pour les prud'hommes. Alors que je ne savais même pas ce que c'était que les prud'hommes. Tu vois, c'était complètement— pour moi, j'avais aucune notion, j'avais aucun référentiel. Donc cette question, tu vois, de perdre son emploi à un certain âge, de comment est-ce que tu te remets en selle dans une société, par quel biais, quelles ressources tu peux activer, quelque part, tu vois, je pense que ça a aussi alimenté le chemin qui est le mien et le fait que je sois là aujourd'hui. Et donc, pour répondre à ta question, pour moi, ce qui est sûr, et je ne suis pas surprise de voir qu'il y a il y a de plus en plus de personnes seniors qui viennent à tes formations, parce que je suis convaincue que ce qui permet de faire société ensemble, c'est aussi la valeur travail. Et donc cette valeur travail, c'est pour ça que moi-même, j'insiste souvent sur ça. Il n'y a pas que le sujet, tu vois, d'être salarié dans une entreprise. Pour moi, tu peux être actif sous différents formats. Et j'ai rencontré, moi, et je rencontre régulièrement de plus en plus, tu vois, de personnes qui ont cet âge-là et qui se mettent à leur compte et qui trouvent du coup un nouvel équilibre comme ça en étant— parce que tu sais, bien entendu qu'il y a les grandes boîtes. Moi, je regarde L'Oréal, on est 15 000 collaborateurs en France, mais on fait travailler 100 emplois de manière indirecte. Et donc, on a un parterre de partenaires, tu vois, et de 100 000, pardon. J'ai dit 100?
Ouais, tu as dit 100.
Pardon, c'est 100 000. Donc 100 000 emplois indirects et on est beaucoup de grandes entreprises comme ça. Donc je vois moi dans le sud, tu vois, dans mes amis, dans les métiers de l'artisanat, tu vois, des travaux publics ou autres, même ceux qui ont, tu vois, avec un niveau de pénibilité qui décident de se reformer pour pouvoir se remettre en selle dans d'autres domaines. En fait, je pense que tout le monde peut retrouver sa place. En revanche, faut-il savoir où aller, comment être bien accompagné. Et c'est pour ça que moi je parle souvent d'un acteur public que les gens ne connaissent pas, c'est le conseiller en évolution professionnelle. Sur internet, pour tous ceux qui se posent des questions, tu vois, sur leur devenir, même si tu es peut-être actuellement dans une entreprise ou que tu as perdu ton emploi, le conseiller en évolution professionnelle, c'est un nouveau service public qui est accessible de tous. C'est payé par le biais des taxes que les entreprises, tu vois, payent à l'État. Et donc ce conseiller permet justement, tu vois, d'avoir quelqu'un qui, comme boussole, qui peut t'aider à te guider, à trouver les bonnes formations, pour voir comment tu peux financer ces formations-là, tu vois, peut-être à réfléchir à une reconversion professionnelle. Et donc, et c'est gratuit, c'est confidentiel et c'est accessible de tous.
OK, ça j'aime bien.
Sur internet, le conseiller en évolution professionnelle, j'invite vraiment, tu vois, tous les actifs ou ceux qui ont perdu leur emploi à regarder. Et c'est pas destiné à une catégorie socioprofessionnelle, c'est sur tout le territoire français. Et on peut rencontrer les gens en virtuel, en présentiel, il y a des agences de partout. Donc voilà, ça c'est vraiment mon conseil.
Ok, très— allez voir, important. Tu nous as apporté un livre. Oui, j'aimerais que tu me dises quel est ce livre et pourquoi tu nous l'as apporté.
Oui, parce que tu m'as dit, tu m'as demandé de t'amener un bouquin.
Je suis déçu, tu as pas apporté le mien.
Non mais il est pas loin, il est là ton bouquin. Et donc que je conseille à tout le monde aussi. Je t'ai amené un bouquin, en fait il a plusieurs symboliques pour moi. Et donc je vais le montrer à l'écran, j'espère qu'on le voit. Donc Alain Rey. Cet homme qui nous a quittés il n'y a pas longtemps, spécialiste de la langue française, on a tous été marqués par son nom sur les éditions du dictionnaire Le Robert. Alain Rey m'a accompagnée quand j'étais à l'école primaire. À chaque fin d'année, lorsqu'on réussissait à passer à une classe supérieure, on nous donnait le dictionnaire. Et donc je voyais tout le temps son nom. Et Alain Rey, alors je vais montrer parce que le livre est magnifique déjà, la couverture on voit la calligraphie. Le nom du livre s'appelle «Le Voyage des mots», et lorsqu'on regarde, il est rempli de calligraphies, il est rempli de couleurs. C'est un artiste qui illustre certains de ses bouquins. On peut reconnaître la calligraphie arabe, parce qu'Alain Rey a voulu mettre en avant les mots d'origine arabe dans la langue française. Et pour moi, tu vois, souvent lorsqu'on est sur ces questions d'identité, surtout des personnes comme toi et moi qui avons différentes origines, en fait, on nous pose souvent la question de savoir est-ce qu'on est français? Est-ce qu'on est? Voilà. Et moi, je me pose pas la question. Je suis et je suis là. Et mais dans la langue française qui a été essentielle pour moi à apprendre pour bien m'exprimer et parce que j'avais aussi je suis aussi une maman qui a eu ce souci aussi, tu vois, de bien parler le français pour aussi défendre ses droits et être au service aussi de sa famille. Donc j'ai une attention, moi, par rapport à ça. Et donc je me suis dit c'est incroyable parce que ce monsieur qui mettait justement, tu vois, qui nourrissait la langue française et qui permettait à des jeunes enfants comme nous aussi de bien maîtriser la langue, langues a eu ce souci, tu vois, de montrer que la langue française, elle était multiple, elle était riche justement, tu vois, de toutes ses racines et que finalement elle a aussi des racines arabes.
Effectivement. OK, super livre, je conseille, je conseille.
Tu me permets de te montrer une deuxième chose?
Oui, bien sûr. Parce qu'en plus, ça me permet de prendre, parce qu'après on a les questions des auditeurs. D'accord. Je suis en train de préparer les questions des auditeurs.
En fait, je montre parce que j'ai Afida avec toute mon estime.
Et mon affection. Alors c'est signé, mais je sais pas de qui.
Christiane Taubira. Voilà. Et en fait, j'ai eu la chance lors d'une conférence de rencontrer Christiane Taubira. Et pareil, qui a été un modèle pour moi dans cette capacité à— on parle souvent de rhétorique dans ses prises de parole à l'Assemblée nationale où elle a défendu des textes auxquels elle croyait énormément. Et elle a le même physique que ma maman. «Elle est petite, elle a autant d'énergie, c'est une femme forte.» Et je me suis dit c'est fou parce que du coup je faisais le lien parce que c'est grâce à une interview de Christiane Taubira que j'ai découvert ce bouquin-là. J'étais hyper contente et je me suis dit tiens, je fais le lien, tu vois, la boucle est bouclée entre une femme qui m'a inspirée, ma mère qui est mon modèle, tu vois. Et puis voilà, et cette dédicace qui a été faite.
Voilà, merci pour ce partage et Ce moment de dédicace. On arrive sur la dernière partie, on est sur la question des auditeurs. Et la première question, c'est, on en a abordé brièvement le sujet tout à l'heure, c'est une femme qui pose la question, qui dit: est-ce que tu as déjà été confronté au syndrome de l'immigré? Et elle me pose vraiment ça. Et c'est pour ça que je me disais tout à l'heure quand tu m'en as parlé, je dis ça va arriver. Donc est-ce que toi dans ta carrière, dans tout ce que tu as vécu, tu as été confrontée à ce syndrome. Est-ce que tu peux dire c'est quoi ta définition du syndrome de l'immigré? Et est-ce que tu as déjà été confrontée à ça?
Donc, est-ce que j'ai déjà été confrontée à ça? La réponse est oui. Évidemment, c'est quelque chose que j'ai en moi. Je lutte en permanence, tu vois, par rapport à ça. Pourquoi? Parce que quand tu nais Moi, je suis née ici à Martingues. J'ai été naturalisée au moment où je suis rentrée à l'école primaire. Donc je tiens, tu vois, ma citoyenneté française. Et donc, mais j'ai été dans une éducation où on devait faire attention à tout. On devait être extrêmement exemplaires. Donc mes parents avaient des valeurs, des valeurs très fortes, tu vois, d'implication, de sérieux, de fiabilité. Et pour autant, tu as ce truc où tu as besoin de démontrer ta place, que tu as ta place. Dans la société, mais avec quelque chose qui se joue aussi, tu vois, quand tu progresses aussi, tu vois, quand tu prends des responsabilités ou autre, c'est que ce qui se joue pour toi lorsque tu prends un emploi est peut-être plus important dans ton sac à dos à toi que pour d'autres personnes. Et pour moi, je fais même pas le lien, tu vois, avec la notion d'origine, je fais le lien avec la notion de milieu social, parce que c'est ce que j'ai découvert progressivement. Avant, j'avais cette croyance où je pensais qu'il y a que le sujet lié à mes origines, bien entendu, peut être un facteur discriminant. Pour autant, ce que j'ai considéré, moi, comme étant le facteur le plus discriminant, en fait, c'était le milieu social qui faisait que quand tu avais un emploi et que tu tenais, tu vois, il y avait cette notion de sécurité matérielle, financière, parce que tu as la responsabilité de ta famille, des tiens. Et sans sécurité, tu vois, sans parachute ni rien, Donc ce qui se joue sur un emploi et ta capacité à l'avoir et à le garder, en fait, dans ton sac à dos à toi, il était plus lourd. Donc ce syndrome de l'immigré, oui, il est là. Je lutte, j'ai lutté énormément.
Et comment tu fais pour passer au-delà?
Et alors ça, c'est une bonne question. Comment tu fais pour passer au-delà? En fait, c'est en te faisant tu en parlais, d'oser. Je crois que c'est en prenant des risques.
D'accord.
De toute façon, je pense qu'il faut prendre des risques. Il y a quelque chose chez moi, tu vois, dans ma prise de risque qui est— parce que si tu demandes à mes amis, tu vois, ils n'ont pas arrêté de me voir apprendre, de me voir évoluer, de me voir aussi me confronter des fois à des organisations, tu sais, sur lesquelles il fallait que je fasse ma place. Parce que rien ne m'a été donné. Bien sûr. Mais bon, pas plus à moi qu'à d'autres quelque part. Mais c'était en me prouvant qu'il fallait prendre des risques. Et quelquefois, j'ai dû avoir besoin, moi, de personnes ressources, de mentors, d'amis qui me disaient «Allez, Idem, tente-le, tente-le, n'aie pas peur.» Essayer, oser.
C'est fou parce que peut-être parce que c'était une femme que j'ai eu ces questions-là. Et que quelqu'un qui me dit: je suis confronté au syndrome de la femme parfaite. C'est un peu ça, la femme parfaite. Est-ce que vous avez déjà vécu ça dans votre travail? Alors, le syndrome de la femme parfaite, c'est— moi j'aime bien la définir comme ça. C'est la femme qui va être parfaite partout, c'est-à-dire elle va être parfaite au travail, parfaite avec ses enfants, parfaite avec son mari, parfaite à la maison. Faut que tout soit parfait tout le temps, mais à un moment après c'est le burn-out. C'est tout à 100%, mais à un moment j'ai plus de vie. Comment est-ce que toi tu l'as vécu déjà? J'en profite, moi je peux pas parler de ça, je suis pas une femme, mais j'ai le syndrome de l'homme parfait. Non, je rigole, on a moins ce syndrome-là.
Non, mais tu sais, je souris parce qu'en plus, la femme parfaite, tu vois, quand moi je pense à perfection, je pense à L'Oréal.
D'accord.
Parce que L'Oréal est une école de la perfection et de l'excellence. Et j'apprends, moi, j'apprends énormément depuis 4 ans autour de cet environnement qui est juste incroyable. Mais si je réponds à ta question sur la femme parfaite, alors ça, ça a été ma chance. C'était de démarrer dans des environnements masculins.
D'accord.
Une grande partie de ma carrière s'est faite dans des environnements masculins et j'ai énormément appris des hommes autour de moi. Et c'est ce que j'essaye de transmettre aussi.
Donc tu as appris que les hommes n'étaient pas parfaits et tu dis c'est bon, je ne vais pas être parfaite.
Donc ça, je pense que toutes les femmes vont sourire. Non, je n'avais pas de doute sur les questions de la perfection et des hommes. Aucun doute par rapport à ça. En revanche, j'ai énormément appris des hommes sur leur manière de gérer la vie, la manière aussi de déléguer, la manière de pouvoir considérer ce qui était important et de ce qui était urgent. Et je voyais bien que le souci qu'ont les femmes de démontrer qu'elles sont capables de pouvoir prendre des responsabilités et de se vouer corps et âme, tu vois, dans tout, leur famille, parce que je pense que c'est ça en fait, tu vois, c'est que, et je pense qu'il faut pas faire de généralités non plus, mais il est vrai que pouvoir gérer à la fois sa carrière, sa famille, Et quand je parle de la famille, c'est aussi bien les enfants que ses parents. Parce qu'on a aussi, tu vois, tout au long de la vie à gérer le vieillissement de ses parents, qui est une charge en soi. Et imaginons tous avec la maladie lorsque tu as le rôle d'aidant. Donc c'est pas si évident que ça. Mais ce que je dis, moi, aux plus jeunes femmes, déjà, c'est de savoir choisir son mari. Il faut être exigeante, très exigeante si tu souhaites fonder une famille. Sur la personne qui va t'accompagner, la personne qui va être, c'est de la co-responsabilité.
Et ça, moi, ça a été quelque part ma chance parce que j'ai, elle est en recrutement, elle a dit il faut choisir son homme, c'est un recrutement, il y a entretien, fiche de poste, test écrit.
Non mais tu sais, c'est, ça peut être anecdotique de le dire comme ça, mais en fait c'est pas tant, c'est pas, c'est pas tant, tu vois, la personne qui va t'accompagner compagnie en tant que telle, c'est que quand tu décides de fonder une famille, de faire des enfants, en fait, pour moi en tout cas, ça nécessite de consacrer du temps et de pas se tromper. Et donc voilà, je veux pas faire la caricature, mais tu peux acheter une maison et la revendre, tu peux prendre une voiture, la revendre, tu peux même te marier avec quelqu'un et divorcer. Mais la responsabilité, tu vois, de mettre au monde des enfants, de les éduquer et d'en faire des adultes responsables, tout en ayant toi, tu vois, ton souhait de te réaliser. Si encore tu as des moyens qui te permettent d'avoir des aides, tu vois, financièrement parlant, tu peux avoir plein de ressources et c'est génial. Mais si c'est pas le cas et que tu démarres, tu vois, d'un certain niveau et tu as envie d'entreprendre, eh bien voilà, moi en tout cas, c'est ma première recommandation. Et la deuxième, la deuxième, dans cette question de, tu vois, de la perfection, C'est ce que j'invite, moi, en tout cas, les femmes, c'est vraiment à— Je sais qu'il y a plein de réseaux de femmes qui s'entraident. Et moi, j'invite aussi à beaucoup de sororité entre nous, beaucoup de soutien entre les femmes et non pas à reproduire les modèles masculins. Parce que j'ai eu l'occasion, j'ai beaucoup d'estime pour les femmes qui ont eu les premiers postes à responsabilité, les premiers postes dans des métiers, tu vois, les premières femmes militaires que j'ai rencontrées, moi. Par exemple, tu vois, à l'armée ou dans des fonctions techniques, parce qu'elles ont, tu vois, même si tout n'était pas parfait, même si des fois dans leur comportement, elles ont répliqué des choses, il faut leur reconnaître, tu vois, cette expérience-là. Mais j'invite vraiment les femmes à faire preuve de plus de sororité pour s'entraider, parce que c'est un des exemples en tout cas qui m'a marquée entre les hommes. Je trouve que les hommes sont extrêmement solidaires.
OK.
Je n'avais pas remarqué que les hommes étaient solidaires, mais je te passerai mes lunettes.
OK, je vais encore prendre 2 questions des auditeurs parce qu'il ne reste pas longtemps et ensuite j'ai un petit jeu à faire que j'aimerais vraiment faire avec toi. Autre question, c'est: est-ce qu'on gagne bien chez L'Oréal?
Alors, est-ce qu'on gagne bien chez L'Oréal? Je vais te dire, L'Oréal, on gagne beaucoup de choses chez L'Oréal.
C'est la RH. Réponse en 30 secondes.
En fait, la question, c'est pas de gagner, c'est pas la question de gagner ou pas gagner. Donc est-ce qu'on est bien accompagné lorsqu'on est chez L'Oréal? La réponse est oui. Mais lorsqu'on rejoint, tu vois, L'Oréal, c'est qu'on rejoint une aventure humaine, on rejoint un écosystème incroyable qui fait que moi, Mohamed Boclet, quand j'ai rejoint cette entreprise, je l'ai rejoint parce que j'ai été séduite. J'ai rencontré pendant près de 2 ans des personnes qui m'ont donné envie de travailler dans dans cette entreprise. Il faut être passionné, il faut être curieux. Et ce que tu apprends quand tu rentres dans cet environnement-là, c'est des choses qui vont te servir toute ta vie. Donc tu fais partie d'une aventure qui est incroyable. Cette entreprise existe depuis 115 ans et en plus, on travaille sur des dynamiques autour de la beauté qui fait que— c'est pour ça que je te dis la question de gagner. Qu'est-ce que tu gagnes? Tu gagnes une ouverture sur le monde où quand tu regardes l'autre, tu le regardes avec toute sa singularité, singularité. Tu respectes les différences de chacun et donc tu gagnes plus que ce que tu n'imagines en rentrant dans cette entreprise.
Moi je le vois quand j'y suis en formation que les personnes s'y plaisent vraiment. Dernière question, c'est une jeune qui dit: je dois faire de l'alternance, comment je peux être recrutée par L'Oréal pour faire de l'alternance?
Alors je te remercie pour la question, ça me permet de mettre en avant, on a fêté les 30 années, tu vois, 30 ans d'alternance. Et non, parce qu'en fait, oui, déjà je suis une vraie RH, tu as raison. Et en plus, parce que tu vois, je te parlais de François Dalle, ça fait 30 ans que notre entreprise, tu vois, travaille sur ces sujets-là. Et on a que plus de 1000 apprentis par an dans notre entreprise. Donc on est très, très fiers de ça parce que pour pouvoir le faire, ça veut dire qu'il y a des maîtres d'apprentissage, des tuteurs qui s'investissent au quotidien aussi, tu vois, pour accueillir peu importe les métiers. On a 197 métiers chez L'Oréal en France. Peu importe les métiers, tu vois, ils ont ce souci de transmettre et de faire grandir ces apprentis avec l'éventualité, tu vois, de pouvoir aussi travailler parce que c'est aussi nos pépinières qui nous permettent plus tard de pouvoir recruter. Mais pour répondre à sa question, un, sur notre site internet, site internet et les réseaux sociaux, On communique énormément justement à la fois sur nos offres qu'on propose à tous les jeunes, mais aussi on donne des tips, tu vois, on donne beaucoup de conseils sur comment faire son CV, comment candidater, comment préparer ses entretiens. Il y a plein de vidéos accessibles et puis il faut surtout participer. Quand tu fais partie d'une école, tu vois, dans des lycées, on est présent dans beaucoup de salons. Il faut pas hésiter quand vous voyez un stand avec L'Oréal d'aller rencontrer nos équipes RH. Vous avez souvent plus des managers qui sont présents, des apprentis qui sont présents, enfin vraiment toutes les conditions pour à la fois vous rendre compte de ce qu'on a à proposer et puis de dire que tout le monde a sa chance en fait.
OK, vous avez tous entendu, moi je fais un appel à candidature, j'ai ma nièce qui cherche une alternance.
Il faut qu'elle candidate, il faut pas qu'elle se censure. Tu as raison Mohamed, parce que souvent on me dit ben oui bien sûr, bien sûr.
En RH en plus, donc voilà, en licence. Comme ça, je donne toutes les infos. Vous pouvez m'écrire en MP si vous avez une bête d'entreprise et que vous voulez une personne motivée, elle est prête à venir rejoindre vos équipes. Alors, on va faire un petit jeu parce qu'on en a parlé hier, c'est pour ça que je dois jouer. On en a parlé, tu vois, je connais des gens, je cherche une alternance. Alors, petit jeu, dure une minute. Je te pose une question, tu réponds au tac au tac, très simple. Les auditeurs adorent ce petit passage. Alors, première question: quel est ton humoriste préféré?
Ah, Fellag.
OK. Quel est ton talent caché?
J'adore danser.
D'accord. La personne qui t'a le plus inspirée?
Ma mère.
Quelle est ta marque préférée?
Ma marque préférée? L'Oréal.
OK, super. Quelle est la citation que tu préfères?
L'expérience est une lanterne que tu as sur le dos et qui éclaire le chemin parcouru.
À quelle époque tu aurais voulu naître?
J'adore l'époque dans laquelle je suis. Aucun regret, j'ai pas envie ni d'être avant. J'adore le fait d'être une femme libre, autonome et avoir autant de droits. Et je rajoute, et d'être dans une entreprise qui me permet d'être considérée de la même manière qu'un homme.
Super. Dernière question, ça c'est la question à problème, c'est si tu devais vivre toute ta vie dans une île avec une seule personne, tu choisirais qui? Autre que ton mari, comme ça, ça te facilite.
Non mais je prendrais ma mère, ma mère plus mes enfants, plus mon mari, plus mes sœurs.
Donc la famille, tu prendrais la famille.
Ah non, je prends ma famille, ouais, bien sûr.
OK, merci pour ces questions. On arrive sur la fin et je t'ai demandé de choisir une musique, je vais la mettre et après je vais te laisser commenter. On arrivera sur la fin de l'épisode. On n'est pas les plus à plaindre, à domicile comme à l'extérieur, on s'est vu sur les cafards. Comme le pégon, d'où sort d'une ronde, balsingue, breakdance. Musique de Marseille, dis-nous tout, pourquoi cette musique?
Eh bien, pourquoi cette musique? Parce que Marseille et la région marseillaise fait partie de moi. Je suis très fière de ces racines-là. Pourquoi cette musique? Parce qu'elle matérialise pour moi une période bien précise. Tu vois, parce que tu parlais aussi de ces aventuriers, mais de quitter Marseille pour venir à Paris. On n'oublie pas d'où on vient. Et puis ce quartier de Belzince, en fait, il est, pour ceux qui le connaissent, même s'il est en train de changer, il matérialise aussi ce qui fait la spécificité de Marseille, avec toutes ces nationalités, avec cette ville d'ouverture, avec tout ce que Marseille a de positif et de négatif, mais qui en fait son charme et qui en fait une ville unique. Et moi, j'y tiens énormément. Et puis le rap, parce que le rap fait partie aussi de ma culture musicale, même si j'ai une culture très étoffée. Mais j'adore cette époque-là, j'adore IAM et j'ai grandi avec ces groupes marseillais qui se sont construits. Et quand même, on peut dire ce qu'on veut, mais le rap perdure et ses racines-là, elles sont, enfin voilà, moi je suis hyper fan. Et puis voilà, c'était Booga pour ceux qui connaissent pas, je dis ça pour les plus jeunes.
Effectivement.
Donc voilà.
OK, merci beaucoup Ilham pour ce moment, pour ce partage.
Merci Mohamed. Rendez-vous à l'Olympia du coup.
Voilà, rendez-vous le 7 septembre à l'Olympia, on mettra le lien en dessous et on vous invite tous à venir. Ce sera l'occasion de voir Ilham et les personnes de L'Oréal également lors de ce rendez-vous. Mettez-nous nous en commentaire de la vidéo ce que vous avez retenu, quelles sont les questions, les personnes que vous aimeriez voir également dans l'émission Mohamed Boclet. Donc si vous aimez ce nouveau format, on compte sur vous également pour partager l'épisode au plus grand nombre. Et comme on dit toujours, et comme je dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous illimités. Prenez soin de vous.










