Fallait être là avec Kévin RAZY [ Podcast #22 ]

Kevin Razy talks about his path from discovering comedy at 16 to his debut at Jamel Comedy Club five years later, built on networking and relentless effort. A Canal+ contract dispute killed his TV show, teaching him to prioritize signed agreements. His current show Fallait être là mines personal failures and includes a five-year hip-hop musical about French politician Gaston Monnerville.
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C'est pour te dire, tu vois, tous les objectifs que tu te mets comme ça au début, ils semblent— tu sais, on te regarde genre: «Ouais, mais il y en a 1000 qui veulent faire ça, machin, pourquoi toi ça marcherait?» Ben, ça marchera parce que je lâche pas l'affaire.
Et des fois, je dis à des personnes autour de moi: «Il a jamais été aussi facile d'être meilleur que les autres.» Ouais, comme les gens aujourd'hui, personne ne veut plus rien faire. Si au moment où tout le monde craque, au moment où les gens vont baisser les bras, toi tu en fais un peu plus, ben tu seras meilleur.
Exactement, tu as même pas besoin de faire un truc de ouf, faut juste pas lâcher.
Je suis Mohamed Bouclet, auteur, conférencier et formateur en techniques d'apprentissage. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et triple champion de France de mind mapping. Dans le podcast Connaissance Illimitée, on démocratise les techniques d'apprentissage. Le but de ce podcast est de parcourir la vie de plusieurs personnes inspirantes pour vous démontrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée et j'ai l'honneur d'accueillir Kevin Razy. C'est incroyable de l'avoir avec moi parce que quand j'avais 20 ans, je regardais France 2 et il me faisait rire parce qu'à l'époque il était déjà sur les plateaux de «On demande qu'à en rire» et du Jamel Comedy Club. C'était en 2011, 2012, 2013, je crois 2012-2013, c'était à l'époque. Ça fait plus de 10 ans et ouais, et donc ça me rajeunit. Je me dis, wouah, c'était il y a quelques années et aujourd'hui on est ensemble et aujourd'hui on va parler de plein de choses. Et en plus tu as un nouveau spectacle qui vient de sortir sortir, on en parlera et on parlera de ton parcours. Bonjour Kevin, comment tu vas?
Bonjour Mohamed, ça va super bien et toi?
Très bien, merci merci. Est-ce que je vais te laisser te présenter avec tes mots? Moi j'ai fait une micro présentation mais jamais de laisser te présenter et après on rentre dans le vif du sujet.
Bah je m'appelle Kevin Razy, j'ai 35 ans, je suis humoriste et ça fait depuis mes 19 ans que je monte sur scène. Je suis un touche-à-tout, je me considère comme un humoriste hybride, on Voilà, effectivement.
Et tu es aussi coproducteur d'une émission?
Ouais, bah de ma propre émission Rendez-vous avec Yann Razy. Ouais, exactement, entre autres. Ça rentre dans la partie hybride.
Hybride, et il y a aussi une partie un peu acteur dans la partie hybride, toujours?
Ouais, c'est ça, il y a de l'acting, je suis comédien sur des projets. J'ai déjà joué dans un film, j'ai déjà fait des séries. Voilà, c'est vrai que je suis un touche-à-tout, dès que c'est dans mon giron, quoi, on va dire.
Bon, et tu as dit que tu étais humoriste depuis que tu as 19 ans. C'est-à-dire que comment à 19 ans tu te lances dans ça? Comment tu t'es mis dans le bain, dans ce bain-là?
Et ben en fait, si tu veux, c'est même plus tôt, c'est depuis l'âge de 16 ans que je sais que je veux devenir humoriste. Et donc j'ai décidé de faire du théâtre pour me tester, pour voir si je valais quelque chose sur scène. Et je m'étais dit si ça se passe bien pour moi au théâtre, et ben je continuerai après le bac. Donc après le bac, si tu veux, je me suis inscrit à la fac, une fac de cinéma, mais j'y suis allé qu'une fois parce que je savais que je voulais être humoriste. Donc ça servait à rien de— et j'avais, je sais pas, cette conscience de me dire ça va me prendre du temps avant de réussir à gagner ma vie avec ça, donc autant que je commence maintenant plutôt que j'attende la fin de mon master et machin que je veux pas faire au final pour ensuite me lancer, tu vois. C'était trop bête. Si tu sais ce que tu veux faire, fonce. Et j'ai juste dit à mon entourage, à mes sœurs, à mes amis, je veux être humoriste, je vais être humoriste. Ils le savaient, m'envoyait faire des vidéos, des trucs comme ça. Et de fil en aiguille, t'as un pote de mes sœurs qui s'appelle Farid qui a dit: ah bah tiens, je connais quelqu'un qui bosse au Jamel Comedy Club, il a déjà écrit des sketchs et machin. Et on a fait les connexions et c'est comme ça que je me suis retrouvé à monter sur scène.
D'accord, c'est le réseau qui t'a fait, qui a fait que tu as pu aller au Jamel Comedy Club, et bien sûr le talent, tout ce que tu avais fait auparavant.
Alors je suis pas tout de suite allé au Jamel Comedy Club, à ce moment-là c'est juste qu'il m'a présenté Tariq Seda qui est un auteur et qui bossait à l'époque pour Claudia Tagbo et aussi pour Noom. Et donc non, pas pour Claudia, en tout cas pour Noom. Et donc on s'est rencontrés, il m'a dit: «Écoute, j'ai une webradio tous les jeudis, c'est bénévole, si tu veux venir faire une chronique pour tester, vas-y.» Et en allant faire la chronique, autour de la table, il y avait un humoriste qui n'est plus en activité aujourd'hui qui s'appelle Kinan et qui m'a proposé d'écrire pour lui. Et je lui ai dit: «Je veux bien, mais en échange, laisse-moi faire ta première partie.» Et c'est comme ça, à 19 ans, que j'ai fait mes pas sur scène en tant qu'humoriste. Le Jamais Comédie Club est arrivé 5 ans après.
Je vais revenir sur, là tu as dit pour écrire pour lui, c'est-à-dire qu'à l'époque tu avais des humoristes qui voulaient, ouais, tu écris les sketchs pour les personnes.
Bah là pour le coup c'est comme ça que j'ai commencé, ouais. C'est Kinan qui me disait putain on a un bon délire, on rigole bien, et c'est vrai on avait beaucoup d'affinités, tu voudrais pas écrire pour moi et tout, parce qu'il avait besoin d'un coup de main sur certains sketchs. Et je lui ai dit mais avec grand plaisir, juste s'il te plaît laisse-moi faire ta première partie, il fallait que je mette le pied à l'étrier. Et ouais ouais, donc j'ai écrit pour des humoristes, même à l'époque dans Demande Quand Rire j'avais écrit j'ai écrit pour les Lascarguets, je, voilà, j'écrivais pour d'autres de temps en temps.
Parce que c'est un autre métier, ça fait partie d'une autre casquette du métier d'humoriste, c'est de pouvoir interpréter ses propres blagues et de pouvoir en faire pour d'autres personnes.
Bah, il y en a qui n'y arrivent pas. Moi, j'avoue, comme j'ai commencé par ça, d'écrire pour d'autres, etc., ben, j'ai cette formation-là, on va dire. Et ensuite, j'ai écrit pour, j'ai écrit un nombre de sketchs, de séries, de trucs comme ça, dans lesquels je jouais pas forcément, avec, que ce soit avec le studio Gueule sur Canal+. Et donc ouais, non, j'ai pour le coup, moi j'ai cette partie auteur, mais ça veut pas dire que tous les humoristes sont des bons auteurs pour les autres, quoi.
D'accord. Je voudrais revenir un peu sur ton parcours parce que tu dis à 16 ans tu voulais et tu savais que tu voulais être humoriste. Qu'est-ce qui t'a, qu'est-ce qui a fait qu'à 16 ans tu savais que tu voulais faire ça? C'est quoi, c'est ton comportement? Est-ce que tu as pu matérialiser cet élément?
En fait, j'aimais bien faire des sketchs pour faire rire mes amis et ma famille, des vidéos avec le caméscope de mon beau-père et tout ça, ça, voilà. Mais c'était comme ça. C'est juste que j'aimais bien faire rire, c'est un challenge pour moi de faire rire les gens. Et un jour en été, je suis resté à Paris parce que moi j'ai grandi à Paris, je suis resté à Paris, on n'est pas parti en vacances. Et j'ai regardé Ash, la série, tout l'été. Et je commençais à regarder le making of et j'ai vu que même entre les scènes, ils s'amusaient, il y avait du public. C'est vrai qu'on se rend pas compte, on croyait que les rires étaient enregistrés, mais non, ils tournaient en public. Et en fait, c'est ça que je veux faire, quoi. Ils font rire les gens et ils se marrent, et puis ils gagnent de l'argent avec ça. Ok, je veux être humoriste. «C'est fait pour moi ce métier.» C'est comme ça en fait que j'ai eu le déclic.
D'accord. Et quand tu es parti voir tes parents et que tu leur as dit «je veux gagner de l'argent en faisant rire des gens», ça a été quoi leur réaction? Parce que si je me trompe pas, tu viens de l'île Maurice?
Ouais, mes parents viennent de là.
Viennent de là. Et l'île Maurice, c'est un peu comme le Maghreb, on a un peu des gros a priori sur certaines choses. Dis-moi tout.
En fait, ma mère, elle m'a suivi. Ma mère, elle a un amour inconditionnel pour son fils. Je suis le seul fils qu'elle a, sinon j'ai que des sœurs. Et j'aurais pu lui dire je vais être danseur étoile, je vais être pâtissier, elle m'aurait dit ouais mais tu vas être le meilleur, je le sais. Donc ça, j'avoue, ma mère c'était cool. Elle avait des craintes parce qu'elle connaît pas le milieu, elle était gardienne d'immeuble. Donc voilà, mon père, lui, qui était mécanicien chez Renault, pareil, pas de lien avec le milieu. Beaucoup plus d'appréhension. Et un jour, je lui ai dit: «Mais tu sais, papa, tu dis que c'est fou ce que je veux faire parce qu'on connaît pas ce milieu, etc. T'as peur.» Mais je lui ai dit: «Mais tu te rends compte que toi, t'es parti de l'Île Maurice, t'avais 20 ans, t'es arrivé dans un pays que tu connaissais pas, pas un sou en poche. T'es passé de mécanicien chez Renault à responsable logistique. Aujourd'hui, on a une maison de vacances à l'Île d'Oléron, une autre à l'Île Maurice. T'as élevé tes enfants. En fait, c'est dingue ce que t'as fait.» Je lui dis: «Moi, tout ce que je vais faire là, c'est de traverser la rue et aller dans un café-théâtre.» le vrai fou entre toi et moi, c'est pas moi, c'est toi. Et là il m'a dit: ouais, c'est vrai, tu vois. Je l'ai pris par les sentiments. Parce que je pense que nos darons, ils se rendent pas compte de la dinguerie qu'ils ont faite, tu vois. Ils ont changé de pays, ils ont changé de pays, d'un pays qu'ils connaissaient pas. Ils connaissaient pas les codes, ils connaissaient pas. Mon père a découvert la neige, il y avait pas de neige à l'île Maurice, tu vois. Et ils se sont battus, ils se sont battus pour en être là où ils en sont. Donc en fait Quand tu ramènes leur parcours au nôtre, tu dis nous en fait on fait un petit pas par rapport à vous, tu vois.
On n'a rien. Moi je vois mon père qui est parti à 20 ans en France, il parlait pas français. L'île Maurice encore il y avait pas la barrière de la langue. Moi il est venu en France, de la France comme il faisait pas les papiers parce qu'il est venu avec un visa, tu sais les visas travailleurs, il avait pas les papiers, il est parti en Allemagne, il est resté 5 ans en Allemagne dans le froid. Il me disait J'ai jamais eu aussi froid de ma vie qu'en Allemagne. Après, il est revenu en France pour— parce qu'en Allemagne, en fait, c'était, c'est un peu à l'époque, c'est où ils entendaient, ben là, il y a cet endroit, ils sont en train de donner des papiers, bon, on va aller là-bas, tu vois, du style, ah, en région parisienne, ils donnent les papiers travailleurs plus facilement, donc tout le monde va à Paris. Et donc il suivait un peu ça. Donc là, il est parti en Allemagne, il est revenu en France, après il est allé en Corse, genre. Et il a Et tout ça, pas de barrière, la barrière de la langue, tout seul, 20 ans. Bon, après il a vieilli et il s'est marié, il a laissé ma mère au Maroc avec ses enfants. Moi j'étais pas encore né parce que moi je suis né en France, mais mes grandes sœurs. Et je me dis, quand moi je lui dis je vais arrêter d'être ingénieur pour être formateur et aider les gens, il m'a dit t'es fou. C'était la fin du monde pour lui, c'était je gâche ma vie, c'est bon, tu vas te ruiner, c'est n'importe quoi. Effectivement, quand tu reviens les pieds sur terre, tu te dis: «Mais en vrai, c'est eux les fous! Ils ont tout laissé et nous on n'a rien fait. Au pire, on va être au chômage pendant 6 mois, après on va retravailler ou on va se relever ou on va apprendre quelque chose d'autre ou autre chose.» Ouais, c'est ça.
Nous, on sait rien en vrai ce qu'on fait là, ce qu'on tente. Mais eux, ils ont tendance à l'oublier. Donc c'est bien. Et dans mon premier spectacle, j'en parlais de ça, dans le dernier que j'ai fait, «Mise à jour». Je citais ce passage-là parce que c'était important pour moi de rendre hommage, que ce soit à mon père, mais aussi à nos parents qui ont eu des parcours de ouf et qui ont tendance à minimiser parce que ça y est, ils sont bien installés, bien intégrés. Ils ont oublié qu'ils venaient pas de là.
Exactement. Et dans ton cas de figure, donc, quand tu t'es lancé à 19 ans, là, tu en as 35, donc ça fait quasiment 16 ans que tu es dans le game, entre guillemets, tu es dans le monde. Et ce que tu disais, c'est que tu avais personne, tu connaissais personne, tu avais pas les codes. Et comment tu fais quand tu as 19 ans, tu n'as pas les codes, que tu rentres dans un nouveau domaine et tu as une passion, tu sais que tu aimes, tu as envie de faire ça, et par où tu commences, comment tu t'y prends?
Bah en fait, déjà là, j'ai eu la chance grâce aux amis de mes sœurs, etc., de rencontrer le fameux Tariq, qui lui, au final, je me rends compte très vite qu'il a écrit pour quelqu'un du Jamel Comedy Club, mais c'était un accident limite. C'est parce qu'il connaissait le gars, il lui a donné des vannes, ils sont— mais tu vois, il n'était pas dans le métier en soi, il ne gagnait pas sa vie avec ça. Il se démerdait avec le chômage et machin. Donc très vite, je comprends qu'on n'est pas loin du même stade, c'est juste qu'il l'a approché un peu plus que moi ce milieu. Et en fait, tu y vas au culot, c'est-à-dire que dès que tu as une petite opportunité, tu y vas. On dit: «Ah, tu vas jouer dans un restaurant ?» Tu fais: «Vas-y, je tente.» «Ah, on va jouer dans une chicha ?» «Vas-y, je tente.» Bon, à l'époque, il y avait pas encore trop les chichas, mais j'ai joué dans une pizzeria, j'ai joué dans des petites caves, des machins. Et en fait, de fil en aiguille, c'est comme ça que tu rencontres des gens qui sont un peu comme toi, qui sont animés. Et après, ça commence à t'appeler. Tiens, il y a un festival d'humour là. Tiens, il y a un truc, ça te dirait de venir? Et tu acceptes tout, tu joues partout. Et c'est comme ça que tu commences à créer ton réseau. Mais en fait, il faut y aller comme ça. Il faut aller voir les petits passionnés. Tous les plans bénévoles qu'on te propose, faut y aller. Et puis après, c'est comme ça que tu continues.
Au début, tu faisais que du bénévolat, c'est-à-dire que tu gagnais pas. C'était uniquement pour apprendre.
Ouais, ouais, ouais. Et à côté, si tu veux, j'avais trouvé un CDI chez Mondial Assistance, une plateforme téléphonique. C'était un temps partiel, donc je travaillais 4 jours dans la semaine et le reste de mes journées, c'était dédié à l'humour, ce qui fait que j'avais des semaines très complètes. Et ça me faisait très bizarre parce que, par exemple, tu vois, dans la petite émission de webradio qu'on avait, c'était le jeudi, on tournait le jeudi matin. Ça nous est déjà arrivé de recevoir des gens comme Leïla Bechti, qui était toute encore nouvelle à cette époque. On est en 2008, mais je vois Leïla Bechti et tout, je suis waouh et tout, je tombe sous son charme, machin. Et ensuite tu l'interviewes, et ensuite à 14h tu vas taffer.
Et tu prends le téléphone.
Et tu étais là à demander à l'assistance qu'il me dise bonjour, et tu dépannes les gens qui sont tombés au bord de la route, quoi. Mais ouais, c'est ouf.
C'est là que tu as rencontré un ami à moi, qui est une connaissance à moi.
Ah ouais?
Mais Rédoine.
Ah bah oui, Rédoine, c'est vrai, Rédoine. Bah oui, mais il est pas resté longtemps. Mais oui, mais c'est vrai, je suis bête. Je pensais carrément qu'il avait fait mon assistant.
C'est là-bas que vous vous êtes rencontrés. C'est un ami à moi, un grand. Puisque comme on dit, j'ai l'impression d'être encore un ado alors que j'ai 34 ans, mais je dis un grand mon kati. Mais tu vois, j'étais impressionné.
Alors qu'il a quoi, il a 2 ans de plus.
À l'époque, il y avait le respect. Il y avait les grands, les petits, tu respectais les anciens. Ne serait-ce que 3 ans, c'était les grands. Aujourd'hui, il n'y a plus rien, ça n'existe plus.
Ça, c'est perdu malheureusement.
Effectivement, donc c'est un enseignement incroyable que tu viens de nous partager. C'est que tu avais deux casquettes: tu avais la casquette passionné, tu voulais faire ça et tu as mis travailler le soir, le week-end, mais tout ton temps libre dans ça. Et tu avais la casquette je travaille pour me nourrir et vivre. Et ça, c'est important, et je sais bien que tu le soulignes, parce que des fois les personnes qui veulent le résultat tout de suite, et je sais que dans votre métier ça prend, ça peut prendre beaucoup de temps. Et toi, ça, comment tu as vécu intérieurement ça? Comment une personne qui est— parce qu'on peut transposer ça à plein de choses, aux études, à la reprise d'une carrière, un projet entrepreneurial, à plein de choses. Comment tu vis pendant toute cette période où tu as ta passion, tu sais que tu as envie d'atteindre quelque chose, mais tu vois pas encore les fruits parce que tu es au début? Comment tu fais pour vivre ça? Et comment est-ce que tu as pu le conscientiser?
Effectivement, ce qui me permettait de tenir, c'était un genre de carotte, tu sais. En gros, je me souviens que quand j'ai commencé à jouer mon premier spectacle, donc j'avais 20 ans, on est en janvier 2008, et tu vois, très vite mon pote Kinan me dit: «Ah, tu sais que je connais le père de Gad Elmaleh, machin, vas-y, je vais le faire venir à ton spectacle», tout ça. Et c'est le genre de truc qui fait que tu tiens, que tous les lundis tu te défonces de ouf sur ton spectacle, que acceptes le fait d'être, de travailler chez Mondial Assistance à côté, machin. C'est ces petites carottes qui te permettent de tenir. Et il y a des moments où finalement le papa n'est jamais venu. Il y a des moments où tu te rends compte que tu as rien qui t'anime, si ce n'est que de continuer à jouer. Mais ça m'est déjà arrivé des matins de me dire, mais là en gros, s'il se passe rien pour moi, je suis juste chargé d'assistance chez Mondial Assistance. Et c'est pas, c'était pas le plan en fait. Et mes potes me disaient, est-ce que tu as un plan B quand même? On sait jamais. Parce que tous mes potes ont fait des études pour la plupart. Et je leur ai dit non, il n'y a pas de plan B parce que si je prévois un plan B, c'est que j'étais pas sûr du plan A, alors que moi je ne jure que par ce plan A. Et donc tu prends sur toi, mais c'est vrai que ça a été pas facile. Et je pense que ce qui m'a maintenu en vie, c'est ces petits objectifs, ces mini objectifs. À telle date, il y aura un festival. À telle date, tu as un casting. À telle date, tu vois, tu vas rencontrer untel. Donc tu te dis bah vas-y, en attendant, je bosse, je bosse. Et c'est ça qui t'anime en fait, c'est les mini victoires.
C'est les mini-victoires et les rires des personnes qui viennent t'écouter aussi.
Et ouais, et c'est là que tu te dis bon bah même si j'ai pas d'opportunité pour l'instant, etc., en attendant je jouais les lundis moi à 19h, donc un créneau compliqué. Le lundi les gens sont là, ils rigolent, donc je me dis bon bah voilà, je me suis pas trompé. Et encore parfois c'était dur, parfois tu joues devant 7 personnes, mais c'est pas grave.
Petite pause pour te dire que si l'épisode te plaît, like, abonne-toi et mets 5 étoiles pour nous soutenir. Parce que j'en parlais aussi avec d'autres humoristes et c'est incroyable la force mentale que vous avez. Parce que tu fais, tu avances, tu fais des spectacles, exemple là tu vas faire des télés et après tu repars sur un rodage, on en parlait de Fallait Être Là, et tu reprends des toutes petites scènes où tu vas être devant 10, 15, 20 personnes. Et humainement ça doit être dur de se dire là il y avait 500 personnes, maintenant je suis devant 7 pèlerins. Ou au début Quand tu commences, tu as 10-15 personnes, tu vas dans une pizzeria ou une chicha, le gars il est en train de fumer, toi tu dois le faire rire, il est là, il te regarde comme ça avec une tête, et là tu dois lui faire rire. Intérieurement, faut être fort.
Ça forge de ouf, on est obligé de passer par là, tu sais. Il y a des gens qui veulent pas se lancer dans l'humour, quand je les rencontre ils me disent: ouais, je voulais me lancer mais j'ai peur de faire un bide, j'ai peur que ça marche pas. Et je leur dis: mais tu crois vraiment qu'un footballeur, quand il s'est lancé dans une carrière de footballeur, Il s'est dit à un moment «putain, j'ai peur de perdre un match ou j'ai peur de pas remarquer». Jamais il se serait lancé sinon. L'humour, c'est pareil. Le beat, ça fait partie du jeu. L'échec, ça fait partie. C'est juste les étapes avant le succès et les gens ont du mal à comprendre ça. Donc ouais, parfois c'est dur à encaisser, mais en vérité, ça fait partie du jeu. Et c'est vrai qu'il faut une certaine inconscience, je pense, pour qu'à 19 ans tu te dises non, non, mais c'est ça que je vais faire. Et puis après, et moi j'avais déjà tout noté sur mon ordinateur, je me rappelle, sur le PC familial, que j'allais intégrer le Jamaïque Comedy Club. Que j'allais avoir une carte Visa Infinite noire parce que j'avais découvert ça grâce à ma sœur qui m'avait dit putain, il y a un client à la crêperie, il m'a payé avec cette carte-là, machin. Et j'avais des objectifs comme ça, tu vois. Et au final, tu sais, des trucs cons.
J'avais un bon— tu as eu la carte Visa ou pas?
Ouais, c'est bon, mais c'est pour te dire, tu vois, tous les objectifs que tu te mets comme ça, au début il semble— tu sais, on te regarde genre ouais mais il y en a 1000 qui veulent faire ça, machin. Pourquoi toi ça marcherait? Ben ça marchera parce que je lâche pas l'affaire et que justement il y a heureusement, à chaque fois je dis ça aux gens, heureusement qu'il y a des gens comme vous qui croient pas parce que sinon je serais dans la merde, il y aurait trop de monde sur le marché.
Mais c'est vrai, et des fois je dis à des personnes autour de moi, il a jamais été aussi facile d'être meilleur que les autres. Ouais, quoi? Parce que, mais c'est vrai qu'il a jamais été aussi, parce que comme les gens aujourd'hui personne ne veut plus rien faire Donc si tu en fais un tout petit peu plus que les autres, si tu fais plus d'efforts, si au moment où tout le monde craque, au moment où les gens vont baisser les bras, toi tu en fais un peu plus, ben tu seras meilleur.
Exactement, tu as même pas besoin de faire un truc de ouf, faut juste pas lâcher.
Voilà, exactement. En vrai, c'est facile de faire des choses qui semblent difficiles pour tout le monde. En vrai, exemple: lire. Pour plein, est-ce que c'est difficile de lire une page par jour ou 10 minutes par jour? Non. Mais très peu de gens le font. Est-ce que c'est difficile d'aller tous les jours et faire 10 pompes? Non, mais il y a très peu de gens qui le font. Dans l'humour, est-ce que c'est difficile quand une fois que tu es dedans et que tu y vas et que tu es là et de chercher des nouvelles blagues? Pas forcément, mais il y a très peu d'humoristes qui vont vouloir le faire et qui vont tenir sur le long terme et qui vont dire ouais, je vais continuer tout simplement.
Bah ouais, dans l'humour, je dirais qu'au-delà de l'inspiration, le plus dur c'est de, pour quelqu'un, d'accepter de de jouer devant peu de personnes, de se dire putain, vas-y, pourquoi je me lève et pourquoi je vais à la salle alors que je sais qu'il va y avoir que 15 personnes, machin. Mais tu sais jamais, en fait, c'est là en fait que le combat, il est là. Et c'est là que tu forges ton succès. Mais c'est juste que tu arrives pas à le voir sur le moment, quoi.
Exactement. Et moi, je t'ai connu quand je regardais On ne demandait qu'à en rire et j'adorais regarder cette émission. À l'époque, je devais avoir 23 ans, 22. J'ai dit 20 tout à l'heure, mais en vrai, j'en avais 22, 23. Et je me rappelle, à un moment, tu avais même gagné une de ces émissions.
Ah, Prime, ouais, ouais.
Prime, tu avais gagné. Tu faisais— pour moi, tu étais celui qui était le plus marrant de tous à l'époque. Et comment tu passes— comment tu as vécu ce succès? Parce que c'est un succès quand même quand tu passes sur France 2. C'était les samedis le Prime, c'était les samedis. Comment tu as vécu ça?
Ouais, je sais plus si c'était pas un vendredi ou un samedi.
Ouais, ouais, c'était le vendredi ou le samedi. Après, c'était aussi en semaine. Tu avais en semaine Tu regardais également.
Comment je l'ai vécu? Ça va, moi j'ai l'impression que j'ai jamais— j'ai eu la chance de faire des trucs de ouf comme le Marrakech du Rire, etc., où là tu vois gagner ce Prime de Ondar, mais je sais pas, il y a jamais eu d'avant-après dans ma carrière. J'ai l'impression que moi ma carrière, elle a jamais explosé, elle a toujours évolué à petit feu. Je dis souvent d'ailleurs que si le succès est au 50e étage d'un immeuble, il y en a qui ont pris l'ascenseur, moi j'ai pris l'escalier. Et je le remarque, c'est-à-dire que moi ça a jamais fait ça, ça fait toujours ça, ça redescend puis après ça va. Et donc non, j'ai pas eu ce truc de du jour au lendemain on me reconnaît dans la rue. Moi ça a été on me reconnaît petit à petit, petit à petit, petit à petit, petit à petit. Et donc mon téléphone n'a pas plus sonné le lendemain, il y a pas eu de, il y a pas eu un truc à gérer derrière. C'est ça qui est ouf. C'est après peut-être rare que les artistes disent ça, mais alors là pour le coup ça c'est pas Y'a pas eu un avant-après de ouf après tous les trucs que j'ai faits, non, ça a toujours été comme ça quoi.
Mais c'est ce qui t'a permis aussi de rester dans la durée aussi, parce qu'il y en a plein qui sont... Moi j'en vois de ceux de l'époque, je m'en rappelle pas de grands.
Bon, il y avait quelqu'un, il y avait Ahmed Sylla était dedans aussi, Artus, Jérémy Ferrari, Walidia, Lamine Lesghad maintenant qui se fait appeler Naïm, mais c'est vrai qu'après il y en a plein qui ont un peu disparu des radars, c'est vrai, c'était pas évident. Et moi en fait, ce qui m'a aidé, c'est qu'à l'époque j'étais et au Jamel Comedy Club et je faisais Le Studio Bagel sur YouTube et derrière dans la foulée le Studio Bagel a été racheté par Canal+ donc on a mis le pied dans un autre truc encore ce qui fait que j'avais pas mis toutes mes billes dans le même panier alors qu'il y en a d'autres tu vois ils étaient à fond Ondar et ça c'est dangereux parce qu'on savait que tôt ou tard ça allait s'arrêter et là ce qui s'est passé c'est que Ondar s'est arrêté et ça a emporté des gens avec quoi.
Bien sûr, c'est fou. Et là aujourd'hui tu es en train de préparer un nouveau spectacle, il arriverait qu'on prenne quelques minutes à parler de ton nouveau spectacle ou du moins surtout du processus à la fois créatif et la création d'un spectacle. Parce que la création d'un spectacle, pour moi, c'est comme la création d'un projet. Je repars un peu d'une— des gens qui nous écoutent, qui ont des projets et qui se disent: mais comment commencer? Qu'est-ce que je vais faire? Comment je m'y prends? Je vais pas y arriver. Avec toutes ces croyances limitantes, tous ces plafonds de verre qu'on se donne. Et aujourd'hui, t'as un spectacle qui s'appelle Fallait Être Là et qui est en rodage un peu partout en France. Et donc j'invite vraiment toutes les personnes qui nous écoutez allez voir le compte de Kevin Razy sur Instagram, c'est Kevin Razy en plus, c'est ça?
Simplement, ouais.
Et voyez en bio, normalement il met les liens avec toutes les dates, exact, de la force, et allez regarder son spectacle. Je vous assure, c'est sûr que vous allez rigoler. Moi j'attends impatiemment qu'il vienne à Montpellier pour pouvoir vivre ça à domicile. Donc est-ce que tu peux nous en parler un peu?
Bien sûr, fallait être là. C'est un spectacle différent de tous ceux que j'ai fait jusqu'à présent parce qu'il est un peu plus intimiste. Et un peu plus dans l'émotion. En gros, c'est un spectacle qui parle de mes échecs parce que je pense que j'en ai vécu pas mal ces 5 dernières années, que ce soit sur le plan perso ou professionnel. Et donc de tous ces échecs, je parle d'un projet que je bosse depuis autant de temps, c'est-à-dire 5 ans. C'était un projet de comédie musicale que j'avais sur un homme politique qui s'appelle Gaston Monnerville, qui était inconnu au bataillon et qui pourtant a fait énormément pour la France. Et je voulais faire une comédie musicale hip-hop sur lui. Et donc ce que j'ai fait, c'est que dans ce spectacle, je parle de ce projet parce que justement, étant donné que j'ai eu beaucoup d'échecs, je me dis tiens, je vais faire un spectacle où je parle d'un projet que je vais faire, comme ça au moins même s'il sort pas, les gens sauront que j'avais bossé dessus. Parce que si tu veux, quand t'es artiste, souvent tu te mets dans l'ombre pour travailler tes projets, et puis après, une fois qu'ils sortent, tout le monde les voit. Mais moi, et c'est ce qui m'est arrivé, c'est ce qui arrive à beaucoup d'artistes, J'ai été dans l'ombre pendant quelques années ces derniers temps parce que je travaillais des projets de ouf et puis en fait ils sont pas sortis et pour les gens ils se disent juste putain Kim Drazee il dort, il fait quoi, il est mort, ça dit quoi, il fait plus rien machin alors qu'en fait tu as envie de dire putain les gens si vous saviez donc et donc ce spectacle il parle un peu de tout ça quoi.
D'accord effectivement c'est comme les musiciens et autres on les voit pas pendant 2-3 ans, ils sont en train de préparer un nouveau, ils ont jamais autant travaillé, ils sont à fond en train de préparer un nouveau truc et après quand tu reviens aussi tu as la boule au ventre parce que tu dis «Je reviens parce que mon public est là, est-ce qu'ils m'attendent? Est-ce que je vais être au rendez-vous? Qu'est-ce qu'ils vont dire? J'ai travaillé pendant des mois dessus.» Est-ce que tu peux, tu sais, ta comédie musicale que tu as, c'est un projet sur lequel tu as travaillé pendant 5 ans, pourquoi c'est pas sorti? Est-ce que tu peux nous en parler un peu ou pas?
Ouais, bah c'est pas sorti parce que je l'ai pas fini, parce que la comédie musicale c'est un milieu dans lequel je représente personne, donc j'ai dû me refaire un réseau parce que tu vois au grand max ils se disent ah oui si c'est l'humoriste machin mais il y a des stars dans le milieu de la comédie musicale que nous on connaît pas mais c'est des références et c'est vers eux qu'il faut s'approcher si tu veux que ton projet il soit vendu donc il m'a fallu 5 ans pour pouvoir me faire adopter par le milieu donc je suis allé voir toutes les comédies musicales qu'il y avait en France j'ai commencé à faire des rendez-vous avec les producteurs avec les scénaristes les auteurs pardon etc. et de fil en aiguille bah tu te fais ton réseau. Maintenant tu vois, on m'invite tout le temps au Trophée de la Comédie Musicale. Pareil, c'est une cérémonie que personne connaît, mais dans le milieu de la comédie musicale, c'est genre ultra important. J'ai même remis un prix l'année dernière, là on m'a invité pour la... Et donc tu vois, il fallait accepter d'être humble et de se dire putain, je suis personne dans ce milieu. Donc bah vas-y, tu fais ton petit réseau, machin, tu vas, tu sais, moi j'achète mes billets, je demande pas d'invitation, je vais voir les spectacles et à la fin j'envoie des messages aux gens, c'est je t'ai vu sur scène, c'était génial, machin, et voilà quoi. Et puis parfois ils répondent, parfois ils répondent pas, et puis parfois il y a des belles relations qui se créent. Et c'est pour ça que le projet n'est pas encore sorti, c'est qu'une comédie musicale, ça coûte cher et il fallait un réseau pour le mettre en place. Mais là, je crois que je commence à l'avoir.
T'es toujours dessus?
Ouais, je suis toujours dessus. C'est juste que là, je me suis dit tiens, je vais en parler dans mon spectacle. Et d'ailleurs, j'ai un piano sur scène parce que j'ai appris le piano pour la comédie musicale pour pouvoir faire des compos. Et comme ça, ça me permet de les tester aussi devant le public et de leur présenter mon travail.
Et ça prend longtemps de— alors pour la comédie musicale, bon, ça a été un très, très long projet, mais écrire un spectacle Là, ton nouveau spectacle que tu as commencé à tourner, c'est que quand tu lances un nouveau spectacle, il est en rodage, donc tu es toujours en écriture. Mais avant de commencer la première fois, comment tu t'y prends?
C'est quoi le processus? Bah là, le processus pour moi, ça a été déjà de vouloir remonter sur scène parce que je voulais plus. Ça faisait— la dernière fois que j'ai joué mon spectacle, mon ancien spectacle, c'était en 2019, et je voulais plus monter sur scène parce que j'avais eu un litige avec mon ancien producteur et ça m'avait détruit, vraiment ça m'avait détruit parce que si tu veux j'avais un contrat que j'avais signé de 4 ans avec eux et en fait au bout de 6 mois ils ont décidé de l'arrêter et ils ont fait ça d'une façon un peu dure et ils ont eu des mots qui étaient pas très sympas non plus et résultat j'avais plus envie de jouer et il y avait que la comédie musicale qui m'animait c'est pour ça que je suis resté dessus et le processus de création du spectacle maintenant il s'est fait sur le tard il y a peut-être Ça fait peut-être un an, un peu plus d'un an que je me suis dit ok, je vais remonter sur scène avec un nouveau spectacle parce que je me sentais prêt. Et là, le temps de— tu sais, moi j'écris un peu dans ma tête, j'écris pas sur papier tout de suite. Donc j'écris dans ma tête, je teste des trucs, machin, je fais des petites scènes ouvertes en scred, et c'est quand l'idée elle est bien figée que je l'ai jouée plusieurs fois qu'ensuite je l'écris. Donc en général, c'est comme ça que je fonctionne, tu vois. Moi j'écris dans ma tête et après je pose sur papier quand c'est la version def. Et là, ce spectacle, comme il est particulier, ben j'ai dû faire différemment. Je l'ai écrit en entier de A à Z et c'est pour ça que je le rode en entier.
Ok, et le rodage, je voyais dans des stories que tu as partagé qu'après chaque scène, tu visionnes, tu regardes ce que tu as dit, ce que tu as mal dit, ton positionnement. C'est-à-dire que tu reprends étape par étape parce que les personnes qui nous voient, moi quand je te vois à la télé, quand je t'ai vu jouer à l'époque à la télé, bon, je sais qu'il y a du travail. Maintenant, aujourd'hui, comme je suis fort à terre, je sais qu'il y a du travail avant. Mais les personnes vont dire: mais non, mais lui c'est un don, il est arrivé, il s'est super bien positionné, il sait rire au bon moment. Est-ce que tu peux nous en parler un peu de cette notion-là?
Je pense qu'il n'y a pas de— pour moi, il y a une citation en anglais qui dit: hard work beats talent when talent doesn't work hard. Et en fait C'est vrai, le talent, enfin, il vaut rien s'il n'y a pas de taf. Si tu travailles pas comme un acharné, ton talent, il servira pas à grand-chose. Messi, c'est pas juste Messi, il est arrivé, il était bon. C'est qu'il a taffé plus que les autres, parce qu'en plus il avait une petite taille, parce qu'il avait des problèmes, il avait des problèmes aussi de santé. Eh ben, il a dû en faire encore plus que les autres, et c'est parce qu'il a grave bossé que c'est devenu Lionel Messi. Et les gens ont du mal à comprendre que le truc Le travail, c'est la base. Le talent, c'est la cerise sur le gâteau en vérité. Et encore, il y a même des théories comme quoi le talent n'existerait peut-être pas, etc. Il y a une vidéo qu'il faut que je finisse de regarder là-dessus.
Mais non, j'aimerais que tu me l'envoies alors si tu l'as.
Je vais te la retrouver parce que je trouvais ça intéressant. Ça parle d'Einstein, de Molière, etc. Et une théorie là-dessus. Mais non, tout ça pour dire que ouais, je pense que c'est— il n'y a pas— alors oui, c'est important déjà de se regarder. Moi, je me regarde à chaque fois. Et je pense que plus il y a du travail en amont, plus tu fais croire. Le but, c'est de faire croire aux gens que tu improvises. Mais pour faire croire aux gens que tu improvises, il faut travailler de fou avant, tu vois. Et ça, c'est les Américains qui sont beaucoup comme ça. Le but, c'est de faire croire. Quand tu vois un joueur sur le terrain qui se balade avec le ballon, là c'est pareil. Quand tu me vois sur scène, il faut qu'on se dise putain, ça a l'air tellement naturel pour lui et tout. Et ben ça, ça veut dire que j'ai bien bossé. Mais ça n'existe pas sans taf.
C'est réel. Et en préparant ce moment, je suis reparti sur YouTube et j'ai revu ton spectacle au Djamel Comedy Club, donc ta scène de 7 minutes. C'est en 2017, je crois, Djamel? Non, au Marrakech du Rire, ouais, 2017. Et ce que tu es en train de dire, tu le matérialises très bien parce que quand on te voit sur scène, t'as l'impression que tu es en train de raconter une histoire. Tu es là avec nous, avec un pote, et tu lui parles comme si tu parlais à un pote. En vrai, c'est préparé, mais c'est tellement naturel et c'est ça qui fait déclencher les rires. C'est le fait que ce soit super naturel qui fait déclencher les rires. Tu disais, on arrive bientôt à la fin, tu disais que tu as eu beaucoup d'échecs ces 5 dernières années. Est-ce que tu as un de ces échecs que tu aimerais partager avec nous et nous tirer les enseignements que tu as pris? Après, si c'est trop perso, il n'y a pas de souci, mais si tu as des choses, un des trucs que tu aimerais partager à ceux qui nous écoutent et l'enseignement que tu en as tiré. Pour qu'on puisse tous en profiter?
Ben par exemple, parmi les échecs que j'ai eus, il y en a eu beaucoup en plus, mais...
Va aller voir le spectacle, en même temps tu es en train de teaser le spectacle parce que là en allant voir le spectacle c'est sûr qu'on va les découvrir.
Ouais, ouais, ouais, et en plus dans le spectacle j'y vais vraiment à fond dans les détails.
Si je vais au spectacle c'est que du vrai?
Il y a que des trucs vrais dans le spectacle, je vais à fond Je parle de ce sketch du Marrakech du Rire d'ailleurs, et pareil, je vais apprendre aux gens quelque chose par rapport à ça. Mais non, si je devais citer un de mes échecs, bah par exemple, mais c'était pas de ma faute en soi, mais quand j'étais chez Canal+, tu vois, j'ai fait 3 saisons de mon émission Rendez-vous avec Kévin Razy chez Canal+. J'avais la chance de produire et présenter mon émission, chose qui est très rare à la télévision française, surtout quand tu as mon âge, parce qu'à cette époque-là j'avais à peine 30 ans quand j'ai commencé, et quand tu es renoi parce qu'on n'est pas non plus des masses. Et en fait, je pense que tu vois, là j'ai fait confiance en pensant qu'ils allaient me re-signer une énième saison, une quatrième saison. Et donc j'ai fait confiance à des gens qui m'ont dit ouais ouais, on va re-signer, etc., machin. Et donc je me suis désengagé de plein d'autres choses qu'on m'avait proposé pour la rentrée alors que j'avais rien signé avec Canal. Parce que j'étais là en train de dire non non, mais comme là je vais sûrement passer en quotidienne chez Canal, je peux pas accepter et machin. Et s'il y a bien un enseignement que je retiens, c'est que moi je donnerais la priorité à celui qui me fait signer un contrat et qui me donne de l'argent, ni plus ni moins. Celui qui dit non mais t'inquiète, on va faire des trucs, qu'il aille se faire foutre. Parce que vraiment, pour le coup, la loyauté dans le business, moi je l'ai eue et en fait ça m'a pas payé. Parce qu'il y a quelqu'un qui te dit ouais non mais t'inquiète, il va y avoir des— et c'est une chaîne qui te parle en plus, donc tu es sur le canal.
Tu es habitué, ça fait 3 ans que tu es avec eux, tu dis ça.
Ouais, c'est bon, on va faire des grandes choses, machin et tout. Tu as des gens qui rentrent dans la boucle en disant moi je vais coproduire l'émission, machin. Donc tu dis c'est bien et tu refuses les projets d'à côté parce que tu fais confiance. En même temps c'est bien, ça prouve que tu as une notion de loyauté, mais en fait non. Il y a un moment où tu dois arrêter, tu dois mettre une deadline et tu dois dire bon, soit on signe quelque chose, soit sinon moi je vais voir ailleurs. Et le problème c'est que bah Ils m'ont arrêté fin juillet 2019. Va te retourner toi après pour la rentrée quoi, c'est hardcore.
Et comme je crois, j'ai l'impression que cette année 2019 a été compliquée parce que c'est à la même année où tu avais ton spectacle et où tu as arrêté ton spectacle également.
Ouais, c'était la fin de ma tournée, c'était dur parce que j'ai fait 45 dates de tournée la boule au ventre parce que je savais que je bossais pour un producteur qui de toute façon avec qui j'allais plus bosser, donc c'était dur de l'alimenter entre guillemets. Mais en même temps, l'amour du public faisait que j'oubliais. Ouais, 2019 c'était dur. Je préparais un gros projet aussi pour 2020 qui a capoté. Donc ouais, ouais, l'année 2019 c'était pas l'année la plus ouf.
En espérant que 2023 ce soit l'année la plus ouf pour toi, ou une année— bah ça commence bien, que Dieu t'entende. Ça commence bien, ça commence bien, parfait. Kevin, est-ce que— et donc là, j'ai super ton partage et surtout l'enseignement que tu en as tiré. On arrive à la fin de l'épisode et j'ai une question que je pose toujours à mes invités, elle est assez particulière. Cette question, c'est si c'était ton dernier jour et que tu étais avec tes proches et que tu voulais leur laisser un héritage, un héritage, c'est une phrase, une citation, un message que tu aimerais leur partager. Quel serait ce message, cet héritage que tu aimerais laisser aux gens qui sont autour de toi et qui pourrait nous servir d'enseignement?
Ah bah, il y a une citation que j'adore sortir, même un peu trop souvent, mais qui est importante. Je leur dirais: même dernier d'une course, vous resterez toujours devant ceux qui ne l'ont pas couru. Donc lâchez pas l'affaire. Yes.
Wow, c'est quoi, c'est fou parce que je crois que je l'ai donné hier. J'étais en en conférence et je l'ai citée. J'ai cité cette phrase.
C'est incroyable. C'est ouf, elle est puissante.
Elle est super puissante. Le dernier d'une course sera toujours devant une personne qui n'a pas couru, qui n'a pas participé. Et effectivement, être dans l'action et continuer à être dans l'action, c'est toujours mieux que d'être statique et de rien faire et de ne jamais lâcher l'affaire. Exactement. Merci beaucoup Kevin d'avoir accepté cette invitation, d'avoir pris de ton temps pour être avec nous. Je rappelle qu'il y a ton spectacle «Fallait être là». Qui est en rodage un peu partout en France. Et on peut retrouver ça où? TP Kevin Razy sur internet ou sur son compte Instagram, et vous retrouverez également toutes les dates pour savoir où il joue et vous allez apprendre plein de choses. En plus, il nous a, il a bien teasé ton spectacle, donne envie d'aller le voir. Je vais regarder si j'ai un déplacement à Paris. Si tu fais une date à Paris à ce moment-là, j'irai. Je vais pas attendre Montpellier.
Figure-toi que pour une fois, c'est la province qui est privilégiée. J'ai zéro date à Paris. Que de Provence.
D'accord, je vais attendre Montpellier alors.
Je viendrai avec grand plaisir.
Yes, merci encore. Si pour finir, si l'épisode vous a plu, je vous invite vraiment à laisser 5 étoiles juste en dessous de l'épisode, à partager ça autour de vous. Je sais qu'il y a des personnes qui vont apprendre, vous avez appris des choses, et donc j'en suis sûr que d'autres personnes peuvent apprendre des choses grâce à cet épisode. Donc partagez-le un maximum de gens autour de vous, et comme je le dis toujours, Je suis, tu es, nous sommes tous des illimités. À très vite.










