Hypersensibilité et Haut Potentiel : La vie d'écrivaine de Pauline Bilisari à 22 ans [ Podcast #51 ]

Dans cet épisode du podcast « Connaissance Illimitée », l'animateur Mohamed Boclet interviewe Pauline Bilisari, 22 ans, étudiante en master édition et auteure de quatre livres (un roman et trois recueils de poèmes). Elle raconte son chemin d’écrivaine, depuis la fan‑fiction à 13 ans jusqu’à l’auto‑édition de son premier roman à 16 ans, puis la création de poèmes partagés sur Instagram. Son recueil le plus vendu, publié en auto‑édition, a dépassé les 8 000 exemplaires et reste son best‑seller. Pauline explique comment l’écriture est devenue une thérapie, notamment à travers son dernier ouvrage « Ma maison en fleurs », structuré en quatre parties (Incendie, Errance, Fondation, Floraison) qui reflètent son année de crise, de reconstruction et de résilience. Elle définit les notions d’hypersensibilité et de haut potentiel (zèbre), décrit leurs effets sur sa vie quotidienne et son parcours académique, et partage comment elle a surmonté le sentiment de culpabilité et d’auto‑sabotage. Le dialogue aborde également le rôle de la communauté en ligne, les témoignages de lecteurs qui se reconnaissent dans son expérience, et son plaidoyer pour une meilleure reconnaissance et prise en charge des jeunes neuro‑atypiques dès l’enfance. Enfin, Pauline délivre un message d’auto‑pardon, d’acceptation de soi et d’encouragement aux jeunes qui se sentent différents, insistant sur le fait que leurs différences sont une force plutôt qu’un défaut.
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Dans ton livre, il y a un passage où tu dis: «Peut-être devrais-je arrêter de demander pardon à toutes les personnes que je croise en oubliant systématiquement de me le demander.» Ouais, bah je pense que c'était beaucoup lié au fait que je me comprenais pas par le passé.
Je me suis remis la faute d'énormément de choses. Je me culpabilisais énormément d'être la personne que j'étais et que je suis.
Je m'appelle Mohamed Boclet, je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller «Connaissance illimitée». Dans le podcast «Connaissance illimitée », je reçois des invités au parcours extraordinaire pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans le podcast Connaissance Illimitée. Et aujourd'hui, j'ai l'honneur d'accueillir Pauline Pilissari, qui est hypersensible, étudiante en édition et surtout autrice. Elle a 22 ans, elle a déjà écrit 4 livres à 22 ans et elle est encore étudiante. Donc c'est juste extraordinaire. J'ai la chance de l'avoir ici chez Connaissance Illimitée et on va découvrir son parcours. Comment tu vas, Pauline?
Tout va bien, merci. Et toi, Mohamed?
Très bien, merci, merci. Moi, je t'ai présentée avec mes mots, je vais te laisser te présenter et après on va rentrer dans le vif du sujet.
Oui, alors du coup, je m'appelle Pauline, je suis étudiante en master édition. Là, c'est ma dernière année d'études actuellement. Et en parallèle de ça, je suis autrice. Donc c'est mon quatrième livre qui est sorti il y a quelques semaines. J'ai sorti un roman et trois recueils de poèmes et je suis plutôt dans la poésie maintenant.
Wow! Et à 22 ans, tu as déjà écrit 4 livres. Alors, un roman et 3 recueils de poèmes. Comment tu t'es mise à l'écriture de livres et surtout de poèmes?
Parce que... L'écriture de façon générale, j'ai commencé vraiment quand j'avais 13 ans, mais j'écrivais pas du tout de poésie à ce moment-là. J'écrivais de la fanfiction sur une série télévisée que j'aimais beaucoup et que je partageais sur un blog en ligne. Donc je pense que c'était vraiment parce que j'avais besoin de faire communauté avec des gens déjà à cette époque-là, trouver un endroit où je me sentirais moi, où je me sentirais à ma place. Puis ça a poursuivi dans cette direction au lycée où là, je me suis mise à écrire des phrases, des petits textes qui aujourd'hui pourraient s'apparenter à la poésie contemporaine que je fais, mais qui n'avait pas du tout ce nom-là encore à l'époque parce que c'est un terme qui est quand même hyper récent. Et puis j'ai écrit mon premier roman après le bac, donc quand j'étais à la fac, j'avais 16 ans. C'était il y a 6 ans maintenant, 5 ans, quelque chose comme ça. 6 ans. Presque. Et du coup, et du coup, voilà. Et après, je me suis mise à la poésie peu à peu après avoir ouvert mon compte Instagram il y a 5 ans et demi à peu près. J'ai commencé à partager ces phrases et ces textes que j'écrivais déjà. Ça a pris de plus en plus d'ampleur. J'ai sorti mon premier roman en autoédition toute seule. Ensuite, j'ai sorti un premier recueil de poèmes toute seule aussi en autoédition. 2 mois après. Et puis après, les prochains livres se sont faits.
Et d'après ce que j'ai compris, même en autoédition, ça avait très bien fonctionné?
Ouais, alors le roman, non pas forcément. Enfin, il se vend couci-couça. Mais le premier recueil de poèmes, ouais, il se vend encore très bien aujourd'hui. Il aura bientôt 3 ans en janvier et c'est mon livre qui marche le mieux encore aujourd'hui.
T'as vendu combien d'exemplaires, si tu sais à peu près?
Là, je suis à plus de 8 000 exemplaires pour ce premier recueil.
C'est un best-seller.
Je sais pas, mais c'est génial, donc je suis très contente.
OK, wow. Et qu'est-ce qui fait que tu es passée donc à l'écriture de poèmes? Parce que c'est assez particulier. Il y a pas forcément les gens, quand ils veulent écrire un livre, ils vont soit raconter, faire un roman, raconter une histoire, raconter leur histoire, ou ils ont une expertise, ils vont vouloir la développer. Mais toi, tu t'es mis ce format-là. Qu'est-ce qui t'a poussé à te mettre dans ce format-là?
Il n'y a pas un moment où je me suis dit «j'ai envie d'écrire de la poésie» parce que déjà la poésie, c'était pas un genre que je lisais avant d'en écrire. J'ai jamais été spécialement attirée par la poésie qu'on étudiait à l'école ou ce genre de choses. Ça me passait assez au-dessus. Et même la poésie hyper contemporaine comme celle que j'écris, je me suis mise à la lire seulement après avoir sorti mon premier recueil. Donc j'en lisais pas du tout avant d'en écrire. Je pense que c'est simplement l'évolution de ma plume, la façon dont j'écrivais, qui qui a évolué assez naturellement, peut-être en voyant ce qui se faisait un petit peu sur les réseaux sociaux aussi. Et je me suis simplement laissée porter. Et puis je me suis mise à écrire sous ce format-là, à écrire ce que je ressentais surtout. Il n'y avait pas, comme tu disais, voilà, de domaine d'expertise que j'avais envie d'élaborer. Voilà, c'était simplement ce que je ressentais à ce moment-là. Et puis ça a pris cette forme-là sans que ce soit vraiment trop réfléchi initialement.
D'accord. Et aujourd'hui, tu as écrit donc ton dernier livre qui s'appelle Ma maison en fleurs. Est-ce que tu peux nous retracer l'histoire de ce livre?
Alors, l'histoire de ce livre est compliquée. En fait, j'avais été démarchée par une éditrice, donc qui est mon éditrice aujourd'hui, qui est aussi le tien. Un petit coucou à Sophie. Donc il y a un an aujourd'hui, très exactement, ça fait un an qu'elle m'a démarchée. J'ai reçu un petit mail, on s'est rencontré 2 jours plus tard, elle m'a dit voilà qu'elle avait envie qu'on travaille ensemble, elle m'a expliqué un petit peu pourquoi pourquoi elle me démarchait, pourquoi est-ce qu'elle aimerait qu'on travaille ensemble. J'avais un livre qui était déjà écrit, c'était pas celui-ci, qui devait paraître dans mon ancienne maison d'édition en janvier 2023 initialement. Moi, j'avais pris la décision de quitter cette maison d'édition pour plein de raisons. Et du coup, au début, la question s'est posée de reprendre ce livre-là. Ça a été plus compliqué que prévu. J'ai mis beaucoup plus longtemps à réussir à le récupérer et du coup, on s'est dit bon, on va signer un autre livre parce qu'on avait très envie de travailler ensemble et que moi, j'avais beaucoup de choses à dire cette année. C'était une année qui était compliquée, donc j'avais besoin d'écrire. Même si au début je pensais pas et que je m'étais dit que je voulais plus écrire, en fait j'en avais besoin. Et du coup, j'ai écrit, écrit, écrit. Ça a donné ce livre-là qu'on a signé. Et c'est un livre qui m'a beaucoup, beaucoup porté cette année, qui a été très, très important et qui retrace vraiment toute cette année 2023, tout ce parcours-là, tout ce que j'ai pu ressentir, vivre, et surtout mon chemin un petit peu vers le mieux pour apprendre à guérir.
Alors pourquoi tu dis ton chemin vers le mieux pour apprendre à guérir? L'écriture de ce livre, ça a un peu été une thérapie pour toi?
Ah oui, oui, carrément. Moi je pense que tous mes livres ont été une thérapie, ça c'est certain. Et oui, ce livre, j'allais pas très bien cette année, c'était compliqué. Et déjà ce livre m'a donné un but, quelque chose auquel me raccrocher. Et puis simplement il a coïncidé avec plusieurs événements de ma vie personnelle, professionnelle, avec mon cheminement thérapeutique à moi. Et en fait ça m'a vraiment aidé à à prendre conscience de certaines choses, à en dépasser d'autres et à vraiment évoluer et aller mieux tout simplement.
Parce que c'était quoi ton— parce que tu définis comme zèbre hypersensible, c'est— est-ce que tu peux, pour ceux qui ne connaissent pas, définir ces termes et quel est l'impact dans ta vie?
Alors zèbre, c'est un terme synonyme de haut potentiel intellectuel, surdoué, ce genre de choses, mais un petit peu plus moins connoté disons, donc je préfère utiliser publiquement. Et hypersensible sensible. Donc c'est le côté hypersensibilité. J'ai beaucoup, beaucoup d'émotions qui te bousculent au quotidien. Je réfléchis énormément, les pensées fusent tout le temps, et ça fait que la moindre chose, pas forcément grave, qui va se passer dans ma vie, moi ça peut m'impacter négativement comme positivement aussi. C'est un peu les deux extrêmes qui fait que j'ai une grande, grande sensibilité, très à fleur de peau. Je pense que ça se retrouve beaucoup aussi dans mes poèmes et dans mes écrits. C'est quelque chose dont je ne me cache pas non plus parce que c'est quelque chose que j'ai eu moi-même beaucoup de mal à comprendre pendant des années, que j'ai compris super tard. Et du coup, j'aurais beaucoup aimé plus jeune avoir des lectures comme ça ou des gens qui en parlaient assez ouvertement pour pouvoir me dire que je n'étais pas toute seule à ressentir tout ça, que je n'étais pas bizarre. Et du coup, c'est pour ça que moi j'en parle hyper librement, que ce soit sur les réseaux ou que ce soit dans mes livres, simplement parce que je reçois plein de messages de gens qui me disent qu'ils se reconnaissent dans ce que j'écris, qui qui me reconnaissent dans ce qu'ils lisent, dans ce que j'évoque. Et pour moi, c'est super important de pouvoir offrir cette place finalement aujourd'hui à des gens, la place que j'aurais aimé trouver plus tard, enfin avant du coup.
Effectivement. Et donc aujourd'hui, cette hypersensibilité, ça, dans ta vie d'étudiante ou dans ta vie de tous les jours, ça a un impact vraiment, ça a un impact important, ça te Ça te freine? Ça t'empêche de faire des choses? Ou tu as réussi à vivre avec?
Aujourd'hui, je pense que j'ai réussi à dépasser ce côté de ne pas me comprendre et que ce soit vraiment un gros blocage où il y avait vraiment une haine de moi quand même, qui était cette incompréhension que je ressentais vis-à-vis de moi-même, que j'avais l'impression que parfois le monde me faisait sentir. Mais je pense que le plus gros problème, c'était moi-même vis-à-vis de moi-même. Et du coup, aujourd'hui où j'apprends vraiment à beaucoup mieux me connaître et où je travaille sur moi depuis déjà 4 ans. Aujourd'hui, je pense que c'est quelque chose que j'ai quand même réussi à dépasser sur le côté mal-être vraiment d'être qui je suis. En tout cas, c'est en très bonne voie, je dirais. Après, voilà, je reste quelqu'un d'hyper angoissée tout le temps, d'anxieuse et du coup, je stresse tout le temps pour tout et pour rien. Donc évidemment que ça va impacter dans ma vie étudiante. J'aime pas les oraux, c'est difficile pour moi de prendre la parole à l'oral, donc évidemment, ça va me stresser. Mais je pense avoir dépassé la période où vraiment c'était ingérable parce que moi-même je me comprenais pas.
Donc voilà, parce qu'en plus dans ton livre il y a un passage, je dis peut-être devrais-je arrêter de demander pardon à toutes les personnes que je croise en oubliant systématiquement de me le demander à moi-même. Mon pardon est peut-être le seul que je devrais réellement quémander. Si tu peux nous parler de cette notion du pardon et ce pardon que tu dois te demander à toi-même.
Je pense que c'était beaucoup lié au fait que je me comprenais pas par le passé et que je me suis remis la faute d'énormément de choses. Tout ce que je ressentais, pour moi, c'était ma faute. Je me culpabilisais énormément d'être la personne que j'étais et que je suis encore aujourd'hui. Ça arrive. Je vais tout le temps m'excuser d'agir comme j'agis ou simplement parfois d'être ou de penser tout simplement ce que je peux penser. Et ça fait que je me Je m'auto-sabote beaucoup, je pense, de façon générale. Et ça a été cette réalisation cette année de me dire en fait, il y a un moment où il faut que j'avance, que j'accepte que j'ai le droit d'avancer, que j'ai le droit d'aller bien, que j'ai le droit de guérir et que les choses qui ont pu se passer dans ma vie n'étaient pas toutes forcément de mon ressort. Et quand bien même elles l'étaient, j'ai pas à me culpabiliser de ça. J'ai pas à me culpabiliser d'être qui je suis. Je pense que je me suis fait beaucoup de mal Toute seule à ruminer.
Est-ce que tu as un exemple de moment où tu as culpabilisé d'être qui tu es? À un moment précis ou un acte ou quelque chose qui a fait que tu as culpabilisé? Exemple, moi je sais, dans mon cas de figure, le fait d'avoir, quand on devait mettre en secpa et le fait d'avoir redoublé à plusieurs reprises, j'ai culpabilisé en me disant que c'était de ma faute, que le problème venait de moi et que pendant longtemps j'ai cru que j'étais bête. Et donc c'est ça, ça a été aussi après, plus tard, un moteur. Mais des fois, est-ce que toi tu as un moment comme ça Tu dis: ah là, j'ai culpabilisé d'avoir fait, dit ou été, alors que cette personne ou fait cette chose, alors que j'aurais pas dû.
Je vais avoir un événement précis cette année, mais qui est lié au professionnel, donc c'est peut-être pas forcément le meilleur exemple. Mais c'est vrai que dans la vie quotidienne, je dirais pas que j'ai un moment précis, c'est plutôt un état de pensée très global, de tout le temps m'excuser, de tout le temps me dire: là, je suis trop. Où là je suis pas assez, mais souvent je suis trop, j'ai trop d'émotions. Mes parents me disent, je sais pas, que je pleure trop. Mes frères et sœurs vont me dire que je parle trop. Ou alors au contraire, on va me dire que je ne parle pas assez. Et je vais me culpabiliser tout le temps de me dire mais là il faut que tu parles, mais là c'est ta faute. Si là vous vous êtes disputés, c'est parce que t'as pas dit ça, parce que tu as dit ça. Au contraire, c'est plus un état global qu'un moment très précis, je dirais.
D'accord, parce que même dans ton livre, tu mets un moment, tu dis: je suis un enfant que le monde n'a pas laissé grandir comme tel, et j'ai si peu connu l'insouciance, l'air merci fine. Et après, je vais pas dire tout le passage pour les gens, pour que les gens puissent découvrir. On parlera un peu plus encore après de ton livre. Mais en quoi, pour toi, l'enfant doit, on doit laisser grandir cet enfant et surtout vivre cette insouciance que toi tu as pas eu Et comment ça se fait que tu n'as pas eu cette insouciance?
Je dirais que j'avais tellement de choses en tête, j'avais des préoccupations quand j'étais petite. J'ai un exemple, par exemple quand j'avais 10 ans, je voulais être danseuse étoile et j'avais cette préoccupation déjà à cet âge-là de me dire mais si je deviens danseuse, si je fais de la danse ma vie, je pourrais pas avoir d'enfants ou alors ça va être plus compliqué. Alors que j'avais 10 ans et moi je rêvais d'être maman. Du coup je réfléchissais déjà à ce genre de truc et je me souviens de ma prof de danse qui m'avait dit qui était venue parler à ma mère et qui avait dit: «Mais là, Pauline, elle a des réflexions d'une adulte de 24 ans, elle en a 10. C'est pas du tout à ce moment-là qu'il faut se poser ce genre de questions.» Mais par exemple, j'avais tout le temps des questions existentielles sur l'avenir, sur ce genre de choses, alors que c'était pas le moment de penser à ce genre de trucs. Et enfin, j'étais très stressée, je pensais tout le temps à plein de choses. Et puis j'étais pas une enfant très— c'est pas que j'étais pas très sociable, mais J'ai subi un peu de harcèlement quand j'étais au collège, rien de très grave, mais du coup, je me sentais exclue aussi. Et je pense que forcément, ça pousse aussi à grandir plus vite quand on se retrouve pas dans la masse des gens de notre âge. Il y a toujours eu un décalage avec les gens de mon âge. Je me sentais soit pas du tout raccord avec toutes leurs pensées. Moi, j'étais pas du tout à la même étape de ma vie et c'était hyper hyper frustrant. Et je pense c'était un gros mal-être adolescente, surtout jeune adolescente au collège, d'avoir ce décalage-là qui faisait que je me retrouvais pas du tout dans les gens de mon âge, quoi.
Et aujourd'hui, parce que ta communauté qui te suit sur les réseaux, c'est des personnes assez jeunes, après ton âge, ou même un peu plus jeune, ou pas?
Je me trompe pas forcément. J'ai vraiment un public très large, des très jeunes aux très âgés. Mais si je regarde par exemple mes statistiques, la majorité Majorité, alors oui c'est jeune, mais ils vont être sur les 18-35 majoritairement, moins être les adolescents.
Et est-ce que dans ces personnes-là qui te suivent, tu as des témoignages similaires à ce que toi tu as vécu? Est-ce que tu te sens isolée et tu te dis mais en vrai je suis la seule à vivre ça, ou j'ai été la seule à vivre ça, ou en vrai le fait d'en avoir parlé, ça a libéré la parole de plein de gens et tu te rends compte qu'il y a plein de gens qui sont dans la même situation que toi? Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu.
Non, ouais, le fait d'en avoir parlé, je reçois des témoignages constamment de gens, que ce soit sur le compte Instagram ou que ce soit après avoir lu l'un de mes livres. Et en fait, moi-même déjà, ça m'aide à me rendre compte que j'étais pas toute seule à vivre tout ça à l'époque. Et c'est aussi ce que me disent les gens, alors à l'époque comme aujourd'hui d'ailleurs, parce que hypersensible, zèbre, je le reste toute ma vie, donc c'est des préoccupations qui seront toujours là. Et non, non, ouais, j'ai pu faire communauté de cette façon-là, là où avant d'écrire mes livres, avant de les partager, avant d'ouvrir mon compte Instagram, je sentais avais vraiment un fossé entre le monde et moi parce que dans mon quotidien, j'avais des gens, j'avais des proches, j'avais des amis très proches qui n'étaient pas comme moi et ça ne posait pas forcément problème. Mais vu que je ne connaissais personne d'autre, je me sentais quand même très seule et j'avais l'impression que du coup, c'était moi le problème ou que j'étais un problème et que j'avais ce truc, cette différence. C'était insurmontable à mes yeux. Et puis en fait, en écrivant et en partageant avec les gens, je me rends compte que je ne suis pas toute seule, que je ne suis pas la seule à avoir vécu des choses comme ça, que je ne suis pas la seule à ressentir tout ce que je ressens. Et c'est un gros, gros soulagement.
Qu'est-ce que tu dirais à une personne qui pense que c'est lui le problème?
Déjà que ça ne l'est pas, que si problème il y a, c'est certainement déjà la société, c'est le monde qui est pas forcément adapté à eux et pas l'inverse. Et ça, j'en parle plutôt dans mon livre d'avant où je dis voilà, c'est moi ce que j'aimerais dire à la petite fille que j'étais, c'est que c'était pas moi le problème, c'était pas moi qui était inadaptée au monde, mais c'est le monde qui est pas encore adapté aux personnes comme moi, aux personnes hypersensibles, ou toutes les personnes à un profil neuroatypique ou une personne différente quelle qu'elle soit et de pas se culpabiliser, que c'est pas sa faute et qu'il est tout à fait normal dans sa différence mais qu'il est pas tout seul.
Et aujourd'hui tu penses qu'il faudrait qu'on en parle plus, qu'on mette plus ça en avant que ce soit à l'école ou ailleurs? Qu'est-ce que tu aurais aimé voir dans la société et qui aurait pu t'aider à changer ou à évoluer ou à mieux vivre ce que tu as vécu?
Déjà, je pense qu'aujourd'hui dans la société, on en parle plus qu'en tout cas moi quand j'étais petite ou toi quand tu étais enfant ou les générations encore avant. On en parle plus, que ce soit sur les réseaux sociaux, que ce soit à la télé, même à l'école. Je pense qu'on en parle plus, il y a plus d'adaptation. J'ai fait une partie de mes études dans l'enseignement et il y a des adaptations de façon théorique, on nous l'enseigne. Après, en pratique, c'est beaucoup plus compliqué à mettre en œuvre. Mais c'est vrai, voilà, moi quand j'étais petite, j'aurais aimé qu'il y ait plus de sources d'information comment dire, pertinente. C'est-à-dire que moi, j'ai découvert mon haut potentiel, j'avais 19 ans, donc c'est très tard pour découvrir ce genre de choses. Et pourtant, il y en a qui le découvrent à 50, 60 ans, alors on pense à eux, mais ça reste assez tard. Le mieux, c'est de découvrir dans l'enfance quand en tout cas ça pose problème, pose question, et qu'on sent que ça pourrait faire du bien à l'enfant. Moi, ça n'avait pas été fait parce que c'était pas forcément encore systématique de faire passer des tests de QI à des enfants. Puis j'avais de très bonnes notes à l'école, donc j'étais pas une élève qui posait problème. Ce qui fait que je pense que ça passait beaucoup plus inaperçu qu'un enfant qui aurait été en décrochage ou ce genre de choses, comme ça peut être le cas. Et les seules représentations qu'on pouvait avoir de cette particularité, en tout cas du haut potentiel, des enfants surdoués, que moi j'ai pu voir à la télé en tout cas quand j'étais enfant, c'était ce côté enfant hyper intelligent, hyper calé dans un domaine. Enfin, c'était très stéréotypé. Ces reportages aujourd'hui, quand on tombe dessus, c'est lourd. Et en fait, il n'y avait aucune représentation d'un enfant lambda qui n'a pas forcément de problème à l'école ou qui va avoir des difficultés comme tout le monde. Moi, je n'étais pas forcément bonne en sciences au lycée, j'ai pas validé mon lycée mention très bien ou ce genre de truc. J'étais une enfant lambda, j'avais des bonnes notes, je ne posais pas de souci, oui. Mais du coup, en fait, toute cette part-là des personnalités plus qui se fondent dans la masse, on n'avait pas de représentation. Et en fait, moi, tout ce qui se passait et où je me sentais différente, c'était dans ma tête. Factuellement, ça se voyait pas. Et du coup, le fait que ce soit dans ma tête et qu'il n'y ait pas de représentation de tout ça, que ce soit à la télé, sur les réseaux sociaux, on n'en parlait pas encore, bon, il n'y avait pas les réseaux sociaux comme aujourd'hui non plus, que ce soit pas démocratisé d'aller voir un psychologue quand on n'est pas malade ou quand on n'a pas ce genre de choses, et ben en fait, ça fait que ça t'alimente le truc dans ta tête de «ben en fait, c'est dans ma tête, c'est uniquement dans ma tête». «C'est moi le problème, c'est moi qui ai un souci, mais en fait y a rien.» Et tu vois, tu alimentes ce truc de dire que c'est ta faute, que c'est toi le problème, alors que factuellement pas du tout. Et aujourd'hui, le fait de libérer la parole, d'en parler beaucoup plus librement sur les réseaux sociaux, qu'il y ait des reportages de plus en plus élaborés et juste qui sortent là-dessus, qui montrent les différents profils. Il y a beaucoup de livres aussi qui sortent là-dessus. Et ben en fait, ça légitime toutes les personnes qui ont ressenti ce que moi j'ai pu ressentir, la façon dont moi j'ai pu vivre tout ça plus jeune et puis en grandissant. Et aujourd'hui, ouais, aujourd'hui on en parle plus, mais je pense que c'est important de continuer dans ce sens-là et que c'est pas acquis, pas acquis du tout, et qu'il faut continuer, que ce soit à l'école et partout.
Je pense qu'il y a plein de personnes qui ont besoin de paroles comme ça parce qu'ils s'en rendent même pas compte, ils se rendent même pas compte qu'ils sont différents et qu'ils ont besoin que leur différence en vrai c'est une force. Et que aujourd'hui, est-ce que pour toi, ta différence c'est une force?
Oui, aujourd'hui oui, tout à fait. Aujourd'hui, si j'étais pas comme je suis, j'écrirais pas les livres que j'écris, je serais pas la personne que je suis et pour laquelle les gens me remercient d'être. Et ça, c'est hyper fort pour moi parce que toute ma vie, moi, je me suis détestée d'être qui je suis. Et aujourd'hui, je reçois des tas de messages qui me remercient d'être la personne que je suis. Et c'est assez fou de vivre déjà ce renversement Et de se dire qu'à notre toute petite échelle, on peut changer un petit peu les choses. J'ai pas vocation à changer le monde, mais je me dis que quand il y a rien qu'une personne qui me dit ton livre m'a fait du bien, ton livre m'a sauvé, ton livre a posé les mots là où j'arrivais pas à les poser, là où j'arrivais pas à me comprendre, je me dis que j'ai tout gagné dans ma vie, quoi.
Et là, le dernier livre, donc tu as retracé un peu comment tu t'es mis à écrire, donc du moins Sophie qui est venue vers toi et qui t'a proposé l'écriture d'un livre, et donc tu t'es mis à l'écrire. Le livre, il est de donc on disait en 4 chapitres: incendie, errance, fondation et floraison. Pourquoi? Quel a été le processus d'écriture? C'est plus là où je veux qu'on s'arrête. Comment tu t'es mis à écrire ce livre? Le processus et pourquoi ces 4 parties? Ça a été quoi? C'est quoi ces 4 parties pour toi?
Déjà, les 4 parties, c'est vraiment le cheminement. J'aime bien mettre dans chacun de mes recueils de poèmes avoir un sommaire qui qui donne une évolution pour le lecteur. Et donc là, c'est vraiment aller du sombre à la lumière. Ça va du moment le plus compliqué où notre maison, donc nous-mêmes, brûle et on a l'impression qu'on va jamais s'en sortir et qu'on est juste coincé dans notre incendie. On ne sait pas quoi en faire. À ce moment d'errance où on avance, mais on est perdu, on n'a plus de repères, on ne sait pas comment faire pour avancer. On a envie d'y aller, mais on ne sait pas comment faire et c'est encore tellement compliqué. À ce moment où on pose les premières pierres de cette nouvelle maison, on essaye de reposer des jalons, de construire, reconstruire l'incendie et commencer à avancer jusqu'à ce moment de floraison qui est en lien avec le poème qui est en quatrième de couverture, qui est le poème dont est tiré le titre avec une nouvelle fleur sur le toit pour chaque douleur que je guéris. Et du coup, floraison, voilà, c'est on a rebâti notre maison, elle est peut-être encore un peu bringuebalante, mais elle a le mérite d'être là et plus solide qu'avant. Et puis maintenant, c'est faire pousser des fleurs et puis accepter d'avancer, accepter qu'on a le droit aussi d'avancer et le droit d'aller bien. Par rapport au processus d'écriture, moi j'écris, en fait je commence toujours à écrire par-ci par-là. Il n'y a pas forcément volonté de faire un livre au début. Même ce livre-là, au début, c'est des poèmes que j'ai écrits à partir de décembre parce que j'en avais besoin. Pas forcément parce que j'en avais envie. C'était juste parce que j'avais besoin d'écrire à ce moment-là. Donc je suis dans le bain.
C'est quelque chose que tu vivais, que tu as retranscrit sous forme de poèmes.
Ouais, ouais, c'est ça. Ce que je ressentais surtout. Par exemple, le tout premier poème du livre, il me semble que c'est le tout premier poème que j'ai écrit. Ils ne sont pas par ordre d'écriture dans le livre, mais le tout premier dans le livre, c'est le tout premier que j'ai écrit. Et c'était en décembre. Et ça, par exemple, tu vois, je me souviens, c'était un soir, j'allais pas bien, etc. Et en fait, juste les mots sont venus. Du coup, je les ai écrits. Il n'y avait aucune vocation à en faire un livre à ce moment-là. Ça, ça a duré quelques mois, quelques semaines où pour le moment, j'étais juste dans un processus d'écrire parce que j'avais besoin d'écrire. Donc c'était vraiment par-ci par-là. J'écris dans les notes de mon téléphone. Et en fait, c'est après, plus tard, une fois que j'ai une quantité que je juge suffisante, une fois que je considère que j'ai de la matière qui se regroupe dans un sens plus ou moins logique où je me dis OK, bon bah là, je vais créer un document Word et puis je vais voir ce que je peux faire de tout ça. Et puis là, je commence un petit peu à jouer avec tous mes poèmes, à les mettre dans un sens, dans l'autre, à élaborer un sommaire et puis à continuer d'écrire. Et voilà, le processus d'écriture, en fait, c'est surtout écrire ce que je ressens au moment où je le ressens. Ou parfois après coup, ressentir, écrire ce que j'ai besoin d'écrire. Et ensuite j'en fais un livre.
Donc là, une personne qui lit ton livre Ma maison en fleurs, en vrai, elle vit ce que tu as vécu pendant un an. Elle revit.
Ouais, je pense à peu près ça.
OK, parce qu'au tout début, il y a des passages qui sont très poignants et j'en ai donné un ou deux. J'ai pas envie de trop spoiler parce qu'il y a des passages qu'on lit, on dit ah ouais, Ça donne à la réflexion et à méditation, et c'est très puissant. Mais surtout au début, ton livre, tu mets tout simplement: à tous ceux qui ont vu l'incendie de si près, qui n'ont cru ne jamais pouvoir s'en relever. Et ouais, c'est bizarre, en te voyant comme ça, je me dis mais comment une fille de 22 ans joyeuse comme tu es et haute a pu être aussi près de l'incendie? Parce que tu te mets metaphore de l'incendie, mais l'incendie, ça peut être plein de choses. Je me— qu'est-ce que voulait dire cette phrase quand tu l'as écrite?
Pourtant, c'est un livre qui parle énormément de santé mentale, qui parle de dépression, qui parle d'anxiété, qui parle de tout ça. Et du coup, déjà, pour moi, l'incendie, c'est vraiment ce moment où on est au plus bas et où ça va pas du tout. Et du coup, c'était vraiment, voilà, adresser ce livre à ceux qui ont ressenti tout ça. À ceux qui peut-être le ressentent ou le vivent encore aujourd'hui. Et je sais qu'il y a beaucoup de gens qui le lisent qui soit sont encore dedans, soit commencent à s'en sortir. Certains aussi qui savent de quoi parle le livre et m'ont confié préférer attendre avant de le lire. Et c'est ce que je leur conseille aussi parce que c'est un livre qui est hyper dur aussi, surtout sur les premières parties. Et mon but, c'est pas du tout de faire du mal aux gens. Mais du coup, voilà, c'est adressé ce livre à toutes ces personnes-là qui ont cru un jour qu'elles pourraient jamais s'en sortir. Et pouvoir leur montrer que de la lumière, il y en a. Et voilà. Mais on me le dit très souvent qu'on dirait pas forcément en me voyant, mais il faut ressentir tout ça.
Exactement. Et tu finis cette partie-là: «Mais qui ont su retrouver à l'intérieur d'eux-mêmes la résilience suffisante pour s'offrir le droit de fleurir.» Qu'est-ce que tu dirais à une personne qui aujourd'hui a l'impression de pas avoir la force intérieure? Parce qu'effectivement, quand tu es dans cette zone ces zones sombres, ces zones compliquées que tu as appelées toi-même l'incendie. Des fois, on voit pas le bout du tunnel et on n'a pas cette force intérieure, ou on pense ne pas l'avoir. Comme, qu'est-ce que tu dirais à une personne qui vient te voir et qui dit mais j'ai l'impression de pas avoir cette force intérieure et cette résilience qui me permettra de passer au-delà de ces moments difficiles?
Je dirais déjà que malheureusement c'est très bateau, mais que tout finira par passer et que ça finira par aller mieux. En général, quand on me pose ce genre de question, je suis toujours très décontenancée. C'est plus facile pour moi à l'écrit parce que je peux un peu mieux poser mes idées, poser mes mots, mais leur dire de pas perdre espoir et que même s'ils s'en rendent pas compte, ils sont beaucoup, beaucoup plus forts que ce qu'ils pensent. Et que rien que le fait d'être là aujourd'hui à me poser la question, ça montre qu'ils ont envie d'aller de l'avant, ils en sont capables et qu'ils sont forts, ils sont résilients. Même s'il le voit pas. Et moi, c'est beaucoup ce message-là que je voulais faire passer aux gens. Et puis surtout accepter que, enfin, leur montrer que c'est aussi à eux de s'offrir ce droit-là d'aller mieux, qu'ils ont le droit en fait d'aller mieux. Parce que des fois, en fait, on a tellement mal qu'on se dit qu'on l'a mérité, comme je disais tout à l'heure, on s'enfonce dans notre propre mal-être. Et en fait, c'est simplement dire: vous avez le droit, vous avez le droit déjà d'aller mal, vous êtes légitime à aller mal, peu importe ce qui se passe dans votre vie, que ce soit grave ou pas grave aux yeux de la société, vous êtes légitime à ressentir ça et à le vivre ainsi. Et vous avez le droit de guérir et de vous octroyer vous-même ce droit d'avancer. Parce que moi, je pense qu'il y a eu beaucoup cette période-là dont je sors tout juste, mais longtemps, je pense que je n'acceptais pas le fait que j'avais le droit d'aller bien. Et du coup, ça a été déconstruire tout ça aussi, de me dire mais en fait, j'ai le droit. Et c'est pas parce que j'irai bien que les gens vont partir, que les gens ne me liront plus. Il y avait aussi ce truc-là de me dire mais si je vais bien, qu'est-ce que j'écris? Et en fait tu déconstruis tout ça et tu dis non, en fait au bout d'un moment stop. Et c'est moi qui me plonge le plus dans ma douleur et qui alimente tout ça. Et voilà.
Et est-ce qu'aujourd'hui tu dirais que tu as trouvé ta place dans le monde?
Je pense que ça commence beaucoup, enfin je la trouve de plus en plus. C'est drôle parce que j'ai vraiment parlé de ça avec ma psychologue il y a 2 semaines et où je lui ai dit bah je vais me reconvertir en psycho, en psychologue.
Est-ce que toutes les questions que je suis en train de te poser, c'est pas un peu une thérapie de...?
C'est un petit peu ça. Mais oui, où je lui disais cette place-là, j'ai jamais cru l'avoir. J'ai cru que je trouverais jamais ma place dans ce monde parce que ça me semblait tellement impossible. Je pensais que ma place était nulle part et en fait non. Aujourd'hui, je réalise que ma place, je la trouve et que chaque jour me prouve que ma place est là. Qu'elle est dans l'écriture, qu'elle est dans le partage auprès des gens, qu'elle est dans les messages que je reçois. Et ça, c'est fou parce que, comme je disais tout à l'heure, moi j'ai passé ma vie à détester la personne que je suis et à m'en vouloir d'être moi. Et aujourd'hui, les gens me remercient d'être moi et d'écrire ce que j'écris. Et c'est fou. Et même moi, je me suis réalisée.
C'est surtout fou de se dire qu'à 22 ans, parce qu'à 22 ans on est encore très jeune, et surtout quand on est ado et autres, parce que tu as vécu ça surtout pendant l'adolescence et toutes ces phases-là, de se vouloir, sans vouloir d'être qui on est, alors que c'est le moment de la vie où on doit le plus, entre guillemets, kiffer, prendre du plaisir, sortir, être avec ses amis, être dans l'insouciance. Parce qu'avant d'arriver dans la, entre guillemets, la vraie vie, comme je dirais, après il y a pas d'âge, mais c'est incroyable de se dire de qu'on peut vivre ça. Et surtout le fait que tu en parles, il y a— parce que si toi tu le vis, il y a des centaines et des milliers de personnes qui le vivent et qui ont dû le vivre et qui ont dû passer sur cette phase de cette incompréhension, de se dire mais en vrai je suis pas anormal, je suis bizarre et j'ose pas en parler. Et donc le fait d'en parler aujourd'hui, ça permet à des personnes de prendre conscience qu'ils peuvent— c'est normal, ça arrive, et ils peuvent s'en sortir.
Je pense qu'on a encore tellement tendance, je pense c'est la société, mais à justement se dire voilà, les adolescents ils ont rien vécu, donc «C'est rien du tout, c'est qu'une passe, ça va passer, ils vont mal mais c'est rien.» Alors qu'en fait, il y a des tas et des tas et des tas d'enfants, d'adolescents, de jeunes adultes qui sont au bord du gouffre et qui ne vont pas bien et qui n'en parlent pas. Alors il y a plein de raisons au fait de ne pas parler et chacun a les siennes. Mais peut-être qu'on ne parle pas parce que déjà on a l'impression qu'on ne sera pas écouté en face et que justement on va venir illégitimer tout ce qu'on ressent. Parce qu'on est jeune et parce que c'est le moment où on devrait kiffer alors que nous on est juste au fond du trou. Et en fait, bon, c'est plus compliqué que ça. Et ouais, non, du coup c'est pour ça aussi que je suis contente que mes livres atterrissent dans les mains de jeunes adultes, d'adolescents aussi, et parce que leurs retours sont peut-être les plus touchants aussi.
Super. On arrive sur la fin de cet échange qui était très poignant et très, très intéressant. Est-ce qu'il y a un sujet que tu aurais aimé aborder, dire ou partager, qu'on n'a pas encore eu l'occasion d'aborder ou pas?
Je pense qu'on a balayé le gros de ce qui pourrait me venir là tout de suite.
OK. Il y a une question que je pose toujours à mes invités dans cette émission. Ce qui est fou, c'est que cette question, je la pose, et toi, tu arrives répondu dans le livre. Je pose toujours cette question à la fin et tu as une page entière sur ce sujet-là. C'est la question, c'est si tu pouvais t'adresser à l'enfant que tu étais, si tu pouvais t'adresser— souvent j'ai des personnes qui ont plus de 30 ans, donc ils ont 30, 40, 50 ans, et je leur dis si tu pouvais t'adresser à l'ado. Alors si je te dis ça, toi l'ado c'était il y a 3 ans, il y a 4 ans. Donc on va dire à l'enfant que tu étais On en a parlé un peu tout à l'heure aussi, mais si tu pouvais t'adresser à l'enfant que tu étais et si tu avais un conseil à lui donner, quelque chose à lui dire, qu'est-ce que tu lui dirais?
Je dirais que déjà tout va bien, que tout va bien, que c'est pas sa faute, qu'elle est pas étrange et que tout ce qu'elle ressent en elle, c'est tellement beau et qu'un jour cette différence-là lui permettra de faire de belles choses, de grandes choses, même si elle s'en rend pas compte aujourd'hui. Et je lui dirais de continuer d'y croire, d'y croire et de se rappeler qu'elle a sa place.
Et dans le livre, tu dis: tu es une belle personne, tu mérites que l'on t'aime pour ce que tu es. Ne pense jamais que tu as besoin de changer, tu n'en veux pas d'être qui tu es. Tu es assez, tu es légitime, tu as de la valeur, ta voix compte, ta sensibilité est merveilleuse, tu n'es pas un monstre, tu es tellement de force et de résilience en toi. Donc plutôt: tu as tellement de force et de résilience en toi. Un jour tu feras de belles choses. Je suis fier de toi. Je t'aime. Juste incroyable. On finira sur ces belles paroles et ce passage que tu as donné dans le livre. Bien sûr, je vous invite tous à vous procurer son livre Ma maison en fleurs, qui est aux éditions Robert Laffont. Vous trouverez ce livre dans toutes les librairies de France. Et en ligne également, Fnac, Amazon et tout le reste. Donc je vous invite vraiment à vous le procurer. On mettra les réseaux de Pauline sous la vidéo et également un peu partout pour que vous puissiez aller lui écrire, lui donner de la force et bien sûr soutenir son travail. Encore merci d'avoir accepté cette invitation et de nous avoir partagé ton hypersensibilité et ton parcours juste extraordinaire.
Encore merci à toi de m'avoir reçu.
Merci.










