La Peur au Ventre : Un récit poignant sur la maternité et la résilience [ Podcast #49 ]

In this episode of the "Connaissances illimitées" podcast, host Mohamed Boclet interviews Belgian RTL journalist and author Caroline Fontenoy. The conversation begins with a brief introduction of Boclet’s podcast and moves quickly into Fontenoy’s professional background, highlighting her 20‑year career in radio and television, the demanding rhythm of newsroom life, and a vivid recollection of covering the 2016 Brussels terrorist attacks live on air. The bulk of the interview focuses on Fontenoy’s personal journey as a mother, as recounted in her book La peur au ventre. She describes her first pregnancy, the sudden onset of premature labor at 30 weeks, the intensive neonatal care her daughter Lou required, and the emotional turmoil of being separated from her newborn. She contrasts this with her second pregnancy, which she carried to term, and reflects on the physical and psychological differences between the two experiences. Fontenoy explains medical concepts such as prematurity thresholds, the risks of cytomegalovirus (CMV) infection during pregnancy, and the long‑term sequelae for very preterm infants. Throughout, she critiques societal expectations placed on pregnant women and working mothers, calling out the “culpabilisers” who pressure women to ignore their own health. The title of her book is unpacked as a metaphor for the visceral fear she felt during both pregnancies. She offers concrete advice to expectant mothers: listen to one’s body, seek professional help early, and allow oneself to rest. The interview closes with reflections on resilience, a favorite empowering quote, and a final message encouraging listeners to read her book and share their own stories.
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Vous préparez des émissions et peut-être que 10 minutes avant, un quart d'heure avant, il y a une info qui tombe et vous, vous êtes obligé de traiter le direct. Vous pouvez pas dire «bah je passe derrière », donc tu mets tout à la poubelle, tu dois repartir en direct sur quelque chose que tu avais pas du tout préparé. Et est-ce que de ça tu as déjà eu des anecdotes un peu particulières qui t'ont marqué et qui ont marqué ta carrière par rapport à ça?
Je crois que ce qui m'a le plus marqué, c'est lorsqu'on a eu les attentats à Bruxelles. Bon, c'était une journée comme toutes les autres Je me souviens très bien, mon chef info du jour me dit: «Ah Caro, c'est très calme ce matin, je sais pas du tout ce qu'on va mettre dans le journal.» Il avait pas terminé sa phrase, il y avait une bombe qui explosait dans le métro, suivie d'une deuxième à l'aéroport de Zaventem, donc à Bruxelles. Et là donc très vite branle-bas de combat, on a pris l'antenne extrêmement rapidement. J'ai fait 4 heures de direct non-stop avec, ce qui était terrible c'est que je découvrais les images en même temps que tout le monde, donc j'étais moi-même très impressionnée de tout ce qu'on vivait.
Je m'appelle Mohamed Boclet, je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller «Connaissances illimitées». Dans le podcast «Connaissances illimitées», je reçois des invités au parcours extraordinaire pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Paix sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast «Connaissances illimitées». Et aujourd'hui, on sort des frontières de la France pour aller en Belgique et on est avec Caroline Fontenay qui est journaliste sur RTL TV, qui est aussi l'auteure d'un livre qui est juste incroyable. On va énormément en parler aujourd'hui, c'est «La peur au ventre». Qui est édité aux éditions Caine. Et franchement, j'ai lu ce livre et je vous le conseille, mais on en parle pendant l'épisode. Bonjour Caroline, comment tu vas?
Bonjour Mohamed, mais je vais très bien, je suis très contente d'être avec toi et avec toute ta communauté aujourd'hui. Donc voilà, c'est vraiment un vrai plaisir.
Et merci d'avoir accepté l'invitation. Moi, je t'ai présentée très rapidement et j'aimerais bien que tu puisses toi-même te présenter avec tes propres mots, et après on rentre dans le vif du sujet.
Alors moi, je m'appelle donc Caroline Fontenoy. Je suis journaliste sur RTL en Belgique. C'est une chaîne que vous connaissez également en France puisqu'on est également présent en France, en Allemagne. Ça fait maintenant plus de 20 ans que je fais ce métier avec toujours autant de passion. J'ai fait beaucoup de radio, beaucoup de reportages, beaucoup de reportages en télévision aussi. J'ai présenté énormément d'émissions très variées sur des sujets société. Puis très vite, je suis arrivée à la présentation du journal. Chez nous, c'est 19h, c'est pas 20h comme chez vous. C'est un petit peu plus tôt. Donc voilà, j'ai traité de beaucoup de sujets d'actualité, j'ai pu faire des reportages à l'étranger, donc j'ai fait pas mal de choses. Je suis un peu une touche-à-tout. Chez nous, on a aussi beaucoup de choses très artistiques, comme ce qu'on appelle la pièce du Télévie, parce que c'est un peu la même chose que le Téléthon chez vous. Donc c'est pour récolter des dons pour la lutte contre le cancer. Donc voilà, moi je fais énormément de choses et je m'étais toujours dit qu'un jour, j'écrirais certainement un livre parce que j'ai la passion de la langue française et de la lecture. Mais jamais, jamais, jamais un livre autobiographique. Donc ça, c'était vraiment quelque chose qui s'est imposé à moi. Mais donc dans mon parcours professionnel, voilà, je te dis, ça fait 20 ans que je fais de l'actu pure et dure avec des nouvelles pas très heureuses souvent, comme en ce moment. Mais bon, voilà, on garde le moral.
Et si on avait demandé à la Caroline enfant ce qu'elle voulait faire plus tard, elle voulait déjà être journaliste ou pas du tout?
Pas du tout. Alors moi, j'ai une passion folle pour les animaux. Mon grand-père paternel était vétérinaire, donc très vite je me suis dit «oh, j'aimerais bien devenir aussi vétérinaire», mais sauf que moi, tout ce qui est charcuter les animaux, la vue du sang, tout ça, c'est pas trop mon truc. Donc j'ai vite vite bifurqué vers quelque chose de beaucoup plus artistique et la communication s'est imposée à moi aussi très très vite. Voilà, donc de fil en aiguille, je suis aussi tombée amoureuse de la radio parce qu'un jour j'ai passé ma tête dans une rédaction, dans une radio indépendante quand j'étais aux études sur le campus universitaire et j'ai eu coup de cœur radiophonique qui m'a jamais plus lâchée depuis.
D'accord, donc c'est pendant tes études que tu as fait un peu de radio. Donc tu faisais des études de quoi à l'époque? Déjà de com ou pas?
Communication, exactement.
D'accord, tu fais de la communication, tu as fait de la radio, et là tu t'es dit c'est bon, c'est ça, j'ai envie d'en faire mon métier, faire de la radio, faire de la télé. C'est grâce à cette expérience?
Oui, tout à fait. Alors que je me levais aux aurores à 4h du matin, et pourtant le fait d'arriver dans une rédaction où où tu sens que la ville dort encore mais que toi, tu es déjà dans l'actu, tu sais déjà tout ce qui se passe, tu as envie de partager ça avec tout le monde. C'est un sentiment assez particulier quand tout le monde dort et que toi, tu prépares tes journaux et que tu te prépares à informer le monde entre guillemets. Ça, c'est un sentiment que j'aimais beaucoup. Donc c'est vrai que j'ai eu ce coup de foudre à partir de ce moment-là et très vite, je me suis dit OK, ce sera mon métier. Et de fil en aiguille, j'ai travaillé donc dans une chaîne où on faisait de la radio et de la télévision. Donc très vite, j'ai fait les deux en fait.
C'est vrai que le métier de journaliste, nous on vous voit à la télé, on voit à la radio, mais quand ceux qui font les matinales, ils se réveillent, et je crois que tu avais des passages sur le sujet dans le livre, il faut réveiller vraiment très très tôt pour tout préparer. Vous êtes réveillés à 3 heures, 2 heures et demie, 3 heures pour pouvoir préparer et être au taquet pour faire la première émission de 6 heures, 7 heures.
Souvent, quand je vais voir des étudiants qui me disent c'est quoi les qualités d'un bon journaliste? Déjà, il faut un peu de courage pour se lever, pas compter ses heures. Et c'est vrai que nous, c'est du 1er janvier au 31 décembre. On est un peu des urgentistes de l'info. Donc on se lève très, très tôt. Et encore, moi, quand je faisais de la radio, je me levais à 4 h du matin. J'étais pas celle qui arrivait la première à la rédac'. Il y en a qui arrivaient à 2 h du matin. Ça, c'est un horaire auquel je me suis jamais faite. Encore maintenant, quand je dois aller faire de la radio le matin, c'est un peu Un peu compliqué. Donc moi, je présente le journal de 19h sur RTL TVI. Ça me convient mieux comme horaire, même si on commence notre journée très, très tôt, parce que dès que tu te lèves, tu allumes la radio, tu te mets au courant de ce qui se passe, de ce qui s'est passé la veille, de ce qui se passe le matin. Donc ça ne s'arrête jamais, en fait. C'est un rythme fou, mais qui moi personnellement me convient parce que je suis très dynamique, j'ai envie de faire mille choses. Donc c'est une vie un peu exaltante qui me convient.
J'ai une question par rapport à ça. Quelle est la— est-ce que tu as une anecdote sur un plateau, d'un truc qui t'est arrivé? Parce que je disais, surtout dans le début de ton livre, tu parles que voilà, vous préparez des émissions et peut-être que 10 minutes avant, un quart d'heure avant, il y a une info qui tombe et vous, vous êtes obligé de traiter le direct. Vous pouvez pas dire bah je passe derrière, donc tu mets tout à la poubelle, tu dois repartir en direct sur quelque chose que tu avais pas du tout préparé. Et est-ce que de ça tu as déjà eu des anecdotes un peu particulières qui t'ont marqué et qui ont marqué ta carrière par rapport à ça?
Je crois que ce qui m'a le plus marquée, c'est lorsqu'on a eu les attentats à Bruxelles. Bon, c'était une journée comme toutes les autres. Je me souviens très bien, mon chef info du jour me dit: «Ah Caro, c'est très calme ce matin, je ne sais pas du tout ce qu'on va mettre dans le journal.» Il n'avait pas terminé sa phrase, il y avait une bombe qui explosait dans le métro, suivie d'une deuxième à l'aéroport de Zaventem, donc à Bruxelles. Et là, donc très vite, branle-bas de combat, on a pris l'antenne extrêmement rapidement. J'ai fait 4 heures de direct non-stop avec Ce qui était terrible, c'est que je découvrais les images en même temps que tout le monde. Donc j'étais moi-même très impressionnée de ce qu'on vivait et on m'a amené au fur et à mesure des gens qui avaient été témoins de la scène, des rescapés, des experts. Parfois, on m'amenait des gens sans me dire qui c'était exactement. Donc c'était vraiment très chaud. On avait des reporters sur place. Ça, c'était un moment extrêmement intense en émotion. Je me souviens, j'ai eu un rescapé, un Zaventem qui est venu. Il est en face de moi et me dit: «Mais vous vous rendez compte, c'est parce que je suis allé chercher un chariot «Pour transporter ma valise, que je ne suis pas mort dans l'explosion.» Il me l'a répété inlassablement, vraiment, parce qu'il n'en revenait pas d'être en vie, tout simplement. Donc c'était un moment très, très fort. Je sais qu'on a même accueilli ce jour-là Marc-Olivier Fogiel, qui était de passage à Bruxelles et qui a témoigné, qui a fait un très, très beau témoignage. Donc c'était très émouvant parce que de vivre l'actualité en direct, une actualité aussi grave. Voilà, il y avait aussi un blackout à ce moment-là sur Bruxelles. On n'avait plus du tout de communication. Donc moi, je sais que j'avais beaucoup d'amis qui prennent le métro métro, qui travaillent à Bruxelles. On ne savait plus joindre personne pendant des heures entières, donc il a fallu que j'attende la fin de ma journée pour pouvoir prendre des nouvelles de mes proches. Donc c'était vraiment une journée hors du temps. Alors on sait pourquoi on fait ce métier dans ces moments-là, parce qu'on écrit une page de l'histoire. Mais c'est vrai que c'est des moments très intenses, on rentre, on est lessivé pour 2 jours.
On est lessivé, après il faut y retourner, et des fois on a besoin de vous et d'y retourner. Donc ok, ouais, c'est des journées très compliquées, et surtout vivre le direct, C'était des moments très, très émouvants avec beaucoup d'émotions. Et surtout, arriver avec des personnes qu'on connaît pas et commencer à parler comme ça d'un sujet avec une personne, tu sais pas qui elle est, sur ce type de problématique, faut avoir des techniques, faut avoir de l'expérience. Je pense qu'il faut avoir pas mal d'expérience.
Non, c'est clair que ça c'est parfois un petit stress aussi parce que généralement quand on a ce genre d'édition spéciale, on te dit toujours dans l'oreillette attention, tu vas avoir telle ou telle personne. Mais ça s'enchaînait tellement rapidement, on était tous tellement dépassés que je me suis retrouvée effectivement avec des gens à côté de moi, je me suis dit mais «Qui êtes-vous? Présentez-vous!» Parce que je ne savais plus qui on m'amenait à ce moment-là. Et ça, j'avoue, c'est un petit stress pour le journaliste de ne pas savoir qui est la personne qui se trouve à côté. Mais c'est vrai qu'il faut faire preuve de beaucoup d'improvisation. À ce moment-là, toute ton expérience, tout ton background te sert. Je veux dire, voilà, moi, j'ai quand même, ça fait maintenant 17 ans que je présente le journal, donc il n'y a plus beaucoup de situations qui me stressent. Et heureusement, c'est du stress positif. Mais il y a encore des moments où il faut y aller, c'est beaucoup, beaucoup de concentration en fait.
C'est sûr. Et je disais, dans ton livre, parce que dans ta belle carrière, et à 40 ans en 2019, tu étais enceinte, tu as eu, tu attendais ton premier enfant. Et comment, parce qu'à plusieurs moments tu parles de surcharge, de travail intense et tout, et comment on arrive, que ce soit dans le journalisme ou de manière générale, et c'est vrai qu'on en parle pas souvent, quand on a un travail avec beaucoup de pression ou beaucoup de responsabilités, et avec la grossesse, comment on allie les deux?
Mais ça veut dire que moi je l'ai pas tellement réalisé pour ma première grossesse, et c'est aussi la raison de ce livre, c'est qu'on explique pas toujours aux femmes que franchement la grossesse c'est vraiment un marathon, qu'il faut un petit peu lever le pied, il faut se protéger, et le but c'est d'aller jusqu'au bout. Et je vais t'expliquer toute l'importance. Donc moi je l'ai pas réalisé parce que j'étais en forme. Moi, lors de ma première grossesse, j'avais pas de nausées, j'étais vraiment, oui, en forme, très active. Donc j'ai continué mes activités tout à fait normalement parce que je ressentais pas le besoin de lever le pied. Et lorsque j'ai commencé à avoir des contractions, ça m'est tombé dessus, mais vraiment du jour au lendemain. J'ai développé une infection qui a provoqué des contractions qu'on a essayé d'arrêter durant 3 jours. Et la suite, tu la connais en ayant lu le livre. Donc ces contractions, on n'est pas parvenu à les arrêter. Donc c'est plus facile vraiment de prévenir prévenir l'arrivée de contractions que de les arrêter une fois qu'elles sont là. Alors c'est vrai qu'il y a beaucoup de femmes qui mènent leur grossesse de manière tout à fait normale, qui font encore un tennis ou un marathon la veille d'accoucher, et tant mieux, et elles doivent s'écouter et ça doit continuer. Pour toutes les autres, en revanche, j'aimerais certainement leur dire qu'il faut s'écouter, c'est-à-dire qu'on en demande parfois un petit peu beaucoup aux femmes. On leur demande d'être toujours aussi performantes, de continuer leur boulot, de pas trop se plaindre si possible, et en plus de faire un bébé, ce qui est quand même un travail à temps plein, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Donc je crois que sincèrement, il faut toujours écouter la petite voix qui est en nous. Quand on sent qu'il y a quelque chose qui ne va pas très bien, il ne faut pas hésiter à consulter. Moi, on a cessé de me dire, et c'était ma première grossesse et j'avais des contractions que je n'ai pas identifiées comme telles puisque je ne les ai pas reconnues. On m'a dit: tu sais, à ce stade de la grossesse, c'est tout à fait normal. Ce mot normal, on a cessé de me le répéter. Et en fait, tout ce qui était en train de m'arriver n'était pas normal du tout puisque j'ai donc terminé à l'hôpital.
Ouais, parce qu'en plus, d'après ce que j'ai compris, on te demandait juste d'aller faire des bains d'eau chaude, mais je pense qu'à un moment le bain d'eau chaude n'est pas suffisant. Il faut apprendre à s'écouter. Donc on va rentrer. Donc tu nous as écrit ton livre qui s'appelle La peur aux ventes, qui retrace tes grossesses, surtout la première, et ensuite ta deuxième grossesse. Et parce que ta fille est grande prématurée, elle est née 2 mois avant le terme. Et aujourd'hui, effectivement, il y a presque 7% des personnes, des enfants qui naissent prématurés. Et on n'en parle pas assez souvent. Et c'est vrai que moi qui suis papa, première fois que je suis allé avec ma femme chez la gynéco et qu'on nous a dit, ben voilà, à tant de semaines il est très grand prématuré, tant de semaines il est grand prématuré, à tant de semaines, tu ressors un peu la pression parce que là d'un coup tu dis Ah oui, là ça fait un peu peur. Et dans le livre, tu le remets. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ce schéma du grand prématuré, très grand prématuré? Est-ce que ça impacte? Parce que peut-être que beaucoup de personnes n'ont pas ça en tête.
Non, alors c'est vrai que le système sanitaire français est un peu différent de celui de la Belgique. Ce qui est très, très bien en France, et que je souligne, c'est que vous avez affaire souvent à des sages-femmes avec un petit peu plus de prévention, ce qui n'est pas vraiment le cas en Belgique. En Belgique, tu as souvent affaire à ton gynécologue, point. Tu peux éventuellement prendre rendez-vous avec une sage-femme, mais c'est pas vraiment recommandé, ce qui est un tort parce qu'effectivement les sages-femmes ont le temps de te parler de tout ça, ont le temps de faire de la prévention. Parce que moi, on m'a jamais parlé de prématurité, c'est-à-dire qu'un enfant, un préma, en dessous de 37 semaines d'aménorrhée. Ici, Lou, elle est née, ça se situe à 30 semaines, donc on est dans la ligue des champions des prémas, on est dans les très grands prématurés. Alors les avancées médicales font qu'aujourd'hui on réanime des bébés à partir de 24 semaines. C'est de plus en plus tôt. Il faut savoir que c'est quand même la première cause de séquelles neurologiques et qu'à 24 semaines, tu as beaucoup de chance malheureusement que ton enfant développe des séquelles, que ce soit l'audition, la vue, parfois ils ont des problèmes au niveau digestif, parfois ça nécessite des opérations, au niveau de la motricité aussi, au niveau de l'apprentissage, enfin les séquelles sont nombreuses, on t'en parle jamais et donc l'objectif ultime, c'est d'atteindre au minimum les 37 semaines, ça c'est vraiment le, voilà, l'enfant est à terme.
Pardon? C'est l'objectif.
L'objectif c'est 37 semaines et si tu arrives jusqu'à 40, 41, alors là c'est le summum, ça c'est du plus, c'est la cerise sur le gâteau. Mais c'est vrai que moi j'ai jamais entendu parler de prématurité, on m'a jamais conseillé vraiment de, on ne m'a jamais expliqué l'intérêt d'aller jusqu'au bout parce que dans les dernières semaines c'est toutes les connexions neuronales qui se font. C'est le développement des poumons, c'est le développement vraiment des choses les plus essentielles dans le corps humain. Donc on m'a jamais expliqué ça et ça, c'est vraiment mon premier contact avec la prématurité. C'est quand je suis donc arrivée avec ces contractions à l'hôpital et que mon gynécologue m'a dit: «Écoutez, maintenant vous ne bougez plus Madame Fontenoy, ici il est question de viabilité de votre enfant et il est question de handicap.» J'ai lu le passage à un moment où tu dis effectivement, où le médecin te dit il y a un risque de décès.
Et d'handicap et effectivement c'est poignant et qu'il te dise ça comme ça, toi qui veux juste te lever, aller aux toilettes et bouger, il te dit non, non, tu bouges plus parce que ton enfant peut mourir.
Ouais.
Je pense que la pression à ce moment-là, elle est au summum.
Ah oui, attends, tu es à l'hôpital, tu sais pas ce qui t'arrive, tu as des contractions, comme tu dis, tu veux juste te lever pour aller aux toilettes et là ton gynéco te somme de ne plus bouger et t'explique la prématurité avec ces mots. C'était d'une violence inouïe. J'ai pas compris ce qui m'arrivait et là les enjeux me paraissaient tellement terribles. Tu te dis comment ça mon enfant pourrait mourir, enfin c'était inimaginable de un, d'accoucher à 30 semaines et de deux, qu'il puisse effectivement décéder donc il y a beaucoup de choses qui sont passées dans ma tête mais tout est allé tellement vite que effectivement je trouvais ça très violent de réaliser tous ces enjeux comme ça aussi vite dans un moment aussi critique, c'est-à-dire que quand j'ai attendu ma deuxième fille Zélia et que je savais voilà dans tout ce qui potentiellement pouvait arriver. Quand j'ai eu les contractions, cette fois à 25 semaines, ce qui est encore plus tôt, ça m'a beaucoup stressée. Tu penses bien que je savais exactement ce qui m'attendait. Donc là, j'ai pu prendre toutes les chances de mon côté. Je me suis directement arrêtée, je n'ai pris aucun risque. Et la plus belle récompense, c'est que j'ai accouché à terme d'une magnifique petite fille de près de 4 kg.
Voilà. Donc il y a plusieurs enseignements parce qu'il y a l'enseignement de l'information, c'est-à-dire que si tu avais été informée et qu'on t'avait pas formée mais initiée ou expliqué ce qu'était la prématurité et un enfant prématuré, peut-être que tu aurais pris conscience de ça beaucoup plus tôt, surtout pour Lou, pour la première, parce que peut-être qu'au moment où tu as eu tes premières contractions, tu t'es dit bah je continue, j'ai rien, ça tire un peu mais ça va, alors que là pour la deuxième tu t'es arrêtée directement. Donc c'est vrai qu'il y a un travail sur ce sujet-là.
Oui, j'ai pas compris. J'ai pas compris. Encore aujourd'hui, je dis je ne comprends pas pourquoi mon gynécologue ne m'a pas parlé de tout ça. Alors on me dit en Belgique, on parle du fait que si on commence à parler de tout ce qui pourrait potentiellement arriver ou déraper dans une grossesse, on n'a pas trop envie d'inquiéter les femmes. Donc on m'a dit: «Écoutez, Madame Fontenoy, on va quand même pas expliquer aux femmes tout ce qui pourrait arriver.» Mais je ne suis pas d'accord avec ça parce qu'en fait, ce qui ne va pas dans cette équation, c'est que la prématurité, alors toutes les causes ne sont pas identifiées, Ça nous échappe encore. Par contre, on sait que le stress, le surmenage, ce sont vraiment deux facteurs essentiels qui font accoucher les femmes prématurément. Donc ça veut dire qu'on a un levier d'action magnifique puisque si on se repose, voilà, ça c'est ce qui s'est passé, j'en suis la preuve vivante alors que je risquais d'avoir un second accouchement prématuré. On peut se reposer, il y a aussi des médicaments qui permettent de d'arrêter les contractions. Donc il y a plein de choses à faire en amont. Donc je suis pas d'accord sur le fait qu'on en parle jamais. Et donc c'est pour ça vraiment que je veux écrire ce livre, que j'ai écrit ce livre. Et les retours que j'en ai sont fantastiques parce qu'effectivement, alors on peut dire oui mais enfin, si on commence à inquiéter les femmes. J'ai même des jeunes femmes qui viennent me voir. Il y en a une qui est venue la semaine passée, elle m'a beaucoup touchée parce qu'elle m'a dit oui, moi je travaillais beaucoup aussi, j'étais tout le temps debout, «Je pouvais pas m'arrêter, j'ai un peu eu mal au dos mais j'ai pas identifié ces contractions.» Donc de nouveau, on a tendance à prendre sur nous, à minimiser, et cette jeune femme en l'occurrence a accouché prématurément. Donc je crois qu'il y a vraiment, vraiment de la prévention à faire. Et tout ça, comme tu le soulignais, ça passe par de la communication et de l'information, c'est tout.
Parce qu'il y a beaucoup d'injonctions de «Sois forte », «Sois, tu peux, tu peux prendre un peu sur toi », «Toutes les femmes on sait pourquoi toi tu devrais, voilà, il y a souvent des injonctions et donc après on se met dans le moule et on continue et on veut pas trop faire la chochotte entre guillemets et parler et c'est pas forcément une bonne idée. Moi je sais que quand j'ai eu donc ce rendez-vous avec la sage-femme la première fois, on n'est plus le rendez-vous mais il y avait un rendez-vous spécial sur ça où elle nous a expliqué les semaines et autres, c'est-à-dire que tu ressors du rendez-vous, tu dis ben je vais faire attention, les packs d'eau t'inquiète c'est moi qui les porte.
Rendez-vous. Ça, je te dis, en France, pour ça, vous êtes top parce qu'il y a ce rendez-vous avec les sages-femmes qui prennent le temps de t'expliquer. Chez nous, les gynécologues, tu penses bien qu'ils prennent pas le temps.
Concernant ton livre, pourquoi tu l'as appelé La peur au ventre? Qu'est-ce qui— comment ce titre est arrivé et comment tu en es arrivée à vouloir mettre ce titre, tout simplement? Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu.
Pour moi, c'était une évidence que la peur au ventre, c'est ce que j'ai vécu durant mes deux grossesses parce que j'ai eu peur pour mes enfants. J'ai eu peur la deuxième fois que ça recommence. Puis je trouvais que la peur au ventre, c'était très métaphorique puisque tout se passait là. J'ai eu une peur viscérale parce que quand j'ai cru que ça recommençait avec Zélia à 25 semaines, donc là, du coup, j'étais très informée sur le sujet. Je savais dans quoi on était et je savais qu'il était question de viabilité cette fois à 25 semaines et pas à 30. Donc je peux te dire que c'est la première fois de ma vie. Là, je sais ce que c'est qu'avoir peur. Vraiment, c'est la première fois que j'ai eu une peur irrationnelle où tout mon corps et mon cerveau n'arrivaient pas à se calmer parce que je savais exactement par quoi j'étais passée et par quoi je pourrais repasser, mais dans un cas beaucoup plus grave. Donc pour moi, la peur au ventre, c'est vraiment malheureusement ce que j'ai vécu durant mes deux grossesses, même si c'était des parenthèses bénies et que franchement, ça a été un bonheur d'être enceinte. J'ai adoré ça, même si ça se terminait de manière un peu rock'n'roll. Et donc voilà pourquoi la peur au ventre, en fait, tout simplement.
Parce qu'en plus tu expliques dans le livre, après la première grossesse, que quand tu sors dans la rue, tu vois des femmes enceintes partout et que tu les envies alors que tu viens d'avoir un enfant. Mais après, c'est une période compliquée parce que pendant quasiment, je crois que pendant 2 mois, elle est restée hospitalisée. Donc tu devais toujours aller la voir. Comment tu as vécu cette période où tu dois, tu sais que tu as un bébé, tu dois le voir uniquement à l'hôpital, T'es pas allée à terme, comment au fond de toi c'est un moment comme ça?
C'est très difficile et je suis contente d'avoir mis dans ce bouquin peut-être des sentiments un petit peu inavouables, c'est-à-dire que tu viens de devenir maman, t'as une magnifique petite fille qui est là et pourtant t'es hyper triste. J'avais aussi ce que j'ai qualifié de syndrome de ventre vide, c'est-à-dire que comme c'était ma première grossesse, j'ai pas pris beaucoup de kilos, ça commençait tout juste à se voir et du jour au lendemain, tu retrouves quasiment un ventre plat. Alors les femmes te disent «Wahou, vous venez d'accoucher, mais quelle chance, quelle ligne!» Et j'ai dit: «Mais moi, j'enviais simplement leur rondeur, leur ventre rond.» Donc c'était très, très compliqué psychologiquement. Et effectivement, à l'hôpital où j'allais tous les jours, dans ce service, je ne faisais que croiser des femmes enceintes jusqu'aux dents qui se traînaient péniblement jusqu'à l'ascenseur, ce que je rêvais de faire et qui n'arriverait jamais dans mon cas. Donc psychologiquement, c'était très compliqué. Alors il y avait une aide psychologique à disposition, ça ne m'a pas du tout aidée parce que je leur ai dit: «Est-ce que vous avez une machine à remonter le temps?» Non, je pense que la conversation va s'arrêter là. Et la seule chose qui m'a fait du bien, et c'est pour ça aussi que j'ai écrit ce livre, c'est d'en parler avec ceux qui étaient passés par là, de tous ces sentiments un peu inavouables. Parce que comment être triste alors qu'on vient de vivre l'événement soi-disant le plus heureux de sa vie? C'est parfois un peu difficile à gérer.
Est-ce que c'est un peu un baby blues que tu as eu? Parce que c'est vrai que j'entends souvent parler de ça après la grossesse. Au moment de l'accouchement, il y a des femmes qui peuvent avoir ce baby blues. J'en ai beaucoup parlé avec ma femme lors de, pour la première grossesse, moi sur la deuxième, et pendant une période où, entre ce que tu vis à l'intérieur et ce que les gens te renvoient, tu as l'impression qu'il y a une, vous êtes, on n'est pas en face.
Oui, non, alors je qualifierais pas ça de baby blues, je pense pas. Je pense que simplement j'étais inconsolable sur le fait qu'on m'ait volé ces 2 mois de grossesse, parce que la grossesse est bien faite, donc 9 mois Tu n'es pas préparée psychologiquement, physiquement. Il y a un moment donné où, pour l'avoir vécu, tu es au bout du rôle, tu ne sais plus mettre un pied devant l'autre et tu te dis vivement que j'accouche. Et donc c'est bien, c'est vraiment la délivrance et c'est le terme que ça porte. Donc la nature est bien faite. Donc je ne pense pas que c'est un baby blues, c'est vraiment cette tristesse qu'on m'ait arraché mon bébé de mon ventre du jour au lendemain, que j'étais pas prête et surtout que voilà, ces 2 mois magnifiques que j'aurais dû passer avec elle, je ne l'ai pas eu. J'ai pas eu le temps de préparer la chambre, j'ai pas eu le temps de préparer ma valise. Je suis partie à l'hôpital avec mon sac à main et mon manteau. Le décor. Donc voilà, c'est vrai qu'il y a des femmes qui font des baby blues après, mais peut-être pour d'autres raisons, parce que c'est un peu compliqué, parce que tout d'un coup on se retrouve responsable d'un petit être. C'est quand même une grosse responsabilité. Or moi, comme j'étais dans un environnement hospitalier, je peux te dire que quand je suis sortie, j'étais plus que prête à être maman, puisque j'étais entourée de plein d'infirmières qui m'ont beaucoup aidée. Donc du coup, c'est vrai que j'étais très armée quand je suis rentrée à la maison. Maison avec mon bébé.
Parce que la deuxième grossesse, comme tu es allée à terme, tu as pu vivre tout ce processus et avoir le gros ventre qui sort, marcher comme un canard.
Énorme, énorme. Non, je suis ravie, j'ai enfin pu marcher en canard comme je le décrivais, me tenir le ventre. Non, c'était, alors c'est vrai que c'était très hard sur la fin puisque donc j'ai eu des contractions à partir de la 25e semaine jusqu'au bout, des contractions qui ne servaient absolument à rien, si ce n'est me faire paniquer. Mais j'ai pu, bon c'était une césarienne programmée parce que évidemment sinon c'est pas drôle, La petite chipie s'est retournée, elle était en siège, donc je ne pouvais pas accoucher par voie naturelle. Voilà pour le petit détail. Donc cette césarienne était préparée, mais effectivement, arriver cool à l'hôpital, pouvoir mettre tes affaires, choisir la musique durant l'accouchement, petit détail intéressant. Et puis surtout, surtout, surtout avoir ton bébé sur toi, ce que je n'ai pas eu l'occasion puisque Lou, on m'a dit voilà, c'est le Roi Lion, merci, au revoir, et on est parti la réanimer. Donc je l'ai vu une demi-seconde. Ici, j'ai eu un gros bébé bien bien dodue sur moi. Ça, c'est— et je me suis dit, ah, c'est ça les joies de la maternité. Donc là, c'est comme si je découvrais tout ça, en fait. Et tout m'a paru non seulement merveilleux, mais excessivement facile.
Par rapport à Lou et le fait qu'on n'ait pas pu te la laisser, et donc tu dis à ton mari, tu la suis, tu la lâches pas, on veut pas la perdre, on va nous l'échanger. J'ai eu la même crainte Je t'assure que pour le premier, le deuxième non, parce que le deuxième il est toujours resté avec nous, alors que le premier, à un moment ils l'ont pris, il est sorti et on l'a pas vu pendant presque 40 minutes ou une demi-heure. Et c'est vrai que là tu dis, imagine c'est pas le bon au retour. Bon, en grandissant il a bien la même tête, il est copy-paste, il est vraiment, c'est un copier-coller. De moi, donc c'est moi.
T'imagines, toi tu as eu cette crainte-là alors que tu as eu le temps de le voir en long en large. Moi je l'ai vu une demi-seconde, donc pour te dire, je vais le retrouver après. Non, donc j'ai dit à mon mari, parce que ça n'arrive pas que dans les films, tu me suis. Puis je me suis effondrée, donc j'ai eu le temps de lui dire.
Alors je voulais revenir sur une maladie que, parce que ce que j'apprécie dans ton livre, c'est que donc tu racontes ton histoire et à différents moments tu fais, tu donnes la parole à à des personnes qui travaillent dans les hôpitaux. Je vous invite vraiment à lire ces passages-là, ils sont super intéressants, on apprend énormément de choses. Donc ça, c'est super intéressant d'avoir couplé ton histoire et ce que proposent et ce que disent les médecins, les infirmiers et autres. Mais dans ton cas de figure, tu parles d'une maladie que je connaissais pas, c'est la maladie CMV. Et est-ce que tu peux nous en parler un tout petit peu pour juste sensibiliser sur ça? Parce qu'effectivement, il y en a— moi, c'était la première fois que j'ai découvert ça.
Et alors c'est le fameux cytomégalovirus parce que donc dans mon parcours, décidément, j'ai pas eu de chance non plus puisqu'en fait pour Ophélia, lorsque j'ai fait le test du sucre à l'hôpital, on a découvert que j'avais fait ce qu'on appelle un virage CMV. Donc j'ai contracté le CMV. Alors c'est un virus qui s'attrape généralement au contact de petits enfants. Donc généralement quand t'as déjà des petits, en l'occurrence Lou, qui vont à la crèche, qui vont à l'école, ils te ramènent ces charmants petits virus qui s'appellent le CMV. Alors ça peut être vraiment très dangereux si tu es enceinte suivant le stade de la grossesse, c'est-à-dire que quand ça arrive passé les 3 mois, passé les 6 mois, généralement le bébé, il y a pas trop de crainte. Mais avant 3 mois, ça peut aller jusqu'à l'avortement parce que le bébé peut développer vraiment de gros handicaps à cause du CMV. Donc quand moi on m'a annoncé qu'en plus de ça j'avais fait ce fameux virage, et il nous manquait une prise de sang pour savoir situer à quel moment je l'avais contracté. Donc là, je me suis dit de toute façon, j'étais à 6 mois de grossesse, il n'y avait plus rien à faire. Donc j'ai prié le ciel en disant: «Pourvu que le bébé ne le contracte pas, que ça ne passe pas.» Et ce qui était le cas parce que les enfants qui contractent donc ce virus, si c'est très tôt comme je te le disais, il peut y avoir de lourdes séquelles derrière. Et quand c'est un peu plus tard, c'est surtout les oreilles. Donc ils peuvent être sourds à cause de ce virus. Donc tu penses bien que je n'en menais pas large quand on m'en a annoncé, en plus de tout le reste, que j'avais fait ce fameux virage CMV. Alors c'est peut-être, voilà, au contact de loup, c'est comme on dit, au contact des morveux, tu sais, ceux qui ont le nez qui coule. Il faut les, voilà, si vous avez pas d'enfant.
D'accord, ok. Bah moi je connaissais pas et j'ai découvert ça. Et je pense que vous, en lisant le livre, vous allez découvrir énormément de choses et c'est ça qui est très puissant. Et il y a un sujet qui que tu abordes dans le livre, c'est la culpabilité et le fait de culpabiliser et les culpabilisateurs. Parce qu'effectivement, on a souvent, on parlait tout à l'heure des injonctions et autres, et il y a beaucoup de tabous. Pourquoi ça te tenait vraiment à cœur de mettre le point sur tous ces tabous et sur ces culpabilisateurs qui sont là et effectivement qui te poussent à ne pas parler, à pas faire ce que tu as vraiment envie, ou juste parce qu'ils sont là pour parler et te mettre dans cet esprit négatif.
Bah oui, parce que tu sais, surtout en tant que personnalité publique, on a toujours une opinion sur tout le monde. Moi, on a pu peut-être se dire à un moment donné, c'est pour ça que je lui torde le cou à ces idées-là dans le livre, que j'avais privilégié ma carrière et que c'est pour ça que j'avais fait un enfant sur le tard à 40 ans. Pas du tout. Il se trouve que j'ai rencontré l'homme de ma vie et le père de mes enfants, et heureusement que j'ai attendu à 38 ans. Donc voilà, on a eu la chance d'avoir 2 enfants. Donc voilà, je dis toujours c'est la vie qui a choisi pour moi. Donc ça, c'est la première chose. Et effectivement, la deuxième chose aussi, c'est quand j'ai dit que j'allais mettre Lou à la crèche en sortant de l'hôpital, on m'a regardée et on m'a dit: «Mais vous êtes sûre? Franchement, après ma, ce serait quand même mieux de la garder à la maison.» J'ai dit au médecin: «Mais il n'y a pas de souci, vous venez la garder, docteur. Moi, il n'y a pas de souci, je vais reprendre le travail parce que j'en ai besoin. J'ai besoin de m'aérer.» Je ne suis pas qu'une femme au foyer, je ne suis pas qu'une maman, je suis aussi une journaliste qui va reprendre son boulot. Donc on a toujours tendance un petit peu, voilà. Et j'ai dit à ce médecin, si maintenant elle fait broncholite, je ne la mettrai pas à la crèche. Mais donc très vite, on m'a un peu culpabilisée en disant, il faut s'occuper d'elle, peut-être pas la mettre à la crèche, etc. Donc je crois qu'il faut vraiment faire comme on le sent. On n'est pas une moins bonne maman parce qu'on a des activités. Moi, je prends le temps pour mes enfants, j'arrive à tout conjuguer. Et donc voilà, c'est un petit peu toutes ces idées reçues que j'ai voulu contrecarrer.
C'est vrai qu'aujourd'hui, nous on l'a vécu avec ma femme, où dès qu'on arrive, tout le monde dit: «Ah, faut faire comme ça, faut faire comme ça, faut faire comme ça.» C'était mon fils, il dormait pas, le premier ne dormait jamais parce qu'on a découvert à un mois et demi qu'il ne dormait uniquement sur le ventre. Mais comme on nous répétait tout le temps qu'il fallait jamais mettre sur le ventre, pendant un mois et demi ou deux mois, on l'avait tout le temps, il était sur le dos, il arrivait pas à dormir. Et un jour, je le mets sur moi. En vrai, il dormait que sur moi, jamais ailleurs. Et un jour, on est sur le canapé, on le pose sur le ventre, il part sur 2 heures de sieste. Et là, on se regarde, on se dit: qu'est-ce qui vient de se passer? Qu'est-ce qui vient de se passer? Et on a découvert qu'en vrai, il dormait que sur le ventre. Bon, après, on a fait comme beaucoup de parents, je pense, on a acheté une tablette que tu mettais sous le matelas, qui sonne quand il y a plus de respiration. Bon, on est parti sur plein de trucs, mais on s'est dit au moins on met tout en place pour que notre enfant puisse dormir sur le ventre et que nous aussi on puisse dormir. Et effectivement, si on écoute les autres, on fait rien.
Je crois que tu as résumé quelque chose d'essentiel, c'est que les meilleurs médecins, c'est vous, ce sont les parents. Je pense qu'on a tous une petite voix intérieure, on a tous de l'instinct. C'est vous qui connaissez le mieux votre enfant, et peu importe ce que peuvent dire les autres, les conseils. Les conseilleurs ne sont pas les veilleurs, déjà, et de un. Et c'est vrai que ce qui m'a aussi agacée lors de mon séjour en néonat, même si j'étais entourée d'une équipe formidable, c'était le protocole. C'est-à-dire que par exemple me réveiller à 3h du matin pour faire boire mon enfant qui dort profondément, je dors profondément, c'est d'un ridicule achevé. Jamais, jamais Lou n'a bu à 3h du matin alors qu'elle dormait, mais le protocole dit que cet enfant doit boire toutes les 3 heures. Donc voilà, je m'insurge un peu contre ces règles établies. Je crois que chacun doit faire comme il le sent et quand on fait ce qu'on peut avec beaucoup d'amour, je crois qu'on fait ce qu'on doit, point barre.
Effectivement, et il y avait une question par rapport à ça, et c'est un peu, tu viens d'y répondre, mais peut-être si tu as d'autres conseils, si tu as des personnes, des parents qui nous écoutent, ou des femmes enceintes, ce serait quoi le conseil que tu leur donnerais, que tu aurais aimé leur donner, ou que tu aurais aimé savoir au moment de ta grossesse, au début de ta grossesse, que tu as pas eu et qui aurait pu tout changer dans ta grossesse?
Alors oui, le conseil que je viens de donner, c'est écouter, parce qu'on a toujours, je dis, il faut vraiment se faire confiance, que si vous sentez quelque chose que vous jugez pas normal, que N'hésitez pas à les consulter, même si on ne cesse de vous répéter que tout ça est logique et qu'il faut, que la grossesse n'est pas une maladie, certes, mais ça ne se passe pas bien pour tout le monde. Donc vraiment s'écouter et pas hésiter vraiment à lever le pied, à prendre un peu du temps pour soi parce que le monde ne va pas s'arrêter de tourner. Cette aventure de la grossesse, ça ne dure que 9 mois. Qu'est-ce que c'est que 9 mois dans une vie? C'est rien. C'est un moment béni, c'est une parenthèse enchantée. Donc profitez-en et le reste attendra.
Voilà, exactement. On arrive sur la fin de cet échange juste super constructif. Dans ton livre, à un moment tu donnes une citation qui est: si vous vivez un moment difficile, ne blâmez pas la vie, vous êtes juste en train de devenir plus fort. Qu'est-ce que cette phrase représente pour toi?
J'adore cette phrase, j'adore cette phrase. Et l'autre qui dit: ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Parce que c'est vrai que tout, au moment où ça t'arrive, ou toutes, voilà, ces aventures, tu dis mais encore Pourquoi moi? Encore moi? J'ai un karma assez compliqué sur d'autres domaines, on pourra en parler dans une prochaine émission si tu veux. Et donc tu dis non, pas encore ça. J'ai toujours des chemins de traverse mais qui se terminent bien in fine. Mais je serais pas la même personne si j'avais pas connu tout ça. Aujourd'hui, après avoir vécu toutes ces aventures avec ma fille, ça m'a permis de relativiser les choses, les petits problèmes du quotidien, je peux te dire qu'ils me passent mais vraiment au-dessus de la tête, même dans mon métier où on subit des gros stress, où on peut se dire «ah mais mince, allez, on est en direct, donc c'est vraiment beaucoup de tension », etc. Je relativise beaucoup de choses, je dis «les enfants, on sauve pas des vies, on n'est pas dans une opération à cœur ouvert, on va tous se calmer, tout va bien». Donc c'est vrai que ça m'a permis de changer, de devenir une autre femme, de me renforcer sur plein de choses. Et honnêtement, aujourd'hui, si tout le monde va bien, si on est tous en bonne santé, le reste c'est pas très grave. Donc c'est vraiment une force intérieure que j'ai développée. Donc c'est pour ça que j'aime beaucoup ces citations et j'espère qu'elles inspireront toutes les personnes qui liront le livre.
En tout cas, j'espère également, j'en suis persuadé. Et là, on arrive sur la dernière question que j'aime poser à mes invités. Si tu avais devant toi la Caroline de 20 ans ou de 15 ans, quel conseil tu aurais aimé lui donner et que tu as pas eu et que tu aurais aimé lui donner?
Alors, ce que je lui dirais aujourd'hui, alors la Caroline de 15 ans, 20 ans, déjà, a bien profité de la vie, donc ça c'est bien, parce que je ne savais pas que plus on vieillit, plus les choses sont compliquées, et puis il y a des choses quand même difficiles à encaisser. Donc il faut vraiment en profiter. Mais je lui dirais ceci: surtout Caro, s'il te plaît, arrête de perdre du temps avec des gens qui n'en valent pas la peine. Et les bad boys, c'est terminé, ne perds pas ton temps.
OK, ne pas perdre son temps, c'est très bien ça. Parfait, parfait, parfait. Merci Caroline. Est-ce qu'il y a un sujet que j'ai pas abordé que tu aurais aimé aborder, dire, partager avec les auditeurs? Ou pour toi on a tout abordé?
Non, je pense qu'on a fait le tour de la question, mais je suis ravie, ravie qu'on parle de tout ça. Je suis ravie sincèrement du temps qu'on vient de passer ensemble, vraiment du temps de qualité. J'ai hâte de lire ton livre parce que tu sais bien que dans mon métier, je dois beaucoup de choses et donc j'aimerais bien augmenter ma rapidité d'exécution. Donc voilà, j'espère que je trouverai quelques petits conseils grâce à toi. Et sincèrement, voilà, je pense qu'on a vraiment parlé de tout, des sujets très importants qui me tiennent à cœur. Donc je te remercie beaucoup, beaucoup pour cette interview.
Merci à toi d'avoir accepté l'invitation. Je vous invite vraiment, donc sous la vidéo bien sûr on vous mettra le lien vers son lien Amazon vers son livre. Vous pouvez vous procurer son livre principalement en ligne, alors en Belgique dans toutes les librairies, et si vous que vous êtes en France ou ailleurs, parce qu'on est écouté partout sur terre, n'hésitez pas, sur Amazon ou autre, vous retrouverez bien sûr son livre. Sous la vidéo sur YouTube, n'hésitez pas à nous mettre vos expériences, si vous aussi vous avez vécu des choses similaires ou autres, votre témoignage, et à partager ça à votre entourage, s'il y a des personnes que ça peut impacter. Bien sûr, je vous invite bien sûr à mettre les 5 étoiles pour donner de la force et donner de la force à cet épisode. Et comme je dis Je suis, tu es, nous sommes tous illimités.
À très vite.










