Le monde est votre salle de classe avec Judith ELMALEH [ Podcast #26 ]

In this episode of the "Connaissance Illimitée" podcast, host Mohamed Boclet interviews author, director, and former TV5 journalist Judith Elmaleh. The conversation traces Judith’s transnational life—from her upbringing in Morocco, a year of study in France, and eight years in Quebec—highlighting how each move shaped her identity and creative drive. She recounts a winding educational path through biology, design, and journalism before finding her voice in comedy writing and television. Central to the interview is her debut novel Une Reine, a semi‑autobiographical tribute to her grandmother that blends factual family history (including the complex context of bigamy in Moroccan Jewish families) with fictional narration. Judith explains the book’s genesis—a sudden “declic” while writing a stage piece—her use of mind‑mapping and other productivity rituals (Pomodoro, the Forest app) to overcome self‑doubt, and the role of her editor. She shares broader reflections on cultural adaptation, the mental flexibility required when moving between countries, and the importance of self‑care. The dialogue also touches on her brief acting experience in her brother Gad Elmaleh’s film, and concludes with a powerful Talmudic phrase that encapsulates her life philosophy. Throughout, Judith offers practical advice for listeners facing career changes, study abroad, or creative projects, emphasizing rituals, incremental progress, and the value of stepping out of one’s comfort zone.
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Et en fait, j'avais la chance que mon frère Gad était déjà lancé dans une carrière et qu'à ce moment-là, je m'ennuyais un peu intellectuellement. J'avais besoin de faire des choses plus artistiques et donc on a collaboré de manière assez informelle au début. Et puis après, on a trouvé un rythme de travail, une organisation entre nous. On a travaillé tous les deux sur ces spectacles.
Je suis Mohamed Boclet, auteur, conférencier et formateur en techniques d'apprentissage. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et triple champion de France de mind mapping. Dans le podcast Podcast Connaissance Illimitée, on démocratise les techniques d'apprentissage. Le but de ce podcast est de parcourir la vie de plusieurs personnes inspirantes pour vous démontrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée et j'ai l'honneur d'accueillir Judith Elmaleh qui est auteure, metteuse en scène et qui aujourd'hui, il n'y a pas quelque temps, a sorti son nouveau livre qui s'appelle une reine et j'ai l'honneur de l'accueillir avec nous aujourd'hui. Elle va nous parler de son livre, mais surtout de son parcours qui est juste extraordinaire. Bonjour Jotid, comment tu vas?
Bonjour Mohamed, super bien, très bien.
Ça me fait vraiment plaisir et moi aussi je suis content de t'accueillir ici. On s'est rencontré au Salon du Livre, on était juste à côté, tu sais, on était voisins dans le salon pendant une heure. On a été voisins pendant une heure, je pourrais dire que tu es ma voisine.
Ouais, ouais, ouais, je peux marcher, je rentre. T'es un bon voisin, t'es un très bon voisin.
Voilà.
Exactement.
Et donc on a discuté et on a sympathisé et franchement, ça m'a fait vraiment plaisir de te rencontrer lors du salon du livre. Et aujourd'hui, j'ai l'honneur de t'accueillir pour parler de ton livre qui s'appelle «Une reine », mais surtout aussi de parler de ton parcours parce que tu as un parcours juste extraordinaire entre le Maroc, la France, le Canada, peut-être d'autres pays que je connais pas.
Non, ça va, il y a eu que ces 3-là.
Tu en as eu que 3, donc ça va, que 3. Alors, tu es née au Maroc si je me trompe pas?
Je suis née au Maroc, absolument, et j'en suis partie à 18 ans, donc j'ai passé une bonne partie de ma vie au Maroc. Je suis partie quand j'ai eu mon bac.
D'accord. Et qu'est-ce qui t'a fait partir du Maroc?
En fait, à l'époque au Maroc, quand tu voulais faire des études supérieures, il y avait, c'était presque une évidence qu'il fallait aller en France Ou souvent au Canada parce que c'est l'Amérique francophone. Donc on partait dès qu'on avait notre bac pour faire nos études supérieures.
Et toi, tu as choisi la France et après le Canada, ou comment ça s'est passé?
J'ai fait un an en France à Strasbourg, j'ai fait une formation en économie. J'étais nulle et non avenue dans ce secteur. Et ensuite, je suis partie au Canada parce que c'était un projet familial pour mes parents. Mon frère Gad était viré de toutes les écoles du Maroc, donc ils nous ont envoyés tous les deux à Montréal parce que lui il est plus jeune que moi, il a un an de moins, il fallait qu'il aille dans une école et moi que je continue mes études. Donc ils nous ont dit: «Avancez, on vous rejoint.» La famille avec mon frère arié, on a avancé et ils nous ont jamais rejoint. Et voilà, on a fait Moi, j'ai habité 8 ans au Québec et 5 ans.
Et quand tu étais au Québec, tu as fait quel type d'études? Parce que tu es auteur, mais moi, j'ai fait des trucs complètement différents.
J'ai beaucoup hésité, je voulais, je voulais faire quelque chose de scientifique, donc j'ai fait de la bio. Alors, j'étais très bonne en bio, mais je savais pas ce que j'allais faire avec. Donc j'ai fait un an de bio, ensuite j'ai fait du design parce que j'aimais beaucoup le dessin. J'ai fait 3 ans de design, j'ai même un diplôme en design et j'ai arrêté. J'ai eu un enfant assez tôt, à 22 ans, et ensuite quand je suis partie de Montréal, j'ai repris mes études. J'avais 26 ans et j'ai fait des études en journalisme.
D'accord. Et c'est ces études de journaliste qui t'ont poussé à devenir metteur en scène, ou comment? Parce que moi j'ai envie de comprendre comment tu passes de études scientifiques, bio, où tu me disais aussi des difficultés, ah je deviens metteur en scène.
En fait, je pense que c'est beaucoup, je pense que si je m'étais écoutée depuis le début, j'aurais fait des études artistiques dès le départ. Et mais c'est culturel, c'est l'époque, c'était jamais, enfin les métiers artistiques c'était des métiers où on avait pas de débouchés, ou c'était compliqué, surtout pour une femme. Il y avait plein de mais, de mais, et donc je l'ai pas fait. Donc j'ai essayé de suivre des voies un peu garanties, genre je vais faire médecine, je vais faire ci, architecte, et je me suis sentie jamais dans mon élément là-dedans. Et en fait, c'est comme il y avait un gène familial de l'écriture, de l'artistique, etc., c'était plus facile pour moi. Moi, quand j'ai fait mes études de journalisme, je suis allée travailler à TV5 Monde pendant plusieurs années où ça se passait très bien, mais j'avais un manque dans ma vie. Et en fait, j'avais la chance que mon frère Gad était déjà lancé dans une carrière et qu'à ce moment-là j'étais un peu, je m'ennuyais un peu intellectuellement, j'avais besoin de faire des choses plus artistiques et donc on a collaboré de manière assez informelle au début et puis après, ça s'est installé, on avait, on a trouvé un rythme de travail, une organisation entre nous, on a travaillé tous les deux sur ces spectacles Et après, bon, ça m'a donné confiance pour travailler avec d'autres humoristes, pour écrire d'autres choses, travailler dans la télévision avec, avec, sur des émissions toujours de la comédie. On reste dans son domaine de prédilection et familial.
Exactement, parce que dans le livre tu en parles. On va faire des discrétions entre ton parcours et le livre parce que Dans ton livre, tu parles de ta famille où il y a tous humoristes un peu. Quand je dis humoriste, vous adorez, c'est vraiment dans l'âme.
C'est le langage familial. Quand j'étais adolescente, ça m'énervait parce qu'on pouvait pas avoir une discussion. Quand on est adolescent, on se prend pour je sais pas quoi, on veut avoir des discussions, on veut être déprimé, et tout le monde se marrait tout le temps.
Tu veux pas avoir une discussion sérieuse. Dès que tu voulais poser une question, c'était on part dans le rire.
Alors déjà, c'est dans Le Maroc a l'autodérision très facile. Dans la rue, ça se charrie, etc. Et dans ma famille, après je l'explique dans le livre, comme il y avait quelque chose, une histoire un peu lourde, j'ai l'impression que ça a servi à alléger le quotidien, alléger les réunions familiales, ne pas en faire des trucs un peu crispés. Et donc, à force de s'entraîner, c'est comme les boulangers, ils font de la pâte toute leur vie avec leurs parents dans la cuisine, etc. Etc. Et ben, il y a une espèce de savoir-faire inconscient qu'on a absorbé toute son enfance et c'est plus facile pour nous, quoi. Et chacun en a fait un petit peu ce qu'il voulait, chacun a fait sa recette avec, quoi.
Et toujours sur ton aspect scolaire, comment ça se passe quand tu as vécu 18 ans dans un pays comme le Maroc avec le poids de la culture et tout, et d'un coup Tu dis, bah, faut que j'aille en France, et après, non, je suis à peine resté un an, boom, je vais au Canada.
Comment?
Et en plus, il y a la température, la culture et tout, tout. Comment tu as vécu ce moment-là, 18 ans?
C'est voyage. Au Maroc, on avait un enseignement de haut niveau, vraiment, à l'époque en tout cas, et je pense que c'est encore assez le cas. Moi, j'étais dans une école où l'apprentissage était très rigoureux, très sérieux, le niveau était élevé. Et puis on avait, enfin, ça va bien avec ton t-shirt et ton livre, ils nous ont jamais dit «oh là là, c'est trop». Nous, on faisait des cours d'hébreu, des cours d'arabe, des cours d'anglais. On avait 3 langues en plus des cours de français. Et il n'y a personne qui vient dire «oh là là, c'est trop pour eux». On était illimités entre guillemets et quelque part heureusement qu'on a eu ça parce que ça nous a permis d'ouvrir beaucoup de terrains. Je remercie cet enseignement-là où dès le début on avait plusieurs langues déjà et donc le Marocain c'est parler au moins deux langues, le français, enfin l'arabe d'abord et le français. Moi c'était français d'abord et l'arabe ensuite et donc on a cette faculté-là à se dire c'est pas compliqué voilà et Et donc ça m'a permis aussi d'être plus— plus le cerveau apprend, plus— moi j'avais une école où on nous demandait de lire beaucoup, d'apprendre beaucoup, etc. Eh bien, j'étais un peu entraînée, j'ai l'impression. Et alors culturellement, c'est compliqué, mais avec l'humour, on observait— quand on vient du Maroc et qu'il fait -40 dehors, on ne peut que rire parce que C'est un drame absolu la température.
Ah oui, parce que quand tu arrives, parce que déjà tu as eu un sas, un petit sas en France de décompression, et après quand tu arrives au Canada, tu dis oula.
Mais c'était, c'est invraisemblable parce que c'est pas seulement il fait froid, mais ça dure très longtemps, ça dure 8 mois, c'est sans fin quoi. Mais il y a il y a tellement de choses de positives que tu oublies un petit peu là où tu te trouves. Et c'est vrai que là-bas, il y a une possibilité d'apprendre à n'importe quel âge, n'importe quelle heure.
Tu as quand même tenu 8 ans là-bas.
Ouais, j'ai tenu 8 ans.
Et l'adaptation, c'est-à-dire que tu as eu, tu avais pas de problème d'adaptation de langue parce que tu connaissais déjà la langue, mais est-ce que l'adaptation culturelle Ça a été compliqué pour toi? Pourquoi je te pose la question? C'est plutôt pour les personnes qui sont en France, parce qu'il y a beaucoup de francophones, mais qui veulent voyager. On a des personnes qui ont ce frein mental, qui se disent: j'ai envie d'aller m'installer au Maroc, j'ai envie d'aller m'installer au Canada, en Angleterre. Il y a plein de gens, des fois quand je discute avec eux, ils me disent: après mes diplômes, je voulais partir, mais j'ai eu peur. Ou même des parents aujourd'hui avec leurs enfants qui se disent: moi j'ai envie de partir, mais qui se freinent et qui mettent le frein à main pour plein de croyances différentes. Et donc toi, tu l'as vécu 2 fois: Maroc-France, France-Canada, Canada-France. Par rapport à cette expérience-là et aux personnes qui vivent ça, qu'est-ce que tu aurais à leur dire?
Déjà, moi, c'est— j'aurais pas été la même personne. Et c'est une école de la vie, évidemment, mais c'est une école d'adaptation mentale. Et c'est une ouverture incroyable. Je me rends compte que quand on arrive dans un pays, eh ben, on est obligé d'assouplir notre cerveau. Je sais pas comment on peut exprimer ça. Notre cadre de référence, c'est-à-dire qu'aujourd'hui tu es obligé d'être neuf quelque part, c'est-à-dire d'observer les choses telles qu'elles nous viennent et d'essayer de comprendre. Notre cerveau est en activité permanente, on sort de notre zone de confort. Alors je dis pas que c'est C'est pas dur, mais on en ressort tellement plus riche. Pour vous donner un exemple, moi je suis une maman et je suis une mère juive, mais j'ai un fils de 18 ans et évidemment je serais très triste qu'il parte, mais je le pousse à partir parce que je sais que rien ne remplace ça. Je le pousse à aller passer un an à l'étranger, où il veut, mais d'aller trouver d'autres cultures, d'aller se confronter à des différences et se frotter à d'autres personnes. Parce que c'est bien la stabilité, Mais il faut un petit peu sortir de sa zone de confort. Je suis une fervente défenseuse, on dit défenseuse, de ça parce que moi ça m'a appris énormément de choses. L'écoute, ça apprend la différence. C'est «ah tiens, il fait pas ça comme nous, c'est intéressant» ou «c'est bien, c'est pas bien». Mais on prend à chaque fois quelque chose de bon de ce qu'on a vécu.
Et donc tu aurais pas été la personne que tu es aujourd'hui si tu avais pas fait autant voyager?
Oui, non seulement voyager, mais aller vivre ailleurs, parce que le voyage c'est encore autre chose. Ce que je pense, c'est vraiment vivre ailleurs quelques mois, une année, plusieurs années, ça change tout. Ça a vraiment—
je suis d'accord. Moi j'ai juste fait le transfert Paris-Montpellier, pour moi j'ai l'impression d'avoir changé de pays. Alors juste en partant de Paris à Montpellier.
On n'a pas besoin d'aller très loin.
Effectivement. Tu parlais de ton fils. Alors je sais pas si dans le livre les noms c'est les bons.
C'est Jules ou Jules? Non, c'est pas les noms, mais mon fils s'appelle Joseph, mais il y a des ressemblances.
OK, il y a des ressemblances. Mais moi quand je suis parti, je suis dans une famille nombreuse, j'ai 6 sœurs. Seul garçon, donc famille marocaine comme toi. Famille marocaine, tu connais, 6 filles, le seul garçon, je suis l'avant-dernier. Donc je te fais la lignée pour que ma mère arrive à avoir son premier garçon et le poids de tout ça. Et donc quand moi à 29 ans, ma famille vit à Paris, quand moi à 29 ans j'aurais dit c'est bon, je vous abandonne, je vais vivre à Montpellier qui est juste à 3 heures de train. Quand je dis je vous abandonne, j'aurais dit je vais aller À Montpellier, pour mille et une raisons, pour eux c'était un abandon.
Bien sûr, c'était la trahison.
Exactement, la trahison, il veut plus de nous, qu'est-ce qu'on lui a fait, alors qu'il n'y a rien de tout ça. C'est juste que j'avais besoin de vivre autrement et c'est en partant de là-bas que j'ai découvert la lecture rapide, que j'en suis où j'en suis. Peut-être que si j'étais resté dans le même cadre, j'aurais pas vécu ce que j'ai vécu.
La solitude qu'on a quand on arrive dans un pays, etc., elle est très bénéfique. C'est dur, je dis pas que c'est pas dur, mais ça nous permet de se retrouver avec soi-même, avec nous-mêmes, et de se dire de quoi j'ai envie maintenant. Ce que tu dis aussi dans ton livre, c'est qu'est-ce que j'aimais quand j'étais petite, qu'est-ce que je pourrais faire, quelles sont mes envies, je vais y aller. Parce qu'on est moins contraint par il faut aller dîner avec ses parents, il faut aller ici, il faut aller— et on est dans un nouveau monde, dans des nouvelles— et il y a moins de contraintes sociales parce qu'on est tout nouveau dans un endroit. Et c'est bien, c'est c'est un restart, c'est intéressant quoi.
Petite pause pour te dire que si l'épisode te plaît, like, abonne-toi et mets 5 étoiles pour nous soutenir. Je voulais savoir comment, qu'est-ce qui t'a poussé à écrire ce livre? Parce que aujourd'hui tu es, tu as écrit, tu es l'auteur de ce magnifique livre Une Reine aux éditions Robert Laffont, et je vous invite vraiment tous à vous le procurer parce que je l'ai lu et c'est assez poignant. Et on parle de choses des fois dont on parle très peu en France, surtout en France, dans d'autres pays c'est c'est habituel, mais en France on en parle très peu. Qu'est-ce qui t'a poussée et qui t'a dit «là, j'ai envie d'écrire un livre et j'ai envie de raconter mon histoire»?
En fait, c'est une espèce de déclic. Alors, j'ai toujours eu envie d'écrire un livre et je me sentais pas tellement légitime. Je me suis dit «bon, j'écris des blagues, je fais des trucs comiques, etc.» Et c'est en écrivant un spectacle avec mon frère, le dernier, qui s'appelle d'ailleurs On avait un petit passage où on voulait parler d'une grand-mère, et donc je me suis mise à écrire en pensant à ma grand-mère. Et là, j'ai eu une espèce de déclic, je ne pouvais plus m'arrêter d'écrire sur elle. Et cette histoire dont je parle dans le livre, c'est une histoire que j'avais mis un peu de côté dans ma tête, et tout est revenu. Et je me suis dit: «J'ai envie de raconter cette histoire parce que c'est pas dans un spectacle qu'on va lui rendre hommage, à cette femme.» Et j'avais l'impression aussi que j'allais découvrir une connexion avec ma propre vie. J'avais l'impression que j'allais comprendre des choses sur mon propre parcours en dépiautant un peu l'histoire de ma grand-mère. Et voilà, et c'était un truc qui s'est imposé à moi, vraiment. Je voulais parler d'elle et lui rendre hommage, mais aussi mettre en lumière cette histoire de femme, parce que j'ai l'impression que moi j'en ai pris un peu le poids dans mon histoire de femme, etc., que j'ai recommencé des schémas où j'ai suivi des injonctions. Et ça m'a permis de clarifier tout ça. Et c'est vrai que c'était important, en tout cas dans ma vie de femme, mais aussi dans ma vie professionnelle. Parce que la plupart du temps, j'ai écrit toute seule, j'ai écrit à plusieurs, pardon, pour des spectacles, la télé, tout ça. On est toujours des poules d'auteurs et tout ça. Et là, j'étais face à moi-même encore une fois, et c'est important. Et franchement, à chaque page, je me disais, bon, je vais, je fais cette page, mais après j'arrête parce que j'y arriverai jamais. Mais j'y étais quand même, et c'est une expérience vraiment très intéressante pour moi. Ça donne confiance, ça donne— et puis c'est de l'introspection pure.
Bien sûr, mais ça t'a pris combien de temps à écrire ce livre? Combien de temps tu as pris?
En tout, un an et demi, mais parce que je m'arrêtais, je m'arrêtais au milieu parce que d'abord j'avais pas tellement confiance en moi. Mon éditrice m'a beaucoup aidée et j'avais pas tellement confiance en moi. Il fallait Et puis j'avais un problème de méthode, il fallait que je trouve la bonne méthode pour avancer. C'est là où on se parlait aussi des cartes mentales.
Donc tu me disais en aparté que tu utilises le mind mapping pour créer ton livre.
Absolument, moi j'ai eu la chance dans mes études de journalisme, on avait eu un Américain qui était venu nous faire une intervention de 3 heures sur les cartes mentales. Et ça m'a changé la vie. Il nous avait expliqué comment prendre des notes à l'époque, avec des cartes mentales, des couleurs et tout ça. Moi, j'adore le dessin aussi. Je savais pas qu'on pouvait être sérieux avec plein de couleurs et une telle liberté des dessins et tout ça. Et en fait, ça m'aide beaucoup parce qu'on a beaucoup privilégié les cerveaux très carrés, linéaires, intro, développement, busons, les trucs très... Moi, je suis pas du tout comme ça, j'ai une pensée un peu en arborescence, etc. Donc la possibilité de mettre un sujet, de laisser partir les choses et de les matérialiser, c'est tout bête, mais il fallait le faire. Et donc pour mon roman, j'ai beaucoup travaillé avec ça, et c'est génial parce que tout de suite, en voyant sa carte mentale, on voit un petit peu les enjeux ou Et voilà, je mettais mon sujet au centre et puis les chapitres. Après, je prenais chaque chapitre et je les déclinais un par un. C'était— et j'ai même trouvé un logiciel qui m'aidait à travailler comme ça pour écrire, c'est-à-dire, alors c'était pas du mind mapping, mais on peut travailler par chapitre, c'est-à-dire on peut commencer par le 5e chapitre.
Et tu mets tout ce qui te vient à l'esprit, après tu structures dans un second temps. Et donc ça t'a pris un an et demi entrecoupé, avec des moments d'introspection, des moments où tu revenais. Et directement au moment où t'as voulu écrire ton livre, directement tu t'es dit je vais aller voir une maison d'édition et je vais être éditée, ou comment entre le moment où t'étais en train d'écrire le spectacle avec Gad et que tu t'es mis...
J'ai rencontré mon éditrice avant d'avoir le sujet et je lui avais parlé d'un autre sujet totalement différent. Et elle avait bien aimé, mais on n'arrivait pas à se connecter. C'est plutôt moi qui arrivais pas à me lancer. Donc on faisait des petites réunions, on parlait du sujet, etc. Et quand j'ai eu cette révélation de ma grand-mère, je l'ai appelée. Elle m'a dit: «C'est bon, tu l'as ton sujet.» Et elle a raccroché. Elle voulait même pas discuter. Elle m'a dit: «C'est bon, envoie.» Ouais, tu l'as. Et c'est vrai, il y avait pas d'autre alternative que de l'écrire.
Et dans ton livre, combien de pourcentage est vrai? Alors moi qui l'ai lu, donc les noms c'est pas les mêmes, il y a plein de choses, mais est-ce que ça s'inspire beaucoup de ta vie? Mais on va dire, on est à quoi, 70-30, 70% de réalité?
C'est l'histoire de ma grand-mère, de mes grands-parents, tout est vrai, c'est son histoire authentique. Simplement, il y a des choses où j'étais pas là, donc j'ai dû inventer. Quand je raconte qu'elle accouche ou quand je raconte qu'elle se marie, c'est par rapport à— j'ai fait beaucoup de recherches sur les rites de l'époque et j'ai pris beaucoup de témoignages de maisons pitantes, etc. Et aussi, ce qui est fictif, c'est le mode de narration, parce que je raconte que j'ai été la voir, qu'elle me raconte son histoire. Ça n'a pas été le cas. J'ai pas eu cette intelligence-là d'aller voir ma grand-mère, lui poser des questions. C'est, j'ai l'histoire et le mode de narration, c'est que je vais la voir et elle me raconte. Elle m'a jamais raconté en direct.
Mais elle est décédée, si je me trompe pas?
Oui, elle est décédée il y a 5 ans.
Il y a 5 ans, donc après l'écriture du livre, donc forcément tu peux pas aller la voir.
Oui, avant l'écriture du livre, tu veux dire.
Elle est décédée il y a 5 ans, mais le livre, tu l'as écrit en septembre 2022.
Oui, c'est ça, donc elle est décédée avant.
Oui, voilà, excuse-moi. Donc forcément, on disait la même chose, donc forcément tu pouvais pas avoir, parce que t'avais pas encore ce projet d'écriture et tout.
Et j'ai tout essayé, mais le mode de narration avec le dialogue, c'est ça, c'est ce qui me convient.
Parce que t'as l'impression de vraiment, moi en lisant, c'est pour ça que j'étais intrigué, je me disais Est-ce qu'elle a vraiment vécu ça? Est-ce qu'elle est vraiment partie? Est-ce qu'elle a eu la chance de faire cette discussion? Est-ce que c'est vraiment autobiographique à 100 %? Et c'est des questions qu'on se pose. Est-ce que sa cuisine, elle était vraiment aussi catastrophique que ça?
Elle est toujours aussi... Elle est toujours pas finie, ma cuisine.
La cuisine, c'est la vérité.
J'ai pas été voir un cuisiniste, mais j'ai un vrai problème avec la cuisine parce que j'ai l'impression que c'est des trucs futiles. D'avoir la bonne crédence à la bonne hauteur et le bon matériau et tout ça. Comme je le dis dans le livre, ma grand-mère elle cuisinait pour 50 personnes avec des petites tables branlantes et machin, et nous dès qu'on a un truc en moins dans la cuisine, on dit oh là là ça va être compliqué, tu vois. Donc il y a un petit côté solidaire à avoir une cuisine fracassée.
Exactement, bon comme ça tous ceux qui— ça pousse les gens à dire mais c'est quoi son histoire de cuisine, c'est quoi son histoire de tout ce qui tu racontes dans le livre. Et donc ton livre, dont on parle, tu parles de Mimi, donc de ta grand-mère, et que tu appelles une reine. Pourquoi à tes yeux c'était une reine?
Qu'est-ce qui— c'était une reine parce qu'elle a tous les attributs d'une reine. Elle avait la dignité, elle avait le sacrifice, parce que quoi qu'on dise, voilà, c'est un sacrifice. Le fameux dicton de la reine d'Angleterre: never explain, never complain. Elle s'est jamais plaint. Et puis, c'est une reine, mais c'est aussi une reine de tous les jours. Et on a tous des mères, des grands-mères comme ça, des femmes qui nous ont tout donné, qui nous ont donné l'éducation. Et en se niant complètement, elles n'ont pas eu une vie de femme. Nous, à notre époque, on a des, enfin voilà, moi je peux faire ce que je veux, là je sors, je fais ce que je veux, je voyage, etc. Elle non, elle ne pouvait pas. Et même quand elle a pu, elle ne pouvait pas non plus parce que c'était trop ancré dans son éducation, la culture. Ouais, elle avait, c'était un sacerdoce vraiment, cette vie de femme, de mère, d'épouse. C'est en ça qu'elle a été une reine, parce qu'elle n'a jamais eu d'aigreur par rapport à ça. Et elle a continué à transmettre des messages très positifs. En tout cas, moi, sa petite fille, elle me transmettait des messages de liberté. Elle a vécu l'assujettissement à son mari, mais parce que c'était culturel. Et moi, elle me disait tout le contraire. Elle me disait: «Sois libre, sois autonome, ne dépends jamais d'un homme ni de personne, travaille, etc.» Elle aurait pu me transmettre des valeurs beaucoup plus ancestrales, quoi. Dire: «Tiens-toi bien, reste en place, etc.» Donc pour tout ça, c'est une reine, vraiment, pour tout ça. Elle a eu cette dignité de ne pas se plaindre, quoi.
Et elle a su le partager, elle a su le le donner à ses enfants et à ses petits-enfants.
Surtout à ses petits-enfants. Ses enfants, elle avait encore ce statut de mère à conserver, mais surtout à ses petits-enfants.
Et donc tu veux lui rendre, tu lui rends hommage en écrivant ce livre, mais en même temps tu dévoiles une grande partie de l'histoire familiale.
Absolument.
Et quand je dis l'histoire familiale, mais aussi une histoire qui existe au Maroc, parce qu'il y a plein d'histoires similaires, des hommes avec plusieurs femmes, femmes ou qui vivent sous le même toit. Et donc tu as voulu pas—
j'ai eu, pardon excuse-moi, j'ai eu plein de messages de gens qui me disent ma famille c'était exactement ça. Il y a eu beaucoup beaucoup de cas comme ça au Maroc, que ce soit dans les familles juives ou les familles musulmanes, il y a eu énormément de cas comme ça.
Effectivement. Et donc tu as voulu— est-ce que quand tu t'es mise à écrire ce livre, tu étais consciente que tu allais mettre le point, mettre en avant ou mettre en lumière une chose qui existe au Maroc depuis longtemps et qui est souvent mis de côté et qui est souvent caché.
Bien sûr, bien sûr. Et c'est une des raisons pour lesquelles je voulais écrire ça, parce qu'il y a une chose aussi, c'est que tout dépend de comment on raconte l'histoire. Et c'était aussi pour transmettre à mes enfants la vraie histoire. Si dans 50 ans on dit à mes enfants «votre arrière-grand-père était bigame », eh ben ils vont dire «oh là là, quelle barbarie », etc. Mais moi, je voulais raconter le contexte. C'est un homme qui ne pouvait pas avoir d'enfant avec la première femme. Il y avait des, à l'époque, il y avait des arrangements, des arrangements époux. Alors c'était terrible, mais c'était des arrangements qui n'étaient pas de l'ordre d'un mec qui veut une autre femme parce que, par plaisir, tu vois. C'était avec l'injonction de trouver, de faire des enfants et d'avoir une descendance. J'avais besoin aussi de clarifier cette histoire pour la transmettre à mes enfants, pour ne pas qu'ils aient une idée faussée de cette histoire, parce qu'elle va disparaître cette histoire. Bien sûr. Elles vont disparaître toutes ces histoires de bigamie, de couple. En ce moment, enfin, s'il y avait eu la PMA, peut-être que mon grand-père il aurait pas, tu vois, il y avait plein de combines comme ça. Et puis ça se faisait pas de laisser sur le carreau la première femme. Perdue, toujours pour tout le monde. Elle était stérile et divorcée, alors là c'était plus personne. Donc elle restait encore dans le giron familial, c'est une espèce d'économie sociale particulière. Et j'avais besoin d'expliquer ça aussi, c'est pas tout noir ou tout blanc.
C'est pas tout noir, mais ce qui est poignant aussi, c'est le moment où tu expliques dans le livre que ta grand-mère, ses premiers enfants, elle les fait élever par la première femme qui s'appelle Hassiba. Et ça, c'est en dehors du fait que d'avoir eu plusieurs femmes pour mille et une raisons et qu'on peut comprendre. Mais c'est vrai que pour une mère se dire, après ils vivaient sous le même foyer, ou non, ils avaient deux foyers différents, mais donner son enfant ou du moins le faire élever un peu comme à l'époque où on avait des mères de lait ou des choses, c'était un peu le même fonctionnement.
Exactement. Et comme elle était très jeune, ma grand-mère, elle s'est mariée à 14 ans, on lui présentait ça sous le joug, on lui disait tu es trop jeune, t'inquiète pas, on va te soulager, on va te prendre ton enfant pour te soulager. Et c'était pas plus mal parce qu'à 14 ans c'est quand même, c'est jeune. Et donc elle s'est laissée faire pour les 3 premiers enfants Et quand elle a commencé à prendre la maturité, etc., elle a dit: attendez, mes enfants, je vais les garder. Et donc ça a fait la fratrie qui était 7. Le quatrième, qui est mon père, a vécu entre les deux mamans, et les trois derniers ont vécu avec ma grand-mère.
Juste incroyable. Alors je vais pas poser plus de questions sur le livre, j'ai plein d'autres questions mais pas sur le livre, pousser les gens à aller lire le livre, parce que si je— on dévoile tout ce qu'il y a dans le livre et il est juste incroyable. Les gens connaissent toute l'histoire. J'ai plus des questions sur: est-ce que tu as eu des moments difficiles dans l'écriture de ton livre? Est-ce qu'il y a eu des moments où tu t'es posé beaucoup de questions et tu t'es dit: «Mais pourquoi je fais ça?» ou autre?
En fait, les moments difficiles, c'est ceux où on a des doutes et on se dit: «Je vais pas y arriver.» Et on se donne toutes les raisons pour arrêter, pour se dire: «Ah, c'est nul.» On voit tout en noir. C'est vrai que j'ai eu beaucoup de moments comme ça. Et d'ailleurs, j'ai lisé dans ton bouquin cette phrase, Henry Ford, je crois: «Si tu penses que tu vas réussir ou que tu vas échouer, dans les deux cas, tu as raison.» Et en fait, c'est ça, c'est le plus dur, c'est le mental, en fait, pour tenir. Alors oui, il faut faire des recherches, il faut travailler, etc. Mais tu as beau faire tout ça, si tu n'as pas le Le mental, c'est très compliqué. Et en fait, le plus difficile pour moi dans l'écriture, ça a été de me dire, je m'arnaquais en fait. Je me disais, c'est pas grave, ça va être mauvais, mais juste fini.
Exactement, ça va être mauvais, mais juste écrit. Et tu verras, de toute façon, c'est pas toi qui juges, ce sera l'éditrice.
Écris un mauvais livre, mais finis ce truc, quoi. Et un peu, j'ai retrouvé cette idée dans ton livre aussi, dans Tu as dit j'étais pas le meilleur, c'était des études d'ingénieur que tu avais fait, c'est ça? Mais bon voilà, je vais pas être le meilleur, mais allez, j'avance quoi. Exactement. Et franchement, on se dit pas assez ça dans la vie, c'est que ça va, je le fais, j'ai merdé, c'est pas grave, je ferai un autre. Et on a trop d'ego par rapport à ça. Et moi la première, en disant ça va être terrible. Mais non, personne n'attend. Enfin, si c'est pas terrible, bah c'est pas grave, on on passe à autre chose, on fait autre chose. Mais voilà, le plus dur c'était ça, c'est de me mettre dans un mental avance. C'est pas toi de te juger, c'est aux autres.
Donc toutes les personnes qui nous écoutent et qui seraient dans le même état d'esprit que toi dans leur projet, qu'est-ce que tu aurais à leur dire? Une personne qui soit veut reprendre les études, soit veut se former sur une nouvelle thématique, soit aider ses enfants, soit se lancer dans l'entrepreneuriat ou autre, mais qui a un peu ce que tu as vécu dans l'écriture du livre où tu avais pas confiance en toi en te disant mais ça va pas être bien, en dehors en plus de avance et tu verras, ne te juge pas, est-ce que tu as un truc?
Je pense que c'est des rituels, des espèces de, de, parce qu'effectivement au-delà de dire bon vas-y fais-le, mais comment? Et donc moi je me suis trouvé des petites combines avec des logiciels, avec des, comme disait les mind map, des choses où je suis un petit peu à l'aise, où j'ai un peu de plaisir à le faire. J'ai l'impression qu'il faut commencer par une petite notion de plaisir. Ça peut être, je sais pas, je prends mon café, voilà, je m'organise, je fais un déjeuner, j'en sais rien, mais s'organiser un petit rituel plaisant en se faisant plaisir, j'ai l'impression que ça fait pas mal de bien. Il faut pas se martyriser. Moi, je me martyrisais avant de travailler, et c'est pour ça que souvent je travaillais avec quelqu'un d'autre, parce que ça noyait un petit peu cette angoisse de se retrouver face à la page blanche, etc. Mais oui, je pense que ce qui m'a beaucoup aidée, c'est les rituels: aller dans un endroit qui nous plaît, enfin, avoir une petite routine de mise en route. Qui est important. Se timer aussi, ce que je fais. Tu parles de Pomodoro, voilà, moi je me mets parfois des réveils, dire voilà 30 minutes et je passe à autre chose. Et parfois tu les dépasses les 30 minutes et puis tu dis déjà c'est vite passé. C'est comme les enfants finalement, c'est de se donner des petites étapes pour s'aider et il y a pas de mal à ça. C'est pas parce qu'on a vécu des difficultés atroces que ça va être mieux, pas du tout. Et voilà, ce serait le conseil, parce qu'au début je me martyrisais, et là, c'est là, je me suis fait plus plaisir, je me suis entourée de choses réconfortantes pour travailler.
Et cette méthode, tu l'as utilisée pour l'écriture du livre. Est-ce que c'est la même méthode que tu utilises en tant que scénariste ou dans d'autres pans de ton activité?
Oui, de plus en plus. Alors quand je travaille avec quelqu'un d'autre, ça va être une synergie. Tout dépend de la personne avec qui j'écris. C'est beaucoup plus simple parce qu'il y a le dialogue, parce que c'est plus chaleureux. On oublie ses craintes quand on est face à quelqu'un. Mais quand je suis toute seule, oui, le timer, c'est vachement important pour moi. Pourquoi? Parce que c'est on avance pas à pas, quoi. On se permet des pauses, on structure un peu notre, nos errances, quoi. Et moi, ça, ça m'aide beaucoup. Et il y a même une petite app que j'ai, c'est Forest, je crois. Je sais pas si tu connais. C'est une app, pendant que tu travailles, tu as pas le droit de toucher à ton téléphone, etc., sinon ça désactive le chrono. Et il y a un arbre qui pousse. Et au fur et à mesure, qui s'appelle Forest, elle est sympa.
J'ai rien regardé, je connaissais pas, j'ai rien regardé.
Et je crois que tu peux te même te challenger avec d'autres, d'accord, pour rester concentré. Oui, pour rester concentré, c'est genre si toi tu merdes, la forêt, elle est, enfin, l'arbre de l'autre, enfin bref, c'est sympathique, c'est positif, tu choisis ton arbre, voilà. Et donc bravo, tu as planté un arbre. C'est ludique, c'est sympa et en même temps ça te donne des plages. Je crois que c'est 45 minutes, je sais plus combien de temps c'est.
D'accord, j'ai regardé, je pense que les personnes qui écoutent le podcast iront tous voir parce que c'est des applications, des choses comme ça qu'ils adorent.
Mais oui, moi j'adore ce truc-là et Forest c'est vraiment sympa. Et puis dès que tu touches à ton téléphone, l'arbre il est foutu. Et la notion d'arbre qui pousse pas, c'est—
t'as pas envie. Ah aujourd'hui j'ai fait pousser aucun arbre, c'est n'importe quoi.
J'ai détruit des arbres. Suite tu te sens mal quoi. Ok. Elle est sympa cette appli.
Ah c'est, je vais tester, je te dirai, je testerai, je te dirai. Dans ton parcours pro, dans ton parcours général, donc tu as été, tu es auteur, tu es scénariste et tu as fait un, alors d'après ce que j'ai pu comprendre, tu as fait un petit passage au cinéma également dans le film de Gad Elmaleh.
Oui, le film «Reste un peu» de Gad.
Exactement. Comment tu as vécu ça parce que d'après ce que j'ai pu dans mes recherches et même en discutant avec toi, tu es plutôt quelqu'un de l'ombre, tu es plutôt quelqu'un qui dans l'écriture, dans l'introspection, être scénariste ou faire des blagues pour d'autres personnes, mais tu es très peu sur scène. Et là, tu as joué ton rôle, tu as joué le rôle de ta propre personne, de ta vraie vie dans un film. Comment tu as vécu l'expérience?
Déjà, Le point de départ, c'est la famille. Donc quand mon frère m'a dit: «Tu voudrais bien jouer un rôle dans un film ?» Pourquoi? Il me dit: «Bah, avec papa et maman, et on va jouer nos propres rôles.» Moi, déjà, on me dit: «Tu vas jouer avec ton frère, tes parents.» Je dis: «OK, peu importe ce qui se passe.» Je dis: «D'accord.» C'est un point de départ. Et puis après, donc, jouer mon propre rôle dans une situation certes imaginé, mais avec des bases de réalité. Et le seul truc que j'ai demandé, c'est de pouvoir dire des mots que j'aurais pu dire dans la vraie vie. D'accord. Parce qu'on a réécrit, si tu veux, mon passage pour que je ressente vraiment ce que je disais. J'avais envie de dire des choses comme tu discutes habituellement. Oui, voilà. Et mon frère a accepté, même que parfois je le casse un peu. Et c'était à cette condition-là, parce que c'est notre vrai rapport dans la vie. Donc dans ces conditions-là, c'était comme un reportage ou un documentaire. C'était moins un rôle au cinéma où je m'appelle Dominique. Oui, bien sûr. Là, j'étais vraiment moi, quoi.
Et comment tu suis, parce que moi c'est ce qui m'impressionne dans ton parcours et dans le parcours de plein de personnes, c'est la capacité à changer de casquette. Tu as cette casquette d'auteur, après scénariste, comment tu as réussi à intégrer cette casquette d'acteur et d'arriver—
C'est pas évident pour moi parce que je déteste le, enfin c'est pas du tout mon, ma façon de génie, pas du tout. Souvent on me disait mais «Pourquoi tu fais pas du théâtre aussi, tes frères?» Et j'ai essayé, je n'en avais rien à faire. J'avais envie d'être à la place du gars qui me disait quoi faire, tu vois. J'étais pas du tout dans mon élément. Et donc là, c'était un peu compliqué au début. Et comme j'ai, enfin franchement, c'était des conditions idéales. J'étais chez mes parents, c'était là-bas qu'on a tourné, avec mon frère qui me dirigeait. Donc je pouvais refaire, etc. D'ailleurs, là, le moment où je m'énerve. Il m'a énervée exprès en matinée et je me dis mais qu'est-ce qu'il a? Pourquoi il a le mauvais poil? Il a fait exprès de m'énerver sur des petites choses. Il savait que ça allait marcher pour que je sois un peu à cran pour la scène.
Il a été fort.
Il m'a chauffée. Je sais plus ce qu'il m'a dit. Je sais plus. Un petit truc anodin, tu vois. Et il savait que ça allait me faire démarrer. J'étais chauffée pour la scène.
Et après, il t'a dévoilé après la scène que c'était fait exprès?
En fait, non, c'est à un moment, je lui ai dit: «Écoute, si tu continues, j'arrête.» Il m'a dit: «Eh ben, arrête.» Et comme c'est pas du tout sa façon de faire d'habitude, idiot, non attends, ne t'énerve pas, il veut la paix. Je me suis dit: «Ah d'accord, il me chauffe.» J'ai compris qu'il était Il était là-dedans, quoi.
D'accord. Ah, c'est juste incroyable. Et il y a un enseignement juste extraordinaire dans ce que tu viens de dire, dans ce passage, c'est que des fois il y a des personnes qui peuvent te dire, et même tu, ils vont te dire, bah, fais telle ou telle chose. Et toi, tu veux, tu as essayé, tu as pas aimé et tu es revenu en arrière. Et c'est pas parce que tu as essayé, que tu as pas aimé, que tu as pas le droit de revenir en arrière et te dire, maintenant c'est pas fait pour moi, je suis ma zone de génie, c'est telle ou telle chose. Et comme tu l'as très bien dit au début du podcast également, Beaucoup de personnes essaient de faire pour papa, pour maman ou autre en disant je vais faire médecine, je vais faire biologie, je vais faire telle ou telle chose, mais toi tu voulais être dans l'artistique et à la fin tu l'as été.
Oui.
Effectivement ça a pris un peu de temps, mais tu l'as été et c'est ça qui est juste incroyable.
Et puis j'ai pris des choses de ce que j'ai pu apprendre dans ces années-là, il y a des choses qui me sont restées, plus de rigueur dans— peut-être que si j'avais commencé par l'artistique j'aurais pas été du tout rigoureuse dans le travail, enfin Il y a toujours, c'est toujours bon à prendre. Et moi, je respecte beaucoup plus quelqu'un, moi j'ai un ami qui est violoniste qui me dit, qui m'avait dit, écoute, j'ai fait du violon, voilà, je suis violoniste, je suis médiocre, c'est pas grave, je passe à autre chose, je vais faire de la musique mais différent, de la production, etc. Et c'est pas grave, c'est beaucoup plus productif d'être comme ça que de s'acharner parfois sur des choses qu'on n'est pas fait c'est pour ça quoi, pour les parents, pour l'image, etc.
Je suis entièrement d'accord. On arrive sur la fin du podcast, on a fait quand même plus de 40 minutes ensemble. J'ai encore plein de questions, mais je préfère arrêter parce que sinon on part sur des épisodes trop longs. Et comme le Pomodoro, j'essaie d'utiliser la méthode Pomodoro dans les épisodes pour que les gens puissent rester captivés. Mais tu nous as apporté tellement de pépites et Et bien sûr, je t'invite à se procurer ton livre. Mais avant de finir, j'ai une question que je pose à toutes les personnes que j'invite. Cette question, c'est: si c'était tes derniers moments sur Terre et que tu étais avec tes proches et que tu voulais leur laisser un message, un héritage, mais cet héritage, c'est une phrase, un message, une parole, quel serait cet héritage?
C'est dur. Je pense que c'est cette phrase que j'ai d'ailleurs mise en exergue sur mon bouquin. C'est une phrase du Talmud qui dit: «Si je ne suis pas à moi, qui le sera ?» C'est: «Et si ce n'est pas maintenant, alors quand ?» C'est ici et maintenant, et s'occuper de soi avant tout. Parce que bien s'occuper de soi, c'est bien s'occuper des autres. Vraiment. Et moi, j'ai mis du temps à le comprendre, beaucoup de temps. Et c'est pas encore gagné. On a l'impression qu'on s'occupe de tout le monde, on est merveilleux, mais non. Bien s'occuper de soi, c'est aussi être agréable aux autres, c'est aussi faire de la place aux autres.
C'est juste extraordinaire. J'aurais aimé te faire développer, mais je pense que je vais laisser les gens méditer sur cette phrase. Et en plus, elle est au tout début de ton livre, comme ça ils pourront la relire quand ils ont, en se procurant ton livre, ils pourront la relire et méditer sur cette phrase parce qu'elle est très, très puissante. Effectivement.
Merci Judith pour, merci, c'était un plaisir, mais également ça m'a fait plaisir également que, enfin, je trouve ça génial que des livres comme ça existent. Moi j'ai été partout chercher des petits, des petites choses Et là, elles sont toutes là pour— dans ton livre, c'est vraiment important. Je le dis avec beaucoup de sincérité. Et souvent, je parlais de choses comme ça à des gens, ils me prenaient pour une folle. C'était il y a longtemps. Et là, tout y est pour s'aider à apprendre et à progresser. Je trouve ça génial.
Merci beaucoup pour cette émission. Ça me fait vraiment plaisir. Toutes les personnes qui ont— donc si vous êtes arrivés jusqu'au bout de l'épisode, je vous invite vraiment à mettre 5 étoiles à partager cet épisode autour de vous. Je suis sûr que dans votre entourage, vos amis et autres, des personnes qui vont, en écoutant cet épisode, vont apprendre des choses et progresser. Et nous, notre mission, c'est d'aider les gens autour de nous à progresser, à évoluer. Donc ça va vous prendre quelques secondes, mais partagez un maximum, faites connaître ce travail et l'épisode qu'on a fait avec Judith, qui est juste extraordinaire. Et je le redis une dernière fois, donc son livre Une Reine aux éditions au Robert Laffont, vous le trouvez partout en France, dans toutes les librairies de France, la Fnac, Amazon et autres également. Donc à vous de vous le procurer, à vous de jouer. Et comme je le dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités. Prenez soin de vous.
Merci Judith. Merci Mohamed.










