Le pouvoir des émotions : Trouver sa voix intérieure avec Clotilde Dusoulier [ Podcast #24 ]

In this episode of the "Connaissance Illimitée" podcast, host Mohamed Boclet interviews Clotilde Dusoulier, founder of the coaching company and podcast "Change ma vie". The conversation traces Clotilde’s unconventional career path—from engineering studies to culinary blogging and authorship, then to life coaching—highlighting the personal crisis that prompted her shift. They define the mission of "Change ma vie": helping people design an extraordinary life that aligns with their own definition of success, rather than following societal templates. A large portion of the dialogue is devoted to emotions: Clotilde explains why emotional awareness is essential, outlines a concrete five‑step process to identify, name, examine the story behind, normalize, and deliberately choose how to act on an emotion, and shows how this serves as a GPS for daily actions. The episode also covers the structure of the coaching program (the "apartment of life" metaphor, tackling the biggest emotional block first, then addressing professional, relational, bodily, and time‑management domains), audience demographics (predominantly women, with insights on gendered approaches to emotional work), and Clotilde’s habits for continuous learning (prioritising time, limiting digital distractions, reading multiple books simultaneously). They discuss storytelling techniques for impactful communication and Clotilde recommends Alexandre Dumas’s Le Comte de Monte‑Cristo as a timeless source of strategic thinking. The interview concludes with a reflective legacy message: thoughts shape reality and cultivating an alliance with one’s emotions is a keystone for a fulfilling life.
Chapters
Comment tu fais pour passer et switcher d'une émotion à l'autre?
D'abord, identifier qu'il y a une émotion qui n'est pas celle qu'on a envie d'emporter avec nous dans la suite de nos actions. Idéalement, si on peut nommer cette émotion, donc ça c'est utile, c'est tiens, ah tiens, je me sens en colère, ah tiens, je suis déçue. Et ensuite, l'idée c'est d'identifier pourquoi, c'est-à-dire qu'est-ce qui s'est passé et surtout qu'est-ce que je me dis sur cette situation qui crée cette émotion.
Je suis Mohamed Boclet, auteur, conférencier et formateur en technique d'apprentissage. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et triple de Mindmapping. Dans le podcast Connaissance Illimitée, on démocratise des techniques d'apprentissage. Le but de ce podcast est de parcourir la vie de plusieurs personnes inspirantes pour vous démontrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée et j'ai l'honneur d'accueillir Clotilde Dussolier qui est experte en podcast, qui a le podcast francophone le plus écouté dans le domaine du développement personnel et son podcast c'est Change ma vie, et elle a également son organisme de formation qui s'appelle Change ma vie et qui accompagne les personnes à tout simplement changer de vie. Mais elle en parlera un peu plus et elle rentrera un peu plus dans le détail dans quelques secondes. Bonjour Cotty, comment tu vas?
Je vais très bien Mohamed, merci de me recevoir.
Merci à toi d'avoir accepté cette invitation. Je t'ai présenté en quelques secondes, je vais te laisser toi te présenter avec tes propres mots et après on va rentrer dans le vif du sujet.
Merci Mohamed. Alors donc, je suis Clotilde Dussoulier, je vis à Paris avec mon mari et j'ai 2 fils qui ont 8 et 11 ans. Et je dirige l'entreprise de coaching Change ma vie que j'ai donc créée en 2017, en même temps que le podcast Change ma vie qui donc vient de fêter ses 6 ans et ses 28 millions d'écoutes. Et notre mission, c'est de mettre fin au gâchis des vies vécues à moitié, des vies dans lesquelles on se sent spectateur ou spectatrice de sa vie. Et donc on propose un programme de coaching pour créer la vie extraordinaire qui nous ressemble. Ensemble. Donc le succès à notre façon, d'une façon qui nous correspond.
Le succès à notre façon, c'est pour toi, c'est quoi le succès à notre façon?
Alors moi, ce qui m'importe énormément, c'est de donner à chaque personne qu'on accompagne les clés pour développer leur vision, c'est-à-dire qu'est-ce que c'est pour chacun et chacune d'entre nous une vie extraordinaire, en quoi est-ce que ça consiste, et ensuite la clarté et l'élan pour créer cette vie extraordinaire. Parce qu'en fait, je pense que dans d'une façon générale dans les médias, on voit beaucoup de portraits de réussite, il y a des gens qui sont montrés comme étant des exemples, mais en fait on a chacun et chacune un parcours de héros ou d'héroïne qui nous ressemble. Et en fait, moi je veux surtout pas que les personnes qu'on accompagne suivent finalement le chemin de la réussite de quelqu'un d'autre, parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens qui font ça, qui cochent les cases, qui disent voilà, j'ai fait ce que mes parents m'ont dit, ce que les gens autour de moi m'ont dit de faire, et qui arrivent en milieu de vie ou en milieu de carrière à se dire non mais en fait, ouh là, je suis en train de vivre la vie de quelqu'un d'autre. Et donc on les aide justement à se dire qu'est-ce que c'est la vie que moi j'ai envie de vivre. Donc c'est vraiment ça que je veux dire par la réussite, quelle est la réussite qui nous correspond.
D'accord, c'est des personnes qui vivent la vie des autres et à un moment, un déclic, ils se disent là, à ce moment-là, j'ai envie de vivre ma propre vie.
Et C'est ça. En fait, souvent le symptôme, c'est l'impression de subir un peu des choix qu'on a fait par le passé, un peu par défaut, ou parce qu'on était encouragé par les autres, ou parce que c'était un peu en autopilote. Donc l'impression de subir sa vie, de finalement avoir beaucoup de contraintes et pas beaucoup de temps de liberté, de légèreté, de joie. Donc ça peut être ça, ça peut être aussi des gens qui sont en fond de 5e en permanence et qui se rendent compte qu'en fait ils sont le burn-out ou l'épuisement menace, et des personnes qui finalement ont un rapport avec elles-mêmes où elles se disent— on accompagne des hommes comme des femmes— mais qui se comparent beaucoup aux autres et qui se disent voilà, les autres ils sont plus comme ci, moi je suis trop comme ça, je devais— donc ce sont en fait des symptômes, c'est souvent une forme d'insatisfaction extérieure ou intérieure, et où les gens se disent il me reste a priori quelques décennies à vivre Et j'ai envie d'habiter pleinement en fait le reste de ma vie, mais d'abord il faut que je décide à quoi ça ressemble.
Je pense que les personnes qui sont en train d'écouter l'épisode et qui viennent d'arriver, ils se disent waouh, je me retrouve dans ça et hâte de savoir ce qui va arriver après. Tu disais tout à l'heure que tu as commencé ça en 2017, et qu'est-ce qui t'a fait toi, parce que tu devais avoir un parcours avant et tu en as pas encore parlé, tu peux me parler de de toi avant 2017 et qu'est-ce qui a fait qu'en 2017 tu as accepté de peut-être tout arrêter pour te lancer dans cette activité et lancer aussi ton podcast?
Oui, alors j'ai effectivement un parcours de vie relativement, enfin un parcours professionnel assez atypique. J'ai une formation d'ingénieur en informatique, donc moi j'ai fait mes études à Dauphine en informatique de gestion. Donc j'ai travaillé quelques années dans ce secteur et en fait j'ai vécu aux États-Unis et j'ai commencé aux États-Unis à beaucoup cuisiner et à finalement utiliser la cuisine comme un moyen d'expression créative, de découverte du monde et des autres. Et en rentrant en France, j'ai démarré un blog de cuisine. Donc c'était vraiment l'aube des blogs, c'était en 2003, un blog de cuisine qui a très bien marché et qui m'a permis de changer de carrière pour devenir auteure culinaire.
Ok.
Donc j'ai pendant 14 ans vécu de mon blog, des livres de cuisine que j'écrivais des articles dans la presse, du conseil culinaire, etc. Donc j'ai fait ça pendant 14 ans, ça m'a beaucoup plu. Donc c'était déjà un premier changement de vie.
Tu étais déjà dans l'entrepreneuriat, tu étais déjà dans le changement de vie, dans Change ma vie, quand tu es revenue des États-Unis pour toi-même, tu avais déjà fait ce changement, d'accord.
Et c'était en fait, moi ce que j'aimais beaucoup dans ce métier, c'était raconter des histoires autour de la cuisine, parce qu'en fait la façon dont on se nourrit, la façon dont on cuisine, la façon dont on partage La nourriture, ça dit beaucoup de nous. Et en fait, j'ai toujours été très intéressée par les conversations qu'on peut avoir qui permettent d'aller directement au cœur de ce qui fait vibrer les gens. Et donc la cuisine, pour moi, c'était une façon de voir ça. Donc ça fonctionnait très bien. Et en fait, ce qui s'est passé, enfin, ce qui a amorcé la transition, c'est que j'ai eu donc ces deux enfants charmants qui ont aujourd'hui 8 et 11 ans.
Très rapproché ça? Comment? Très rapproché?
Oh, 3 ans, c'est relativement classique. Mais l'arrivée des enfants en fait dans cette vie qui— j'ai un profil plutôt perfectionniste, donc j'aime bien que tout se passe exactement comme je veux, j'aime bien, voilà, que tout soit bien organisé, bien structuré. Tu rajoutes des enfants là-dedans, c'était d'un coup beaucoup plus compliqué. Et en fait, je me suis sentie perdue. Entre toutes ces choses que j'avais dans ma vie, que j'avais choisies, donc je voulais tout ça, mais j'étais perpétuellement— quand j'étais en train de m'occuper de mes enfants, j'avais une forme de ressentiment parce que je me disais j'ai tous ces projets personnels et professionnels que j'ai envie de faire avancer. Et quand j'étais dans mes projets professionnels ou personnels, je me disais je devrais être en train de m'occuper plus de mes enfants, je devrais plus aimer, voilà, être à quatre pattes à jouer au Lego, etc. Donc j'avais beaucoup de questionnements.
C'est ça qui m'a mené au coaching. Donc en fait, tu es dans une phase où tu culpabilisais à chaque fois en te disant, après c'est un peu ce que je vis et ce que j'ai pu vivre à un moment, ah je ne suis pas le papa que je voulais être parce que je ne suis pas assez avec mes enfants. Et quand je suis avec mes enfants, ah je ne suis pas l'entrepreneur parce que je devrais être en train de travailler. Et donc tu as cette double casquette et tu as ces deux personnes qui sont en train de se battre à l'intérieur. Et donc c'est ça qui, toi, c'est cette sensation intérieure qui t'a poussé à te mettre dans le coaching de vie pour te former d'abord toi, c'est ça?
C'est ça, exactement. Moi, j'ai d'abord bénéficié du coaching pour moi, parce qu'en fait j'étais à un stade de ma vie où en fait j'avais énormément d'injonctions contradictoires. C'est-à-dire qu'en fait j'essayais d'être tout, j'essayais d'être tout parfaitement. Et en fait, c'est juste pas possible pour une seule personne avec 24 heures par jour. Et ce que le coaching m'a vraiment apporté, c'est ça m'a aidé à clarifier, déjà à confirmer que tout ce que j'avais dans ma vie, effectivement je le voulais, et que c'était juste qu'il fallait que j'aménage finalement la répartition de ces différents éléments d'une façon qui me convenait. Et ce que le coaching m'a apporté aussi, c'est que comme je suis assez sensible et les émotions, je les ressens assez fort, ça m'a apporté beaucoup d'outils pour justement comprendre mes émotions, ce qu'elles me disaient, et les utiliser en fait comme un GPS pour créer finalement l'expérience émotionnelle que j'avais de mes journées, pour maximiser en fait la joie, la légèreté, l'enthousiasme, l'accomplissement, et minimiser tout ce qui pouvait être ressentiment, déception, voilà, toutes les émotions qui sont désagréables. Donc la vie humaine, c'est pas que des émotions agréables, mais quand on comprend mieux ses émotions, on peut quand même beaucoup plus, voilà, générer le carburant émotionnel qu'on a envie de ressentir pour conduire ses journées.
Et qu'est-ce qui t'a fait passer le pas? Parce que tu es reparti de zéro en 2003 quand tu t'es lancé dans ton blog, et là tu as un blog qui fonctionne, tu as une activité qui fonctionne, bon, tu as plein d'injonctions intérieure, tu te formes au coaching de vie, et là d'un coup tu dis bah là je vais repartir de zéro pour moi aussi partager ce savoir. Par où tu es passée? Qu'est-ce qui t'a fait faire le déclic et comment tu t'y es pris pour repartir de zéro?
Alors déjà un premier élément, aussi bien quand j'ai changé de carrière la première fois, donc d'ingénieur à auteur culinaire, puis ensuite d'auteur culinaire à coach, je pense que le premier signal c'était la passion que je ressentais pour mon sujet. C'est-à-dire en fait je pense que moi j'ai découvert à chaque fois un domaine vers lequel je me sentais puissamment attirée. Et donc ça en fait je me disais, ça c'est une force de vie, c'est vraiment, il y a quelque chose qui m'appelle dans cette direction. Et ensuite de façon plus concrète et stratégique, en fait c'est à ce moment-là que j'ai lancé d'abord mon podcast parce que je me suis dit c'est une façon de tester mon mon intérêt pour le sujet, c'est-à-dire si tous les jeudis il faut que je sorte un nouvel épisode là-dessus, si en fait finalement c'est une passade, au bout de 3 semaines je vais m'en apercevoir. Et ça me permettait aussi de tester que la façon que j'avais de parler de ça, ça parlait aux autres et qu'il y avait des gens que ça intéressait. Donc ça, j'ai pu assez rapidement le valider. Et ensuite, concrètement, j'ai en fait fait en biseau, c'est-à-dire que j'ai fait les deux pendant un moment jusqu'à m'apercevoir que la nouvelle activité décollait, qu'il y avait du répondants, que ça se développait. Et donc ça m'a permis de lâcher la liane précédente pour rester uniquement sur la nouvelle liane que j'avais attrapée.
D'accord, tu as fait les choses en doublon. Et c'est, il y a beaucoup d'entrepreneurs qui préconisent ça, un peu comme quand tu es salarié et tu dis bon, avant de lancer mon activité, je fais ça le soir et le week-end. Et au moment où je commence à avoir un certain revenu, je laisse le salariat. Et on entend souvent pas de plan B. Mais effectivement, faire les deux en biseau et se dire quand je serai assez à l'aise, je vais lâcher, ça peut être aussi une bonne solution pour se lancer et se dire j'ai validé mon produit, j'ai validé mon audience et je peux y aller. C'est ça. Et en 2017— Ouais, vas-y.
Non, pardon, je pense que valider le produit et l'audience, c'est une bonne chose, mais je pense qu'on a aussi une validation à faire soi-même. C'est-à-dire qu'en fait, parfois on idéalise, quand on a une idée théorique de ce qu'on voudrait faire, c'est pas mal de tester aussi notre appétence et notre intérêt, de s'apercevoir si en pratique au quotidien quand on fait ça, est-ce que ça nous plaît, ou est-ce qu'en fait la théorie nous plaisait plus que la pratique?
Ouais, c'est sûr, tu as entièrement raison. Et j'ai eu la sensation qu'au moment du COVID, il y a eu un boom sur le coaching, l'entrepreneuriat, le coaching de vie. Mais toi, tu as commencé à faire ça en 2017, et est-ce qu'en 2017 il y avait déjà de l'audience, des personnes qui étaient réceptives à ce message-là?
Alors moi, le podcast Change ma vie, il a très vite décollé. Et je, moi en fait, c'est vraiment pour ça que je l'ai lancé à l'époque, c'est que je découvrais des outils de coaching et une approche du coaching que moi j'ai découverte aux États-Unis. Et quand j'en parlais autour de moi, c'est-à-dire moi je les ai découverts en me disant, à l'époque j'avais, j'ai pu, j'avais 36 ans, et je m'étais dit en fait personne On ne m'a jamais expliqué ça. Personne ne m'a jamais expliqué la façon dont fonctionnent les émotions, ne m'a jamais expliqué ces modes de fonctionnement cognitif du cerveau, comment est-ce qu'on est câblé, etc. Et donc moi, ça a complètement révolutionné ma vision de moi-même, de ma vie, de comment on fonctionne. Et je me suis dit, si moi je le découvre à 36 ans, j'imagine que les gens autour de moi ne sont pas au courant non plus. Et donc j'ai pu tester ça déjà dans mes conversations, et je pense que dès 2017 il y avait un vrai, un vrai manque dans le fait d'avoir finalement le mode d'emploi. Et donc c'est pour ça que notre programme de coaching Isabelle Change Ma Vie, mode d'emploi, parce qu'en fait on n'a pas le mode d'emploi de nos propres émotions et de notre propre cerveau. Et ça, ça paraît dingue qu'on puisse avancer pendant des décennies sans avoir notre propre mode d'emploi. Je trouve ça dingue. Donc, donc en fait, pour moi, dès 2017, Il y avait une vraie demande pour ça et c'est vrai que le COVID a précipité la réalisation pour beaucoup de gens qu'en fait ils étaient dans une vie qui n'était pas tout à fait celle qu'ils avaient, voilà, une espèce de course, la roue du hamster. Et quand on a été obligé de s'arrêter, on se dit est-ce que j'ai vraiment envie de remonter dans cette roue-là ou est-ce que je prendrais pas un autre rythme et une autre façon de vivre?
Parce que dans ce que tu as dit, il y a deux choses où je me retrouve. La première, c'est sur le «apprendre comment on fonctionne». Moi, c'est exactement ce que je fais dans le «apprendre à comprendre son cerveau et à l'utiliser pour l'apprentissage», parce qu'on passe notre vie à apprendre et on nous a jamais appris à apprendre, on nous a jamais dit voilà comment notre cerveau fonctionne pour l'apprentissage. Donc c'est un peu la même chose, on nous a jamais parlé des émotions, on n'a jamais parlé de l'interaction à l'autre également. Et la deuxième chose, c'est par rapport au COVID, moi Le moment où j'ai eu le déclic et je me suis dit c'est bon, j'arrête le salariat, c'était pendant le COVID. C'est-à-dire que j'ai découvert ça avant le COVID, j'ai commencé à me former, à partager, mais effectivement, le fait d'avoir passé 3 mois, 4 mois à la maison et d'être loin du bureau, ça m'a fait prendre conscience que je voulais pas retourner au bureau et que je voulais vivre ma vie et vivre la vie que j'avais choisie et non pas celle du métro-boulot-dodo qu'on m'avait marqué parce que j'étais dyslexique et que je pensais être nul. Et que quand j'ai eu mon diplôme d'ingénieur, je me suis dit: ah, c'est bon, tu es ingénieur, tu es déjà arrivé au sommet. Et je pensais que c'était le sommet pour moi, alors que c'était pas du tout le sommet et qu'il y en avait plein d'autres que je pouvais encore atteindre. On a commencé, on est rentré dans le vif du sujet, dans plein de choses. Mais il y a pour les personnes qui nous écoutent et qui se posaient cette question, on parle de coaching de vie, mais toi, c'est quoi la définition de cette notion? Parce que tu as parlé de plein de choses, de ce que ton organisme, ce que vous faites. Mais une personne, avec une phrase ou de manière très simple si tu peux, ou si ça peut être un peu plus long, comment tu définirais le coaching de vie?
Le coaching de vie tel que nous on le pratique chez Change ma vie, c'est, ça nous permet de confier aux personnes qu'on accompagne des outils pour comprendre là où elles en sont, identifier là où elles veulent aller et comment est-ce qu'elles vont pouvoir y aller avec la meilleure énergie possible. Et ce «avec la meilleure énergie possible», il est important parce qu'en fait on est beaucoup à avoir une relation aux objectifs qui est un peu punitive ou carotte et bâton, et où en fait finalement on se dit voilà, je pourrais me reposer quand, voilà, je pourrais être fière de moi quand je serai arrivée sur la ligne d'arrivée. Et Nous, en fait, ce qu'on se propose de faire, c'est d'aider les personnes à déjà savoir ce qu'elles veulent, parce que ça, c'est pas si simple que ça, se mettre en chemin pour le créer et vraiment apprécier le processus, être fier au fur et à mesure. Parce qu'en fait, c'est la fierté et la gratification en cours de route qui continuent en fait à alimenter le fait qu'on est sur le bon chemin, qu'on avance, qu'on a raison, que les efforts qu'on fournit, ils payent. Et pour moi, en fait, le fondamentalement, la façon dont je vois l'être humain, c'est qu'on a vraiment besoin de piloter notre propre croissance. On a besoin de croissance et on a besoin d'être aux commandes de notre croissance. Et pour moi, le coaching de vie, c'est ça, c'est accompagner la croissance de l'individu, mais la croissance dans le sens que l'individu souhaite.
Donc c'est pas une croissance professionnelle, c'est une croissance pro et perso. C'est quand on parle de croissance, c'est l'atteinte d'objectifs dans l'apprentissage, dans la perte de poids, dans l'accomplissement dans sa vie de famille, dans tous ces sujets-là.
C'est ça. En fait, le coaching de vie, par rapport à d'autres types de coaching, considère que l'individu est pas cloisonné. C'est-à-dire qu'en fait, on n'est pas une personne différente selon qu'on est à notre travail, chez nous, avec nos amis, dans un engagement associatif, etc., parce qu'en fait, on apporte le même système émotionnel et le même cerveau partout où on va. Et donc en fait, nous, ce qui nous intéresse, c'est de confier aux personnes qu'on accompagne une méthodologie unique qui va pouvoir être appliquée à tout, à 360 degrés, dans les différents domaines de leur vie. Donc concrètement, les personnes qui rejoignent notre programme, on les aide à identifier le premier sujet qui est finalement le plus gros caillou dans leur chaussure, le truc qui les bloque le plus ou qui leur cause le plus de soucis au moment où elles arrivent. Et ensuite Une fois que ça c'est allégé ou délogé, et ben en fait ça leur donne beaucoup d'élan pour se dire ok maintenant j'ai transformé ma vision de ma vie professionnelle, il y a aussi mon couple et puis il y a aussi mon rapport avec mon corps et il y a ma façon de vivre mes émotions et il y a ma façon de gérer mon temps. Et donc on les aide en fait à faire le tour, on a cette notion de pièces de l'appartement de vie, c'est-à-dire qu'en fait on a au fil de notre journée, de l'année, on a différentes pièces de notre appartement de vie et en fait on leur apprend à réaménager chaque pièce de leur appartement de vie d'une façon qui fait qu'elles s'y sentent vraiment bien. Je dis elles, c'est les personnes, parce qu'on accompagne des hommes et des femmes.
D'accord, il y a principalement des femmes chez vous, une grosse partie c'est des femmes, ça?
Alors je pense que donc la réponse est oui, on a majoritairement des femmes, mais on a aussi des hommes. Et pour nous c'est important parce que je pense que ces outils émotionnels, finalement les hommes partent de plus loin en termes de compréhension de leurs émotions et de connexion à leurs émotions. Néanmoins, comme les femmes ont globalement une démarche d'introspection qui est plus naturellement, enfin pas naturellement, mais en termes de conditionnement social, elles sont plus encouragées à l'introspection. D'une façon générale, elles se tournent davantage vers le développement personnel et le coaching.
Effectivement. Petite pause pour te dire que si l'épisode te plaît, like, abonne-toi et mets 5 étoiles pour nous soutenir. Je le dis, je te dis ça parce que même chez moi au sein de Connaissance Illimitée on est sur du 70/30, on a 70 de femmes, 30 d'hommes. Et même quand je fais des événements physiques, la salle est remplie à 70, même à 80 de femmes. J'ai l'impression, et je suis le premier à l'avoir vécu, quand ma femme est venue me voir pour me dire: Mohamed, il y a un atelier de lecture rapide, vas-y. La première chose que je lui ai dit, c'était: non, j'y vais pas. Et c'était: vas-y toi, et si c'est bien, peut-être j'irai. Bon, allez, elle m'a poussé à y aller, j'y suis allé. Mais souvent même quand je vois, j'ai des élèves qui viennent, des femmes, elles me disent je suis venue et mon mari viendra la prochaine fois, je vais inscrire mon mari, c'était un peu va valider le truc, va regarder si c'est vrai. Et donc elles ont, j'ai l'impression que vous avez plus de courage, vous avez plus de, vous allez plus de l'avant que beaucoup d'hommes. Après c'est pas mettre des étiquettes, mais juste dans ce que j'ai pu constater, vous avez la capacité à investir en vous et à dire bah je vais tester, je vais y aller, je vais voir ce qu'il raconte et ça, c'est super super intéressant. Il y a une question parce que depuis tout à l'heure, dans tout ce que tu nous dis, tu as évoqué à plusieurs reprises le mot émotion. Et pour toi, les émotions, j'ai l'impression que c'est quelque chose de très très important. Est-ce que tu pourrais nous en parler un peu par rapport à comment vous travaillez sur les émotions dans Change ma vie? Et bah déjà, quelles sont les émotions primaires ou autres? Et qu'est-ce que tu peux nous dire par rapport à ça pour que les personnes qui nous écoutent puissent écouter leurs émotions et avancer avec leurs émotions?
Oui, alors effectivement, la dimension émotionnelle de notre vie, elle est absolument centrale parce que concrètement, la façon dont on se sent à chaque seconde de chaque journée, c'est nos émotions. Donc selon qu'on se sent serein, calme, enthousiaste, léger ou anxieux, vexé, en colère, etc., en fait nos journées, on les traverse pas du tout de la même façon. Et La plupart d'entre nous n'avons reçu absolument aucune sorte d'éducation émotionnelle. Et même pire, la plupart d'entre nous avons grandi dans un système dans lequel les émotions étaient plutôt vues comme étant encombrantes ou un signe de faiblesse. Et on nous a plutôt envoyé le message que les émotions positives, oui, mais pas trop quand même, genre calme-toi un peu. Et les émotions négatives en fait, tu es plombante, ça fait trop de bruit, va pleurer ailleurs, va dans ta chambre, quand tu seras calmée, tu reviens.
Ouais, faut refouler, on est dans une société où il faut refouler ses émotions, les cacher. Quand on est en colère, faut le cacher, quand on est triste, faut le cacher. Et ouais, c'est exactement ça. Et depuis l'enfance, on le fait avec des parents, le font avec leur enfant.
C'est ça. Et donc c'est vrai que quand on a des enfants, on se rend compte que gérer les émotions des enfants C'est pas évident parce qu'ils ont aucune compétence de régulation émotionnelle. Et quand nous-mêmes en tant qu'adultes on n'a pas des compétences de régulation émotionnelle pour nous, en fait ça fait une espèce de surenchère où nos émotions réagissent à leurs émotions, etc. Et ça peut partir dans les tours très vite. Et en fait, donc on a, la plupart d'entre nous, aucune compréhension, aucune connexion à nos émotions. On a plutôt appris à nous méfier de nos émotions, on les subit, ou alors on les met sous le tapis parce qu'on sait pas quoi en faire. Parfois on les mange, donc on on mange ou on boit ou on fuit sur Netflix ou sur les réseaux sociaux. Donc en fait, on a une relation assez compliquée aux émotions, alors même que d'une part, ça détermine la météo de nos journées et que d'autre part, c'est vraiment le carburant qu'on apporte à tout ce qu'on fait. Et que tout ce qu'on veut faire dans nos journées, surtout quand on poursuit des objectifs, qu'ils soient professionnels ou personnels, en fait, c'est est-ce que j'y arrive avec un moteur émotionnel qui est énergisant» Et à ce moment-là, je vais pouvoir avancer, je vais surmonter les difficultés, je vais avoir de la résilience, etc. Ou un moteur émotionnel plutôt de doute, d'inquiétude, d'anxiété ou de honte. Et là, en fait, je pars vraiment avec une épine dans le pied. Et donc, en fait, la capacité à utiliser nos émotions comme un GPS, c'est-à-dire dire «Ah, attends, là je vais faire pause, je sens qu'il y a quelque chose qui s'est passé, je ressens une émotion qui est désagréable. Avoir cette connexion pour comprendre qu'est-ce qui s'est passé, qu'est-ce qui nous gêne et comment le dépasser, ça c'est précieux. Et pour pouvoir avancer dans notre vie et dans nos projets, le fait de savoir générer le carburant émotionnel qu'on aime ressentir et qui va nous emmener plus loin, plus vite, avec moins d'efforts, bah ça, ça change absolument tout.
Donc est-ce que moi, si exemple je suis en colère et j'aimerais enlever cette colère, c'est-à-dire que j'ai cette émotion, je suis en colère, j'aimerais, je sais que c'est une mauvaise énergie pour cette journée et que j'aimerais switcher et passer dans dans une énergie positive. Est-ce que toi tu as des exercices que tu fais faire et/ou des choses que tu pourrais partager? Je sais pas si c'est confidentiel ou c'est que pour les personnes de, que pour tes élèves, mais est-ce que tu as des méthodes? Parce que souvent on a, je pense, les personnes qui nous écoutent, tu as des parents qui se réveillent, sont de bonne humeur, après avec leurs enfants qui sont pas forcément, qui se mettent à crier, qui se synchronisent de manière négative, c'est-à-dire ils synchronisent à l'enfant et ils se mettent également de mauvaise humeur. Comment tu fais pour pour switcher et revenir de bonne humeur? Ou en journée, quand tu as passé une mauvaise journée au bureau et que tu arrives à la maison et que tu rentres avec tes émotions de la journée alors qu'il faudrait les laisser à la porte et passer sur un autre type d'émotion parce que tu rejoins ton couple, tes enfants, comment tu fais pour passer et switcher d'une émotion à l'autre?
Oui, alors donc effectivement, au sein du programme, on a un processus qu'on confie à nos membres pour s'exercer à ça parce que encore une fois, selon l'âge auquel on arrive à ça, en fait on a des décennies de mauvaises habitudes entre guillemets, d'une relation un petit peu bancale avec nos émotions. Donc nous on a un processus qui permet de savoir où est-ce qu'on en est, de quoi on a besoin en premier lieu. Mais en fait, schématiquement, la première chose à faire c'est déjà d'identifier, d'identifier qu'on ressent une émotion avec laquelle on n'a pas envie, dont on n'a pas envie nécessairement de colorer nos actions. Parce qu'en fait, il y a d'une part, il y a comment on se sent, et ça c'est une chose, mais il y a est-ce que si par exemple je ressens de la colère, est-ce que j'envoie ma colère à la personne en face de moi qui peut-être n'a rien à voir avec ça, ou est-ce que je donne une place à ma colère entre moi et moi, et par ailleurs dans mes actions, en fait, je fais pas subir ma colère aux autres. Donc ça, c'est une chose. Donc d'abord, identifier qu'il y a une émotion qui n'est pas celle qu'on a envie d'emporter avec nous dans la suite de nos actions. Idéalement, si on peut nommer cette émotion, donc ça c'est utile, c'est tiens, ah tiens, je me sens en colère, ah tiens, je suis déçue, ah tiens, je suis anxieuse, ah tiens, je suis inquiète, etc. Et ensuite, l'idée c'est de s'identifier pourquoi, c'est-à-dire qu'est-ce qui s'est passé et surtout qu'est-ce que je me dis sur cette situation qui crée cette émotion. Parce qu'en fait, c'est pas les situations qui génèrent nos émotions, c'est notre lecture de la situation, c'est ce que je me raconte sur la situation qui fait que je me sens inquiète ou en colère ou anxieuse ou vexée.
C'est l'histoire intérieure que je me raconte.
Ouais, c'est ça. En fait, ce sont mes pensées qui créent mes émotions. Donc juste identifier ça, et ça, rien que ça, rien que ça, ça change absolument tout. Le fait de se dire c'est pas l'autre qui m'a mise en colère, c'est parce que l'autre a fait quelque chose ou dit quelque chose et j'ai pensé quelque chose qui crée ma colère, déjà on a un premier sas de séparation. Et ensuite, l'idée c'est de beaucoup normaliser, c'est-à-dire que justement, parce qu'on nous a appris beaucoup à juger nos émotions et à se juger dans nos émotions, c'est de se dire: eh ben, je comprends pourquoi je me sens en colère ou pourquoi je suis inquiète, c'est parce que je suis en train de me dire ça. Et donc cette émotion n'est pas un problème, simplement il faut que je décide qu'est-ce que j'ai envie d'en faire. Et ça, en fait, ça permet d'apaiser, d'apaiser l'émotion. Mais l'idée, c'est vraiment pas de s'en couper, parce que notre émotion, elle nous dit quelque chose. Et plus on la rejette, plus en fait elle va nous revenir à la figure.
Bien sûr, faut pas se couper des émotions. Et par rapport à ce que tu viens de dire, on peut avoir deux personnes qui vivent la même situation, une va se mettre en colère et l'autre non. C'est-à-dire que c'est vraiment la perception du moment présent et l'histoire que tu t'es racontée et comment tu interprètes les choses qui font que tu as telle ou telle émotion. Et après, c'est se raconter, se reformuler l'histoire. Des fois, moi j'essaie de me reformuler sur ce que je suis en train de vivre. Mais est-ce que tu es sûr? On a le principe en PNL: la carte n'est pas le territoire. Et j'aime bien, j'adore ce principe-là. Je vois quelque chose, j'ai une émotion, et je me dis: mais est-ce que c'est vrai? Est-ce que tu es sûr de ce que tu es en train de voir, entre guillemets? Est-ce que tu t'es pas— pose-toi des questions. Est-ce que c'est pas toi qui interprète mal ce que tu viens de vivre? Et des fois, juste poser des questions à la personne qui est devant nous, si c'est en interaction avec quelqu'un, te permet de dire: en vrai, non, Tu as mal interprété la situation. Et effectivement, on disait tout à l'heure refouler les émotions, on doit pas refouler les émotions, c'est un signal, il y a quelque chose derrière tout ça.
Ouais, c'est ça. Il faut impérativement qu'il y ait un moment de connexion à soi-même, comme en fait on ferait avec son meilleur ami ou sa meilleure amie, où on lui dirait je comprends à 1000% pourquoi ça, ça te met en colère. Et dans la situation, est-ce que cette colère est l'émotion qui va être la plus utile pour résoudre le problème ou obtenir ce que tu veux, ou pas. Et en fait, moi, chez Change ma vie, ce qui nous importe, c'est pas de savoir est-ce que l'histoire que je me raconte, elle est vraie ou elle est pas vraie. Ça, en fait, on s'en fiche, parce que de toute façon, c'est très subjectif. C'est est-ce que l'histoire que je me raconte, elle m'est utile? Est-ce que ma façon de voir la situation, c'est celle qui crée l'émotion la plus utile pour que mes actions soient les plus utiles pour m'avancer dans la direction dans laquelle j'ai envie d'aller?
Je suis entièrement d'accord. On va arriver sur une autre partie parce que ça fait 6 ans que tu as lancé Change ma vie. Tu es entrepreneuse, tu es maman, tu as 2 enfants, tu gères une équipe. Est-ce que tu continues à te former? Tu continues à apprendre? Et comment tu fais pour faire ça? Parce que je pense que les gens qui nous écoutent souvent ont ce: ah, j'ai pas le temps, j'ai pas le temps de lire, j'ai pas le temps d'apprendre, j'ai pas le temps d'avancer. On n'a jamais le temps. Et je voulais avoir ton point de vue, toi qui es un peu comme toutes les personnes qui nous écoutent. Est-ce que tu arrives à trouver du temps?
Alors, je l'apprends, enfin, l'apprentissage en continu et le coaching en continu, c'est complètement central, je crois, dans ma façon d'être d'une façon générale et ma façon de fonctionner. Je, en fait, moi, ce qui m'a toujours intéressé et qui a beaucoup guidé mes choix, c'est de de m'orienter toujours vers des domaines dans lesquels je sens que je vais pas en avoir fait le tour dans 15 jours, parce qu'en fait j'adore, j'adore apprendre, j'adore comprendre, j'adore maîtriser de mieux en mieux, développer un niveau d'expertise, être toujours plus pointue dans ce que je fais. Et donc j'ai un très grand appétit d'apprentissage. Moi, en fait, mon challenge personnel, il est plutôt de ménager ma monture, c'est-à-dire de ne pas suivre 12 formations en même temps pour avoir justement le temps de mettre chacune à profit de la meilleure des façons. Voilà, j'ai toujours 8 bouquins en parallèle que je suis en train de lire, donc c'est plutôt ça, moi, ma problématique.
J'espère que tu utilises la lecture rapide, hein?
Mais complètement, il faudrait, tout à fait raison. Donc en fait, moi, c'est vraiment finalement, c'est mon passe-temps préféré, c'est de me former, c'est de lire, c'est d'apprendre. Néanmoins, il faut que je réserve du temps à ça. Et moi, il y a une ressource temps qui me paraît assez facile, entre guillemets, à prendre, c'est de repérer tous les moments où en fait on est happé par le smartphone, les réseaux sociaux, les séries, etc., qui sont en fait toutes ces entreprises qui font commerce de notre attention. Et où en fait l'idée c'est de s'assurer que les poches de temps qu'on a, on s'en sert de la façon qui va le mieux guider notre croissance et notre épanouissement. Donc je dis pas qu'il faut pas regarder des séries ou pas être sur les réseaux sociaux, mais juste s'assurer que quand on prend un peu de recul et qu'on regarde de quelle façon est-ce qu'on utilise notre temps sur la semaine, si on a soif d'apprentissage, de croissance et de formation, S'assurer que, bah, on n'est pas par exemple dans son lit une heure tous les soirs sur Instagram. Peut-être qu'on pourrait faire 20 minutes d'Instagram et puis 40 minutes de lecture, par exemple, si c'est ça qu'on a envie de faire.
Tout ça au service de son objectif. Ça revient à ce que tu disais tout à l'heure, tu vois ton objectif. Si ton objectif c'est d'apprendre une langue étrangère et que tu dis que tu as pas le temps, mais tu as le temps pour regarder les réseaux sociaux et regarder des séries, c'est que peut-être ton objectif il est pas assez clair et qu'il faut dégager ce temps, ce temps perdu— et j'en parle dans mon livre, je dis que c'est du temps perdu— bah ce temps perdu, l'utiliser pour du temps pour soi et du temps d'apprentissage ou du temps qui va te permettre de t'élever. Et comme tu apprends beaucoup, c'est quoi la dernière chose que tu as apprise et que tu pourrais partager avec nous ici et qui t'a marquée? Alors, ça peut être tout et rien. Ça peut être: j'ai appris que si je mettais du sel dans le lait, «dans le lavabo, ça me permettait...» Ça peut être tout et n'importe quoi.
Une chose qui me vient à l'esprit, c'est moi j'aime beaucoup raconter des histoires et utiliser les histoires pour faire passer des messages. Et il y a une chose que j'ai apprise il y a pas très longtemps en suivant une formation sur le storytelling dans l'écriture professionnelle, c'est de démarrer au milieu de l'histoire. Donc en fait, moi j'avais tendance en fait à vouloir raconter une histoire et commencer par dire «Voilà ce que j'ai appris et je vais vous raconter une histoire qui illustre.» Et en fait, ça c'est beaucoup moins efficace que de démarrer tout de suite au point de tension de l'histoire. Comme ça, on plonge directement le lecteur dans le point de tension maximum de l'histoire. On raconte l'histoire et ensuite on peut clarifier quel est le message que porte l'histoire, etc. Et ça, je trouvais ça très chouette.
Tu commences par l'histoire et après tu expliques pourquoi tu as raconté ton histoire, c'est pas l'inverse.
Voilà, c'est ça. Exactement. En fait, c'est dans la narration, au lieu de dire «alors un jour j'étais à tel endroit et il s'est passé ça », etc., se dire en fait dans le déroulement de l'histoire, il y a un moment où il y a un point de tension maximum dans l'histoire et c'est par ça qu'il faut que je commence. Parce qu'en fait le lecteur est directement projeté dans la phase de l'histoire qui est la plus émotionnellement chargée.
Un exemple, mais c'est pas un bon exemple, je sais pas pourquoi j'ai eu cette image, c'est hier je me suis fait arracher mon téléphone. Bon, c'est pas un bon exemple, mais c'est commencer l'histoire par je me suis fait arracher mon téléphone, je suis parti, le moment le— et après revenir sur j'étais en balade avec mon fils et c'est à ce moment-là que c'est revenir. Mais c'est commencer l'histoire par le moment le pic qui est le—
et idéalement tu démarres par quelque chose où en fait c'est vraiment l'expérience de, avant même que tu aies compris, on t'arrachait ton téléphone. Tu vois, il y a un premier truc, tu as une impression.
Je me suis jamais fait arracher mon téléphone, mais je sais pas pourquoi j'ai eu cette image-là quand tu parles, mais elle est venue, donc j'ai dit ça.
Mais finalement, c'est quand tu regardes l'arc narratif de l'histoire que tu veux raconter, quel est finalement le moment qui a été le plus chargé émotionnellement, et tu démarres par ça. Parce qu'en tant qu'être humain On a envie de, tu sais, quand on dit on va au cinéma, on regarde des séries, on lit des trucs, on veut connaître les histoires des autres parce qu'en fait ça nous permet de vivre, de nous projeter dans une expérience émotionnelle. Et donc en fait, si tu peux démarrer par la charge émotionnelle la plus importante, tu sais que tu vas directement te connecter avec ton lecteur qui peut tout de suite imaginer, tu sais, la montée de, par exemple, de stress ou de panique. Mais la personne, elle est tranquillement en train de lire ton mail sur son téléphone Et donc en fait, elle peut vivre ça sans le vivre vraiment. Et donc il y a une projection qui se fait.
C'est fort. Et ça revient un peu dans les techniques de mémorisation. On dit souvent qu'il faut utiliser des histoires, et parce que l'histoire est très puissante. C'est grâce à l'histoire, c'est exactement ce que la personne est en train de vivre, et ça crée comme de la glue dans son cerveau. Et surtout, dans les 3 mémoires, la mémoire sémantique, épisodique et procédurale, tu utilises la mémoire sémantique et la mémoire épisodique. Tu crées un épisode même si c'est faux, mais tu crées un épisode mental et tu utilises ta mémoire sémantique, tu utilises des mots. Et donc, le fait d'utiliser ça dans la mémorisation, ça vient ancrer l'information. Et c'est pour ça que c'est très très bien quand tu as envie de faire passer un message ou faire mémoriser quelque chose à l'école ou à tes clients, ou le faire passer par une histoire, ça va avoir beaucoup plus d'impact que juste faire une narration et énumérer ce que tu as envie de partager.
Exactement.
On arrive sur la fin du podcast, il reste quelques questions et souvent je demande, comme nous les gens qui écoutent le podcast, c'est beaucoup de personnes qui aiment lire et qui adorent la lecture, comme tu disais que tu adorais te former. Est-ce que tu as un livre à conseiller aux personnes qui nous écoutent aujourd'hui et pourquoi?
Le livre que j'ai envie de partager, c'est mon livre culte absolu, c'est Le Comte de Monte-Cristo. D'Alexandre Dumas, que j'ai lu pour la première fois, je me souviens, pendant les révisions du bac, c'était il y a quelques années maintenant, et que je m'autorise à relire tous les 10 ans tellement, en fait, parce que je veux me donner à chaque fois le temps d'oublier, d'oublier les détails. Et en fait, là où je, donc c'est un roman qui est vraiment romanesque au sens, tous les romans sont romanesques par définition, mais qui est vraiment plein de rebondissements. Et le personnage du Comte de Monte-Cristo, il est très intéressant parce qu'il est complexe, il a plein de facettes. Et sans révéler l'histoire, c'est, je trouve ça fascinant, l'aspect stratégique du personnage qui construit une stratégie qu'on voit ensuite se dérouler pendant tout le roman. Et voilà, c'est vraiment un roman qui, à mon sens, doit être lu et que j'apprécie beaucoup, donc je le recommande.
OK, donc tu l'as lu au moment du bac, après là tu l'as lu à tes 30 ans, à tes 40 ans, et là, pour une fois, c'est à tes 50.
C'est ça, exactement.
OK, parfait. Et là, c'est la dernière question que je pose à chacun de mes invités. C'est une question un peu plus d'introspection. Cette question, elle est assez simple, mais en même temps, elle va te— bon, je te la pose. La question est très simple: si c'était ton dernier moment et tu étais entouré de gens qui te sont chers autour de toi et que tu avais un message à leur laisser, un héritage, et cet héritage, c'est un message. Quel serait ce message?
Le message principal que je voudrais leur transmettre, c'est que— alors déjà, si j'étais entourée des gens que j'aime, je voudrais leur dire juste que je les aime. Ça serait le premier message. Mais le message que j'aimerais notamment que mes enfants emportent toute leur vie, c'est que leurs pensées créent leur réalité. Et ça, pour moi, c'est très important parce que la plupart d'entre nous pensons que ce qu'on pense, c'est notre réalité. C'est-à-dire, on pense que nos pensées sont une lecture fidèle de ce qui se passe autour de nous, alors qu'en réalité, notre capacité à diriger nos pensées et à porter notre attention sur certaines choses et moins sur d'autres ça crée toute notre expérience de vie. Et donc c'est vraiment ça que je voudrais qu'elles emportent avec elles de mon travail et de mon message.
Merci beaucoup pour ce message. Est-ce que tu as un dernier élément à partager à toutes les personnes qui nous écoutent aujourd'hui, un dernier message à leur partager avant qu'on arrive sur la fin?
L'autre message, c'est C'est peut-être une question, c'est de leur demander quelle place aujourd'hui est-ce que nos auditeurs et nos auditrices réservent à leurs émotions, et se poser la question de comment créer un peu plus de place pour avoir une relation à leurs émotions qui serait plus une relation d'alliance qu'une relation de méfiance ou de ou de résistance. Parce qu'à mon sens, cette clé autour de cette connexion à nos émotions, c'est vraiment une clé de voûte dans notre expérience. Et c'est vraiment ça que je souhaite qu'ils et elles puissent développer.
Merci beaucoup, Claudine, pour tous ces partages et tout ce que tu nous as donné. J'invite tous les auditeurs, et je suis sûr que cet épisode vous a impacté et qu'il est juste extraordinaire, et merci pour tout ce que tu nous as partagé, à mettre bien sûr 5 étoiles à cet épisode, à le partager autour de vous et à faire connaître cet épisode. Parce que je suis sûr que les enseignements, que ce soit sur les émotions ou tout ce que Claudine nous a partagé, peut bénéficier à une personne de votre entourage ou autre. Donc je vous invite vraiment à le partager, à l'envoyer à votre entourage. Et bien sûr, mettez-nous en commentaire s'il y a des choses que vous avez, des questions à lui poser. Je lui enverrai les questions. Et bien sûr, on mettra tous ses réseaux, on mettra ton Instagram et ton podcast et autres pour aller voir ce qu'elle fait, et même ton site internet également pour que ceux qui veulent aller un peu plus loin puissent aller voir ce que tu proposes. Encore mille mercis, Côté, pour tout ce que tu nous as partagé.
Merci beaucoup, Mohamed. J'aime beaucoup ce que tu fais, j'étais très honorée d'apparaître sur ton podcast.
Merci, Mohamed. Encore mille mercis. Et comme je dis toujours: je suis, tu es, nous sommes tous illimités.










