Les coulisses du métier : Les défis et les moments forts d'une comédienne [ Podcast #56 ]

In this French‑language interview, host Mohamed Boclet talks with Belgian‑born actress and singer Aurore Delplace, best known for playing Johanna in the TV series Un si grand soleil. The conversation traces Aurore’s artistic journey—from early dance and musical‑theatre training, her move to Paris, and her breakthrough as Cendrillon at the Mogador, to the setbacks that shaped her (being cut from a production of Grease and the surprise success that followed). They discuss the practical realities of an acting career: the casting process, intermittent work, memorising lines, and the mental discipline required. A major focus is the evolution of Aurore’s self‑confidence: how she moved from chronic self‑doubt and stage‑fright to deliberately “acting” confident, using repetition, self‑affirmation, and the audience’s perception of confidence to reinforce her performance. The interview also touches on the impact of playing a long‑running character on personal identity, her parallel work as a songwriter and performer of original music, and her nuanced view of social media as a tool for visibility rather than a source of validation. The episode ends with Aurore’s concise advice—“have confidence”—and a call to listeners to apply the discussed techniques in their own lives.
Chapters
C'est vrai que j'ai été pendant des années, j'avais peur de parler, j'osais pas parler en public. Dès que je commençais à parler, je devenais rouge écarlate.
Mais t'avais un rôle, t'étais comédienne. Ta mission, c'est de... Tu fais que parler, être sur scène. Et en parallèle, dans la vie de tous les jours, t'avais peur de parler.
Parce que c'est un autre personnage. Quand tu interprètes un personnage, tu interprètes un autre personnage, donc c'est pas toi. Donc là, tout va bien, je peux faire la garce, je peux faire la folle, je peux faire l'intelligente, ce qui est incroyable. Et en fait, ça me pose aucun problème vu que c'est pas moi. Et j'arrive à, pouf, je transforme mon moi à moi.
Je m'appelle Mohamed Boucler. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et auteur du best-seller «Connaissances illimitées». Dans le podcast «Connaissances illimitées», je reçois des invités au parcours extraordinaire pour nous montrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast «Connaissances illimitées». Et aujourd'hui, je suis avec Aurore Delplace. C'est sûr que vous la connaissez. Si vous avez déjà regardé France 2, vous êtes tombé sur elle. Elle est comédienne, chanteuse, et aujourd'hui elle va nous parler de son parcours et on va apprendre énormément de choses. Bonjour Aurore, comment tu vas?
Mais très bien, merci, toi?
Ça va, ça va. Merci d'être ici et de pouvoir passer cette heure avec nous et avec les Illimités qui vont pouvoir écouter ton parcours. Et on parlait de plusieurs choses en off et je sens que l'épisode va être juste incroyable.
Bah merci de m'avoir invitée surtout.
Alors je t'ai présentée avec mes mots, comédienne, chanteuse, mais j'aimerais bien que toi tu te présentes avec tes propres mots?
Ah, je peux rajouter: elle est comédienne, chanteuse et rêveuse, je dis toujours en plus.
Rêveuse, pourquoi?
Ça fait partie de moi, parce que je suis une grande rêveuse.
Tu as encore plein de rêves que tu vas accomplir?
Oui, ça, ce sera à vie. Il y en a que je n'accomplirai pas et d'autres que j'accomplirai, mais en tout cas, j'aime rêver.
Oui, ça, c'est super important de pouvoir rêver et de continuer à rêver quel que soit son âge et quelles que soient les choses qu'on vit. Dans notre quotidien. Alors j'aimerais revenir sur ton parcours. Moi je t'ai découverte sur France 2 et j'aimerais bien savoir, déjà reprendre ton parcours parce que tu es venue de Belgique, tu as grandi en Belgique, après tu es venue en France. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ton parcours?
Vous avez 3 heures devant vous ou pas?
On va faire la version courte et on va rebondir.
Ouais, ben je suis partie, j'ai fait une école de danse en fait, j'ai fait un parcours école Sport-études. Et j'ai fait danse-études, donc j'avais cours le matin, danse l'après-midi jusqu'à 18 ans, jusqu'à avoir mon bac. Et ensuite, bon, je suis partie aux États-Unis pour essayer 2-3 trucs, mais ça... Je suis vite revenue. Et là, pour la faire courte, je suis tombée donc sur une école de comédie musicale à Paris. Donc mes parents m'ont dit: «OK, Aurore, on va t'aider à partir à Paris, tu vas aller faire cette école.» Au début, je voulais être danseuse. Et je suis tombée sur cette école de comédie musicale. Et comme j'aimais déjà chanter et jouer, je me suis dit: «Bah, je vais me...» je vais me former à tout ça, donc on verra plus tard ce que je ferai. Donc je suis partie à Paris, mes parents m'ont beaucoup aidée heureusement, et je les remercie tous les jours d'ailleurs parce que c'est sans eux j'aurais jamais pu le faire.
Ils t'ont beaucoup soutenue dans ton rêve et ils t'ont soutenue.
Ils m'ont aidée à trouver un appart, ils m'ont aidée à le payer, enfin ils se sont bien saignés pour moi quoi. Donc c'est beau, c'est beau parce qu'il y a quand même, tu dis ok notre fille elle va à Paris seule, «Pour se lancer dans un métier artistique, oh là là!» Souvent les parents, tu vas aller à Paris pour devenir médecin, ingénieur, ok vas-y, mais pour finir comédienne c'est...
Ouais, saltimbanque! Il y a beaucoup d'appelés mais peu d'élus et donc ils se disent non mais on va pas investir sur ça.
Eh ben si, ils l'ont fait et je pense qu'ils ne regrettent pas, parce que je suis très heureuse et donc voilà. Bon, pour reprendre l'histoire, je suis donc arrivée à Paris, je commence cette école de comédie musicale et au bout d'un an directement je passe des castings casting, dont un qui est Cendrillon. Et j'ai ce premier rôle à 21 ans et je joue Cendrillon à Mogador.
Et là tu dis ok, c'est incroyable, j'ai fait un an de formation et en un an de formation tu as réussi à avoir un premier rôle alors que des personnes ils font ça depuis 10 ans.
Et là j'ai donc, c'est vraiment, il y a la chance. Moi je dis toujours que j'ai une jolie étoile au-dessus de moi, donc il y a une part de chance, je pense, beaucoup.
Et après, de ce premier rôle, tu as enchaîné?
Et de ce premier rôle, s'est découlé d'autres castings que j'ai obtenus ou pas, parce qu'il y en a que je n'ai pas eus. Et puis la rencontre avec Kevin aussi, forcément, qui nous a dans cette école.
D'accord.
Et ouais.
Qui a fait que... Ça fait combien de temps? Ça fait 10 ans, 15 ans? Non, non, non.
Ça fait 16 ans.
16 ans! Waouh! Ça rajeunit!
Ça fait du bien!
Allez, vive François!
Maintenant, je peux faire la mère de Cendrillon.
Exactement. Donc 16 ans, waouh! Et qu'est-ce que tu as appris dans cette école qui t'a servi pendant toute ta carrière?
Dans cette école, c'était un peu l'école de la vie. Donc il y avait des gens de tous les milieux. Moi, j'étais très amie avec une Hongroise, elle venait de Hongrie, elle bossait comme une acharnée, tous les soirs, elle allait dans un resto, elle travaillait jusqu'à 4 h du mat' pour pouvoir payer son école et revenir le lendemain matin. Et du coup, elle dormait tout le temps chez moi parce qu'elle avait un tout petit studio de 9 m² avec les toilettes sur le palier, donc elle passait, moi je disais: «Mais non, viens dormir avec moi !» J'avais 18 m², ce n'était pas beaucoup plus, mais j'avais les toilettes à chez moi.
Tu avais les toilettes à la maison et la douche également pour ta mère.
Donc elle était tout le temps chez moi et on faisait en fait on rencontre des gens, mais je crois que c'est dans n'importe quelle école qu'il y a ça, c'est la vie, on découvre de la vie en fait, c'est ça, tu découvres la vie. Et puis seule à Paris, tu te dis ok, il va falloir que mec on se bouge pour pouvoir gagner sa vie, mettre en place.
Parce que ce domaine, nous on le voit de l'extérieur en regardant la télé, en voyant des personnes, mais ce domaine il est très sélectif, il est très difficile pour percer, trouver une place et rentrer dedans.
Ouais, ce qu'on dit souvent avec Kevin, c'est que ce métier ça peut être le plus beau et le le pire métier du monde, je crois, parce que si on n'arrive pas à en vivre correctement, c'est quand même extrêmement dur. Et je sais qu'on a eu des moments... Là, on est un peu plus confort en ce moment, mais on sait qu'à tout moment, demain, tout peut s'arrêter, et puis on va devoir rechercher encore autre chose. Même si on n'arrête jamais de créer et de faire plein de choses, on sait que ça peut s'arrêter du jour au lendemain, et puis boum, on n'a plus rien, quoi. Waouh!
Parce qu'aujourd'hui, quand tu es comme... Dans ton cas de figure, avec la notoriété que tu as, Tu dois encore faire des castings? Aujourd'hui, on vient vers toi, non?
Ça m'est arrivé qu'on vienne vers moi, mais je dois encore passer des essais, je dois encore passer des castings, oui, bien sûr.
Donc, il n'y a pas de moment où tu dis: «C'est bon, j'ai atteint le niveau de me dire: je suis dans la sécurité, et maintenant, c'est plutôt: on va venir sonner chez moi pour me dire: viens, il y a tel rôle pour toi, tel rôle pour toi.» Non, il n'y a pas encore ça.
Et je ne sais pas si ça arrivera un jour, parce que même quand on est... Je ne sais pas s'il y a Marion Cotillard, ça, on n'en parle plus, mais... Mais il y a des comédiens, je pense, qui encore aujourd'hui, alors qu'ils ont fait leurs preuves, n'ont pas autant de demandes qu'ils rêveraient d'avoir. Mais nous, on n'en est pas là du tout! Ça m'est arrivé, j'ai fait un téléfilm il y a 1 an, mais depuis, par exemple, j'en ai plus fait. Et on n'est pas venu vers moi pour m'en proposer un autre.
Mais tu joues toujours sur France...
Mais je suis toujours sur «Un si grand soleil», et ça, c'est mon... Je suis très heureuse d'y être, et c'est vrai que ça apporte... Ce confort qu'en général, quand on est artiste, on n'a pas beaucoup, vu qu'on est, c'est vraiment, c'est ça, l'intermittent du spectacle, quoi. On fait des dates par-ci, des dates par-là, tandis que là, c'est vraiment, c'est une sorte de CDI, quoi.
Sur le long terme. Et tant que t'es pas, tant qu'on t'a pas tué dans l'épisode, ou que tu veux, d'un coup on dit du jour au lendemain, ah, elle veut partir aux États-Unis, donc tu comprends pas pourquoi.
Au tout début, j'avais cette peur. Quand je suis rentrée dans la série, il m'avait dit «Tu viens pour une arche.» Donc une arche, c'est une intrigue. Et on savait pas, je savais pas, t'es pas censé rester. On m'avait dit: «Tu peux potentiellement rester, mais c'est pas encore sûr, ça dépend de si le public aime.» Après, c'est... Voilà, bref. Et puis donc je me disais: «Putain...» Donc je lisais les épisodes au fur et à mesure, je me disais: «Oh là là! Oh là là là là !» J'avais peur qu'il se passe un truc, que Johanna soit tuée ou qu'elle s'en aille. Et puis finalement, ça fait 5 ans et elle va bien.
Elle va bien pour l'instant, elle continue. Et tant que l'émission continue, tant que le...
Le télé, la série est appréciée, mais c'est vrai que si demain la série s'arrête, après j'ai pas que ça, mais c'est vrai que ça enlèvera un petit confort qu'on a maintenant.
Et on disait, on parlait en aparté tout à l'heure, on parlait de cette notion de confiance que les artistes doivent avoir. Et comment toi tu vis avec cette notion-là? Comment tu travailles?
Je la travaille je commence vraiment à en avoir un petit peu. Voilà, au bout de... J'ai quoi? J'ai 36 ans. Voilà, au bout de 36 ans, je commence à avoir confiance en moi.
Waouh! Attends, là il faut faire une pause. Comment ça? Je cours et je n'ai pas compris.
C'est une catastrophe.
Ah non, ce n'est pas une catastrophe. Alors, est-ce que tu... Comment... Tu as dû attendre jusqu'à tes 36 ans et tes 16 ans de carrière aujourd'hui pour...
Oui, mais je crois que ça vient de l'éducation. J'ai eu une super belle éducation dans l'amour, dans la bienveillance, mais je pense dans la peur du regard des autres. Donc toujours être... J'ai toujours voulu être parfaite, je suis perfectionniste, c'est une catastrophe. C'est pour ça que mes chansons, je commence seulement à les sortir maintenant. Je n'ai jamais voulu, je n'ai jamais osé, parce qu'il manquait une note là, un truc là, donc finalement tu n'y vas jamais, et c'est complètement con. Moi, j'ai une phrase, c'est: «Vaut mieux fait que parfait.» «Bien sûr.» «OK, parfait.» C'est tellement bien, c'est tellement vrai.
Et donc toi, tu étais dans ce: «Je veux la perfection.» Oui, donc je suis la meuf qui galère. Donc tu procrastines.
Exactement. Je suis la pire des procrastinatrices. Je n'ose pas le dire.
Mais tu as conscientisé ça à quel moment? Tu l'avais déjà conscientisé assez tôt ou pas?
Plus ou moins. Plus ou moins, je savais que je n'avais pas confiance en moi, j'avais peur. En fait, j'avais cette peur du regard des autres. Et heureusement, on croise dans notre vie des gens qui nous aident. Pour moi, c'était Kevin. Qui lui est quelqu'un de très exubérant, qui a confiance en lui d'ailleurs. Il a une belle confiance en lui, pas trop. Et moi, il me pousse tous les jours. Il m'a poussée là pendant 15 ans en me disant: «Oh, mais ça suffit maintenant.» Vas-y.
C'est lui, là, tu as fait sa première partie il y a quelques jours et même il y a même...
Et la dernière fois aussi, ouais.
Et donc, tu as fait ta première partie où tu es partie chanter devant 500 personnes presque. Et comment tu as vécu l'expérience?
Écoute, super bien! J'ai eu un bon stress, le bon trac qui me manque, en fait, parce qu'il est magnifique, ce trac de scène. Et finalement, aujourd'hui, avec cette confiance qui arrive, je me dis: «Mais quoi qu'il arrive, mes chansons, elles plairont, je plairai à des gens et je ne plairai pas à d'autres.» Et c'est la vie et c'est comme ça!
Donc... Ouais, on ne peut pas plaire à tout le monde, ça, c'est sûr. Mais cette notion de— parce que tu as associé la confiance au regard des autres. Pourquoi aujourd'hui le regard des autres était aussi important pour toi?
Alors ça, c'est une grande question. Faudrait que j'aille faire une psychanalyse.
Tu as vu, on est sur le canapé là, on va y aller.
Il y a aussi ce— j'avais ce manque de confiance, j'étais J'étais la petite blonde hyper mignonne, j'avais peur de paraître bête. C'est vraiment un truc qui—
Cette étiquette de la blonde—
Cet archétype de la blonde hyper jolie, j'étais toute fragile, timide, donc peur de paraître vraiment idiote. Et j'ai transformé ça avec l'humour, avec Kevin évidemment, donc j'ai réussi à passer au-dessus de ça, mais c'est vrai que pendant des années, j'avais peur de parler, je n'osais pas parler en public, dès que je commençais à parler, je devenais rouge écarlate.
T'avais un rôle, t'étais comédienne, ta mission c'est de... Tu fais que parler, être sur scène, et en parallèle, dans la vie de tous les jours, t'avais peur de parler.
Parce que c'est un autre personnage. Quand tu interprètes un personnage, tu interprètes un autre personnage, donc c'est pas toi. Donc là tout va bien, je peux faire la garce, je peux faire la folle, je peux faire l'intelligente, ce qui est incroyable. Et en fait, ça me pose aucun problème vu que c'est pas moi. Et j'arrive à... Je transforme mon moi à moi Avant que je puisse prendre la parole en public, déjà encore aujourd'hui, je sais que parfois si je me sens pas à l'aise, je sens que mes joues elles font «pouuuh». Je suis en mode «oh là là, non, je rougis».
Ah, tu rougis. Et le truc, c'est que comme tu te sens rougir, tu rougis. Encore plus. Tu stresses. Et comme tu stresses, tu rougis encore plus. Et après, tu finis dans un cercle qui fait que ça fait que grossir. Et là, tu es en mode «ouais, reviens sur le moment présent».
C'est terrible.
Ouais, j'ai déjà vécu ça plusieurs fois dans ma vie, ma vie d'avant. Et c'est vrai que c'est très, très dur. Mais tu arrives toi à switcher et à dire j'ai deux personnalités différentes? Quand je dis deux personnes, au sens où—
oui, je suis sans barrière une fois que je mets dans un personnage. En l'occurrence, c'est souvent Johanna, c'est mon personnage dans Si grand soleil. Je n'ai plus de moi, j'ai de moi parce qu'il y a de ma personnalité dedans, forcément, surtout avec les années. C'est marrant, en 5 ans, le personnage a évolué, il prend plus de moi, je mets Il y a de ma personnalité vachement dans mon personnage. Mais c'est vrai que clac, il n'y a plus. Et d'ailleurs, Johanna n'est jamais timide.
Comme quoi.
C'est ça qui est fou.
Est-ce que tu n'as jamais essayé de transposer et de te dire: «Allez, dans la vie de tous les jours, je vais être Johanna.» Mais si!
Et c'est dingue, je l'ai souvent dit, c'est que j'ai pris du personnage et ça aussi, ça m'a aidée à prendre confiance en moi. Donc Johanna, qui était censée être une garce à la base, un peu dure, elle s'est adoucie, elle est devenue un peu comme moi.
Comme moi aujourd'hui.
Et toi, tu es devenue un peu... J'ai un peu pris de Johanna pour... Pour pouvoir dire merde aux gens, pour pouvoir m'affirmer et avoir confiance.
Donc tu as joué un rôle pendant 5 ans, mais pour une pièce de théâtre, pour une série, et ça a impacté ta propre personne. Mais est-ce que tu penses que les gens dans la vie de tous les jours devraient faire ça?
Oui, je pense, mais de toute façon, il faut aller puiser partout. Pour moi, il faut aller puiser dans chaque personne, il faut s'inspirer de tout ce qu'on vit, de tout ce qu'on entend, de tout ce qu'on voit. Donc ouais, mais c'est vrai que c'est bien d'en prendre conscience vite. Moi, je l'ai fait un peu tard, mais là, ça y est, je suis bien avec moi, je suis en confiance.
Est-ce que tu te sens alignée?
Complètement. Là, il y a tout qui est tout droit, je peux faire mon petit arbre de yoga, ça tient tout droit.
Parce que moi, je regardais un peu, je t'ai vue, je te suis un peu sur les réseaux, et ce que tu es en train de me dire, je me dis mais non, c'est pas possible, elle peut pas ne pas avoir confiance en elle. Quand on voit une personne de l'extérieur, on n'arrive pas, on ne perçoit pas la même chose que ce que la personne vit tous les jours.
Ouais, c'est fou, hein?
Et qu'est-ce que tu penses, toi, des réseaux sociaux et de cette perception fausse des...?
C'est un peu paradoxal, les réseaux sociaux, je trouve. Moi, j'essaye d'en faire un truc un peu naturel, un peu... J'essaye de donner du positif et quelque chose de vrai et de drôle aux gens, parce que c'est vrai que tout ce qu'on voit, là, pour moi, c'est un niaaa... À dépression, quoi.
C'est un nid à dépression. Tu regardes la télé, tu es en dépression.
Oui, non, c'est ça. Tu regardes là, il y a des filles qui sont là avec leur sac Vuitton, leur machin, leur truc, qui s'inventent ou qui ont des vies comme ça, et d'autres qui n'arrivent pas à payer leurs pattes et qui voient ça et qui se disent: «Putain, mais pourquoi moi je ne suis pas comme ça ?» Et ce qu'il n'y avait pas avant, on n'avait pas cet accès à la vie de tous les gens, donc on était plus heureux puisqu'on se recentrait sur soi et sur ce qu'on voulait vraiment. Les réseaux sociaux, pour ça, je ne suis pas une grande fan. C'est pour ça que moi, je ne veux pas mettre de faux et de choses qui...
Tu partages ta vie de tous les jours. Tu partages la vie de tous les jours.
Avec du comique, avec du...
Ouais, avec du comique et avec ta voix off aussi. Ouais, c'est mon petit concept. C'est ton concept à toi, tu montres des images et en même temps, tu as ta petite voix.
J'ai ma petite voix rigolote. Ou pas, je ne sais pas. En tout cas, pour moi, elle est rigolote.
Mais tu prends en dérision ce qui est en train de se passer.
Complètement. Parce que je suis tombée sur des vidéos, comme tout le monde, tu scrolles et tu es là, tu fais: «Mais pourquoi je regarde ça? C'est inintéressant au possible, mais je me perds un temps fou avec ça, là.» Je dis: «OK, Aurore, ce mois-ci tu ne travailles pas, fais quelque chose qui va...» Et donc je me suis dit: «OK, je vais faire les mêmes vidéos, mais un peu détournées.» Donc à chaque fois, je me dis: «Allez, je cherche.» Et maintenant, je scrolle en me disant: «Allez, sur quoi je vais tomber? Qu'est-ce que je vais pouvoir refaire ?» Ah oui, tu fais de... Je m'inspire des vidéos.
Tu t'inspires de ce qui se fait. Ce qui se passe sur les réseaux. Et aujourd'hui, parce que les réseaux, tu as cette patte humoristique sur les réseaux que tu n'as pas également. En fait, tu t'es créé plusieurs profils. Sur les réseaux, tu es l'humoriste, dans la vie de tous les jours, tu es la Chris. Et la chanteuse. On en reparlera un peu. On en reparlera. Et dans la vie de tous les jours, tu es la maman nature.
Exactement. Et c'est ça qui est génial, c'est pour ça que je crois que, bah, il y a eu, c'est déjà de la base la comédie musicale, parce que je voulais pas m'arrêter à une activité, je voulais explorer. C'est ça, c'est explorer, s'inspirer, puiser partout et vivre, en fait.
Et est-ce que dans ce parcours-là, tu as eu des moments durs, des moments où tu as galéré, ou est-ce que ça a été linéaire? Tu as eu ton premier rôle et après C'est arrivé casting ou autre casting?
J'ai eu de la chance quand même, je peux pas trop me plaindre, mais parce que j'ai eu des rôles, j'ai eu, j'ai jamais été vraiment, j'ai en fait jamais été dans la merde vraiment.
Pas comme Kevin, Kevin il a eu une période.
Kevin il a été dans la merde. Kevin lui il était au fond du trou. Moi j'ai jamais vraiment été au fond du trou, c'était, j'ai eu des moments parce qu'à chaque fois on me proposait quoi qu'il arrive, il y a un moment j'avais plus rien, on m'a proposé d'aller faire, d'aller chanter en mère Noël dans un commercial. Donc c'est pas génial à faire, mais j'avais du taf, quoi. J'allais le faire, je chantais quand même.
En plus, tu as une belle voix, donc forcément, ça, tu peux vraiment te sucer sur la—
Oui, donc je peux chanter, donc je peux là— Donc j'ai toujours réussi à avoir du boulot, quoi, à pouvoir vivre.
D'accord. Et c'est quoi ta plus grosse galère que tu as vécue dans ce monde-là, si tu en as une?
J'en ai— C'était au tout début. C'était même avant Cendrillon. On m'avait— C'était une plus grosse galère, mais qui s'est transformée en— plus belle chose scénique de ma vie pour le moment. Parce qu'on m'avait proposé le rôle de Sandy dans Grease, donc c'était il y a 16 ans, j'avais 20 ans. Et au bout d'un mois de répétition, on me dit: «Aurore, en fait, tu es mauvaise.» Donc, comme ça? Ouais, du jour au lendemain, on fait: «Alors voilà, on va prendre une autre. Merci, si tu veux, tu peux rester en tant que doublure, mais on te paye pas.» Donc moi, j'ai dit: «Allez, salut, ciao.» J'étais timide, mais quand même, j'avais un peu d'amour-propre.
Pour dire: «Tu peux rester, t'es pas payée, en doublure.» Le gars, il avait du culot pour te dire ça.
Mais c'était dur parce que déjà que j'étais hyper timide, j'avais jamais vraiment joué, donc jouer, on me disait: «Tu joues trop mal, c'est pas possible, Aurore.» Donc on m'a virée. Et finalement, donc ça c'était au mois d'août, et le 12 octobre 2009, on m'appelle à 4 heures de l'après-midi. Moi, je travaillais dans un resto dans Ferrochereau.
En tant que serveuse?
En tant que serveuse. Et on m'appelle et on me dit: «Aurore, Cécilia...» Parce que c'était Cécilia Kara qui m'avait remplacée. Et on me dit: «Aurore, Cécilia est malade, faut que tu viennes la remplacer, ils avaient personne.» Moi, j'avais donc répété que le premier acte, vu qu'on m'avait virée après, et j'ai dit: «OK, c'est mon moment, faut que j'y aille.» Je connaissais plus ou moins le deuxième acte parce que j'avais appris, mais je l'avais jamais fait sur scène, j'avais jamais chanté sur scène de ma vie, j'avais jamais rien fait sur scène de ma vie, et je dis: «OK.» «J'y vais, j'arrive.» Je pars, j'arrive, et là, il me guide, il me dit: «OK, on coupe les cheveux pour machin, faire Sandy.» Et là, je fais le truc, et ce soir-là, j'ai une étoile au-dessus de la tête et tout se passe... Comme ça! Et ce soir-là, dans la salle, il y avait le producteur exécutif de Céline Dion, à l'époque, qui était là et qui m'appelle et qui me dit qu'il va faire un spectacle au Canada. Donc je passe des essais, et je passe des essais, et les voix sur lesquelles je dois chanter, c'est les voix de Céline Dion «Egaroo». Ils avaient chanté expressément un truc pour le casting. Enfin bref. Donc moi, à 20 ans, je trouvais ça dingue! Et finalement, ça aboutit à rien, mais le gars m'avait dit: «You have an angel voice !» OK! Il m'a serré la main, «Welcome !» Finalement, ça ne s'est jamais fait, mais l'histoire est incroyable, parce que j'ai vécu... J'étais au bout de ma vie, plus rien... Donc j'étais retournée dans mon bar, dans mon resto, je me disais: «Putain, ça y est, comment je vais faire ?» Et dans ma tête, je me disais: «Si dans un an, j'ai rien, il va falloir que...» Que je travaille, que je trouve un métier normal.
Mais c'est quoi, un métier normal? Parce que le truc, c'est que ça aussi...
Mais c'est ça, c'est parce qu'on a ce truc inconsciemment dans la tête: ce métier d'artiste, c'est pas un métier. On nous l'a assez dit: «C'est pas un vrai métier, c'est pas un vrai métier.» Ouais.
Bah si, c'est un vrai métier!
Évidemment que c'en est un!
Et même super difficile, parce qu'effectivement, nous, on voit à la télé les quelques stars qui font tous les plateaux, on va voir quelques humoristes, Gad Elmaleh et autres, On voit Omar Sy qui a tous les plats, mais avant qu'il soit là, ils ont galéré comme tout le monde. Et eux effectivement, ils n'ont plus besoin, on les appelle, mais 90 des gens, quand tu regardes la télé, 90 des acteurs, ils sont inconnus. Ah bah bien sûr. Parce qu'il y a plein de films, il y a plein de rôles et des personnes qui font un rôle, après elles repartent faire leur vie.
Ah bah oui, c'est ça. Ouais, non mais c'est super dur. Et ouais, du coup à ce moment-là, je me disais bon ok, je vais retourner. Avant ça, j'avais fait une année de psychologie quand même.
D'accord.
À l'université, j'ai vite abandonné.
Et toujours sur la partie comédie et comédienne, toi tu dois souvent apprendre des textes, tu as beaucoup de textes à apprendre, même pour tout ce que tu fais. Comment tu fonctionnes aujourd'hui pour apprendre? Petite pause pour te dire que si ce podcast te plaît, like et abonne-toi pour recevoir encore plus de contenu.
J'ai la chance d'avoir une une mémoire géniale. Déjà, j'ai cette chance-là. Depuis toujours, j'apprends, je lis une fois et c'est assez réglé. Mais au début, quand je suis arrivée dans la série, j'écrivais. J'écrivais mes textes et je les retenais comme ça.
Tu les lisais, tu les lisais et tu les écrivais?
Je les lisais, je les écrivais, je me les redisais comme ça et ça marchait. Maintenant, j'ai juste à les lire une fois, mais c'est parce que je connais mon personnage, donc je lis une fois, je sais comment elle va le dire, Enfin, ça, je me l'approprie en une seconde.
D'accord. Parce qu'aujourd'hui, tu fais pas du mot à mot?
Non, du tout.
D'accord.
Alors qu'au début, un petit peu, parce que j'étais bonne élève, parce que je débarquais dans cette série. Donc là, j'apprenais par cœur. Et puis après, j'essaie. D'ailleurs, je jouais beaucoup moins bien.
Bah forcément, tu faisais du mot à mot. Donc forcément, en plus, c'est plus stressant quand on fait du mot à mot.
Bien sûr.
Donc là, tu renvoies juste le sens avec tes propres mots.
Exactement.
Donc ça change tout.
Ouais, ça change tout. Et c'est ça que j'avais pas compris moi à l'école, d'accord, parce que j'apprenais tout par cœur. Mais quand je dis tout par cœur, c'est bêtement, tout par cœur, mot à mot. Donc il suffisait que pendant le contrôle j'oublie un mot, j'étais perdue, il y avait plus rien. Exactement. Donc c'est ça, c'est on disait Aurore, on peut pas dire que tu as pas travaillé, mais c'est pas très intelligent de travailler comme ça parce que tu avais pas le sens. J'avais pas le sens parce que ça m'intéressait pas. Donc je me dis bon ok, j'apprends vite par cœur vu que j'apprenais vite. J'apprenais vite par cœur, tatatatata, sauf que je ne savais pas ce que je disais.
C'est ça le problème. Il y a trop d'étudiants qui font ça et qui apprennent par cœur. Et même les discours, la prise de parole en public. Moi, j'ai commencé à être moins stressé à partir du moment où j'ai arrêté d'apprendre mes textes. À partir du moment où j'ai arrêté d'apprendre mes discours ou mes présentations et que je me disais: j'ai l'idée principale et il sortira ce qu'il voudra.
C'est ça. Et c'est mieux de chercher ses mots et de bafouiller un peu que d'être sur un texte et puis de ne pas... Et surtout quand tu oublies un mot... Tu captes personne sinon en plus.
Effectivement, et si tu oublies un mot, tu es perdu.
Tu es dans la merde.
Et tu as déjà eu une galère comme ça sur scène de perte de texte?
Oui, oui, ça m'est arrivé. Ça m'est arrivé des trous.
Et on le vit comment? Comment on fait quand on est...
En général, moi c'était des comédies musicales, donc on se... Tada! Ou on en joue et ça fait rire le public.
D'accord. Ah, juste tu l'assumes avec un petit bout.
Je sais plus. Ou alors en chant, parfois les chansons, et là tu fais, tu reviens, tu retrouves tes mots.
Waouh. Et donc tu as eu toute cette vie d'actrice et aujourd'hui tu fais de plus en plus de la chanson. Donc tu en as toujours un peu fait et là aujourd'hui tu veux mettre ça en avant. La première partie que tu as fait avec Kévin, tu as chanté tes propres musiques.
Tes propres musiques, oui.
C'est quoi ce processus et pourquoi c'est aussi important pour toi?
Mais j'avais envie de faire un... En fait, c'est gratifiant de... Gratifiant, c'est le mot, de faire quelque chose, de sortir quelque chose que tu as créé, quelque chose de personnel. Parce que là, je fais une série, je joue des personnages, c'est super, je m'éclate, c'est génial. Mais d'écrire ses propres chansons, les composer, Et de les proposer après, c'est un peu... Ça fait du bien à l'ego déjà, parce que tu te dis: «OK, j'ai créé quelque chose.» Et je trouve ça important.
Et c'est quoi le processus d'écriture d'une chanson? Comment tu t'y prends toi aujourd'hui? Tu en as chanté 3 sur scène, tu dois en avoir plusieurs plus que ça.
J'en ai des tonnes dans les tiroirs parce que j'écris depuis des années. Mais ça dépend des moments. Parfois, quand je m'ennuie, quand je suis quelque part, je prends mon téléphone et je commence à écrire. Ça m'est arrivé d'être dans un resto, d'attendre quelqu'un en retard, et donc j'ai écrit une chanson sur une nana qui est dans un resto, qui attend et qui voit les gens, qui voit un couple, qui voit ci, qui voit là. Et voilà, donc là, je l'ai écrite comme ça, puis après, je me mets au piano, j'essaye de trouver une mélodie dessus. Ou alors, je suis à la maison, je m'ennuie, je me mets au piano, j'essaye de trouver une mélodie, puis j'essaye de j'ai trouvé les textes dessus. En fait, tout est— ça dépend de la situation, ça dépend du moment, de l'émotion, de si je vais à un Mérègle ou pas. Il y a un truc.
Mais sûr, c'est en fonction de ce que tu es en train de vivre qui fait que— et donc tu n'as pas des moments appropriés à l'écriture, c'est vraiment—
Je suis incapable. Enfin, je suis incapable. J'aime moins ça, il faut que ce soit un peu spontané.
D'accord.
Qui est ce moment de dire: ah là, j'ai envie d'écrire, tiens, j'ai un mot. Où j'écoute une chanson, je fais: «Ah ouais! Oh, ce sujet-là, il me dit bien !» Clac! Et je me mets à écrire.
Mais je ne suis pas du genre à me dire: «OK, aujourd'hui, je vais écrire.» Parce qu'il y a des personnes qui sont dans ce process où ils ont des moments appropriés où ils vont vraiment se poser pendant 4 heures et dire: «Vas-y, là, je vais écrire.» Ou même pour l'écriture d'un livre. Moi, je sais que pour écrire le livre, j'ai dû me bloquer des moments pour écrire. Je devais vraiment m'arrêter et me dire: «Là, je me bloque 2 heures.» C'est à chacun son rythme.
Moi je sais, si je fais ça, je vais me mettre et puis je suis tellement dissipée, j'ai un peu de problèmes de concentration, donc je ne peux pas rester, je ne vais rien trouver. Si je me dis qu'il faut que je le fasse, il n'y aura rien, je pense.
Ah oui, ton cerveau bloque. Ouais. Et aujourd'hui, c'est quoi? Est-ce que tu veux faire une reconversion? Comment ça se passe là?
Non, il n'y a pas de reconversion, je veux juste mettre en plus. D'accord. Ouais, j'ai envie de, comme ça fait des années que j'ai envie de chanter mes chansons et que j'y suis jamais vraiment allée, là je me dis c'est le moment, c'est maintenant ou jamais quoi.
Donc là tu as fait la première partie, tu vas sortir peut-être un single?
Ouais, là pour la fin de l'année ça sort.
À la fin 2024?
Ouais, à la fin 2023.
2023, effectivement.
Je peux dire un an de plus, non? Je serai vieille.
On sera tous vieux là, on va tous prendre de l'âge. Effectivement, donc là il sort quand?
Là ça sort, j'attends de voir, mais ce sera fin décembre ou début janvier.
Ok, bon on va faire sortir l'épisode début janvier, voilà, comme ça vous avez l'épisode pile au moment de... Est-ce qu'on peut avoir le titre? Est-ce qu'on peut avoir des choses en avant-première?
Il y aura une chanson qui s'appelle «Rien à te dire», et je pense qu'on va sortir les deux, et l'autre qui s'appelle «Résonne». D'accord. Et c'est dans un style plutôt... c'est du français, c'est... J'avais envie d'aller dans un truc un peu aérien. Après, c'est pop, aérien, variété. Je n'ai pas envie de le définir.
On les retrouvera où?
Sur YouTube? Ouais, sur toutes les plateformes.
D'accord. Tu vas pouvoir le mettre sur toutes les plateformes. Super. Et ces chansons racontent? C'est quoi la genèse de ces chansons et elles racontent quoi?
C'est souvent des histoires d'amour, comme souvent, comme les gens écrivent. Parce que ce qui est fou, c'est que j'arrive à écrire quand je suis J'écris mieux quand je suis malheureuse. Donc là, en ce moment, je n'écris pas beaucoup.
C'est vrai qu'il y a beaucoup de personnes qui disent ça.
Mais oui, c'est... Mais du coup, mes chansons sont un peu mélancoliques, quoi.
Parce que ça te plonge dans une... Souvent, on veut mettre dans des musiques, on va mettre un peu de tristesse et comme toi, tu es dans une énergie positive, te mettre dans cette énergie pour écrire, c'est...
Il n'y a pas les mots qui viennent, tandis que là, quand tu es malheureux ou quand tu es à un moment de down, c'est un peu une thérapie aussi. C'est d'écrire, parce que tu fais ressortir tes mots et tes mots. Donc c'est vrai que quand tu es heureux, remarque, je pourrais écrire une chanson un peu heureuse, ça fera du bien.
Tu vas rentrer à la maison, tu vas faire exprès de faire une embrouille avec Kévin, juste pour que pendant une semaine vous soyez en mode malheureux et on puisse écrire.
Quoi que là, ça y est, j'en ai assez des chansons malheureuses, il faut faire des chansons de d'amour, parce qu'on a dans une vie, on a, je suis assez, mais Kevin aussi, on est assez, on aime, on est passionné par le couple, par la vie homme-femme, en tout cas par des histoires d'amour quoi.
C'est réel les sketchs ou sur les réseaux c'est beaucoup cette, c'est la vie de tous les jours d'un couple où il doit te dire une blague ou un truc qui— et tout le monde se retrouve dans ce qui se passe.
Complètement, ouais.
Et c'est ça qui est puissant. Et aujourd'hui, c'est quoi tes grands challenges? C'est quoi tes challenges du futur?
Mes challenges du futur, c'est— mes challenges, c'est de garder et en tout cas de confirmer ma confiance pour pouvoir y aller sans me poser de questions en fait. Mes challenges, en fait, ouais, j'en ai— je me sens assez alignée, on le disait. Donc là, je suis assez sur la positivité, sur les énergies positives, tout ça. Donc j'ai Et je me suis toujours laissée guider, donc je vais continuer à le faire, mais avec la confiance en plus, donc ça va, je crois que ça peut aider quand même.
Bah oui, ça va énormément aider. Il y a un dernier sujet que j'aimerais bien aborder, parce qu'en aparté on disait que tu es maman. Et comment tu concilies cette vie? Parce qu'il y a beaucoup de mamans qui nous écoutent et qui se mettent des plafonds de verre en disant: moi je suis maman, je n'ai pas le temps de faire tout ça, je n'ai pas le temps de vivre ma vie, de kiffer.
«Comment toi tu...» C'est vrai que c'est un sacré chamboulement.
Il a quel âge ton enfant? 2 ans.
C'est un chamboulement dans le meilleur sens du monde, c'est incroyable. Mais c'est vrai qu'on peut vite se laisser emporter dans la maternité et basta. Parce que ce petit être, il a besoin de nous H24 et que c'est vrai qu'on peut vite se laisser enfermer dans cette maternité. Et moi, j'ai eu de la chance, c'est que Kevin, il m'a toujours dit: «Aurore, non, non, non. Vas-y, hop, bouge. Va au resto avec tes copines, sors, va faire ton sport. Moi, je m'en occupe pendant que tu le fais.» Donc, on a trouvé cet équilibre. Et puis heureusement, il y a la crèche. Sinon, ce serait compliqué.
Ou les grands-parents s'ils ne sont pas loin et la famille.
On a les amis.
Nous, dans le sud, on a J'ai une sœur sur laquelle je peux compter de temps en temps, mais sinon effectivement on n'a pas les grands-parents et surtout sur Paris. Ah oui, ça c'est dur. Donc c'est vrai que des fois ça peut être compliqué.
Mais il ne faut pas, voilà, donc il faut se, on est obligé d'être, on ne peut pas être que maman dans la vie.
Et comment tu as trouvé ton équilibre toi? Qu'est-ce que tu as pu faire pour garder cet équilibre? Tu as eu le soutien de ton mari, donc déjà ça.
J'ai eu le soutien, ouais, de mon mari, de Kevin, et puis surtout j'ai bossé, j'ai rebossé et je je tenais à rebosser rapidement. Et donc, grâce à la série aussi, j'ai pu recommencer à bosser au bout d'un mois et demi, je pense. Et pourtant, j'ai eu une grosse claque dans la gueule, on peut dire. Quand j'étais enceinte, on m'a proposé un rôle dans un téléfilm. Et j'étais à 8 mois et demi de grossesse. On m'a dit: OK, c'est... Et c'était le rôle, je devais le faire en novembre. Et j'ai accouché le 8 octobre. Un mois après.. Et ils me disent: «OK Aurore, c'est bon, c'était presque signé.» Et puis finalement, il m'appelle, il me dit: «Écoute Aurore, les assurances ne sont pas d'accord, tu ne peux pas reprendre.» Un mois après. Un mois après. Je me suis dit: «Mais merde quoi, je ne suis pas malade.» En plus, j'ai accouché, après j'étais en pleine forme, j'aurais pu reprendre. Donc on a quand même ce truc de femme, on se dit: «C'est chiant.» C'est surtout l'assurance qui est chiante. Oui, c'est ça qui est chiant.
Parce qu'elle a tout son protocole pour dire que tu ne peux pas.
Moi, quand je suis tombée enceinte, je me suis dit: «Merde, comment je vais l'annoncer?» Mais on a toujours cette peur en étant une femme et en tombant enceinte de se dire: «Est-ce qu'ils ne vont pas me mettre de côté après?
Est-ce que...» Ce n'est pas comme Rachid Dattadi qui est revenu 3 jours après son accouchement. Elle était déjà, elle était là, elle était en place.
Ah ouais, ouais, non. Ça, je n'aurais pas voulu non plus.
Mais effectivement, c'est encore autre chose.
Mais c'est chacun, évidemment, chacun fait comme il veut, comme il peut.
D'accord. Et donc, tu as réussi à... Aujourd'hui, tu arrives à concilier les deux, à vraiment faire cet équilibre qui te permet de dégager du temps et qui fait...
Mais grâce à ça, à la crèche, à Kevin, et puis je dis aussi on a des horaires différents, on n'a pas des horaires de bureau. Donc parfois on commence à 10 heures, parfois on commence à 6 heures du mat' ou 5 heures. Mais déjà on est deux, donc c'est cool. Mais ce qui est fou, c'est qu'on n'a jamais sorti Aaron, notre fils, on ne l'a jamais sorti du lit. On n'a jamais dû le réveiller en 2 ans, on ne l'a jamais réveillé. Donc on n'a jamais dû le grouiller, lui dire vas-y, tata tata. On est assez serein, on arrive soit l'un soit l'autre, soit on appelle la nounou quand on travaille hyper très tôt. Donc, elle reste à la maison le temps de le réveiller. On n'a jamais dû le sortir de son lit.
Ah ça, c'est une chance.
Et ça, c'est une chance inouïe. Quand j'imagine moi mes parents quand j'étais petite, ma mère à 7 heures, elle devait être au travail. Donc, c'était: «Allez Aurore, on se dépêche !» On était 8 dans la voiture à 6 heures et demie du matin. Enfin, c'était—
Ce n'était pas la même vie.
On est hyper serein.
C'est vrai que bon après, l'année prochaine quand il aura l'école, il faudra le réveiller.
Oui, il faudra le réveiller. En même temps, je dis ça, c'est peut-être parce qu'il se lève très tôt.
Ah d'accord. Il se réveille à 4 heures du matin, donc je n'ai jamais eu besoin de—
Non, là ça y est, on est à 7 heures. On est arrivé à 7 heures, mais sinon c'était 5 heures et demie, 6 heures.
Ouais, bah le nôtre il est à 6 heures, donc 6 heures ce matin c'était 6 heures et quart.
Ça pique.
Ouais, bon ça va, je m'étais réveillé pour aller faire mon sport, mais c'est plutôt ma femme. Ok. Et il y a une question que j'apprécie souvent. Est-ce qu'il y a un sujet que tu aurais aimé aborder que je n'ai pas encore posé comme question? Que tu aimerais partager et surtout pour inspirer les personnes qui nous écoutent?
Non, moi j'aime beaucoup parler de... Enfin, j'aime beaucoup. Je trouve qu'il y a un sujet un peu tabou encore, c'est la difficulté qu'ont certains couples, certaines femmes à tomber enceinte. Et moi, je suis passée par des phases un peu compliquées. J'ai fait une grossesse extra-utérine, j'ai avorté il y a 15 ans avec Kevin. J'ai fait une fausse couche. Enfin, on est passé par plein d'étapes. Et c'est vrai que ce sont des étapes compliquées et qui sont un peu taboues encore, j'ai l'impression.
Et pourquoi c'est tabou? Pourquoi on n'en parle pas?
Je ne sais pas, on minimise un peu la douleur que ça peut être et le choc que ça peut être et pour la femme et pour l'homme.
Oui, l'homme qui veut avoir un enfant avec sa femme et la femme qui n'arrive pas aussi à avoir un enfant.
Oui, on passe partout, même l'avortement. Nous, on était jeunes avec Kévin. On a pris cette décision, on l'a regrettée. Enfin, on le regrette. Maintenant, on a notre fils, on est très heureux, mais on l'a regretté et je crois qu'on le regrettera un peu toute notre vie.
Effectivement, mais après, parce que vous aviez 20 ans?
On n'était pas si jeunes, on avait 25. On n'était pas si jeunes, donc on aurait pu, mais on a privilégié notre carrière alors qu'on aurait très bien pu faire les deux, quoi. Mais à ce moment-là, voilà, pas plus de de soutien ou j'en sais rien. On nous a dit: «Non, non, faut pas, faut pas, vous êtes jeunes, allez profiter, faites vos carrières, vous allez...» Et sûrement qu'on se dit que c'est la bonne... On l'a fait, c'était la chose à faire, mais c'est vrai que c'est dur à vivre. Et pour la femme, et pour l'homme aussi qui à côté est impuissant finalement.
Et qu'est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui vivent ça aujourd'hui?
De se dire que... Quelle que soit la décision qu'on prend dans la vie et quelle que soit la chose qui arrive, elle arrive pour une raison. Donc faut se faire confiance, on en revient à la confiance, et il faut faire confiance à son instinct.
Je crois que l'épisode, on va, ça va être un épisode sur la confiance, comment développer, développer, appelez-moi, voilà, allez lui écrire en commentaire, allez la voir sur Instagram et lui écrire et dire comment tu as développé. Mais ce qui est fou, je reviens encore sur ce sujet de la confiance pour C'est que quand on voit une personne rayonnante sur les réseaux, qui brille et qui réussit, rarement on peut penser que la personne n'a pas confiance.
Qui n'a pas de confiance, ouais. C'est vrai. C'est vrai, mais là en ce moment j'en ai, peut-être que ça je... Mais avant... Ouais, c'est vrai.
Qu'est-ce que tu aurais aimé qu'on te dise à un moment où tu n'avais pas de confiance pour t'aider à surmonter les moments où tu n'allais pas de l'avant à cause de ça?
Mais surtout oublie le regard des autres. Surtout, surtout le regard des autres. C'est fou ce truc.
Le regard des autres, il est juste incroyable.
Il est terrible.
Et est-ce qu'aujourd'hui tu penses que dans le monde du cinéma, il y a trop de personnes qui se freinent à cause du regard des autres? Ou qui n'avancent pas ou qui bloquent?
J'imagine qu'il y en a beaucoup qui doivent se freiner à cause de ça, oui.
Et c'est quoi? Il y a une pression? Il y a quelque chose qui fait que—
Je pense, mais encore une fois, ça doit être l'éducation. Donc c'est quelque chose qu'on a en nous, qui est mauvais ou pas, parce que l'éducation, on l'a. Et c'est marrant, on a beaucoup discuté avec Kevin, c'est qu'il faut casser son éducation quelle qu'elle soit, même si elle a été très bonne. Moi, je sais que j'ai une très bonne éducation, j'ai été dans la bienveillance avec des belles valeurs, des beaux... Mais j'ai ce truc, je sais que mes parents sont deux timides qui ont peur du regard des autres, qui aiment que tout soit beau, que tout soit bien.
Ils t'ont donné... Ils avaient une étiquette, ils t'ont donné leur étiquette.
Oui, de toute façon, on prend les bagages de nos parents et de nos grands-parents et de nos ancêtres. Je pense qu'on les trimballe tous et puis il faut Il faut arriver à les trier et garder ce qui nous va et jeter ce qui ne nous va pas pour pouvoir éclore.
Et pour ton fils, qu'est-ce que tu vas faire pour qu'il ait le plus de confiance possible le plus tôt possible?
On va surtout essayer de lui donner une passion, je pense. Enfin, de faire en sorte qu'il soit passionné parce que je pense que la passion, ça sauve de tout.
Oui, je suis d'accord.
Et le sens de l'humour aussi.
Le sens de l'humour, c'est très important.
Et ça, le second degré, il est primordial pour moi.
Une question que je pose toujours à la fin de mes épisodes, c'est si tu avais la Aurore de 15 ans devant toi ou 16 ans, qu'est-ce que tu aimerais lui dire? Aujourd'hui avec le temps, avec le recul.
C'est un peu bateau je crois, mais fais-toi confiance. Ouais. Trace, trace en fait, trace et arrête de faire 3 pas et de reculer de 6. Trace. Trace en fait, trace. Trace parce que tout est bien aligné. Et je pense que quand on est aligné, enfin quand on dit qu'on est aligné, on l'est. C'est comme quand on dit, ça c'est Kevin qui m'a dit, tiens Kevin, franchement.
On a beaucoup parlé de lui aujourd'hui.
Finalement c'est un double qui m'a dit: si tu fais croire que tu as confiance en toi, les gens croiront que tu as confiance en toi. Si tu fais semblant, enfin semblant, fais croire en ce que tu dis, «Les gens vont y croire.» Et je me disais: «Oui, en fait, c'est vrai.» Il y a tellement de ça, l'auto-persuasion, la persuasion, le...
Le cerveau ne fait pas la distinction entre le vrai et le faux.
Ben non.
Et comme si toi tu te répètes tous les jours une information, comme ton cerveau il ne fait pas la distinction, à un moment il va commencer à y croire. Mais évidemment. Et il a entièrement raison. Moi, c'est ce que j'ai fait pendant longtemps. Ah ouais. Et sur la prise de parole, j'étais incapable de prendre la parole en public. Aujourd'hui, je fais des conférences et autres, mais c'est parce que Je me répétais que j'étais un bon orateur et bien sûr, je m'entraînais. Ce n'est pas juste se répéter parce que—
Non, oui, mais si on ne bosse pas à côté, ça ne peut pas marcher.
Je vais m'allonger, je vais aller au McDo tous les jours et je vais dire: j'ai un super ventre plat avec des abdos incroyables. Et tous les soirs, je vais regarder mon ventre: descend, descend. Non, ça n'a pas marché. Je pense que j'aurais toujours mon abdo central là qui sera là. Ah ouais. Mais effectivement, la répétition de l'information plus l'action, le cerveau avec le temps, il fait la distinction, Comme il faut pas la distinction, il y croit. Et après, il fait les actions. Et effectivement, de répéter que t'as confiance en toi...
Mais finalement, tu l'as.
Effectivement. Et comme les gens ont l'impression que t'as confiance, même quand à un moment t'as pas confiance, ils vont croire que t'es en train de le jouer ou que c'est normal.
Oui, bien sûr. Et c'est comme ça, moi je suis passée au début même dans l'acting, je me disais: «Mais putain, est-ce que je joue bien? J'ai l'impression que je joue pas bien.» Maintenant, je me dis: «OK, je suis la meilleure comédienne du monde.» Et donc, les gens disent que je suis bonne. C'est vrai. Je sais pas. J'en sais rien, mais comme j'ai dit: «OK, je suis une très bonne comédienne et je vais faire en sorte de transpirer la bonne comédienne », eh bien, ça marche.
Oui, ça marche. Ça marche même quand toi, tu as l'impression que tu es nul, mais comme tu fais croire que tu es bon, à la fin, quand tu es tout seul, tu te dis: «Qu'est-ce que j'ai été nul, j'aurais dû faire ça, j'aurais dû faire ça.» Mais les gens disent: «Ah, c'est super!» Moi, ça m'est déjà arrivé dans des conférences et autres où j'ai oublié ça, là, j'étais pas à l'aise. Et à la fin, les gens, ils ont l'impression que... Comme toi tu fais ton truc, tu le montres pas, ils disent c'est bon, c'est super.
C'est exactement ça.
Ok, super enseignement. Je vous invite vraiment à l'appliquer dans votre quotidien et nous dire, nous dire ce qu'il en est.
Merci beaucoup, c'était un plaisir.
Merci d'avoir accepté cette invitation et de pouvoir partager ton parcours qui est juste incroyable et inspirant pour beaucoup de personnes.
Moi, c'est avec plaisir, vraiment.
Je vous invite vraiment, nous on est derrière des caméras en train de parler, mais la relation est Et parler avec vous, c'est super important pour nous. Donc dites-nous en commentaire sur YouTube comment vous avez trouvé cet épisode, qu'est-ce que ça vous a appris et comment ça peut vous servir dans votre quotidien. N'hésitez pas bien sûr à le partager à un maximum de gens, ça c'est la première chose. Et sur les plateformes de podcast, à mettre 5 étoiles et également à le partager. Est-ce qu'Aurore, tu as une dernière chose à dire, un truc que tu voulais partager?
Non. Ayez confiance.
Ayez confiance.
On terminera là-dessus.
Ayez confiance. Voilà, exactement. Et comme j'ai Je dis toujours je suis, tu es, nous sommes tous illimités. Prenez soin de vous.










