[ Podcast - #10 ] Vous allez réussir Koutquekout avec Youssef KOUTARI

Dans cet épisode du podcast Connaissance Illimitée, l'animateur Mohamed Boclet interviewe Youssef Koutari, fondateur de l’école de reconversion « Coûte Que Coûte » et conseiller municipal. Youssef raconte son parcours d’immigrant marocain, ses difficultés scolaires (redoublements, échecs, multiples lycées) jusqu’à obtenir un bac +5 et travailler dans la cybersécurité. Il explique pourquoi il a quitté un poste stable et bien rémunéré pour créer une école qui délivre un diplôme RNCP de niveau bac +2 en 15 mois, combinant trois mois d’« bootcamp » intensif et un an d’alternance en business development/ingénierie d’affaires. Le modèle repose sur des intervenants professionnels, une forte cohésion de cohorte (18‑34 ans, profils très variés) et des job‑dating hebdomadaires avec des entreprises partenaires. Youssef partage sa philosophie d’entrepreneuriat (« pas de saut de falaise, mais préparation et motivation »), ses rituels d’apprentissage (écoute active, lecture, sport) et les défis rencontrés (financement, réglementation, gestion administrative, isolement). Il insiste sur l’importance de la motivation, du partage de compétences et de la création d’un réseau solidaire où chacun puise le meilleur chez l’autre. L’épisode se conclut sur des conseils d’introspection, l’importance de prendre des pauses et un appel à suivre le podcast pour continuer à grandir.
Chapters
Est-ce que tu commences à peine à t'en sortir que tu recommences à zéro? Tu sors la tête de l'eau, tu as galéré pour avoir un bon taf. En plus, on est super bien payé dans ce domaine-là. Donc tu commences à t'en sortir, tu as une belle voiture, et là tu dis non, stop, tu quittes, tu te mets au chômage et tu lances une boîte. Tu vois, je le vois un peu comme le gars qui a trouvé une île un peu fantastique, tu vois, dans laquelle c'est super, tu peux t'éclater, tu peux grandir, etc. et tout. Et au lieu de rester dans cette île, je me dis écoute, tu fais marche arrière, tu reviens et tu vas essayer de ramener un maximum de monde là-bas, tu vois.
Je suis Mohamed Boclet, auteur, conférencier et formateur en techniques d'apprentissage. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et triple champion de France de mind mapping. Dans le podcast Connaissance Illimitée, on démocratise des techniques d'apprentissage. Le but de ce podcast est de parcourir la vie de plusieurs personnes inspirantes pour vous démontrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée. Et aujourd'hui, j'ai l'honneur d'avoir une star avec moi, la star de LinkedIn qui s'appelle Youssef Koutari, qui est le fondateur de Compte Que Coûte. Et Compte Que Coûte, c'est une école qui a pour but qu'on réussisse tous. Et j'ai l'honneur d'avoir Youssef avec nous. Si vous êtes un peu sur LinkedIn, c'est sûr que vous l'avez déjà vu. À chaque fois que j'ouvre LinkedIn, je tombe sur un post de lui avec soit une pancarte, mais avec un message inspirant. Et ce qui nous permet d'avoir le sourire et il a un sourire incroyable. Et donc vous allez le voir, vous allez l'entendre et vous allez voir aujourd'hui Youssef avec son grand sourire et tout son enthousiasme. Je suis vraiment heureux de l'avoir. Salut Youssef, comment tu vas?
Salut Mohamed, super, merci beaucoup pour ton accueil, pour ton énergie.
C'est parti, let's go! Alors on va commencer tout simplement par une question simple qui est: qui tu es? Est-ce que tu peux te présenter? Je t'ai présenté, mais j'aimerais que tu te présentes toi-même avec tes mots tout simplement.
Je m'appelle Youssef, je suis d'origine du Maroc. Moi, je suis né à Casablanca, je suis arrivé très jeune à l'âge de 5-6 ans et puis j'ai grandi principalement dans les Yvelines. Mes parents sont du Maroc aussi. Je suis marié, père de famille, 29 ans aujourd'hui et puis on a créé cette école Coûte que coûte mais on a aussi Essayer de se battre en fait pour ouvrir les portes et aujourd'hui permettre à d'autres personnes de permettre à tout le monde de non pas de simplement ouvrir les portes, mais parfois de les enfoncer. Parce que les portes, elles sont parfois fermées, on n'a pas toujours la bonne clé, on n'a pas toujours le bon chemin. Donc l'idée de se dire comment on peut faire lorsque la porte est fermée pour l'enfoncer et rentrer coûte que coûte. C'est un peu ça l'idée. Et à côté, je suis aussi conseiller municipal dans la ville où est-ce que j'ai grandi. Donc je suis délégué au numérique, l'emploi et la jeunesse. J'aime beaucoup le foot, pour donner un exemple, ça fait 6 jours de suite que je joue au foot tous les soirs, donc j'ai les jambes en feu.
D'accord, d'accord, d'accord, super. Je t'ai même vu que tu étais parti au Maroc pour suivre un des derniers matchs du Maroc. Tu as voyagé, tu y allais spécifiquement pour voir le match et voir l'ambiance marocaine pendant le match. Bon, on dirait pas que c'est le match où le Maroc a perdu contre la France. Mais quoi qu'il en soit, tu as fait le voyage pour vivre les émotions et réaliser tes rêves tout simplement. Alors tu as créé une école et ça c'est incroyable. Est-ce que quand tu étais jeune tu avais déjà cette envie de créer une école ou ça arrivait un peu comme ça?
J'ai jamais pensé à créer une école de toute ma vie. Moi quand j'étais jeune, j'ai toujours rêvé de sauver le monde. On a tous un rêve quand on est jeune, on veut devenir astronaute, on veut devenir pompier, On veut devenir ingénieur, parfois. Moi, mon rêve, c'était de devenir pompier, donc je voulais sauver le monde et puis créer une école. C'est comme ça que je le vois un peu, pas sauver le monde, mais plutôt permettre à des personnes d'accéder à des choses qui sont parfois difficiles. Et tu sais, lorsque tu aides une personne, en fait, c'est tout son écosystème qui va être aidé. Donc si une personne arrive à s'en sortir, c'est ses parents, sa famille, c'est ses petits frères, ses cousins, c'est tout son environnement. Donc j'ai gardé cet esprit rêveur de me dire comment je peux faire pour faire avancer les choses, et ça s'est concrétisé aujourd'hui par monter une école.
D'accord. Et donc aujourd'hui tu es directeur d'une école, tu l'as fondée, mais toi quand tu étais jeune, tu étais un enfant brillant, tu avais des bonnes notes, tu étais quel type d'élève d'abord quand tu étais jeune?
Après on parlera du parcours, mais J'étais le, le, la personne, on va dire, instable. Parfois très bon, parfois le plus nul, tu vois. Donc soit j'étais excellent, soit j'étais archi naze. Et j'ai toujours été drivé par la motivation. Donc on a des personnes qui sont très disciplinées dans leur vie. Moi, ça a toujours été la motivation qui m'a, qui m'a drivé. Donc on pourra rentrer dans le détail, mais moi j'ai redoublé 3 fois, j'ai eu plein de galères, ça a pas toujours été très facile. Ce qui m'a aidé, c'est Adibou quand j'étais jeune. Tu vois le jeu là, quand tu es petit dans la plateforme, tu t'amuses en jouant. Ça, ça m'avait pas mal aidé.
D'accord. Tu as redoublé 3 fois, tu as redoublé quoi? À quel niveau?
J'ai redoublé déjà la CE1 parce que je parlais pas très bien français lorsque je suis venu du Maroc. Donc cette année-là un peu particulière. Dès que j'ai redoublé cette année, j'ai explosé. J'étais toujours premier, deuxième de la classe, j'arrangeais tout. Je me rappelle, les profs, ils disaient même: «Bon, faudrait que Youssef, il laisse participer un peu les autres, il lève toujours la main.» J'ai même pas compris, même aujourd'hui j'arrive pas à comprendre cette remarque de: «Il lève toujours la main, il veut participer.» Tant mieux, tu vois, tu as quelqu'un qui est actif, encourage-le encore plus au lieu de lui dire: «Reste dans ton coin.» Là, des fois, tu as des choses comme ça un peu qui pas ultra positif pour un enfant de voir ça dans son carnet de notes. Je sais plus comment on appelle, un bac de base STG en informatique que j'ai raté parce qu'aucune motivation, des difficultés un peu chez moi particulières. Donc je me suis fait virer du lycée, j'ai fait 3 lycées différents et je l'ai repassé dans un autre lycée et après à l'université. Voilà, la deuxième année, une dispute avec un professeur qui allait un peu trop loin. Et donc, bah, en arrière, quoi. Ça a pas pris et je suis revenu à la fin avec beaucoup de hâme.
Et aujourd'hui, t'as quoi? T'as un bac +5?
Aujourd'hui, j'ai un bac +5.
Exactement. C'est fou ce que tu racontes là, parce que moi aussi j'ai redoublé le CP, je devais redoubler, je devais aller en SECPA. Un peu, moi je suis né en France, mais famille nombreuse, 6 sœurs, famille marocaine, 6 sœurs, je suis l'avant-dernier. Mes parents ne savent pas lire, ne savent pas écrire, donc je devais aller en secpa parce que j'étais trop nul. Et donc je vois ce que tu racontes et c'est incroyable pour toutes les personnes qui nous écoutent d'entendre qu'une personne a redoublé 3 fois, qu'elle a raté le bac, qu'à la fac elle s'est fait entre guillemets presque virer ou elle a dû arrêter. Et aujourd'hui, tu as quand même eu un bac +5, ce qui est incroyable. Et aujourd'hui, tu es fondateur d'une école et tu impactes des vies et tu impactes des jeunes. Et ça, c'est incroyable. Et est-ce que tu penses que ce que tu as appris à l'école te sert aujourd'hui dans ta fonction de directeur d'école? Et de directeur, en plus c'est une école post-bac, c'est des personnes qui— on en reparlera un peu plus de l'école.
C'est une bonne question. Je pense que déjà on nous apprend pas à entreprendre aujourd'hui. Il y a pas une école qui t'apprend à entreprendre. L'école, dans, pour moi, ma vision, c'est pour former des personnes qui demain vont entrer dans des entreprises et pas pour former forcément des entrepreneurs. Néanmoins, bah, tu as une certaine culture que tu vas acquérir qui va te permettre d'interagir avec les autres. Tu vas créer ton réseau. Des personnes qui vont grandir aussi dans leur coin et avec qui tu vas pouvoir te connecter, faire des choses. Et mais je pourrais pas dire que c'est l'école qui m'a, qui m'a appris les choses. Aujourd'hui, on a la chance d'avoir un savoir qui est accessible grâce aux nouvelles technologies, internet, Google, le ChatGPT aujourd'hui là qui est en train d'exploser, mais pas que. Et donc on a un savoir qui est accessible. Et moi, je pars du principe qu'à partir du moment où tu es motivé, que tu sais ce que tu as envie de faire, en fait l'école elle te sert plus à rien parce que tout est accessible. Tu vois, tu peux tout apprendre par toi-même. Ça, c'est un peu ma philosophie. Donc oui, je vais pas cracher sur l'école et dire ça m'a servi à rien, mais je vais pas te dire que c'est ce qui a transformé ma vie dans l'apprentissage. J'ai beaucoup plus appris dans la pratique, dans les expériences professionnelles, qu'à l'école, tu vois, en mangeant des pierres, en te confrontant au marché, en te confrontant à des obstacles, à des objections. Là, j'ai beaucoup appris. L'école, voilà, c'est un cadre un peu institutionnel Je le vois plutôt comme de la culture générale que tu acquiers et qui t'aide à échanger avec les autres, on va dire ça comme ça.
Et donc, tu as eu ton bac+5, tu es rentré dans le monde du travail et après, tu as voulu créer ton école ou tu t'es dit: c'est bon, j'ai trop galéré à l'école et je veux sauver des jeunes et je veux leur montrer qu'on peut avoir une super bonne école et réussir et leur donner tout ce que je n'ai pas eu moi quand j'étais à l'école?
Écoute, déjà moi, j'ai beaucoup bossé depuis que je suis petit. Depuis que j'ai 10 ans, je bosse avec mon père. Je vais dans ces chantiers faire le ménage, d'accord, dans les halls de bâtiments, dans les garages, d'accord, nettoyer, ramasser des crottes de chien, j'ai tout fait. J'ai bossé en restauration, j'ai bossé chez Decathlon, Adidas, Leroy Merlin, Carrefour Drive. J'ai fait toutes les expériences que tu peux faire. Et ensuite, je suis rentré en alternance en master, c'est ce qui m'a sauvé. C'est ce qui m'a permis de pousser le bouchon. Je pense que l'alternance, c'est un bon modèle. Ça te permet d'acquérir un diplôme, de l'expérience professionnelle que tu valorises à ta sortie, et de gagner de l'argent sans trop charbonner à côté. Sachant que moi, je continue de bosser. Je faisais mon master, j'avais mon alternance. Le soir, j'allais nettoyer des bâtiments. Le week-end, je continue de bosser. Donc c'était charbonnage à mort. Charbonnage à mort. Et à la suite du master, j'ai bossé pendant 2 ans en CDI, toujours dans le monde de l'informatique. Moi, j'ai eu un master ingénieur d'affaires dans le monde de la technologie, donc travailler dans la cybersécurité, chez Oracle, dans ce type d'entreprise. Et 2 ans après, je me suis rendu compte, je dis écoute, tu vois, là tu as réussi à t'en sortir, il t'en a fallu peu en fait. Il t'a juste fallu, juste manquer les bonnes informations, les bons codes, tu vois, savoir par où passer. Quand tu as des parents qui se donnent à fond pour toi, connaissent pas forcément le système. La chose que moi mon père me répétait toujours, c'est fais des études si tu veux pas faire la même chose que moi toute ta vie, tu vois. Donc en gros faire le ménage. Et donc c'était déjà une source de motivation parce que je voulais pas faire ça toute ma vie. Ça, ça m'a motivé. Mais par contre, j'avais pas forcément l'info. C'est quoi le secteur porteur? Par où il faut passer? Tu vois, qu'est-ce qu'il faut faire? C'est quoi le chemin? Par quelles écoles? Quel type d'entreprise? Ou les expériences? Donc tout ça, on l'a connu en mangeant des pierres, on l'a connu en essayant plein de métiers différents. Et 2 ans après, je me suis dit, en fait, c'est ça qui nous manque, tu vois. Nous, on a faim, on a la dalle, on est motivé. Il nous faut des personnes qui peuvent nous accompagner pour aller faire des métiers qui sont très porteurs, très intéressants, aussi rémunérateurs. Quand tu viens de quartiers populaires, tu as besoin de bien gagner ta vie, on va pas se mentir. Après, d'assumer tout ça. Donc 2 ans après avoir fini mes études en CDI, là, j'ai décidé de me lancer à fond dans ce projet. Et ça a été le choix le plus difficile de toute ma vie.
Pourquoi le choix le plus difficile de toute ta vie? Est-ce que tu peux développer? Alors, parle le pourquoi, mais le c'est-à-dire plutôt.
Parce que tu commences à peine à t'en sortir que tu recommences à zéro, tu vois. C'est-à-dire, tu sors la tête de l'eau, tu as galéré toute ta vie, tu es là, tu as charbonné comme un porc pour avoir un bon taf. En plus, on est super bien payé dans ce domaine-là, mais c'est des salaires qui sont incroyables en sortie d'études pour des jeunes comme nous. Donc tu commences à t'en sortir, tu as une belle voiture, tes parents, hop, tiens, c'est bon, bam bam, chacun fait ce qu'il veut. Mes petites sœurs, tiens, inscris-toi à l'équitation cette année, faut que tu t'éclates, faut que tu kiffes. Bah c'est beau, tu dis ah yes, hop, et là tu dis non, stop, tu quittes, tu te mets au chômage et tu lances une boîte. C'est-à-dire tu abandonnes un peu toutes les galères qui t'ont permis d'arriver à un truc pour dire non, en fait finalement je vais recommencer et je vais reconstruire. Et moi je le vois comme un bateau en fait ce que je suis en train de faire, tu vois. Je le vois un peu comme le gars qui a trouvé une île un peu fantastique, tu vois, dans laquelle c'est super, tu peux t'éclater, tu peux grandir, etc. Et tout. Et au lieu de rester dans cette île, je me dis écoute, tu fais marche arrière, tu reviens et tu vas essayer de ramener un maximum de monde là-bas, tu vois. C'est un peu le truc, je me dis il faut ramener un maximum de monde dans cette job-là parce qu'on a tout ce qu'il faut.
En vrai, tu as trouvé un trésor et tu t'es dit au lieu de garder le trésor pour moi, je vais en faire profiter toutes les personnes qui auraient pu galérer comme moi. En fait, c'est incroyable parce que je me reconnais dans dans ce que tu es en train de dire, mais moi différemment. Quand j'ai découvert les techniques d'apprentissage, je les ai découvertes, ça m'a sauvé. J'ai appris à pratiquer ça, je travaillais, je finis à midi, j'avais fini mes journées tellement tu es productif, tu as les bons outils. Et là, tu te dis: mais pourquoi je garde ça pour moi? Pourquoi? Si moi j'ai galéré, c'est-à-dire qu'il y a des centaines et des milliers de personnes qui galèrent aussi. Donc maintenant, je vais démocratiser ce savoir et je vais tout arrêter. Et comme toi, j'ai arrêté mon salaire d'ingénieur dans un grand groupe dans le domaine de l'énergie, je travaillais chez EDF, pour me mettre à mon compte et faire des formations de lecture rapide. Et au début, quand je commençais les formations de lecture rapide, les gens, ils me disaient: «Lecture quoi?» Je dis: «Lecture rapide.» Déjà, je me rappelle quand je me suis lancé dans ça, et là, ils avaient des sourires, mais des faux sourires, tu sais, le sourire du: «Non, mais ton truc, c'est n'importe quoi. Vas-y, dans 6 mois, il va revenir, lecture rapide.» Vas-y, les gens, ils ne disent même pas: «Qu'est-ce que tu vas faire de la formation? Qu'est-ce que tu as gagné de l'argent?» en vendant des formations pour apprendre à lire aux gens. Non mais arrête de rêver. Et aujourd'hui, c'est les mêmes personnes qui reviennent te voir pour te dire: ah ouais, c'est bien ton truc, comment, c'est quoi déjà, explique-moi comment ça fonctionne. Et c'est cool, et donc c'est pour ça que c'est inspirant ce que tu racontes parce que je me retrouve dans plein de choses que tu racontes. Et donc, tu es salarié, tu gagnes bien ta vie, tu te dis vas-y, je vais aider les gens et leur montrer le chemin par lequel je suis passé. Et Il y a plein de moyens d'aider les gens. Pourquoi tu crées une école? C'est quoi le truc dans ta tête? Tu t'es dit, ben moi, pour aider les gens, je vais créer une école et je vais l'appeler Coute que Coute.
En fait, ça, on n'a pas attendu de créer l'école pour le faire. Moi, il y a des personnes qui m'ont aidé, que j'ai croisées sur mon chemin, qui m'ont mentoré, qui m'ont permis d'arriver à là. Et puis nous, c'est une chaîne à la fin. Tu as des personnes qui sont au bout, tu en as qui te tirent, toi tu prends, tu tires d'autres personnes. Sauf que je voyais que l'impact, il était, tu vois, il était encore trop petit, tu vois. C'était trop du cas par cas, c'était pas assez démocratisé. Comment tu peux faire pour ramener encore plus de monde, tu vois, à grande échelle? Ça, quand tu crées une école, c'est un autre monde. C'est pas une personne que tu mentores, tu vois. C'est tu montes des classes qui sont suivies avec des intervenants, tu mets tout ton réseau, toute ton énergie. Et donc c'était plutôt continuer ce qu'on faisait déjà nous on avait un cercle, on essayait d'amener déjà un maximum de monde. On s'est dit bah peut-être que monter une école, ça peut être, tu vois, ça peut, ça peut créer un truc encore plus puissant que le faire en one-to-one, au cas par cas, ainsi de suite. D'accord. Comment on peut avoir un impact beaucoup plus grand?
Et c'est quoi les profils des personnes qui sont dans ton école aujourd'hui?
On a de tout, on a de tout. On a des personnes qui sont en reconversion professionnelle, exemple là dans la classe Aujourd'hui, là, on est invité chez Microsoft. On a une fille qui a un master en droit de commerce international, on a quelqu'un qui a un master en marketing, on a quelqu'un qui a pas le bac, un qui a un bac mais qui a fait Sciences Po et qui a arrêté juste après, quelqu'un qui était animateur dans un, tu vois, les trucs un peu pour les jeunes, de SMJ, des choses comme ça. On est des profils qui ont des niveaux différents, des expériences différentes, qui viennent pas du même monde. Le plus jeune, il a 18 ans, le plus âgé, il en a 34. Le plus important pour nous, c'est la personnalité et c'est la dalle.
Tu vois, c'est tu dois réussir coûte que coûte, c'est ça l'objectif. C'est en plus, c'est exactement ça, vous allez réussir. En plus, c'est ton slogan, coûte que coûte, vous allez réussir. Donc c'est d'accord.
T'as pas le choix. Et quand tu montes dans le bateau, t'abandonnes personne. Genre, moi c'est un peu ma philosophie. Normalement dans les écoles, tu viens, tu viens pas, on donnait, vas-y, on dit on s'en bat les couilles. Nous aujourd'hui, on se dit tu montes dans le bateau, t'accompagnes pas, tu vois. Tu fais partie, tu fais partie de l'équipage, tu vas jusqu'au bout. Celui qui souffre, tout le monde l'aide, tu vois. Quand quelqu'un est en galère, qui est en difficulté, quelqu'un qui vomit parce qu'on a un programme très intensif, c'est pas grave, hop, on est tous derrière, on se soutient, etc. Donc moi, c'est comme ça que je vois le truc.
Et aujourd'hui, parce que j'ai regardé un peu ce que vous faisiez, mais pour les personnes qui nous écoutent, parce que tu me dis que tu as des personnes qui ont entre 18 et 34 ans, tu prépares à quel diplôme aujourd'hui?
Aujourd'hui, c'est un diplôme de reconversion, donc nous on a un diplôme qui vaut bac +2, qui est reconnu par l'État, RNCP, sachant que le parcours, il est sur 15 mois. En fait, on boxe, je veux dire ça volontairement comme ça, on boxe les personnes pendant 3 mois intensifs, on leur donne tout le savoir-faire, le savoir-être nécessaire pour travailler dans dans ce monde-là, le monde du business development, de l'ingénierie d'affaires dans les hautes technologies. Donc c'est 3 mois intensifs et ensuite ils rentrent en alternance pendant 1 an, sachant qu'avant même de commencer le programme, nous on leur présente déjà des entreprises pour qu'ils puissent tous avoir leur entreprise avant de commencer. Et ensuite le diplôme, c'est un diplôme de niveau bac +2 parce que tu as des personnes qui sont en reconversion. Donc quelqu'un qui a un master, il a déjà son master. Par contre, quelqu'un qui a un bac ou qui a juste Tu peux pas avoir un master directement. Bien sûr. Voilà, de reconversion professionnelle.
Et toi en plus avec ton réseau, tu leur permets de trouver des entreprises plus facilement grâce à tout le réseau que tu as développé.
Exactement. Là exemple, la prochaine promotion commence le 13 mars, ça fait un mois et demi maintenant que tous les mercredis on organise des job dating où on a 5-6 entreprises partenaires qui viennent rencontrer les candidats pour les recruter.
Ce qui est incroyable dans ton école là, ce que tu me racontes, C'est un peu comme des réseaux de mastermind, de réseaux d'entrepreneurs ou de thématiques où les gens vont arriver et tu as des promos qui se créent, des gens qui sont là ensemble avec le même état d'esprit, ils vont avancer. Et donc là, ce que tu es en train de me dire, en dehors d'une école où tu as des gens qui viennent, les gens, il y a toujours des affinités, 2-3 personnes qui s'apprécient, 2-3 personnes qui ne s'apprécient pas. Là, vous, non, c'est un groupe de 25 et les 25 vont au bout. Au début, c'était 8, après 13, maintenant 25. Les 25, c'est une famille où «On va au bout et dans 6 ans, 10 ans, ils auront toujours les mêmes numéros et ce sera la promo et quand ils seront plus tard, en fait, tu crées une sorte de cohésion pour que tu aies un réseau et quand eux seront en place, ils pourront placer d'autres personnes de l'école et tout, ça c'est super bien.» Tu sais, par exemple, aujourd'hui, la classe, elle se remplit qu'avec le bouche-à-oreille, tu vois.
C'est la première promotion qui a eu un très beau succès. Qui attire la deuxième, qui attire la troisième. Donc les premiers qui disent: «Ok, moi quand est-ce que je viens dans l'école? J'ai envie d'intervenir.» Tu vois, d'habitude c'est les écoles qui vont dire: «Ouais, est-ce que tu peux venir témoigner?» Là c'est l'inverse, les étudiants qui disent: «Ah non, moi je veux témoigner.» C'est top, tu vois, c'est magnifique.
Super. Et aujourd'hui, donc tu me dis que tu as plusieurs personnes entre 18 et 34 ans. Comment toi et comment vous, vous arrivez à accompagner la disparité entre les âges et les manières d'apprendre? Parce qu'une personne qui sort du bac et une personne qui a déjà un master ou une personne qui a 34 ans et qui a déjà travaillé, peut-être que l'état d'esprit n'est pas le même. Comment toi, tu vois ça? Et est-ce que tu as des tips, des trucs à donner aux personnes qui nous écoutent?
Ça, c'est une très bonne question. Je pense qu'il faut que les personnes Prennent ce qu'il y a de meilleur chez l'autre. Nous, c'est comme ça qu'on le voit, même dans les intervenants. En fait, nous, on n'a pas de professeur qui vient te faire un cours théorique. On a que des professionnels qui travaillent et qui viennent te montrer comment ils bossent en fait au quotidien, de partager leur méthodologie, leur expérience de manière très pratique. On leur dit, toutes ces personnes, prenez le meilleur, apprenez d'eux. Et dans une classe, c'est pareil. Peut-être que tu as le jeune qui a 10 ans, qui a moins d'expérience, mais il a une niaque, il a une déter, il a une manière de faire, il a plus d'audace. Que l'autre qui a un master, qui a déjà eu quelques expériences, ainsi de suite. Et donc, tu en as qui vont apporter de la sagesse, d'autres qui vont apporter de l'audace, ainsi de suite. Donc, créer une boule d'énergie où tout le monde va chercher le meilleur de l'autre. Et c'est ça, en fait, le modèle. Peu importe d'où tu viens, tu as toujours quelqu'un qui a un truc de plus, tu vois, que toi. Et va chercher ce truc-là et essaye de voir comment tu peux, tu vois, l'incorporer, en fait.
D'accord, c'est super, super intéressant ce que tu es en train de me dire. Tout à l'heure, tu disais que c'est un des challenges le plus important que tu as de ta vie. En même temps, tu es assez jeune, tu as 29 ans, tu es reparti de zéro en disant je vais créer une école. Tu t'es mis au chômage pour commencer ça. Quels ont été les plus gros challenges ou les plus grosses difficultés que tu as rencontrées dans ce projet et comment tu as fait pour surmonter ça? Même si tu l'as surmonté coûte que coûte, ça je sais, mais comment tu as fait?
Déjà, le fait de quitter mon CDI comme je t'ai dit, Moi, j'étais marié, j'avais un enfant en bas âge, c'est pas forcément facile. Ma femme était encore en master, master en droit du numérique, elle a eu l'année dernière, donc c'est top. Et bah, tu sais, tu es tout seul, c'est toi qui ramène les sous, c'est toi qui paye le loyer, qui fait tout. Donc tu repars comme ça, alors que c'est pas stable. Déjà, ça, c'était une grosse épreuve.
Tu me fais trop rire parce que Quand je t'écoute, je m'écoute. Et c'est incroyable, en vrai je t'écoute et je te vois, je vois ton sourire et je suis en train de m'écouter. En vrai, je suis en train de voir mes parents me dire: mais t'es fou, Mohamed, mais t'es fou, travaille chez EDF, tu vas tout arrêter. Parce que ma femme a été, on venait d'avoir mon deuxième enfant, ma femme était photographe à la maison, elle est auto-entrepreneuse, donc ses revenus étaient très bas, très très bas parce que Et donc c'est comme toi, on va dire. Et je dis à mes parents, je vais tout arrêter. Mon père me dit: mais t'es fou! Il me dit: mais non, jamais t'arrêtes EDF, c'est EDF, jamais! Je lui dis: mais si, je vais arrêter. Il me dit: mais juste l'électricité? Lui dans sa tête c'était: mais juste l'électricité? Tu payes pas l'électricité? Et voilà. Et maintenant c'est mon père qui est super fier de moi et qui me dit: c'est incroyable, bravo, continue parce que voilà, tu as des rêves. Mais moi je te laisse parler, continue donc. Première épreuve, c'est le fait d'arrêter. Et après, une fois que tu as la pression sociale, la peur de perdre ce que tu as créé, le fait de dire bah je dois payer un loyer, payer.
Déjà premièrement, tu te rends compte que tu n'as rien à perdre. Quand tu réfléchis bien, tu dis tu as construit un bagage, tu as mis plein de choses dedans et ce bagage, il te suit. C'est ça l'avantage un peu aussi de faire des études, d'avoir des expériences. Tu dis voilà, c'est bon. En fait, à la fin, je me dis mais j'ai quoi à perdre? Demain, hop, je me cartouche, il se passe un truc de fou, je reviens dans mon domaine, je reprends. Donc ça, ça te permet d'être un peu plus apaisé dans l'entrepreneuriat.
Tu vois, par exemple, relativisme.
Voilà, mon père, quand je lui ai dit vas-y, je vais entreprendre, il me dit mais c'est les gens qui ont plus rien à perdre qui entreprennent. Au contraire, je dis nous, on va entreprendre de manière beaucoup plus apaisée parce qu'on a un bagage qui nous suit et qui nous permet une espèce de trousse de secours. D'accord. Moi, je suis pas trop pour les citations qui te disent ouais, l'entrepreneuriat, c'est sauter du haut d'une falaise et construire l'avion durant sa chute. Moi, je pense que l'entrepreneuriat, ça se prépare, c'est un projet impactant dans sa vie, c'est beaucoup de sacrifices. Et donc tu sautes pas du haut d'une falaise et tu craches, tu t'exploses le crâne, et c'est pour toi, tu vois. Donc moi, je le voyais plutôt comme ça, entrepreneuriat. J'ai déjà commencé à préparer un peu mon réseau. C'est pour ça que là, aujourd'hui, j'ai 300 000 personnes qui me suivent sur LinkedIn. Mais moi, ça fait un petit moment maintenant, ça fait 5-6 ans que je suis. Donc je commençais déjà à préparer mon réseau parce que je savais que j'allais entreprendre. Et après, les difficultés, il y en a encore aujourd'hui. En fait, il y en a tout le temps, des difficultés, elles sont toujours présentes. Donc comprendre un peu le monde de l'éducation, des organismes de formation. Quand tu as jamais lancé d'école, tu as beaucoup de normes, beaucoup de process qualité aujourd'hui en France, tu as beaucoup de réglementations. Tout ça, faut bien comprendre, faut le saisir, faut le mettre en application. Donc ça, c'était la première étape. C'est créer un organisme de formation, être agrémenté, accrédité, ce que tu veux. Première étape. Deuxième étape: lancer une première classe. Tu vois, c'est-à-dire la première classe que j'ai lancée, j'ai pris aucun financement, je leur ai tout offert. Je leur ai dit: écoute, venez, je suis en train de monter mon école, un projet, vous êtes les premiers, je vous demande rien, faites-moi confiance, à la fin vous ressortez avec un job. Par contre, par contre, par contre, on va galérer pendant 3 mois. C'est-à-dire pendant 3 mois, j'avais pas de salle, je me débrouillais tous les jours à minuit, 1h pour trouver une salle le lendemain. L'après-midi, on faisait des aventures parce que je J'avais pas assez d'argent pour payer des locaux parfois, donc on se baladait, on faisait beaucoup de choses. Tu vois, c'était énorme. Pendant 3 mois, j'avais rien. Je me disais, c'est pas grave, fais-le quand même, tu vois. Tente.
Trouver les intervenants aussi qui veulent venir et qui disent, mais moi je vais être payé. Non, c'est du bénévolat au début parce qu'il y a rien et tout.
Exactement. Je me suis débrouillé, tu vois. Je me suis débrouillé, je vais le faire. Et je suis super content. Ça a été une des meilleures expériences professionnelles de toute ma vie. Parce que je me suis rendu compte que très souvent on se met beaucoup de, tu vois, de barrières limitantes, alors que finalement il suffit juste de foncer, d'essayer. Qu'est-ce que tu as à perdre, tu vois, à la fin? Pas grand-chose. Donc aventure pendant 3 mois, ça a super bien marché. Et quand j'ai vu que j'avais réussi à le faire avec les premiers, je sais pas, c'est bon, maintenant tu peux foncer. Donc là, deuxième étape, c'est le recrutement, tu vois. Donc recruter, trouver les bonnes personnes, accélérer, monter quelque chose avec des vraies sources de financement, etc.
Je vois ta tête, les gens qui regarderont ça sur YouTube, ils verront la tête que tu fais, et ceux qui écoutent, ils ont entendu le silence qui voulait dire: ouh là, les financements, les opcos qui doivent payer, mais qui payent avec je ne sais pas combien de temps de retard parce que...
En plus, moi je ne suis pas un profil admin, gestion, tu vois. Moi je suis un profil: vas-y, je bouge, rendez-vous, meeting, business, il faut qu'on avance, il faut qu'on close, tu vois, je suis dynamique. Viens, on met un sac à dos, on y va, tu vois. Je suis pas le profil vas-y.
Et donc tu t'es fait accompagner, tu as cherché et tu as recruté une personne qui était très dans l'administratif pour gérer tous les dossiers et tout?
Exactement, exactement. Là, ça fait, ça fait un peu plus d'un an. Là, j'ai, j'ai 4 personnes à temps plein et 7 personnes en alternance, en train de se structurer petit à petit. Donc là, là, on est un peu plus d'une dizaine de personnes et on essaie de, de, de, de pousser les choses, pousser les choses. On enfonce les portes, tu vois, c'est ça, on enfonce les portes.
D'accord. Et Et si tu avais un truc à retenir de cette expérience, en fait de ces 2 ans, cette année et demie ou ces 2 ans-là, tu as commencé il y a combien de temps? Il y a 2 ans, c'est ça, ton école?
Un peu moins d'un an et demi, un an et demi à peu près, on va dire ça comme ça.
Un an et demi et tu es déjà à l'ouverture de la 3e promo au mois de mars. C'est incroyable. Et donc, en un an et demi, c'est quoi la plus grosse galère et le plus gros enseignement que tu as eu? La plus grosse galère, Parce que les gens aiment bien ça, aiment bien les galères. Je sais pas pourquoi, mais ils aiment bien dire: «Waouh, les galères qu'il a eues!» Et je vais répondre à la question.
Je sais pas si la réponse sera satisfaisante, mais je vais répondre.
Il y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.
Moi, je me dis: on sait très bien, c'est un mal peut être un bien pour toi et un bien peut être un mal pour toi. Exactement. Peu importe ce qui m'arrive dans la vie, je vois toujours les choses d'un regard positif. En fait, j'ai jamais eu l'impression que j'étais malheureux, tu vois. J'ai toujours eu l'impression que tout allait bien dans ma vie, tu vois. J'ai toujours été satisfait de ce que j'avais, etc. et tout. Donc, je peux pas dire que j'ai eu des grosses galères qui m'ont empêché de dormir. Par contre, ce que je peux dire, c'est que parfois tu as des moments où tu te sens isolé, où c'est difficile. Tu as mille choses à gérer, tu sais pas quoi prioriser, tu vois. Limite, cette Tu craques, tu vois, c'est chaud. Et tu arrives à un stade où tu dis vas-y, je sais pas comment je vais faire, je sais pas par où passer, ça me saoule, en plus c'est trop dur à faire, tu vois. Donc tu as des phases comme ça, c'est pas des galères en fait, c'est plutôt de l'accumulation de choses à surmonter. Parce que quand tu crées une école, tu dois gérer la finance, le juridique, le marketing, la communication, le placement, les entreprises, les financements, les dossiers, tout.
Et les élèves.
Et les élèves, tu vois, tu as mille choses à gérer. À un moment donné, tout ça s'accumule et tu vois, ça peut te fatiguer, tu vois. Mais j'ai pas eu l'impression d'avoir connu des gros coups. Donc moi, la seule chose que je peux dire, c'est que quand j'arrive à ce stade-là, c'est un stade qui vient peut-être souvent, tu vois. C'est une courbe où à un moment donné, bam, il y a un truc qui explose, beaucoup de travail pour arriver à une deuxième étape, donc hop, tu ré-exploses et ainsi de suite. Moi, je me déconnecte, je me déconnecte et je reviens à l'essentiel. Là, c'est chaud, tu as accumulé, prends 2 jours, pose-toi avec mon fils, on réfléchit, on passe à autre chose, tu vois, on repense à pourquoi on fait ce qu'on est en train de faire aujourd'hui, tu vois. Et bam, tu redémarres en pleine force. C'est toujours comme ça, tu vois. D'ailleurs, là, ce week-end, je vais prendre 2 jours, tu vois, parce que j'ai trop accumulé. En 2 jours. Et je sais que lundi, je me connais par cœur, je vais revenir avec une pêche de ouf.
D'accord. En vrai, ce que tu fais dans l'analyse, c'est que je pense que tu es quelqu'un d'interpersonnel, donc tu es très dans le contact, dans la relation. Et quand tu donnes beaucoup, tu as besoin d'avoir des moments d'introspection, des moments de retour à l'essentiel. Et ces moments-là, souvent les gens ne prennent pas conscience de ça. Et toi, tu as pris conscience de ça et ça, c'est très bien. C'est-à-dire que quand tu en as besoin, tu les prends. Et il y en a qui le prennent tous les jours un peu, une heure. Il y en a qui le prennent comme toi tu fais. Et souvent les personnes qui prennent pas ces moments-là, c'est eux qui vont arriver après quasi en burnout ou autre parce qu'ils ont pas ces moments d'introspection. Et donc effectivement, quand tu as des proches, quand tu as un enfant, tout ça, et tu te reviens à l'essentiel, c'est super puissant.
Ça se voit, tu vois, sur moi je le vois venir ce truc-là, je le vois venir, je l'anticipe et je sais qu'à tel moment il faut que je fasse une petite pause, déconnecte pour revenir en force.
Quand on a programmé le podcast, tu m'avais déjà dit: «Bon, on le bloque, mais peut-être que je serai en phase repos, donc on verra.» Tu avais déjà anticipé. J'ai encore quelques questions, on arrive bientôt vers la fin. Comment tu fais aujourd'hui pour encore apprendre? Parce que je pense que tu dois apprendre tout le temps aujourd'hui. Est-ce que toi, tu as une routine en tant que— en plus, peut-être que tes élèves vont t'écouter aujourd'hui, ils vont écouter ce podcast, peut-être qu'ils vont découvrir des choses qu'ils ne savent même pas de ton histoire. Comment tu apprends aujourd'hui? Est-ce que tu apprends encore ou est-ce que tu as mis une routine en place ou pas?
Il y a plusieurs choses. Premièrement, moi je suis quelqu'un qui écoute beaucoup et qui parle peu par nature. J'estime qu'on apprend beaucoup plus en écoutant qu'en parlant, tu vois. Donc ça, c'est un peu mon modèle. Il y a pas de télévision chez moi, donc moi par exemple, quand on est à table, on discute avec ma femme et je pose beaucoup de questions. Elle me dit: «Ah, c'est toujours moi qui parle!» Je dis: «Ouais, mais moi j'apprends beaucoup de choses quand tu parles.» D'accord. J'écoute beaucoup, donc beaucoup d'interaction et d'échange et d'écoute, tu vois. Très souvent, bien parler pour conforter son ego, mettre en avant son fait, moi ça m'apporte rien en fait, tu vois. Là tu me poses des questions, si on se croisait et que tu me posais pas de questions, tu verrais, je parlerais même pas. Donc déjà, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'écoute et éliminer, tu vois, tout ce qui est néfaste. Les réseaux sociaux, pour moi, c'est ultra néfaste si tu es juste un simple consommateur et que tu consommes que du bullshit. Tu peux consommer des bonnes choses sur les réseaux sociaux. Moi, je suis plutôt quelqu'un qui est actif sur les réseaux sociaux, c'est-à-dire quand j'y vais, je suis toujours en mode veille. Hop, qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est truc, comment je peux l'utiliser derrière, c'est tout. Donc j'ai une routine que j'essaye d'optimiser et qui est venue assez naturellement. Troisième chose, j'aime bien dire Je lis pas tous les jours, mais toutes les semaines, donc des livres très différents. Donc en ce moment, je lis Harry Potter, donc ça c'est plutôt pour, c'est mon moment de déconnexion. Je vais lire Harry Potter, ça me permet de toujours être présent, de créer mon univers, de réapprendre, parce que c'est très important la lecture. Et je lis un autre livre qui est Bâtir une équipe de Gérald Carsentier, qui est l'ancien PDG de SAP. Et ça, c'est plutôt un livre autour du leadership. Du management. Et ça, ça me permet, moi, d'apprendre sur comment potentiellement manager et suivre mes équipes. Donc j'aime bien, j'aime bien la lecture. Le sport, gros sportif, surtout le football. Et moi, chaque match de foot, c'est un apprentissage, tu vois. Et je suis un bon compétiteur, je déteste perdre, j'ai la rage quand je perds, mais j'essaie toujours de m'améliorer au quotidien. Donc tout ce que tu fais, pour moi, ça fait partie d'un cycle d'apprentissage.
Ok, c'est bien la lecture. Bah, tu vas bientôt recevoir mon livre. Bon, faudrait que tu me redonnes ton adresse, mais que j'attends toujours. Message subliminal en plein milieu du podcast. Non mais comme ça sera l'occasion de lire mon livre Connaissance illimitée. Je pense que tu apprendras plein plein de choses sur l'état d'esprit, la concentration, la mémorisation et plein de choses qui te serviront.
Comment? Moi, la lecture, je me rappelle au démarrage, je galérais parce que Je perdais la concentration tout le temps, je passais mon temps à relire les phrases précédentes, 10-15 fois, tu vois. Je relis et je dis: «Mais attends, mais j'ai lu quoi là?» J'ai arrêté de faire ça. Il dit: «Calme-toi, maintenant tu enchaînes le livre.» C'est exactement ça. Enchaîne le livre, enchaîne-le. Et en fait, tu te rends compte qu'inconsciemment, ton cerveau, il se rappelle. Exactement. Tu suis le fil. Donc j'ai arrêté de revenir dans les trucs parce que je me disais: «Non, Mon cerveau, il a enregistré le truc. Je suis peut-être pas en capacité de le restituer tout de suite. Par contre, continue, tu vois, enchaîne, enchaîne. À la fin, c'est comme ça que j'ai réussi à améliorer ma lecture.
C'est exactement un des enseignements que je donne dans le livre. C'est bon, tu es prêt à rejoindre les Inimités alors? Tu es prêt à rejoindre? Pour les prochains championnats, on va te mettre dans l'équipe pour les prochains championnats du monde. Comme tu es un compétiteur en plus, ce sera l'occasion d'avoir un champion.
C'est ma femme, elle a mon rang en fait. Des fois, on essaie de lire ensemble. Tu sais, moi je suis en train de lire et elle a déjà fini les pages. Je dis c'est bon, elle a lu ça? Je dis non, je suis à la moitié là. Je sais pas comment on fait pour lire rapidement comme ça, mais c'est un truc de ouf.
Incroyable. Petite question parce que je pense qu'il y a plein de gens qui vont nous écouter et qui t'ont connu, qui te connaissent sur LinkedIn et qui savent ce que tu fais. C'est quoi ta routine sur LinkedIn? Tu postes plusieurs fois par jour? Est-ce que tu as une routine particulière ou pas?
Regarde, on me dit souvent: tu passes combien de temps sur LinkedIn? Ça doit être monstrueux, tu publies des fois 3, 4, 5 fois par jour, etc. Et tout. Je dis, la réponse c'est: est-ce que toi tu passes du temps sur les réseaux sociaux? Il dit oui. Tu passes combien de temps? Il dit: bah je regarde plusieurs fois par jour. Il dit: bah exactement la même chose, sauf que moi je suis actif et toi tu consommes, tu vois. C'est exactement pareil. Donc en fait, une routine de quelqu'un d'actif et pas quelqu'un qui consomme, c'est juste ça la différence. Tu passes pas plus de temps que les autres.
D'accord. Donc toi, tu postes régulièrement, tu réponds à tous les commentaires des gens qui t'écrivent ou pas?
Franchement, je vais être cash, j'arrive plus à y répondre. Sur 2022, j'ai fait 310 millions de vues, tu vois. Donc ça, 120 000 abonnés sur LinkedIn, ou c'est un réseau, c'est plus compliqué que les autres de prendre des abonnés. Donc ça a complètement explosé, donc c'est difficile. Là, les commentaires, les messages et tout, j'essaie de le faire, mais déjà avec le projet de développer l'école, tu es obligé de faire un filtre.
Ok, c'est important. On arrive sur mes deux dernières questions. Comme ça, je sais que la première question, c'est: imaginons que, et ça c'est une question que j'adore poser aux personnes que j'invite parce qu'on a plein de réponses différentes et ça met un peu un travail d'introspection. Imagine que c'est ton dernier jour, que tu as tes proches autour de toi, ta famille proche, et que tu dois leur laisser un héritage. Cet héritage, c'est une phrase, une citation, un état d'esprit, un truc que tu as envie de leur laisser et que pour que les gens se rappellent de toi grâce à ce que tu leur auras donné. Ce serait quoi? Quel message tu pourrais leur donner? Quelle phrase? Quel enseignement tu leur donnerais?
Nous, on est comme ça, câlins, bisous sur le front. Il y a pas de mots en fait pour décrire ce qu'on est, tu vois.
Après, c'est plus un enseignement, quand je dis ça, c'est À l'enseignement, exemple, il y a des personnes qui m'ont dit: crois en tes rêves et avance. N'importe quoi, fonction de toi, une phrase pour que les gens se disent: ah ouais, Youssef, il m'avait dit ça et je vais mettre en application parce que ça va me servir.
C'est une phrase qui est complexe parce que moi, j'aime bien adapter ce que je dis en fonction des personnes que j'ai en face parce que je sais qu'ils ont chacun des situations différentes et qu'ils n'ont pas forcément besoin des mêmes infos, tu vois. Chacun a besoin d'informations. Mais si je prends l'exemple de ma mère, tu vois, ma mère, elle a fait le ménage toute sa vie. Aujourd'hui, elle donne des cours, etc., dans l'initiation et tout d'arabe. Et je dis: «Maman, pourquoi tu entreprends pas?» Tu vois. Elle me dit: «Ah ouais, j'ai pas de diplôme, j'ai pas de truc.» Je dis: «Si, tu peux en faire.» Tu vois, en fait, tu as fait ce qu'il y a de plus difficile, dans une vie qui est de prendre des enfants, les éduquer, les faire grandir, leur donner tout ce qu'ils sont aujourd'hui. Donc tu as déjà fait le plus gros, et ça c'est plus qu'un entrepreneuriat, tu vois, c'est plus que gérer la plus grosse entreprise du monde. Donc tu as tous les skills pour entreprendre d'un point de vue organisationnel, d'un point de vue humain, management, leadership, tu vois. Donc c'est vas-y, fonce, tu vois, vas-y, fais confiance, tu vois. Et va au bout de ce que tu as envie de faire. Quoi qu'il arrive, ça sera un bien pour toi à la fin.
Donc fonce et crois en tes rêves et avance.
Ah ouais, c'est— il y a pas de, il y a pas de, il y a pas de secret. Pour moi, cette vie, elle est expérimentale. Tu as une mission de vie, tu tentes des choses. On a la chance aujourd'hui d'être dans un modèle où on est quand même assez sécurisé, tu vois. On peut pas rencontrer des difficultés qui vont nous coincer jusqu'à la mort, mais on a tout ce qu'il faut autour de nous pour rêver et se laisser aller, tu vois. Donc moi, j'ai toujours suivi mon instinct, je te l'ai dit tout à l'heure. Mais des personnes qui sont drivées par une discipline, moi j'ai toujours été drivé par la motivation et par faire ce que j'avais envie de faire. J'ai jamais accepté l'injustice d'un manager qui manquait de respect, même si c'est l'entreprise que j'ai le plus galéré à avoir, bah je me barre en fait. J'accepte pas qu'on manque de respect, tu vois. Je suis arrivé par ce que j'ai envie de faire. Et donc je pense que si tout le monde fait des choses sur lesquelles ils prennent beaucoup de plaisir et qu'ils aiment faire, bah forcément ils sont excellents, tu vois. Tu es toujours excellent dans quelque chose que tu aimes faire. Moi c'est un peu Idrissa Berkane, tu es toujours que, tu vois, il faut concentrer de l'attention, tu vois. Plus tu mets de l'attention et du temps, plus en fait tu es excellent dans ce que tu fais. Et quand tu combines ça avec quelque chose que tu aimes, bah tu as plus de limites parce que tu mets du temps, tu mets de l'attention à l'infini parce que tu aimes cette chose-là. Donc forcément tu excelles, tu vois.
Merci, merci pour cet enseignement qui est très puissant. Et j'en suis sûr que les personnes qui nous écoutent vont mettre de l'attention, du temps et de l'amour, et donc ça va leur permettre de réussir leurs objectifs et atteindre tout ce qu'ils veulent. La dernière question, alors elle est un peu moins philosophique, c'est très simple. C'est pour toi: si j'avais une personne à inviter dans ce podcast, si tu as une personne à me conseiller, une personne que tu voudrais que j'invite ou que tu pourrais mettre en relation, ce serait qui? Et pour qu'on puisse faire grandir ce podcast, une personne inspirante qui pourrait nous partager des enseignements et tout.
Moi, j'ai trouvé ça bizarre, j'ai mon père.
Vas-y, vas-y, s'il est chaud. S'il est chaud, et moi je suis chaud, moi je te le dis, même en relation, donne-moi son numéro, je vais l'appeler, je vais dire Amel Hajj, s'il vous plaît, Youssef il m'a dit faut que je vous invite, vous êtes un entrepreneur depuis que la première heure vous avez fait beaucoup de choses. J'aimerais avoir vos enseignements.
À chaque fois, mon père pareil, il a fait bien toute sa vie, mais moi dès que je fais quelque chose, je lui demande des conseils, tu vois.
Je lui dis: «Papa, t'en penses quoi ?» Est-ce que tu peux me mettre en relation avec lui? Tu acceptes que je l'invite ici ou pas?
Je vais te mettre en relation.
Franchement, je sais pas s'il va accepter parce que lui il est dans son truc. Et pourquoi, en plus c'est incroyable, C'est fou parce que la semaine dernière, j'étais avec le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamran, et donc je lui pose la même question à la fin. Et là, il commence à me dire oui, Tony Parker, il commence à me donner des noms. Et après, il me dit non, non, en vrai, je me suis trompé. Il me dit, moi, pour moi, les gens qu'il faut inviter, c'est nos papas, nos mamans, parce que c'est elles qui sont impactantes. Et donc il m'a dit ouais, il faut inviter nos papas et nos mamans. Et là, tu me reparles, et rebelote, tu me reparles de ton père. Et je me dis là Il y a quelque chose et comme en plus ton père est complètement dans la ligne éditoriale du podcast, c'est l'occasion de l'avoir. Donc voilà, on aura...
Je vais faire l'interview de mes parents bientôt, tu vas voir.
Ah ben voilà, peut-être que j'aurai ton père avant toi, je sais pas. Qui aura Monsieur Koutari en premier? Son fils?
Vu que moi je suis son fils, il va se la raconter avec moi de toute façon, donc c'est toi qui va l'avoir plus facilement que moi, je te le dis.
Ok, en en parlant, merci beaucoup Youssef pour ce moment, pour ce moment d'avoir pris du temps pour nous et pour les auditeurs du podcast Connaissance Illimitée. Si l'épisode vous a plu, je vous invite à laisser 5 étoiles, à partager cet épisode à un maximum de gens. Mettez-nous en commentaire ce que vous avez retenu, s'il y a des choses que vous avez retenues, s'il y a des personnes que vous voulez qu'on invite, mettez-nous ça en commentaire comme ça on va faire vivre un maximum ce podcast. Est-ce que Youssef, tu as un dernier mot, une dernière chose à partager à toutes les personnes ici?
Écoute, suivez à mort le podcast de Mohamed. Moi, j'ai grave kiffé. J'ai du mal à prendre du temps à chaque fois pour des interviews, des podcasts. Là, je l'ai pris parce que j'aime beaucoup déjà ce que tu fais, en fait, de base. Même si on s'était jamais parlé, je voyais ce que tu faisais, je disais: «Ouais, lui, c'est vraiment génial.» Et franchement, c'était un grand plaisir de passer avec toi. C'est très enrichissant. Et même moi, ça me permet de, tu vois, en dehors de partager, de réimaginer certaines choses. Donc tout ce que je peux vous dire, c'est suivez à mort le podcast.
Merci, super, merci beaucoup Youssef, et à très très vite. Prenez soin de vous, et comme je dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités.










