[ Podcast #17 ] Comment Karim DUVAL est passé d'ingénieur à humoriste ?

Karim Duval left engineering to become a comedian after realizing a first laugh could be a career. He wrote Le Petit Précis de Culture Bullshit, a satirical book that dissects corporate jargon, anglicisms, and what he calls "flangage"—the French version of empty inflated language.
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Est-ce que tu te rappelles du jour où tu as fait une blague et là tu t'es dit c'est bon, c'est ce métier que j'ai envie de faire?
Oui, oui, en fait c'est le premier rire, en fait c'est le premier rire recherché, c'est-à-dire que tu as écrit un truc, tu arrives, tu es là comme avec un arc, tu tires et si je vais lâcher? Et le premier rire il vient quoi. Et là le rire collectif d'un public vraiment qui joue ce rôle-là quand toi tu es comédien, c'est immense.
Je suis Mohamed Boclet, auteur, conférencier et formateur en techniques d'apprentissage. Je suis vice-champion du monde de lecture surapide et triple champion de France de mind mapping. Dans le podcast Connaissance Illimitée, on démocratise des techniques d'apprentissage. Le but de ce podcast est de parcourir la vie de plusieurs personnes inspirantes pour vous démontrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée et j'ai la chance d'être avec Karim Duval. Pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est un humoriste qui est incroyable. J'ai déjà vu une fois son spectacle à un événement, franchement j'ai passé une heure et demie à rire, c'était incroyable. Il a une date très prochainement à l'Olympia. Pour ceux qui vont écouter, c'est en juin. On mettra le lien en bas. Mais pourquoi on est là aujourd'hui et pourquoi il est sur le podcast? Parce qu'on va parler de son livre. Il est devenu auteur. Il vient d'écrire «Le Petit Précis de Culture Bullshit» et vous verrez, on va bien, c'est bien marrant et on va en parler pendant une demi-heure. Salut Karim, comment tu vas?
Salut Mohamed, bah ça va très bien, très content d'être là. Toujours réjouissant de parler de sujets et d'autres avec toi. On a déjà pu échanger en vrai et là même en faux, ça va être bien, je sens.
Je suis sûr que ça va être incroyable. Est-ce que tu peux te présenter? Moi je t'ai présenté, mais j'aimerais bien que toi tu te présentes avec tes propres mots.
Finalement, moi il y a un mot qui me résume, c'est humoriste. C'est mon métier, je fais des blagues, même si j'ai pas toujours fait ça. J'ai eu un passé d'ingénieur, en tout cas de diplômé ingénieur cadre dans une grande entreprise, et puis ça fait longtemps que je fais de l'humour. Donc je fais avant tout de la scène et puis je me suis lancé dans la vidéo il y a quelques années et puis mes vidéos sont de plus en plus vues, toutes proportions gardées, et puis bah voilà les spectacles, les vidéos ouvrent des portes vers des projets et ce livre «Le Petit Précis de Culture Bullshit» que j'ai eu le bon goût bien sûr de pas prendre avec moi là parce que je suis...
Parce que tu es humoriste!
Je suis humoriste, je suis pas marketeur!
Et tu t'es dit «Moi Mohamed c'est sûr il va l'avoir donc moi je le mets bien en avant, il est là mais de toute façon Les gens qui, c'est un podcast, donc ils vont principalement écouter l'épisode et on mettra le lien à ma zone de dialogue.
C'est bien pour ça que je l'ai pas pris.
Parce que t'es pas un bullshitter, on en parlera.
Non, pas du tout, pas du tout. J'improvise des excuses comme ça au fil de l'eau, mais je suis pas du tout un bullshitter. Moi, un imposteur, jamais. Mais oui, en tout cas, je suis auteur, oui, maintenant je peux le dire. Enfin, auteur, co-auteur de ce livre qui a été officiellement écrit par le docteur Jean-Bill Duval, professeur S bullshit, et j'ai modestement et très discrètement participé à l'écriture de ce livre et c'est pourquoi il y a ma photo sur le livre et mon nom écrit en gros.
Exactement, on va parler du livre, mais avant, je pense que c'est une question qu'on a dû te poser 10 milliards de fois, j'en suis sûr: comment tu passes d'ingénieur à humoriste?
Jamais on me l'a posée et je suis très content d'y répondre pour la première fois, enfin, en 10 ans qu'ils me posent la question.
Mais on te l'a déjà posée combien de fois celle-là? Comment tu deviens...
Je sais pas, j'arrive toujours à trouver une manière différente un peu d'y répondre parce que c'est le jeu. Mais c'est un, ouais, en fait, à mesure qu'on mûrit et qu'on donne la réponse, on change pas de réponse radicalement sinon ce serait inquiétant, mais on essaie de donner des réponses un peu différentes. Non mais j'ai envie de dire, comment on change, c'est devenu de plus en plus dans l'air du temps donc en fait on est un peu rassuré socialement par ça même si moi j'ai fait ça il y a 12 ans maintenant. À l'époque, il y avait moins d'émules pour ce genre de reconversion. Mais j'ai toujours été guidé par le plaisir, le plaisir de ce que je fais en fait. Et quand j'ai commencé l'humour, bien sûr, en bon ingénieur, j'ai pas tout plaqué tout de suite. J'ai attendu 3 ans pendant lesquels j'ai fait des calculs de risques pour savoir où je marchais, avoir des plans B, tout ça. Et pendant l'argent de côté, je voulais pas m'avouer que je voulais devenir humoriste professionnel pendant longtemps. Je me disais non, non, mais t'es humoriste amateur, tu joues à la kermesse de fin d'année et ça ira très bien. Et puis petit à petit, le plaisir est venu, la confiance aussi dans ce que je faisais à l'époque alors que c'était éclaté au sol comme on dit, mais j'y croyais et je crois que ça a beaucoup joué, voilà, la confiance et puis le plaisir d'avoir un retour immédiat du public, les gens qui rigolent, il n'y a rien de plus gratifiant, c'est beaucoup d'amour quoi.
Donc rien de plus sincère aussi.
Je me suis dit allez, on y va. Et c'est vrai qu'il commençait à y avoir une espèce de vent de mode de la reconversion et j'ai senti que c'était générationnel et je l'ai vraiment compris bien après. Et c'est pour ça qu'après 5 ans, après avoir lâché mon boulot d'ingénieur, j'ai écrit mon deuxième spectacle, Y, que je termine là justement à l'Olympia comme tu disais et qui traite de ce phénomène.
On était en 2011, je crois que c'est en 2011 que tu as tout claqué pour être à plein temps dans ce métier-là et tu as découvert le L'humour en 2005, c'est ça? Si je me trompe pas?
Non, un peu après quand même, 2008. 2008. C'est 2008. Et de 2008 à 2011, j'étais un peu en amateur comme ça, mais je faisais déjà, très vite je me suis retrouvé à faire des premières parties d'artistes connus. Et il y a un artiste qui s'appelle Arnaud Samer, qui est un humoriste que j'aime beaucoup, qui est beaucoup dans l'absurde, et qui un soir m'avait dit, alors j'étais encore ingénieur, il m'a dit c'est super que tu sois ingénieur. Alors moi je voyais ça comme un handicap pour pouvoir faire ce que je voulais et tout ça. Il m'a dit non mais non, parce que ça se voit que tu es guidé par le plaisir. C'est pour revenir du plaisir. Et faire en sorte de toujours être guidé par le plaisir et pas le besoin de manger dans ce métier, c'est important.
Et pour venir à cette notion «guidé par le plaisir », c'est incroyable. C'est comment, quel était ton processus? Parce que voilà, moi on prend mon cas de figure, en 2008 tu te lances, tu fais de l'humour. Quelles ont été les étapes qui te permettent de dire bah je passe d'un humoriste, parce que tout le monde fait des blagues, tout le monde a envie de faire des blagues, à je vais faire une première partie, je vais faire des vrais sketchs que je vais écrire, prendre le temps de faire. Étape par étape et le processus pour dire bah non, je vais tout arrêter et me lancer à...
Ça, j'avais compris que petit à petit, je pense qu'inconsciemment, je savais que les humoristes écrivaient leurs sketchs parce qu'en fait tu voyais à l'époque, là je parle des années 90, tu les voyais à la télé chez Drucker, puis chez Sabatier, puis sur scène, et c'était toujours le même sketch. Donc tu te disais bon, ils répètent toujours les mêmes blagues et ça rigole. Mais c'est vrai que tant qu'on te le dit pas explicitement, tu crois qu'il y a des natures comiques et des gens qui font rire. Et puis il y a des gens comme moi qui étaient ingénieurs et hyper hyper timides, hyper machin, qui qui pouvaient pas faire rire quoi et qui faisaient rire parfois avec des moments de grâce à la fin d'un repas. On en a tous quoi des moments de grâce comme ça et il faut les garder et c'est bien de pas les professionnaliser. Mais j'ai eu la chance de très vite travailler avec un monsieur qui s'appelle Claude Crespin et qui vient du cirque, d'accord, donc du milieu du spectacle et le clown, les acrobates et qui a mis en scène des artistes d'assez haut niveau et qui m'a vite fait comprendre que c'était un travail en fait qu'il y avait de l'écriture, il y avait de la mise en scène, il y avait des aspects au niveau de l'interprétation et puis une envie de raconter quelque chose, d'embarquer le public, sans parler des aspects plus techniques de mise en scène et voilà, et de choses un peu accessoires. Mais très vite j'ai compris que c'était, je l'ai vu comme vraiment une mécanique d'écriture, de travail, d'apprentissage, de jeu et donc d'observer cette interaction qui est très très agréable. Public quoi. Donc j'ai vite compris que c'était un métier et c'est devenu un métier de fait parce qu'au début je faisais toujours les mêmes sketchs, enfin je me renouvelais moins vite que je n'avais d'occasion de jouer et à un moment mes copains, ils étaient venus 3 fois, ils m'ont dit: «T'es sympa mais on les connaît tes sketchs donc trouve-toi d'autres publics.» Et donc il y a pas d'autre choix que de jouer à des soirées où les gens payent et donc tu deviens professionnel malgré toi.
D'accord.
Et petit à petit bah voilà tu te trouves à jouer et puis tu innoves, le rire amène le rire, la blague amène la blague et au début le processus il est justement juste guidé par le plaisir le plaisir de cette nouveauté-là quoi. C'est très excitant d'aller. Moi j'allais aux cours de théâtre, c'était ma bulle d'oxygène d'aller et de confronter mes nouveaux sketchs, mes nouvelles vannes, ma nouvelle façon de dire quelque chose à un public d'élèves en fait qui étaient là assis sur le carrelage et on était 8 quoi et c'était déjà un grand plaisir.
Est-ce que tu te rappelles du jour où tu as fait une blague et là tu t'es dit c'est bon, c'est ce métier que j'ai envie de faire? Est-ce que tu l'as en tête?
Oui, oui, en fait c'est le premier rire, en fait c'est le premier rire recherché, c'est-à-dire que le rire, tu as écrit un truc, tu arrives, tu es là comme avec un arc, tu tires et si je vais lâcher? Et le premier rire il vient quoi. Et là le rire collectif d'un public vraiment qui joue ce rôle-là quand toi tu es comédien, c'est immense, c'est immense comme truc et d'ailleurs je m'y attendais pas et pendant longtemps d'ailleurs j'étais encore surpris par les rires et parce que c'est des rires que j'avais jamais entendus et donc j'étais pas sûr. J'avais jamais vraiment éprouvé l'efficacité de ces blagues-là. Et donc j'avais un tic, à chaque fois que les gens rigolaient, je faisais comme ça. Une espèce de rototomie. J'étais gêné, j'étais surpris et c'est comme ça. Et donc c'est assez marrant, j'ai vu ça en vidéo et j'ai gommé ça.
Faut que les gens regardent la vidéo, pour que vous puissiez aller sur YouTube pour voir la vidéo maintenant, parce que quand il le fait, c'est super marrant. Et c'est à ce moment-là que tu t'es dit: ah là, j'ai envie d'en faire mon métier.
Bah non, pas tout de suite parce que je me suis pas posé tout de suite. Je me suis dit juste j'aime ça et j'ai qu'une envie, c'est d'être la semaine prochaine et à la prochaine scène. Et voilà, pendant longtemps j'ai pas réfléchi à, j'ai pas mis d'intention derrière ça en fait. Et c'est cool, c'est bien je trouve. J'ai bien fait de pas tout de suite me dire ouais ça y est, ça va être ton métier parce qu'il a fallu un certain temps pour avoir ne serait-ce qu'un spectacle quoi. Même pas, un sketch qui était pas, puis il y a eu des rires et des non-rires ce jour-là. Mais j'ai aimé les bides, c'était une espèce de pic d'orgueil et puis de challenge. Même ça, j'aimais en fait, ce défi de toujours essayer d'améliorer, trouver des angles marrants et tout ça. Et ça, je l'avais pas eu depuis très longtemps, depuis peut-être mon adolescence où je faisais de la guitare. Je me suis mis d'un coup à faire de la guitare classique et pareil, où je comptais pas mes heures en fait, où tu as une espèce de de moments de grâce comme ça, un peu.
Tu es tellement en état de flow. Ouais, ouais, ou état de flow. Tu es tellement en état de flow que tu...
Ouais, l'état de flow, c'est ça.
C'est exactement ça.
Et cet état de flow, tu le retrouves pas dans tout, quoi.
En fait, ton parcours me fait penser un peu au mien, à mon niveau où quand j'ai commencé, j'avais les deux casquettes, c'est-à-dire que j'étais à la fois ingénieur et je faisais des formations le soir, le week-end, je faisais des lives. Et dans ma tête, c'était je fais ça pour aider, mais je vais pas en faire mon métier. J'ai switché et j'en ai fait, je me suis dit maintenant faut que je fasse ça à plein temps. Et un peu comme toi tu m'as fait, quand tu as dit j'ai mis de l'argent de côté, j'ai fait les plans pour savoir qu'est-ce qu'il fallait faire. Je sais pas si c'était du bullshit ou vrai, mais moi j'ai un peu ce que j'ai fait en me disant mets un peu d'argent de côté, au moins comme ça quand tu te lances tu as le parachute et tout pour y aller.
Ouais, ouais, tu as un plan B, tu t'assures que tu peux revenir en arrière quand même. Puis à un moment le temps passe et tu retournes et puis quand même la côte elle est longue.
Exactement, et là t'as plus envie de revenir en arrière.
Mais c'est cool.
On va arriver sur ton livre maintenant qu'on connaît un peu ton parcours. Rebolote, tu dis je suis humoriste et maintenant tu veux devenir écrivain. Qu'est-ce qui t'a pris? Qu'est-ce qui t'a poussé à devenir écrivain?
Alors écrivain, je suis auteur d'un livre de chroniques, une espèce de faux essai rigolo quoi.
T'es écrivain, t'es auteur.
Oui c'est vrai que mes vannes et mes délires ont été consignés dans mon dans un objet en papier. Et c'est la première fois et c'est vrai que c'est quand même une belle aventure. En fait, à la base, j'ai fait une vidéo qui s'appelle Le Prof de Franglais, que vous pouvez trouver sur ma chaîne YouTube, où j'incarne un professeur qui s'appelle Jean-Bill Duval, Professeur as Bullshit, et qui parle du franglais comme une langue vivante en fait. Ce franglais qu'on utilise à tort et à travers dans les entreprises et qui explique que pour lui c'est une passion et que ça se travaille, qu'il y a une histoire de cette langue, etc. Et ça, ça a attiré les éditions Le Robert à me contacter pour une campagne vidéo qui mettait en avant leur version en ligne du dictionnaire. D'accord. Des vidéos. Et puis sur un coin de table pendant la réunion de lancement du projet vidéo, je leur dis «Ah, ce serait marrant qu'on fasse un dictionnaire du franglais». Et puis ils me disent «Ah bah tiens, bonne idée». Et en fait après je me suis dit c'est pas forcément une bonne idée parce que des glossaires, des termes, t'en as plein sur Slate. C'était pas très original et donc je me dis je vais mettre plus original pendant le confinement, je me dis allez je vais me lancer dans un roman. Je vais écrire un roman alors que j'avais pas de roman, j'avais juste un vague pitch, une espèce d'histoire d'amour à base de gens qui parlent franglais et de gens qui parlent pas franglais. Et ça finalement c'est devenu un projet qu'aujourd'hui je porte à travers un projet d'écriture de scénario. Et entre-temps on a cherché avec le Robert qui est pas vraiment éditeur de roman. En fait ce qu'on va faire, c'est qu'on s'est rencontrés grâce à cette vidéo du professeur Jean-Billy Duval, donc on va faire comme si Jean-Bill Duval écrivait une thèse, un précis en fait sur son amour pour le bullshit, c'est-à-dire ce vent qu'on brasse à longueur de journée dans beaucoup de jobs à l'utilité discutable et qui fait qu'aujourd'hui beaucoup de gens se posent la question du sens de leur travail en fait. C'est bien palpable de pseudo-technicité et puis comme tu dois le voir dans le domaine du développement personnel aussi, il y a des dérives de partout quoi. C'est cette interprétation de choses-là quand la démarche n'est pas toujours sincère, mais surtout habitée de l'envie de faire fortune, quoi. Et donc je me suis mis à faire des vidéos, j'ai continué à faire des vidéos comme on peut en voir sur ma chaîne où c'est toujours ce personnage un peu lisse qui s'écoute parler avec des mots très très compliqués pour pas dire grand-chose, et juste pousser le monstre Jean-Billy Duval dans tous les délires possibles et imaginables pour traiter de la culture, enfin du bullshit comme une culture, en fait.. Et donc parler de ces chefs-d'œuvre de littérature, de ces œuvres d'art, de ces héros, de ces lieux de culte, de ces supporters de football. Je suis parti très très loin dans le délire.
Ah, j'ai vu, t'es parti, t'as parlé d'Elon Musk, de Bill Gates, mais avec les dates, les saints, le Saint-Jean et tout. Mais effectivement, dans ton livre, t'as plusieurs parties. Après, avec la partie langage, j'ai beaucoup aimé les anglicismes et toutes les citations que tu donnes et les mots qu'on utilise et tout. Ça m'a bien fait rire. Je voulais revenir sur une notion que tu as donnée tout à l'heure. Tu as dit pendant le confinement, c'est-à-dire que toi l'écriture, parce que là on est début 2023, tu as commencé ton écriture vers quand?
Oh bah moi l'écriture, je fais, enfin depuis que j'écris les sketchs, j'écris en fait.
Non, je parle du livre.
L'écriture du livre? Non, l'écriture du livre, j'ai bien sûr procrastiné énormément. J'ai commencé à l'écrire l'automne dernier. Je l'ai écrit entre octobre et décembre. D'accord. J'avais écrit 5 textes en juin et après le reste, c'est-à-dire une soixantaine de textes plus les haïkus, plus le glossaire, je les écris après. Et pendant longtemps, j'ai mûri ce que je voulais dire et habité ce personnage de Jean-Billy Duval. En fait, c'est là que c'est venu, cet état de flow, il vient quand tu incarnes une posture, un nom, ça vient tout seul en fait. Et le fait d'incarner Jean-Billy Duval, professeur qui est passionné et habité par son domaine de prédilection. Comme tu parlerais de connaissances, Jean-Bill Duval aussi parle d'un truc qui est infini qui est le bullshit, qui est cette mousse qu'on peut entretenir à longueur de journée, à longueur de projet en fait dans les entreprises, et juste en renouvelant un peu le langage, etc. Et donc lui, il est habité par ça, il est passionné. Et donc quand tu es dans cette posture-là, tu parles, il suffit juste de parler comme ça à la place de ce personnage et ça vient quoi. Donc j'ai écrit d'une traite parce que j'étais vraiment habité par ce personnage et j'aurais pas supporté de l'être plus que 3 mois. C'était déjà trop, j'avais envie de me taper des fois.
Mais là en plus, ce qui est incroyable, c'est que donc quand t'as fait, tu as dû écrire, tu as dû aussi conscientiser et ton cerveau devait être beaucoup plus alerte à tous les bullshit qui nous entourent. Parce que là tu le conscientises, parce que des fois on s'en rend pas compte. L'anecdote de quand tu parles de quand t'es ingénieur, nombre de— tu parles des ingés et tu parles du bullshit au niveau du travail. Et ça, je me dis mais c'est vrai, au travail, quand tu parles de l'anecdote du diplôme, il correspond—
tu dis ouais, je suis ingénieur parce que j'ai un diplôme, j'ai un diplôme d'ingénieur. C'est vrai que ça, je le conscientise beaucoup déjà dans les thèmes que j'aborde et dans mon histoire elle-même, quoi. C'est-à-dire que parfois, quand j'étais ingénieur Je faisais du bon travail, mon travail était apprécié en tout cas, mais moi parfois je me sentais un peu imposteur et je me disais en fait si tu es là, c'est vraiment parce que tu as un titre quoi, plus que de vraiment, pas forcément, j'avais pas forcément pas de compétences, mais j'avais pas d'appétence.
C'est quoi, c'est le talent?
Cet état de flow, comment?
C'est le talent comme tu dis dans le livre?
Ouais, alors j'étais reconnu comme un talent dans le sens où j'étais bien loti dans ma boîte et vraiment plutôt dans les bons petits papiers, etc. Donc j'avais ce talent de d'exister au bon endroit, mais parfois je m'en voulais par rapport à des gens qui maîtrisaient vraiment leur sujet, notamment la technique. J'étais en informatique, il y avait des gens vraiment très forts. Peut-être qu'en effet ils avaient pas forcément les aptitudes pour diriger une équipe, etc., mais je me sentais un peu gêné d'occuper des postes qu'eux auraient peut-être pu convoiter, légitimité technique, mais j'ai toujours eu beaucoup de respect pour les gens qui ont cette connaissance et cette passion quoi. Que j'avais pas. Et donc quand t'es pas dans la passion, quand t'es ingénieur et que t'es pas vraiment dans la technique, tu peux basculer dans cette espèce d'état de bullshit, c'est-à-dire que tu es par les mots, par les termes, par une habileté et un peu de survie en fait dans l'entreprise. Et donc j'ai dû être bullshitter, même si franchement j'avais une conscience professionnelle, j'étais quand même de bonne foi. Mais tout le monde en fait, d'une manière ou d'une autre, parfois ne serait-ce que parce qu'on a le temps de préparer une présentation PowerPoint, On réfléchit tous à la manière dont on va la tourner pour présenter des résultats comme on veut, pour avoir de la reconnaissance. Mais justement, on cherche pas toujours à faire avancer les choses, mais parfois on cherche un peu une sorte de gloire ou de reconnaissance de ses supérieurs, de ses pairs. Et donc parfois, ça va au-delà de ça, c'est-à-dire que notamment dans le milieu du consulting, parfois on vient juste incarner la posture de la boîte, on vient légitimer des décisions du patron et donc on fait dire à nos présentations ce que le client veut entendre, quoi. Un peu de la tautologie, et c'est là que ça devient dangereux, quoi. Ouais, je comprends.
Tu as entièrement raison. Petite pause pour te dire que si l'épisode te plaît, like, abonne-toi et mets 5 étoiles pour nous soutenir. Je voulais revenir sur la définition. Tu commences le livre, déjà tu parles, donc petit précis du culture bullshit, tu le mets en introduction, tu en parles tout le long. Mais une personne qui T'en as beaucoup parlé déjà, qu'est-ce que pour toi le bullshit? Et tu donnes une vraie définition dans le livre du bullshit. Est-ce que pour une personne qui découvre et qui se dit, bah moi je vais aller prendre un livre qui va me parler de bullshit pendant une heure, c'est quoi la définition réelle? Parce qu'effectivement on a tous notre définition, tu en as parlé, tu l'as dit tout à l'heure entre les lignes.
Je donne des définitions par touche en fait, parce qu'on essaie de l'esquisser, mais le bullshit nous échappe en fait. Le bullshit déjà c'est un mot qui a «shit» dedans, mais bullshit c'est pour moi c'est le vent qu'on brasse, c'est pour moi, c'est l'art de faire de la mousse sans savon, c'est-à-dire qu'avec rien.
L'art de faire de la mousse sans savon?
De l'air.
Brasser de l'air.
Brasser du vent, oui. En cultivant une sorte d'entre-soi, bon ça c'est un corollaire, c'est-à-dire que pour donner, pour sophistiquer ses propos, rien de mieux que de créer des codes, un langage complexe. Pas parfaitement définissable pour qu'entre bullshitter on se reconnaisse et on se sente plus fort parce que l'idée c'est de retourner le truc et de dire que c'est nous qui détenons la connaissance et pas celui qui l'a détenue au départ quoi. D'accord. En changeant les termes, c'est très générique ce que je dis mais oui je l'ai déjà vécu ça, j'ai travaillé dans le conseil et c'est vrai qu'on était chez des clients qui fabriquent des avions quand même dont ils parlent et on leur inventait un vocabulaire génériques qui correspondaient aux méthodes des consultants. Et on leur disait mais ça c'est pas A, ça s'appelle B maintenant. Donc si tu as tort, ça s'appelle pas A, quoi. Limite si tu leur dis ça c'est pas un avion, ça c'est un, j'en sais rien, un avion.
Ouais, je vois ce que tu veux dire.
Donc maintenant tu vas m'écouter et maintenant tu vas appeler ça un avion.
Et tu rajoutes un peu d'anglicisme dans tout ça pour bien faire le truc.
Et après, bah l'anglicisme, les anglicismes après c'est super, puis on on parle d'anglicismes utilisés par des Français. Bon, c'est quand même un livre destiné à un public francophone, mais c'est des anglicismes que même les Anglais n'utilisent pas, quoi.
Ouais, bien sûr.
J'ai fait une vidéo comme ça qui s'appelle The Bullshit Institute, donc c'est une parodie de Wall Street Institute. C'est vrai que le franglais, c'est un anglais que les Anglais ne comprennent pas. Et c'est vrai qu'on assistait à des réunions où il y avait des Anglais, ils fronçaient les sourcils alors qu'on parlait leur langue. Alors il y a l'accent, mais il y a des tournures, des fois on s'embête pas en fait, on traduit juste du français. Alors tu ajoutes à ça une espèce de sophistication naturelle et une tendance à beaucoup théoriser chez les Français parce que voilà, on est très maths, carrés, etc. Et ça donne des trucs très très marrants, des phrases très complexes. Et les Anglais ont un côté plutôt smart et très très concis. T'as des mecs qui parlaient pendant des heures, à la fin l'anglais il disait un truc et il résumait tout.
Et dans Résine tu parles aussi du flangage, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus de cette notion-là?
Le flangage c'est un néologisme dont je suis assez fier, c'est un mix de flan et de langage. Donc on va dire que c'est la langue du bullshit. Le bullshit c'est la matière et le flangage c'est C'est une version française du vocabulaire bullshit. Vocabulaire bullshit, ouais.
Là c'est bon, là on peut te mettre, là t'as inventé un concept qui existait, t'as inventé des nouveaux mots.
Ouais, ça m'a poussé à inventer des nouveaux mots et j'ai retourné un concept, j'ai retourné du vent dans tous les sens et j'ai fait 200 pages sur le vent quoi, en incarnant un mec qui fait du vent. Mais les premiers lecteurs, parce qu'il est sorti le 6 avril récemment, me disent qu'il y a du fond en fait. Mais j'ai créé du fond en creux, c'est-à-dire que moi c'est exactement ça, les gens en creux lisent, se rendent compte des absurdités du monde dans lequel ils travaillent, des concepts qu'ils manipulent, ou des gens qu'ils rencontrent quand ils sont pas de ce monde-là, des bullshiters, se rendent compte que parfois il y a une espèce de supériorité innée chez certains ou certaines qu'il est bon de regarder avec un peu de distance et pour se dire non mais attends, moi je suis infirmier, la vie quoi, socialement inférieur.
C'est exactement ce que j'allais dire parce que tu as dit j'ai quand même écrit 200 pages sur du vent. Je l'ai lu le livre, déjà tu rigoles, donc ça c'est un truc, donc tu passes un bon moment pendant la lecture et en plus ça te permet de conscientiser des choses auxquelles tu te rends pas compte. Parce qu'effectivement, t'as certains concepts, comment toi tu montres que c'est du bullshit. Tu dis mais en vrai c'est vrai, je le vis, je le vis.
Ouais. Et c'est scortique en fait, c'est assez précis. Y'en a même qui disent c'est dense. C'est-à-dire qu'il y a des textes, tu vois, sur les acronymes, l'utilisation des acronymes. Y'a plusieurs sections, y'a les basics et après t'as One Language, One Nation, One Culture, One Language. Donc c'est des chroniques sur les éléments de langage, donc y'a sur l'utilisation des guillemets. Acronyme. Et les acronymes, c'est vrai que j'analyse ça. Et donc c'est des analyses courtes qui sont pas non plus des analyses de chercheurs, mais c'est vrai que je fais le lien en disant que quelque part le fait d'utiliser des acronymes crée de l'entre-soi et puis crée une espèce de connotation scientifique à tout ce qu'on dit.
Alors je l'avais noté ça.
Et donc voilà, c'est ce genre d'analyse qui essaie de préciser un peu pourquoi est-ce qu'on se donne l'importance qu'on utilise des acronymes qui sont souvent très contextuels, c'est-à-dire que Un acronyme dans une boîte va pas du tout être le même qu'un acronyme dans une autre boîte.
Et les guillemets aussi, tu l'as bien dit, parce que moi qui suis un peu sur LinkedIn, dès qu'on parle de levée de fonds, on veut mettre des eaux, tac, on met des guillemets, on met en majuscules et tout pour faire—
Il y en a qui disent que c'est démodé, mais non, moi je le vois toujours là celui-là. En fait, vu que ça a été généralisé en France, En fait, on crée un langage de l'élite. Mais une fois que ça devient l'élite, ça devient un modèle et donc tout le monde veut suivre ce modèle. Et donc l'élite est obligée d'inventer de nouveaux codes. Et donc faire les guillemets, c'est devenu basique et tout le monde l'utilise en fait maintenant. Tout le monde fait ça pour désigner un terme parce qu'on est gêné d'utiliser de l'anglais.
Ouais, bien sûr.
Mais les vrais assument complètement, tu vois. Et il y a des façons, c'est-à-dire qu'il y a des gens qui sont tellement habitués à faire les guillemets qu'ils vont le faire de manière très légère, très subtile. Dedans comme ça. Bref, j'ai déliré là-dessus. J'ai observé de près quand même.
T'as entièrement raison. Je vais revenir un peu, donc là on a pas mal parlé du livre, donc je répète le nom, petit précis, de Culture Bullshit, Karim Duval bien sûr qui nous l'a écrit, éditions Le Robert. Donc t'as passé 3 mois sur l'écriture de ton livre. Comment tu, exemple une personne veut écrire un livre, est-ce que t'as conscientisé le process que tu as pris pour écrire le livre ou pas?
Je t'ai dit, moi j'ai beaucoup procrastiné, mais je savais ce que je voulais au final. Et donc j'ai mis du temps à formuler ça et j'ai passé beaucoup de temps avec l'éditeur à définir le format. Et on parle pas d'un roman, mais le format, le ton et la posture dont je te parlais tout à l'heure. Finalement, c'est incarner Jean-Bill Duval. Mais une fois qu'on a trouvé ça, parce qu'on a mis du temps, au début on se dit est-ce qu'on fait un livre, qu'est-ce qu'on fait? Plusieurs voix qui parlent, est-ce que c'est moi qui fais une analyse distanciée. En fait, on s'est dit non, ce qui n'a jamais été fait, c'est cette posture du mec premier degré sur un truc qui est juste du vent, quoi. Et donc une fois que j'ai trouvé ça, après c'est allé tout seul. Donc vraiment le processus, ça a été de trouver l'angle, et une fois que tu as trouvé l'angle, tu as la pente et tu as juste à lâcher la bille et laisser faire tout seul.
Et le processus, ça a pris combien de temps?
Ben, la première réunion avec le Robert pour vraiment parler de ce livre, ça a lieu en juin 2021 et j'ai vraiment commencé à écrire le premier texte, je te dis, en juin 2022, mais vraiment très peu pour voir si déjà le ton pouvait coller et si moi je me sentais de décliner ça en 200 pages. Et une fois que j'ai senti que j'étais sur la bonne voie, là je me suis vraiment lancé à faire une écriture massive parce que l'idée c'était pas de faire un ramassis de termes abscons et ça c'est assez courant et donc faire des phrases complexes pour en faire, ça peut lasser quoi. Donc l'idée c'était même de pas me lasser et de toujours trouver des angles originaux pour traiter de thèmes. Donc vraiment j'ai pris du plaisir à le faire sinon je me serais vite fatigué et j'aurais— alors que là en fait quand tu es dans la logique de parler d'un pays imaginaire, d'une avec une patrie, etc. Tu es dans une logique où tout est possible, quoi.
Pourquoi je te pose cette question? Parce que quand j'ai lu le livre, je me suis dit mais comment il a eu l'idée de nous pondre ça? C'est ça qui m'a— c'est pour ça que je suis—
j'aime beaucoup l'idée. C'est-à-dire, pour moi, avant tout, il faut vraiment que l'idée soit ouf, quoi. Dans les sketchs, j'aime bien jamais avoir la même idée que les autres. Pour moi, c'est C'est vraiment primordial, quoi. Donc je suis passé beaucoup de temps à chercher l'idée, et ça, bah, ça tu la trouves en marchant.
Et c'est bien que tu nous le dises, parce que pour les gens qui nous écoutent, on voit souvent le sommet, on voit le résultat. Donc on va voir le livre, on va dire ouais, Karim, il nous a fait un super beau livre, on a rigolé, on a appris des choses, il a parlé de manière dérisoire d'une notion que, qu'on entend, comme tu dis, qu'on entend beaucoup dans notre quotidien. Mais en soi, l'écriture, ça a été un process, mais tout ce qui a été en amont a pris quand même beaucoup plus de temps. Et c'est ça qu'il faut mettre en avant, parce que c'est pas, on voit les résultats, mais il faut se dire qu'il y a une étape. Et donc des fois, il y a des personnes qui sont à l'arrêt, ils disent, ben moi là, j'avance pas, je suis bloqué dans mes projets. Mais si c'est en train de cogiter, des fois c'est ce temps-là sur lequel tu es en train de préparer qui permet le moment où tu l'as trouvé, trouver ton équilibre.
Vraiment, comme tu dis dans ce que tu fais toi, dans ton livre, la procrastination C'est bon si on sait où on va quoi. J'ai beaucoup de temps à formuler l'objectif quoi. Vraiment, vraiment, je voulais pas me tromper dessus parce qu'après je sais que j'allais y passer du temps et quand on se met à écrire, c'est lourd après hein. Quand t'écris des textes et puis que c'est pas ça, c'est plus de l'écriture, c'est de la correction, de l'adaptation, des compromis et je voulais pas être dans ça quoi. J'étais assez surpris de la fluidité avec laquelle c'est allé après une fois qu'on avait trouvé le truc, mais j'écrivais les textes, je les envoyais à l'éditeur. Super, très bien, on corrigeait 2-3 trucs ou même pas. Et puis voilà, on a accumulé ce recueil de chroniques et de délires, de poèmes. Et ça a donné le livre. Mais j'ai déjà eu des expériences où justement on savait pas exactement où on allait, nulle part, parce qu'on a commencé à écrire, je sais pas moi, des sketchs, des dialogues trop vite. Et au final, tu sais même pas pourquoi tu as eu l'intention de ces sketchs, tu sais pas où tu vas, tu les écris pas avec des personnes avec qui tu as une raison de travailler, juste parce que c'est des comiques. Tu dis on va se mettre 2 comiques ensemble, on va écrire des trucs en fait ça marche pas. Il y a une raison, un angle quoi. Donc maintenant je prends le temps de bien réfléchir, mais bon, c'est l'ingénieur qui parle.
C'est l'ingénieur mais qui parle sur la réflexion et de l'anticipation.
C'est une réflexion qui est pas réservée aux ingénieurs.
Et voilà, c'est l'ingénieur qui parle, mais c'est ça, c'est que dans la manière générale, moi avec un peu de recul, et quand on a la bonne intention, pourquoi on fait les choses, le pourquoi, même j'en parle dans le livre, mais de manière générale j'en parle souvent, la raison qui te pousse à faire la chose dans ton cas de figure, ton pourquoi, tu l'avais. Et après, il fallait trouver le format. Une fois que tu as le pourquoi, naturellement, de manière inconsciente, le format va arriver. Et après, une fois que tu as le format, tu peux partir et lancer ton projet tout simplement. Est-ce que tu as d'autres projets incroyables comme ça? Parce que tu passes d'ingénieur à comédien, donc déjà tu fais un 360 pour beaucoup. Et là Ensuite tu dis bah maintenant je suis comédien, je vais faire un livre, mais je vais pas faire un livre comme tout le monde, je vais faire un précis de Nicolas Tait.
Donc c'est un oxymore assez.
Est-ce que tu as un autre truc comme ça qui va arriver là?
Bah là j'aimerais bien aller vers plus de fiction, donc je travaille sur un scénario de film, je peux pas trop trop en parler, mais moi là c'est toujours autour de ces délires-là. Mais j'aime bien essayer, j'aimerais bien commencer à écrire des histoires, inventer des histoires, ça me plaît bien, donc sous forme de film ou sous série, sous forme peut-être de roman, qui sait. Mais j'ai vraiment envie de creuser ça, mais sachant que la scène, ça reste mon métronome et mon métier premier. Ça fait faire des rencontres superbes, avec toi, tu vois, c'est grâce à la scène qu'on s'est rencontrés. Et puis c'est l'occasion d'avoir des discussions, et justement c'est des discussions souvent intenses, tu vois. Quand on discute, c'est des moments de flow comme tu dis, et puis qui ouvrent des horizons, des fenêtres. Et donc on sait pas de quoi l'avenir sera fait, mais ça va être fou. Fait de surprises et c'est souvent parce qu'on croise des thèmes ou des gens qui font pas la même chose que nous que ça devient intéressant quoi. J'aime beaucoup bosser avec les humoristes ou les rencontrer, j'ai des amis dans ce métier-là, mais je pense pas que parce qu'on cherche à faire rire les deux, en se mettant ensemble ça va forcément donner quelque chose. Il y a très peu de duos qui se forment d'ailleurs. Il y en a qui est en retrait, il y en a qui est moins drôle que l'autre. La mécanique du clown blanc et de l'homme. Le clown blanc il est juste là pour faire briller l'autre et et donc faut l'accepter, mais c'est juste pour dire que souvent ça vient des contrastes. Donc voilà, la fiction, raconter des histoires, ça me plaît. Je vis pas mal de choses marrantes quand je suis en tournée ou sur scène, et parler du rire lui-même, ça c'est une analyse du rire, de l'humour, ça c'est quelque chose qui me plaît. Donc je vais, je pense, nourrir mes spectacles et puis même pourquoi pas des essais là-dessus, on verra. Et puis c'est déjà pas mal.
C'est déjà pas mal. J'ai encore quelques questions, on arrive sur la fin. Quand tu es humoriste comme tu l'es, que tu es souvent en tournée, que tu fais d'autres projets également, est-ce que tu as le temps aujourd'hui de te former? Est-ce que tu te formes? Est-ce que c'est une chose que vous avez dans le monde dans lequel vous êtes vous? Parce que moi, c'est un monde un peu nouveau pour moi l'humour. Est-ce que tu es encore dans ce processus d'apprentissage ou à un moment voilà?
C'est une très bonne question. Moi, je me rends compte que j'apprends beaucoup, mais depuis trop de temps de manière expérimentale. C'est-à-dire que j'apprends apprend en faisant et c'est bien, c'est une des meilleures manières d'apprendre, mais parfois me former vraiment et acquérir la connaissance comme ça, ça me ferait pas de mal. Et lire ton livre me prend conscience de ça. C'est bien de se dire, c'est un acte d'humilité déjà, de se dire je sais rien. Bon, ça, j'ai pas trop de mal à me le dire. J'ai plein de connaissances limitantes, des croyances limitantes. J'en ai plein, mais non, clairement j'ai besoin de me former parce que pour aborder un sujet, il faut savoir comment en parler. Donc pour en parler, vaut mieux le connaître. Et parfois c'est vrai que quand on, au début, quand on écrit des vannes, on veut faire rire avant tout, donc on va survoler le sujet, voire s'arrêter aux stéréotypes, pondre 2 blagues dessus et dire ça y est, c'est bon, je l'ai traité. De plus en plus, c'est vrai que ça donne envie de se dire tiens, ce sujet-là, je connaissais pas et je veux vraiment aller loin et creuser. Et mieux le connaître permet de mieux en parler, en tout cas d'explorer des angles qui n'existent pas. Et c'est là où l'originalité aussi de ce qu'on crée. Intéressé, je pense que je ne perdrai pas à un peu plus me dire, c'est pas un manque d'humilité, mais c'est un manque de curiosité, d'exigence. Et donc me dire bah tiens, je pourrais me former dans tel domaine, ça ferait pas de mal. Et en effet, après, aller au-delà de certaines croyances limitantes. Je suis pas un modèle, pourquoi pas un jour réussir à faire de la poterie, ce serait pas mal. Point.
Peut-être, peut-être que tu feras de la poterie différente de toutes celles qu'on a vu et que ça sortira du lot. Alors, autre question, ça c'est une question que je pose souvent, je pose à quasiment tous mes invités parce qu'on arrive sur la fin du podcast. Si aujourd'hui Tu voulais laisser un message à nos auditeurs, ou du moins même toi de manière générale, on va dire que tu es là, c'est ton dernier jour sur Terre, et là tu dis: «Je dois laisser un héritage aux gens qui sont autour de moi, laisser un héritage.» C'est une phrase, c'est une citation, c'est un message, c'est pas forcément quelque chose de matériel. Quel serait ce message que tu veux laisser?
C'est chaud ce que tu me demandes là.
C'est le petit moment introspection enfin.
De podcast qui permet de te dire ouais, là, sincèrement, j'aurais du mal parce que je suis, j'ai pas la prétention de vouloir transmettre à ce point un enseignement aussi fort.
Après, exemple, je vais donner un exemple. Si toi, des personnes qui me disent, bah moi je dirais à mes proches, vivez, prenez des risques, je dirais à mes proches tester des nouvelles choses. D'autres, ils diraient non, kiffe ta vie tout de suite. Voilà, chacun a ses— d'autres, ils partent vraiment dans un— et ce qui est difficile avec un humoriste, c'est que tu vas être dans le bullshit direct.
Une phrase comme ça, ça peut vite paraître trivial. Et moi, je vais toujours chercher ce qui ne l'est pas. Non mais non, bien sûr, enfin, comment, comment, comment, comment partir sans encourager les gens à s'aimer, à s'aimer les uns les autres, quoi. Transmettre des jolis messages comme ça évidemment, mais après non, je sais pas moi.
Vivez votre meilleur bullshit.
Qu'est-ce qu'un bullshitter dirait sur son lit de mort? Ça c'est pas mal ça.
Ah peut-être qu'on devrait faire ça, qu'est-ce qu'un bullshitter dirait si c'était ses derniers jours?
Là je suis plus dans une posture d'un mec qui aurait cette prétention et là j'aime mieux. Que dirait un bullshitter avant de mourir?
Tu ne me l'avais jamais faite ça en interview.
Non, on ne me l'avait jamais faite et tu vois, tu me donnes envie de rappeler l'éditeur et de dire attendez, attendez, on a oublié une chronique.
Ah, la chronique France Intrap version 2, la version améliorée du livre, le bullshitter en fin de vie, sur toutes les punchlines du monde, tous les trucs.
Ça peut dire: «Rendez-vous dans le métaverse, rendez-vous dans le metaworld.» Wikipitoch.
Métaverse avec mon NFT et ma maison incroyable à côté de Snoop Dogg.
Non mais là tu me donnes, tu vois, j'ai pas envie de dire qu'une seule chose. Je pense que le bullshitter il a envie de dire plein plein de choses parce que le bullshitter n'a pas, quelqu'un qui est compliqué en fait, qui va lire des choses complexes, n'a rien de synthétique. En fait. Donc il va pas être sharp comme on dit. Je pense que le Bullshitter sur son lit de mort, il va rien résumer du tout, il va rester complexe jusqu'à la fin, quoi.
D'accord, ok.
Alors, mais j'y réfléchirai.
J'y réfléchis, peut-être qu'on aura une version supplémentaire du livre et comme ça, grâce à Connaissances illimitées, on aura un chapitre supplémentaire dans l'autre version.
J'en ferai même une vidéo, allez, promis, parce que là tu me prends à chaud, mais je pense que que ça mérite réflexion et ça mérite une petite vidéo rigolote.
Yes, on arrive sur la fin. Déjà, je voulais énormément te remercier. Il y a un truc que j'ai pas cité, mais dans le livre, tu nous as fait un cadeau, page 91, je le précise. Donc tous ceux qui auront acheté, je vous invite vraiment, si je me trompe pas, ouais, c'est 91, ouais, c'est ça, page 91, il y a un QR code. Je vous le montre comme ça pour ceux qui ont la vidéo. Ceux qui l'ont pas, ben, je vous invite à acheter le livre, bien sûr, et allez page 91 scanner le QR code, vous verrez, il y a un cadeau incroyable. Et moi, j'ai pu scanner et je me suis dit ça, franchement, Karim, il nous a fait un super beau cadeau. Donc je vous invite aussi à aller faire ça. Je vous répète que le livre, donc c'est Petit Précis de Culture Bullshit aux éditions Le Robert. Il est sorti le 6 avril, donc il est partout en France, dans toutes les librairies. Est-ce que Karim, tu as un mot de la fin, quelque chose à rajouter à toutes les personnes qui nous écoutent?
Non, ben écoutez, lisez ce livre, picorez dedans. C'est un livre qui se lit, je l'ai écrit de manière à ce qu'on puisse le commencer à n'importe quelle page, sur un truc, enfin dès qu'on a compris le concept en fait. Et même il y a toujours des phrases qui rappellent, mais c'est vraiment un livre, n'attendez aucun enseignement de ce livre. Et pour apprendre des choses, lisez les les livres de Mohamed Boukhlet plutôt que les miens, mais ça se complète bien, ça se complète bien. Je trouve qu'il y a un côté Yin Yang dans ce qu'on fait, tu vois, tu as choisi l'orange, j'ai choisi le jaune.
Exactement, c'est vrai, c'est vrai.
Et il y a beaucoup de jaune dans ma grue.
Et on verra l'orange juste derrière aussi.
Parfait, merci. En tout cas, voilà, en tout cas un peu de gratuité, c'est bien, de gratuité dans ce qu'on fait vraiment. Moi, le RC Tech, c'est vraiment gratuit, c'est vraiment un délire. Non, parce que je vois les commentaires sur les réseaux sociaux et il y en a beaucoup qui qui ont un peu politisé ça et cherché des intentions. Même ChatGPT apparemment m'attribue des intentions derrière cela. C'est très marrant. Et alors que non, en fait, je veux dire, tu te trompes, tu vas un peu trop vite, quoi. C'était juste un délire.
Yes, parfait. Alors je vous invite vraiment donc à vous procurer ce livre aux éditions Le Robert, écrit par Karim Duval. Je vous invite aussi à mettre en commentaire si l'épisode vous a plu, laissez 5 étoiles On vous mettra les différents réseaux sociaux de Karim et il a une date incroyable à l'Olympia au mois de juin. C'est le combien exactement?
Le 7 juin.
Le 7 juin.
Ce sera la dernière, dernière de mon spectacle.
Ouais, c'est la dernière de son spectacle Génération Y. Donc si vous voulez lui donner de la force et aller passer 1h30 à rire surtout et à passer un bon moment, c'est le moment d'y aller. Et c'est à Paris. Merci encore Karim pour ce moment, d'avoir accepté l'invitation.
Et comme je dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités.










