[ Podcast #18 ] Rien est impossible et l'impossible n'est rien avec Ouadih DADA

Moroccan TV presenter Ouadih Dada grew up in France dreaming of television, moved to Morocco for a 2M internship, and lost his brother weeks later. He channeled grief into relentless work, became an anchor, wrote three books, and built a youth association. His mantra: nothing is impossible.
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Le journal à l'époque était à 20h15, donc à 20h j'imprimais les textes, voilà, j'enregistrais sur une clé USB pour que ça défile ensuite sur le prompteur. Et donc ce jour-là, grand mal m'en a pris, au moment où je fais Ctrl+S pour enregistrer, le sablier Microsoft apparaît et je n'avais rien sauvegardé, j'avais pas fait de backup. Et ma réalisatrice à l'époque me dit à l'oreillette «toi dis, on fait quoi?» parce que le prompteur, écran noir, j'avais pas de feuilles et il fallait démarrer le journal.
Je suis Mohamed Boclet, auteur, conférencier et formateur en techniques d'apprentissage. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et triple champion de France de mind mapping. Dans le podcast Connaissance Illimitée, on démocratise les techniques d'apprentissage. Le but de ce podcast est de parcourir la vie de plusieurs personnes inspirantes pour vous démontrer que la réussite est à portée de tous. Paix sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée et j'ai l'honneur d'accueillir Wadir Dada. Je pense que vous le connaissez tous, il est présentateur sur InfoSoir sur 2 CM. Il est également auteur de plusieurs livres. Il va nous parler de tout ça aujourd'hui. J'ai vraiment l'honneur de l'accueillir ici. Il va nous parler également de son parcours, par où il est passé, et tout simplement. Bonjour Wadih, comment tu vas?
Salut, c'est Mohamed, ça va, ça va. Je suis ravi d'être parmi vous, merci pour l'invitation.
Avec grand plaisir et merci d'avoir accepté cette invitation. Alors, je t'ai présenté, mais je te laisse te présenter parce que je pense que tu auras les meilleurs mots pour te décrire.
Écoute, que dire, peut-être ce qui me caractérise le plus, c'est la passion. La passion d'abord pour le journalisme, la télévision, que je nourris depuis que je suis tout petit, à l'âge de 7-8 ans, quand je regardais la télé avec mon père, Dafmo. Et puis voilà, j'ai pu passer le cap et sauter le pas, briser le plafond de verre du petit-fils d'immigrés installé dans le sud de la France. Qui ne faisait pas trop de vagues mais qui aimait bien les études et atteindre l'objectif que je m'étais fixé de devenir présentateur du journal télévisé. Et puis depuis, voilà, je mène ma barque au Maroc, à Casablanca, et à 2 AM en particulier depuis maintenant 17 ans.
Ouais, depuis 2006, c'est incroyable. Quand j'ai fait mes recherches te concernant, donc j'ai pu lire que tu avais cette passion depuis l'âge de 8 ans. À 8 ans, tu disais un jour je ferai présentateur. Et c'est rare de trouver des personnes qui ont des passions, des rêves d'enfant et qui arrivent à atteindre leur objectif. Est-ce que toi, qu'est-ce qui t'a animé pour te dire je vais aller jusqu'à là et je vais atteindre réellement cet objectif?
Moi je dirais que c'est vraiment une bénédiction, c'est-à-dire que c'est quelque chose qui m'est tombé dessus et que j'ai accueilli avec beaucoup de plaisir, un peu d'inquiétude aussi parce que c'était quand même assez gros, assez costaud d'abord pour le gamin que j'étais à l'époque, ensuite par rapport à l'environnement dans lequel j'évoluais, qu'il soit social, familial, sociale ou culturelle, mais je m'y suis accroché. Ça a été d'une certaine manière ma bouée de sauvetage. C'est ce qui m'a vraiment, vraiment sauvé la vie au sens très large du terme parce que ça a été, voilà, cette lumière qui m'a guidé tout au long de mes jeunes années, de mon adolescence, mes premières années d'adulte jusqu'à y parvenir à l'âge de 25 ans. Et c'est une vraie bénédiction que de pouvoir savoir très tôt ce que l'on a envie de faire et de trouver assez rapidement, très jeune, la voie que l'on veut suivre.
Donc ce que tu donnes comme conseil aux jeunes, c'est d'avoir un objectif, de le prendre et de le fixer et de se dire je vais y aller, je vais y aller, je vais y aller.
Oui, c'est le meilleur moyen d'avancer. Tu sais, déjà dans les temps anciens, les voyages se faisaient en se guidant à travers les étoiles. Et l'étoile, on la voit briller dans le ciel, on sait qu'on ne l'atteindra jamais, mais elle nous permet d'évoluer, d'avancer. C'est un petit peu ça, en fait, le projet. Et puis, si l'étoile que l'on choisit n'est pas assez lumineuse ou n'est plus à notre goût au bout d'un certain temps, on change d'étoile et on en suit une autre. Le tout, c'est de se fixer un cap et d'avancer, de progresser., et de nourrir cette dynamique, de nourrir cette passion, de nourrir cette énergie, cette force qui permet ensuite sur le chemin, parce que bien évidemment c'est pas un long fleuve tranquille, de pouvoir ensuite surmonter les obstacles et les difficultés auxquelles on peut être confronté.
Ok, parce que c'est incroyable, parce que toi tu as grandi en, pas très loin, moi j'habite à Montpellier, tu as grandi pas très loin de chez moi actuellement, tu as grandi à Pierre Latte, ça se dit Pierre Latte?
Pierre Latte, à 120-130 km de Montpellier, j'ai étudié à Montpellier.
T'as étudié à Montpellier. Et comment était ta jeunesse? Parce que là, nous, on te voit à la télé tous les week-ends, t'as fait des milliers de jours d'émission, il y a des millions et des millions de personnes qui te regardent tous les soirs. Mais on devait se dire que toi, t'étais à l'aise à l'oral, que tout était facile pour toi. T'étais comment quand t'étais jeune?
C'est un peu, on se retrouve un peu sur cet aspect-là de notre parcours. Moi, j'étais un timide maladif. L'environnement familial est un environnement franchement aimant. On a grandi porté par un papa, paix à son âme, qui était artisan maçon. Maman qui nous élevait. Maman n'a jamais mis les pieds à l'école, donc elle a appris après coup à lire et à écrire. Et c'est aussi quelque chose qui m'a beaucoup forgé parce qu'avec la fratrie, voilà, on voulait avoir des diplômes pour les offrir à notre mère et ça nous a jamais quittés.. Et puis il y a ce rêve comme ça qui me tombe dessus avec un caractère très particulier parce que je suis quelqu'un, j'étais et je suis d'ailleurs, on le reste de toute façon, quelqu'un d'assez réservé, d'assez timide et solitaire. Et en choisissant ce rêve autant qu'il m'a choisi, je me disais mon gars, si tu veux vraiment atteindre cet objectif-là, il va falloir se prendre par le col de la chemise, se bouger un peu quoi. Et donc là, j'ai décidé de surmonter ma timidité sans vouloir l'éradiquer en fait, mais vraiment de composer avec. Et j'ai eu la grande chance de rencontrer des acteurs associatifs à Pierrelatte qui ont fait un travail et qui font toujours aujourd'hui encore un travail absolument extraordinaire, qui nous ont pris par la main et qui nous ont accompagnés. Quand je dis nous, c'est notamment mes amis d'enfance parce que grâce à ces acteurs associatifs, on a créé un journal de quartier. J'ai été amené à faire des interviews dans les conditions réelles, à écrire tous les mois et à sortir déjà un journal. Donc le process de production journalistique, presse écrite dans un premier temps, c'est quelque chose à laquelle j'ai pu goûter relativement jeune, à 13-14 ans.
Wouah, à 13-14 ans! Et après, c'est quoi? C'est l'entraînement? Tu as fait du théâtre? Tu as fait des choses comme ça qui t'ont permis d'être plus à l'aise?
Non, malheureusement non, j'ai pas fait de théâtre, mais je me forçais à aller au-devant des gens, à prendre la parole. J'ai, dans cette dynamique-là, immédiatement au début de mes études universitaires, j'ai pu intégrer un journal régional, là ça commençait à devenir sérieux, La Provence à Avignon. Et donc voilà, c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Donc j'ai été amené à aller plus souvent sur le terrain, à prendre la parole, à poser des questions et à exposer tout ça bien évidemment à mes collègues, à mon rédacteur en chef, et puis rencontrer le public aussi de temps en temps. On a commencé à me solliciter quand j'étais à Avignon pour animer des conférences déjà à l'époque. Et donc voilà, je me disais tiens, c'est un challenge, allons-y.
Yes, c'est incroyable, on voit toutes les étapes, étape par étape. Et d'après ce que j'ai compris, tu es parti en stage au Maroc, tu t'es dit bon, les gens font des stages un peu partout, toi tu vas le faire au Maroc. Et après, tu es arrivé là-bas et tu n'es jamais revenu. C'est un peu ça, tu t'es fait kidnapper par le Maroc ou?
En fait, c'est même plus que ça, parce qu'au moment où je viens au Maroc, j'ai besoin de faire un stage de fin d'études pour valider mon master en journalisme. Et j'avais complètement la possibilité, parce que le master je l'ai fait en 2 ans, la première année j'ai fait mon stage à La Provence, chez qui j'avais passé déjà 5 années, donc ils m'ont accueilli vraiment à bras ouverts, déroulé le tapis rouge littéralement, j'ai été choyé, ils m'ont mis un salaire de journaliste professionnel au-delà de ce que prévoyait la convention de stage, enfin c'était juste exceptionnel, ces gens-là sont d'une générosité, d'un professionnalisme et d'un sens du partage, d'une humanité aussi extraordinaire et je leur dois beaucoup à toute l'équipe de La Provence années 2000-2006.
S'ils écoutent le podcast, il y a des personnes qui écoutent le podcast, ils vont la connaître.
On a perdu malheureusement notre directeur et rédacteur en chef Alain Magnaci qui était un gars absolument extraordinaire, mais il y avait Bruno Hureau, il y avait David Nathan, je vais pas tous les citer, il y avait Hervé etc. Et donc, ils m'accueillent sur la première année. Sur la fin de la deuxième année, au niveau du master, je me dis non, il faut que je fasse un stage de fin d'études à la télévision parce que mon rêve, c'est quand même la télévision. Et là, j'envoie une quarantaine de demandes de stage et je reçois une seule réponse positive. Et cette réponse positive venait de Casablanca et de 2M que j'avais d'ailleurs sollicité, mais vraiment, j'avais mis ça en bout de liste. J'ai envoyé des demandes de stage à TF1, France 2, BFM à l'époque qui allaient démarrer, etc. Et donc la seule réponse que je reçois, c'est le Maroc. Je me dis tiens, il y a un signe. Donc ni une ni deux, je fais mon paquetage, mon sac de voyage, je mets sur mon épaule et puis voilà, je prends le bateau à Sète, pas loin de Montpellier, que les Marocains connaissent très bien. Et voilà, j'arrive à Tanger, Sète-Tanger, en 36 heures. Et l'aventure commence à ce moment-là. Donc j'arrive en fait dans un contexte un peu difficile parce que le jour où je suis censé démarrer mon stage, je perds malheureusement mon petit frère. Il est emporté par une sale maladie et donc le stage démarre dans un contexte absolument chaotique et dramatique. Donc je reviens le lendemain à la chaîne pour leur dire voilà ce qui est arrivé. Ils me disent écoute, tu vas de faire ce qu'il y a à faire. Donc je suis allé, non même pas, on l'a enterré dans mon patelin au Maroc, près de Fès. Et donc une semaine après, j'étais de retour à Casablanca dans cet état d'esprit assez compliqué. Et en fait, j'ai converti, si je peux m'exprimer ainsi, cette douleur et cette peine en travail. Donc je me suis vraiment noyé dans le travail.
Tu t'es réfugié dans le travail et tu t'es mis à 200 suite à ça.
Exactement, en plus l'opportunité m'était donnée. Franchement, j'ai été accueilli à 2M par des gens, là aussi j'ai eu beaucoup de chance en fait au cours de mon parcours, de rencontrer des gens absolument exceptionnels qui m'ont montré la voie, qui m'ont appris le métier, qui m'ont accompagné, qui m'ont conseillé, qui m'ont engueulé aussi parce qu'il le fallait. Et donc voilà, pendant ces mois de stage, On me repère un petit peu par-ci par-là parce que je carbure à 200 à l'heure sans que les gens sachent pourquoi. Je fais 3-4 reportages par jour parfois. Et puis, il y a à ce moment-là une présentatrice qui décide de prendre une année sabbatique et il y a besoin d'un présentateur. Incroyable! Et complètement de manière inattendue, on me propose, la directrice de l'info de l'époque me propose de passer le casting avec 2 personnes qui sont des anciens de la chaîne. Et donc j'y vais sans me faire d'illusions. Je me dis que c'est un bon exercice et puis que je prendrai la bande pour ensuite candidater une fois de retour en France. Parce que dans ma tête, moi, j'allais revenir après l'été. Et puis, contre toute attente, c'est moi qui suis retenu.
C'était déjà le journal français en version française?
C'était pour moi, oui, bien sûr. C'est le seul d'ailleurs que je suis en mesure de pouvoir présenter. Journal en français à l'époque était à 20h45.. Et aujourd'hui, on passe à 20 heures hors Ramadan. Et donc, je suis arrivé au mois de mai dans les conditions que je t'ai racontées et je me retrouve au mois de septembre à présenter le journal télé.
Wow, c'est incroyable. Non mais parce que pourquoi c'est incroyable? Les personnes qui écoutent le podcast, déjà, ils vont se dire regardez le chemin qu'il a parcouru. Et effectivement, il y a un truc que tu as dit tout à l'heure. Qui est juste incroyable. Tu as dit: je faisais 3 à 4 reportages par jour.
Oui, c'est-à-dire entre ce que je tournais et ce que je livrais.
Moi, ce que j'entends, c'est que tu étais un bosseur. Parce qu'effectivement, on peut se dire: oui, il a eu de la chance. Oui, il y a plein de choses qui se sont alignées. Et al hamdoulilah, c'était le destin. C'était le destin. Et moi, je crois dur comme fer à ça. C'était ce qui était prédestiné. C'est notre destin.
Pareil.
Mais là, il y a aussi la détermination, le travail, le changement d'état d'esprit, les événements tragiques qui ont pu arriver. Tu t'es dit bah moi je vais reformuler ça de manière positive et je vais me donner à fond. Et ça, c'est incroyable.
Forcément, dans ce genre de situation, on n'a pas 36 solutions. Soit on sombre, soit on essaie de rebondir. Et là, en l'occurrence, la grande chance que j'ai, c'est que j'étais dans un dans un univers qui me plaisait, dans lequel je voulais être et qui me donnait cette possibilité-là, effectivement, de m'assommer par le travail et donc, d'une certaine manière, de convertir— les mots sont toujours un peu maladroits dans ce genre de situation— de convertir cette peine en quelque chose de relativement positif. Et c'est vrai que, bon, si j'avais été dans des conditions normales, j'aurais peut-être fait 2 reportages par jour en moyenne. Là, j'ai doublé la cadence parce que, ben voilà, je voulais d'abord travailler et puis j'avais besoin de me vider la tête. Et j'ai eu beaucoup de chance dans ce drame, c'est que voilà, je me suis retrouvé dans cette atmosphère-là au Maroc. J'ose pas imaginer ce qui se serait passé si j'avais été en inactivité, par exemple, ou dans un univers hostile. Ou délicat, mais al hamdoulillah, le bon Dieu dans sa miséricorde, malgré le drame que nous vivions, a quand même fait en sorte que la peine soit relativement atténuée.
Incroyable, merci pour ce témoignage. Et comment ça se passe, parce que c'était en 2006, à l'époque moi, les gens faisaient tout pour venir en Europe, toi tu as fait le chemin inverse, tu es parti t'installer au Maroc. Déjà, comment ça a été pris par ton entourage et comment toi ça s'est passé cette installation-là? Parce qu'aujourd'hui, aller s'installer au Maroc c'est très simple et plein de personnes le font. Et même encore des fois les gens disent: mais pourquoi tu vas aller repartir au Maroc? Mais toi, en 2006, c'était pas comme aujourd'hui. Donc comment tu as vécu ce changement de pays et tout ça?
Écoute, au début je me suis pas trop posé la question parce que pour moi ça allait être une période de 5-6 mois maximum. En septembre, je serai rentré. Après, quand l'occasion s'est présentée, pareil, c'était tellement inespéré, c'était tellement grand quoi, et je touchais du doigt le rêve que je nourrissais depuis des années. Donc là aussi, la question ne s'est pas posée. Après, quant au fait de s'adapter, de rester, tu sais, la vie après elle suit son cours et tu te retrouves emporté. C'est pas tous les jours rose, bien évidemment, mais où que l'on soit, d'ailleurs j'aurais été dans un autre pays que le Maroc, je pense ça aurait été bien plus compliqué. Là, au moins, je suis chez moi, je suis dans mon pays, dans ma culture, il y a de la famille. Vu de France et vu de mes parents, bon, ils m'ont toujours fait confiance, la vérité. Ils avaient un petit pincement au cœur parce qu'ils se disaient: «Dans quelle aventure est-ce qu'il s'engage?» Mais ils le voyaient comme quand j'ai décidé de m'installer à Avignon ou à Sète pour poursuivre mes études. Voilà, c'était dans la continuité de ce que j'avais fait jusqu'à présent.
Petite pause pour te dire que si l'épisode te plaît, like, abonne-toi et mets 5 étoiles pour nous soutenir. Et est-ce que tu as eu des moments, parce que quand tu arrives quand même dans un nouveau pays, tu es dans ton mouvement, tu avances, toi tu es jeune, tu te lances, tu fais tes émissions et tout, mais est-ce que, moi alors c'est ce qu'on entend, moi je n'ai jamais vécu donc je peux pas le savoir, on me dit souvent les Marocains tu les vois l'été mais c'est pas les mêmes personnes l'hiver et le fonctionnement est pas forcément le même. Donc j'ai envie que tu casses des mythes.
Non, en fait, il faut même prendre le sujet à l'inverse, c'est-à-dire que nous, en tant que fils d'immigrés, quand on vient au Maroc, on y vient d'abord à une période très particulière qui est l'été, c'est-à-dire que les gens sont en train de se reposer, c'est agréable.
Ouais, c'est festif, il fait beau, c'est agréable.
Voilà, il fait beau et nous aussi on est dans cet état d'esprit-là, on plafonne la famille, on découvre, on bouge, on voyage, etc. Donc forcément, quand tu sors de cette période-là et que tu rentres dans une période d'activité, de travail, tu changes. D'abord, toi, en tant que Marocain du monde, tu te retrouves dans un environnement, dans une atmosphère que tu avais pas l'habitude de côtoyer, et tu te retrouves à faire des choses que tu n'avais pas l'habitude de faire au Maroc. Forcément, il y a ce changement-là. Et tu vois les Marocains, la population, enfin nos concitoyens, de manière différente. C'est tout à fait logique. C'est la même chose que si tu allais à Bali ou, j'en sais rien moi, aux Seychelles, et que tu dois avoir une activité professionnelle ensuite tout le reste de l'année avec le froid, la pluie, les tempêtes, les tornades et compagnie.
Non mais c'est entièrement ça. Et même quand tu changes de ville, moi j'habite à Montpellier mais je venais souvent l'été parce que j'avais ma sœur qui était à Montpellier. L'été pendant un mois où tu vas à la plage et tout, et après tu reviens en hiver. Par là-bas, c'est moi qui habite juste à côté, j'y vais un peu l'hiver parce qu'on aime bien marcher au bord de mer. Je te jure que par là-bas l'hiver c'est pas la même chose que juillet-août. Et donc effectivement là après c'est dans un autre contexte, mais c'est très bien de partager ça parce que je sais que les personnes qui nous écoutent, il y en a qui ont des objectifs, il y en a qui veulent partir, il y en a qui veulent voyager, il y en a qui veulent veulent même partir au Maroc ou partir dans un autre pays ou à Dubaï ou ailleurs et ils se disent non mais je peux pas et on le voit toi tu l'as fait à 25 ans et aujourd'hui tu es super bien là-bas. Est-ce que tu aurais, j'ai plein d'autres questions à te poser mais là j'y pense, une anecdote à nous donner dans ta carrière? Tu dois en avoir des centaines parce que moi j'ai eu la chance d'être en direct avec toi et je vois comment c'est cadré, comment c'est organisé, comment Tu passes en direct, tu as quand même des millions de personnes qui te regardent. Est-ce que comme ça en tête tu en as une ou deux des anecdotes que tu as vécues dans ce JT, soit au début et même maintenant, qui nous permettent de voir les conditions et pour rigoler un peu aussi?
Écoute, alors il y en a une qui est toute récente, parce qu'effectivement je présente le journal depuis maintenant 17 ans, quand je le dis j'ai peine à y croire, et il s'en est passé des choses.
Et tu es un des plus anciens, je pense, un des plus anciens de chez 2e.
Je crois que je suis, je commence à devenir le plus ancien à l'antenne sur le journal. Je crois que je suis le plus ancien. Je suis le plus ancien sur la présentation du journal télévisé d'ailleurs toutes langues confondues, ce qui n'est pas forcément une très bonne chose pour moi. Ceci dit, ça veut dire qu'on vieillit. Ceci dit, récemment, donc oui j'ai présenté le journal depuis le début et là depuis 2 ans et demi on est sur cette nouvelle formule dans laquelle j'ai eu l'immense plaisir de te recevoir et Et donc il y a quelque temps, je recevais un chanteur et ce chanteur donc s'installe là où tu t'es installé et il se trouve que avant de s'installer, il y a un opérateur du son qui lui accroche les micros. D'ailleurs, c'est ce que tu as vécu, sauf que là, le gars s'est installé mais on avait oublié de lui accrocher les micros et donc je lance son clip, son nouveau morceau, Et je vois déferler sur le plateau, au moment où les images du clip arrivent, l'opérateur du son mais complètement en panique, ça crie dans l'oreillette «Mais qu'est-ce qui se passe?» etc. Et il lui accroche les micros mais vraiment catastrophe. Et alors le clip, moi j'avais prévu d'en passer 20 secondes, 30 secondes maximum. On s'est retrouvé, heureusement d'ailleurs qu'on avait monté le clip dans sa totalité, à passer quasiment tout le clip en intégralité en direct. Et je pensais pas aller aussi loin dans le clip. Dans le journal et finalement 2M c'est devenu à ce moment-là un peu MCM ou MTV, voilà MTV, donc 2M c'est devenu un peu MTV ce soir-là.
D'accord, ok.
Il y en a une autre qui est un peu plus chaotique pour moi, c'est que j'ai mon journal qui a planté, c'était au début, enfin au début, ça faisait peut-être un an que je présentais le journal et mon ordinateur a planté et je me suis retrouvé sur le plateau avec rien du tout. Grosse erreur que j'ai commise et j'ai fait le journal de tête. Et ce jour-là, ma carrière aurait pu s'arrêter vraiment.
Ah ouais, donc il faut qu'on en parle de ce moment-là parce que la première a été assez cocasse, mais tu remontes, au pire tu prends ton micro, tu fais des allers-retours, même si ça fait pas beau en direct, on trouve un moyen. Mais là, c'est quoi là? Comment ça ton PC a planté juste avant?
Écoute, j'étais pas aussi— là tu m'as vu quand tu es venu sur le plateau, je descends pot, on fait des répétitions avec les amis, limités, etc. On cadre le truc. Avant, comme on était sur une configuration plus classique du journal et que j'étais un peu moins strict avec moi-même, j'avais un peu la confiance.
Ça faisait 7 ans, tu étais un peu dans—
En plus, je suis quelqu'un qui a besoin d'adrénaline, en fait, c'est ça le truc. Donc je suis toujours aux dernières minutes, mais pas dernière minute parce que je veux pas bosser dans la dernière minute, parce que j'ai besoin de ce coup de punch. Mais bon, ça, après, il faut aussi le dépasser. Et donc j'ai descendu vraiment Pas à la dernière seconde, mais voilà, dans le rush. Grosso modo, le journal à l'époque était à 20h15, donc à 20h j'imprimais mes textes, voilà, j'enregistrais sur une clé USB pour que ça défile ensuite sur le prompteur. Et à 20h02, j'étais en loge maquillage, je m'habillais, je passais pour mettre un peu de poudre. Et à 20h07, à 20h08, au plus tard à 20h10, j'étais sur le plateau parce qu'on m'équipait, d'ailleurs on mettait des micros, et pour faire les répètes. Donc ça me laissait 5 minutes de battement. Pour moi, 5 minutes et nous à la télévision 5 minutes c'est une éternité quoi. Et donc ce jour-là, grand mal m'en a pris, au moment où je fais Ctrl+S pour enregistrer, le sablier Microsoft apparaît, je n'avais rien sauvegardé, j'avais pas fait de backup, bêtise d'ailleurs, depuis je fais 15 milliards de backup et de sauvegarde. Et donc j'arrive, on appelle l'informatique, impossible de réparer l'ordinateur, j'arrive sur le plateau et ma réalisatrice à l'époque me dit à l'oreillette «Wadi, on fait quoi?» Parce que le prompteur, écran noir, j'avais pas de feuilles et il fallait démarrer le journal. En plus, on avait de grosses actus ce jour-là. Et je lui dis «Écoute Amina, on y va, on n'a pas le choix.» Tu peux pas annuler 20 heures? Ben non, tu peux pas annuler 20 heures, non, non, c'est impossible. Et je t'en parle, j'ai la boule de stress là qui remonte. Et c'est la première fois de ma vie, tu l'as dit, j'ai presque 2500 JT à mon actif, c'est la première fois que j'ai vu la peur dans le regard des cameramen, des cadreurs qu'il y avait sur le plateau. En général, les cadreurs, c'est très décontracté, en plus on rigole, on se lance des blagues entre les sujets, etc. On est copains, on est potes, donc voilà, c'est une atmosphère tranquille. Là, j'ai lu dans leur regard la peur.
Ils ont dit: «Mais qu'est-ce qu'Olivier Roy dit?» Qu'est-ce qui va se passer?
Tout le monde attendait, il a rien, comment, qu'est-ce qui va se passer?. Et alhamdoulilah, grâce à Dieu, j'ai commencé par les titres de tête, le premier lancement de tête, le deuxième, etc., jusqu'au dernier tiers du journal. Le prompteur, ça a été un petit soulagement, ça m'a permis de souffler un petit peu. Et en sortant directement, j'ai appelé ma mère, je lui ai dit: «T'as regardé le journal ?» Elle me dit: «Ouais.» Je lui dis: «T'as remarqué quelque chose qui allait pas peut-être ?» Elle me dit: «Non, non, ça va, c'est bien passé.» Bon, déjà j'ai passé le test de la maman, j'attends maintenant s'il y a des choses qui du top management. Alhamdoulilah, c'est passé tranquille, mais c'est un truc à ne jamais refaire, ou à ne jamais faire déjà.
À ne jamais faire, mais est-ce que depuis ce jour-là tu es beaucoup plus serein? Quand je dis serein, ça veut dire tu dis j'ai vécu ça, je sais que je peux le faire. Bon, tu fais tout pour que ça se reproduise.
Non, non, je refuse. Moi, tu sais, malgré le côté un peu dernière minute, d'ailleurs je me faisais souvent engueuler pour ça, parce que j'arrivais, enfin, dernière minute, tout est relatif. Il m'est arrivé des fois d'arriver à 20-30 secondes sur le plateau parce qu'on avait des actus qui étaient tombées et que c'était, voilà, qu'il fallait être dans le rush. Et puis ça fait partie du métier parce qu'on est en live, on parle d'actu, etc. Mais il faut pas que ça soit systématique. Donc moi, quand j'arrivais, c'était, voilà, 4-5 minutes avant le direct. Pour moi, c'était largement suffisant. On faisait la mécanique des titres, puis c'est tout. S'il y avait un duplex, on le On vous la répète, mais j'ai aucune envie, moi j'ai toujours besoin que les choses soient bien cadrées, calées, etc. S'il y a des imprévus, mon métier et mon expérience me permettent d'y faire face, je peux les gérer, tu vois, mais il faut pas que ce soit et que ça devienne quelque chose de systématique, sinon ça n'a plus de sens.
Ouais, je comprends. Là tu parles de toi, est-ce que tu as déjà eu un cas particulier avec un invité qui, parce que parce que passer devant 2 ou 3 millions de personnes, il y en a qui le vivent bien et il y en a, ça doit être une histoire. Comment tu vis et tu dégages ça par rapport à l'invité pour qu'il puisse être à l'aise et se dire tout va bien se passer? Et est-ce que tu as une anecdote aussi?
Alors ouais, écoute, avant la nouvelle formule, on recevait relativement peu d'invités et les invités que l'on recevait, c'était des gens qui avaient l'habitude, tu vois, qui étaient capés pour être sur le plateau. De temps en temps, il y avait quelques petits coups de stress ou autre, mais rien de méchant. Et moi, je veille toujours à mettre à l'aise mes invités. Sur cette nouvelle formule, effectivement, on reçoit beaucoup de personnes qui n'ont pas forcément l'habitude et qui sont amenées de par leur expertise, de par leur parcours, à venir témoigner sur le plateau et à nous raconter leur point de vue. Et je veille toujours, parce que c'est un travail en amont, tu vois, à mettre les invités à l'aise, à les briefer, à les coacher même s'il y a besoin. Je me souviens, alors récemment, j'ai eu une médecin qui intervenait dans le cadre de ma rubrique santé le samedi et qui sur le plateau a perdu tous ses moyens alors qu'on a parlé plusieurs fois pendant la semaine au téléphone. Elle a perdu ses moyens et là, bon, j'ai compris ce qui se passait, que c'était vraiment une grosse adrénaline, une grosse montée d'adrénaline, gros coup de stress. Donc je lui dis écoute, comme là en revanche l'erreur que je fais pas c'est que je descends, j'évite d'être en retard, donc je descends vraiment très tôt, une demi-heure avant pour faire les répètes, etc. Et donc on a refait l'entretien pour de faux, comme on dit. Voilà, je lui ai dit voilà, tu sais, là où elle calait, je lui ai trouvé les mots, les formulations, je l'ai mise à l'aise, elle a retrouvé sa sérénité. Et en direct, là aussi, tout le monde attendait de voir ce qui allait se passer parce qu'ils ont vu ce qui était survenu pendant la répétition. Et puis finalement, les choses sont très bien passées.
Tu sais quoi, je vais te dire, je vais te révéler un truc. J'en ai fait pas mal des plateaux là avec la sortie du livre. Et mon passage sur 2M, c'était le passage, j'ai l'impression que j'étais même pas passé à la télé. Ça s'est tellement bien passé, quand on se dit ça, ça veut dire que j'avais l'impression d'avoir une discussion comme on a maintenant.
Ah ouais, absolument, c'est le but en fait.
En mode, on est là, on discute. J'étais tellement serein, je me suis dit ouais, c'est bon, ça va bien se passer. Et je suis parti en mode, effectivement, tu as réussi à me mettre, je sais pas comment ça s'est passé, j'en ai fait pas mal. Et même là encore, quand j'y vais des fois, avant j'ai un peu la boule, je respire, je mets ma cohérence cardiaque, je me dis comment ça va se passer. Moi j'ai fait mes exercices de respiration comme d'habitude, mais c'est passé comme ça, je suis ressorti, je me suis dit mais c'est vrai que je viens de passer devant 4 millions de personnes là, j'ai pas compris.
C'est le but parce que mon intérêt pour que le rendu soit le plus optimal possible pour les téléspectateurs, c'est que mon interlocuteur soit à l'aise quoi. Et 99,99% des personnes que je reçois sur le plateau, c'est pour des interviews qui sont des interviews informatives, c'est-à-dire que le journal tel qu'on l'a conçu et tel que je le pratique, c'est pas un journal de débat et de confrontation, tu vois, c'est vraiment un journal d'information. Et le but, c'est de faire en sorte que les personnes qui viennent à travers l'expertise qui est la leur ou à travers le parcours donnent des choses comme ce que tu es en train de faire avec moi là, qui puissent être utiles et intéressantes pour les téléspectateurs.
Tu as une casquette que tu n'as pas abordée ou que j'aimerais aborder avec toi, c'est la casquette d'auteur, parce que tu es passé de... également auteur et ça c'est beau, tu as écrit presque 4 livres je crois si je ne me trompe pas.
Ouais, ouais, c'est ça.
Le dernier c'est «Dans l'œil du lion» ou...
Ouais, il y a eu «Dans l'œil du lion» et puis il y a eu «Les notions d'une nation». «Les notions d'une nation» c'est plus un recueil, j'ai travaillé sur les discours de Sa Majesté le Roi où j'ai sorti des définitions qu'il donnait dans ses différents discours et qui donnent d'une certaine manière, il y avait je crois 77 ou 80 80 notions et ça permettait, voilà, de donner un autre regard et une autre lecture complémentaire des discours royaux qui sont des mines de connaissances et des mines d'informations. Et puis, ouais, dans L'Œil du Lion, je raconte mon parcours et notamment quelques-uns des épisodes que je t'ai racontés.
Yes, et tu en as un qui s'appelle 7080 secondes. Est-ce que tu peux nous en parler un peu? Pourquoi? C'est quoi ce titre? Pourquoi ce titre?
Alors j'ai pas eu la chance de le lire sinon j'aurais pu avoir la réponse mais ça c'était une expérience qu'on avait menée qui s'est arrêtée mais qui a été là aussi très riche avec un jeune Marocain qui avait été condamné à tort par la justice française pour un braquage et une séquestration qu'il n'avait pas commis et donc j'ai raconté son histoire dans cet ouvrage-là avec une dimension un peu plus littéraire. Et le titre en fait révèle la clé de l'issue. Ce qui a permis ces 7 080 secondes, c'est ce qui a permis à son avocat au bout du compte de montrer qu'il était innocent, qu'il ne pouvait pas être sur le lieu du braquage qui a été commis et pour lequel d'ailleurs certains ont été condamnés.
D'accord, super. Et comment tu es passé, comment tu t'es dit demain j'ai envie d'écrire un livre, j'ai envie de me lancer dans l'écriture de parce que tu as un métier prenant, c'est bon, tu es quand même rédacteur, c'est le métier de journaliste, mais passer à écrivain, quel a été le processus pour te dire allez maintenant je vais me mettre à la plume?
Là aussi c'est quelque chose que j'avais en tête, c'est vraiment un rêve que je nourrissais et puis c'est aussi une certaine bouffée d'oxygène quoi. C'est très gratifiant, c'est très apaisant pour moi parce que c'est vraiment mon moment où je suis vraiment avec moi-même et puis vis-à-vis du public ça donne aussi une relation et un partage et un échange qui est extraordinaire, qui me sort un peu de la relation qu'on peut avoir du «vu à la télé» quoi parce que ça nous fait un sujet de discussion, ça nous fait des occasions d'échanges, de rencontrent. Et donc voilà, c'est quelque chose qui me tient très à cœur. J'ai énormément de projets de bouquins en tête là. Je me suis remis d'ailleurs à l'occasion du mois de Ramadan au travail et j'espère sortir quelque chose très rapidement.
Waouh! J'aimerais bien, dès que tu sors quelque chose, tu me fais signe et je pourrais en parler à toutes les personnes. Je pourrais mettre en lien de cette vidéo de ce podcast, ou même tu pourras revenir pour parler et faire la promotion de ce livre avec grand plaisir. Je sais que tu fais beaucoup d'associatif et que ça te tient à cœur d'aider les gens, les jeunes, les personnes en difficulté. Est-ce que tu nous dis qu'est-ce que tu aimes dans ça et pourquoi tu t'es lancé dans cet aspect associatif et quel est le message derrière tout ça et surtout par rapport aux Marocains?
Écoute, moi le bon Dieu m'a beaucoup donné. Honnêtement, il m'a beaucoup pris, mais il m'a beaucoup donné aussi. Et ça, je l'oublie pas. J'oublie pas le gamin que j'étais avec ce rêve absolument gigantesque dans lequel peu de personnes croyaient. Et donc, quand on reçoit, il faut partager. Il faut partager, il faut rendre aussi, parce qu'on n'est pas propriétaire de tout ce que l'on reçoit. On en est souvent et très souvent le dépositaire. Quand on reçoit de la connaissance, du savoir, des conseils, il faut à son tour les partager avec des personnes qui en ont besoin et qui le méritent. Et donc voilà, c'est dans cette optique-là, j'ai été élevé avec ces valeurs. Et pour moi, c'était tout naturel lorsqu'on me sollicite pour des actions sociales ou humanitaires de répondre présent dans la mesure du possible, parce que malheureusement le temps le permet pas toujours. Mais il y a multitude de moyens de donner un coup de main, ne serait-ce qu'à travers un partage sur un post Instagram ou d'être la mise en relation ou ce genre de et puis sur le plan associatif, très concrètement, je suis engagé avec une association de jeunes qui sont absolument extraordinaires, qui s'appelle Tawounou Kebline, ça veut dire «aidons-nous ensemble», et qui interviennent et qui font des choses formidables, notamment pendant Ramadan auprès des personnes démunies dans mon patelin de Bahlil. Bahlil, littéralement traduit, ça veut dire «le charme de la nuit», c'est à côté de Fès. Et donc je m'investis, ils ont eu la gentillesse de me donner le statut, l'immense statut de président d'honneur. Et donc je les accompagne soit en générant des activités, soit en relayant ce qu'ils font, soit en étant présent pour telle ou telle action. Mais tout le mérite leur revient parce qu'ils font vraiment un travail de terrain qui est formidable. Et notamment le président Youssef.
Incroyable. On arrive sur la fin du podcast. Moi, quand je vois ton histoire, je me dis waouh, Cet enfant de 8 ans qui rêvait d'être journaliste, qui a réussi à être journaliste, qui aujourd'hui est une personnalité publique au Maroc, mais qui a ce chemin de jeune qui a grandi en banlieue. C'est un petit patelin, c'était un petit patelin?
Non, non, c'est une petite ville de 12 000 habitants, Pierre Latte.
Et donc aujourd'hui, tu en es là et ça se trouve incroyable. Est-ce que tu as un message pour toutes les personnes qui nous écoutent? Et qui aspirent à ça, à se dire moi aussi j'aimerais réussir, moi aussi j'ai ce rêve et quel que soit, tu peux avoir 8 ans, 10 ans, 15 ans, mais même des fois il y en a qui, comme moi, 30 ans, 40, 50 ans, j'ai ce rêve. Quel est le message que tu pourrais leur donner pour qu'ils puissent atteindre leurs rêves?
Écoute, j'ai aucune prétention d'être un modèle ou un exemple. Ce que je peux dire pour l'avoir vécu, c'est que d'abord les rêves sont faits pour devenir réalité, ça d'une part. D'autre part, le meilleur moteur pour tendre vers cela, c'est la passion, c'est l'amour de ce que l'on fait et faire les choses avec beaucoup d'amour. Et puis quand je dédicace mes livres, j'écris cette expression qui me tient particulièrement à cœur, c'est que rien n'est impossible et l'impossible n'est rien. Donc partant de là, voilà quoi, il suffit de se retrousser les manches et d'avancer et d'avoir surtout en tête une vision très claire du projet que l'on veut réaliser pour permettre aux personnes qui vous entourent, que vous connaissez ou que vous ne connaissez pas, mais qui sont susceptibles de vous aider, de vous orienter, de peut-être faire des choses dont eux-mêmes ne sont pas conscients de la valeur qu'elle représente à vos yeux, de pouvoir donc réaliser et vous aider dans votre cheminement.
J'adore la phrase que tu as donnée: «Rien n'est impossible et impossible n'est rien.» C'est un beau mantra. Et franchement, il est juste incroyable à méditer. J'invite toutes les personnes qui sont là à méditer cette phrase. J'ai une question que je pose souvent à tous mes invités. Elle est assez particulière.
Moi, je connais.
Moi, je connais. Tu es prêt à l'accueillir? Cette question, c'est tout simplement si c'était la fin pour toi, si tu arrivais à la fin et tu disais: j'ai un message, un héritage à laisser aux gens qui sont autour de moi. Qui sont là, qui en plus aux téléspectateurs, aux gens qui sont autour de moi, j'ai un héritage, mais une phrase, une pensée, un message, ce serait quoi?
Faites, n'attendez pas.
Faites, n'attendez pas, tout simplement.
J'ai banni le verbe attendre de mon dictionnaire, donc faut faire, voilà, faut passer à l'action.
Ouais, faites, n'attendez pas.
On aura tout le temps d'attendre ensuite quand quand ce sera la fin.
Exactement, faites, n'attendez pas. Merci beaucoup Wadir d'avoir accepté cette invitation. J'invite toutes les personnes qui nous ont écoutés à laisser un commentaire sous la vidéo, sous ce podcast, à mettre 5 étoiles pour mettre de la force à cet épisode tout simplement. Je mettrai les liens des livres de Wadir si vous voulez vous les procurer, ou au moins le lien de son site parce que je sais que sur son site vous pouvez vous procurer ses livres également. Encore merci d'avoir accepté cette invitation. Et comme je le dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités.










