[ Podcast #19 ] Suis-je hyper sensible ? Avec Fabrice Midal

Fabrice Midal, philosopher and meditation teacher, identifies six traits of highly sensitive people: sensory sensitivity, emotional intensity, empathy, intuition, need for genuine relationships, and scattered thinking. He argues their brains filter less information, making them creative assets, not weaknesses. Practical strategies include accepting feelings, questioning interpretations, meditating, and building inner guidance.
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Par exemple, une autre erreur que font beaucoup d'hypersensibles, c'est d'être susceptible. Comme on sent énormément les choses, quelqu'un vous dit au bureau ou vous dit pas bonjour et vous dites: alors là, lui, il m'en veut, il m'aime pas. Parce que vous le sentez tellement intensément. Ah mais là, je sens bien qu'il m'en veut. Mais non, en fait, vous sentez qu'il y a de la distance, ça vous fait de la peine, mais l'interprétation que vous faites n'est pas forcément vraie. Est-ce que mon interprétation est juste ou pas? Et souvent, mon interprétation est fausse.
Je suis Mohamed Boclet, auteur, conférencier et formateur en technique d'apprentissage. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et triple champion de France de mind mapping. Dans le podcast Connaissance Illimitée, on démocratise des techniques d'apprentissage. Le but de ce podcast est de parcourir la vie de plusieurs personnes inspirantes pour vous démontrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée. Et aujourd'hui, j'ai l'honneur et le plaisir d'accueillir Fabrice Midal. Je suis sûr que vous le connaissez, il est auteur à succès, il a déjà écrit des des dizaines de livres dont le dernier «Je suis hypersensible» que je montre ici à l'écran et dont on va parler aujourd'hui. Il est philosophe, il est enseignant, il est également responsable de la branche développement personnel chez Pocket et il est auteur chez Flammarion. Et j'ai vraiment l'honneur de l'avoir avec nous. Comment tu vas Fabrice?
Ça va très bien, moi aussi je suis très content de faire ça avec toi. Super! Beaucoup de travail.
Merci Fabrice. Est-ce que tu peux te présenter? Parce que moi j'ai fait une présentation succincte, mais est-ce que tu peux te présenter avec tes propres mots.
Et après, on va pas mal de dire que je suis un hyper hypersensible. Ouais, c'est depuis, qui pendant longtemps a pensé qu'il était, qu'il avait pas de place dans ce monde. Pendant tant qu'hypersensible, c'était difficile. Et puis qui peu à peu a trouvé comment trouver sa place et inventer une certaine manière de faire. Donc ça, je dirais qu'il y a cet angle. Après, évidemment, je suis philosophe, donc C'est quand même le cœur de la manière dont je parle, de là, à partir de là. Et puis je suis quand même, je pense, un des principaux enseignants de la méditation en France, que j'ai essayé de démocratiser depuis une trentaine d'années.
Effectivement, tu es le responsable et créateur d'une école de méditation. Effectivement. Et c'est bien que tu commences par ça, parce que quand j'ai lu ton livre Suis hypersensible, le premier, au début je me suis reconnu Quand tu disais j'ai l'impression de pas être à ma place, d'être le mauvais, la mauvaise personne. Et pour toi, déjà, pour les personnes qui nous écoutent, c'est qu'est-ce que l'hypersensibilité?
Alors je dirais, on pourrait dire il y a 6 critères. Le premier critère de l'hypersensibilité, c'est au niveau de la sensibilité, il y a peut-être un sens, 2 ou 3, qui sont un peu exacerbés. Par exemple, certaines odeurs ou certains bruits vous énervent. Vous êtes dans un café, il y a du bruit, ça gêne personne et vous, ça vous empêche. Ça vous est— ou voilà, moi quand j'étais petit, les étiquettes des vêtements, ça me rend fou. Toi, tu as pas connu parce que tu as pas l'âge, mais moi de mon temps, on portait des cagoules, c'était juste— mais j'ai l'impression d'étouffer. Donc il y a des tas de choses comme ça. Ça, c'est au niveau sensible. Au niveau émotionnel, c'est vraiment sentir, c'est parfois les montagnes russes. On a des émotions intenses. On n'est pas du tout, on n'est pas du tout calme. Troisième critère, au niveau empathique, on sent comment l'autre est. Alors des fois c'est formidable, mais des fois on sent angoissé et on dit «ah mais qu'est-ce qui m'arrive?» En fait, on est juste comme une éponge qui va absorber l'angoisse de l'autre. On n'arrive pas à faire la distinction, est-ce que c'est la mienne ou c'est celle de l'autre? Donc ça, c'est niveau empathique. Au niveau de l'intuition, là on a, on a, on a de l'intuition parce qu'on sent des choses, on perçoit des choses que les autres ne perçoivent pas, mais souvent on fait pas confiance à ça. Donc on a une capacité un peu créative, on a une capacité d'intuition, mais souvent les hypersensibles ne le savent pas parce qu'ils l'ont pas cultivé. Au niveau relationnel, 5e point, les hypersensibles ont besoin de relations sincères. Les jeux de pouvoir, de manipulation, se faire mousser, alors ça, ils se sentent pas du tout à l'aise. Ils ont besoin de sincérité, d'honnêteté. Donc des fois, dans certains boulots, ils se sentent «Mais comment je vais faire?» Et dernier point, ils ont un esprit en pop-corn. C'est-à-dire qu'ils ont une pensée, puis d'un seul coup ils ont une autre pensée, puis une autre pensée. Et on sait pas toujours dans quel sens ça va. Et donc il y a plein de pensées, on a plein de pensées, d'idées dans tous les sens.
C'est un peu des pensées en mind mapping là, tu es en train de me montrer.
On pourrait dire ça. Ce qui est intéressant, ce sur quoi j'insiste, c'est qu'il y a 6 critères, 6 éléments. Et donc l'hypersensibilité, on appelle hypersensibilité, mais en fait Ça touche au niveau cognitif, au niveau sensible, au niveau émotionnel. Moi, quand j'ai fait mon livre, j'ai voulu faire une vraie enquête parce que je trouvais qu'en général, tout ce qu'on écrivait sur l'hypersensibilité, je me reconnaissais pas du tout. Partout, on parlait d'hypersensibles comme des gens mous, un peu faibles. Moi, je me reconnaissais pas du tout.
À un moment, tu parles du burn-out. Tu disais même, tu dis dans le livre qu'on dit souvent que les gens qui ont des burn-out, c'est parce qu'ils sont hypersensibles.
Voilà, donc tout ça me semblait très un peu négatif. Donc j'ai vraiment voulu faire de des recherches et essayer de montrer comment ça fonctionne. Et voilà, là c'est intéressant de voir que ces 6 critères, et donc on voit que c'est vraiment un profil d'être hypersensible tout à fait singulier. Et je m'appuie dans mon livre, on aura peut-être pas le temps d'en parler, mais sur toutes les recherches des neurosciences pour essayer de comprendre un peu comment ça fonctionne. Mais pour être honnête, la première fois quelqu'un m'a dit que j'étais hypersensible, c'était il y a une quinzaine d'années. J'étais à un colloque aux États-Unis avec des neuroscientifiques, il me dit vous êtes hypersensible. Ah, moi j'ai failli partir, j'ai dit mais qu'est-ce qu'il me raconte? Je me dis c'est nul son truc. Il m'a dit non, non, non, c'est pas ce que vous croyez. Il a commencé à me raconter ce que je viens de présenter, que c'est vraiment notre cerveau ne filtre pas autant que d'autres esprits. C'est-à-dire quand on est hypersensible, notre cerveau filtre moins, donc on ressent plus de choses, on sent plus de choses, on a plus d'idées. Des fois c'est trop, mais c'est aussi un atout extraordinaire. Effectivement.
Et parce que tu dis dans le livre que Bon, je remonte le livre et bien sûr je vous invite tous à vous procurer son livre qui est aux éditions Flammarion, «Suis-je hypersensible?» Tu sais que l'hypersensibilité, c'est un cadeau.
Ah ouais, parce que souvent les gens me disent: ah mais je suis malheureux parce que je suis hypersensible. Et beaucoup de gens se disent: ah si j'étais pas hypersensible, je serais plus heureux. Mais non, en fait, c'est pas du tout vrai. Quand on est hypersensible, on a un trésor dans les mains, mais il faut apprendre à s'en servir. Si on sait pas s'en servir, eh ben on en fait rien. Et beaucoup de gens sont hypersensibles et luttent tout le temps contre leur hypersensibilité, et au lieu d'en faire un atout ils en font rien. Donc là, ça rejoint plein de choses de ton propre travail. Il faut relever ses manches et en faire quelque chose si on veut réussir, que notre hypersensible soit un atout. Mais c'est un atout, bien sûr, parce qu'avoir des émotions, ça permet de savoir des tas de choses. Les gens, s'ils écoutaient leurs émotions, ils sauraient: là, il faut pas y aller, là, ça vaut la peine. Donc c'est un— les émotions nous donnent des indications qu'il faut apprendre à écouter. Et puis les hypersensibles perçoivent des choses que personne ne voit. Il voit, ah là, il y a un truc à faire. Donc les grands créateurs, les scientifiques, les grands entrepreneurs sont des gens hypersensibles parce que c'est ça qui leur permet de voir ce qu'on appelle des signaux faibles. Donc il y a beaucoup d'atouts, mais il faut le travailler parce que si on est juste submergé, c'est vraiment pénible. Et une des choses qu'il faut apprendre aussi, c'est ne pas se laisser faire par l'idéologie actuelle qui nous fait croire qu'il faudrait être normal pour être accepté. Et donc qu'il faut pas être singulier, qu'il faut pas ressentir ça, qu'il faut pas être comme ceci. Donc on a vraiment tous le sentiment, ah, si je veux trouver ma place, si je veux réussir, si je veux être accepté, il faut que je sacrifie ma singularité, mes émotions. Mais oui, si vous sacrifiez, vous êtes plus accepté.
Effectivement. Ouais, et c'est, moi j'aime bien ce qu'on est en train de partager, c'est par rapport aussi à l'éducation. Je dis souvent, moi je le mets pas exactement dans le livre, dans mon livre, mais je dis C'est comme si on rentre tous dans le même moule à l'école et on veut que tout le monde ressorte de la même manière. C'est-à-dire, c'est comme si on était des carrés et on rentre tout le monde dans un endroit et on veut que tout le monde ressorte en format carré. Mais non, il y a des ronds qui rentrent, il y a des losanges, il y a des triangles. Et le problème, c'est que c'est pas possible. Et donc, quand t'es pas carré, bah tu sors. On te fait sortir un peu plus tôt, on te fait sortir en 6e, on te fait sortir en 3e, on te fait sortir en seconde, au lycée. Et l'objectif, c'est que tout le monde rentre dans le moule. Et comme on est différent, on a des intelligences différentes, on a des émotions différentes, on est singulier, et ben forcément à un moment ça va pas fonctionner. Et donc trouver comment on fonctionne, ça nous aide après à évoluer.
Et c'est d'autant plus vrai, si je peux juste rajouter un truc, c'est d'autant plus vrai, en plus tu es un rond, on te demande d'être un carré, et alors au lieu de te dire bah mais merde, je suis pas un carré, je suis un rond, tu dis je suis nul, je suis un incapable, si j'étais un carré je serais bien, c'est vraiment une honte que je sois rond, et tu finis par être absolument convaincu que le problème de ta vie, c'est que tu sois un rond. Mais non, au contraire, on est ravis qu'il y ait des ronds parce que si il n'y avait que des carrés, ça marcherait pas.
Et pour continuer par rapport à ça, il y a certaines personnes malheureusement qui se coupent un peu de leur corps pour devenir un peu carré. Tu vois, ils ont un rond, mais à la fin, ils essaient de se couper un peu. Et après, à 30, 40, 50 ans, ils se rendent compte que non, moi j'ai envie d'être un rond et je vais redevenir un rond. Et le but, c'est exactement ça. Et quand tu étais jeune, tu le dis dans ton livre, tu faisais l'analogie avec Misanthrope de Molière. Tu avais un peu l'association, la sensation d'être ce personnage, tu dis, en lien avec les tests.
Surtout, je dirais, j'étais comme le vilain petit canard, moi, je dirais. Surtout quand j'étais petit, j'avais vraiment l'impression de faire tache, de ne pas ressembler. Je m'intéressais pas du tout à ce que à ce qui intéressait les gens. Donc c'était vraiment pas facile. Mais c'est vrai que je raconte que le misanthrope de Molière, si on, au fond, qui, qui supporte pas l'hypocrisie, c'est une figure d'hypersensible. Mais c'est une figure d'hypersensible malheureuse parce qu'il est hypersensible, donc il supporte pas l'hypocrisie. Pour ceux qui ont oublié leurs années de collège, le misanthrope, il y a quelqu'un qui vient le voir et qui lui dit: comment trouvez-vous mon sonnet? Donc le poème qu'il a écrit. Et le misanthrope lui dit: mais c'est vraiment nul. Et le type se venge et il est offusqué, le misanthrope, qu'on puisse pas dire la vérité. Et en fait, c'est ça, c'est vraiment une erreur que font les hypersensibles, c'est croire que c'est parce qu'on sent les choses avec intensité, il faut simplement le dire sans faire attention aux autres. Et moi, je pense que le misanthrope fait l'erreur. Il a— c'est important d'être sincère, mais c'est aussi important de comprendre les règles, le jeu social, les règles, les règles sociales. Et ça semble un peu surprenant, mais, mais, mais c'est comme ça. On parle pas de la même manière à sa grand-mère, à un voisin, à un enfant. Et apprendre à parler aux gens, c'est pas être hypocrite, c'est, c'est prendre soin de la relation. Et le misanthrope, au fond, son hypersensibilité le rend au fond pas assez bienveillant. Donc quand on est hypersensible, ça vaut la peine de vraiment faire attention, de réfléchir à comment être fidèle à ce qu'on sent, mais aussi comment réussir à dire ce que l'on sent pour être entendu et respecté, et respecter l'autre, et comprendre que les gens sont aussi hypersensibles. Et au fond, l'hyper— ce qui est paradoxal, c'est quand on est hypersensible, on est— on a notre manière à nous d'être hypersensible, et quelqu'un d'autre hypersensible d'une autre manière. Et en fait, le misanthrope, il est hypersensible, donc il veut dire la vérité, mais il le dit à quelqu'un qui est hypersensible aussi. Et en lui disant que son poème est nul, il l'humilie, et le type se sent très mal. Et il y a pas de raison. C'est pas parce qu'on est hypersensible qu'on doit faire de la peine aux autres. Donc c'est ça qu'il faut vraiment apprendre, apprendre à comprendre comment se relier aux autres. Par exemple, une autre erreur que font beaucoup d'hypersensibles, c'est d'être susceptible. Comme on sent énormément les choses, quelqu'un vous dit au bureau ou vous dit pas bonjour et vous dites: «Alors là, lui, il m'en veut, il m'aime pas.» Parce que vous le sentez tellement intensément. Mais là, je sens bien qu'il m'en veut. Mais non, en fait, vous sentez qu'il y a de la distance, ça vous fait de la peine, mais l'interprétation que vous faites n'est pas forcément vraie. Peut-être qu'il vous dit pas bonjour parce qu'il est dans la lune, peut-être qu'il vous dit pas bonjour parce qu'il a un problème.
La carte n'est pas le territoire.
Voilà, moi j'ai appris tout le temps C'est un conseil que je peux donner à tous les hypersensibles. Ce que je fais tout le temps, c'est j'accepte ce que je sens. Là, je suis blessé. Moi qui suis très hypersensible, quand on me dit pas bonjour, tout ça, je me sens blessé. Mais après, je dis mais en fait, qu'est-ce qui se passe? Est-ce que mon interprétation est juste ou pas? Et souvent, mon interprétation est fausse.
C'est un des concepts que j'aborde quand je dis la carte n'est pas le territoire. Tu vois une carte de quelque chose, mais c'est pas réellement la réalité. J'ai une anecdote, un jour j'étais trop mal et je me suis dit c'est de ta faute Mohamed. Ouais, je me suis remis en question. Donc moi j'ai des élèves, on a des réunions tous les vendredis, ils se connectent sur Zoom. Et donc moi je les mets en mouvement, je les fais se lever, on commence à faire des mouvements avec les mains, les jambes. Et une des élèves se lève pas, elle reste assise et elle s'appelle Audrey. Pourquoi tu te lèves pas? T'as pas envie de bouger avec nous? Elle était en siège roulant, elle était handicapée, donc elle était là physiquement, tu as l'impression, mais toi tu vois quoi? Tu vois une personne qui est assise, qui est bien, mais tu vois pas ce qui est en dessous, tu vois pas qu'elle est handicapée, elle peut pas bouger. Et elle me dit après, elle se recule un peu et elle montre à l'écran que j'aimerais bien. Et là, tu es là, tu te dis voilà. Et au lieu d'être dans un positionnement de questionnement, qu'est-ce qui fait que tu t'es pas levée? Est-ce qu'il y a quelque chose qui t'empêche de te lever? Eh ben ça revient à la carte n'est pas le territoire et ça remet en question. Je veux refaire une petite parenthèse sur ce qu'on parle du Misanthrope, de Molière, de comment tu étais quand tu étais enfant. Et j'aimerais bien reprendre, que tu nous traces un peu ton cheminement parce qu'aujourd'hui dans le domaine de la littérature, tu es une personne très connue, tout le monde te connaît dans ce domaine, tu es philosophe également. Mais comment on arrive à ce niveau? C'est comme ça? C'est simple? Par où tu es passé? Quelles ont été les étapes et les embûches? Pour en arriver là?
Alors d'abord, moi j'ai fait ce que j'avais envie de faire. Donc j'ai vraiment, je me suis intéressé à la méditation quand ça intéressait personne. Moi, quand, voilà, c'était il y a très longtemps parce que je suis plus âgé que toi, mais mes parents, quand je leur ai dit que je faisais de la méditation, ils ont appelé la police en disant mais qu'est-ce que c'est ce truc? Est-ce qu'il est pas dans une secte? C'était pas du tout comme aujourd'hui. Donc déjà, j'ai accepté de, j'ai accepté d'être un rond et pas un carré. De poursuivre dans ce que je sentais juste.
D'accord. Et puis, c'est vrai, tes lunettes sont rondes aussi, on voit bien que tu es un rond.
C'est vrai, tu as tout à fait raison, c'est pour ça que j'ai des lunettes rondes, parce que je suis pas un carré. Et après, j'ai vraiment, au fond, moi j'ai pas cherché à que ça marche, j'ai cherché à faire ce que j'aimais vraiment, ce qui était important pour moi, que chaque livre que je fasse, donc j'en écris presque une quarantaine, soit vraiment un moment important de, de mon chemin. Parce qu'il y avait un rythme des choses. Donc d'abord j'ai fait des livres plus pointus, et puis il y a un jour, j'ai senti que je devais écrire Foutez-vous la paix, qui a été le livre qui m'a, voilà, qui est traduit dans le monde entier, qu'on a vendu à des centaines de milliers d'exemplaires partout. Enfin, qu'un livre qui a eu un immense impact. Je sentais que ce livre allait parler aux gens, mais je peux pas dire que je l'ai fait parce que je voulais avoir du succès. Je l'ai fait parce que je sentais du plus profond que c'était le moment pour moi d'aller au fond de ce qui était pour moi essentiel, et que je trouvais que c'est important de se foutre la paix parce que les injonctions qu'on se met finissent par nous étouffer et qu'on est coupé de nos propres forces, de notre propre créativité. Donc j'ai fait «Foutez-vous la paix». Donc je dirais, ce qui m'a aidé, c'est accepter d'être un rond Suivre ce qui était vraiment important pour moi, sans arrêt me remettre en question. Chaque livre, dire, ah, ça touché des gens, mais peut-être ça pas touché assez de gens. Qu'est-ce que je pourrais faire pour être plus clair? D'accord. Vraiment écouter, Et puis voilà, quand j'ai lancé la collection Évolution chez, chez Pocket, était à l'époque, personne savait ce que c'était, des livres qui aident les gens à mieux vivre, vraiment étrange. Mais, mais mais j'étais vraiment convaincu. Puis j'avais étudié la méditation aux États-Unis, je connaissais ça, donc j'avais vraiment l'intuition que ça allait, que les gens avaient besoin de réponse et d'honnêteté. Donc je dirais, c'est, voilà, c'est aussi avoir confiance dans des intuitions. Et puis après, beaucoup le travail, bien sûr, beaucoup le travail.
Petite pause pour te dire que si l'épisode te plaît, like, abonne-toi et mets 5 étoiles pour nous soutenir. T'étais quel type d'étudiant quand t'étais jeune?
Alors, j'étais très très mauvais élève à l'école, mais mon père, j'ai eu de la chance, j'avais un père qui est un très beau parleur et qui allait raconter chaque année au moment du conseil de classe aux profs que j'avais travaillé tout l'été et que j'allais vraiment mettre les bouchées doubles. Et donc chaque année, les gens me faisaient passer un peu par pitié parce que mon père était très doué. Et donc j'ai réussi à aller jusqu'au bac, vraiment OK. Et puis j'ai fait des études de philo parce que là, au moins, j'ai l'impression qu'on parlait de la vie. Et ça m'a pas plu. Donc je me suis tourné vers la méditation. Puis quand même, j'ai quand même continué un peu mes études de philo et quand même, ça m'intéressait plus. Donc c'était un peu plus facile. Et puis après, j'ai rencontré un prof qui était en prof en classe de Cagnes. Je sais pas si les gens savent, mais voilà, c'est les classes préparatoires. Moi, j'avais pas du tout le niveau, mais je lui ai écrit. J'avais lu ses cours et je suis devenu auditeur libre de ses cours pendant une dizaine d'années. Et ça, ça a été vraiment— là, j'ai vraiment appris. Là, j'ai vraiment— là, j'étais à l'école. Ce que j'avais jamais— j'ai trouvé quelqu'un que je comprenais ce qu'il disait, c'était vraiment vivant. Et là, ça a été vraiment un grand choc.
Est-ce qu'on peut s'arrêter sur ce moment-là? Donc pendant une dizaine d'années, tu as été auditeur libre, c'est-à-dire que tu allais dans ses classes suivre ses cours, mais sans être accepté dans ses cours, juste pour écouter ce qu'il raconte.
Et c'est drôle parce qu'en classe de kank, c'est donc dans un lycée, on était le plus jeune, enfin le plus vieux je veux dire, vous avez 18 ans, c'était juste l'année après, 2 ans après le bac. Et donc moi j'ai repris, et oui c'est un peu étrange, et je pense qu'aujourd'hui ce serait plus possible parce qu'on surveille les gens qui rentrent dans les classes.
Mais c'était il y a 15 ans, ils étaient un peu cool, et donc je pouvais, quand même pendant 10 ans, c'est-à-dire que toi tous les ans tu avais des nouveaux élèves qui arrivaient et toi tu étais toujours au fond de la classe à écouter le prof Et à réécouter ses cours, apprendre.
C'était toujours nouveau. Il n'a jamais fait deux fois le même cours en 10 ans. C'était un type absolument extraordinaire.
C'était un peu ton mentor.
Comment?
C'était un peu ton mentor.
Ah oui, c'est clairement. Mais alors tu vois, ça c'est tout à fait intéressant. Dans mes livres, je pense que ce qui touche les gens, c'est mon chemin, mais aussi le fait qu'il y a une certaine précision. Et moi, quand j'ai fait les cours avec lui, je ne disais pas je fais mes cours avec lui parce qu'après j'écrirai des livres et ça va me former. Pas du tout. J'y allais parce que ça me rendait incroyablement heureux. Ça me rendait tellement heureux de faire ça. C'était tellement— c'est vraiment des années de bonheur incroyables. J'allais en cours, donc il y avait le lundi de 2 à 4, le mardi de 8 à 10, le jeudi de 8 à midi et le vendredi de 10 à midi.
Et mais comment tu avais— tu travaillais en parallèle ou—
Alors donc du coup, pour gagner ma vie, je donnais des cours particuliers, lisais des livres pour une maison d'édition. C'est comme ça qu'après je suis devenu éditeur. Donc je trouvais des petits boulots. Mais vraiment je m'en foutais de, enfin, je gagnais ma vie le minimum, mais pour moi ce qui était, ce qui comptait, c'était ces cours parce que je trouvais ça mais tellement vivant. Ce prof était tellement, c'était tellement vivant. Donc voilà, je, et puis après coup évidemment je sens que ça m'a formé, que la manière que j'ai de penser, la singularité de ma pensée.
Même pour l'écriture, et même dans le livre que, Suis-y Persensible, bon ça se voit que tu as écrit une quarantaine de livres parce que l'écriture, la simplicité, les exercices, le résumé, les passages à l'action que tu demandes au lecteur, tout ça c'est des choses pour faire en sorte que la personne qui lit un livre comme celui-ci est dans une transformation. Il est pas juste passif de la lecture, il apprend des choses et il est acteur de son changement.
Ah, ça c'est clair que j'écris mon livre pour que quand les gens aient fini de lire le livre, ils sont plus les mêmes qu'avant. C'est pas juste j'apprends des choses, mais je me transforme. Évidemment, là je dois beaucoup aussi à la méditation, Parce que la méditation m'a énormément appris à trouver une manière de faire des exercices qui nous aident à nous transformer.
Wow, je me retrouve un peu dans comment j'ai écrit mon livre. C'est un peu comme ça, c'est pour ça qu'il t'a plu, c'est parce qu'on l'a conçu de la même manière.
Ce que j'ai beaucoup aimé dans ton livre, oui, c'est la sincérité. C'est-à-dire tu oses parler de tes propres failles et de ton propre chemin. Et je trouve que c'est toujours très important d'être honnête et de pas être dans une position de surplomb par rapport aux gens en faisant croire des choses fausses, mais en parlant avec honnêteté de ce qu'on a réussi et aussi de nos propres limites. Je pense que c'est important parce que tout le monde peut s'y reconnaître et on vend pas du rêve.
Effectivement. Et en revenant sur ton livre, j'ai bien aimé le passage où tu parles de il est dangereux de rejeter l'hypersensibilité, de, de, parce que c'est un cadeau, mais aussi c'est dangereux de dire non, je vais le mettre de côté, je vais pas le suivre, je vais pas, parce qu'on va pas y arriver.
Donc on va toujours être malheureux, on sera toujours en train de se trahir. Donc bien sûr, et je pense qu'il faut déjà accepter que la vie est pas un long fleuve tranquille, mais heureusement, parce que sinon on s'emmerderait, qu'on a des émotions fortes, mais que ça vaut la peine de les explorer. Ça vaut, moi j'aime beaucoup la cuisine, j'ai une grande passion pour la cuisine et la musique. Et ben les grands musiciens ou les grands cuisiniers sont hypersensibles, sinon ils ont aucune chance. Ouais, il est pas hypersensible, ça va pas être bon. Là il sent des tas de choses, qui fait un truc qui détonne, ou un musicien ou un écrivain. Donc au fond, l'hypersensibilité, ça peut être un truc mais formidable, mais faut juste apprendre à d'abord comprendre le mode d'emploi parce que Aussi, ce que je dis souvent, c'est que la plupart des hypersensibles, on se retrouve sur l'autoroute en sens inverse et on se dit mais là je suis en danger. Tout le monde dit ah non, détends-toi, calme-toi. Tu dis mais merde, je suis en danger. Effectivement, on a le mauvais GPS qui donne des mauvaises informations parce que le GPS d'un hypersensible, c'est pas le GPS de quelqu'un qui n'est pas hypersensible. Donc on se trompe. Par exemple, une des choses qui m'énerve beaucoup, c'est qu'on explique tout le temps aux gens qu'il faut se calmer, il faut être zen. Ça, c'est les gens qui me connaissent, ont l'habitude. C'est complètement absurde. Quand on est hypersensible, on sera jamais zen. Donc il faut accepter que la vie, on est touché, on est ému. Comment on perd pas le nord? Comment on garde son cap? Comment? Mais voilà, il faut accepter d'être ému, d'être touché, d'être blessé, d'être énervé. Ça fait partie de la vie. Mais on a cette fausse idée qu'il faudrait être calme en toute situation. Au fond, on a l'impression que si on devenait un robot insensible, alors on réussirait. Mais non, ce qui compte dans la vie, c'est d'oser être humain. Et être humain, ça veut pas dire ne pas manifester son talent, ne pas oser travailler. Et donc c'est ça qui est absolument, que je crois absolument central. Donc ça, c'est très important. La deuxième chose qui est vraiment importante, c'est comprendre le fonctionnement de son esprit. C'est ça que j'appelle le bon GPS. Il faut comprendre le fonctionnement de son esprit, le fonctionnement de l'hypersensible. Parce que quand on se comprend pas Moi, avant d'être hypersensible, j'avais jamais fait le lien entre le fait que je supporte pas qu'il y ait trop de bruit, que je suis hyper empathique, que j'ai un esprit en pop-corn et que je suis— et c'est souvent les montagnes russes. Je voyais aucun rapport. D'un seul coup de me dire mais c'est pas— je suis pas fou, je suis pas malade, je suis pas— j'ai pas besoin de voir un psychiatre, j'ai juste— je suis juste hypersensible et que Toute l'humanité a toujours eu besoin d'à peu près 10 à 20% d'hypersensibles parce qu'aucune société ne peut vivre sans hypersensibles.
C'est vrai. Et tu dis également dans le livre, et je vais te poser la question, on peut, parce que tu as des responsabilités quand même, énormément de responsabilités, et on peut être, on peut, en étant hypersensible, en ayant cet aspect où l'émotion, l'empathie, la perception, tout ça, un impact très important sur notre personne. Est-ce qu'on peut être hypersensible?
Oui, il y a un métier que les hypersensibles n'ont aucune chance de pouvoir faire. C'est quoi? Dictateur. Ça, ils n'ont aucune chance. Hormis ça, je pense que les hypersensibles ont beaucoup de talents. Moi, j'ai beaucoup de responsabilités. En plus, je dirige Réseau Village, ce village de méditation qu'on a créé avec des milliers de gens. On organise plein d'événements et de choses. Mais le fait d'être hypersensible, ça me permet d'être humain, ça me permet d'écouter. Après, voilà, je respecte mes besoins. Par exemple, en tant qu'hypersensible, je sais que j'ai besoin à un moment de solitude. Si j'ai pas de solitude, je sens que j'étouffe. Donc je me fais des plages de solitude. Voilà, il y a des moments, je suis seul, j'ai besoin de me ressourcer, j'ai besoin des fois de marcher tout seul dans la nature. Donc j'organise un peu que de temps en temps Je suis à l'écoute de ce qui est important pour moi. Savoir, connaître un peu ses vrais besoins, c'est vraiment important.
Et tu es à l'écoute de tes émotions?
Je suis à l'écoute de mes émotions, je pratique la méditation et au fond, je pense que c'est un grand atout. Par exemple, dans mon métier, c'est un peu bizarre de dire ça de soi, mais j'ai eu beaucoup de flair. J'ai publié beaucoup de livres qui sont devenus d'immenses best-sellers. Que j'ai publié alors que j'avais juste un manuscrit, j'ai senti parce que voilà, je suis hyper sensible. Donc je lisais le livre, il n'y avait aucune raison. Par exemple, c'est moi qui ai publié en poche le Marie Kondo sur la magie du rangement. Moi, le rangement, on voit derrière chez moi, aucun principe de Marie Kondo. J'ai des livres partout, elle dit qu'il faut pas en avoir, c'est le bordel. Donc un livre sur le rangement, ça m'intéresse mais pas du tout. Je lis le livre et là, je sens que j'ai la chair de poule, qu'il se passe un truc mais de dingue dans ce livre. Que ça parle pas que de rangement, ça parle d'amour, qui est un truc mais formidable. Donc voilà, donc au fond, le fait d'être hypersensible—
un vrai succès en plus, c'est vrai que même moi je l'ai derrière, je l'ai Marie Kondo.
Beaucoup des livres que voilà, Miracle Morning, enfin beaucoup des livres qui ont marché, je les ai publiés et je les ai publiés parce que je suis hypersensible. Donc je ne serais pas hypersensible, j'aurais pas— ceux qui sont pas hypersensibles, les gens me disent toujours «ah je suis hypersensible, ça m'empêche de tout, je peux pas être accepté », mais c'est pas du tout vrai. C'est pas du tout vrai. Alors c'est sûr que, c'est sûr, par exemple au boulot, je sens que parfois mes collègues, ils trouvent que j'exagère, parce qu'un hypersensible, il a toujours des nouvelles idées. Et donc je viens dans une réunion et je veux tout changer. Ça, c'est normal. Mais maintenant je comprends, la résistance n'est pas le rejet. Au début, je prenais mal, je disais mais ils me rejettent, ils rejettent mes idées, ils ont tort. Voilà pourquoi je pense ça. Maintenant je comprends, je les bouscule, c'est normal qu'il y ait des résistances. Mais la résistance n'est pas le rejet. Et donc maintenant quand j'ai une résistance, je dis ah oui, je comprends, je vais un peu trop vite, je suis un peu trop enthousiaste. Comment je peux expliquer les choses, prendre le temps de parler, voilà, pas faire l'erreur du misanthrope. Comment je peux prendre le temps de parler, de convaincre et de pas être brutal avec mon enthousiasme pour les emmener avec moi. Effectivement, la résistance n'est pas le rejet. Voilà un grand conseil pour les hypersensibles.
Et toujours par rapport à ça, la résistance n'est pas le rejet. Tu parles des émotions dans le livre et tu donnes des méthodes pour travailler sur ces émotions. Tu parles d'être le spectateur impartial, d'examiner les émotions. Est-ce qu'on peut aborder un peu cet aspect-là? Je pense que parce que beaucoup de personnes rejettent leurs émotions, moi j'ai l'impression, moi qui accompagne beaucoup d'élèves, Ils sont dans le rejet des émotions. Et exemple, quand tu as dit il y a un instant que tu arrivais et que tu partageais ta passion ou tes idées et tu avais l'impression que les personnes rejetaient qui tu étais, ta personne, alors que c'est l'idée. Et c'est parce que tu venais les bousculer. Et c'est pas Fabrice qui est rejeté, mais c'est l'idée qu'il a mise. Et parce que ça venait les bousculer par rapport à ce qu'ils vivaient. Donc après, toi tu ressors avec des émotions, tu es soit en colère, soit plein de choses. Est-ce qu'on peut aborder ça? Parce que je pense que quand tu prends conscience de tes émotions, au niveau de l'hypersensibilité, tu as un game changer. On dirait ça comme ça, mais en anglais, ça permet d'évoluer. Donc tu abordes 3, 4 notions. Tu dis qu'il y a 4 méthodes pour travailler sur ses émotions. La première, c'est le spectateur impartial, examiner l'émotion, mettre ses mots en mots et se mettre à la place de l'autre. Et c'est exactement ce que tu as dit là, dans la méthode 4, tu t'es mis à la place de l'autre. Comment t'es arrivé avec ton idée?
Disons, il y a plein de mécompréhensions qu'on a sur les émotions. On a l'impression qu'on est en faute de ressentir des émotions fortes. On a l'impression que les émotions sont irrationnelles. Aujourd'hui, les neurosciences nous prouvent que c'est pas du tout irrationnel, que quelqu'un qui ne ressentirait pas d'émotion serait incapable de prendre la moindre décision rationnelle. Donc les gens qui me disent aujourd'hui «moi je suis cartésien, je veux penser juste logiquement», On a envie de leur dire vous n'êtes pas du tout cartésien, vous n'êtes pas du tout rationnel. D'abord, en plus, Descartes le dit très bien dans le Traité de l'âme. Mais vous n'êtes pas du tout rationnel parce qu'être rationnel, c'est écouter ses émotions. Donc ça, c'est très, très important. Il y a eu des études, quelqu'un qui avait eu un accident et qui avait perdu une partie du cerveau liée aux émotions. Il était capable de parler, de réfléchir, mais incapable de prendre la moindre décision logique parce qu'il ne sentait pas d'émotion. Il devenait illogique alors que c'était que les émotions qui étaient touchées. Donc ça, c'est très important. Le deuxième point, c'est que tout ce qu'on raconte sur les émotions positives et négatives, c'est faux. Il n'y a pas d'émotions positives et d'émotions négatives. La colère, la jalousie ne sont pas des émotions négatives, c'est des émotions douloureuses. Mais toutes les émotions sont là pour nous dire quelque chose. Si vous êtes attaqué et que vous n'avez pas un moment d'agression qui vient vous permettre de vous défendre, vous allez faire un trauma. On sait bien aujourd'hui, des études très pousser sur le trauma le montre. Et donc toutes les émotions sont là pour nous dire quelque chose. Est-ce que je les écoute ou est-ce que je ne les écoute pas? Donc soit je ne les écoute pas en les réprimant, en ayant honte, en voulant pas les écouter. Et les gens ont l'impression souvent que s'ils écoutent pas leurs émotions, elles sont pas là. Mais alors pas du tout, elles sont là, elles vous manipulent, elles vous rongent, elles vous font faire des conneries. Donc écouter ces émotions, c'est très important. Il s'agit pas de les réprimer, mais il s'agit pas non plus forcément de les exprimer. Si vous êtes en colère et vous entrez en rage, c'est pas une manière véritable d'avoir écouté votre colère. Écouter sa colère, c'est-à-dire: je sens de la colère, est-ce que je sens? Comment je la sens? Et donc j'ai plein d'approches pour essayer de sentir dans son corps, on sent l'émotion, essayer d'écouter ce qu'elle a à nous dire. Et c'est comme ça qu'on la libère. Faut libérer les émotions, faut transformer les émotions. Mais heureusement qu'on a des émotions, sinon C'est la vie, c'est le mouvement de la vie. Donc c'est très, très— ça, c'est vraiment quelque chose d'extrêmement important. Il y a un autre point, je passe un peu du coq à l'âne, mais tu me demandais comment j'ai construit mon parcours et tout. C'est souvent par conviction profonde. Quand j'ai commencé à enseigner la méditation il y a une vingtaine d'années, j'ai décidé deux choses: de sortir la méditation de tout aspect religieux Oui. Et deuxièmement, de dire tout le temps que la méditation, c'était pas pour calmer les gens, c'était pas pour faire le vide dans sa tête, c'était pas pour être zen, c'était pour faire être honnête et sincère avec ce qu'on vit. Et tout le monde m'a dit: «T'as aucune chance d'être compris. Les gens veulent gérer leur stress, être calme. T'as qu'à dire ça si tu veux réussir.» J'ai dit: «C'est faux, ça n'aidera pas les gens parce qu'on gère son compte en banque, on gère pas ses émotions.» Les émotions, c'est un truc humain. Donc cette manière de tout vouloir gérer, c'est ça qui tue les gens. Donc j'ai dit: je dirai ce qui est important pour moi. Mais tout le monde me disait, mais au début on m'a dit: mais comment tu peux enseigner la méditation si c'est pas dans un cadre bouddhiste religieux? Moi j'ai dit non. Maintenant aujourd'hui, ça semble évident, mais à l'époque les gens m'ont pris pour un fou. Et quand j'ai expliqué que méditer, c'était se foutre la paix, c'était écouter ses émotions, c'était pas se calmer, c'était les rencontrer, Que si on se calme, c'est quand la mer est calme, les bateaux peuvent plus avancer. Quand un enfant est en colère, on dit calme-toi, ça marche pas. Il faut l'écouter, lui faire un câlin, comprendre ce qu'il a à dire. Ben nous, c'est pareil. Tout le monde comprend que quand un enfant est en train de pleurer, on lui dit pas calme-toi, on le prend dans ses bras, on dit mais qu'est-ce qui t'arrive? Voilà, il va vous dire plein de choses. Une fois, j'étais chercher mon filleul à la sortie des classes, il était tout à fait angoissé. Son père m'avait prévenu, je comprends pas qu'est-ce qu'il a. J'ai pas dit oh là là, là tu es nerveux, on va faire de la méditation pour te calmer. Non, j'ai fait, j'ai fait son goûter, j'ai parlé avec lui, j'ai créé une relation chaleureuse. Puis il m'a dit qu'à l'école il y avait quelqu'un qui l'embêtait, qu'il avait honte et qu'il osait pas le dire. En me le disant, d'un certain point de vue, il s'en est libéré. On comprend très bien ça avec un enfant et on comprend pas que c'est la même chose pour nous. C'est parce que je reconnais mes émotions que je peux les transformer. Et donc voilà, quand tu me disais comment j'ai fait, bien sûr, aujourd'hui, que l'organisation que j'ai créée, ce village de méditation, soit aujourd'hui le lieu le plus connu et le plus important sur la méditation. Pas parce que j'ai voulu faire le lieu le plus important, mais parce que j'ai essayé de dire ce qui me semblait le plus important et de dénoncer ce qui me semblait tout à fait faux, cette idée qu'il faut juste se calmer. Mais non, faut pas se calmer, faut être soi, faut être sincère. Faut rentrer dans la vie, faut oser explorer le monde, faut travailler avec ce que nous sommes. Tout à fait un autre projet.
Il y a deux éléments. Il y a, dans ce que tu viens de dire, il y a la bienveillance envers soi-même. Pourquoi je dis ça? Parce que effectivement, quand tu as donné l'analogie avec l'enfant, effectivement, quand il y a un enfant qui est en colère, on va aller le voir, on va lui poser mais qu'est-ce qui t'arrive, on va poser des, on va parler, on va être bienveillant avec lui. Ou même un collègue qui nous dit je suis bête, je suis pas intelligent, on va bienveillant avec lui, va être bienveillant avec plein de personnes. Mais la personne qui, pour moi, j'estime être la plus importante sur Terre, et c'est pas une question d'égoïsme, je trouve que c'est nous, c'est la personne la plus importante sur Terre, c'est d'abord nous. C'est le fait d'être bien nous intérieurement, dans notre vie, dans notre quotidien, dans tout ce qu'on fait, va faire en sorte qu'on va être bien avec les autres et que les autres vont être bien. Et donc la personne qui est censée être la plus importante, on n'est pas bienveillant envers elle-même, on n'est pas bienveillant envers nous-mêmes. Ça, c'est la première chose.
J'avais écrit un livre qui s'appelle «Devenez narcissique en étant de réhabilité narcissique» en expliquant tout ça. Et dans le livre, je m'étais dit je vais regarder, bon quand même je m'étais dit depuis longtemps et tout, je vais regarder comment moi dans une journée, comment je me parle, est-ce qu'il y a des moments où je suis dur avec moi-même. Le matin, j'ouvre le placard, il n'y a pas de café, et je m'entends me dire comme ça, parce que je faisais très attention, j'avais dit de faire très attention, je m'entends me dire «Quel connard, tu aurais pas pu acheter du café!» Je me dis mais c'est juste dingue, première chose le matin. J'aurais été avec un ami, il me dit j'ai pas acheté de café, j'aurais dit mais c'est génial, on va boire du thé, ou c'est l'occasion de sortir prendre un café dehors. Mais avec soi-même, première chose dans la journée: «Quel connard!» Et je me dis, et donc je me dis mais c'est juste dingue comme on a, on est complètement formaté pour s'insulter, se maltraiter. Et on n'a pas le temps de parler de ça, mais C'est étonnant que Narcisse, qui est quand même le nom d'une fleur qui était quand même dans l'Antiquité le nom de la plus belle fleur parce que c'est la fleur du printemps, du renouveau. Donc les anciens, ils ont pas appelé Narcisse par hasard. C'est devenu pervers et que c'est la chose la pire qui soit d'être narcissique, alors qu'en réalité, comme tu l'as très bien dit, être à l'écoute de soi, être en paix avec soi, c'est la seule possibilité d'être bien avec les autres. Donc c'est très important. Effectivement.
J'aimerais parler un peu de la partie collection et évolution de chez Pocket, parce que tu l'as créée et aujourd'hui il y a énormément de livres qui sortent dans cette rubrique. Donc tu dois en lire des livres de développement personnel, tu lis tout.
Mon métier, c'est presque de tout lire.
Voilà, exactement. Est-ce que tu peux nous en parler un peu? Qu'est-ce qui t'a poussé à créer cette rubrique?
Moi j'ai senti, voilà, il y a 20 ans, que c'était passionnant, qu'il y avait des choses passionnantes parce qu'il y avait des livres de spiritualité, des livres qui découvraient le rôle de l'alimentation sur la santé, de découvrir comment on pouvait comprendre sa propre santé, mais aussi comprendre la sexualité. Enfin, je trouvais que c'était un champ extraordinaire de connaissances et qu'il y avait des choses formidables, des choses nulles, mais des choses formidables. Et j'avais envie de publier les livres, les bons livres. Des choses qui pouvaient aider les gens. Donc ça, ça me semblait, je trouvais ça passionnant. Et comme j'étais moi-même, disons, sur un chemin, je sentais bien dans un livre que je lisais si ça m'aidait ou pas. Donc ça, voilà, ça m'aidait. Donc ça, c'était, et mon intuition était qu'il y a des livres vraiment bons. C'est comme tout, hein. Voilà, il y a des films nuls et il y a des films bons. Et en général, dans ce secteur-là, les gens n'arrivent pas à faire la différence de ce qui est bien, de ce qui n'est pas bien. Et donc je me disais, je vais essayer dans ma collection de publier des livres qui sont bien et je vais, voilà, et c'est ça qui m'intéressait. Et je suis fou de bonheur de faire mon métier. Par exemple, quand j'ai lu ton manuscrit il n'y a pas très longtemps, voilà, c'est juste le bonheur de ma vie parce que je lis un truc complètement nouveau, quelqu'un que je ne connais pas, il dit des trucs que je trouve complètement vrais avec une nouvelle langue et tout, je me dis waouh. Et donc j'aime beaucoup mon métier, même s'il n'y a pas beaucoup de bons livres, parce que beaucoup de gens font que répéter des choses et c'est un peu abstrait, c'est pas très incarné. Voilà, les livres que j'aime, c'est des livres où je sens la personne derrière, je sens qu'elle a vécu. Parce que dans ce genre de livre, au fond, on va pas avoir des idées nouvelles que personne n'a eues, révolutionnaires. Mais quelqu'un te dit une phrase et elle l'a vécu, ça te fait du bien parce que tu sens que c'est vrai, qu'elle l'a dit pour de bon. Et la même, une autre personne dit la même phrase, mais elle fait juste la répéter, ça passe par une oreille, ça sort par l'autre. Et donc la force de ces livres, des livres que je publie, des livres que j'aime, c'est qu'il y a quelque chose qui se passe. Tu sens la personne, il y a quelque chose qui, qui t'éclaire parce que c'est réel, parce que c'est sincère, parce qu'il y a de la profondeur, parce qu'il y a du vécu.
Je comprends, je comprends, je comprends. Merci déjà, merci pour le retour par rapport à mon livre, c'est très gentil de ta part. Surtout venant de toi et qui lit énormément de livres. Effectivement, c'est tout un challenge pour moi et même moi, je suis étonné du succès du livre. Quand les premières semaines et où on en est aujourd'hui, je me suis dit c'est impossible, même en rêve, de penser être capable de pouvoir partager autant de livres à autant de personnes. On arrive sur la fin de cet épisode et alors je vais J'ai 2 questions à te poser. Une parce que j'ai lu ton livre et elle est particulière. Et la deuxième, c'est celle que je pose tout le temps aux personnes que j'invite dans ce podcast. La première, d'abord, c'est celle que moi je pose d'habitude, c'est si aujourd'hui c'était ton dernier jour et que tu étais avec les gens qui te sont proches, importants pour toi, et que tu devais leur laisser un message, un message, un héritage, un héritage. Quel serait cet héritage pour que les gens se rappellent de toi et apprennent des choses et passent à l'action? Tu dois leur laisser un héritage, mais un héritage, une citation, une parole, un message fort, ce serait quoi?
Moi, je leur dirais: 1, je vous ai absolument aimé comme vous étiez. Et 2, je leur dirais: faites confiance à ce qui est formidable en vous.
Faites confiance en ce qui est formé là-bas. Et c'est fou parce que ça me ramène à la deuxième question. Merci pour ça, parce que c'est en lien. Parce que tu finis ton livre et avec Trouve ta voie, tu finis ton livre: et toi, de quoi es-tu amoureux? Et après: trouve ta voie, trouve ton chemin, laisse-toi mourir de ce qui est vrai pour toi, reçois ce don. Et à cette question, je voudrais te poser cette question: et toi, De quoi es-tu vraiment amoureux?
De quoi es-tu amoureux? Tellement de choses. Je suis amoureux, je suis amoureux. Alors, je suis amoureux de, de la cuisine, j'adore manger et j'adore le travail de certains chefs. Mais j'adore la musique, j'adore la peinture, j'adore la nature et les gens qui me sont proches. Donc je, je, je cultive beaucoup l'état amoureux. Je pense que c'est vraiment Les gens savent pas trop, mais au fond, la philosophie pour Platon, c'était être amoureux fou, parce que c'est ça qui fait qu'on sort de son, de son cocon, de, de sa caverne. Et, et donc être amoureux fou, c'est, c'est— et puis je suis amoureux fou de, d'une parole vraie. Au fond, je pourrais dire que quand même, ce qui m'anime, c'est d'être amoureux fou d'une parole vraie qui fait du bien et qui soit sincère. Et c'est ça que je fais quand je parle, dans les cours que je fais, dans ce village de méditation en ligne que j'ai créé, ou que je fais dans mon travail d'éditeur. C'est toujours quand même au fond être amoureux d'une certaine vérité, d'une certaine justesse.
Ok, parfait. C'est très beau. Je suis content de finir sur ces belles paroles cet épisode. Est-ce que, Fabrice, tu as un dernier message à partager à tous ceux qui nous écoutent et qui écouteront cet épisode?
Voilà, puisqu'on a parlé des hypersensibles, ça serait vraiment bien de dire à tous les hypersensibles que c'est très important de, d'assumer que le monde a besoin de vous. Parce que partout on a l'impression qu'en tant qu'hypersensible on n'a pas notre place, parce que partout les gens voudraient que tout fonctionne comme sur des roulettes. Et un hypersensible qui sent les choses, qui fait du bruit, il y a d'autres idées, ça dérange. Mais C'est les hypersensibles qui, dans les temps préhistoriques, ont découvert les plantes qui soignaient, ont pressenti les dangers avant les autres. C'est les hypersensibles qui vont changer le monde. C'est les hypersensibles qui vont dire non à l'injustice. Donc c'est pas toujours facile d'être hypersensible, mais c'est vraiment important pour le monde. Le monde a vraiment besoin de vous. Donc vraiment, surtout, je voudrais dire à tous les hypersensibles: ne vous découragez pas, le monde a besoin de vous.
Parfait, merci pour ces belles paroles de fin. Encore mille mercis d'avoir accepté cette invitation. Je vous invite tous bien sûr à laisser 5 étoiles sous l'épisode, à commenter, à aller voir ce que Fabrice réalise. On mettra le lien de son site, c'est fabricemidal.com si je me trompe pas. Allez voir ce qu'il propose et bien sûr à vous procurer son livre, le dernier, Qui suis-je Hyper Sensible aux éditions Flammarion, tout simplement. Et comme je le dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités.










