[ Podcast - #5 ] De 0 à 100 000 abonnés sur LinkedIn, l'histoire inspirante de Michel Khoury

Michel Khoury went from humanitarian work to running a dry cleaning business in Montpellier, then built 180,000 LinkedIn followers in 18 months by posting authentically without selling anything. He hit 100,000 followers in six months by speaking like he talks on the street, helping people without expecting thanks, and refusing to chase algorithms.
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La plus grosse baffe que j'ai reçue quand je suis arrivé, quand j'étais à la Croix-Rouge, le premier jour où je fais une action pour aller servir du café en fait le matin à des personnes qui dormaient dans la rue. Je fais un café et je la donne à la personne et quand elle prend le café, elle me le jette à la gueule. Elle me dit: «Il est pas assez chaud.» Le gars, je suis là le matin très tôt et toi tu me le jettes à la tête? Et c'est quoi cette reconnaissance-là? Et après, si tu es un peu plus intelligent, Je me suis dit: qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête pour faire cette action-là?
Je suis Mohamed Boclet, auteur, conférencier et formateur en techniques d'apprentissage. Je suis vice-champion du monde de lecture rapide et triple champion de France de mind mapping. Dans le podcast Connaissance Illimitée, on démocratise les techniques d'apprentissage. Le but de ce podcast est de parcourir la vie de plusieurs personnes inspirantes pour vous démontrer que la réussite est à portée de tous. Peace sur vous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Connaissance Illimitée et j'ai l'honneur d'accueillir Michel Kouri. C'est une personne que j'ai découverte sur LinkedIn, qui est top voice LinkedIn. Je crois qu'il a plus de 180 000 personnes qui te suivent sur LinkedIn. Donc ta parole et ce que tu dis, ce que tu fais est assez suivi sur ce réseau-là. Et j'ai l'honneur de l'accueillir. On est également voisins sur Montpellier et il a une histoire super inspirante. Il a un parcours incroyable et je suis heureux de l'avoir avec nous aujourd'hui. Bonjour Michel, comment tu vas?
Salut, comment vas-tu?
En forme? Ouais, très bien, je suis heureux de t'avoir avec moi aujourd'hui. On va commencer par une question assez simple et assez bateau: est-ce que tu peux te présenter pour toutes les personnes qui ne te connaissent pas dans ma communauté et les auditeurs?
Allez, c'est parti! Ben moi c'est Michel, Michel Coury, j'ai 40 ans, je suis gérant d'un pressing sur la ville de Montpellier et à côté de ça, ben je suis à fond sur les réseaux et notamment sur LinkedIn. Je fais attention à ma prononciation parce que j'ai beau avoir beaucoup d'abonnés et être top voice, que j'arrive toujours pas à prononcer, LinkedIn. Et j'essaie d'apporter de la motivation, de l'optimisme à toutes les personnes qui ont un projet professionnel. Et mes sujets de prédilection sont l'emploi, le management, le business. On peut parler aussi de communication, de personal branding. En fait, tout ce qui tourne autour de l'emploi et du professionnel.
Voilà, je vais commencer directement par LinkedIn. J'ai plein de questions à te poser, mais vu que tu t'es présenté par rapport à ça, J'ai vu, tu t'es lancé sur LinkedIn en avril 2021, donc ça fait un an et demi, même pas, ou un peu plus d'un an et demi, et tu es à 180 000 abonnés. Comment on fait pour passer de 0 à 180 000 personnes en 18 mois? C'est du jamais vu.
Il faut aller sur mon calendrier, payer 1 000 € de l'heure.
Non, je rigole.
En fait, je suis arrivé sur Sur ce réseau, vraiment par hasard, c'est ce que j'ai dit à tout le monde. Moi, en fait, j'ai un passé dans l'humanitaire où j'en ai fait à peu près une quinzaine d'années et j'ai eu entre cet arrêt de l'humanitaire jusqu'à avril 2021 beaucoup d'échecs et beaucoup de soucis. Et quand tout est revenu à la normale pour moi, j'étais en train de repasser tranquillement dans mon pressing et je me suis dit comment je peux venir en aide à des gens de manière facile, sans que ça me prenne trop de temps, parce qu'entre le boulot et tout, il faut réussir à cumuler. Je me suis dit: essayez sur les réseaux. Et en même temps que je pensais à ça, j'ai reçu une notification de LinkedIn. Et ce réseau, j'y étais inscrit depuis 8 ans. Enfin, à l'époque, tout le monde s'inscrivait pour trouver un taf et j'avais oublié que j'avais ce réseau, que j'avais un compte dessus. Je me suis dit bah tiens, je vois que ça a changé un petit peu, je vais essayer d'apporter mon expérience, parler de mes échecs, mes réussites, raconter ma vie en fait pro et un peu personnelle sur ce réseau et ça s'est fait comme ça et quand je suis arrivé j'ai remarqué que ce réseau était trop institutionnel. Pour dire bonjour il fallait faire un pavé de 3000 mots, pour dire à quelqu'un comment faire un CV il fallait 5 pages Et je me suis dit moi, je vais aller direct, je vais faire ce que je sais faire, c'est être authentique et parler aux gens comme s'ils étaient dans la rue. Je croise quelqu'un ou comme quand on s'est vu, tu vois, on parle normalement et j'ai communiqué de cette manière et ça a pris. Et c'est vrai que d'un coup, c'est allé très vite. Alors moi, j'ai commencé en avril 2021. J'ai été actif à partir de septembre 2021 et vraiment où j'ai eu un gros boom, c'est en décembre 2021. Donc ça va faire un an et je suis passé en gros de 0 à 100 000 abonnés en 6 mois. Et alors, je crois que la grande différence qu'il y a entre peut-être moi et d'autres personnes sur ce réseau, alors c'est pas pour les critiquer, mais il y en a beaucoup quand même, c'est que moi je suis pas à la recherche d'abonnés. Moi ce que je veux, c'est créer une communauté.
Tu vois, t'as rien à vendre pendant longtemps. Là aujourd'hui, pendant longtemps, quand tu étais là, tu étais là juste pour donner du contenu, partager de la valeur. Et tu attendais, tu recherchais rien. Aujourd'hui effectivement sur LinkedIn ou ailleurs, tu as beaucoup de personnes qui font des publications mais directement ils renvoient vers Akka Landy pour faire du consulting, qui renvoient vers leur boîte parce que c'est beaucoup d'entrepreneurs qui sont et qui veulent vendre leurs services de consulting, leur boîte, leur formation ou autre. Et ta particularité à l'époque où tu as commencé, tu vendais rien si je me trompe pas?
C'est exactement ça et encore même aujourd'hui même si j'ai créé 2-3 activités, je continue à publier sans vouloir vendre en fait. Parce que c'est après ça, c'est de la stratégie aussi. C'est ce que je dis à tous les gens qui sont sur ce réseau: ne vendez rien sur ce réseau, juste vous, essayez de vous vendre. Et c'est quand vous allez vous vendre, ça veut dire en montrant qui vous êtes tout simplement et ce que vous savez faire, c'est à ce moment-là en fait vous allez avoir, vous allez générer des opportunités. Et moi, mon meilleur ami, c'est lui qui me l'a fait remarquer parce que moi Quand j'ai eu mon ascension sur LinkedIn, j'ai rien compris. Ça va tellement vite que tu as même des propositions de fou, des trucs qui arrivent de partout. Je savais plus où j'habitais dans les réseaux. Et mon meilleur ami me dit: «Tu sais, tu te rends pas compte de ce que tu as créé.» Je lui dis: «Pourquoi?» Il me dit: «Tu sais, c'est quoi que tu as gagné? La plus grande chose que tu as gagnée?» Je lui dis: «Non, je sais pas, dis-moi.» Il me dit: «C'est «Tu t'es assuré de ne plus jamais être au chômage de ta vie ?» J'ai dit: «Ah ouais, j'avais pas vu ça sous cet angle.» Et c'est vrai qu'aujourd'hui, avec mon réseau, que ce soit sur LinkedIn ou même sur d'autres réseaux, je me suis assuré de ne plus jamais être au chômage. Ça veut dire que si moi je dis je recherche un travail, je pense quand même sur 180 000, il y en a un qui va me proposer quelque chose. Voilà, en gros, c'est ça comment je fonctionne dans ma tête.
Ok, super. Déjà, ça commence incroyablement bien le podcast et c'est fou ce que tu nous racontes. Je reviendrai sur ce passage-là, mais avant, j'aimerais savoir toi aujourd'hui, bon, tu es connu sur LinkedIn. LinkedIn, c'est un réseau où il y a beaucoup de personnes qui montrent, mettent en avant leurs études. Voilà, moi j'ai un master, j'ai ci, j'ai ça. C'est vraiment beaucoup plus des institutionnels. Aujourd'hui, est-ce que tu peux me parler un peu de ton parcours scolaire? Tu es passé par où? Tu étais quel type d'élève quand tu étais à l'école? Et c'est quoi ton parcours scolaire?
Alors moi, j'ai grandi, je suis né au Sénégal, j'ai grandi, j'ai fait tout mon collège à Dakar et il y a un effet très marquant dans ma vie, c'est qu'à l'âge de 14 ans, mes parents, mon grand frère en fait, allait venir en France parce qu'il a 7 ans de plus que moi pour venir faire ses études et notamment à Montpellier. Et mes parents, moi, j'ai toujours une très bonne relation, très familiale et on se fait très confiance entre nous. Ma mère vient me voir, en fait, elle me dit: «Michel, voilà, j'étais en troisième à l'époque, est-ce que tu veux aller avec ton frère en France?» Et moi, je l'ai regardée, j'ai dit oui. Elle m'a dit: «Michel, si tu veux aller en France avec lui, il faut que tu passes en seconde, tu peux pas redoubler.» Parce que moi, en fait, j'étais un feignant à l'école. J'étais quelqu'un qui n'avait pas envie, je trouvais toujours que c'était chiant, j'aimais pas qu'on m'oblige à faire les choses. Et je suis passé de dernier de la classe au 3e trimestre, à premier de la classe pour pouvoir aller en France. Et c'est là où j'ai découvert une certaine différence. Enfin, c'est là où j'ai eu un déclic en me disant en fait, si je veux, je peux. Et du coup, je suis venu en France et j'ai fait mon lycée avec mon frère. J'étais seul, mes parents étaient encore restés au Sénégal. Et quand je suis arrivé là, j'aimais toujours pas l'école. Donc du coup, je me suis débrouillé pour quand même avoir mon bac. Et après, j'ai décidé d'arrêter les études après le bac parce que franchement, je vais être très honnête avec toi, je suis je suis allé pour faire un BTS ou je me rappelle plus exactement. Ça fait longtemps pour moi quand même. Maintenant, ça fait 20 ans et moi, j'ai toujours aimé le business. Le premier cours, c'était qu'est-ce que c'est un bénéfice? Et moi, avec mes parents et mon parcours de vie, le bénéfice, c'est toute la vie, quoi. Donc je ne vais pas apprendre ça à l'école. Du coup, je suis allé faire des petits boulots et voilà. Après, on continuera. Voilà mon parcours scolaire.
D'accord. Et super, donc c'est incroyable, c'est fou parce que tu as réussi à passer de dernier de la classe à premier de la classe tout simplement parce que tu avais un objectif qui n'était pas un objectif de notes, qui était un objectif plus grand que cet objectif de notes, c'était de pouvoir aller en France. Et peut-être que dans ta tête, ça pouvait parler d'indépendance, de plein de choses qui étaient en lien avec ce que la France représentait pour toi à l'époque. Et comme quoi, pour tous les parents qui nous écoutent ici, on a tous des enfants des fois qui sont démotivés. Après, on ne va pas dire à tous nos enfants: «Si tu deviens premier, tu vas changer de pays tout seul, tu vas à Dubaï, tu vas aux États-Unis.» Non. Mais des fois, on peut essayer de creuser un objectif profond, un truc qui pourrait les challenger, les motiver pour leur faire passer. Et effectivement, c'est fou quand tu passes de dernier à premier. C'est incroyable. Moi, je trouve que c'est incroyable et c'est beau comme témoignage. Après le bac, donc tu as fait plein de petits boulots et je sais que sur LinkedIn, tu parles beaucoup de tes échecs ou de tes réussites également, mais parce qu'aujourd'hui, tes échecs, c'est aussi une réussite parce que ça construit la personne que tu es aujourd'hui. Est-ce que tu peux aborder un ou deux échecs ou un parcours, une des expériences et nous donner aussi ce que tu en as retiré pour toutes les personnes qui sont là et qui nous écoutent? Pas de souci.
Quand j'ai arrêté mon bac, en fait, j'ai fait plein de petits boulots. Donc vraiment, j'ai fait énormément de boulots différents parce que j'avais besoin d'avoir des sous, tout simplement. Et moi, je voyais ça toujours comme un apprentissage, comme un gain d'expérience. Et aujourd'hui, on m'appelle le couteau suisse parce que je sais un peu tout faire. Et c'est grâce à tout ça. Et à côté de ça, je me suis engagé dans l'humanitaire. Je faisais les deux en même temps. Donc je suis arrivé à la Croix-Rouge française en tant que simple balayeur. Je balayais après que des personnes soient venues boire un café ou ce genre de choses. Et après, je suis devenu j'ai été carrément secrétaire général, directeur de la com, j'ai eu plein de postes importants, directeur même de l'urgence du Secourisme, voilà. Et je me suis éclaté dans cette association pendant plus de 10 ans. Et à côté de ça, j'ai toujours eu une âme de business, mais à l'époque, quand j'étais plus jeune, je voulais toujours aller trop vite. Je voyais trop le résultat, je voyais l'argent, je voyais les maisons, je voyais les belles voitures. Et pourtant, à côté de ça, J'aidais des personnes en difficulté, tu vois. Enfin, j'ai vu vraiment, j'avais d'un côté la misère complète et de l'autre côté, mon cerveau, il voulait être le plus riche au monde, quoi. Je me suis planté en pensant comme ça parce que la première entreprise que j'ai montée, c'était une agence de communication. J'ai toujours été passionné par la com depuis que je suis petit. J'ai eu comme premier client Stromae. Wow! Et c'était à l'époque où il sortait son premier album. C'était travailler sur les réseaux sociaux. En fait, à l'époque, c'était pas encore comme maintenant, tu vois. Comment communiquer sur le nouvel album, ce genre de choses. En fait, j'ai eu de l'audace, j'ai envoyé un mail à Universal via le site de Stromae. J'ai dit moi j'aimerais bien travailler avec vous. Ils m'ont rappelé une heure après.
J'ai dit ah ouais, que j'étais comme ça.
Incroyable! Et j'ai même réussi à me débrouiller une petite affiche que j'ai du mal à retrouver, mais je vais la retrouver un jour. Carrément c'était une affiche de Stromae qui disait Stromae soutient Michel Koury, tu vois, un truc comme ça. Mais je mettais à l'époque, c'était voilà, c'était un truc de fou.
Ça aujourd'hui on s'en fiche, mais pas forcément. Je pense qu'aujourd'hui tu ressors l'affiche, c'est incroyable. Oui, ouais, avec la notoriété que Stromae a aujourd'hui, c'est incroyable. Tu as été là à ses débuts.
C'est ça. Et du coup en fait voilà, j'ai, alors c'est pas que j'ai commencé à faire le malin ou ce genre de choses, mais en fait je Quand j'ai eu mon agence de com, je ne connaissais rien en... Alors je ne dis pas que je ne connaissais rien en com, mais je n'y connaissais rien en tout ce qui est technique de com. Par exemple, utiliser Photoshop à l'époque, il n'y avait pas Canva où c'est facile. Photoshop, il te fallait y aller pour comprendre comment ça fonctionne. Donc je me rappelle, j'ai tout appris en une nuit. Je me rappelle, j'étais chez mes parents encore à cette époque. Ma mère, elle me faisait le café, le thé. Elle me dit: «Qu'est-ce que tu te prends la tête avec cet ordinateur, bordel ?» Je lui dis: «Ça va te faire gagner de l'argent, mon fils.» Elle me fait: vas-y, boss. Et du coup, voilà, j'ai appris. Et là, mauvaise expérience, c'est que j'ai vu, j'ai voulu trop avoir. Et mon champ de compétences, c'est, je pouvais plus aller plus loin que ce que je savais faire. Et j'ai coulé, j'ai coulé ma boîte. Alors ça, c'est mon premier échec. Je l'ai pas mal vécu parce que j'étais jeune, je pouvais tout de suite rebondir, faire d'autres trucs. En plus, j'avais déjà plein d'activités à côté. Je me suis dit voilà, je referai de la communication un jour où je serai plus mature.
Et c'est ce que tu fais aujourd'hui, c'est incroyable! Et alors tu as eu une boîte de com, aujourd'hui tu as un pressing, je crois que tu as eu d'autres boîtes en parallèle, tu as fait de l'associatif et tu as passé tous les échelons à la Croix-Rouge qui est une association qui est quand même grosse et bien structurée, donc tu passes pas les échelons évolution comme ça, tu arrives pas, tu passes pas de la personne qui vient faire la manutention à directeur de la com ou autre du jour au lendemain. Comment tu t'y es pris? Est-ce que tu t'es déjà arrêté et tu t'es déjà posé, voilà, par où tu passes? Qu'est-ce que tu fais? Comment tu apprends? Qu'est-ce que tu, quand tu as un objectif, quel est ton processus?
Le truc, c'est que moi, je suis une personne qui travaille sans objectif. D'accord, c'est ce qui m'amène à réaliser mes objectifs. Je vais t'expliquer. Quand j'ai commencé à La Croix aux Champs-Élysées, je me suis jamais dit je veux être le patron ou le directeur de la com ou ce genre de choses. Mais je suis quelqu'un qui, quand il a une idée, je vais tout faire pour la mettre en place. Et dans tous les boulots que j'ai eus, même les petits, à chaque fois que je commençais, il y a un moment ou un autre, je monte. Parce que la personne qui me manage ou la personne avec qui je travaille, c'est pas que je la dépasse, mais c'est que je veux lui apporter tellement de soutien et d'idées et de plus-value qu'en réalité, je prends sa place. Et du coup, je circule comme ça. Quand je commençais à la Croix-Rouge, c'était pareil. J'ai travaillé dans la restauration, j'étais serveur, je suis passé chef cuistot. À la fin, c'était moi qui étais devenu gérant du restaurant. À chaque fois que je commence un boulot, je fais comme si c'était pour moi. Je travaille comme si c'était mon entreprise. Et ça, c'est à double effet. C'est ou c'est très bien ou on en profite ou les gens en profitent. Et du coup, j'ai jamais eu, jamais commencé quelque chose en me disant je vais atteindre cet objectif. Je laisse les choses aller et à un moment, ça va payer à un moment ou un autre.
Donc tu donnes sans attendre en retour et après, la vie te le rend. On va dire entre guillemets, la vie te le rend. Et aujourd'hui, ton processus, c'est prendre les choses en disant: c'est comme si c'était à moi, ça m'appartient, c'est mon restaurant même si c'est pas le tien. Si ça avait été le mien, j'aurais fait comme ça, donc je vais donner mon énergie, je vais donner comme si ça m'appartenait le restaurant. Et ensuite, forcément, quand tu es bon et que tu donnes tout ce qu'il y a à donner, indirectement, les managers, les personnes qui t'entourent le voient et te donnent de plus en plus de responsabilités.
C'est ça. Alors, c'est à double tranchant parce que 80% du temps, quand je l'ai fait pour une autre personne, je me suis fait bouffer à la fin.
Ouais, t'as pas eu les retombées que tu voulais.
C'est ça. Ou le respect. Moi, j'ai jamais dit je veux que tu me payes plus parce que je fais ça, mais au moins le respect. Le fait que si je te demande un jour de congé, tu me le donnes, quoi. Si je te dis je suis fatigué, je veux me reposer, ce qui m'était arrivé au restaurant. J'ai besoin de me reposer parce que là, en plus, ce type-là, j'étais devenu gérant quand lui était tombé malade pendant 2 mois. Donc, c'était en plein été. C'était sur Palavas, dans un resto et j'étais le seul. En fait, c'est comme si j'étais le seul de l'entreprise, en fait, du restaurant qui pouvait prendre sa place. Du coup, je l'ai fait naturellement pour lui sauver son restaurant. C'était même pas pour qu'il me trouve beau, gentil et tout ça. C'était non. Il m'a embauché. Je lui dois quand même. Ce truc qu'il est malade. Et quand il est revenu, en fait, je lui ai dit je suis fatigué, quoi. Pendant 2 mois, de 8 heures à 2 heures du matin tous les jours. Et je n'ai pas demandé une augmentation, je veux juste prendre une semaine de vacances. Il m'a dit non. J'ai dit bon, OK, on arrête là, on arrête là. Comme quoi, quand je lui ai dit on arrête là, il m'a dit est-ce que tu peux continuer encore un mois?
Et tu as continué ou pas?
Non, faut pas abuser quand même.
C'est incroyable. Et ce qui est bien, ce que tu viens de dire, Parce que là, on va se poser dans l'autre position. Donc toi, tu avais ta position à toi, tu donnais, mais des fois, la position du manager, s'il y a des managers qui nous écoutent, des chefs d'entreprise qui nous écoutent, effectivement, le bien-être du salarié est fondamental. Et des fois, on veut dire non à un petit truc, mais qui nous coûte beaucoup plus. Parce que si tu avais dit oui, tu serais reposé une semaine, tu serais revenu super motivé. Si tu avais augmenté, peut-être, et là, donc lui, peut-être, il t'aurait il aurait pu, c'est des extrapolations, on connaît pas l'avenir, mais peut-être que là tu aurais été le gérant de sa boîte, de son resto.
Peut-être que j'aurais même racheté son restaurant.
Il y a plein de choses qui peuvent se faire. Et parce que des fois une décision de non, j'en ai besoin maintenant, je peux pas le laisser partir, et ben boom, tu l'as complètement perdu. Et c'est encore pire. Et des fois faut réfléchir. Moi j'ai une apprentie et elle me dit ouais, vendredi j'ai un rendez-vous médical, je suis pas là l'après-midi. Et je lui dis vas-y, il n'y a pas de souci, on ne va pas comptabiliser ton absence parce que c'est un rendez-vous médical, tu n'es pas là l'après-midi. Je sais qu'en temps normal, tu te donnes. Des fois, au lieu de finir à 17 heures, tu en fais un peu plus, tu réponds à des choses que tu devrais faire en dehors de tes heures habituelles. Donc pour moi, c'est la moindre des choses de te laisser l'après-midi sans venir te prendre, sachant que quand tu es apprenti, tu ne gagnes pas beaucoup si tu enlèves une demi-journée de travail ou une journée de travail. Pour eux, c'est conséquent. Je ne vais pas rentrer dans ce détail-là, mais je lui ai juste dit, elle m'a dit: «Ouais, je pars l'après-midi.» J'ai dit: «Ok, bah il n'y a pas de souci, je te la paye. Prends soin de toi, fais attention à ta santé et reviens en pleine forme.» Comme ça, c'est vrai, c'est du donnant-donnant parce que tu ne peux pas à la fois toujours demander et rien, tu sais, tu es juste en train de prendre, prendre et sans jamais donner également parce que sinon, le monde, c'est un vase communicant.
Tu as tout résumé.
Effectivement. Et donc là, ça j'ai bien compris sur l'aspect où tu te donnes à 200 pour t'investir comme si ça t'appartenait. Mais exemple, moi je m'investis dans un truc comme si ça m'appartenait, mais il y a une partie technique, une partie connaissance que je ne connais pas. Je vais dans un restaurant, moi je n'y connais rien à la cuisine. Je vais dans une boîte de com, je n'y connais rien, même si je fais comme si c'était ma boîte, je me mets à 200 %, Si j'y connais rien, toi, est-ce que tu avais un processus? Est-ce que tu te mettais à lire plein de livres, à regarder plein de reportages, ou est-ce que tu as une autre méthode, un petit secret à toi que tu peux nous partager?
Alors, je ne suis pas quelqu'un qui lit beaucoup, même si j'aurais dû et je dois le faire, c'est jamais trop tard. Je suis quelqu'un qui va essayer d'apprendre toujours tout seul.
Tu lis pas beaucoup? Tu recevras bientôt mon livre, comme ça tu pourras, ça sera un livre que tu seras obligé de lire. Ça m'a fait tilter. Il sort le 2 février aux éditions Robert Laffont. Il est en précommande à partir de début janvier. Donc au moment où l'épisode sera mis en ligne, il sera en précommande. Donc toutes les personnes là qui vous êtes en train d'écouter, vous pouvez déjà précommander mon livre. Je mettrai le lien en dessous, il est à la fac à Robert Laffont.
De toute façon, le jour où il sort, on fera un truc ensemble où c'est moi qui t'inviterai pour qu'on fasse la promo parce que ton livre, je pense qu'il peut aider beaucoup de personnes.
Avec grand plaisir, avec grand plaisir. Et j'en profite, je t'invite le 4 février au Gilbert, tu vois, le Gilbert de Montpellier, qui est le grand Gilbert. Je fais une après-midi inauguration, dédicace de mon livre toute l'après-midi. Je suis dans le Gilbert de 14h à partir de 14h. Donc toutes les personnes qui écoutent avant le 4 février et qui sont sur Montpellier, dans le coin, vous pouvez venir le 4 Au Gilbert de Montpellier.
Des trucs d'enfance, ça.
Voilà, exactement. Et on pourra se voir là-bas. C'est le petit moment autopromo du podcast qui n'était pas prévu, mais comme tu m'as parlé de livres, je me suis dit, ah, c'est le moment d'en parler. Et pour moi, c'est incroyable parce que moi qui ne lisais pas, parce que tu parlais que toi tu n'aimes pas lire, et j'en suis sûr qu'un jour tu sortiras un livre, j'en suis persuadé. Je te le dis, peut-être que dans 10 ans ou dans 3 ans, on en reparlera et tu réécouteras ce podcast.
J'ai une maison d'édition qui Mohamed Boclet qui m'a contacté pour écrire un livre sur mon parcours.
Tu as une histoire tellement inspirante que j'en suis sûr que bientôt il y aura un livre. Voilà, tu le dis et on en reparlera. Peut-être que tu accepteras le projet, mais je suis sûr qu'un livre de toi, ça sera incroyable et pour toi et pour toutes les personnes qui vont lire. Parce que c'est bien pour l'auteur parce que ça lui permet de laisser un héritage, mais c'est surtout bien pour toutes les personnes parce que c'est les gens qui vont lire ton histoire ou qui vont lire mon livre ils vont apprendre des choses, ils vont découvrir des techniques et qui pourra forcément leur changer la vie parce que tu as l'occasion d'avoir 250 pages, 300 pages d'une personne que tu connais pas qui se dévoile à toi et tu vas forcément apprendre de ses expériences, de ses moments de vie, de ses faiblesses, de ses réussites et tout et ça, c'est incroyable. Bon, on revient à ce qu'on a dit parce que c'était une petite parenthèse.
Comment je fais pour apprendre, enfin Je suis quelqu'un qui apprend vite. Par exemple, si on prend le cas du service en restauration, quand je suis arrivé, il m'a fallu 2 heures pour tout comprendre. Voilà. Et après, je me dis toujours que si moi je fonctionne comme ça, si lui il y arrive, moi je peux y arriver. Ça, c'est la première chose que je me dis. Si, pourquoi moi je ne vais pas y arriver si lui y arrive? Donc du coup, je me donnais à 100 pour exécuter mon travail de la meilleure des façons. Et au bout d'un moment, C'est moi qui, je me rappelle dans le service, je disais c'est moi qui prenais le dessus sans faire exprès. En fait, quand par exemple tu avais 100 personnes qui arrivaient, les gars, ils travaillaient là depuis 3-4 ans, ils étaient perdus. Et je leur disais non les gars, vous inquiétez pas, toi tu vas faire ci, toi tu vas faire ça. Il y a toujours eu ce côté un peu leader, meneur. Voilà. Et je sais pas comment je fais. J'apprends vite. J'ai une mémoire visuelle qui est très, très forte et même une mémoire des chiffres aussi. Voilà, tu me dis une série de chiffres. Aujourd'hui, je la lis une fois, je peux la retenir à vie. C'est, je sais pas, c'est comme ça. Ça m'a jamais servi à quelque chose, cette mémoire des chiffres. J'aurais dû travailler peut-être dans les trucs de trading.
Ça peut te servir, peut-être que tu t'en rends pas compte, mais ça doit te servir indirectement.
Mais des fois, tu as des choses, j'ai une mémoire, j'ai une très grosse mémoire en fait, je retiens beaucoup de choses. Et du coup, quand je vois des gens travailler, par exemple, je vois la manière dont ils travaillent, je vois leurs gestes, je vois leurs mouvements, et tout, c'est très facile pour moi après de refaire la même chose. Parce que si je vois ça en 5 secondes, je récupère. Tu vois, des fois à la télé, tu vois quelqu'un qui te fait un tuto, ou en vrai, il te montre comment fabriquer quelque chose. Si je le vois une fois, j'ai cette capacité de le refaire tout de suite.
Wow, c'est incroyable. Voilà. Et tu as la capacité aussi à passer à l'action rapidement aussi. Oui, ça c'est, je le vois en t'écoutant. Je pense que ça, c'est aussi une de tes grandes forces, c'est ta capacité à dire. Parce que beaucoup de gens voient des choses, les écoutent, les entendent, mais ne les mettent pas en application. Et donc toi, tu vois, tu appliques, tu vois, tu appliques, tu vois, tu appliques, et tu es dans ce processus. Et peut-être que tu as travaillé ta mémoire procédurale. La mémoire procédurale, c'est la mémoire de l'action. Et si tu l'as stimulée beaucoup, tel depuis la première heure, tu fais que stimuler celle-là. Donc c'est devenu une habitude de dire j'apprends, je mets en application. Et comme tu sais que quand tu apprends, tu mets en application, ça marche, ben en fait tu es dans un cercle vertueux parce que tu sais que ton apprentissage tu vas le mettre en action, donc tu as envie d'apprendre d'autres trucs pour le mettre encore en action et créer. Et donc ça, ça se travaille. Donc toi c'est un peu inné, ou c'est inné parce que tu l'as fait indirectement, mais les personnes qui nous écoutent aujourd'hui, ils peuvent faire la même chose. C'est-à-dire, tu vois, moi j'ai un concept que j'aime bien partager, c'est modéliser l'excellence. Modéliser l'excellence, c'est tu as pas besoin de réinventer la roue Tu n'as pas besoin de repartir de zéro. Tu vas, tu dis: OK, ben moi, j'ai envie d'être numéro 1 LinkedIn, je vais analyser le top 10 LinkedIn, regarder exactement ce qu'ils font, les posts qu'ils font, qu'est-ce qui fonctionne, qu'est-ce qui fonctionne pas et m'inspirer. C'est pas copier parce que modéliser l'excellent, c'est pas faire du copier-coller parce qu'on est une personne, mais s'inspirer. Et donc, dans plein de choses de la vie, on peut l'utiliser.
Alors, tu vois, si je peux me permettre de te couper, la différence qu'il va y avoir avec quelqu'un qui va penser comme ta façon de voir là, Moi, je suis plus un peu différent, tu vois, en parallèle. OK, tu vois, il y a des gens qui vont s'inspirer et s'inspirer. Ils vont voir comment ça fonctionne, ils vont dire ça, ça fonctionne et tout. Moi, il m'a fallu un mois pour comprendre, sans regarder le travail des autres, tout ce que tu as dit là sur LinkedIn. En fait, c'est des gens aujourd'hui qui vont, qui sortent des choses sur l'algorithme de LinkedIn. En disant si tu publies, il ne faut pas commenter ton post ou il faut répondre aux commentaires. Il faut aller commenter 3 posts de quelqu'un de ton réseau. Il faut publier au bout d'une heure. Il faut répondre à tous les commentaires. Moi, tout ça, je l'ai compris en un mois sur LinkedIn et sans regarder les autres. Et c'est ça qui fait la différence. Ça veut dire que moi, je n'arrive, je ne m'inspire même pas des autres. Je ne regarde même pas ce qu'ils font. C'est en faisant que j'apprends. Et c'est comme ça que je fonctionne. Et c'est un parallèle.
OK, non, non, mais c'est très bien. Mais c'est exactement ce que, ce qui est bien, c'est que toi tu as modélisé qui tu es et ça c'est fort. Et souvent ce que je partage à mes élèves aux Illimités, c'est que la première chose c'est apprendre à se connaître. C'est-à-dire que tu peux pas commencer à vouloir faire quelque chose, te lancer tête baissée et y aller sans savoir qui tu es, comment tu apprends, comment tu fonctionnes. Et donc toi tu l'as très bien compris exemple dans la restauration, tu es arrivé, tu as analysé les gens qui travaillaient dans ton restaurant sans leur dire allez aujourd'hui toute la journée vous allez me donner tout ce que vous savez, vous allez m'expliquer tout ce que vous savez faire. Non, tu es venu en mode observateur et tu as observé au fur et à mesure, et ce que tu as fait dans plein d'autres choses.
C'est ça. Et parce que aussi j'ai une particularité, ce que moi j'aime travailler dans l'urgence, ça c'est mon passé. Quand j'étais à la Croix-Rouge française, j'ai eu des responsabilités par exemple de gérer des urgences, par exemple dans le sud. Il y a une époque où il y avait beaucoup d'inondations et on me disait voilà Michel, voilà les moyens que tu as, voilà les hommes que tu as et les femmes que tu as. Il faut dans l'heure que tu puisses héberger 4000 personnes. Il te faut trouver le lieu, il te faut trouver la logistique, il te faut tout mettre en place. Et moi, ça, quand tu me donnes ce genre de de mission, c'est là où je suis le meilleur et ce que j'aime le plus. Et du coup, quand je reviens après dans la réalité des choses, par exemple LinkedIn, même au pressing, ce genre de choses, en fait, ça me paraît trop facile parce que je ne travaille plus dans l'urgence, mais j'ai cette capacité à aller vite. Pourquoi je vais attendre de voir ce que lui il fait, lui il fait, lui il fait pour savoir ce que moi, en fait, je dois faire? Du coup, je fais, j'apprends. Et ça m'est arrivé sur TikTok, par exemple, il y a 4 mois, j'ai balancé une vague de vidéos et je me suis dit je vais essayer ça, ça fonctionne pas. OK, j'essaie ça, mais j'essaie pas 3 jours après, j'essaie une heure après. Je vais vite, en fait. Et là, maintenant, sur TikTok, par exemple, sur mon profil, je sais exactement ce qui va fonctionner et ce qui ne va pas fonctionner. Mais ça veut pas dire que ce qui va pas fonctionner, je vais pas le faire. D'accord, mais je sais exactement ce qui peut ramener des abonnés, ramener des vues et ce genre de choses.
T'es à combien de personnes sur TikTok là actuellement?
Je suis à 36 000, un peu plus de 36 000.
En 3-4 mois?
4 mois, ouais.
Il leur faut des— il y en a, ça fait 5 ans qu'ils sont dessus, ils y sont pas encore.
Après, c'est parce que moi je suis un passionné, tu vois, de ça. Et j'ai LinkedIn, tu vois, c'est bien, c'est génial comme réseau et tout, mais il faut pas toujours, toujours être sur le même parce que déjà après tu te fatigues, tu vois toujours les mêmes personnes. Tu vois, c'est un réseau intramuros, tu vois, c'est, c'est une fois que tu as liké 5-6 publications, tu vois toujours les mêmes et tu dois aller chercher des nouveaux. Alors que si genre TikTok, c'est quand même beaucoup plus gros. Bien sûr. Et en plus, la vidéo, c'est quand même beaucoup plus challenge, tu as plus de challenge, tu vois.
Et aujourd'hui, comment tu continues à apprendre? Est-ce que tu as une routine d'apprentissage ou pas? Est-ce que tu aimes bien écouter des podcasts, des vidéos en dehors de ce que tu fais dans ton activité pro, est-ce que tu as une certaine routine?
C'est un gros défaut que j'ai. Je ne sais pas si c'est un défaut ou pas, mais je ne m'inspire de personne. Je n'ai pas d'idole, je n'ai pas de personnes sur qui regarder. S'il y a des gens que j'aime bien, par contre, par exemple dans l'optimisme, j'aime bien Simon Sinek. Voilà, parce que je trouve que son parcours, il est original et tout. Mais même lui, je m'inspire pas de lui parce que je trouve qu'il est dans son monde, tu vois. Et si je m'inspire de lui, ça veut dire que j'aurais une marque de lui. Et ça, je veux pas. Moi, je veux ressembler à personne, je veux être unique.
Tu veux être Michel Kouri, stop!
Voilà, j'ai mon parcours, ça me suffit. Je fais ce que je peux, tu vois, et je vais pas essayer de ressembler à lui ou à lui. Ça, je déteste ça. Et ce que je fais, des fois je regarde, j'essaie de m'inspirer de la vie de tous les jours, en fait, de mon parcours. Et c'est déjà énorme, c'est déjà pas mal, tu vois.
Bien sûr, bien sûr. Je voulais revenir sur ton parcours à la Croix-Rouge. Est-ce que tu as une expérience? Je pense qu'il y a plein de choses qui t'ont marqué pendant ces années, ces 10 années à la Croix-Rouge, c'est fort forcément. Mais j'aimerais bien que tu nous partages s'il y avait une chose qui t'avait le plus marqué et l'enseignement que tu en as tiré. Pourquoi je te parle de l'enseignement? Pour que les personnes qui sont là puissent apprendre de toi et apprendre de cet enseignement, et si ça peut nous aider tout simplement.
Alors je vais, je te raconte un truc. Moi tu sais, je sais pas si tu as déjà vu ma dernière émission que j'ai faite avec Virginie Delalande Abismart.
J'ai vu que c'était un post passé, mais j'ai pas pu regarder.
Elle m'a invité. Elle est géniale cette dame. Si un jour tu as l'occasion de la voir ou de parler avec elle ou de partager quelque chose avec elle, fais-le parce que franchement, elle m'a inspiré par sa force. Et tu verras avec elle un jour si tu as l'occasion de la voir ou de parler avec elle. Et j'ai J'aime l'argent, je suis un businessman, j'aime plein de choses, mais il y a un truc que je combats depuis un certain temps, depuis ma jeunesse, c'est tout ce qui tourne autour de la discrimination et l'exclusion. Je suis persuadé que la souffrance dans le monde, la misère, la famine, tout ça, on pourra jamais l'éradiquer. On ne peut pas, mais on peut la soulager. On peut faire en sorte que des personnes se sentent un petit peu mieux. Pas mieux, mais un petit peu mieux. Et la plus grosse baffe que j'ai reçue quand je suis arrivé, quand j'étais à la Croix-Rouge, et ça, ça définit toute ma personnalité de quand je veux aider une personne. Le premier jour où je fais une action pour aller servir du café, en fait, le matin à des personnes qui dormaient dans la rue, je fais un café et je la donne à la personne. Et quand elle prend le café, Elle me le jette à la gueule et me dit: il n'est pas assez chaud. Et là, dans ta tête, il se passe plein de choses. La première, c'est: putain, c'est un connard le gars. Je suis là le matin très tôt. Excuse-moi pour le mot.
Oui, il n'y a pas de souci. Non, non, on ne va pas censurer. Mais tu dis ce que ton corps a sorti.
Première réaction: je suis là en train de te faire un café et toi, tu me le jettes à la tête. Et c'est quoi cette reconnaissance-là? Et après, si tu es un peu plus intelligent, tu dis: qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête pour faire cette action-là? J'ai pris le café, ramassé le gobelet, je l'ai posé, je lui ai refait un café chaud et après, je n'ai même pas reparlé avec cette personne. Et j'ai compris ce jour-là que quand tu veux aider une personne, il ne faut absolument rien attendre en retour. Et ça, ça a été un de mes plus grands principes. Si je t'aide, je n'attends pas de merci, je n'attends pas même de réaction gentille de ta part. Et ça, c'est un peu violent comme action. Mais une fois après, parce qu'elle revenait tous les jours, cette personne, je me suis mis à discuter avec elle et j'ai compris son parcours. J'ai compris sa vie. J'ai compris quelle galère il a. Ça veut dire que ce geste-là, si je lui avais dit «tu sors, tu ne reviens plus », je l'aurais mis encore plus en difficulté que ce qu'il a déjà. Et moi, en fait, dans ma position, j'étais bien plus heureux que lui dans ma vie. Donc pourquoi je vais réagir de cette manière-là? Et ça, ça définit par exemple toute ma personnalité de quand j'aide les autres. Je n'attends pas de retour. Ton merci, je m'en fiche. Tu vois, et c'est ça, en fait, ma plus grosse expérience que j'ai en mémoire. Après, j'en ai d'autres. Oui, bien sûr, mais celle-là, en fait, elle est marquante. Tu vois, parce que premier jour, tu veux aider quelqu'un, il est 7 heures du matin un dimanche et on te jette le café à la tête et on te dit il n'est pas assez chaud. Voilà. Donc moi, c'est ça, en fait, que je voudrais dire aux gens. Et c'est un combat. Quand je te parlais de combat avant, C'est Virginie, à son émission, m'a dit: qu'est-ce qu'on peut penser de toutes ces personnes qui n'aident pas les autres ou qui ont un a priori? Aujourd'hui, un gros problème en France, c'est que quand t'es en galère, quand t'es dans la misère, en fait, la pauvreté, tout ça, les gens, ils ont souvent tendance à te rendre responsable de ta situation. Or, en réalité, très souvent, c'est pas de ta faute si t'es dans cette situation. Donc moi, j'aimerais juste de temps en temps que les gens changent de mentalité ou qu'à la limite qu'ils soient indifférents, mais qu'ils ne jugent pas une personne qui est en galère.
Est-ce que tu peux juste revenir sur la dernière phrase que tu as dit, au sens où tu as dit quand une personne qui est dans la misère ou dans la difficulté, c'est pas de sa faute? Est-ce que tu peux développer ça? C'est quoi ton point de vue vis-à-vis de ça?
Bah écoute, c'est très simple. Quand tu es né, tu es né, tu es bébé, tu vois, T'as pas choisi ta famille, t'as pas choisi le lieu où tu vis, t'as pas choisi tout ça. Et en plus, je vais aller plus loin, tu n'as pas choisi ton nom, tu n'as pas choisi ta couleur, tu n'as pas choisi ta religion. OK, je vais aller encore plus loin. Tu n'as pas choisi ton fric, tu n'as pas choisi ton compte bancaire et tu n'as pas choisi, voilà, tu n'as pas choisi aussi ton école. Tu n'as rien choisi. Et la seule chose que tu as, c'est ce qu'on t'a donné jusqu'à un certain âge. Et ça, à partir de ce moment-là, en fait, ce que je veux dire, c'est qu'on part pas tous du même pied. Certains vont avoir plus de force que d'autres pour réussir et certains n'auront pas cette force-là parce que peut-être c'est pas dans leur mental, ils ont besoin d'aide ou tout simplement parce qu'on leur a jamais appris. Donc quand une personne est en galère ou dans la misère, personne ne choisit cette situation-là. Personne ne choisit de vivre dans la rue. Il y en a qui disent oui, c'est son choix. Non, c'est pas son choix, c'est que le gars, ça fait 10 ans qu'il vit dans la rue. La seule chose qu'on lui propose, c'est un café chaud, un centre d'hébergement où il faut rester jusqu'à— il faut arriver avant 17 heures, donc de 17 heures au lendemain, il doit être enfermé dedans. Voilà, donc personne ne choisit ça, personne ne choisit de vivre dans la galère. Et quand on est en galère, on n'est pas des feignants, on n'est pas ce genre de choses. Donc La réalité des choses, c'est que quand une personne est en galère, il faut essayer de— ou tu as 2 choix: ou tu es indifférent, tu ne juges pas, ou tu essaies de comprendre pourquoi. Et par exemple, quand tu te retrouves dans la rue, ça peut être parce que tu viens de sortir de prison. Il y en a encore qui vont me dire: «Oui, il est allé en prison, donc il mérite ce qu'il a.» Non, il ne mérite pas, il a payé, donc il sort, il se retrouve dans la rue. Ça peut être un divorce, un problème de logement, ça peut être aussi plein de choses. Et quand tu te retrouves dans cette situation, tu tombes dans la rue.. Et après, tu as une évolution. Moi, je l'ai remarqué en visuel. Je ne l'ai pas remarqué parce que j'ai lu des livres, des trucs. C'est que moi, quand je recevais des gens, ils arrivaient au départ, je comprenais que cette personne, ça faisait à peine une semaine qu'elle était dans la rue. Elle s'habillait correctement, elle avait des endroits encore pour prendre une douche, elle dormait de temps en temps à l'hôtel. Au bout de 2 mois, ça commence à changer. Après, il y a l'alcool, il y a la drogue, il y a toutes les fréquentations. Donc tu rentres dans un moule. Et voilà, après c'est compliqué. Donc moi je dis juste aux gens en fait qu'on n'est pas tous nés sous la même étoile, pour reprendre Ayam. C'est Ayam, hein?
Oui, ça.
C'est pas Génération O. On n'est pas tous nés sous la même étoile. Quand quelqu'un il est en galère, c'est pas souvent son choix. Et personne ne choisit de vivre dans la galère ou dans la misère. Donc tu as deux choix: ou tu es indifférent, ou tu essaies de comprendre, mais tu juges pas.
OK, très bien. Bravo, tu nous as partagé deux grands enseignements là. Deux grands enseignements. Super, merci beaucoup Michel. On arrive sur la fin du podcast et j'ai 2 questions à te poser. La première: quelle est la dernière chose que tu as apprise?
La dernière chose que j'ai apprise? Vraiment la dernière chose?
En pro, perso, dans toute ta vie? Il y a pas de truc important? Tu peux me dire j'ai appris qu'il fallait mettre 2 sucres dans mon café pour le rendre plus doux, n'importe quoi.
La chose que j'ai apprise, c'est toutes les astuces pour faire un podcast qui est bon parce qu'à partir de janvier, je sors mon nouveau podcast et d'ailleurs, tu seras un de mes invités. Donc c'est une transition qui est de ouf. On n'a pas fait exprès. Hier, j'ai travaillé sur le filtre pop-up. Je sais pas comment on l'appelle ce qu'il y a devant ton micro là. D'accord, je savais même pas que ça existait. Tu vois, moi, je fais des lives, je fais des trucs et tout et j'ai mon micro là. Je savais pas qu'il fallait mettre un truc devant pour les pff, tout ça. Donc voilà, j'ai appris tout ça et à partir de semaine prochaine, je commence à faire des enregistrements et en janvier, je sors mon podcast.
Waouh, bravo, super. Tu me donneras des astuces parce que je suis sûr que tu as dû apprendre plus de choses que moi et tu dois avoir des super astuces pour faire cartonner un épisode de podcast.
Je pense que pour réussir un podcast, bien sûr, tu as une partie technique. Je pense que le son, tout ça, il faut que ce soit génial. Mais je pense que ce que veulent les gens surtout, C'est être— quand tu écoutes quelqu'un, c'est pas comme quand tu vois. Je pense qu'ils ont besoin d'apprendre quelque chose, donner de la valeur. Je crois que c'est ça le plus important.
Et tu penses qu'on a réussi à le faire aujourd'hui dans cet épisode?
Je pense oui, franchement, sinon ce serait abusé d'ailleurs. On va faire— bien sûr qu'on leur a donné de la valeur.
Attends, nice, Iber.
Non mais bien sûr, bien sûr, il faut On vous a donné de la valeur, on vous a appris des choses, et quand vous allez sortir, vous serez moins con.
Exactement, exactement. Alors, dernière question, c'est celle que je pose à tous mes invités. Tu peux répondre tout ce que tu veux, il y a pas de filtre, vraiment, tu dis ce que tu veux. Imaginons que, t'imagines que c'est ton dernier jour sur Terre, tu as tes proches autour de toi et tu veux leur laisser un héritage, mais cet héritage c'est un enseignement. Quel est l'enseignement ou quelle est la phrase d'enseignement que tu aimerais partager aux gens qui sont autour de toi pour leur laisser cet héritage après ton départ?
La chose en plus, ce qui est bizarre, c'est que tu vois cette situation, moi je l'ai tellement vécue, donc c'est plus facile pour moi. Je crois que la plus belle chose que j'aimerais laisser à mes enfants, aux personnes, c'est profitez de votre vie. Et ne soyez pas négatif, soyez optimiste mais réaliste. Et surtout, faites attention à votre santé et profitez des vôtres, de votre famille, des gens que vous aimez, parce que rien n'est éternel. Et du jour au lendemain, tout peut s'arrêter. Et si on veut aller encore plus loin, si vous avez des projets, si vous avez envie de faire des choses, n'attendez pas, faites-le. Vous vous plantez, c'est pas grave, vous Vous pouvez recommencer parce que le jour où vous allez avoir un problème de santé, ce que je ne souhaite à personne, ou si vous mourez, c'est trop tard, quoi. Et on pourra pas dire j'ai pas eu le temps, quoi. Donc on a le temps, on peut faire les choses parce que rien n'est éternel. On sait tous qu'on est tous, on meurt tous. Et la mort, le problème, c'est qu'on sait pas c'est quand. Donc tu vois, moi, cette question, je pourrais t'en parler pendant des heures parce que pendant un an, j'ai pensé à ce genre de choses.
Parfait, merci. On refera peut-être un épisode juste destiné à ça, mais merci beaucoup Michel pour tous ces enseignements. Si l'épisode, et j'en suis sûr, il vous plaît, laissez 5 étoiles sous ce podcast, partagez-le à vos amis, à vos proches, parce que peut-être que des personnes, vous, c'est une petite action d'envoyer ce message à un ami, à quelqu'un qui est autour de vous. Et grâce à vous, ils vont peut-être apprendre des choses, ils vont se sentir mieux. Donc ça vous coûte rien de partager ce podcast. Mettez 5 étoiles et mettez aussi en commentaire toutes les choses que vous avez retenues de l'épisode. S'il y a des choses aussi que vous aimeriez voir dans ce podcast, n'hésitez pas à le mettre en commentaire, on prendra le temps de vous répondre. Et comme je le dis toujours, je suis, tu es, nous sommes tous des illimités. Et merci vraiment du fond du cœur, Michel, pour avoir accepté cette invitation et tout ce que tu nous as partagé. Merci beaucoup, surtout merci et à très vite.










