La sexualité n'allonge pas la vie, elle mesure l'état de vos artères
29 Jul 2026 · 35 min
Dr Guénolé Addor explains why sex doesn't extend life, but erectile dysfunction does signal cardiovascular risk. Studies show ED precedes heart disease by years because small penile arteries clog before larger coronary ones. Men with ED face 1.4 to 1.5 times higher risk of cardiac events, making it a useful screening tool.
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L'essentiel en 30 secondes: on vend la sexualité comme un traitement anti-âge et aucune donnée humaine n'établit ce lien de cause à effet. Chez l'homme, quand une maladie coronarienne et des troubles de l'érection coexistent, les troubles étaient arrivés les premiers dans 2 cas sur 3 avec plus de 3 ans d'avance en moyenne. European Urology, 2003. Ce qui améliore ce terrain ne s'achète pas. Sur 11 essais randomisés et 1147 hommes, l'endurance fait gagner 2,8 points de score de fonction érectile. Ce qui «Explique ce que votre santé sexuelle mesure et où la comparaison entre les sexes s'arrête.
Tapez «sexe et longévité» dans un moteur de recherche et vous tomberez sur un chiffre: tant de rapports par semaine, tant d'années gagnées.
Je n'ai trouvé ce chiffre dans aucune publication scientifique. Ce que la recherche a réellement documenté est moins vendeur et beaucoup plus utile.
Chez l'homme, l'érection dépend d'artères d'1 à 2 mm de diamètre et elles deviennent symptomatiques avant celles du cœur. En clair, rien ne démontre que la sexualité fabrique de la longévité. Elle en donne des nouvelles en revanche, et elle les donne tôt. Je précise le niveau de preuve à chaque étape parce que sur ce sujet, la confusion se paie en inquiétude inutile. Chez l'homme, l'érection est un tableau de bord vasculaire. Deux études ont chiffré le décalage. La première a été publiée dans European Urology en 2003 par l'équipe de Francesco Montorsi sur 300 patients consécutifs hospitalisés pour une douleur thoracique aiguë avec maladie coronarienne confirmée par angiographie Parmi eux, 49 souffraient de dysfonction érectile, soit 147 hommes. Et chez ces 147 hommes, les troubles sexuels étaient apparus avant les symptômes cardiaques dans 67 des cas, avec un intervalle moyen de 38 à 8 mois. Cette moyenne ne décrit la trajectoire d'aucun homme en particulier. Les délais mesurés vont d'1 mois à 14 ans. Ces patients étaient de surcroît hospitalisés pour un événement cardiaque, ce qui interdit de transposer ces proportions à un homme jeune et sans facteur de risque, et la datation repose sur leur mémoire puisqu'on leur a demandé après coup quand leurs troubles avaient commencé. La seconde étude s'appelle COBRA, publiée dans l'European Heart Journal en 2006 par Piero Montorsi. Elle a comparé 285 patients coronariens à 95 témoins dont les coronaires étaient normales. Chez ces témoins, la dysfonction érectile était déjà présente dans 24% des cas. Le chiffre monte à 55% quand plusieurs vaisseaux sont atteints et à 65% dans le syndrome coronarien Chroniques, groupe où les troubles précédaient la maladie coronarienne dans 93 des cas, avec un délai médian de 24 mois. Ces pourcentages répondent à une question précise: parmi les coronariens, combien avaient des troubles érectiles auparavant? Ils ne répondent pas à celle que se pose le lecteur inquiet: parmi les hommes qui ont des troubles érectiles, combien feront un infarctus? Lire ces 93 à l'envers, c'est se tromper d'un ordre de grandeur. L'explication de ce décalage porte un nom: l'hypothèse de la taille des artères, avancée en 2003 par Piero Montorsi et ses collègues dans un éditorial d'European Urology. L'athérosclérose est une maladie systémique qui touche l'ensemble du réseau artériel, mais à quantité de plaque égale, une artère fine perd son débit utile bien avant une artère large. Prenez la plomberie d'un immeuble: si le calcaire se dépose partout de la même façon, c'est la conduite la plus fine qui cesse de débiter la première. Les grosses colonnes, elles, ne bronchent pas encore.
Territoire artériel diamètre approximatif.
Ce que le modèle prédit comme premier symptôme: artère pénienne: 1 à 2 MUN; gêne à l'érection artère coronaire: 3 à 4 MUN; douleur à l'effort carotide: S5 à S7 mais longtemps; aucun symptôme artère ilio-fémorale: T à S8 mais MUN douleur à la marche, 16 diamètre, sont des ordres de grandeur repris dans la littérature cardiologique et non des mesures réalisées chez les mêmes personnes. Les symptômes de la troisième colonne sont déduits du modèle, ils n'ont pas été mesurés.
Le 1 à 2000 mètres désigne par ailleurs les artères du pénis prises globalement.
L'artère caverneuse, elle, est bien plus fine encore. Le mécanisme n'est d'ailleurs pas seulement une histoire de tuyau qui se bouche. Avant que la plaque n'obstrue quoi que ce soit, la paroi du vaisseau perd sa capacité à se dilater, faute de produire assez de monoxyde d'azote. Or, l'érection repose en grande partie sur cette capacité de dilatation. Le signal parle donc rarement d'une artère bouchée. Le plus souvent, Il parle d'une artère qui ne se dilate plus comme elle devrait sur des vaisseaux encore libres. La fonction se dégrade avant la structure, et voilà pourquoi le décalage se compte en années.
Un signal précoce, c'est bien.
Encore faut-il savoir à quelle hauteur le placer. La méta-analyse de référence publiée dans le Journal of the American College of Cardiology en 2011 a regroupé 12 cohortes prospectives et 36 744 participants. Risque relatif de 1,48 pour la maladie cardiovasculaire, 1,46 10 pour la maladie coronarienne, 1,35 pour l'accident vasculaire cérébral et 1,19 pour la mortalité toutes causes. Une seconde méta-analyse en 2013 a repris 14 études et 92 757 participants suivis 6 ans. Même chiffres: 1,44 pour l'ensemble des événements cardiovasculaires, 1,62 pour l'infarctus. Le signal ne bouge pas quand on change de méthode.
Cette stabilité ne dit rien de la cause.
Les deux travaux reposent en partie sur les mêmes cohortes. Elles sont observationnelles, Et la dysfonction érectile partage ces facteurs de risque avec la maladie cardiovasculaire, à commencer par la pression artérielle. On observe une association robuste, pas un lien de cause à effet. Le chiffre 1,48, c'est le risque relatif d'événements cardiovasculaires chez l'homme concerné sur 12 cohortes prospectives et 36 744 participants.
JACC 2011.
Traduit en risque réel: un homme dont le risque à 10 ans est estimé à 2 passe autour de 3 %. Un point de pourcentage de quoi faire le bilan, pas de quoi paniquer. Deux réserves comptent autant que ces chiffres: la mortalité cardiovasculaire prise isolément, à ne pas confondre avec la mortalité toutes causes citée plus haut, n'atteignait pas la significativité dans le travail de 2013 , avec un intervalle allant de 0,47 à 1,46. Ces données montrent que les hommes concernés meurent davantage, elles ne montrent pas qu'ils meurent du cœur. Et aucun essai randomisé n'a démontré montré à ce jour que ce dépistage réduit le nombre d'infarctus. L'âge auquel le signal apparaît compte lui aussi. À 70 ans, la dysfonction érectile est fréquente et dit assez peu de choses. À 45 ans, elle est bien moins explicable par le seul vieillissement et c'est là qu'elle prend sa valeur d'alerte. La gêne fait le reste. Ce genre de trouble se raconte rarement et c'est ce silence qui fait perdre les années d'avance. Ce raisonnement a été construit chez l'homme et il ne se transpose pas tel quel à la femme. Chez la femme, le même terrain vasculaire, une alerte qu'on ne sait pas encore lire. Le lien entre santé vasculaire et fonction sexuelle existe aussi chez la femme, et il repose sur un volume de données considérable.
Il ne répond simplement pas à la même question.
Les chiffres sont massifs.
Une femme sur 3 présentant un syndrome métabolique rapporte une dysfonction sexuelle.
39,3 précisément. 2 sur 3 chez les femmes diabétiques, sur une méta-analyse de 25 études et 3892 patientes. La synthèse la plus large L'ouvrage disponible, publié dans l'European Journal of Preventive Cardiology en 2024, rassemble 56 études et 148 946 participantes.
Rapport de cotes de 1,51 dans les études transversales, risque relatif de 1,50 dans les longitudinales, avec 1,41 pour l'hypertension et 2,07 pour l'infarctus du myocarde. Le terrain métabolique pèse chez elle autant que chez lui. Sur ces 56 études, 45 sont pourtant transversales. Elle photographie des femmes qui ont déjà une maladies cardiovasculaires connues et comptent celles qui rapportent des difficultés sexuelles. Chez l'homme, la démarche a été inverse. 12 à 14 cohortes prospectives ont recruté des hommes initialement indemnes, enregistré leurs fonctions érectiles, puis les ont suivis pendant des années jusqu'à l'événement coronarien. C'est ce dispositif qui autorise à parler de signal précoce, et lui seul. Le contraste chez l'homme: des cohortes prospectives ont suivi des hommes initialement indemnes jusqu'à l'événement coronarien, ce qui autorise à parler de signal précoce. Chez la femme, 45 des 56 études disponibles sont transversales et posent la question à l'envers, en partant de la maladie déjà installée. Le terrain, lui, est le même et le seul essai alimentaire mené sur 8 ans a ralenti la dégradation de la fonction sexuelle dans les deux sexes. Aucune société savante ne recommande aujourd'hui de déclencher une évaluation du risque cardiovasculaire devant une baisse de la fonction sexuelle féminine, alors que 4 corpus le font chez l'homme. La raison n'a rien à voir avec avec un désintérêt pour la santé des femmes. Les cohortes prospectives partant de femmes indemnes de maladies cardiovasculaires, celles qui permettraient de parler d'alerte précoce, restent trop peu nombreuses.
Le jour où elles auront été menées, cette recommandation évoluera sans doute. En attendant, une baisse durable de la fonction sexuelle reste un motif de consultation. Et le dépistage cardiovasculaire chez la femme suit ses propres critères, indépendamment de la sexualité. La sexualité féminine ne se réduit d'ailleurs pas à un signal vasculaire. Le statut hormonal et la ménopause pèsent lourd, la qualité de la relation, l'humeur et la douleur comptent également. Une précision de vocabulaire s'impose ici, et elle vaut pour toutes 7 lettres: le langage courant dit libido. Les études mesurent une érection ou un score de fonction sexuelle. Le désir dépend aussi du sommeil, de l'humeur, de la relation et de certains médicaments, et il reste bien moins étudié sous l'angle métabolique. Quand j'écris que l'érection est un marqueur vasculaire, Je parle de la mécanique du vaisseau, pas du désir. L'association vasculaire tient debout dans les deux sexes. La cascade hormonale qu'on lui associe, beaucoup moins. Les hormones qu'on vous promet ne bougent pas comme on vous le raconte. Vous avez probablement croisé l'idée qu'une semaine d'abstinence ferait grimper la testostérone d'environ 45 %. Cette affirmation vient d'une seule étude, publiée en 2003 sur 28 volontaires. La revue l'a rétractée pour chevauchement majeur avec une publication antérieure du même auteur en chinois, donc pour publication redondante et non pour fraude méthodologique. Aucune équipe indépendante ne l'a jamais reproduite. Ce que montrent les travaux disponibles va plutôt dans l'autre sens. Chez 10 hommes en 1998, puis chez 10 autres en 2001, l'orgasme n'a pas modifié le taux de testostérone. Le cortisol n'a pas bougé non plus. Il a été dosé chez l'homme en 1998 et chez la femme en 1999, 10 sujets à chaque fois, sans variation significative ni pendant ni dans l'excitation, ni après l'orgasme. Même chose pour la bêta-endorphine, à laquelle on attribue volontiers le bien-être qui suit un rapport. Dans l'étude de 1999, elle figure explicitement parmi les hormones non affectées par l'orgasme, aux côtés du cortisol, de la FSH, de la progestérone et de l'estradiol. Ce qui monte, dans ces mêmes travaux, ce sont l'adrénaline et la noradrénaline, donc des marqueurs d'activation. 10 sujets par étude ne prouvent pas une absence totale d'effets, détente ressentie après un rapport est bien réelle. Elle n'a simplement pas, à ce jour, d'explication hormonale démontrée. L'ocytocine, elle, monte réellement à l'éjaculation, mesurée chez 13 hommes en laboratoire en 1987, mais elle revient à sa valeur de base en 30 minutes. Quant à la DHEA qui serait multipliée par 5 pendant l'acte, je n'ai trouvé aucune source primaire. L'origine semble remonter à un ouvrage grand public de 1996, sans comité de lecture. Que ces hormones varient pendant un rapport ne signifie de toute façon pas qu'il faudrait chercher à les augmenter. L'ocytocine et la testostérone sont des médicaments soumis à ordonnance. Ils relèvent d'une indication médicale précise et d'un suivi, jamais d'une démarche d'optimisation personnelle. La DHEA ne fait pas exception. Ce n'est pas un complément de confort et aucune donnée ne justifie d'utiliser ces produits dans une perspective de longévité chez une personne en bonne santé.
Reste le rythme.
Aucun travail n'a identifié de fréquence sexuelle optimale pour la durée de de vie, et je dois citer ici la donnée qui semble dire le contraire, parce que la passer sous silence serait malhonnête. La cohorte galloise de K.R.
Filly, publiée au British Medical Journal en 1997, a rapporté une mortalité plus faible chez les hommes dont la fréquence orgasmique était la plus élevée, avec un rapport de cote de 0,64 d'orgasmes supplémentaires par an. Cette unité de calcul statistique n'a jamais été une recommandation, et le résultat, obtenu à 10 ans, ne tient plus quand la même cohorte les suivis sur 20 ans. Une association observationnelle de ce type ne dit rien du sens de la flèche, et l'hypothèse la plus économique reste que l'état de santé commande la sexualité davantage que l'inverse. Le point le plus intéressant est ailleurs. En 2015, une équipe a mené l'expérience dans l'autre sens, par tirage au sort. 70 couples ont reçu la consigne de doubler leur fréquence pendant 90 jours, face à 58 couples témoins. Ces couples n'ont pas été plus heureux, ils l'ont même été légèrement moins, avec moins de désir et moins de plaisir rapporté. Les 7S, une consigne imposée et non une fréquence choisie, mais c'est la raison pour laquelle je ne donnerai aucun chiffre cible. Un quota culpabilise les personnes malades ou déprimées, les personnes âgées, celles qui vivent seules ou qui prennent un traitement, c'est-à-dire exactement celles chez qui l'état de santé pèse sur la sexualité. Sur la pornographie, je n'ai connaissance d'aucune étude ayant mesuré un effet de la consommation sur des paramètres de santé physique ou de longévité. Ce qui est les données documentées concernent un usage compulsif, minoritaire, associé à une réelle détresse, et quand cet usage fait souffrir, le premier interlocuteur reste un médecin. Au-delà, toute affirmation, dans un sens comme dans l'autre, dépasse ce que la recherche permet de dire. Si les hormones ne tiennent pas, et que le signal vasculaire tient, il faut savoir quoi faire le jour où le symptôme s'installe.
Des troubles qui s'installent, la bonne démarche n'est pas celle qu'on On répète, une phrase circule qui ne correspond à aucune recommandation: si l'érection est un signal vasculaire, alors il faudrait courir chez le cardiologue. 4 corpus internationaux se sont prononcés sur ce point et aucun n'écrit cela. La Société européenne de cardiologie, dans ses recommandations 2021 sur la prévention cardiovasculaire, indique que l'évaluation du risque cardiovasculaire total doit être envisagée chez les hommes présentant une dysfonction érectile. Érectile, avec une recommandation de classe 2A «Il est raisonnable de le faire» et non «Il est recommandé de le faire». Le consensus Princeton IV, publié en 2024, considère la dysfonction érectile comme un marqueur de risque et comme un élément qui doit faire revoir cette estimation à la hausse, sans en être la cause. L'American Urological Association en 2018 demande simplement que les hommes en soient informés, et l'Association européenne d'urologie a intégré cette évaluation à ses recommandations sur la santé sexuelle. Tous disent la même chose: évaluer le risque cardiovasculaire global, ce qui est un acte de médecine de premier recours reposant sur des paramètres simples, de la pression artérielle au bilan lipidique. Les conférences de Princeton ont laissé une formule qui résume cet esprit: un homme présentant une dysfonction érectile sans symptômes cardiaques est un patient vasculaire jusqu'à preuve du contraire. Le mot désigne un statut de risque, pas un diagnostic, et n'en fait pas un patient de cardiologie interventionnelle.
Le réflexe des troubles installés depuis plus de 3 mois, à plus forte raison avant 60 ans, prenez rendez-vous chez votre médecin traitant et demandez une évaluation du risque cardiovasculaire global, soit tension, bilan lipidique, glycémie, tabac et tour de taille. En l'absence de symptômes cardiaques, ce n'est pas une urgence. En revanche, devant une douleur ou une oppression thoracique, un essoufflement inhabituel à l'effort, des palpitations ou un malaise, appelez immédiatement les secours, le 15 en France, le 144 en Suisse ou le 112 partout en Europe. Le repère des 3 mois et des 60 ans est le mien, un seuil pratique pour décider d'en parler, et non un critère issu des recommandations citées plus haut. 3 précisions s'imposent, parce que ce message inquiète, souvent plus qu'il ne le devrait: une difficulté passagère liée à la fatigue, à l'alcool ou au stress n'est pas une dysfonction érectile, c'est le caractère persistant qui compte et c'est au médecin d'en juger, pas à un article. On ne modifie ensuite jamais seul un traitement en cours. Cela étant posé, de nombreux médicaments traitements courants peuvent être en cause, notamment certains antidépresseurs et certains traitements de l'hypertension, et c'est une discussion à avoir avec le prescripteur qui seul peut arbitrer entre le bénéfice du traitement et cet effet indésirable. Enfin, chez l'homme jeune, la cause psychologique reste fréquente et relève d'une prise en charge spécifique. Vient alors la tentation, logique à cet endroit du raisonnement, puisque le problème est vasculaire, un comprimé devrait régler la question et peut-être même faire vivre plus longtemps. Aucun randomisées n'a testé un traitement de la dysfonction érectile comme médicament de longévité, et les signaux observationnels qui circulent sur ce terrain s'effacent dès qu'on compare les utilisateurs à des patients recevant un autre traitement plutôt qu'à des non-utilisateurs. Je ne recommande pas cet usage et je ne peux pas le recommander. Ces produits sont soumis à ordonnance et leur indication, leur posologie et leurs contre-indications relèvent d'une consultation individuelle. Un point de sécurité est celui celui-ci ne souffre aucune approximation. Ces traitements et les dérivés nitrés forment une association qui peut tuer. Un essai randomisé a mesuré des chutes de tension artérielle allant jusqu'à 52 mmHg de systolique chez des patients angineux sous nitrés, et un registre suédois portant sur plus de 60 000 hommes coronariens traités par dérivés nitrés a observé une mortalité supérieure de 39% et un risque d'infarctus supérieur de 72% chez ceux qui y associaient un traitement de la dysfonction érectile. L'interaction concerne aussi le nicorandil et les poppers. C'est exactement pour cela que ces produits restent soumis à ordonnance et qu'ils ne se conseillent pas par écrit à une audience dont on ne connaît ni le dossier ni les traitements. Ce qui a été mesuré dans des essais tient debout et cela ne demande aucune ordonnance. Ce que vous pouvez faire cette semaine sans ordonnance: tout ce qui a résisté au tri agit sur la même cible, la paroi des vaisseaux et l'équilibre énergétique général, jamais en remplaçant une hormone. Si vous Si vous avez une pathologie cardiovasculaire connue, parlez-en à votre médecin traitant avant de reprendre une activité physique soutenue.
Et rien de ce qui suit ne remplace le rendez-vous décrit plus haut.
1.
Bouger en endurance, 3 à 5 fois par semaine.
C'est le levier le mieux démontré du lot.
La méta-analyse de Kehra et ses collègues, parue dans The Journal of Sexual Medicine en 2023, a compilé 11 essais randomisés et 1147 hommes, dont 636 en exercice aérobie et 511 en contrôle. Les programmes duraient de 2 à 24 mois, avec des séances de 30 à 60 minutes, 3 à 5 fois par semaine, à intensité modérée, ce qui correspond à peu près à ce que l'on appelle la zone 2, même si les essais n'ont pas été bâtis sur ce découpage. Le gain moyen atteint 2,8 points sur le score A2FEF, le domaine érection de l'échelle, qui va de 6 à 30, et il augmente avec la sévérité de départ: 2,3 points dans les formes légères, 3,3 dans les modérées, 4,9 dans les sévères. Un limite mérite d'être posé: ces essais portent sur l'endurance et non sur la musculation, ils ont mesuré l'érection et pas le désir, et ils ne concernent que des hommes. La musculation garde évidemment toute sa place pour la masse musculaire, la force et la sensibilité à l'insuline, mais pas pour la raison qu'on entend partout, puisqu'une méta-analyse de 22 études chez des hommes de 60 ans et plus ne retrouve aucun effet de l'entraînement en résistance sur la testostérone de repos.
2.
Réduisez le tour de taille, si vous en avez à réduire.
Ce Le levier dispose d'un essai randomisé qui lui est propre. Esposito et ses collègues, dans le JAMA en 2004, ont suivi pendant 2 ans 110 hommes obèses de 35 à 55 ans, sans diabète, sans hypertension et sans hyperlipidémie, tous porteurs d'une dysfonction érectile à l'inclusion avec un score IEF inférieur ou égal à 21. Dans le groupe perte de poids et activité physique, le score est passé de 13,9 à 17 contre 13,5 à 13,6 dans le groupe contrôle et 17 hommes du groupe intervention contre 3 du groupe contrôle ont atteint un score de 22 ou plus. Une randomisation mendélienne publiée en 2024 va dans le même sens: l'indice de masse corporelle, le tour de taille et le diabète de type 2, prédits génétiquement, augmentant le risque de dysfonction érectile.
L'essai a toutefois exclu les hommes diabétiques, hypertendus ou dyslipidémiques, c'est-à-dire une bonne partie de ceux qui sont concernés, et son résultat ne leur est pas automatiquement transposable.
3.
Arrêtez le tabac si vous fumez.
Je n'ai pas d'essai à vous citer qui ait mesuré l'effet de l'arrêt sur la fonction érectile et je place quand même ce point ici. Le tabac figure dans tous les scores de risque cardiovasculaire et il agit sur la paroi des vaisseaux, donc sur le mécanisme décrit au début de cette lettre. Un protocole vasculaire qui l'oublie n'a pas de sens.
4.
Ne rognez pas sur vos nuits. Le prout et Dr.
Guénolé Addor et Dr.
Ian Cotter dans le JAMA en 2011 ont enfermé en laboratoire 10 hommes en bonne santé de 24 ans en moyenne. 3 nuits de 10 heures au lit, puis 8 nuits de 5 heures. La testostérone diurne a chuté de 10 à 15 %. 16,5 iox contre 18,4 nmol par litre.
L'étude ne teste pas une durée idéale, elle mesure ce qui se passe quand on descend beaucoup plus bas, et il s'agit d'un effet aigu et réversible observé sur 10 hommes jeunes pendant 8 nuits sans aucune mesure de la libido ni de la fonction fonction érectile.
5.
Mangez méditerranéen et ne coupez pas les glucides autour de l'effort. L'essai MEDITA en 2016 a suivi pendant 8 ans 215 personnes nouvellement diagnostiquées diabétiques de type 2. Le régime méditerranéen y ralentit la dégradation de la fonction sexuelle chez les femmes comme chez les hommes. C'est le levier alimentaire qui dispose des données interventionnelles les plus longues. Sur les glucides, en revanche, les données vont contre ce qui se dit partout. La méta-analyse de Whitaker et de Harris, parue dans Nutrition and Health en 2022, a regroupé 27 études d'intervention et 309 hommes en bonne santé et physiquement actifs. Les régimes pauvres en glucides, soit 35 ou moins, associés à un apport protéique modéré, n'ont pas d'effet consistant sur la testostérone de repos. Associé à un apport protéique élevé, il l'abaisse d'environ 5,23 nmol/L. Pauvre en glucides et riche en protéines reste donc la combinaison la moins favorable parmi celles qui ont été testés. Si un régime pauvre en glucides vous a été conseillé pour une raison médicale, le diabète en tête, ne le modifiez pas sur la base de cet article, car son bénéfice métabolique n'est pas en cause ici.
6.
Mangez à hauteur de ce que vous dépensez. Looks et Tuma, dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism en 2003, ont manipulé pendant 5 jours la disponibilité énergétique de 29 femmes réglées, sédentaires et de composition corporelle normale. La les commandes hormonales de la reproduction restent intactes tant que l'apport couvre la dépense, à hauteur de 30 kcal par kilo de masse maigre et par jour. En dessous, la pulsatilité de l'hormone lutéinisante se dérègle. Ce seuil est un repère de laboratoire et non une valeur limite individuelle, et le principe vaut pour une sportive en restriction comme pour une femme qui saute des repas. Le consensus du Comité international olympique de 2023 sur le déficit énergétique relatif dans le sport liste d'ailleurs la baisse de la libido parmi les conséquences de de l'altération de la fonction reproductive chez la femme comme chez l'homme, en précisant qu'elle figure parmi les indicateurs encore émergents.
Si vos cycles se sont espacés ou ont disparu, ce n'est pas un détail d'entraînement, c'est un motif de consultation.
Il manque une catégorie à cette liste, et c'est volontaire: les compléments présentés comme vasodilatateurs. Je n'en donnerai ni le nom ni le dosage. Ces produits agissent sur la dilatation des vaisseaux et peuvent majorer l'effet d'un traitement de l'hypertension ou d'un traitement de la dysfonction érectile, ce qui se tranche avec le médecin qui vous suit et pas dans un article. Aucun d'entre eux ne dispose par ailleurs de la moindre donnée de longévité. Le sens de la flèche est ce qu'il faut retenir de cette lettre: la santé sexuelle n'est pas le traitement, elle est l'instrument de mesure. Chez l'homme, cet instrument a été étalonné par des cohortes prospectives et 4 corpus de recommandations en ont tiré une conduite à tenir. Chez la femme, l'association existe et elle est large, mais les études qui permettraient de parler parler d'alerte précoce n'ont pas encore été menées. Ma lecture est la suivante: une vie sexuelle active est probablement davantage le reflet d'un bon état de santé général, cardiovasculaire, hormonal et relationnel, qu'une cause directe de longévité. Ce n'est évidemment pas une raison de s'en priver, mais personne ne devrait vous vendre un orgasme comme un traitement anti-âge. Rien de spectaculaire ici. Ce qui améliore l'état de vos artères améliore aussi votre vie sexuelle. On garde le cap.
Prenez soin de vous.
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