Géraldyne PRÉVOT-GIGANT - Les FEMMES et l'AMOUR

This is a YouTube video titled "Géraldyne PRÉVOT-GIGANT - Les FEMMES et l'AMOUR" featuring a French-language interview conducted on October 9, 2025. The content is a conversational talk between the host Marc and Géraldyne Prévot Gigant, a psychopractitioner and author specializing in love and relationships. They discuss themes from her book about women's experiences with love in the modern era, including the impact of new technologies, societal pressures, gender inequalities, and evolving relationship dynamics such as dating, ghosting, and digital communication. The conversation explores cultural and psychological aspects of love, gender roles, and social change.
Musique.
Bonjour et bienvenue pour une nouvelle rencontre sur ABC Talk TV, ravi de vous accueillir et ravi également d'accueillir mon invité. Vous savez qu'on parle régulièrement dans ces émissions, je pense que le maître mot de tout ce qui nous unit au travers des thématiques que l'on aborde sur ABC, c'est l'amour. douce ... L'amour avec un grand A, alors c'est facile à dire. Ce n'est pas toujours simple à mettre en application. Est-ce que les nouvelles technologies permettent de s'y retrouver quand on parle d'amour ? Est-ce que les relations hommes-femmes, femmes-femmes, hommes-hommes et autres sont si simples que cela ? On va en parler avec une spécialiste qui notamment a décidé d'en faire et d'en consacrer un ouvrage puisqu'elle écrit énormément de choses d'ailleurs sur ce thème. Elle s'appelle Géraldine Prévost-Gigant et elle est là avec nous. Bonjour Géraldine.
Bonjour Marc. Quel bonheur !
On a déjà échangé plusieurs fois et l'émission n'a jamais pu se faire.
On avait rendez-vous à un moment donné, mais ce n'était pas avant. C'était maintenant.
Merci d'être là. Je suis content de vous accueillir sur ces canapés. Je suis content de vous entendre aussi parce qu'il y a beaucoup d'idées reçues. Quand on parle d'amour, on entend tout aussi et n'importe quoi. Est-ce que les nouvelles technologies favorisent les relations hommes-femmes, les relations amoureuses ? On voit qu'au travers de votre ouvrage, c'est particulièrement compliqué, les femmes et l'amour, comment bien vivre l'amour à l'heure du dating, du ghosting, alors je ne savais pas ce que c'était le ghosting, plus toutes les autres déclinaisons anglo-saxonnes, on va voir ce que c'est, et du zapping. C'est un livre pour les hommes aussi.
Absolument, absolument. C'est ce que j'ajoute toujours quand je parle du livre. Je l'ai avant tout écrit pour les femmes qui sont dans la même situation que celles qui me consultent. Mais au fur et à mesure de l'écriture, j'avais plus l'impression de parler aux hommes. D'une certaine façon, j'avais l'impression d'écrire pour ces femmes qui sont en souffrance dans notre société aujourd'hui. qui fait de l'amour un objet de consommation, mais en même temps émerger au fur et à mesure de l'écriture ces hommes qui sont majoritairement mes amis, mes connaissances, qui sont ceux que j'appelle les nouveaux romantiques. et qui souffre aussi de cet aspect très mercantile de la rencontre et aussi d'une modernité qui vient vider de sa substance la magie de la rencontre.
Alors vous êtes psychopraticienne, j'ai articulé, si vous saviez la difficulté que j'ai à dire ce mot psychopraticienne...
Je suis désolée.
Est-ce que le fait de... c'est réducteur que de dire que vous êtes une spécialiste de l'amour ?
C'est absolument pas réducteur, je l'utilise aussi. L'amour avec un grand A, je suis tout comme vous convaincue que l'amour, c'est ce pourquoi nous sommes venus sur Terre, c'est une énergie qui circule entre nous. Nous sommes malheureusement dans une société qui désacralise l'amour et qui, comme je viens de le dire, transforme l'amour comme un objet de consommation. Mais ce qui nous unit, c'est vraiment l'amour et c'est aussi l'importance d'expérimenter l'amour sous toutes ses formes, pas seulement l'amour amoureux. Donc je dirais que je suis une spécialiste de l'amour avec un grand A. L'amour que l'on peut ressentir pour la nature, pour les animaux, pour un lieu, pour un endroit, pour une œuvre, une œuvre musicale, un tableau. Moi, je suis tombée en amour, comme disent les Canadiens de nombreuses fois, face à une œuvre d'art, par exemple. Parce qu'il y a quelque chose vraiment, je pense, qui circule quand on est touché au cœur et touché dans notre tête, touché au fond de notre âme.
Alors c'est un livre, Les femmes et l'amour, c'est un livre absolument passionnant. J'ai pris plein de petites notes à droite à gauche.
J'adore.
Vous vous occupez aussi de l'accompagnement des femmes. Il y a les groupes de paroles de femmes, on en parlera tout à l'heure. On parle aussi beaucoup de la dépendance affective. Ça, c'est un sujet. On a tous dans notre entourage au moins quelqu'un qui souffre de ça, qui a souffert de ça ou qui souffrira de ça. On va y revenir. La question amoureuse, les nouvelles technologies, je le disais. Et c'est vrai que lorsque l'on parcourt ce livre, j'ai parlé tout à l'heure des hommes et vous avez dit que c'est aussi un livre pour les hommes, mais on en prend aussi pour notre grade quand même, dans le bouquin. Parce que vous parlez des nouveaux romantiques, l'équivalent de ces femmes amoureuses et qui subissent parfois cet amour violent, mais les hommes, on en prend aussi pour notre grade, sur un certain angle.
Je pensais à ça hier justement, parce que je devais déjà être connectée à ce qu'on allait échanger ensemble. Et je me disais, c'est plus notre société que je dénonce, que le comportement des hommes. Bien sûr, il y a les masculinistes, les hommes qui incarnent un masculin toxique. Il y a toujours une raison, ça ne les excuse pas, mais il y a toujours une raison, l'éducation, l'histoire des blessures, des compensations, des mécanismes de défense, etc. Mais c'est surtout la société aussi, telle qu'elle est, structurée, construite, qui vient donner de la place à des comportements qui vont être violents à l'égard des femmes, dans les relations hommes-femmes. Donc c'est plutôt la société que j'ai donné. – C'est-à-dire qu'il y a un laxisme.
De cette société ? Il y a un laisser-aller de cette société ? Il y a une tolérance abusive de cette société ?
– Je dirais plutôt que notre société est structurée de telle sorte que les femmes ont, n'ont pas la même place et subissent des situations que ne subissent pas les hommes. Et c'est une société patriarcale. Société patriarcale, c'est le nom du père. D'ailleurs, contrairement à l'Espagne, on voit bien qu'on donne le nom du père aux enfants. En Espagne, c'est le nom du père et de la mère, par exemple. Ce que moi j'ai choisi très tôt d'ailleurs, à 18 ans, j'ai les deux. Je suis mariée mais je porte le nom du père et de la mère. Et donc voilà, nous sommes dans une société qui, sans que nous nous en rendions compte, nous les hommes et les femmes, nous met pas à égalité. Et notre modernité vient accentuer cette problématique, et c'est ce qui ressort dans les sites de rencontre, c'est ce qui ressort dans ma patientèle. Pourquoi j'ai eu envie d'écrire ce livre ? C'est parce que depuis plusieurs années, Il y a un discours, une plainte, des situations, des anecdotes qui reviennent comme une vague, comme un tsunami qui monte. Je n'entendais pas les mêmes choses au début de ma pratique, il y a 25 ans. Et ça a commencé il y a une petite dizaine d'années, ça s'est accentué ces cinq dernières années, et c'est ce qui m'a donné envie d'écrire ce livre.
Mais étonnamment, Géraldine, j'ai quand même le sentiment, et quand je lisais votre livre, je me disais, On a l'impression d'être au début du XXe siècle. J'ai l'impression, mais j'ai l'impression que ça va mieux quand même. J'ai l'impression. Non, vous n'avez pas ce sentiment ? Alors, il y a eu, évidemment, on en parlera avec ces nouvelles technologies, les MeToo et autres, que la parole se libère et qu'on dit les choses, voire même parfois à l'excès, dans une chasse aux sorcières, c'est-à-dire qu'on va taper sur l'homme, avec un féminisme exacerbé, parfois. Mais j'ai l'impression que ça va mieux quand même, non ? L'égalité hommes-femmes s'installe petit à petit, trop lentement sans doute, mais s'installe, non ? Je me trompe ?
Je dirais que tout dépend des environnements sociaux professionnels. Il y a une différence. Dans certains environnements, oui. Dans d'autres, il y a encore du travail.
Oui, sans doute. Mais ça ne s'améliore pas nécessairement pour vous ?
Il y a des façons de penser, des réflexions, des habitudes qui sont toujours très imprégnées et qui sont bien installées. C'est-à-dire qu'on a du mal vraiment à... Par exemple, il n'y a pas encore une égalité de salaire pour les hommes et les femmes.
C'est vrai. À poste égal.
Voilà. Combien de femmes dans les grandes villes ont peur de rentrer dès qu'il fait nuit chez elles, ou d'aller quelque part d'ailleurs, enfin de rentrer chez elles, ou de circuler la nuit ? Combien de femmes, de jeunes femmes, quel que soit l'âge, ont eu des expériences désagréables dans le métro, dans le bus, dans les transports en commun, dans tout transport en commun ? Combien de femmes connaissent des copines qui ont eu un truc dans leur verre ? Pour moi, tout ça me dit que ça ne s'arrange pas. En tout cas, on va dire que ça stagne.
Mais peut-être les gens de notre génération sans doute plus. J'ai le sentiment quand même que la nouvelle génération est un peu aux antipodes de ça. Nos enfants, ados ou jeunes adultes ont une approche un peu différente, je trouve, de l'échange homme-femme.
Absolument, c'est ce qui ressort d'un article que j'ai lu dans la presse tout à l'heure qui parlait de la charge des femmes, elles rentrent de vacances, elles sont épuisées parce qu'elles ont eu à faire un grand nombre de tâches et que la répartition n'est pas juste. Et était précisé qu'il y a une différence concernant les générations. Et en effet, les plus jeunes ont totalement intégré, en tout cas ceux que je connais, ce qui m'est rapporté, ceux qui me consultent aussi, c'est pas un problème, c'est pas une question, c'est intégré. La répartition des tâches, une certaine forme d'égalité, bien sûr qu'il y a quelque chose de générationnel, bien entendu.
Je repasse, je passe l'aspirateur, Je range le lave-vaisselle. Moi, si j'entends quelqu'un me dire que je ne fais pas ça, c'est une blague. On a envie de lui dire mais tu n'es pas à la bonne époque, c'est fini tout ça, le côté madame Fessy, monsieur Fessy, apparemment ça existe encore. Je lis, j'ai lu tout cela. Célébrer la puissance de l'indépendance des femmes, dénoncer l'emprisonnement psychologique, ça va jusque là quand même, l'emprisonnement psychologique invisible que subissent les femmes, les inviter à se libérer des injonctions de la société pour plus de liberté, les inciter à oser décider d'être vraiment libre. La liberté, c'est une notion importante dans le livre.
Ce que j'ai entendu, c'est ce tsunami de souffrance des femmes, dans ce flot d'informations qui m'a été donné, partagé. Il y avait quelque chose en filigrane qui m'a vraiment interpellée, qui est, toujours pour certaines d'entre elles, et pour beaucoup en fait, l'urgence à être en couple. À être en couple, à être en couple, à être en couple, voire à être... à se marier et à faire des enfants. Et une souffrance quand ça n'arrive pas. Une panique avec l'histoire de l'horloge biologique. Et j'ai creusé ceci. Je me suis dit mais d'où ça vient ? Et il y a bien sûr ce qu'on nous transmet dans notre éducation, la place qu'on donne aux filles, aux garçons, les messages qu'on leur transmet, etc. Et il y a les injonctions qu'une jeune fille va entendre très tôt. Il y a les messages aussi de la société. Et j'ai fini par comprendre en fait que les femmes avaient intégré le fait que d'être en couple donne une valeur, sinon on n'est pas grand chose.
Le fameux « si tu n'es pas en couple, tu seras une vieille fille ». « Tu vas finir comme une vieille fille », vous en parlez dans l'ouvrage.
Exactement, il n'y a pas le choix. Soit tu es en couple et c'est super, et tu coches toutes les cases, et il faut réussir en tout parce qu'il faut aussi travailler, il faut être souriante, etc. Soit, vieille fille, terminé, dans une boîte, au revoir, ciao, c'est terminé.
Et vous parlez notamment des douze commandements, des douze injonctions. de la société qui emprisonne justement les femmes. Vous dites, il y a le fameux, tu devras rencontrer l'amour et te marier, ce que vous disiez. Tu désiras faire des enfants, tu dépendras de la rencontre, tu ne tenteras pas de dépasser les zones, tu feras respecter le père, tu manqueras de confiance en toi, tu seras soumise, tu aborderas toujours un sourire, tu vieilliras à être, tu veilliras, je vais y arriver, à être un berbe, tu devras te laisser séduire, tu ne pourras porter plainte, tu surveilleras ta tenue vestimentaire. On est en 1800, là.
Non. Absolument pas.
Ça, c'est encore d'actualité ?
Bien sûr que c'est d'actualité. Bien sûr. Wow. Et c'est… Les jeunes générations sont en train de donner un coup de pied dans la fourmilière, en revendiquant les poils sous les bras. Je ne dis pas que je suis pour les poils sous les bras, je suis pour la liberté. Tu as envie d'avoir des poils sous les bras, tu as des poils sous les bras. Tu n'as pas envie d'en avoir, tu n'en as pas. t'as envie d'être en robe parce que ça te fait plaisir et que tu te sens à l'aise comme je le suis là, ou t'as envie de venir en jean, en t-shirt, pas maquillé, c'est ok aussi. En fait, moi, ce que je revendique et ce que j'apporte aussi aux personnes que j'accompagne et ce que j'ai envie de dire aux femmes, c'est et à la société. Laissez-nous libre de choisir. Et en fait, cet emprisonnement psychologique, pour moi, c'est ça, c'est... Je ne m'autorise pas à penser que je peux être une femme épanouie. en étant célibataire. Célibataire est un problème pour un grand nombre de femmes aujourd'hui, surtout celles qui ont moins de 40 avec cette histoire d'horloge biologique, etc. Parce que c'est comme si tout s'arrêtait à 40 et alors pire encore à 50. Donc les femmes se mettent une pression de dingue Entre 20 et 30, il faut rencontrer quelqu'un. Entre 30 et 40, il faut se marier et faire au moins un enfant. Et là, on a coché toutes les cases, donc c'est bon, on peut se détendre. Mais on peut être aussi avec d'autres désirs, ne pas rencontrer la personne avec qui on a envie de vivre. On n'a peut-être pas forcément envie de se marier. On peut ne pas avoir envie d'enfant. On peut avoir envie de se consacrer à sa vie professionnelle, à une activité artistique.
On peut être en couple et vivre séparément.
On peut être en couple et vivre séparément à partir du moment où on est heureuse. Et heureux, c'est valable aussi pour les hommes. Mais les femmes ont plus la pression et l'injonction sociale, et beaucoup plus sur les femmes. Et c'est ça que je dénonce. C'est-à-dire notre structure sociale est faite de telle sorte que qui culpabilise d'être célibataire, ce sont les femmes, pas les hommes. Ils peuvent souffrir d'être seuls parce qu'ils ont envie de rencontrer quelqu'un et de vivre l'amour. C'est autre chose. Les femmes sont avec une pression de la société. Et c'est ce que j'ai découvert au fur et à mesure. Parce que les personnes venaient vers moi, je travaillais sur leurs problématiques, sur leurs blessures, sur leur passé, sur leur façon de penser, sur les croyances limitantes. Et puis je me suis aperçue qu'il y avait un élément extérieur comme une sorte de cercle qui pèse, qui s'appelle la société, avec toutes les croyances, les injonctions, les messages, les romans à l'eau de rose, les films, et les contes de fées quand on est petit.
Ça, vous en parlez, les fameux contes de fées.
On est dans un bain, en fait, dont on prend conscience aujourd'hui.
Alors, justement, sur les fameux contes de fées des chansons, les fictions, les romances dont vous parlez dans le livre et l'influence que ça peut avoir aujourd'hui sur nos vies amoureuses, vous savez que les grandes firmes comme Disney, Pixar en sont arrivées, ont été poussées à modifier certaines choses sur les dessins animés à venir, voire même les grands classiques où on dit non, ça, on ne peut plus diffuser un Blanche-Neige, un Cendrillon, etc. Est-ce que c'est bien ? de revoir ça ou il faut laisser tel que c'est.
Non, je suis d'accord avec ça, je suis tout à fait d'accord.
De revoir ?
Oui, de revoir, de l'adapter à notre société, à notre évolution, si on peut dire qu'il y a une évolution. Oui, il y a une évolution lente, mais il y a une évolution tout de même. La preuve, il y a des contes de fées adaptés par Disney, Pixar, qui sont issus des contes de Perrault, et on oublie que les contes de Perrault ont été écrits dans un contexte social. qui étaient ceux de l'époque. Et depuis, on n'a rien adapté. Et je vais donner un coup de pied dans la fourmilière, tout comme la psychanalyse, il serait temps de moderniser un petit peu tout ça. Parce qu'on évolue, nos consciences changent, nos façons d'interagir ensemble changent, notre société change. Certaines choses doivent évoluer. Je suis tout à fait d'accord. D'ailleurs, je regardais un des premiers épisodes d'une nouvelle série tirée de Star Wars. Ce sont des héroïnes. et les hommes sont en second plan. C'est intéressant de regarder ça en conscience, de se dire « waouh, c'est bizarre ». Bon, je suis davantage pour l'altérité, mais pour trouver le point de bascule, on est un tout petit peu obligé de pousser d'un autre côté.
Et alors je dois dire auteur ou autrice ?
Autrice.
Je me doutais bien que vous alliez défendre évidemment tout cela. Quand on parlait de la nouvelle génération et qu'on parlait d'éventuellement cette évolution des mentalités de la nouvelle génération, celle de nos ados et de nos enfants, il y a un paradoxe. Et vous le notez dans le livre qui m'a fait sourire. Quand on était ados, nous, et qu'on était amoureux, on disait on sort avec un tel ou une telle. eux, aujourd'hui, disent « je suis en couple avec un tel ou une telle ». Est-ce que ça, c'est le paradoxe entre cette liberté que revendiquent les ados et en même temps la pression de cette société qui nous incite à être en couple ? C'est pour ça qu'ils disent « je suis en couple ».
J'ai creusé le sujet et je suis tombée sur une étude, je crois que c'est une sociologue, qui pendant un an a été au contact d'adolescents, de milieux différents, de lieux géographiques différents. Et ce qui est ressorti de cette expression « je suis en couple », c'est bien entendu une identification à des normes. Et aussi pour les filles, un moyen d'être protégée de la pute. C'est-à-dire que si elle est libre, elle est disponible, elle prend le risque d'être sursollicitée, voire agressée. Et elle prend aussi le risque de ce que l'on va penser d'elle. Et donc, si elle est en couple, elle est protégée.
Incroyable. Je ne voyais pas la définition comme ça.
C'est terrible. Quand j'ai découvert ça, je me suis dit que c'était bien que j'écrive ce livre. Parce que ce sont des mineurs, c'est des moins de 18 ans, c'est des adolescents. Et les jeunes filles ont intégré cela. Pour être tranquille, pour être protégée, pour ne pas être embêtée et aussi pour renvoyer une bonne image, il faut être en couple. Donc oui, les jeunes générations, on voit les 20-30 ans sont pas mal dans l'égalité, etc. Ils ont vraiment conscientisé un certain nombre de choses. Mais on voit aussi cette tendance chez les adolescents qui, je trouve, est assez effrayante. C'est important que l'information peut aider justement à ce qu'ils prennent conscience. Encore une fois, l'important, c'est d'avoir le choix, de pouvoir choisir. Et si on n'est pas informé, si on ne fait pas un pas de côté, on peut être embarqué dans des mécanismes, des postures, des choix, parce que notre environnement nous y invite.
J'ai entendu ça chez mes ados et je ne suis plus en couple. Ça m'a fait sourire parce que je me suis dit qu'on a tous eu des expressions comme ça. Mais sous-jacent, il y a quelque chose de plus lourd à porter avec cette définition du « je suis en couple ».
Peut-être aussi parce que dire « je suis célibataire » est tabou. C'est comme si être célibataire, c'est la loose.
Et à côté de ça, vous avez des mouvements, pas féministes, mais des mouvements de femmes, qui revendiquent le fait d'être bien célibataires, qui revendiquent le fait de ne pas vouloir d'enfants, vu le monde qu'on est en train de leur préparer. C'est un mouvement, ça aussi, ça porte un nom, j'ai oublié le nom, mais... Donc ça aussi, il y a aussi un... On est plus libre. J'imagine pas qu'après-guerre, j'ai pas imaginé une seconde entendre une femme dire, non mais attendez, moi je veux ma liberté, je veux être ceci, je veux être cela. Donc on sent bien qu'il y a quand même une évolution qui n'est pas négligeable, même si c'est très très lent, on est bien d'accord.
En vous écoutant, je me dis que peut-être que cette évolution, elle est possible parce que maintenant, on a plus de place au sens Notre modernité, notre technologie, le progrès fait qu'on a moins à s'occuper d'un certain nombre de choses, de tâches. Les automatisations diverses autour de nous font qu'on a du temps. pour pouvoir aller regarder aussi de ce côté-là. Bien sûr, il y a l'évolution de la société. La société n'est pas la même, n'était pas la même après-guerre et aujourd'hui. Mais je pense qu'il y a de la place pour pouvoir aller regarder là où on n'avait pas le temps d'aller regarder aussi.
Alors, il y a un phénomène, et vous en parlez évidemment beaucoup dans le livre, des nouvelles technologies d'Internet et chimères d'Internet, comme vous dites, et vous dites naïvement La naïveté m'a fait longtemps croire que le progrès en bénéficiant d'une technologie de plus en plus pointue ferait disparaître les inégalités. Vous avez réellement cru à ça ?
Ah oui. Oui, j'ai trouvé au début que les sites de rencontres, c'était super pour des personnes qui ne vivent pas en ville, qui sont isolées, des personnes qui ont des professions qui les obligent à travailler en heures décalées, qui ne peuvent pas sortir le soir comme elles veulent, où elles veulent, etc. J'ai vu tous ces aspects-là. J'ai longtemps cru que ça facilitait les timides éventuellement. Et là aussi, dans le cabinet, en consultation, principalement les femmes ont commencé à me témoigner de situations qui étaient souvent assez similaires finalement, les unes les autres, alors qu'elles étaient d'âges différents, de milieux socioculturels différents. Et là, je me suis dit, OK, il y a un truc. Et j'ai creusé jusqu'à me rendre compte qu'en effet, tout ce qui est applications de rencontres, sites de rencontres, favorisent une forme de domination, et notamment domination homme-femme pour les relations hétérosexuelles. Je me suis cantonnée aux relations hétérosexuelles, sinon ça élargissait trop. Et puis c'est ma patientèle, et je me suis aperçue que finalement, Ce côté mercantile de l'amour mettait aussi les femmes à une place d'objet, puisque, par exemple, comme en discothèque, l'accès au site de rencontre est gratuit pour les filles, les femmes, et les hommes doivent payer, soit tout de suite, soit après un certain nombre de...
En discothèque, c'était à partir de minuit, je crois, un truc comme ça, c'était gratuit pour les filles jusqu'à minuit.
Voilà, et donc là, c'est la même chose. Et en creusant, je suis tombée sur des enquêtes qui révèlent qu'une femme qui s'inscrit sur un site de rencontre, elle ne paie pas et elle va avoir des sollicitations À tout va, voilà, en masse, assez facilement. Des hommes qui s'inscrivent sur un site de rencontre, ça va être plus lent, un peu moins rapide, et certaines applications font en sorte que ce soit cette situation-là pour créer la frustration et qu'ils payent, qu'ils prennent un abonnement. Et là, une fois que l'abonnement est pris, Il y a des connexions, ils peuvent avoir des crushs, en tout cas être beaucoup plus visibles par rapport aux femmes.
Vous expliquez aussi sur un site de rencontre, on va dire de rencontre très rapide, pour ne pas le citer, vous expliquez qu'il y a même des algorithmes qu'ils ont enlevés par la suite, mais au départ, des algorithmes qui permettaient aux gens, en fonction des sites que vous fréquentez, en fonction de vos conversations, en fonction de votre niveau de vocabulaire, ces algorithmes de ces sites de rencontre rapide, travailler des suggestions pour vous permettre d'être en relation plus rapidement avec un tel ou une telle, des choses comme ça.
Et les critères de sélection aussi étaient, pour les hommes ayant fait de bonnes études, favorisés. Et les femmes étaient favorisées si elles étaient jolies, pas si elles avaient fait de bonnes études. Et cet exemple-là, il résume vraiment ce que je veux dénoncer. C'est que nous sommes dans une société qui semble égalitaire, mais si on commence à prendre la loupe et à regarder certains détails, on s'aperçoit qu'il y a des inégalités. Et ce n'est pas OK pour les hommes non plus d'ailleurs. On devrait être à égalité de toute façon, par rapport aux études et par rapport au physique. Voilà pourquoi un homme doit être intelligent et une nana jolie. On a le droit d'être intelligent et joli, on a le droit d'être intelligent et moche, on a le droit d'être moche et con. Vive la liberté ! C'est quoi cet élitisme ?
Celui qui est idiot et moche a plus de difficultés dans la vie.
Peut-être pas, ça dépend où il va. Si il va dans un environnement avec lequel il est en harmonie. Il peut y avoir aussi des personnes qui sont simples et qui ont un cœur gros comme ça. Et s'ils sont au bon endroit avec les bonnes personnes, ils vont être heureux. C'est ça le plus important finalement.
J'ai vu que sur les sites de rencontres, il y a à peu près plus de 8 000 applications de sites de rencontres dans le monde. Incroyable.
C'est énorme.
Ça dénote quoi ? Qu'est-ce que ça évoque pour vous ? C'est une inquiétude ? C'est l'amour Kleenex ? Comment est-ce qu'on appréhende ça face aux nouvelles générations qui, de toute façon, sont rivées sur leur téléphone et ont accès à ces applications ? En tant que parents, qu'est-ce qu'on fait ?
Leur transmettre l'importance de la relation autrement qu'à travers nos outils technologiques, bien leur faire comprendre que cet autre monde du digital, c'est un autre monde, c'est comme un monde parallèle, et d'être conscient à quoi on donne de l'importance. Et on peut utiliser la modernité pour qu'elle serve le meilleur, mais je pense qu'il faut être attentif à ce monde parallèle en fait, auquel les jeunes donnent beaucoup d'importance.
Et qui vivent au travers de cette évolution technologique, et qui vivent complètement imbibés par cette évolution.
Comme le film, je ne sais plus le nom, le film de Spielberg, où il y a la réalité qui est une modernité complètement détruite et où les protagonistes vivent dans les jeux vidéo. Et leur vraie vie, c'est dans ce virtuel. Et on est en train d'aller vers ceci. Et donc je pense qu'on a un rôle important à transmettre aux jeunes, aux adolescents, de bien leur faire comprendre que, encore une fois, l'équilibre, on ne va pas les obliger à ne pas être connectés, mais... Juste au milieu. le juste milieu et les aider à avoir cette conscience que la technologie doit servir quelque chose et tendre vers une forme d'humanisme quelque part.
Est-ce que dans votre patientèle, dans votre cabinet, il y a eu un avant et un après Covid quand on parle d'amour, de relations amoureuses ?
Pour les relations amoureuses, non. Le tsunami dont je parlais tout à l'heure, des témoignages arrivant jusqu'à moi, se faisant de plus en plus fréquents, a continué. Ce que j'ai remarqué d'une façon plus générale dans les relations, c'est un désinvestissement plus rapide, comme si la relation c'était d'élever l'importance de la relation. Il y a comme quelque chose qui est moins présent, moins... Oui, il y a une sorte de dilution. C'est vraiment le seul mot qui me vient. Et... Cependant, il y a un certain nombre de personnes qui surinvestissent les rencontres en vrai, les événements où on peut se rencontrer.
Il y a deux cas de figure là-dessus. Vous allez me dire ce que vous en pensez, c'est qu'il y a effectivement cet effet Covid qui nous a incités évidemment à vivre au travers des écrans et d'avoir des relations au travers des écrans et de pouvoir échanger puisqu'on était cloisonniers à la maison. Puis il y a les gens qui ont continué après, qui ont pris ces habitudes-là. et qui s'y sentent bien. Et puis, il y a ceux qui n'en pouvaient plus et qui se disent, mon Dieu, il faut revenir à la réalité, le besoin humain, le besoin de se reconnecter, de voir des gens, de sortir, d'aller en présentiel dans des événements, des conférences, des réunions et des choses comme ça, des groupes de parole. C'était absolument essentiel. Il y a les deux cas de figure auquel vous avez ressenti le plus violemment, de manière le plus intense. Ceux qui préfèrent rester derrière leur écran ou ceux qui préfèrent être présentiel ?
C'est vraiment réparti en fonction de la sensibilité. les personnes vont réagir de manière différente. Moi, j'ai continué les consultations en ligne pour plein de raisons, par rapport à ma vie, au fait d'être emprisonnée sur un lieu qui est le cabinet, par rapport à ma personnalité, ça ne fonctionne pas. Enfin, je peux, je m'adapte, comme tout le monde. Si on me donne la possibilité d'être plus libre et de choisir, j'ai choisi de continuer les consultations en ligne. Je suis pour le progrès, je suis aussi pour la rencontre en vrai, mais je suis surtout pour l'utilisation intelligente. et les consultations en ligne m'ont permis, moi qui suis très très sensible, d'avoir une sorte de... L'écran me donne le filtre que je n'ai pas avec mon hypersensibilité et me permet de faire un travail plus fin. En revanche, je sais qu'il y a des patients qui préfèrent me rencontrer, donc les personnes viennent par exemple à mes stages en présentiel et donc là, on peut faire un travail ensemble en présentiel. Donc j'ai trouvé l'équilibre des deux. Je pense que c'est ça qui est intéressant, que tout le monde s'interroge au lieu de rejeter l'un, rejeter l'autre. Pourquoi pas trouver un juste équilibre en fonction de nos connexions, de nos rencontres, de nos besoins. Et l'important c'est que ça puisse nous permettre d'être en connexion et d'être reliés. Durant la pandémie, c'est ce que la technologie nous a permis vraiment de rester connectés. Et ça, c'était super.
Heureusement. Le titre de votre livre, c'est bien les femmes et l'amour et comment vivre l'amour à l'heure du dating, du ghosting et autres zappings. Et il y en a bien d'autres, puisqu'il y en a 13 au total dans votre livre. Moi, je ne connaissais pas du tout ces trucs-là. Le love bombing, l'eclipsing, le fire during, le micro-cheating, je ne sais pas si je prononce correctement, le rushing, la technique du cafard, celui qui collectionne les conquêtes, etc. Dans l'univers de la psychologie, tout ça, ce sont des termes que l'on adapte à un comportement amoureux.
Oui, alors j'ai pris le parti de garder les anglicismes.
Oui, ils vont être contents à ceux qui ne veulent pas d'anglicisme.
Je sais qu'il y en a qui ne vont pas être contents. J'ai commencé à essayer de les traduire et finalement, j'ai pris le parti de garder le mot anglais et d'y associer une courte explication. Voilà.
Et c'est ce que vous appelez donc les fruits toxiques de la cybermodernité de l'amour.
Au fur et à mesure de notre technologie, la naissance des applications, des sites de rencontres, quand les gens ont commencé à se familiariser avec tout ça, a commencé à émerger des comportements qui sont plus visibles avec ces moyens de connexion que dans la vie de tous les jours. Mais disons qu'en fait, ça catalyse ou canalise des comportements qui sont déjà opérant chez certains individus. Cependant, notre technologie favorise aussi chez n'importe quel individu certains comportements parce que nous utilisons des objets, des smartphones, des ordinateurs, nous interagissons au travers d'un écran et il y a une partie de notre cerveau qui n'a pas encore compris qu'il y a un être humain de l'autre côté. Nous, on le sait, mais une partie de notre cerveau est dans la relation à l'objet. Et en plus de ça, nous sommes dans une société très narcissique, donc dans la relation à l'objet. Et donc, toute forme de communication en ligne, pas seulement les sites de rencontres, les applications finalement, toutes ces communications via notre modernité va favoriser des tendances Et des comportements. Et des comportements. D'où, j'en ai sélectionné 13, mais en fait, il y en a beaucoup plus.
Oui, il y en a beaucoup plus. Par exemple, le ghosting, parce que ça fait partie du titre de votre livre, c'est l'art de se valoriser, c'est-à-dire... Non, de disparaître. De disparaître. C'est donc faire le mot pour se débarrasser de sa partenaire. On l'a tous fait.
Avoue-t-il. On l'a tous fait.
Non mais on l'a tous fait. Vous n'avez jamais fait ça ? En étant ados, vous n'avez jamais fait le plan je ne donne plus de nouvelles et tout ?
Oui, bien sûr.
On l'a tous fait.
Mais bon, on va dire qu'à certains âges, c'est plus pardonnable qu'à d'autres.
On est bien d'accord. Alors je ne sais pas si ça se dit comme ça, le faux being, c'est quand on s'invente un amoureux. C'est pas tout logique.
Ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure sur le fait de dire qu'on est célibataire, c'est comme si on avait une maladie. Et du coup, pour garder aux yeux des autres de la valeur, on va s'inventer un partenaire. Parfois, dans la vie professionnelle, certaines personnes se sentent obligées de raconter, par exemple, le lundi, devant la machine à café.
Devant les collègues de café.
Qu'est-ce que t'as fait ce week-end ?
On est allé là, alors qu'elle est toute seule.
Voilà. Parce qu'elle-même, cette personne, n'assume pas d'être célibataire et porte un regard sur son célibat qui est un regard négatif. Mais pourquoi porte-t-elle un regard négatif sur son célibat ? C'est cette question-là qui m'a permis d'ouvrir une porte. qui, bien entendu, a donné accès à un certain nombre d'informations. Chaque personne, dans sa vie personnelle, sa façon de penser, a des raisons de mal vivre son CIBA, mais j'ai aussi découvert... toute l'imprégnation de la société sur ces personnes-là. Et donc, je suis pour que l'on revendique d'être célibataire comme quelque chose de formidable. C'est transitoire, on ne sait pas combien de temps ça va durer, trois semaines, trois ans, dix ans. Mais c'est aussi intéressant que d'être en relation, quelle que soit la relation. Et les femmes, moi j'invite les femmes à assumer leur célibat parce que si elles se libèrent de cette dépendance à la rencontre, elles vont se sentir libres de vivre et non pas de tout choisir en fonction de « et si je rencontre, et ça va peut-être faciliter la rencontre ». Non ! Vive ! Fais ce que tu as envie de faire !
Est-ce qu'on sait Géraldine aujourd'hui s'il y a plus de femmes célibataires que d'hommes ou l'inverse ?
« Vous me posez une colle, je ne sais plus.
» Vous dites que dans les injonctions que l'on fait toutes petites, dans les croyances, on dit « Attention, il va falloir que tu te battes dans la vie, ma chérie, parce qu'il n'y a pas beaucoup d'hommes à disposition et pour avoir le meilleur, il faut te battre. » Ça, ça fait partie des injonctions ?
Ça, ça revient dans mes consultations, mais à un point, vous n'avez pas idée. Donc les femmes, elles se le disent entre elles, elles me le disent d'ailleurs, entre copines, on se le dit, elles en sont convaincues. C'est-à-dire qu'en fait, il y a plus d'hommes que de femmes sur Terre. Alors j'ai fait mes petites recherches, et en fait, il s'avère que suivant les pays, ce n'est pas vrai. Alors je n'ai plus les pays en tête, mais j'invite les personnes qui nous écoutent à le faire.
En France, vous n'avez pas les statuts ?
Je ne me souviens plus, mais je crois que ce n'est pas aussi marqué que cela. Mais c'est une croyance qui est chevillée au corps principalement des femmes. Pourquoi ? Parce qu'aussi dans l'éducation, il y a beaucoup ce type de messages. Il faut rencontrer un mec, il n'y en a pas beaucoup. Et en plus, il y a les rivales. Parce qu'il ne faut pas qu'on soit dans la sororité, dans le soutien entre nous. Et ça, je le vois. Je pratique le tango argentin depuis plusieurs années et je le vois dans les balles tango qu'on appelle les milangas. Je vois au comportement des hommes et des femmes. Pour moi, c'est vraiment un laboratoire d'observation. Il y a vraiment la quintessence des programmes de la société. Il y a plus d'hommes que de femmes bien souvent dans les milangas. Donc, ces messieurs se sentent plus à l'aise parce qu'ils ont plus de choix. Et les femmes, suivant les générations, en effet, elles ne vont pas avoir la même attitude. Mais s'il y a une meilleure danseuse, plus jolie, qui rentre dans la pièce.
C'est là tout le paradoxe du féminisme que vous défendez, et on y reviendra d'ailleurs sur cette notion de féminisme aimé. C'est là le paradoxe, c'est qu'elles sont victimes de toutes ces injonctions, et en même temps elles sont d'une cruauté entre elles, que je trouve incroyable. Et on dit souvent, nous, mec, on dit souvent, tu sais, les filles entre elles, franchement, ça va même parfois plus loin que ce que les hommes peuvent se dire, c'est vrai ça ?
C'est pour ça que j'ai écrit ce livre aussi, pas seulement. C'est parce qu'en observant dans les milongas, mais c'est aussi dans d'autres endroits de danse hétérogenré, c'est ce que j'ai observé. Et en fait, ça vient de notre éducation. Ça ne vient pas du fait qu'on est une femme ou un homme, ça vient de l'éducation. Tout est dans l'éducation. Qu'est-ce qu'on va transmettre aux frères, aux sœurs, qui va être différent ? Qu'est-ce que ces enfants voient du comportement de leurs parents ? Les petites phrases, etc. Donc déjà, il y a le microcosme familial qui va créer un bain où vont s'imprégner certains programmes. Et puis ensuite, il y a la société. Donc la bonne nouvelle, c'est qu'en tant que parents, Si on est informé, on peut transmettre des messages qui soient plus égalitaires pour les hommes et les femmes et enseigner aux petites filles à être dans la solidarité avec les autres petites filles, que ce ne sont pas des rivales. et enseigner aussi aux garçons d'autres choses, comme par exemple l'accueil des émotions, l'altérité, la gestion de la colère. Un petit garçon aura le droit d'être en colère, une petite fille ce n'est pas bien, etc. Ça paraît caricatural, mais c'est la réalité. Mais moi, quand j'écrivais ça, je me disais, waouh, ça fait genre cliché. Mais non, mais c'est l'observation aussi de certains environnements et de ce qui se passe dans les foyers, dans les couples, dans les familles.
Et pendant ces séances de tango argentins, il y a beaucoup de célibataires ?
Il y a de tout. Moi, je suis toujours allée danser pour l'amour de la musique et de la danse. Toujours. Mais il y a en effet des personnes qui pratiquent un art comme celui-ci pour rencontrer.
Mais c'est bien !
Pourquoi pas ? Mais c'est pas... Pourquoi pas ?
Mais c'est pas l'objectif. Un thé dansant ou une boîte de nuit ou un truc...
Mais c'est pas un club de rencontre, l'espace tango. Ça peut, mais c'est pas l'objectif.
Mais juste le tango argentin, qu'est-ce qu'il a de différent avec le tango classique ?
Il est moins cadré. Il y a beaucoup plus d'improvisation. Ce n'est que de l'improvisation. Il y a bien entendu des pas de base et des mouvements, mais c'est beaucoup l'écoute de l'autre, le dialogue avec l'autre.
Je pourrais en faire tout un livre. Et ça crée des liens.
Bien sûr qu'on est en relation.
Et peut-être des histoires d'amour.
Aussi, et des amitiés.
Juste pour terminer, parce que ça m'a fait sourire, sur les 13 fruits toxiques de la cybermodernité dont on parlait tout à l'heure. Le love-bombing, ça, ça m'a fait sourire. Vous savez ce que c'est que le love-bombing ? Le love-bombing, c'est ceux qui bombardent de mots et de cadeaux et d'attention. On pourrait se dire, c'est vachement bien. Apparemment, non.
Tout est une question d'équilibre, encore une fois, de dosage. C'est un bombardement, en effet, de déclarations d'amour, de cadeaux, etc. Ça peut faire peur. Ça peut faire peur. Et c'est bien que ça fasse peur parce que cet excès témoigne de quelque chose. et témoignent d'un mode relationnel qui est déséquilibré et qui peut provenir de certains profils de personnalité. Donc ça peut être un dépendant affectif, plus, plus, plus. Ça peut être aussi une personnalité narcissique qui est en mode séduction pour capter et captiver la personne et ensuite passer à un autre mode relationnel une fois qu'elle est attachée et dépendante. et là, établir un mode de domination. C'est de toute façon, le love bombing, un signal d'alerte qui doit nous alerter. On peut séduire, envoyer des témoignages d'amour, faire des déclarations, mais tout dépend du dosage. Et dans le love bombing, c'est non-stop, comme avec des commerciaux qui nous empêchent de penser pour qu'on signe.
Chez un mec, on appelle ça un lourdingue.
C'est un lourdingue, oui.
Au bout d'un moment, on est dans la caricature, c'est pesant. C'est pesant.
Mais nos technologies favorisent ça, c'est-à-dire qu'on le voyait moins, c'était moins visible avant d'avoir nos moyens de communication.
Aujourd'hui, c'est facile.
La personne envoyait des cadeaux tous les jours. Mais là, le téléphone qui fait bling bling bling ou qui vibre toutes les deux secondes, c'est toujours le même ou la même.
Faut se méfier.
Voilà, donc nos objets technologiques favorisent des comportements pathologiques, on va dire.
Exactement. Alors, un petit dernier, parce que là, vraiment celui-là aussi, le micro-cheating. Le micro-cheating, écoutez bien, c'est tromper, mais juste un peu. Alors, c'est là où il a du mal. C'est, on ne trompe pas son partenaire, mais on drague en douce.
Et c'est très, très con.
C'est toute la notion du « où commence l'infidélité ?
» Exactement.
Ça, on pourrait faire une émission complète.
Ah oui.
Où commence l'infidélité ?
Absolument, et c'est très fréquent ce type de comportement. C'est un des comportements, je réfléchis en vous parlant, avant nos moyens technologiques. C'était beaucoup plus compliqué. Là, on chatte en douce, on envoie des messages, des émoticônes, des gifs. Il n'y a rien de concret, mais il y a une relation numérique, digitale, de séduction, mais on ne trompe pas.
Et ça, c'est tromper ?
Dans sa tête, oui. Et donc c'est intéressant de s'interroger. Pourquoi ? De quoi a besoin la personne ?
Mais certains psys vont vous dire que c'est de l'ordre du fantasme. Et le fantasme, c'est bon.
Tout dépend de la place qu'il prend. Et pourquoi ? Je dirais que ce n'est pas bien ou pas bien, c'est intéressant de se poser la question. Pourquoi une personne va éprouver le besoin.
D'Aller séduire une autre personne ?
Et parfois c'est addictif. Ça peut être avec plusieurs personnes, ce n'est pas forcément la même personne. Qu'est-ce qui se passe ? Y a-t-il une insatisfaction, un manque de confiance en soi, le besoin de s'évader parce que la personne étouffe dans sa relation ? Qu'est-ce que ça dit en fait ? C'est ça le plus important. Qu'est-ce que ça dit ?
Il faut consulter Madame ou Monsieur. Je voudrais qu'on parle de la notion de féminisme. On a tous en tête évidemment tout ce qui a été dit, les mouvements MeToo, toutes les personnalités qui se sont insurgées, qui sont montées au créneau, les personnalités du monde des médias, artistiques, qui ont dénoncé certaines choses à juste titre et c'est évidemment extrêmement normal. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment aujourd'hui que ce qu'une certaine partie du féminisme en devient même presque une caricature aujourd'hui avec une chasse aux sorcières où il faut taper sur les mecs, il faut taper sur les hommes parce que nous ne sommes que des hommes toxiques. Est-ce que ce que vous défendez là aujourd'hui n'est pas tombé à un moment donné dans un excès chez certaines femmes d'un féminisme qui est même franchement, moi qui me fait sourire, je me dis mais attendez, Un mec reste un mec, on est bien d'accord. Il doit avoir effectivement toutes les limites dont vous parlez dans votre livre et doit être un nouveau romantique. Moi, je revendique ça haut et fort, c'est vrai. En revanche, un mec reste un mec. Non, et ça, ça veut dire simplement que je vais sortir les paguettes dans deux minutes. Non, mais ça veut dire par là, est-ce qu'il n'y a pas une castration médiatique presque qui consiste à taper sur le mec en permanence ?
C'est un peu un juste retour de toutes les muselières qu'on a mis sur les femmes qui ont osé dénoncer certaines agressions, harcèlement ou rapports de force. Finalement, c'est un peu un juste retour. Oui, il peut y avoir des excès, mais je pense que cet excès témoigne aussi d'un excès auparavant qui était extrême. Comme je disais, le balancier part dans l'autre sens parce qu'il y a une pression qui a été tellement forte que quand tout ça pète comme en ce moment, il peut y avoir des moments où on se dit « waouh, c'est un peu too much ». Ce qui est intéressant, et même moi je m'interroge à chaque fois, chaque fois que j'entends dans les news quelque chose de cet ordre, une dénonciation, je m'interroge toujours en me disant, attends, je regarde des deux côtés en fait, le pour, le contre, et je me dis toujours, n'oublie pas qu'il y a un certain nombre de programmes en fait qui font que tu vas avoir des réactions automatiques. Et une des réactions automatiques, moi aussi je l'ai, c'est quand même là encore ça, et encore, est-ce qu'on n'est pas en train de basculer dans un excès contraire ? Je pense que tout le monde ne va pas avoir cette finesse d'analyse que j'ai, et malheureusement, ça peut en effet desservir la cause des femmes. Et c'est là où on devrait toutes et tous s'interroger et se dire comment on peut continuer à libérer, à ce que la parole se libère, comme certains auteurs hier à la radio Elle a témoigné, c'était Amélie Nothomb qui a témoigné d'une expérience assez difficile. Moi je trouve que c'est super que des personnalités comme ça osent parler de choses traumatisantes. Comment on peut continuer ? Est-ce que la parole se libère ? Pourquoi elle est importante, cette parole ? Parce que ça envoie aussi des signaux aux jeunes filles d'aujourd'hui et aux jeunes hommes. Et donc, ça peut donner une société demain plus consciente, plus respectueuse, plus égalitaire. Mais en effet, il y a des choses à regarder et à rééquilibrer.
Les excès, de toute façon, ne sont jamais bons. On est bien d'accord. Mais vous savez, je vois notamment dans mon entourage beaucoup de femmes qui revendiquent leur liberté, qui ont envie de choisir le mode de vie qu'elles ont aujourd'hui, et elles en sont très heureuses, et qui aiment aussi dire, mais moi j'aime un mec avec du caractère, et pas.
Nécessairement… Mais les nouveaux romantiques, c'est comme les hypersensibles. L'hypersensible n'est pas forcément quelqu'un de mou. Il peut avoir beaucoup de caractère. Un homme reste un homme. C'est sa sensibilité, son émotion, son respect aussi de l'autre, le souci de l'altérité qui est, à mon sens, bienvenu et hyper sexif. Moi, je trouve que c'est hyper sexy.
Un nouveau romantique ?
Un homme qui reste un homme. Et ces nouveaux romantiques, pour moi, font preuve d'intelligence déjà, de réflexion, d'une certaine conscience, de respect. Pour moi, ce sont les avant-gardistes d'une société si elle prend un bon tournant. Mais pour ça...
Il faut avoir eu un peu d'éducation.
Aussi, il y en a qui réfléchissent, qui échangent avec les femmes.
Qui se remettent en question.
Qui se remettent en question, absolument.
Alors ça veut dire que, vous dites d'ailleurs dans votre livre, pour terminer Géraldine, vous dites, le fameux, c'est compliqué aujourd'hui d'être une femme, parce que vous dites, il faut faire attention à ce qu'on porte, pour ne pas subir d'agression évidemment. Il faut contrôler la visibilité qu'on peut avoir sur les réseaux, pour ne pas être harcelée, ne pas paraître trop intelligente. pour ne pas éveiller les jalousies, se concentrer sur son apparence. Alors ça, c'est la dictature de la beauté, trop grosse, trop mince, trop petite, trop grande, etc. Et aujourd'hui, plus que jamais, on est dans ces injonctions-là, aujourd'hui encore, où vous sentez que les choses commencent à s'améliorer un petit peu, très progressivement.
On y est vraiment. J'ai vu passer… Surtout avec les réseaux, évidemment. Voilà. Et j'ai vu passer sur les réseaux, quelque chose qui parle des t-shirts blancs que mettent les jeunes femmes avant de prendre le métro. Par exemple, si elles vont à une soirée et qu'elles ont une tenue, mais pas forcément hyper sexy, une tenue, elles mettent un t-shirt blanc pour être sûres de ne pas être embêtées dans les transports en commun. Par exemple. Ça paraît un détail. Pour moi, c'est hyper révélateur.
C'est sûrement pas un détail. Ça révèle évidemment d'une société qui va mal. Il y a des fondamentaux de cette société qui ne sont plus en place, c'est très clair. Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour revenir justement à ces fondamentaux ? Moi, j'ai une solution assez catégorique dans l'éducation, dans les choses comme ça, sur l'uniforme à l'école, je suis plutôt pour. On a l'impression que le chantier est monstrueux, qu'on a laissé faire.
Moi, je pense que c'est une société qu'il faut changer. Je pense. Et on n'y est pas.
Il faudra plusieurs générations pour ça.
Oui, je pense qu'il va falloir plusieurs générations. Mais pareil que pour la spiritualité dans notre société. Là aussi, un équilibre à trouver. Finalement, ce dont on parle là, si on fait un parallèle avec la spiritualité, c'est une énergie féminine dans notre société. En fait, ce que je dénonce, c'est une société patriarcale. Ce qu'il faudrait, c'est une société qui ne soit ni patriarcale ni matriarcale. C'est une société où il y ait vraiment une égalité entre hommes et femmes. Pas que l'on soit pareil. Souvent le féminisme est confondu comme ça. Comme si les femmes voulaient faire comme les hommes. Non. Une société égalitaire.
Quelle est la nuance alors ?
Où il n'y ait pas un rapport de domination et où les femmes puissent avoir leur place. égalité de salaire, égalité de traitement, pouvoir s'habiller comme elles le veulent, avoir la sexualité qu'elles souhaitent et pouvoir être célibataire ou mariée si elles ont envie. Cette liberté qu'ont davantage les hommes, que n'ont pas les femmes aujourd'hui. Donc, en effet, l'éducation, je crois beaucoup à ça. La prise de conscience, l'information, l'éducation, Et puis ensuite, les actions qu'on peut mettre en place au quotidien. Tout le monde n'a pas la possibilité d'écrire un livre, mais tout le monde a la possibilité d'échanger avec ses copains, ses copines, son voisin, sa voisine, dans son lieu professionnel. Déjà soi-même de changer son mindset, son état d'esprit, et puis d'établir, d'avoir de nouveaux comportements. Par exemple, dans le tango argentin, je suis suiveuse. La place de la femme classiquement, anciennement. Aujourd'hui, j'ai envie d'apprendre à mener, parce que je vois des copines qui ne dansent pas, je me dis que je pourrais les faire danser, ça pourrait être fun, ça pourrait être sympa. Je pourrais aussi faire danser des hommes qui ont appris à suivre. Je trouve que c'est une métaphore très intéressante finalement. Je reste une femme qui aime les hommes, voilà, moi c'est mon kiff, mais je peux aussi changer de posture et être dans une interrelation et un échange aussi bien avec les hommes qu'avec les femmes. Je trouve que finalement, c'est une jolie métaphore de ce que la société pourrait être.
Et quand on danse le tango argentin, c'est plus agréable de quoi ? De guider ou d'être guidé ?
Je pense que ça dépend de notre humeur, notre état d'esprit. Moi, ce que j'aime, et du moment, c'est la créativité. C'est être deux à créer sur une musique, donc on est trois avec la musique. C'est cette communication, cette interaction, cette créativité, ces émotions aussi qu'on va ressentir. Dans le tango, je trouve qu'il y a beaucoup de tendresse. Les gens pensent sensualité parce qu'ils ont des images très clichés avec la rose.
Mais c'est surtout dans les cours de salsa et des choses comme ça qu'on parle plus encore de sensualité.
Mais il y a plus de tendresse, il y a une intimité qui est intéressante dans le tango argentin.
Il y a une tenue dans le tango argentin ? Ça dépend des générations.
Les plus jeunes viennent en jeans, en basket. Moi, je trouve que c'est OK à partir du moment où les gens sont.
Libres et se sentent bien. Pour finir, Géraldine, deux mots d'abord sur les groupes de parole, un groupe de thérapie. Vous dites groupe de parole aux femmes. Il n'y a que des femmes ?
Oui.
On ne peut pas venir ?
Dans d'autres groupes qui ne seront pas des groupes pour les femmes. Mon envie, il y a très longtemps, a émergé. C'est plus que mon envie, c'est que j'ai entendu le besoin des femmes quand j'animais des groupes mixtes à l'époque. Et ce jour-là, il n'y avait que deux hommes pour dix femmes. Et je sentais qu'elle commençait à libérer une parole qu'elle ne libérait pas totalement parce qu'il y avait ces deux hommes là, pourtant très bienveillants. Et je me suis dit, tiens, ça va être intéressant. Je vais créer ponctuellement un groupe où il n'y aura que des femmes et je vais voir si ce qui est dit Et jusqu'où ? Sera la même chose ou pas ? Et en fait, non. La parole s'est libérée.
Puisque vous voulez l'égalité, vous n'avez pas fait des groupes d'hommes ?
Je laisse ça à mes confrères hommes. Pour tout vous avouer, j'ai co-animé une fois avec un confrère et ami, un groupe d'hommes, et je n'ai pas renouvelé parce qu'on représentait symboliquement le ying-yang, le couple, le père-la-mère, etc. Ça favorisait ce type de projections. Je n'ai pas renouvelé parce que je sentais que je n'avais pas à être là, ils avaient besoin d'être entre eux. Ce qui est intéressant, en fait, c'est de constituer des groupes d'hommes, de constituer des groupes de femmes et ensuite de se retrouver ensemble. Et ça, c'est l'égalité et l'altérité.
Et donc, ça ne se fait pas pour l'instant ?
Moi, je n'ai pas le temps de tout faire, mais je rêve de le faire. Je dois bien avouer que je rêve de le faire.
Les femmes et l'amour, comment bien vivre l'amour justement à l'heure du dating, du ghosting, du zapping, du love bomb, enfin bon bref, nous avons entendu si vous avez suivi l'émission. Merci infiniment Géraldine.
Merci Marc.
Merci, c'était un vrai plaisir de vous recevoir. J'espère qu'on aura l'occasion de se retrouver encore sur ces canapés, avec peut-être d'autres émissions, d'autres thématiques et puis peut-être une interaction avec les gens qui nous écoutent et qui nous regardent avec des émissions spécifiques que nous pourrions faire. Je lance l'appel. Lisez ce livre, évidemment, offrez-le et puis inspirez-vous de tous les conseils de Géraldine Prévost-Gigant. Merci infiniment.
Merci.
À bientôt. Vous postulez ? Non, sans doute pas. Mais vous écrivez ?
Oui.
Vous voulez ça, c'est parce que je suis encore à l'heure du tango et j'ai des images de tango argentin. C'est peut-être pour ça que je suis perturbé.
Salut.
À suivre.
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