Géraldyne Prévot-Gigant - L'hypersensible spirituel, un coeur qui peut sauver le mode #82

French-language Heroic People podcast episode featuring host Marc Baillet and guest Géraldyne Prévot-Gigant. The guest—psychopractitioner, author and dancer—discusses hypersensitivity (traits, misconceptions), spiritual hypersensitivity ("hypersensible spirituel" / high spiritual potential), relationships (toxic dynamics, dependence, healthy altérité), personal turning points and practices (meditation, art, dance, writing), and offers practical advice and exercises for emotional stability and engaged, compassionate action.
Bienvenue sur le podcast Heroic People, je suis Marc Baillet. Dans chaque épisode, nous vous présentons une personne inspirante ou un message pour vous aider à découvrir les clés de la transformation, du développement du potentiel et de la force d'âme. Nous apprenons les uns des autres et trouvons en soi le héros de notre propre vie. Partagez nos convictions, partagez nos vulnérabilités, dépasser nos peurs, se transformer pour pouvoir transformer le monde, agir ensemble. Jusqu'où peut-on aller ? Merci de passer du temps avec nous aujourd'hui. Vous êtes sensible et bien souvent hypersensible, vous êtes spirituel, vous êtes sensible au beau et vous aimez la poésie, vous êtes courageux et certains vous appellent le light worker, le travailleur de la lumière. Si vous vous reconnaissez, sachez que vous faites partie de ces avant-gardistes de la conscience. En avance sur votre temps, vous êtes là pour semer des graines de lumière, d'espoir et de conscience qui, un jour ou l'autre, donneront les fleurs colorant l'humanité. Voici ce que nous dit Géraldine Prévost-Gigant dans les premières lignes de son livre Les hypersensibles spirituels. Géraldine Prévost-Gigant, bonjour.
Bonjour.
Hypersensitive et hyper-empathique, vous êtes psychopraticienne depuis plus de 25 ans, spécialiste de l'amour sous toutes ses formes, du célibat et de la dépendance affective, mais aussi de l'hypersensibilité spirituelle. Avant-gardiste de l'éveil et de la conscience des femmes, vous fondez en 1999 les groupes de parole pour les femmes. Vous êtes l'auteur d'une dizaine d'ouvrages de psychologie et de développement personnel, dont certains sont traduits en plusieurs langues. Vous êtes notamment l'auteur de « Les hypersensibles spirituels, ces intuitifs au cœur d'or », qui est votre dernier livre. Géraldine, vous venez nous parler du pouvoir des hypersensibles spirituels, ces êtres dotés d'un cœur qui peut changer le monde et de la manière dont ils peuvent faire leur part dans celui-ci, dans ce monde qui connaît une transformation sans précédent, mais également de ce qui vous anime et de ce que cela signifie pour vous qu'être l'héroïne ou le héros de sa propre vie. Au préalable, j'ai une première question pour vous Géraldine, comment occupez-vous votre temps sur notre planète Terre ?
Je cours après lui, déjà, très souvent. Je trouve que je manque de temps tellement j'ai d'envie, envie de créer, envie de partager. Mais pour répondre plus précisément à votre question, mon temps est réparti en trois phases, je dirais, qui sont les trois dimensions importantes pour moi, pour mon épanouissement, et qui donne du sens à mon existence, c'est l'accompagnement en consultation, l'écriture et la danse. Les trois cohabitent. Je ne pourrais pas me contenter juste d'un aspect. La danse vient me régénérer, me permettre d'exprimer ma créativité différemment. L'écriture est mon expression créative principale et aussi ce qui me porte par ce que j'aime transmettre. J'aime transmettre mes découvertes, j'aime transmettre ce qui fonctionne pour moi, j'aime transmettre ce que je sais qui pourra aider le plus grand nombre. Et puis dans les accompagnements, je suis dans quelque chose de plus intime, de plus profond, de plus personnel. J'y trouve aussi une source d'inspiration dans la relation avec l'autre. parce que finalement l'autre ne cesse de m'émerveiller. Je suis fascinée par l'humain, par ses mystères, par ses ombres, par ses lumières. J'ai l'impression qu'on n'en aura jamais fini de découvrir l'être humain, parce qu'il est infini de toute façon, et il est en transformation constante. En tout cas, nous sommes tous en transformation constante, certaines personnes plus rapidement qu'autres. Mon temps sur Terre est réparti principalement dans ces trois domaines de respiration, je dirais, tantôt d'inspiration, tantôt de souffle. Il y a une respiration différente pour chaque aspect. On me retirerait l'un de ces aspects, je pense que j'irais vite trouver un autre moyen de respirer, d'être en relation et d'être inspiré aussi par la vie.
Qu'est-ce qui vous a amené à faire ce que vous faites aujourd'hui, ce travail d'accompagnement, et plus la dimension artistique ? Est-ce qu'il y a eu un défi, un obstacle qu'il a fallu surmonter dans le mental, physique, émotionnel ou perçu, et qui a accéléré, généré un retournement ? Ou est-ce que, au contraire, c'est quelque chose qui s'est fait de manière progressive ?
Je pense un petit peu des deux, finalement. C'est-à-dire qu'en effet, il y a eu un moment, un tournant, vraiment un retournement, un moment important où je me suis rendu compte que je répétais toujours la même histoire sentimentale, amoureuse. Et un jour, j'ai fait une rencontre importante qui ne s'est pas bien terminée. Et je me suis interrogée en fait sur ce qui se passait, parce que je sentais vraiment qu'il y avait quelque chose qui bloquait en moi, qui était tourmentée. C'est une période qui était assez sombre finalement. Donc là il y a eu le déclic, je suis allée consulter quelqu'un qui pratiquait les états modifiés de conscience, et donc j'ai commencé à... ce chemin à ce moment-là, et ça a été vraiment... Il y a eu un déclic très fort. Ça a vraiment été pour moi le jour et la nuit, ou plutôt la nuit et le jour. Mais en même temps, avec le recul, je pense qu'il y a eu ce sommet-là où vraiment je suis passée d'une vie à une autre. Cependant, il y avait un terrain propice. Ce n'est pas arrivé comme ça, comme un cheveu sur la soupe. Je pense que ça a été le déclencheur de quelque chose qui était depuis assez longtemps en maturation, dans les profondeurs de mon inconscient, de mon être. Parce qu'aujourd'hui, avec le recul, je retrouve des aspects présents. Dans mon accompagnement, il y a des aspects présents de mon transgénérationnel. Par exemple, je me souviens de ma grand-mère qui était prof d'art dramatique. Et quand je suis en groupe, je me souviens de phrases qui m'étaient rapportées sur la relation qu'elle avait avec ses élèves et sur la façon qu'elle aimait. à quel point elle aimait les aider à s'épanouir, à se révéler à eux-mêmes. Donc là, je trouve qu'il y avait déjà quelque chose, il y avait des graines. La connaissance de soi a toujours fait partie, je dirais, de mon environnement, parce que ma mère était très intéressée par la spiritualité et la psychologie. Le cinéma a été présent aussi beaucoup, la littérature, avec la fascination pour les aspects particuliers de certains profils psychologiques de certains héros et héroïnes. Voilà, il y a plein de petites graines comme ça que j'ai découvertes après, vraiment récemment, où je me suis dit mais en fait, Comme le petit pousset, j'ai retrouvé des petits cailloux. Et finalement, le grand changement, ça a été plutôt l'aboutissement de quelque chose. Voilà, tout me menait à cette prise de conscience. Et ensuite, quand j'ai commencé à pratiquer en tant que patiente l'exploration, quand j'ai aussi découvert les états modifiés de conscience, Il y a vraiment eu en moi un éveil des ouvertures de conscience, des perceptions nouvelles et des perceptions déjà aussi présentes qui se sont accentuées. Et ça a été une telle révélation que je me suis dit « Et pourquoi pas ? Et si je pouvais donner à d'autres ce que j'ai reçu de ce praticien qui a ensuite été mon professeur, mon enseignant ? » J'avais envie de passer comme si je faisais partie d'une chaîne de transmission, et j'avais envie de donner autant que j'avais reçu. Je sentais que j'avais déjà reçu beaucoup, en fait j'ai reçu beaucoup après, mais voilà, ça a été vraiment important pour moi à ce moment-là. Et je lui en ai parlé. Au début, il a refusé, j'étais très jeune. Et puis finalement, il m'a dit « OK, OK, OK, tu peux rentrer dans la formation ». Et là, ça a été d'une simplicité pour moi, d'une évidence, et passionnant.
Merci beaucoup Géraldine. Alors, on va parler d'hypersensibilité. Pour commencer, est-ce qu'il y a une personnalité ou célébrité hypersensible qui, pour vous, est un exemple inspirant dans la vie ?
Al Pacino. Et ce qui m'a marquée, c'est de quelle façon il a tenté de faire les choses avec son hypersensibilité, et comment ça a été parfois compliqué dans sa carrière, mais comment aussi il a pu en faire comme de la terre glaise, qu'il a pu malaxer et en faire jaillir à chaque fois un personnage et la façon dont il habite, ses personnages et aussi ses zones de creux, parce qu'il a eu un moment de creux dans sa carrière terrible. Terrible au niveau de l'ego, mais aussi terrible, je pense, en termes de sensibilité par rapport à sa sensibilité. Et donc, sous un aspect sûr de lui, avec des personnages très durs et en même temps complexes, j'ai découvert qu'en fait, c'est un être d'une grande, grande, grande sensibilité. et qui est allé puiser dans sa grande sensibilité pour faire cet art qui est de jouer, et de jouer de cette manière si particulière, si spécifique, qui lui est propre. Parce que je pense à cette période difficile pour lui où il a touché à la drogue, l'alcool, parce qu'il n'arrivait pas à faire avec son hypersensibilité et que finalement ça le faisait plus souffrir. qu'autre chose quand ils ne pouvaient pas jouer soit sur scène, soit devant une caméra. C'est là que je trouve que l'on voit que l'art, la créativité ou une activité créatrice, pas seulement l'art, mais de créer, peut être, et souvent d'ailleurs, un moyen de transcender une certaine sensibilité, voire aussi de pouvoir prendre appui sur ce qui est sensible en soi pour créer quelque chose de positif. quelque chose que l'on aime, de canaliser en fait cette énergie et d'y trouver d'une certaine façon notre place sur Terre, que ce soit une activité professionnelle ou un hobby, peu importe.
L'hypersensibilité apparaît comme un concept un peu fourre-tout, qui forcément nous séduit un peu tous. des sens plus développés, une grande empathie, des valeurs très affirmées. Mais c'est tout moi, entend-on ? Est-ce qu'on n'est pas tous un peu hypersensibles ? Après tout, qui se décrirait indifféremment et sans émotions ? Ça signifie quoi d'être hypersensible ? Comment est-ce qu'on peut définir l'hypersensibilité ? Quelles sont les idées reçues ? La réalité scientifique ? Est-ce que ce n'est pas... Qu'est-ce que c'est, en fait ? Qu'est-ce qu'il faut dire à quelqu'un qui dit comme ça, un peu spontanément, à la volée, « Ouais, je crois que je suis hypersensible ».
Je pense que nous sommes tous sensibles déjà, sans être hyper, nous sommes tous sensibles, mais en fonction de nos mécanismes de défense, nous allons avoir accès à notre sensibilité ou pas. Et puis il y a l'extrême opposée de l'hypersensibilité, ces personnalités froide, narcissique ou perverse-narcissique, ce qu'aux États-Unis on appelle les psychopathes. Donc là, on a vraiment le profil extrême, qui sont en fait des individus qui ont des mécanismes de défense hyper solides, comme le coffre de Forknox, qui blindent en fait tout le système, et ils sont blindés. et ils n'ont pas accès à leur sensibilité et ils ne veulent pas y aller parce que ça les effraie. Donc ils sont sur des modes de relations froides. Je connais certaines personnes qui me rapportent que des individus leur ont dit qu'ils étaient fiers de dire qu'ils ne sont pas empathiques. Voilà. Donc ça, ce sont ces profils-là. Au milieu, je dirais, il y a les sensibles. Avec des échelles suivant notre personnalité, notre environnement, notre histoire, on va être plus ou moins sensibles. Et il y a les hypersensibles, et c'est là qu'il peut y avoir de la confusion, puisque nous sommes tous sensibles, nous avons des émotions, nous sommes en relation, et nous sommes parfois touchés par certaines choses. Chez les hypersensibles, ils vont être touchés plus que les autres, et ça va durer plus longtemps. Dans les idées toutes faites, il y a que les hypersensibles ne sont qu'émotions qui pleurent tout le temps, et ce sont de grands timides introvertis. Ça, ce sont les erreurs qu'on peut avoir, en tout cas les clichés qu'on peut avoir dans notre esprit. Or, un hypersensible peut être aussi avec un fort caractère, peut être quelqu'un d'extraverti. Et du coup, c'est encore plus compliqué parce que cet hypersensible, vu cet aspect de sa personnalité, ne saura pas forcément tout de suite qu'il est hypersensible. Il faudra faire un... des détours. Et puis les autres vont moins prendre de gants qu'avec quelqu'un de timide, qui a l'air fragile, si en plus il y a un physique plus frêle, là tout le monde va prendre soin de cette personne. Alors que quelqu'un de plus, avec une stature, une corpulence et une personnalité forte, personne ne se doutera de son hypersensibilité et c'est beaucoup plus compliqué. En fait, l'hypersensibilité, c'est donc, comme je le disais, on ressent beaucoup plus fortement et longtemps les choses. Donc les émotions sont plus intenses, qu'on le montre ou pas, parce qu'il y a aussi ceux qui ressentent tout à l'intérieur. Moi, je fais plus partie de ceux-là. Cela dit, j'ai aussi la lame facile, dans certaines circonstances, ça dépend. Mais il peut y avoir ceux qui ressentent fortement les choses et ils ont tout de suite les larmes aux yeux, ou ceux qui ressentent fortement les choses et ça ne se voit pas, parce qu'ils ont des systèmes de protection en fait. Mais à l'intérieur, ça va durer longtemps en termes d'impact émotionnel, et au niveau cognitif, au niveau de la pensée, ça va aussi durer très longtemps où on va tourner en boucle. L'hypersensible va faire un focus sur ce qui est négatif. Par exemple, moi, dans une animation de groupe, par exemple, tout se passe merveilleusement bien. Majoritairement, 99% des gens, de ce qui se passe, tout se passe bien. Il va y avoir 0,1 petit couac. Et pendant les jours qui vont suivre, je ne vais voir que le petit couac. L'hypersensible va focusser sur la dimension négative, va oublier tous les aspects positifs, par exemple, et va ruminer très longtemps sur cette dimension-là, en y ajoutant éventuellement de la culpabilité, parce qu'il n'aura pas bien fait, parce que l'hypersensible est souvent perfectionniste, exige beaucoup de lui-même, peut être aussi dans l'exigence des autres du même coup sans s'en rendre compte, Voilà un exemple de comment ça se passe pour l'hypersensible. Il va aussi avoir les sens développés, ultra-développés, avec un sens plus qu'un autre éventuellement, ou deux, c'est-à-dire que, par exemple, le son va être... ça va être quelqu'un qui va être très sensible au son, donc sensible à la musique, des sons discordants, des klaxons de voiture, des travaux chez lui. Cette personne va le vivre beaucoup plus difficilement que quelqu'un qui va être sensible. Donc l'hypersensible a une hyperperception en fait. sur certains sens, pas tous. On voit bien qu'il y a au niveau du ressenti émotionnel, c'est aussi beaucoup dans le corps, il va y avoir des frissons, tout ce qu'on connaît en termes de ressenti émotionnel dans le corps, le poids à la patrine, le poids au plexus solaire, mais ça va être décuplé. l'hypercognition, l'hypersensorialité. Et ce que j'ai découvert aussi, c'est qu'il y a quand même majoritairement une hyper-empathie. Ce sont des gens qui sont en relation facilement avec l'autre parce qu'ils sont en suradaptation. Parce que comme ils ont très vite compris à l'école qu'ils étaient différents, et qu'on a un instinct d'être de rester dans la meute, dans le groupe, d'être intégrés, eh bien on va s'hyperadapter et on va faire comme les autres. Et on va essayer de mettre de côté ce côté hyper. Et donc cette hyperadaptabilité va nous permettre aussi de socialiser d'une façon assez facile. parce qu'on s'adapte à notre interlocuteur d'une façon quasi automatique. Et c'est aussi ce qui va drainer énormément d'énergie et ce qui peut rendre aussi très compliquée la prise de conscience des limites, de savoir dire non, de savoir où notre univers s'arrête et où commence l'autre. Donc il y a une dimension très fusionnelle aussi, qui se retrouve très fréquemment chez les épaires sensibles. Et ça, justement, ça se travaille pour plus de confort.
Il y a d'autres termes qu'on entend souvent comme HPI, haut potentiel intellectuel. Est-ce que tout ça, c'est la même chose ? Quelle est la différence entre le HPI, le Zemre et l'hypersensible, par exemple ?
Je ne suis pas spécialiste des zèbres, ce que je sais puisque j'ai étudié le sujet et j'ai beaucoup aussi étudié les études de certaines consœurs ou confrères. Tous les hypersensibles n'ont pas un haut potentiel intellectuel. Ils ont une tendance à avoir un haut niveau émotionnel, une intelligence émotionnelle forcément, puisque je parlais tout à l'heure de l'hyperadaptabilité. Ce que je sais, c'est que les zèbres sont très très très hypersensibles, parce qu'il y a une perception différente du monde. Et c'est vrai que ce que l'on retrouve chez les hypersensibles et chez les zèbres, ce sont des filtres qui sont différents. Dans l'hypersensibilité, on a des filtres en moins, donc on reçoit l'information plus rapidement et plus intensément. Et chez les zèbres, il y a une rapidité et une abondance d'informations qui sont ensuite à trier. C'est ce qui est utile de savoir pour comprendre notre mode de fonctionnement, quand tout d'un coup on va être une flèche intellectuellement dans certains domaines, et puis dans d'autres on va se retrouver complètement vide, parce qu'en fait il y a une tête surchauffe dans le cerveau, qu'on n'arrive pas à trier l'information, et les réponses vont venir après. Chez l'hypersensibilité c'est aussi ça avec l'excès d'émotion. En tout cas, ce qui est à retenir d'important, c'est que tout hypersensible n'est pas forcément au potentiel zèbre, mais que majoritairement chez les zèbres il y a une hypersensibilité, puisqu'ils sont hyper. Et dans mon livre sur les hypersensibles spirituels, j'ai eu envie de parler de l'hypersensibilité, mais j'ai aussi inclus la dimension hyper, c'est-à-dire l'hyperconscience, L'hypersensibilité sous la forme de l'hyperhumanité, en fait. C'était ça, mon idée, et c'est aussi une hypothèse que je propose.
L'hypersensible spirituel.
Moi, j'avais envie de m'adresser à un profil d'hypersensible, qui sont ces personnes qui ont une dimension philosophique, spirituelle et une conscience écologique aussi. Et c'est vraiment à cette catégorie de personnes que j'avais envie de m'adresser, parce que tout m'y appelait et parce que le fruit de mes réflexions m'ont menée à ce profil d'individu. Et parce qu'aussi, mon hypothèse, c'est que l'évolution de l'humanité, si elle va dans le bon sens, peut être avec une grande majorité de ces humains-là. En fait, je pense que c'est les humains du futur dont je parle, plus qu'une catégorie à part. Il y a beaucoup d'hypersensibles qui sont spirituels sans savoir, parce qu'ils ont une sensibilité qui, sans qu'ils mettent, eux, le mot, s'intéressent spécifiquement à des ouvrages ciblés de développement personnel ou de spiritualité, vont être intéressés par la philosophie et vont avoir un certain nombre de réflexions, et ils sont aussi spirituels.
Les hypersensibles spirituels, vous les appelez aussi ces intuitifs au cœur d'or, un cœur qui peut changer le monde, vous les appelez les gardiens de l'harmonie, de la transition. planétaire, c'est vrai que le monde change à une vitesse phénoménale, il se complexifie. De quoi on parle, en fait ? Être spirituel, ça signifie quoi ? Beaucoup de gens mélangent spiritualité et religion, par exemple, ne comprennent pas toujours ce que signifie être spirituel. Ce n'est pas forcément être en lévitation. On ne parle plus, je crois, de connaissance de soi. Un artisan qui travaille le bois peut développer un fort niveau de spiritualité en devenant expert du travail de son bois, il me semble.
Tout à fait. On a tous une représentation différente. Un mot va représenter différentes choses pour nous, suivant nos filtres, notre culture, notre vécu, etc. En effet, pour certaines personnes, quand on dit spiritualité, ça les renvoie tout de suite à religion, et pour d'autres à ésotérisme. Je n'ai rien contre l'ésotérisme, je n'ai rien contre la religion, mais C'est vrai que, et merci pour votre question Marc, parce que je trouve que c'est important de souligner certaines choses, en tout cas moi aussi j'ai cette vision d'une spiritualité qui est un processus de connaissance de soi et de tendre vers la sagesse autant que faire se peut. Sagesse qui apporte une ouverture de cœur, une ouverture de conscience et une paix intérieure. En tout cas, moi, c'est ce que chaque jour je tente d'appliquer, c'est ma discipline en fait. Je n'aime pas ce mot, mais c'est quand même un peu ça, c'est-à-dire que je n'ai pas envie ou plus envie de tomber dans certains pièges qui nous sont tendus parfois et qui peuvent nous éloigner de nous. Et donc la spiritualité pour moi c'est se défaire d'un certain nombre de croyances limitantes sur soi-même, sur les autres et sur le monde, c'est affiner sa perception, tendre vers une perception un petit peu plus juste, en tout cas moins déformée de la réalité, quoique qu'est-ce que la réalité, etc. Mais disons que pour moi, la spiritualité, c'est en effet comprendre, par exemple, quand s'active ma part d'ego, ce que j'appelle l'ego sombre, parce qu'il y a aussi l'ego lumineux qui est cette confiance en soi qui peut nous aider à tendre vers le meilleur ou à bâtir des projets qui vont servir le collectif, par exemple. Et puis cet égo lumineux peut servir le projet de l'âme par exemple. Donc pour moi la spiritualité par exemple c'est ça, c'est de travailler sur moi chaque jour pour remarquer à quel moment je tends vers le meilleur finalement, et à quel moment je peux avoir des réactivités très basiques. et de les regarder avec bienveillance, ne pas me juger et réaligner les choses, prendre conscience éventuellement de ce que j'ai mis en place, que je n'avais pas encore découvert. Voilà, pour moi la spiritualité c'est ça, c'est vraiment nous permettre de développer des dimensions qui sont endormies mais présentes chez tous et toutes. et de contribuer à un monde meilleur à notre façon, même si c'est une infime part. Et finalement, contribuer à un monde meilleur, je me suis interrogée sur pourquoi les hypersensibles sont à la mode. Je n'avais pas envie de repousser ça d'un verre de manche. Je me suis dit, c'est intéressant de s'interroger sur pourquoi des personnes sont lasses d'entendre ce sujet. Pourquoi, du coup, ils disent que c'est à la mode et ils banalisent la chose. Et donc je me suis dit maintenant je vais regarder en fait ça. Pourquoi on dit que c'est à la mode ? Pourquoi des sujets sont-ils à la mode ? Moi je pense que ça correspond à une évolution dans la société et que l'hypersensibilité touche à beaucoup beaucoup de gens parce que nous sommes dans une société violente, dans une société hyposensible. Un jour m'est venue cette image du monde de demain, et je me suis dit, et si les hypersensibles étaient en fait l'émergence, le début d'une conscience chez les humains ? Une conscience plus fine, plus respectueuse du vivant, qui ne supporte plus la violence, la destruction, la destruction du vivant, l'irrespect. Et cet appel à écrire le livre, ça a vraiment été un appel. Et je me dis tiens, c'est impressionnant de voir que c'était vraiment à une période importante que nous sommes en train de traverser collectivement. Et oui, donc là, il n'y a plus de doute possible, le monde change, nous sommes dans un chaos transformateur. où tout peut se jouer, et à nous tous, tous, tous, tous, à notre échelle, de contribuer le mieux possible, le mieux voulant dire pour le meilleur. Tous ensemble, je suis convaincue qu'on peut construire une société de deux mains qui corresponde à des valeurs de sensibilité humaine, finalement. L'important, je trouve, c'est de pouvoir poser sa pierre à un avenir et au monde de demain, un monde humaniste, respectueux, où on verra vraiment s'incarner des valeurs profondes de bienveillance, de bientraitance, de respect du vivant.
Vous dites justement qu'il est temps de participer à l'émergence d'une humanité consciente, écologiste, humaniste et non violente. Et dans votre livre, vous donnez un mode d'emploi tout hypersensible, spirituel, désireux d'agir dans un monde en devenir. Il y a plusieurs grands axes, donc prendre conscience de son haut potentiel spirituel, comprendre ses spécificités, de nos états modifiés de conscience, faire de son cœur généreux un atout avec l'amour arc-en-ciel, et avancer sur un chemin de sagesse et trouver plus de stabilité émotionnelle, de paix durable. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
J'avais envie de jouer avec la notion de haut potentiel et de proposer qu'est-ce que pourrait être un haut potentiel spirituel. Et parce que j'ai observé chez les personnes que j'accompagne, ceux que j'appelle hypersensibles spirituels, une facilité pour eux à découvrir la méditation, à contempler, à être touché, à accéder rapidement à des concepts philosophiques, à pouvoir les incarner, à comprendre d'une façon naturel, ce qui est un chemin de sagesse et qui serait leur chemin. Et c'est ça qui m'a donné l'envie, l'idée de proposer le haut potentiel spirituel, parce que je suis convaincue qu'il y a certaines personnes qui ont certaines facilités dans ce domaine-là. C'est en tout cas ce que j'ai pu observer chez les personnes que j'accompagne. Et j'avais aussi envie de parler de l'amour, qui est un sujet, c'est le fil rouge de tout mon travail en fait. L'amour sous toutes ses formes, qu'elle soit égotique, purement humaine, avec tout ce qui a de beau et de tourment, et aussi l'amour plus universelle, inconditionnelle, et cette ouverture du cœur qu'on peut ressentir lorsque nous avançons et cheminons dans la pratique spirituelle et l'éveil spirituel. Et j'avais envie de proposer cette vision que j'aime beaucoup, qui a émergé au fur et à mesure de mes accompagnements et de mes réflexions, et aussi de mon parcours de vie. Je suis convaincue que l'amour, en fait, est comme la lumière qui traverse le cristal et qui ensuite se diffracte sous plusieurs couleurs. L'amour, c'est une même énergie qui, à mon sens, est spirituelle, profondément spirituelle, et que l'on va ensuite incarner sous une forme. quelle que soit sa forme. L'amitié, l'amour familial, l'amour pour un enfant, l'amour pour un animal, les animaux, l'amour pour la nature, l'amour pour la terre, l'amour que l'on va mettre aussi dans notre création, dans notre transmission, dans nos gestes du quotidien. Et je trouve ça infiniment poétique en plus, et tellement beau, d'envisager l'existence de cette façon-là. Et je sais que ça parle aux sensibles et aux hypersensibles, en tout cas moi ça me parle et j'avais envie de transmettre aussi à travers mes mots une sorte de saveur, de douceur, parce que dans cette période que nous traversons, on a besoin aussi de trouver des espaces, ressources, des objets relais qui nous ramènent en fait à ces espaces à l'intérieur de nous. Et pour moi, le livre, c'est ça. Il est vecteur d'énergie, de vibration à travers les mots. Et j'avais envie que mon livre...
Je confirme, il se lit très bien. En plus, il a des petits exercices pratiques et très agréables à lire. Sauf entre conseils pratiques et propos poétiques, c'est un très bon moment. Voilà, exactement.
Voilà, donc c'est la poésie et en effet la dimension pratique. C'est vrai que je fais toujours attention, parce que je sais que c'est important, à relier la dimension pratique aux pratiques, parce que nous sommes dans notre quotidien confrontés à un certain nombre de choses. agréable ou moins agréable, et on a besoin de savoir quoi faire à ce moment-là, dans ce quotidien très pragmatique. Et d'apporter aussi de la poésie qui, je trouve, est un pont qui mène à la spiritualité. On peut être très spirituel en étant poétique, en fait. Parce que c'est un regard qu'on va poser sur le monde, c'est une ouverture, c'est aussi une façon de sublimer un réel qui, parfois, va être trop cru. et on a besoin en ce moment de ça. Donc les deux dimensions, j'aime associer vraiment ces dimensions-là, le ciel, la terre, le yin, le yang, le pratique, le poétique, parce que je trouve que ça donne un bon équilibre, en fait, pour réellement, concrètement, incarner notre spiritualité et notre sensibilité au quotidien.
Et alors qu'on soit hypersensible ou pas hypersensible, on cherche tous à avoir des relations épanouissante à donner, à recevoir. On peut aussi vivre des dépendances affectives ou physiques. À quoi est-ce qu'on reconnaît qu'on vit des relations vraies, l'inverse d'une relation toxique ? À quoi est-ce qu'on reconnaît ses vrais amis ? Et comment mieux nourrir et cultiver nos relations personnelles, professionnelles, affectives et même en ligne, pourquoi pas ?
Les relations toxiques nous rendent dépendants. nous font perdre beaucoup d'estime de soi. nous font nous perdre aussi, c'est-à-dire qu'on ne sait plus trop où on en est, on s'adapte constamment, et c'est souvent le cas des hypersensibles, ils vont être dans la suradaptation, donc vis-à-vis d'une personne qui va mettre en place des systèmes relationnels, éventuellement de manipulations avec des intentions spécifiques, dans notre hyperadaptabilité, on va suivre ce mouvement qui ne sera pas forcément celui que nous voudrons, ou en tout cas la relation va s'orienter dans une direction que l'on n'aura pas forcément choisie. Donc à l'inverse, une relation saine, ça va être une relation où on sent qu'il y a une altérité. Déjà, il n'y a pas de dominant-dominé. On va être plus fort sur un point et un peu moins sur un autre parce que chacun a ses compétences, ses personnalités, ses dimensions, etc. Mais il n'y en a pas un qui prend le dessus sur l'autre et l'autre qui se soumet. Donc il y a davantage d'altérité. Il y a une communication. C'est clair, et ça c'est un grand sujet, parce qu'on pense souvent savoir communiquer et en fait non. Ça va être aussi une relation où on ne va pas déduire ce qui n'a pas été dit, imaginer que l'autre pense que, donc ça non, non, non. Une relation saine, c'est une relation où les choses sont dites clairement, où il n'y a pas à essayer de deviner, où on pose une question, on a une réponse claire, si on pose une question claire bien sûr. C'est une relation où on va se sentir libre, alors que dans une relation toxique ou dite pathologique, parce qu'il y a des jeux relationnels qui se jouent, on va se sentir moins libre. En fait, je dirais qu'il y a la relation saine, celle vers laquelle nous pourrions tous aller et entretenir, et parfois il y a des relations qui virent au toxique parce qu'il y a des individus qui ont un profil psychologique qui vont mettre en place des systèmes relationnels de dominant-dominé, manipulation, etc. Mais il y a aussi, moins dangereuse mais quand même à remarquer, des relations où il va y avoir des jeux psychologiques qui vont se mettre en place. C'est-à-dire, par exemple, une personne qui a une forte dévalorisation d'elle-même, parce qu'elle aura eu, par exemple, un parent castrateur. Ça va être une personne qui aura l'habitude d'être dans une forme de suradaptation et de soumission. et qui sera éventuellement avec une peur du rejet. Cette personne-là, à un moment donné de la relation et pas tout de suite, va commencer à mettre en place des comportements qui vont commencer par exemple à nous agacer. pour, elle cherche en fait le rejet pour rejouer son drame. C'est dans des relations comme ça, par exemple, qu'on peut se retrouver et on peut se dire « Ah, elle m'énerve ! » et on culpabilise parce que la personne nous énerve. Alors qu'en fait, c'est elle qui inocule dans la relation sa plus grande peur. Et d'une relation harmonieuse, on va tout d'un coup basculer dans une relation qui se complexifie, dont on n'arrive pas à se sortir parce que la personne est en train de rejouer son drame. D'en avoir conscience peut nous permettre, ensemble, de sortir du système et d'assainir la relation, que la personne de son côté travaille sur cette peur, la mettre de côté, la sorte de la relation, et ainsi retrouver une relation d'altérité. C'est un exemple.
Est-ce que vous pouvez donner un exemple, une manière de chercher le rejet, et des exemples de drame en fait ?
En groupe, c'est ce qu'on peut remarquer dans l'animation de groupe de thérapie, si une personne a une problématique avec la blessure de rejet, elle va amener son drame personnel à l'intérieur du groupe. Tout va bien se passer, elle va créer des alliances, elle va être sympathique auprès majoritairement du groupe, parce que comme elle a peur du rejet, elle est en suradaptation. Donc elle va être hyper sympa, elle va toujours avoir un mot gentil pour tout le monde. Là, elle est incluse dans le groupe, tout va bien. Et puis, comme le groupe traverse différentes choses, qu'il y a des choses qui sont exprimées, le groupe vit. Il a une respiration, une vie. Il y a des moments plus sombres, des moments plus lumineux, des moments plus up et plus down. Et à un moment donné, cette personne-là va exactement dire ce qu'il ne faut pas au mauvais moment. Et elle va couper la parole à une personne ou elle va couper la parole au thérapeute. Ou bien elle va avoir des retards systématiques qui vont agacer le groupe et le thérapeute, c'est-à-dire qu'elle ne va pas respecter le cadre, non pas par amour du conflit, mais parce qu'en fait inconsciemment elle est en train de s'auto-saboter.
Donc ça suffit d'un rejet ?
Voilà, donc le groupe va être énervé ou bien le thérapeute va rappeler le cadre, parce que le cadre il est bon pour tout le monde, il est valable pour tout le monde, et la personne peut comme ça avoir une succession de comportements d'auto-sabotage pour pousser en fait les limites et se retrouver à ce que le groupe ou le thérapeute doivent choisir. Est-ce qu'on garde cette personne dans le groupe parce qu'elle crée une disharmonie ? Ou pas. Bien entendu que c'est dans son imaginaire à elle qu'elle se dit ça, parce qu'en fait, normalement, le thérapeute va amener le sujet, va parler à cette personne en pointant les autosabotages que la personne aura mis en place. Et cette personne finira par dire « mais j'ai tellement peur d'être rejetée par le groupe ». Et en fait, elle aura mis en place des comportements pour susciter l'envie du rejet. Et comme ça, son histoire se répète. Alors pourquoi on fait ça ? Pourquoi est-ce qu'en fait on va susciter chez l'autre exactement ce qu'on redoute ? C'est certainement une façon inconsciente de s'interpeller pour travailler le sujet, c'est aussi parce qu'on fait par habitude, on a des habitudes comportementales, parce qu'on rejoue avec d'autres figures les mêmes jeux qu'avec notre parent initial.
C'est des patterns de répétition.
Des patterns de répétition. Et donc, dans des relations en dehors d'un espace thérapeutique comme celui-là, c'est ce qui peut se produire, c'est-à-dire que la personne va systématiquement faire le truc qui nous agace pour créer une situation où elle pourrait être rejetée. Et donc là, elle va être en mode panique, elle va être encore plus… Alors sur adaptation, ce qui peut aussi nous agacer encore plus. Et donc c'est ça, c'est nécessaire de poser des choses, d'en parler pour stopper les systèmes de jeux psychologiques.
Qu'est-ce que vous dites à quelqu'un qui est bloqué, complètement à l'arrêt ? Quel mot consolateur, aimant et rassurant ?
Ce qui me vient spontanément, c'est tu es merveilleux, nous le sommes tous. Le problème, c'est que bien souvent, nous ne le savons pas. Et donc, tu es merveilleuse, et si toi, tu contactes ça, tu peux traverser ou remettre en route ton élan de vie, ou bien te consoler, ou bien... Voilà. Mais n'oublie pas, en fait, ce que nous avons tous oublié, c'est que nous sommes merveilleux.
Cinq conseils pour transformer ses fragilités en force quand on est hypersensible ? Et la question d'après, ce sera l'inverse. Cinq conseils pour être sûr de tout rater ?
Accepter d'être vulnérable, accepter de se sentir vulnérable parce qu'on peut se sentir vulnérable mais pas forcément être vulnérable. Donc accueillir notre vulnérabilité, c'est accueillir notre humanité. Se souvenir que notre hypersensibilité est en fait un support pour être en relation d'une façon très créative, c'est aussi un ingrédient de créativité. Que l'hypersensibilité est certainement un état de conscience différent et non pas un dysfonctionnement. Un plus. Ce qui le rend encombrant, c'est que c'est un plus dans une société qui n'est absolument pas adaptée à la sensibilité et à l'hypersensibilité, en tout cas pour l'instant. Oser être gentil et se souvenir de poser les limites. L'un doit aller avec l'autre, c'est-à-dire… Se demander non. Voilà. C'est-à-dire, si je sais dire non, je peux davantage être un vrai gentil et ne pas avoir peur de l'être. Parce qu'être gentil, ce n'est pas être un idiot, contrairement aux idées reçues qui traînent dans l'air ces dernières années. Mais notre générosité est vraiment quelque chose de très beau à partir du moment où on connaît ses propres limites et où on sait aussi poser les limites aux autres.
Merci Géraldine. Mais alors à l'inverse, qu'est-ce que vous considérez un hypersensible pour être certain de tout rater ?
De considérer son hypersensibilité comme un dysfonctionnement, que son hypersensibilité est bien la preuve qu'il ne vaut pas grand-chose, que s'il est gentil, c'est qu'il est stupide, que son hypersensibilité, mais je vais reboucler certainement avec le début, que c'est bien la preuve qu'il n'est pas fort, que s'il.
Dit non, c'est qu'il n'est pas généreux ?
Oui, s'il dit non, c'est qu'il est vraiment ingrat, sans reconnaissance, et qu'il a un mauvais fils et une mauvaise fille, parce que c'est ce qui revient souvent, j'ai remarqué. Je ne veux pas être une mauvaise personne, je ne veux pas être un mauvais fils, une mauvaise épouse, un mauvais époux, voilà.
Pour quelle chose ressentez-vous le plus de gratitude dans votre vie ? À qui avez-vous envie de dire merci ?
L'art et la danse et la musique, la peinture, l'art, le cinéma, l'art, c'est vraiment ce qui m'a sauvée dans les périodes difficiles de ma vie. Et c'est ce qui m'a aussi transcendée. Les plus grands moments de mon existence ont souvent été dans une pratique artistique. Et donc, j'ai une profonde gratitude pour les artistes d'hier, d'aujourd'hui, pour mes enseignants de danse, les maestros que je rencontre. J'en rencontre régulièrement chaque année. Ce sont des moments magiques. La vie est merveilleuse avec l'art. Moi, je ne pourrais pas m'en passer.
Avec qui rêvez-vous de prendre un café ?
Il y a deux personnes qui sont venues à mon esprit. Gandhi pour discuter avec lui de la non-violence parce que c'est vraiment un aspect très présent tout au long de l'écriture de ces deux ouvrages et quand je transmets sur le sujet la non-violence, c'est vraiment quelque chose de central et aussi dans ma vie. C'est une valeur pour moi, mais ce n'est pas facile dans notre société. Et j'ai deux, trois petites choses que j'aimerais lui demander, parce que bon, quand même, cette histoire, ça n'a pas trop bien fini avec lui. Voilà. Et donc, j'aimerais lui demander, mais comment vous voyez, en fait, votre fin de vie au regard de tout ce que vous avez construit autour du thème de l'ambiance ? J'aimerais le remercier pour ça aussi, parce que je trouve que c'est un apport immense, surtout pour nous aujourd'hui. Et la deuxième personne, ce serait Proust, pour lui dire un truc. Déjà parce que je suis fan de Proust depuis mon adolescence. C'est un auteur et un univers qui me touchent depuis toujours. Et pour lui dire qu'aujourd'hui il y a des auteurs qui émettent l'hypothèse qu'il aurait été médium, que son hypersensibilité et son hypersensorialité seraient en fait un trait médiumnique. Donc j'aimerais parler de ça avec lui pour voir ce qu'il en pense et l'entendre parler aussi à la fois de l'hypersensorialité, la madeleine, le tilleul, Vermeer, les paysages, la peinture, et aussi la critique sociale et relationnelle des êtres humains. J'aimerais pouvoir parler de ça avec lui et aussi comment notre hypersensorialité peut être un moteur dans notre écriture. Ceux qui écrivent, nous les êtres humains, notre hypersensorialité et notre relation au monde, comment ça peut être notre moteur dans l'écriture et en même temps comment l'écriture peut, il y a un phénomène de boucle là, réveiller chez le lecteur. une conscience des sens et une conscience de la sensorialité quand on est en lien avec la vie. Je trouve qu'il y a un rapport à l'existence aussi qui, au travers de l'écriture, on peut avoir des filtres qui intensifient la beauté des choses. Je trouve que c'est magnifique, c'est un don C'est un magnifique don qu'ont fait les auteurs de transmettre ce changement de perspective sur le monde.
Quel conseil ou petit exercice simple et concret pouvez-vous proposer à ceux qui nous écoutent pour commencer à introduire le changement et améliorer tout de suite leur vie et leur quotidien ?
C'Est de ne pas oublier que dans le regard des autres, il y a leur projection sur nous, que nous, nous projetons aussi notre univers, nos croyances, nos convictions, mais que les autres projettent leur propre réalité. On a tous une réalité virtuelle. Ça, ça aide à ne pas toujours s'associer à ce que les autres en voient de nous, ou bien ça nous permet de dépasser le regard de l'autre et de se réconcilier davantage avec soi. Et puis ça nous permet aussi de travailler, de balayer devant notre porte parce que nous aussi nous faisons des projections. Mais voilà, de ne pas oublier qu'il n'y a pas que nous qui faisons des projections, les autres en font sur nous. Et si on met ça de côté, déjà c'est plus léger.
Le Dalai Lama dit que le vrai héros est celui qui vainc sa propre colère et sa haine. Pour vous, qu'est-ce que cela signifie, être l'héroïne ou le héros de sa propre vie ?
C'est réaliser ses rêves et c'est, pour revenir à ce que vous venez de dire, en effet, on est vraiment des super héros quand on reconnaît les pièges relationnels qui pourraient nous entraîner dans des relations destructrices, violentes, où nous-mêmes, nous pourrions être bousculant, rabaissant, rejetant, ignorant, etc. Ça, c'est de la violence, finalement. Donc, être l'héros de sa vie, c'est voir arriver les moments pièges et hop, faire un pas de côté et se dire, cette fois, je ne suis pas tombée dedans. Mais bien sûr, avant, on est tombé dans le piège, parce que c'est comme ça qu'on apprend ensuite les reconnaître. Et comment on peut aussi, face à des choses qu'on a à dire qui ne sont pas faciles à certaines personnes, comment on peut les dire ? En fait, avec le temps, je me suis rendu compte qu'on peut tout dire, tout dépend comment on le dit. Et si on le dit avec authenticité et aussi qu'on comprend de quoi a besoin l'autre, on peut offrir une parole qui correspond davantage à là où en est la personne. Et je trouve que ça, c'est héroïque aussi, parce que c'est très difficile. C'est tenir compte de soi et c'est tenir compte de l'autre. C'est ce que j'appelle la noblesse de cœur, c'est-à-dire être noble, être droit et en même temps être généreux. C'est ça être un héros, c'est être noble, être droit, être dans cette assertivité et en même temps dans cette conscience, cette générosité.
Pour vous, qu'est-ce que la force d'âme ?
C'est la conscience. C'est avoir conscience que nous ne sommes pas qu'un petit « je suis ». qu'il y a une conscience plus large, qu'il y a une partie de nous qui sait tout, que nous sommes passés par une sorte d'été noir qui a réduit notre conscience, parce que dans cette réalité-là, nous sommes dans un état collectif de conscience qui est ce qu'il est, mais qu'en fait nous sommes bien plus grands en termes de conscience. La force d'âme c'est la conscience, la conscience de ce qu'on met en place, la conscience de ce qui se passe, cette acuité à percevoir des subtilités, c'est la conscience de notre chemin de vie, c'est la conscience de nos erreurs et c'est aussi l'amour qu'on peut porter comme regard bienveillant sur les erreurs qu'on a pu commettre. La force d'âme c'est ça, c'est de ne pas oublier qu'en fait on a une âme, c'est ça la force d'âme, c'est cette conscience de l'âme.
Indine, merci beaucoup.
Merci Marc, un grand merci.
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