La question amoureuse - la force des hypersensibles

French YouTube interview with psychopraticienne and author Géraldyne Prévot Gigant (hosted by Adine). The guest describes her five books (self-help exercise series and Le Grand Amour), the origin and format of a long-running women-only group (three-hour workshops held monthly across a school year, created ~16 years ago), her therapeutic method for individuals (in-person and Skype), and her specialization in accompanying hypersensitive/high-potential persons. Central themes: dependence affective (emotional dependency), the value of hypersensitivity as a creative strength, romantic approaches to love (not pathologizing passion), and societal loneliness despite abundant communication.
Questions this video answers
More than 20 years.
Five (including titles such as 50 exercices pour sortir de la dépendance affective and Le Grand Amour, Se préparer à la rencontre).
About 16 years ago (from the time of the interview).
Three-hour sessions, held one to two times per month over a school year.
Italian, Spanish, and Russian (Le Grand Amour noted as translated into Italian this year).
Bonjour Géraldine Préau-Gigant.
Bonjour Déborah.
Merci de nous accueillir aujourd'hui au sein de votre cabinet à Paris. Vous êtes psychopraticienne depuis plus de 20 ans, auteure de 5 ouvrages dont notamment 50 exercices pour sortir de la dépendance affective chez Erol, également Le Grand Amour, Se préparer à la rencontre chez Odile Jacob. Alors vous êtes à l'initiative de groupes de paroles pour les femmes. Comment est venue l'idée de cet atelier il y a déjà 16 ans ?
Je animais un atelier mixte un week-end et ce jour-là, il y avait une proportion plus grande de femmes et c'est à ce moment-là que je me suis dit tiens, je serais très curieuse de voir ce qui se passe lorsqu'il y a uniquement des femmes et absolument aucun homme. Et quand j'ai eu cette idée, vraiment ça a été... Je sentais qu'il y avait quelque chose de passionnant à vivre. Et donc j'ai créé juste un atelier un soir de trois heures pour voir. Pour voir ce qui se passait, pour voir comment je le sentais, pour voir si ça plaisait. Voilà, pour faire juste cette expérience une fois. Et ce qui s'est passé, bien entendu, a été passionnant. Les femmes ont beaucoup plus parlé que lorsqu'il y avait des hommes, de sujets typiquement féminins, de peurs, de blessures, d'histoires personnelles. Elles sont allées beaucoup plus loin. Et ces trois heures avaient été tellement riches et passionnantes que j'ai proposé à ces femmes de venir régulièrement. J'ai déjà proposé à ce moment-là un groupe continu. Et puis, après quelques ateliers, je me suis dit j'ai envie de donner un nom à ce groupe, donc j'ai fait simple, Groupe de Paroles pour les Femmes, et voilà, et depuis ce groupe existe, donc les personnes sont différentes, mais le concept s'est peaufiné, s'est étoffé, enfin voilà, j'ai développé de plus en plus ma manière de travailler, mon approche, et j'ai créé donc tout tout un processus d'accompagnement pour les femmes dans un atelier de trois heures réguliers, une à deux fois par mois sur une année scolaire.
Avant de parler de l'accompagnement des personnes, je voudrais qu'on parle de vos différents ouvrages. J'en ai cité deux. Est-ce que vous pouvez nous parler des autres ?
Alors le premier était 50 exercices pour développer son charisme. Ensuite, il y a eu 50 exercices pour apprendre à méditer, 50 exercices pour sortir du célibat, et 50 exercices, vous l'avez cité, pour sortir de la dépendance affective. Et le dernier, le grand amour, se préparer à la rencontre, qui a un grand succès. Il a été en rupture de stock, réédité, voilà, en plusieurs langues aussi. Alors il est traduit en italien, absolument, il est sorti en italien cette année, tout à fait, et les autres sont aussi traduits en italien, espagnol et russe. Donc ce sont des ouvrages qui sont plutôt de développement personnel, mais dedans, je soulève quand même des points, notamment pour sortir de la dépendance affective, je soulève quand même des points importants, j'aide la personne à se poser des bonnes questions concernant ses relations, concernant La relation qu'elle peut avoir à elle-même, à la vie, donc c'est...
C'est que la personne est plus acteur ?
Oui, exactement, puisqu'il y a aussi les exercices qu'on doit mettre en pratique dans la vie de tous les jours. Et ce que les personnes me disent aussi, c'est qu'il y a des exercices sur lesquelles elles butent. C'est-à-dire, je ne sais pas quoi répondre. Et là, c'est intéressant. Quand on n'arrive pas à faire un exercice, c'est que, justement, il vient nous chercher quelque part là où il y a vraiment des questions à se poser, là où il y a des blocages, là où ça demande à être travaillé, à être conscientisé.
Vous accompagnez les personnes en individuel, de façon physique et aussi virtuelle, par Internet, par Skype. Comment se déroulent vos séances ?
J'ai mis au point, au fur et à mesure des années, ma méthode sans vraiment me rendre compte. C'est-à-dire que ça a été le résultat de toutes les formations que j'ai suivies et aussi le résultat de toutes ces années où j'ai accompagné toutes ces personnes.
Une réponse à un besoin aussi actuel.
Une réponse à un besoin actuel, tout à fait. En fait, la personne arrive avec ce qu'elle est, sa personnalité, ce dont elle a besoin, sa situation. Et j'écoute déjà tout ça, c'est-à-dire je recueille les informations, j'écoute la situation, comment la personne s'exprime, ce qu'elle dit, ce qu'elle dit pas, avec émotion, sans émotion, les questions qu'elle se pose. toutes ces informations, je les absorbe et ensuite je vais l'accompagner sur le chemin quel qu'elle souhaite avec des questions ou en pointant certaines choses parfois nous sommes dans des incohérences parfois nous sommes dans des paradoxes ou nous avons énormément de croyances limitantes qui nous font voir le monde d'une certaine façon et nous voir nous-mêmes d'une certaine façon Donc là, je les aide à prendre conscience de tout ça. En fonction de ce qui émerge, en fonction de ce qu'elles disent, je vais donc leur permettre de creuser, d'aller voir là où ça bloque, de découvrir quelles sont les blessures qui n'ont pas été guéries aussi. Et ce qui est important également, c'est la relation qui va se tisser au fur et à mesure dans le temps entre nous. La relation de confiance, la relation de bienveillance de mon côté aussi. Je leur dis souvent, vous savez, On fait équipe, c'est pas moi qui sais et vous qui ne savez pas. En fait, vous savez plein de choses sans le savoir, c'est dans votre inconscient. Moi, j'ai des cartes, en fait, comme des cartes routières, donc je connais un peu plus le terrain, mais en même temps, on fait équipe et on fait un voyage à votre rencontre. Donc, s'il n'y en a pas une qui sait plus que l'autre, s'il n'y en a pas une qui va prendre en main plus que l'autre, on travaille ensemble, on co-crée. Et ça, c'est très encourageant aussi pour les personnes que j'accompagne parce qu'elles se sentent vraiment accompagnées, elles se sentent aussi être actrices du processus.
Ça, je pense que c'est très important.
Oui, absolument. se sentir acteur du processus et en même temps accompagné sans tomber dans la dépendance justement exactement, sans tomber dans la dépendance, sans se laisser porter parce qu'après Quand on est co-créateur avec le thérapeute et qu'on est acteur, quand on arrive en fin de processus et qu'on a réglé ce qu'on avait à régler, on est fier parce qu'on a participé au processus. C'est à nous, en tant que patient, qu'on le doit. Et ça, ça fait aussi partie des bienfaits de la thérapie.
Vous avez une spécialité, c'est l'accompagnement des femmes et de la question amoureuse, on l'aura bien compris, mais également des personnes hypersensibles. Alors pourquoi ces choix, ces orientations ?
En fait, ces personnes sont venues à moi. J'ai l'air très sûre de moi, mais je suis une hypersensible. Et je pense que les gens le sentent, les hypersensibles le sentent. J'ai remarqué que j'avais beaucoup de personnes hypersensibles. Alors souvent, on pense que les hypersensibles, ce sont des timides, introvertis, qu'on n'entend pas, qu'on ne voit pas. Mais en fait, bien souvent, Les hypersensibles sont des personnes très créatives. Les hauts potentiels, les zèbres, sont des personnes souvent hypersensibles. Et ces gens-là me passionnent, m'intéressent, parce que forcément on rentre en connexion, on est vraiment sur la même longueur d'onde. Et je me suis aperçue que j'avais de plus en plus ces personnes-là. Et c'est un travail formidable qu'on fait ensemble parce que bien souvent, ces personnes prennent conscience dans le travail que l'on fait de leur créativité, prennent conscience que leur hypersensibilité est une force. Donc moi, c'est tout le travail que je mets le cœur à l'ouvrage pour leur faire prendre conscience de ça, que cette hypersensibilité n'est pas à cacher, n'est pas à faire taire, n'est pas à étouffer, mais bien au contraire, à assumer. parce que c'est ce qui montre ou c'est la preuve qu'on est quelqu'un de différent. Et selon moi, les personnes différentes dans notre société, on en a besoin. On a besoin de ces personnes-là, de ces hypersensibles, de ces créatifs, sans forcément être des artistes. On peut être créatif dans sa vie de tous les jours, c'est-à-dire ces êtres qui voient différemment, pensent différemment, ont une manière différente d'entrer en relation avec autrui, d'entrer différemment en relation avec le monde.
Et d'assumer une différence ?
D'assumer une différence, ça c'est fondamental. D'assumer leur différence et de réaliser qu'en fait c'est une forme de sagesse. Ça c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur et qui m'enthousiasme. En fait je reçois beaucoup en accompagnant ces personnes-là. Il y a un partage d'une richesse et d'une beauté vraiment incomparable.
Justement, j'aurais une question un peu indiscrète, c'est quoi votre motivation au quotidien ?
Ma motivation au quotidien, c'est ça, c'est d'aider, de permettre aux gens, en fait voilà, c'est ça, de permettre aux gens de découvrir qui ils sont, de permettre aux gens d'aimer qui ils sont. et en aimant qui ils sont, de développer pleinement leur potentiel, donc être libre d'être eux-mêmes. Ça c'est vraiment important selon moi, c'est-à-dire qu'on est dans une société qui prône la liberté, mais finalement beaucoup de gens ne se sentent pas libres d'être eux-mêmes. Ils sentent qu'ils retiennent certaines énergies, qu'ils retiennent certaines envies, qu'ils retiennent certaines idées, certaines créativités et n'osent pas vraiment laisser s'exprimer pleinement cette énergie de vie. Et oui, ce qui me motive c'est ça, c'est de leur permettre vraiment de pouvoir s'épanouir et réaliser qui ils sont fondamentalement.
Toutes ces thématiques sur la dépendance affective, sur l'accompagnement, c'est un sujet d'actualité selon vous ? Par rapport à notre société ?
Oui, les gens ont de plus en plus besoin d'être accompagnés parce que dans notre société où il y a énormément de communication, on n'a jamais autant pu communiquer si rapidement, si facilement. et bien justement, on est très seul. C'est-à-dire qu'il y a une grande facilité de communication et finalement, les gens se sentent très seuls.
En fait, ça ne nourrit pas vraiment nos besoins intérieurs.
Non, absolument. Il y a vraiment un paradoxe dans notre société où en effet, il y a des besoins de surface auxquels cette technologie va répondre Et du coup, il y a ce besoin fondamental de la richesse de la relation, de l'enrichissement de la relation, c'est-à-dire que le partage, l'échange, la communication directe, comme on le fait là, apporte à plein de niveaux dont nous ne sommes pas forcément conscients aussi. Et les personnes aussi ont besoin d'apprendre ou de réapprendre ou de découvrir qu'est-ce que réellement être en lien avec l'autre ? Qu'est-ce qu'être réellement en communication avec l'autre ? On a besoin d'apprendre ou de réapprendre la richesse des mots, l'importance des mots, l'importance aussi de dire à l'autre ce qu'on pense, ce qu'on ressent, Je trouve qu'on est dans notre société finalement assez timide pour dire à quel point on apprécie, on aime, on complimente peu.
On est aussi schématisé par rapport à une éducation.
Tout à fait.
Donc c'est ce qu'on essaie de réapprendre à travers ces apprentissages. Absolument. Moi, il y a une question qui me vient, pourquoi vous et pas un autre professionnel ? Qu'est-ce qui vous différencie des autres ?
Ma personnalité déjà et je pense qu'en effet oui, ma manière d'aborder les êtres et ma manière d'aborder le sujet de l'amour et de la sensibilité, on l'a vu à l'instant. Mais ma manière d'aborder l'amour aussi est certainement différente, c'est-à-dire que je n'aborde pas le sujet de l'amour sous l'angle pathologique, névrotique. On va bien entendu parler des troubles de l'attachement, de la dépendance affective, etc. Mais j'aborde l'amour sous l'angle du romantisme, c'est-à-dire que le romantisme a sa place. Ça n'est pas forcément une pathologie. La passion a sa place, tout dépend laquelle. Il y a les passions qui détruisent, il y a les passions qui construisent, il y a les passions qui portent, il y a les passions qui galvanisent, il y a les passions qui nous nourrissent, qui révèlent le meilleur de nous-mêmes par exemple, c'est un exemple. Donc j'aborde le sujet de l'amour sous des angles un petit peu différent, moins calibré, moins schématisé, moins cadré, psycho-psycho. Et je pense que c'est ce qu'aiment les gens. Les gens aiment ça. Les gens aiment qu'on puisse aborder le sujet de l'amour sous un angle différent. Ils sentent qu'ils peuvent aimer que l'amour n'est pas pathologique à partir du moment où l'amour ne fait pas mal. Et en fait, c'est ça à ce qu'on travaille ensemble avec les personnes que je reçois, que j'accompagne. Ces personnes-là arrivent avec des blessures liées à l'amour, qu'il y ait l'amour dans leur vie, que ce soit une période de célibat, peu importe la situation. Ces personnes souffrent d'aimer ou d'avoir perdu l'amour. Et le travail qu'on va faire ensemble, finalement, c'est de les accompagner vers un amour qui les épanouisse. Donner, recevoir, être heureux, être aux côtés de quelqu'un qui leur donne autant que ces personnes donnent. C'est vers cet amour-là que l'on va.
Chère Adine, je vous remercie pour cet entretien.
Merci.
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