L'engagement en travail sur soi pour les dépendants affectifs. Pourquoi c'est difficile.

Vidéo monologue de Géraldine Prévost-Gigant (psychopraticienne) expliquant pourquoi l'engagement en psychothérapie et en relations amoureuses peut être difficile pour les personnes souffrant de dépendance affective. Elle décrit profils et peurs (peur de l'abandon, dévalorisation, peur de l'échec), souligne l'importance du choix d'une approche thérapeutique relationnelle/humaniste et encourage à chercher un thérapeute adapté pour favoriser l'autonomie relationnelle.
Bonjour à vous, Géraldine Prévost-Gigant, psychopraticienne et spécialiste de la dépendance affective. Je profitais de la fin d'une journée de consultation pour vous faire une petite vidéo. Déjà, je voulais vous remercier de vos nombreux feedbacks. Je sais, parce que vous me le dites et vous me l'écrivez, que mes vidéos vous aident beaucoup. vous apportent du soutien, vous permettent de réfléchir, et pour les personnes qui sont en consultation avec moi, cela vous permet d'avoir un relais entre nos rendez-vous et nos rendez-vous. Alors aujourd'hui j'avais envie de faire suite en fait à la vidéo que j'ai enregistrée il y a quelques semaines à propos de la dépendance affective et la psychothérapie. Donc j'ai eu pas mal de retours très positifs à propos de cette vidéo que j'ai enregistrée pour vous où je soulignais l'importance de l'accompagnement psychothérapeutique pour les dépendants affectifs. J'avais aujourd'hui envie d'aborder la notion d'engagement. Alors, d'engagement en psychothérapie pour les dépendants affectifs, concernant les dépendants affectifs. En fait, on pourrait penser que les dépendants affectifs n'ont pas de problème d'engagement puisqu'ils ont une telle demande de lien, un tel besoin relationnel qu'on serait rapidement amené à faire cette conclusion que le dépendant affectif n'a pas peur de s'engager. Eh bien, en fait, C'est une idée un petit peu reçue et un petit peu toute faite parce qu'il y a plusieurs profils de dépendants affectifs et ça pourra être l'occasion d'une vidéo prochaine, je ne m'étendrai pas sur cet aspect mais disons que il y a un profil de dépendants affectifs ou deux qui a un problème avec l'engagement principalement en psychothérapie mais aussi en relation amoureuse. Donc en fait, le dépendant affectif, il a l'habitude de quoi ? Il a l'habitude que ça se passe mal dans ses relations, il a la hontise de l'abandon et parfois il en a tellement peur qu'il va créer le rejet chez les autres personnes, ce qui va l'amener à être à nouveau dans une situation où il se sent abandonné et où il l'est parfois réellement parce qu'il aura poussé tellement les personnes dans leur retranchement avec cette peur qu'il va obtenir ce qu'il redoute le plus. C'est ce qui peut expliquer la peur de l'engagement, c'est-à-dire que si je suis dépendant affectif, je vais avoir peur de m'engager dans une relation parce que, d'une part, j'ai peur de souffrir, mais surtout, j'ai peur que ça finisse. Donc, autant ne pas rentrer dans cette relation. Concernant l'engagement dans la psychothérapie, ça peut être aussi très compliqué pour certains dépendants affectifs qui sont en fait en mode passif. C'est ok de rechercher chez son thérapeute la mère bienveillante, le père présent... de tout chercher et de trouver un regard qui a manqué dans notre enfance. C'est OK, mais attention, ce qui va être important, c'est que le thérapeute veille à ce que cela soit réparateur pour son patient, mais qu'à un moment donné, ensemble, ils puissent co-créer une autre forme de relation pour que le dépendant affectif apprenne à vivre ces relations différemment, apprennent à être dans une relation adulte à adulte. Ceci ne sera possible que si on a travaillé en amont les blessures de l'enfant, que si on a travaillé ensemble certaines situations, que si le patient prend conscience de ce qu'il met en place avec son thérapeute et ce qu'il met en place aussi dans sa vie de tous les jours. La peur de l'engagement en thérapie pour un dépendant affectif, ça peut être aussi la peur de l'échec, parce qu'il y a une telle dévalorisation de soi, il y a un tel non-amour de soi, qu'il y a la peur que ça ne marche pas. Parce que dans cette dévalorisation de soi, bien entendu, le dépendant affectif va se dire qu'il est le cas désespéré, que le thérapeute ne pourra pas aider. De tous, il va être celui pour qui on ne peut rien. C'est une croyance particulièrement limitante et particulièrement handicapante dans le processus de thérapie. Donc, si je résume, il y a celui qui est dans une telle dévalorisation de lui-même qu'il est persuadé que ça ne marchera pas. Il y a celui qui est tellement persuadé qu'il va être abandonné qu'il n'entre même pas dans la relation. Alors, ce qui est important pour les dépendants affectifs qui ont envie de rentrer en thérapie mais qui ont peur, sachez qu'il est indispensable que vous puissiez déjà être conscient du choix de la méthode thérapeutique. C'est-à-dire qu'il y a des approches thérapeutiques différentes où la posture du thérapeute va être différente et où ce qui va se co-créer entre vous et le thérapeute va être différent. Donc moi je vous invite à privilégier les thérapies où il y a du lien, c'est-à-dire où des thérapies humanistes, des thérapies conversationnelles, ça n'est pas une conversation de salon, mais c'est un échange puisqu'on co-crée ensemble. Moi, le travail que je propose repose sur une approche humaniste. J'ai une spécialité par rapport au trouble du lien, donc je sais à quel point la qualité relationnelle qu'on va mettre en place, moi et la personne qui vient me consulter, ce qu'on va mettre en place tous les deux et toutes les deux, c'est quelque chose qui va participer au mieux-être de la personne qui vient me consulter. Donc c'est excessivement important. La qualité relationnelle, la confiance qui va s'établir entre vous et moi, la liberté de parole et l'entente, c'est-à-dire la sympathie qui va circuler entre vous et moi, va être primordiale parce qu'il va y avoir un climat de confiance et une qualité relationnelle que vous allez découvrir et vous allez pouvoir expérimenter une approche qui repose sur la qualité du lien. C'est extrêmement important. chacun reste à sa place, je suis toujours l'accompagnante en thérapie, vous êtes toujours la personne qui est accompagnée, on ne dépasse pas les limites, on ne sort pas du cadre mais il y a un climat humaniste il y a un réel accompagnement de votre personne il y a une réelle considération de qui vous êtes de votre personnalité de votre histoire et mon analyse mes interprétations, mes invitations à certains exercices mes éclairages sur certains de vos comportements et mes invitations à des changements de comportement notre exploration ensemble de votre histoire passée et les liens qu'on va pouvoir mettre en place. Tout ça, cette danse à deux, va vous permettre petit à petit de vous sentir non plus victime de votre situation, mais acteur de votre vie. Et ça, c'est vraiment, moi, mon moteur dans l'accompagnement, c'est-à-dire que je réponds aux besoins de la personne, je l'accompagne dans ce processus que je connais bien et je l'amène petit à petit à devenir acteur, actrice de sa vie, autonome et à trouver un équilibre relationnel. Donc voilà tout l'intérêt, chers dépendants affectifs, à consulter. Pas n'importe quelle orientation thérapeutique. C'est important, encore une fois, je le souligne, de ne pas avoir peur de vous engager et de vous engager avec quelqu'un avec qui vous vous sentez bien. Alors moi-même, je n'accompagne pas toutes les personnes, c'est-à-dire que comme dans la vie, il y a des gens avec qui ça fitte et des gens avec qui ça fitte pas. Il y a des gens avec qui il y a quelque chose qui se passe de super, et il y a des personnes avec qui, voilà, on n'est pas fait pour s'entendre, donc il faut savoir l'un et l'autre, le reconnaître. et il faut aussi savoir l'un et l'autre connaître quand ça se passe bien et prendre conscience que c'est une chance inouïe que de pouvoir bénéficier de ce climat relationnel qui va nous permettre de faire tout un travail qui va vous mener vers l'autonomie. Voilà, j'espère que ceci va vous permettre éventuellement de sauter le pas et d'aller consulter un confrère ou une consœur spécialisé en dépendance affective. J'espère que ça peut vous permettre de démystifier le processus de thérapie. Sachez qu'on ne s'en sort pas tout seul de la dépendance affective et que rien de tel qu'un accompagnement avec un professionnel humaniste, chaleureux et empathique pour pouvoir s'en sortir d'une façon, comment dirais-je, agréable car au bout d'un moment la thérapie devient un vrai bonheur. Voilà, c'est ce que j'avais envie de vous transmettre. Prenez bien soin de vous, à bientôt.
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