In this French-language monologue, 64‑year‑old dairy farmer Guy Giraud describes how his farm, the Ferme des Délices Forésiens, integrates tourism, renewable energy, and agroecological practices to address water sustainability and climate change. He recounts the creation of a methanisation plant in 2015 that converts cow manure into biogas, electricity and heat for the farm and the grid. He explains the farm’s shift to almost total no‑till on its 245 ha, saving diesel and labour, and the annual planting of 500 m of hedges with local schoolchildren, whose pruned wood is turned into bedding that returns organic carbon to the soil, reducing chemical inputs. These practices contribute to a 30 % reduction in water use. Since 2013, he has helped form an association of 80‑100 farms to replace groundwater irrigation with water drawn from the Loire River via a hydro‑electric dam, protecting aquifers and ensuring water access for young organic growers who struggle to obtain loans. Throughout, he emphasizes the essential role of farming in feeding people and calls for greater recognition of the sector’s contributions to sustainable development.
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Bonjour, Guy Giraud, je suis agriculteur et producteur de lait depuis 1982, j'ai 64 ans et l'objet de mon intervention va porter sur l'eau et plus largement le développement durable. Aujourd'hui, c'est près de 20 000 personnes qui ont franchi les portes de la ferme des Délices Forésiens avec son produit phare, donc l'été, qui est un labyrinthe de maïs. En 2015, un voisin, Lionel, nous a également rejoint avec son exploitation, ses vaches, de façon à faire un groupement un peu plus important avec lequel on a pu concrétiser un projet de méthanisation qui était en sommeil depuis plusieurs années. Ça a permis de faire fonctionner un moteur biogaz qui en fait travaille avec— c'est de la bouse de vache qui fermente et qui va produire du méthane. Et ce méthane va alimenter un moteur qui entraîne une génératrice pour produire de l'électricité qui est revendue ou autoconsommée. De la chaleur qui est elle aussi essentiellement autoconsommée. Depuis une quinzaine d'années, Charles a beaucoup travaillé sur le non-labour. C'est une des parties importantes de l'exploitation puisque sur les 245 hectares, pratiquement la totalité aujourd'hui n'est plus labourée. Donc ça permet de gagner beaucoup de temps dans les différents travaux de la ferme puisque plus de labour, ça veut dire beaucoup d'économies de gasoil et Depuis 2020, avec la participation des enfants des écoles voisines, nous plantons autour de 500 mètres de haies chaque année, mais celles-ci doivent être entretenues. Ainsi, lorsque nous taillerons nos haies et les arbres, le bois sera broyé et ces plaquettes de bois seront ensuite utilisées pour créer les litières des vaches. Cette litière enrichie donc par les bouses, qui est un excellent engrais, sera ensuite restituée au sol, lui apportant ainsi de la matière organique et du carbone. Ce cercle vertueux permet d'obtenir un sol vivant, bien équilibré. Un sol en bonne santé permet de réduire l'apport de produits phytosanitaires et d'engrais chimiques. Il s'intègre pleinement dans la démarche agroécologique et de développement durable déjà en place sur notre exploitation. L'agroécologie est un levier important dans notre combat contre le réchauffement climatique et l'économie d'eau. C'est près de 30 d'eau qui sont ainsi économisés chaque année. Pour finir enfin, toujours lié à l'eau, depuis 2013 nous avons constitué une association avec nos collègues agriculteurs. C'est près de 80 à 100 exploitations qui se sont regroupées. Ce projet est en fait d'arrêter, pour ceux qui irriguent, de pomper dans les nappes, dans la nappe, afin de la préserver et de reporter ce pompage vers le fleuve Loire qui est pas très loin, via un barrage hydroélectrique qui est à 25 km au-dessus de chez nous. C'est un projet territorial que nous aimerions mettre en place afin d'apporter l'eau non seulement pour ceux qui irriguent, mais surtout pour ceux qui n'irriguent pas, car il y a un certain nombre d'exploitations, notamment des exploitations en bio, des jeunes qui se sont installés, qui n'ont pas l'eau et qui, avec des vagues successives de sécheresse, se font beaucoup de soucis sur la pérennité de leur exploitation. Il faut savoir qu'aujourd'hui les banques s'interrogent beaucoup sur l'installation des jeunes, car ils prêtent de préférence à ceux qui irriguent. Nous, on souhaiterait quand même donner la chance à tout le monde, que tout le monde ait l'eau pour pouvoir continuer à travailler sur les exploitations, produire du fourrage pour alimenter les bêtes et être surtout autosuffisant en termes d'alimentation. Je rappelle quand même que notre métier, c'est un métier formidable qui a pour but de nourrir les humains et on mérite, je pense, beaucoup de considération. Et c'est pour ça aujourd'hui que je vous parle. Merci, à bientôt.