Supply Chain 2025 : performante, agile… et circulaire ?

The dialogue between two speakers explores how supply‑chain management must evolve by 2025 to balance performance, agility and sustainability. Three strategic pillars are examined: (1) transport optimisation – rising fuel costs, urbanisation and geopolitical instability push firms to adopt Transportation Management Systems (TMS), multimodal routing, freight‑exchange platforms, AI‑driven planning, yard‑management and electric or cargo‑bike last‑mile solutions; (2) circular logistics – regulatory bans on waste, the boom of second‑hand markets and consumer demand for repairable products force companies to design reverse‑flow processes, dedicated re‑conditioning centres, multi‑local sorting hubs, and to track products across multiple lifecycles using WMS, blockchain or RFID, while managing the paradox that poorly designed returns can increase emissions; (3) omnichannel/e‑commerce – the rise of click‑and‑collect, ship‑from‑store, dark stores and high return rates requires real‑time stock visibility across channels, integrated WMS/TMS/OMS, AI‑based demand forecasting and sustainable packaging and delivery fleets. Throughout, concrete case studies (a biomass company moving from Excel to a collaborative web platform, an electrical distributor improving end‑to‑end visibility with an advanced TMS, an Italian retailer launching a dark‑store for fresh food, a Spanish distributor gaining 30 % productivity with a new WMS, and a French 3PL reducing cost and carbon footprint) illustrate the levers in practice. The speakers conclude that these three inter‑connected transformations demand a strategic, data‑driven vision, cross‑functional collaboration and technology that can communicate across the chain, turning regulatory and environmental constraints into competitive advantages while hinting at future networked logistics models.
Chapters
Bienvenue dans cette exploration approfondie de la supply chain en 2025. C'est un domaine qui est vraiment au cœur de tout aujourd'hui: économie, environnement, technologie.
Oui, tout s'y croise.
Exactement. Les entreprises, elles naviguent entre la pression sur les coûts, une transition écologique qui, bon, s'accélère, et puis des clients aux habitudes d'achat qui changent complètement.
C'est ça.
La mission: jongler entre performance, souplesse et durabilité. Aujourd'hui, bon, à partir des documents qu'on a pu consulter, on va se concentrer sur 3 priorités, 3 points clés qui ressortent pour la logistique de demain.
D'accord.
On va parler optimisation du transport, l'essor de l'économie circulaire et puis les impératifs de l'omnicanalité face au e-commerce. L'idée, c'est de saisir un peu les transformations clés pour une supply chain plus agile, plus résiliente et plus responsable à long terme.
D'une véritable refonte pour intégrer la durabilité comme un critère de performance à part entière et aussi pour répondre à des attentes clients qui ont fondamentalement changé.
Oui.
La performance classique, tu sais, mesurée en coûts et délais, elle doit maintenant composer avec l'agilité nécessaire pour naviguer dans un monde incertain et puis un engagement environnemental qui soit concret, quoi, vérifiable.
C'est un sacré défi d'équilibriste, comme tu dis.
Ah oui!
Commençons par le transport. Alors là, c'est un secteur vraiment secoué.
C'est le moins qu'on puisse dire.
Entre la flambée des carburants, la digitalisation qui change un peu les règles du jeu et puis la pression environnementales qui montent.
Sans oublier les villes.
Oui, l'urbanisation galopante qui force à repenser les flux en ville ou même l'instabilité géopolitique. Enfin, ça fait beaucoup.
Ça fait beaucoup, oui.
Et l'optimisation, du coup, elle doit toucher toute la chaîne livret, depuis l'approvisionnement initial jusqu'à la livraison finale, en passant par les mouvements entre sites.
Et quand ce n'est pas optimisé, les conséquences sont immédiates et multiples. D'abord, les coûts qui s'envolent.
Les fameux kilomètres à vide.
Exactement. Ces kilomètres à vide, c'est symptomatique d'une mauvaise coordination. Et ça, ça pèse lourd sur la rentabilité.
J'imagine.
Ensuite, l'impact écologique est majeur. Une flotte mal utilisée, des itinéraires pas optimisés, bah c'est une empreinte carbone inutilement élevée. Alors même que les réglementations type ZFE, là, les zones à faibles émissions, se durcissent.
Oui, ça se multiplie partout.
Il y a aussi le risque constant de retard ou de rupture ruptures de livraison. Et ça, ça dégrade directement l'expérience client.
Forcément.
Et n'oublions pas le fameux dernier kilomètre. Cette étape finale en ville, souvent congestionnée, c'est la plus chère et la plus complexe à gérer. Surtout face à des clients qui veulent tout, tout de suite.
C'est ça.
Souvent, le manque de vision globale et d'outils pour coordonner tout le monde, les fournisseurs, les transporteurs, les distributeurs, c'est un peu la racine du problème, quoi.
Alors, face à ce tableau, quelles sont les pistes pour agir? Les sources insistent beaucoup sur la planification et l'utilisation intelligente des données.
Oui.
On parle de systèmes de gestion, souvent appelés TMS, c'est ça? Transportation Management System, pour centraliser l'info, mieux remplir les camions, éviter ces trajets à vide et gérer toutes les contraintes.
Exactement. L'idée, c'est vraiment d'avoir une visibilité en temps réel sur ce qui se passe. L'exploitation des données, ça permet de repérer les goulots d'étranglement, d'ajuster les itinéraires de manière dynamique.
D'accord.
On voit aussi l'intelligence artificielle et le machine learning commencer à jouer un rôle pour anticiper les aléas ou même automatiser certaines décisions comme l'affectation ou la planification.
Et pour le remplissage, il y a aussi les bourses de fret?
Oui, c'est une autre piste mentionnée. L'intégration de ces bourses de fret, ces plateformes digitales qui connectent l'offre et la demande de transport, ça aide à mieux remplir les véhicules.
D'autres stratégies sont importantes aussi, comme la massification? Regrouper les expéditions, c'est ça l'idée?
Oui, tout à fait. Consolider les flux via des plateformes régionales, ça permet d'utiliser des modes de transport plus massifs et plus durables, comme le train ou le fluvial, là où c'est pertinent, bien sûr.
D'accord.
Il y a aussi la rationalisation fine des tournées de livraison elles-mêmes. Ça, c'est un vrai casse-tête pour équilibrer les coûts, la qualité de service, les contraintes locales.
J'imagine bien.
Là encore, des outils de modélisation peuvent aider, mais c'est surtout la capacité à ajuster en temps réel qui est clé. Parfois, l'optimisation, ça se joue même sur le temps passé sur les sites de chargement ou déchargement.
Ah oui?
D'où l'intérêt de systèmes spécifiques pour gérer les cours des entrepôts, les Yard Management Systems, pour fluidifier un peu les entrées et les sorties des camions.
Et le multimodal revient souvent aussi, combiner la route avec le rail ou le fluvial?
Absolument, c'est une stratégie essentielle. D'abord pour sécuriser les approvisionnements face aux perturbations, mais aussi pour réduire les coûts et les émissions de CO2 sur les longues distances.
La difficulté, c'est la coordination entre les modes, j'imagine?
Oui, c'est ça, la coordination, les points de rupture de charge. Et pour le dernier kilomètre spécifiquement, alors là, les solutions se multiplient: petits entrepôts de proximité en ville, itinéraires recalculés en permanence.
Les vélos cargo, ce genre de choses?
Voilà, les véhicules plus propres comme les vélos cargo ou les utilitaires électriques, la mutualisation des livraisons entre plusieurs boîtes et bien sûr un suivi très précis pour le client final.
Tous ces leviers convergent vers quoi au final? Plus d'agilité, de visibilité?
C'est exactement ça, vers un transport plus intelligent, plus performant économiquement et aussi écologiquement. L'objectif, c'est d'avoir une meilleure visibilité sur toute la chaîne, plus d'agilité pour réagir aux imprévus et une meilleure efficacité opérationnelle globale.
Et on a des exemples concrets dans les documents, je crois?
Oui, on a quelques exemples. Une entreprise dans le secteur de la biomasse, par exemple. Avant, ils géraient leurs opérations avec des tableurs Excel. Bonjour les erreurs et la lenteur!
Le classique.
Voilà. Ils ont mis en place une plateforme web collaborative. Ça a permis de centraliser les échanges d'infos entre eux, leurs fournisseurs, les transporteurs et les clients finaux.
Et le résultat?
Des processus plus fluides, moins d'erreurs et même un transfert de la charge de contrôle des factures transport aux partenaires. Du coup, un meilleur suivi des coûts.
Intéressant de voir l'impact d'une approche plus intégrée, oui.
Un autre cas: un distributeur mondial de matériel électrique. En adoptant un TMS plus avancé, capable de piloter les opérations de bout en bout, ils ont amélioré le suivi des expéditions, l'anticipation des problèmes et l'optimisation de leur réseau de distribution. Tout ça grâce à une traçabilité en temps réel.
D'accord.
Ce que ces exemples montrent bien, c'est l'importance d'une approche globale et l'apport décisif des outils digitaux. Quand ils sont bien choisis et bien intégrés pour supporter cette vision, évidemment.
Bien sûr. Bon, passons au deuxième grand chantier: la logistique circulaire. Alors là, on change carrément de paradigme par rapport au modèle linéaire classique: prendre, faire, jeter.
Ah oui, complètement.
Qu'est-ce qui pousse ces transformations?
Lourd, ça c'est évident.
Oui.
Mais il y a aussi un cadre réglementaire qui se durcit, notamment en Europe avec l'interdiction de détruire les invendus non alimentaires. Ça, c'est important.
C'est vrai.
Et puis, il y a l'explosion du marché de la seconde main. Les chiffres cités sont énormes: 105 milliards d'euros au niveau mondial.
Ah oui, quand même!
Dont 34 milliards rien que pour la mode. En France, on parle de 7 à 8 milliards d'euros. C'est considérable.
Et les consommateurs, ils suivent ce mouvement? Ils sont prêts?
Clairement. Ils sont de plus en plus demandeurs de transparence sur l'origine, le cycle de vie des produits. Ils veulent des produits qui durent, qui peuvent être réparés ou qui sont reconditionnés.
On le voit bien avec Vinted ou le reconditionné pour le high-tech.
Exactement. Vinted dans la mode, c'est phénoménal. Et dans le high-tech, le reconditionné est devenu une alternative super populaire. C'est là que ça devient un défi logistique majeur.
J'imagine.
Effectivement, parce qu'adopter un modèle circulaire, ça complexifie énormément les flux. Il ne s'agit plus seulement de livrer, mais aussi de collecter, trier, potentiellement réparer ou reconditionner des produits usagés.
Qui sont tous différents les uns des autres.
Voilà, très différents. Hétérogènes par nature. Ça demande des infrastructures spécifiques, des processus adaptés qui sont difficiles à standardiser. Et puis la traçabilité devient absolument critique.
Comment on suit un produit sur plusieurs vies?
C'est ça la question. Comment suivre un produit tout au long de ses différents cycles de vie? Les consommateurs et les régulateurs exigent cette transparence. On explore des technologies comme la blockchain pour essayer de sécuriser cette information sur le parcours du produit.
Il y a même un paradoxe environnemental, si j'ai bien compris.
Les retours peuvent polluer Oui, c'est un point crucial. Si la logistique des retours, la reverse logistics, n'est pas pensée intelligemment, tu vois, avec des points de collecte proches, des transports mutualisés, des itinéraires optimisés, elle peut finir par générer plus d'émissions de CO2 que le bénéfice environnemental initial du recyclage ou du reconditionnement. Ah oui, c'est contre-intuitif. C'est un équilibre délicat à trouver, vraiment. Et puis, ça impose une vraie réorganisation interne. Il faut souvent créer des centres dédiés à ces activités de retour, former les équipes à de nouvelles tâches, déployer des outils de planification capables de gérer l'incertitude parce qu'on ne sait jamais vraiment ce qui va revenir, ni quand, ni dans quel état.
Tout ça, ça représente des coûts non négligeables. Est-ce que les entreprises sont prêtes à investir? On sent une certaine frilosité, non?
C'est la grande question. Beaucoup hésitent encore, c'est vrai. Elles perçoivent la logistique circulaire avant tout comme un centre de coûts, un peu comme un mal nécessaire imposé par la réglementation ou la pression sociale.
Oui.
Elles sont freinées par le manque d'infrastructures adaptées, le manque de standards industriels pour traiter les retours, et puis ben les doutes sur la rentabilité et la capacité à gérer ces flux à grande échelle.
Alors, comment on dépasse ces freins? Quelles pistes les sources suggèrent pour réussir cette transition?
Plusieurs leviers sont identifiés. D'abord, faire évoluer les modèles économiques eux-mêmes. Promouvoir la location plutôt que la vente, développer les services de maintenance, de réparation pour allonger la durée de vie utile des produits.
D'accord.
Ensuite, il y a une dimension géographique, penser multilocal, c'est-à-dire répartir stratégiquement les centres de tri, de réparation ou de reconditionnement au plus près des bassins de consommation.
Pour réduire les distances de transport des retours?
Exactement, réduire les distances et gagner en réactivité.
Il faut aussi mieux piloter tout ça, j'imagine, avec des indicateurs précis.
Absolument. Ça passe par la mise en place d'indicateurs de performance spécifiques à l'économie circulaire: le taux de retour, le nombre de cycles d'utilisation d'un produit, la rentabilité réelle du reconditionnement, l'impact environnemental évité ou généré par ces flux inverses.
Il faut pouvoir mesurer.
Il faut mesurer. Il faut aussi des outils de prévision plus sophistiqués. On parle parfois de processus type S&OP, Sales and Operations Planning, mais adaptés à l'incertitude des retours. Pour anticiper les volumes et ajuster les capacités de traitement. Et enfin, une organisation claire est nécessaire.
En interne ou avec des partenaires?
Les deux sont possibles, soit en interne avec des équipes dédiées, soit en s'appuyant sur des partenaires spécialisés dans la logistique inverse, mais dans tous les cas avec une gouvernance bien définie.
Et la technologie dans tout ça? Elle semble jouer un rôle clé pour orchestrer ces flux complexes, non?
Elle est indispensable. Les systèmes de gestion d'entrepôt, les WMS, ces logiciels qui organisent tout dans l'entrepôt, sont cruciaux.
Pourquoi?
Pour orienter correctement les produits retournés vers le bon processus: réparation, recyclage, remise en stock directe. Ils peuvent guider les opérateurs, s'interfacer avec des systèmes automatisés de tri ou de reconditionnement et optimiser l'utilisation de l'espace de stockage qui est souvent un problème pour ces produits.
D'accord.
On voit aussi émerger des portails clients qui permettent de déclarer les retours en amont. Ça, ça aide à mieux planifier leur réception et leur traitement.
Donc le WMS gère l'interne, mais il faut aussi gérer les flux entrants et sortants de ces retours.
Les plateformes de visibilité, celles qui donnent une vue d'ensemble sur la chaîne logistique étendue.
Supply chain visibility.
Voilà, elles sont essentielles pour suivre ces produits tout au long de leur parcours retour en impliquant tous les partenaires. Et bien sûr, les TMS, les systèmes de gestion du transport, sont utilisés pour optimiser les tournées de collecte des retours. Et de plus en plus, pour calculer l'empreinte carbone de ces transports afin d'aider à choisir les options les plus durables.
L'objectif, c'est de transformer une contrainte en opportunité, en fait.
C'est exactement ça. Transformer ce qui ressemble à une contrainte en une véritable opportunité, à la fois économique et environnementale.
Troisième et dernier grand axe, l'impact du e-commerce et cette fameuse omnicanalité. Le message clé, si j'ai bien compris, c'est que même si le e-commerce explose, Le magasin physique n'est pas mort, loin de là.
Ah non, pas du tout.
L'enjeu, c'est de faire cohabiter tout ça harmonieusement.
C'est tout à fait ça. L'objectif, c'est d'offrir une expérience client fluide, sans couture, quel que soit le point de contact choisi: achat en ligne livré à domicile, réservation en ligne et retrait en magasin, le fameux click and collect.
Ou l'inverse: achat en magasin, livraison à domicile.
Exactement. Pour gérer cette complexité croissante, beaucoup d'entreprises s'appuient sur des prestataires logistiques spécialisés, des 3PL. Qui peuvent mutualiser les infrastructures et offrir la flexibilité nécessaire.
L'intégration entre les canaux est devenue vitale donc.
Ah oui! Une étude citée dans les sources montre d'ailleurs que 62% des entreprises interrogées constatent une meilleure expérience client grâce à l'omnicanalité.
C'est énorme!
Et 60% soulignent qu'avoir une vision en temps réel des stocks sur tous les canaux, c'est crucial pour éviter les ruptures et la déception client.
Les bénéfices semblent clairs: clients contents, meilleure gestion des stocks.
Oui, une expérience client améliorée, c'est le premier bénéfice recherché, clairement. Ensuite, une meilleure maîtrise globale des stocks, moins de ruptures d'un côté, moins de surstock de l'autre. Ça a un impact direct sur la rentabilité.
Logique.
Il y a aussi un gain en efficacité opérationnelle si les flux entre les canaux entrepôts centraux, magasins, livraison directe fournisseurs sont bien synchronisés. Et enfin, la capacité à collecter et analyser les données clients et transactionnels de manière centralisée, ça permet d'affiner les prévisions de demande, les stratégies marketing, l'organisation logistique. C'est potentiellement un cercle vertueux.
Mais le chemin pour y arriver n'est pas simple. Quels sont les principaux obstacles, les défis, Rottenstein Time?
Ils sont nombreux. D'abord, le parcours client lui-même est devenu très complexe, souvent hybride. On cherche en ligne, on essaye en magasin, on achète finalement ailleurs, avec des attentes très élevées en matière de transparence. Où est mon produit? Quand sera-t-il livré? Et de flexibilité. Choix du lieu, du moment de livraison, facilité des retours. Ensuite, un défi majeur, c'est d'avoir cette vision unique et fiable des stocks, où qu'ils se trouvent: dans l'entrepôt central, dans l'arrière-boutique d'un magasin ou même en transit.
Sinon, c'est la cata assurée!
Exactement. Sans cette vision unifiée, le risque d'erreurs, de ventes manquées ou de promesses non tenues est énorme.
Et le rôle des magasins change aussi radicalement du coup?
Ils deviennent des mini-entrepôts, c'est ça. Les magasins ne sont plus seulement des points de vente, ils deviennent aussi des mini hubs logistiques. Ils doivent être capables de préparer des commandes passées en ligne pour un retrait immédiat, click and collect, ou même d'expédier directement des produits vers le client final, ship from store.
Ce qui implique des changements d'organisation.
Ah oui, ça demande de repenser l'aménagement des espaces, de former le personnel à de nouvelles tâches logistiques et de déployer des systèmes d'information capables de gérer ces flux multiples au niveau du magasin. On parle même de dark stores dans certains cas.
Des magasins sans clients, juste pour la logistique e-commerce?
Exactement, entièrement dédiés à la préparation des commandes e-commerce.
Sans oublier la question des retours, encore plus critique avec le e-commerce, j'imagine.
En effet, les taux de retour dans le e-commerce peuvent être très élevés, parfois 30% dans des secteurs comme la mode.
30%?
Oui, gérer ce flux massif de retours de manière efficace et économique, c'est un vrai casse-tête logistique. Une mauvaise gestion peut faire exploser les coûts: transport retour, tri, contrôle, stockage, remise en état ou recyclage.
C'est un gouffre potentiel.
Exactement. Enfin, il y a une pression constante sur la rentabilité globale de l'omnicanalité parce que ça nécessite des investissements importants en infrastructures physiques et digitales, en personnel formé et en technologies intégrées.
Face à ces défis, quelles solutions technologiques et organisationnelles sont mises en avant?
On retrouve l'importance cruciale des technologies intégrées, des systèmes WMS, TMS et OMS qui doivent communiquer parfaitement entre eux.
Pour synchroniser les stocks et les flux?
Voilà, en temps réel sur tous les canaux. L'intelligence artificielle et l'analyse de données sont de plus en plus utilisées pour affiner les prévisions de demande par canal et optimiser l'allocation des stocks au bon endroit, au bon moment.
Et la traçabilité?
La traçabilité fine des produits, potentiellement via des technologies comme la RFID ou la blockchain, est aussi vue comme un levier pour mieux gérer les retours et lutter contre la fraude.
Et côté organisation? Transformer les magasins, automatiser?
Oui, il faut repenser le rôle des magasins comme des actifs logistiques, en déployant efficacement des modèles comme le Ship from Store ou le Click and Collect, supportés par les bons outils IT. L'automatisation dans les entrepôts centraux avec des robots préparateurs de commandes, des véhicules autoguidés, des AGV.
Pour gagner en productivité?
Exactement, pour gagner en productivité et en réactivité face à la complexité et au volume des flux omnicanaux. Et il ne faut surtout pas oublier d'intégrer la dimension durable dans cette logistique omnicanale.
Ah oui, important!
Choix d'emballages écoresponsables, optimisation des tournées de livraison pour réduire les kilomètres et les émissions, utilisation de flottes de véhicules décarbonés pour le dernier kilomètre, c'est devenu un impératif. Tant pour l'image de marque que pour répondre aux attentes des consommateurs et aux contraintes réglementaires.
Est-ce qu'on a des exemples concrets de ces transformations pour finir?
Oui, les sources en donnent plusieurs. Une enseigne de grande distribution italienne, par exemple, ils ont dû adapter toute leur logistique pour se lancer dans le e-commerce alimentaire.
Ce qui n'est pas simple avec le frais.
Non, ils ont créé un dark store, mais ont aussi réussi le pari de transposer en ligne leur offre de produits frais traditionnels. Découpe à la demande, pesée. Ils ont déployé le click and collect dans leurs magasins et tout ça est orchestré par un système WMS central qui gère cette complexité.
Pas mal!
Un autre exemple: un distributeur espagnol a vu sa productivité en préparation de commandes bondir de 30% après avoir mis en place un WMS adapté pour faire face à la croissance rapide du e-commerce et aux exigences de service.
30%, c'est significatif! Ah oui!
Et enfin, un grand prestataire logistique français utilise des solutions WMS et TMS intégrées pour gérer les flux très complexes et mutualisés de clients de secteurs variés, comme les cosmétiques ou les pneus. Ça lui permet d'optimiser les tournées et de réduire à la fois les coûts et l'empreinte carbone pour ses clients.
Bon, si on essaie de synthétiser tout ça, on a vu 3 grands chantiers pour la supply chain de demain. D'abord, rendre le transport plus intelligent, plus efficace, moins polluant grâce à la digitalisation, aux données et à la collaboration.
C'est ça.
Ensuite, basculer vers une logique circulaire, un défi immense mais nécessaire qui demande de repenser les flux, les outils et même les modèles économiques.
Une vraie transformation.
Et enfin, maîtriser l'omnicanalité qui est devenue la norme pour le client, ce qui exige une intégration sans faille entre le physique et le digital et une transformation du rôle des magasins.
C'est une excellente synthèse. Ce qui ressort, je pense, c'est que ces transformations sont profondes et interconnectées. Elles demandent une vision stratégique claire de la part des entreprises, un pilotage beaucoup plus fin, plus réactif, basé sur la donnée.
Oui!
L'adoption de technologies adaptées et surtout capables de communiquer entre elles. Et puis une collaboration renforcée entre tous les maillons de la chaîne: fournisseurs, fabricants, logisticiens, transporteurs, distributeurs.
Tout le monde doit jouer le jeu!
Exactement! Les entreprises qui parviendront à relever ces défis gagneront en agilité, pour faire face aux imprévus, en résilience pour sécuriser leurs opérations et au final en compétitivité globale. Elles pourront transformer ce qui apparaît aujourd'hui comme des contraintes réglementaires, environnementales, économiques en véritables avantages concurrentiels en construisant une supply chain à la fois plus performante et plus durable.
Et pour ouvrir la réflexion, peut-être une question qui me vient en écoutant tout ça: on a beaucoup parlé d'optimiser les flux existants, le transport tel qu'on le connaît, les retours de produits, l'intégration des canaux actuels. Mais si on pousse la logique de la circularité et de l'intégration physique-digitale à son terme, est-ce qu'on ne pourrait pas voir émerger des flux logistiques ou des formes de collaboration radicalement nouvelles?
c'est intéressant comme question.
À quoi ressemblerait la logistique dans une économie véritablement en réseau, où tout circule de manière beaucoup plus fluide, plus partagée? Bon, c'est une piste à explorer. D'ailleurs, lors de notre prochaine discussion, on se penchera sur d'autres défis tout aussi cruciaux, mais peut-être plus centrés sur l'humain et le sociétal. Ah oui, comment réduire la pénibilité dans les métiers de la logistique, comment mieux valoriser les ressources humaines et comment intégrer concrètement la RSE, la responsabilité sociétale des entreprises, dans les opérations du quotidien.
Vaste programme encore.
Exactement.










