Dr Nadia Volf - Canal+ Salut les Terriens

Dr Nadia Volf, born in Leningrad in 1964, became a renowned French acupuncturist after hepatitis ended her ballet career. She studied medicine while secretly learning acupuncture from a healer, emigrated to France in the early 1990s with no French, and now treats high-profile patients and teaches acupuncture to medical specialists.
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Guillaume et Nadia Wolf, l'acupuncturiste qui soigne le tout Paris. À tout de suite. Notre terrienne du samedi 20 heures, ce soir Nadia Wolf. Bonsoir. Alors Nadia Wolf, on dit que vous guérissez le tout Paris, les politiques comme les stars. On dit qu'il vous suffit d'un regard au creux d'une oreille pour établir un diagnostic. En fait, Nadia, vous êtes tout simplement acupunctrice, une acupunctrice de génie. Vous expliquez vos pouvoirs dans Les Mystères de l'Oreille, publié chez Assouline, et à 20 heures dans Salut les Terriens. Dans un instant, Stéphane Guillon, mais d'abord le zapping. Nadia Volfre, bonsoir. Vous êtes née le 1er décembre 1964. À Leningrad, aujourd'hui Saint-Pétersbourg, père ingénieur chimiste, mère chercheuse en médecine, tous les deux de nationalité juive, parce qu'à l'époque, il faut savoir qu'en URSS, cette mention était portée sur le passeport. C'est l'URSS de Brejnev, quand même, c'est pas— bon, voilà. Alors, vous habitez dans une chambre de 9 m², dans un appartement communautaire, où habitent 14 autres familles. Et donc c'est la queue pour la cuisine, la queue pour la salle de bain, la queue pour les toilettes. C'est une vie de merde.
C'était normal en Russie à cette époque. Il faut savoir qu'après les guerres, les gens n'avaient pas beaucoup de logements, donc on vivait tous ensemble dans une communauté.
Vous avez 5 ans. Quand l'administration russe ferme le laboratoire de votre mère parce qu'elle est juive, ça leur plaît pas qu'une juive devienne très importante et fasse un laboratoire de recherche. Vous, c'est à l'école que vous souffrez, Nadia, d'antisémitisme. On vous appelle Wolf la youpine, sale juive. On vous dit dégage, tu sens mauvais. C'est-à-dire que les gens savent pas ça. Ils croient toujours que l'antisémitisme est liée au nazisme, en fait la Russie bolchevique, la Russie communiste était extrêmement antisémite.
On disait qu'on devenait antisémite avec le lait de maman. Parce que déjà dans l'école maternelle, vous savez, il y a le journal où il y a les noms, les prénoms, et puis il y a une rubrique, la nationalité. Et les juifs, c'était pas la religion en fait. Parce qu'il n'y avait pas de religion en Russie à l'époque, les religions, toutes les religions étaient interdites. Mais c'était une nationalité. Il avait tout le monde était russe et puis il y a une dans la classe qui était juive, donc forcément.
Et tout le monde vous tombait dessus, même votre concierge qui dit on regrette que les nazis vous aient pas tous tués. À cinq ans, vous intégrez l'académie de danse. Alors l'académie de danse est extrêmement évidemment prestigieuse. C'est terrible ce que vous subissez à l'époque parce que l'exigence de cette académie de danse c'est une véritable torture pour vous. Lire un livre en faisant le grand écart, surtout que vous n'avez pas fini le livre, vous n'arrêtez pas de faire le grand écart.
Et il faut savoir qu'on ne voyait pas ça comme une torture, on était passionné, passionné par la danse, on voulait être les meilleurs. Et pour avoir un bon grand écart, mais il y a les enfants qui sont plus souples que les autres, et la souplesse, ça se travaille.
Alors à la fin de la première année, vous êtes sélectionnée pour danser le Casse-Noisette, évidemment, qui est un ballet extraordinaire. Hélas, vous attrapez une hépatite C, vous êtes soignée à la cortisone et vous prenez 15 kilos. Donc la danse, c'est fini. C'est pas grave, vous continuez. Votre père vous met aux échecs. À 13 ans, vous êtes championne junior de Leningrad et quelques mois plus tard, vous battez un certain Garry Kasparov, ce qui prouve que vous êtes quand même très douée. À 14 ans, vous disputez le championnat d'URSS face à votre idole Irina Levitina. Vous gagnez la première partie et là, Irina se met à pleurer. Et quand vous voyez votre idole pleurer, vous abandonnez. Vous dites, je ne veux pas faire du mal aux gens.
J'avais 13 ans et j'étais très sensible. C'était véritablement mon idole. Je voulais être comme elle et jouer comme elle. Et je voyais la tristesse dans ses yeux, les larmes dans ses yeux, et je me suis dit, je ne veux pas ça.
Là, vous partez passer les fêtes en Carélie. Alors, la Carélie, c'est au nord-ouest de la Russie. Et en Carélie, vous allez faire la connaissance de Maria Sergeïevna Shamshina. Alors, en fait, votre père est gravement malade pendant ce séjour en Carélie. Il est à l'hôpital, son état s'aggrave, il a des insuffisance respiratoire parce qu'il a fait la guerre évidemment. Et Maria fait le bon diagnostic en fait, elle trouve tout de suite ce qu'il a votre père.
Oui, et donc elle a retiré quelques aiguilles de son sac, les aiguilles d'acupuncture. Or ma mère, elle est professeure de médecine et elle ne croyait pas à l'acupuncture. Mon père, il est professeur de chimie, n'y croyait pas du tout à l'acupuncture, et moi bien sûr non plus. Mais au désespoir des causes, on les laissait faire.
Et voilà, donc votre père va mieux, la mystérieuse guérisseuse s'apprête à partir, et là vous lui demandez, Nadia, de vous apprendre à soigner avec des aiguilles. Mais pour être acupuncteur, encore faut-il être médecin. Peu importe, vous décidez de faire médecine. À chaque fois que vous décidez de faire quelque chose, vous y arrivez. Et donc vous partez tous les matins À 6 heures du matin, il fait moins 30 degrés. Vous vous rendez dans le petit cabinet de cette Maria, dans le sous-sol d'un hôpital. Vous y allez pendant pendant trois ans.
En fait, j'allais avant l'école et après l'école. L'école commence à neuf heures et finit à quinze heures en Russie.
Alors après le bac, vous orientez vers la faculté de médecine. À la faculté de médecine, il y a dix mille candidats. Six cents seront choisis et sur ces six cents Il ne doit pas y avoir plus de six Juifs.
Oui, c'était le quota.
Et vous êtes choisie.
Oui.
Vous êtes choisie. Non seulement vous êtes reçue au concours, mais six ans plus tard, vous sortez major de l'université Nadia. Vous êtes exceptionnelle quand même. Alors, c'est dans cette université de médecine, donc à Leningrad, que vous rencontrez Léonide. Votre futur mari, le père de votre enfant, et là, avec lui, vous commencez à faire du diagnostic dans le métro. Vous êtes dans le métro, vous regardez les oreilles des gens et vous dites aux gens, dites-moi, monsieur, vous souffrez pas du foie par hasard?
On était passionnés par l'acupuncture. Et ce qui est passionnant dans l'acupuncture, c'est qu'elle permet de trouver la cause de la maladie et soigner l'origine des symptômes, comprendre pourquoi C'est une telle personne qui a une telle maladie, pas son voisin, pas sa sœur, celui qui a contracté une maladie. Et une des techniques de diagnostic, c'est le diagnostic auriculaire. Dans l'oreille, en fait, dans le cerveau, il y a une carte avec les représentations de tous les organes du corps.
C'est comme un ordinateur avec le clavier, quoi.
Exactement. Le cerveau doit être au courant à chaque instant de tout ce qui se passe dans chaque partie de l'organisme. Et c'est la même carte qui se produit un peu partout, dans les oreilles, dans les plantes des pieds, dans les iris, dans chaque cellule de l'organisme, il y a cette petite carte reproduite du cerveau qui représente les problèmes qui se présentent dans l'organisme.
Alors, à 25 ans, vous devenez, Nadia, la plus jeune professeure agrégée. Du RSS. Trois ans plus tard, vous êtes devenue une sommité dans l'acupuncture, mais vous êtes juive. Le KGB vous arrête. Vous passez une nuit menottée, attachée à un radiateur brûlant.
À l'époque, j'écris un livre. C'était mon premier livre qui s'appelait Dissiper les douleurs avec les mains. Et le livre se vendu avec un très grand tirage et après il se vendait au marché noir. Et alors ils m'ont accusée que j'ai volé mon propre livre pour le vendre sur le marché noir, ce qui bien sûr n'était pas vrai, mais c'était un bon prétexte pour me dire attention.
Là vous partez, vous partez d'URSS à ce moment-là, vous vous retrouvez dans un foyer de la Croix-Rouge sans savoir parler un seul mot de français. Votre fils certains jours pleure de faim, vous avez rien du tout et là vous recommencez à zéro. Léonide, vous repassez tous les concours, vous refaites tout le parcours, et en 1993, vous devenez, Nadia, médecin français. Voilà. Aujourd'hui, vous recevez le Tout-Paris, vous soignez des présidents, vous soignez des stars. On vous appelle la sorcière du Tout-Paris. Vous n'êtes pas une sorcière.
Vous savez, il existe le code de déontologie médicale que je respecte du fond du cœur qui interdit de parler de ses patients. Et d'autre part, je soigne les Terriens. C'est bien le salut des Terriens. Je soigne tous les Terriens. Et comme toute seule, je ne peux pas guérir le monde entier, même si j'ai très envie, je fais beaucoup de formations. On a créé le diplôme interuniversitaire d'acupuncture scientifique à l'Université de Paris 11 Sud où on enseigne aux médecins de spécialités différentes, des anesthésistes, des rhumatologues, des ophtalmologues, des gynécologues. On On enseigne les méthodes d'acupuncture pour qu'ils puissent les appliquer dans leur travail quotidien.
Ben voilà, vous êtes extraordinaires. Voilà, c'était Salut les Terriens, votre talk du samedi soir avec Pierre, Yvan, Nara, Laurent, Nadia, Merci à tous ceux qui m'ont aidé à faire cette émission. Salut les Terriens
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