Dans cette vidéo, Géraldyne Prévot Gigant explore les mécanismes psychologiques qui poussent les individus à rester dans des environnements toxiques et à fuir ceux qui pourraient les nourrir. Elle identifie trois grands ensembles de facteurs : 1. Croyances inconscientes et besoin de cohérence – les personnes développent des systèmes de croyances limitantes (ex. « je ne mérite pas le bonheur ») qui, consciemment ou non, guident leurs choix relationnels et professionnels afin de confirmer ces convictions. 2. Loyauté familiale, culturelle et transgénérationnelle – le désir d’être « une bonne fille, un bon fils, un bon membre de la communauté» incite à rester fidèle à des modèles de souffrance hérités, même lorsque des alternatives saines existent. Le changement est perçu comme une trahison ou un risque social. 3. Trauma et culpabilité – les survivants d’abus (sexuels, physiques, psychologiques) portent souvent une culpabilité implicite qui les fait douter de leur droit au bonheur. Cette culpabilité, renforcée par la société, crée une peur du « espace sûr » qui peut déclencher des réactions de survie et les maintenir dans la douleur. Géraldyne illustre chaque point avec des exemples cliniques, montre comment ces dynamiques se renforcent mutuellement, et conclut que reconnaître ces mécanismes est la première étape pour sortir des schémas toxiques et accéder à des environnements ressourçants.
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Pourquoi rester dans des espaces toxiques et quitter des espaces ressourçants? Il y a plein d'éléments qui vont pousser l'individu à être dans ces mauvais choix. Une des choses qui est intéressante de regarder, c'est quelles sont les croyances inconscientes Parce que je pense qu'il doit y avoir un système de croyances, ou en tout cas une recherche de cohérence pour maintenir le système de croyances. Par exemple, j'ai actuellement, j'ai vu une de mes patientes qui apporte, je ne réussis rien parce que j'ai pas le petit truc en plus, et c'est pour ça que je ne mérite pas mieux. Je ne suis pas belle, j'ai pas de physique, je suis pas intelligente, je suis pas si, je suis pas si, je suis pas si, je suis pas ça. Cette personne est convaincue qu'elle a moins que les autres, donc qu'elle ne mérite pas le bonheur affectif, le bonheur professionnel, le bonheur dans tous ces domaines de vie. Elle va donc avoir un comportement qui va découler de sa croyance, qui là pour le coup en plus est une croyance consciente puisqu'elle me le verbalise. Elle va avoir un comportement, elle va faire des choix de personnes, elle va faire des choix d'espace et En la faisant travailler, j'ai entraperçu qu'il y avait probablement une fidélité à son père puisqu'elle a témoigné de réflexions de son père qui viennent vraiment dans cette lignée de la croyance qu'elle a plutôt un truc en moins qu'un truc en plus, elle ne mérite pas mieux. Donc c'est une des explications, c'est qu'est-ce que je crois de moi, qu'est-ce que je crois mérité. Donc il y a la notion de je mérite pas, d'autres méritent, etc. Et du coup, un besoin inconscient de cohérence. Et je vais donc faire des choix, aller dans des espaces, aller vers des personnes qui vont venir confirmer cette croyance consciente ou inconsciente. Là, j'ai cité une personne qui est consciente de sa croyance, mais il peut y avoir aussi des personnes qui ne sont pas conscientes de leurs croyances et qui vont donc faire des choix qui vont venir valider cette croyance limitante. Et ça va être des choix qui, à chaque fois, soit ne pas avoir l'amour, le succès, l'abondance, le bonheur, soit se retrouver dans des espaces qui les font souffrir. En tout cas, ça, déjà, c'est certain que le système de croyance vient être influent. Ensuite, il y a, comme je le disais, la loyauté. Quelle loyauté nous avons par rapport aux membres de notre famille, par rapport à notre fratrie, nos parents, nos grands-parents, la lignée transgénérationnelle, la loyauté par rapport au cercle culturel pour certaines cultures, parce qu'aujourd'hui, eh bien, il y a une melting-pot qui fait qu'il y a des personnes qui sont issues de familles et d'environnements culturels, et de faire des choix différents, ça les fait flipper, et donc elles préfèrent être dans des espaces toxiques qui correspondent à ce que la communauté attend d'elles plutôt que d'oser choisir un espace sain pour elles que la communauté n'attend pas. Donc faire différemment, c'est prendre le risque, selon la croyance qui est celle de ces personnes, prendre le risque de ne pas être loyale et donc de ne pas être une bonne fille, une bonne mère, un bon fils, une bonne personne vis-à-vis de la communauté. Ça peut être aussi des personnes issues d'environnements toxiques qui sont tellement habituées à la souffrance, à la douleur, à la toxicité, à la difficulté, que d'arriver dans un espace ressource et ressourçant comme par exemple ce, ce groupe, ça peut réveiller énormément de peur parce qu'elles sont pas habituées, elles sont en mode survie Elles ont anesthésié certaines perceptions et d'être dans un environnement où il n'y a plus besoin d'être sur la défensive peut être particulièrement flippant et donner une sensation d'être perdu. Mais s'il n'y a pas à se protéger d'un individu dans un groupe, s'il n'y a pas à se protéger du groupe lui-même, la famille toxique, comment je fais pour exister? Est-ce que vraiment j'ai le droit de me détendre? Est-ce que justement c'est pas à ce moment-là, alors que je crois que je suis dans un environnement bienveillant, que va m'arriver une agression? Pour tout ce qui est de l'ordre du trauma. Et pour faire le lien avec le trauma, toute personne qui a été agressée sexuellement, physiquement, voire psychologiquement, va avoir au fond dans sa tête, loin derrière, consciemment ou inconsciemment, vaguement, le sentiment qu'elle est peut-être responsable de ce qui lui est arrivé. Et donc pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, si elle est responsable de ce qui lui est arrivé, pourquoi est-ce qu'elle aurait droit au bonheur aujourd'hui? Par exemple, combien d'anciens enfants victimes d'agressions sexuelles, ou même des femmes victimes de viols, combien d'entre elles, quasiment toutes, toutes vont dire en thérapie, j'ai pas réagi, j'ai pas crié, parce qu'elles savent pas ce que c'est que la sidération. Pourquoi j'ai accepté d'être enfermée dans cette pièce avec cette personne? Pourquoi j'ai suivi cet homme? Anciens enfants, aujourd'hui adultes, vont dire, mais pourquoi j'ai suivi cet adulte et j'ai pas réagi? Parce que tu étais une enfant. Donc les adultes, on les suit quand on est enfant. Mais nous, on sait ça une fois adulte. Mais toute personne qui a été victime d'agression porte en elle cette culpabilité qui n'a rien à faire là, je suis d'accord, mais c'est un système psychologique qui est aussi insufflé par la société. Et donc ensuite, quand on pense qu'on est quelque part fautif d'avoir été victime, c'est terrible de dire ça mais c'est ce qu'elles pensent, comment ensuite s'emmener soi-même dans des espaces qui vont être ressourçants? Bien sûr on va dans des espaces toxiques parce qu'on pense qu'on ne mérite que ça, parce qu'aussi on ne connaît que ça et que quelque part c'est connu et donc c'est en mode contrôle même si ça nous fait souffrir. Voilà en tout cas les 3 points qui me viennent spontanément et je suis sûre qu'on peut en trouver d'autres.