ENTREPRENEUR, CHOISIS TES COMBATS

Patrick Castonguay warns entrepreneurs and policymakers to stop fighting small battles that feel like wins but leave everyone worse off. He uses Northvolt subsidies and Chinese electric vehicles as examples of how local price wars and protectionist measures distract from the real global competition that matters.
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Ça fait cinq ans, dix ans que vous vous battez, que vous essayez d'avoir une certaine notoriété ou de gagner des points ou de gagner contre la compétition X, Y. Puis là, après tout ça, vous vous rendez compte que, coudonc, il me semble que c'est pire qu'avant. Il me semble que c'est pire qu'avant. Bon matin tout le monde. Aujourd'hui, mercredi, au Café Expansion. J'hésitais à le faire ce matin, ce café-là, parce que j'ai eu de bronchite. J'ai toussé ma vie, j'ai eu de la misère à dormir avec ça. Mais je me suis dit que, peu importe, on ne manque pas le rendez-vous, que ce soit l'été, l'automne, l'hiver, grippe, pas grippe. pneumonie, peu importe, il faut être au rendez-vous. Ça me fait plaisir d'être avec vous ce matin. On va attendre un petit peu avant de commencer, le live est déjà starté, mais on va attendre un peu avant de commencer le sujet d'aujourd'hui qui est, ma foi, très, mais très important. C'est ça qui détermine pas mal tout dans ton entreprise. Entrepreneur, choisis tes combats. Entrepreneurs, choisis tes combats. Puis on va faire deux, trois analogies ce matin, là, avec les combats que le gouvernement mène, entre autres, avec l'histoire de Northvolt, avec les voitures chinoises électriques qui arrivent ici au Canada et qui sont, si on veut, deux fois le prix. Hein? Qu'est-ce que ça devrait être? Mais avant toute chose, on va prendre une petite gorgée de café. Si vous n'en avez pas, allez vous en chercher un. Ben oui, achetez une belle petite tasse. Quelque chose de cute. C'est intéressant, j'ai juste été un peu tanné de me promener avec ma tasse réelle à café en voiture. Là, tu prends une basse, puis ça va de même, puis ça chaque partout, puis le café revole. Donc, on laisse faire le café qui revole dans le char. On se prend un mug, ça fait plus d'allure, plus de sens, pis chandail blanc, là, échapper du café là-dessus, je sais pas si vous savez, mais c'est plate à enlever. Fait qu'et voilà, on commence sans force avec le sujet du jour, hey. Pis t'sais, je le sais, là. Je le sais, là. Y'en a plusieurs qui vont me dire « Ah, ben écoute, moi, là, mon plan de match, il est clair. Mon plan d'affaires est établi, mon plan stratégique, tout est à la lettre. Tout est organisé, puis si je fais le A, B, C, D, ça devrait bien aller. Le problème avec ça, c'est le combat. Parce que des combats, il y en a beaucoup. Mais il ne faut pas qu'arrive ce qui est plate au bout de la ligne, c'est que ça fait 5 ans, 10 ans que vous vous battez, que vous essayez d'avoir une certaine notoriété ou de gagner des points ou de gagner contre la compétition X, Y. Puis là, après tout ça, vous vous rendez compte que, coudonc, il me semble que c'est pire qu'avant. Il me semble que c'est pire qu'avant. Donc, est-ce que j'aurais vécu pendant Ce 2, 3, 4, 5, 10 ans là, un combat qui va me donner ou qui me donne au résultat une illusion de victoire. Une illusion de victoire. Parce qu'il y en a beaucoup d'entrepreneurs. Puis il y en a beaucoup qui rêvent en couleur, puis qui vivent dans une victoire qui est complètement entre les deux oreilles, mais qui n'est pas une réelle victoire, qui n'est pas, dans le fond, un objectif tangible qui va venir réellement changer les choses ou les rendre, si l'on veut, plus indépendants, plus riches. C'est quoi votre objectif? Première des choses, il faut qu'il soit clair. Mais deuxièmement, il faut faire attention. Puis là, je vais directement tomber dans l'analogie la comparaison avec ce que notre charmant gouvernement a fait avec les auto-électriques chinoises. Puis la riposte vient d'arriver là. Attachez votre sucre, ça fait mal. Alors on le sait, l'électrique ici, Nordvolt, beaucoup d'argent, hein, M. Fitzgibbon qui annonçait sa démission ce matin, ont injecté beaucoup d'argent, beaucoup de milliards de foi publique pour Norvald. Ça commence, c'est une histoire qui commence. J'ai l'impression que le cauchemar à l'horizon, il s'en vient déjà. Peut-être que ça va être l'idée de génie la plus extraordinaire qu'on n'aura jamais connue au Québec, mais ça m'étonnerait. Pourquoi? Parce qu'on n'est pas juste un joueur sur la planète, il y en a pas à peu près. Ça va Écoute, ça va juste continuer à augmenter, les joueurs vont en avoir de plus en plus, et plus ça va aller, plus les gens, plus les autres pays vont essayer de trouver des stratégies pour que ça coûte moins cher, pour que le profit soit plus intéressant, et de démocratiser ça, et que tout le monde finisse avec une auto électrique. C'est ça le but, là. Au Québec, on s'est donné ça comme objectif, là. 2035, on veut plus qu'il y ait de construction, on veut plus que les usines fassent des autos au gaz à essence, on veut que ce soit électrique. Watch out, la facture d'électricité s'en vient. Ils l'ont déjà annoncé d'ici 2027-2028, à l'ouest, ça va doubler. Il n'y aura pas d'économie à faire là. Faites-en pas, ce n'est pas là que l'économie va se faire. L'économie va se faire un peu plus dans le fait que l'auto électrique devrait, si on veut simplifier votre vie, On évite d'aller gazer, de frustrer avec des tarifs qui augmentent. Ça risque d'être régularisé sur les tarifs pour les bornes. Il risque d'en avoir plus. Ça risque d'être, si on veut, plus facile à conduire également. L'autonomie du véhicule. J'en ai vu 3, 4 Tesla et j'arrête plus d'en voir. Des Tesla où est-ce que le monde ne touche plus au volant. Tout se conduit tout seul. Moins de stress, moins d'accidents. C'est ça qu'on va vous vendre plus tard. On va vous vendre la sécurité d'une auto électrique versus les chauffeurs qui essaient de dépasser tout le monde pour arriver à la job 10 minutes avant. Ceci dit, si je reviens au plan de match, le gouvernement a injecté votre argent, mon argent, l'argent des contribuables, en subvention pour sauver les emplois en Ontario, Ford, Alouette, pour sauver des emplois en Ontario, faire en sorte que ces gens-là ne perdent pas leur emploi, parce qu'au Québec, au Canada, c'est-à-dire, c'est comme ça, on subventionne les emplois, comme ça a été fait avec Bombardier, même affaire, on paye, à un moment donné, pour garder des jobs qui, bon, OK, on sauve la vie du monde, on leur paye une retraite. Fait que si vous n'en avez pas de retraite, là, pas grave, trouvez-vous une job qui va être subventionnée par l'État, puis l'État va vous en payer une. C'est pas mal ça qui arrive. Puis, au bout de la ligne, est-ce que c'est une situation qui est viable? Est-ce que c'est un choix qui fait du sens? Moi, je pense que non. C'est mon opinion. Chacun a droit à son opinion. Mais la riposte de la Chine, elle vient d'arriver. Puis qui est gagnant là-dedans? Qui? Au bout de la ligne, c'est ça le combat. Puis quand je dis, choisis ton combat comme entrepreneur, comme gouverneur, comme tu veux. Choisis ton combat pour qu'au bout de la ligne, tu n'aies pas l'illusion d'avoir gagné quelque chose, mais que dans le fond, tu n'as rien gagné pendant tout. Parce qu'à la riposte de la Chine, c'est un boycott sur tout ce qui se fait ici, qui est exporté là-bas. Donc, aluminium, C'est quoi, c'est des huiles, l'huile de palme ou l'huile de je-ne-sais-pas-quoi. Bref, tout ce qui se vend, que nous on produit ici, qui s'en va en Chine, eux autres ils ont fait comme « hein ». Arrête ça. Qui va payer la facture? Qui va payer la facture? Dites-moi-le! Dites-moi-le! Je veux savoir qui va payer la facture de tout ça. C'est toi, c'est moi, c'est nous. Collectivement, on va payer. C'est ça qui va arriver. Alors, est-ce que je suis en beau tabac un matin? Pas à peu près. Je ne suis pas de bonne humeur. Je ne suis pas de bonne humeur parce que je tenais que tout le monde se fende le derrière pour faire vivre notre famille, pour avoir des investissements et faire en sorte que, comme individu, on trouve que ça a du sens ce qu'on fait comme travail. Même si je faisais 10 millions par année, 20 millions par année comme salaire, Il faudrait quand même que je donne une facture au gouvernement à titre d'impôt. Et cet argent-là sert à quoi? Sert à fuck all. Et brûler sur des projets qui nous ont été promis, qui ont mal été évalués, en se disant, ben hey, au Québec, au Canada, watch out l'avenir, ça va être payant. Le projet va nous Ça va nous rendre riches, ça va révolutionner, ça va être un projet d'envergure que les Québécois ont choisi pour l'avenir du pays, pour une économie plus prospère. Mais la réalité, c'est qu'on n'est pas la seule économie sur la planète. L'économie chinoise, l'économie XY, eux aussi ont des projets et eux aussi investissent et eux aussi mettent des liquidités, mettent de l'argent pour développer des projets et ils font ça plus vite que nous autres. La Chine, ils ont débarqué partout sur la planète avec les autos électriques déjà. Vous pourriez avoir un véhicule à 15, 16 000 $. Le Canada a dit non, non, non, non, non. On va être 35 000 $. On va être 40 000 $ le véhicule. Parce que nous autres, on vend nos véhicules, on est en train de travailler pour que ça se fasse et on veut vendre ça à 40, 50, 60 000 $. Parce que 75, 80 $ c'est un peu cher, on veut rendre ça à 60 000 $. on veut garder nos jobs, on veut donner des bonnes jobs, hein, au Canada. Comme ça, quand les sondages sortent, puis, hey, l'année passée, la création d'emplois, comment ça s'est passé? Bien, on a conservé les emplois, on a créé de l'emploi au Canada, au Québec. C'est pas vrai. Ils n'ont pas créé de l'emploi. Ils ont subventionné C'est ça la réalité, là. Au bombardier, c'est la même affaire. Au moment donné, il y a une écorentite collective qui finit par arriver, pis moi je la vis, là. Je commence à être tanné de ça, là. Pis là, des fils de gabine qui sont hyper respectés du domaine des affaires, j'ai rien à dire. Le monsieur, écoute, hein, c'est quand même rare que y'a quelqu'un du domaine des affaires qui décide d'aller en politique, et lui, Il est déjà riche, ce n'est pas une question qu'il fasse une pièce de plus. Il a peut-être agressé quelques personnes, peu importe. Il a dérogé des règles, un petit peu, parce qu'il voulait que ça avance mieux, plus vite. Oui, c'est correct, OK. Mais là, il nous laisse en plan avec plusieurs projets qui ne sont pas aboutis. Qui reprendra les règles de ça? Je ne le sais pas. Moi, je pense qu'il y a pas mal d'argent qui a été englouti dans plein de projets qui ne verront jamais le jour. Souvenez-vous du panier bleu, le fameux panier bleu supposé aider les commerces à faire la transition en ligne. Maintenant, ils défendent le panier bleu en disant que ça a aidé tout de même les commerces à se minder, à faire une transition en ligne. C'est à ça que ça a servi le 16 millions. 4 millions par Québec, 12 millions par Investissement Québec qui vient de vos poches pour financer un projet qui est mort. Des projets comme ça, il y en a beaucoup. Il y a beaucoup trop de monde dans les conseils d'administration. Il y a beaucoup trop de monde qui se met le nez pour aller chercher une petite paye, une retraite ou whatever sur le gouvernement. qui se mettent dans des projets en disant « Ah, ça va bien aller, on va sortir un rapport ». Si ce n'est pas aujourd'hui évalué mondialement, ça ne vaut rien. Ce qu'on fait aujourd'hui a de l'impact aujourd'hui et demain, mais ce n'est plus juste dans notre petite ville, ce n'est plus juste dans notre province, dans notre pays. Il faut regarder à l'échelle mondiale. Donc, c'est pour ça que je dis Choisis tes combats. Choisis-les bien. Parce qu'au bout de la ligne, le combat que tu mènes localement, hein, avec le compétiteur en face, là, «Hey, tu vends tes ailes de poulet 10 cents de plus que moi, hein?» OK, là, l'autre, il charge 12 cents de moins, là, là... Un combat, là, hein? Les voisins de coin de rue, là, qui se battent pour avoir la clientèle locale, là, en vendant les ailes de poulet moins chères l'un que l'autre, ou peu importe le produit, On se comprend, c'est une métaphore. C'est un faux combat. C'est un faux combat. Le vrai combat est plus large. Je vous invite à réfléchir à ça, et c'est pour ça que j'ai décidé, il fallait absolument que j'en parle ce matin, j'ai décidé de dire, on va prendre deux minutes, on va parler à la gang, on doit s'ouvrir l'esprit à réfléchir à un combat plus large, à choisir notre combat, et des fois, C'est plate là. Ça demande à revoir la vision de notre entreprise, à revoir un petit peu où on s'en va, qu'est-ce qu'on fait et pourquoi on le fait. C'est important de le faire parce qu'au bout de la ligne, vous allez avoir travaillé deux ans, dix ans, c'est-à-dire trente ans, cinquante ans dans votre carrière, dans votre business pour la développer. Puis au bout de la ligne, ça va se revarier parce que le combat n'était pas le bon. Puis je vous amène à la réflexion, puis ce n'est pas à moi de déterminer c'est quoi le combat pour vous. Chaque industrie a ses propres défis, que ce soit au niveau local, au niveau national ou international. Chaîne d'approvisionnement, tout ce qui vient des intrants de l'extérieur de la Chine, tout dépendant de l'industrie. Donc il y a une réflexion importante à avoir à ce niveau-là. Et c'est le début. C'est le début. Un coup que cette réflexion-là est amorcée. Par la suite, OK, qu'est-ce que ça me prend comme stratégie? Qu'est-ce que ça me prend comme outil pour arriver à cette nouvelle objectif-là, qui est plus grand? Parce que si on réalise l'objectif plus grand, on risque d'être correct et confortable dans un objectif qui finalement, si on n'arrive pas à 100% de l'objectif plus grand, on arrive à 70-75%, on va quand même être correct. Versus, hey, on a défoncé, on est à 300% de notre objectif. Mais ton objectif, c'est quoi? C'est de battre le gars, là, au bord de la rue? Ça vaut pas cher. Ça vaut pas cher. Hein? Vous voyez ce que je veux dire? Donc, voilà. C'est ça, ce matin, qui a fait expansion. C'est, oui, un peu plus... un peu plus intense, un peu plus... senti, je vous dirais. Mais c'est important d'en parler. C'est important d'en parler, puis des fois de voir un petit peu qu'est-ce qui se passe à l'extérieur, puis les gouvernements, comment ils agissent, puis... Puis c'est vraiment du... Écoute, ça n'a aucun sens, là, tu sais. On fait nos frais, puis non, non, non. On garde les emplois au Québec. On ne veut pas ça. On veut protéger l'industrie au Québec. On est en train de développer notre Hive, NordVault, puis toute l'équipe. Mais la riposte, la riposte de la Chine, elle fait mal. Puis c'est pas fini. Parce que toute l'argent qu'on doit faire, normalement, qu'on fait à l'étranger, qui s'en vient dans nos poches. Mais si demain matin, il n'y a plus l'argent-là, ça va m'aller à la chope. Qui payera la facture? C'est nous. Augmentation des tarifs encore. Et des prix. Et des taxes. Bonne réflexion là-dessus, je souhaite. Une.










