Performance vs durabilité : le dilemme qui bloque vos supply chains

FM Logistics and BearingPoint surveyed 260 supply chain leaders across 18 countries. Cost reduction ranks first (65%), sustainability sixth, yet 94% believe they can align both. The biggest obstacles: initial investment costs (60%) and measuring sustainability's ROI (80%).
Chapters
Bonjour, aujourd'hui, on explore un défi majeur pour les entreprises: comment on arrive à concilier la performance économique, qui, bon, est souvent tirée par la baisse des coûts, et puis ces impératifs de durabilité qui pèsent de plus en plus sur les chaînes logistiques. Et pour cette discussion, on se base sur une étude assez récente, de 2024, par FM Logistics et BearingPoint. Ils ont interrogé près de 260 dirigeants dans 18 pays, La question, au fond, c'est: ces deux objectifs, performance et durabilité, est-ce qu'ils peuvent vraiment cohabiter aujourd'hui?
Oui, c'est tout le paradoxe, en fait. La durabilité, sur le papier, elle gagne en importance. Tout le monde en parle. Mais dans les faits, les décisions restent quand même très dominées par une vision coût, souvent à court terme. Et pourtant, ce qui est intéressant, c'est que 94% des professionnels qui ont été interrogés y croient à cette synergie possible. Donc, une conviction forte, mais face à une réalité qui est, disons, un peu plus nuancée. Alors justement, allons voir cette réalité. L'étude, elle confirme: la priorité numéro 1, c'est la réduction des coûts, l'efficacité, pour 65% des entreprises.
La durabilité, elle, elle arrive loin derrière, en 6e position seulement.
C'est ça.
Mais, et c'est là où c'est assez paradoxal, la motivation principale pour lancer des actions durables, c'est la réduction des coûts, mais à long terme, citée par 56%. C'est comme un pari sur l'avenir, non?
Exactement! C'est un investissement dont on attend un retour, même s'il est différé. Et ce décalage entre l'ambition affichée et l'action réelle, il est très net. Prenez le reporting environnemental par exemple. Pratiquement tout le monde, 93%, se dit confiant sur sa capacité à répondre aux exigences du Scope 3. Ce scope qui couvre, rappelons-le, toutes les émissions indirectes, en amont, en aval, toute la chaîne de valeur.
D'accord, donc une confiance très élevée affichée. Mais alors concrètement, ça se traduit comment?
Eh bien, c'est là que ça coince un peu. Seulement 36%, un gros tiers à peine, ont une feuille de route vraiment formalisée pour atteindre le zéro émission nette.
Ah oui, quand même, c'est peu. Pourquoi cette différence?
On retombe sur les freins assez classiques. D'abord, la complexité des chaînes logistiques mondiales, c'est énorme. Ensuite, le manque de données fiables. C'est difficile de piloter son thermomètre précis. Toujours cette tendance à privilégier le court terme sur le long terme.
Pourtant, il y a des solutions qui existent, qui sont même, d'après l'étude, assez utilisées. Je pense à la mutualisation, pratiquée par 71% des entreprises, surtout pour les entrepôts, 62%, et le transport, 45%. On imagine des camions mieux remplis, c'est ça?
Absolument, c'est l'idée de base. Partager les ressources, que ce soit l'espace dans un camion, un entrepôt, pour optimiser les flux, éviter le gaspillage. Et la motivation première, elle reste économique. Pour 80%, c'est clair, réduire les coûts. L'autre modèle qui monte, c'est l'économie circulaire. Plus de la moitié des entreprises disent avoir adopté des processus en circuit fermé.
L'économie circulaire, donc réutiliser, recycler?
C'est ça, réutiliser, réparer, recycler. Le but, c'est de minimiser les déchets et aussi de réduire les kilomètres parcourus par les matières et les produits. C'est un potentiel à la fois environnemental et économique.
Donc des modèles qui semblent bien fonctionner, Mais est-ce que ça suffit pour vraiment changer la donne?
Ils sont efficaces, oui, mais leur succès à grande échelle, ça dépend vraiment de la collaboration entre les différents acteurs de la chaîne et aussi d'un changement de perspective. Il faut voir au-delà du gain immédiat, sans oublier que l'image de l'entreprise compte de plus en plus. Le risque de greenwashing, d'éco-blanchissement, est réel. Il faut pouvoir prouver ses engagements.
Et justement, quels sont les obstacles majeurs qui freinent encore selon l'étude?
Alors, les freins principaux identifiés sont d'abord les coûts d'investissement au départ. C'est cité par 60%, c'est le premier frein. Ensuite, la difficulté à mesurer le fameux retour sur investissement, le ROI de la durabilité. Ça, c'est un vrai casse-tête apparemment. 80% de ceux qui doutent disent ne pas savoir le calculer.
Ah oui, c'est énorme, 80%.
Oui. Et enfin, la fragmentation des chaînes logistiques, c'est-à-dire d'acteurs différents, des intérêts qui ne convergent pas toujours et parfois un manque de confiance entre partenaires.
Face à ça, surtout la fragmentation, quelle est la clé alors? Qu'est-ce que l'étude met en avant?
La réponse est très claire, c'est la collaboration. Elle est jugée indispensable par 86% des répondants pour y arriver. Indispensable! Mais collaborer, ça ne s'improvise pas, j'imagine? Non, bien sûr, ça demande une gouvernance claire, des objectifs qui sont partagés par tous, une communication fluide, transparente. Ce n'est pas si simple. D'ailleurs, une majorité, 68%, envisagent de se faire aider par des partenaires externes pour la digitalisation, pour la gestion du changement par exemple. Donc si je résume, pour trouver l'équilibre, il faut jouer collectif, innover. L'étude parle de stratégies comme des supply chains plus adaptatives, plus agiles, et puis l'apport des technologies. Oui, tout à fait. On pense par exemple à l'intelligence artificielle qui peut aider à optimiser les tournées, à mieux prévoir la demande pour éviter les surplus, ou encore à la blockchain pour assurer une meilleure traçabilité des produits, des matériaux. Et puis il y a toute la gestion des risques climatiques, environnementaux, qu'il faut intégrer dans une vision à long terme, pas juste réagir aux crises.
Et la réglementation dans tout ça? Elle est vue comme un frein de plus ou au contraire comme un coup de pouce?
Plutôt comme un levier en fait, c'est assez positif. 70% des entreprises la voient d'un bon œil. Pourquoi? Parce qu'elle peut aider à créer des règles du jeu équitables pour tout le monde. Elle incite aussi à adopter de meilleures pratiques. On pense aux normes qui arrivent en Europe, comme la CSRD, ou aux discussions sur une taxe carbone.
Donc un rôle incitatif.
Donc pour conclure, on voit bien que marier performance économique et durabilité, c'est complexe, c'est un vrai défi. Mais l'étude le montre, ce n'est pas mission impossible. La clé, c'est vraiment un effort collectif, beaucoup d'innovation et cette capacité à regarder un peu plus loin que le bout de son nez, au-delà des coûts immédiats. La collaboration et la vision stratégique, c'est vraiment ça qui fera la différence.
Absolument. Et pour terminer, peut-être une question pour aller plus loin. Au-delà de ce que font les entreprises, de ce qu'impose la réglementation, dans quelle mesure est-ce que nous, en tant que consommateurs finaux, nos attentes, nos choix au quotidien peuvent vraiment peser pour accélérer cette transition vers des chaînes logistiques réellement durables C'est une question ouverte.










