Procurement Trends: Décryptage des Enjeux Clés pour les Achats

Max Henry and Anna Pourdeau break down the 2024 Procurement Trends study from Ipsos and Décision Achats. Only 31% of companies help suppliers transition to sustainable practices, and just 18% say they're fully compliant with environmental regulations. Yet 80% credit recent crises with strengthening procurement's role as a resilience driver.
Chapters
Bienvenue à La Supply, le podcast qui décrypte la logistique, les achats, leurs technologies et les tendances de la supply chain en France et à l'international. Avec Max Henry et ses invités, connectez-vous à l'avenir de la supply chain.
Bienvenue dans La Supply, votre rendez-vous hebdomadaire sur l'actualité et les tendances de la supply chain. Je suis Max Henry, fondateur du Global Supply Chain Council, et cette semaine, je suis accompagné d'Anna Pourdeau, experte en logistique et en achats.
Bonjour à tous. Cette semaine, nous plongeons dans les résultats de l'étude Procurement Trends 2024 menée par Ipsos et Décision Achats. L'objectif: comprendre les défis et évolutions du métier des achats, notamment autour de 3 axes majeurs: la RSE, la compliance et la création de valeur.
Exactement. On va voir comment les directions achats s'adaptent face aux nouvelles exigences environnementales et sociales, comment la réglementation transforme leurs pratiques et pourquoi les achats jouent un rôle clé dans la compétitivité des entreprises.
Un programme dense mais essentiel. Alors, commençons par la RSE et la compliance qui s'imposent aujourd'hui comme des priorités stratégiques.
L'étude révèle que la maturité RSE varie fortement selon les secteurs. Sans surprise, les entreprises du tourisme et des transports se considèrent parmi les plus avancées.
Oui, et c'est logique. Elles sont en première ligne sur les questions de réduction des émissions de CO2, avec des actions comme le recours aux biocarburants ou l'intégration de véhicules à faibles émissions.
À l'inverse, le secteur public et la santé-éducation se sentent moins matures sur ces sujets. Une des explications, c'est que ces secteurs font face à moins de pressions réglementaires directes ou qu'ils avancent à un rythme plus fragmenté.
Et pourtant, la RSE ne se limite pas aux questions environnementales. L'étude montre que les entreprises les plus avancées ont une approche globale intégrant aussi les enjeux sociaux, comme l'amélioration des conditions de travail ou la diversité des équipes.
Absolument. Mais ce qui est frappant, c'est que la taille des entreprises ne semble pas être un facteur déterminant. Ce sont surtout les entreprises avec un périmètre international qui se déclarent les plus avancées.
C'est souvent une question d'image et d'exigence des investisseurs. Les grandes entreprises cotées en bourse sont 82% à se déclarer impactées par la RSE, contre 74% pour celles non cotées.
Cela montre bien que la pression externe, qu'elle vienne des régulateurs, des investisseurs ou des clients, accélère l'intégration de la RSE dans les stratégies industrielles.
Et pourtant, un chiffre interpelle: moins d'un tiers des entreprises, 31%, a mis en place un dispositif d'accompagnement de leurs fournisseurs sur la transition RSE.
C'est un vrai sujet, car une entreprise ne peut pas réussir seule sa transition environnementale. Elle doit embarquer son écosystème de fournisseurs, notamment les plus petits qui ont moins de ressources pour évoluer.
L'autre grand défi qui ressort de l'étude, c'est la conformité réglementaire.
Oui, et c'est un point de tension. 70% des répondants jugent la conformité complexe mais maîtrisable, tandis que 27% estiment que la réglementation devient de plus en plus difficile à suivre.
Et pourtant, seules 18% des entreprises affirment être totalement à jour sur les textes réglementaires en matière de transition écologique et d'achat responsable.
C'est là que la digitalisation peut jouer un rôle clé. Beaucoup d'entreprises commencent à intégrer des outils pour automatiser la gestion de la conformité et faciliter le suivi des obligations légales.
D'ailleurs, l'IA est perçue comme une solution d'avenir, même si seulement 16% des répondants pensent qu'elle est déjà prête à être utilisée efficacement dans ce cadre.
Un autre point clé de l'étude, c'est que les achats ne sont plus seulement une fonction de contrôle des coûts. Ils jouent un rôle stratégique dans la création de valeur.
Les crises récentes, qu'il s'agisse du COVID, des pénuries ou de la crise énergétique, ont mis les directions achats sous le feu des projecteurs.
Exactement. Elles ont dû gérer des approvisionnements critiques, sécuriser des stocks et repenser leur stratégie de sourcing. Résultat: 80% des répondants estiment que ces crises ont ont renforcé le rôle des achats dans leur entreprise.
Mais il y a aussi des défis. L'étude montre que dans certains secteurs, les fournisseurs ont gagné en pouvoir, notamment dans le tourisme et le transport, où la reprise post-COVID a créé une tension sur l'offre.
C'est un équilibre à trouver. La clé, c'est d'établir des relations plus collaboratives avec les fournisseurs, basées sur une co-construction de valeur plutôt qu'une simple négociation de coûts.
C'est justement ce que certaines entreprises commencent à faire. 34% des répondants ont déjà mis en place un dispositif de co-construction ou prévoient de le faire.
Et pourtant, 66% n'ont toujours pas initié de démarches, ce qui montre qu'il y a encore un décalage entre l'ambition et la mise en œuvre opérationnelle.
Si on devait résumer, l'étude met en lumière 3 grandes priorités pour les directions achats en 2024. La première est de fixer des objectifs clairs en matière d'achats responsables et les piloter efficacement. La deuxième est d'anticiper les évolutions réglementaires et intégrer les critères RSE dans les appels d'offres. La troisième est de travailler en synergie avec les fournisseurs pour structurer une chaîne d'approvisionnement plus durable et résiliente.
Et l'un des leviers les plus puissants pour y arriver, c'est d'intégrer des critères de performance RSE dans la rémunération variable des acheteurs.
Oui, mais pour l'instant, c'est encore une pratique émergente. Seuls 41% des directeurs achats et 34% des catégories managers sont incentivés sur la RSE.
Cela montre bien que la transition est en cours, mais qu'il reste encore du chemin à parcourir pour aligner réellement la performance économique et la durabilité.
Une chose est sûre, les achats sont à la croisée des chemins. Loin d'être un simple centre de coûts, ils deviennent un moteur de transformation pour les entreprises. Oui, et l'étude Procurement Trends 2024 nous le confirme. Les entreprises qui réussiront seront celles qui sauront intégrer la RSE, digitaliser leur conformité et renforcer leur partenariat avec leurs fournisseurs.
Merci à tous d'avoir suivi cet épisode de La Supply. Et si vous voulez continuer la conversation, rejoignez-nous sur chainpoint.net pour échanger sur ces sujets et découvrir les meilleures pratiques du secteur. À très bientôt pour un nouvel épisode.










