Interview a BFM Tv Var- Provence : qui consulte le plus chez le psy ? 26 janvier 2026

Two-thirds of psychotherapy appointments in France's Var region are booked by women, with 18-34-year-olds making up 37% of consultations. Psychologist Mélanie Berthaud says her practice is dominated by female clients, especially women over 70 dealing with loneliness after retirement. Young people cite social media pressure and COVID isolation as drivers of anxiety and sleep disorders.
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La première question ce matin, c'est Laura. Laura, ce matin on parle d'une étude, tout à fait, une étude Doctolib qui est sortie et qui révèle que 2 rendez-vous chez le psy sur 3 sont pris par des femmes.
Qu'est-ce que ça veut dire? Qu'est-ce que ça révèle aussi, surtout sur notre territoire?
Eh bien, ce qu'on se demande, c'est est-ce que le Var est un département où les femmes consultent plus? On peut répondre à cette question, mais on va vous dire également qu'il y a les plus jeunes, les 18-34 ans, qui représentent aussi une part significative des consultations sur la région. 37%, figurez-vous, à l'échelle régionale. Les 18-34 ans, c'est beaucoup quand même. Tout à fait. Notez que le Var, plus précisément, est le 3e département où l'on consulte le plus, derrière les Bouches-du-Rhône mais aussi les Alpes-Maritimes. C'est 19% des consultations. Alors, est-ce que ce sont des tendances qui se confirment chez les psychologues, les plus jeunes et les femmes? Eh bien, bien sûr que oui, si l'on en croit plusieurs psychologues avec lesquelles nous avons pu nous entretenir, et notamment Mélanie Berthaud. Elle reçoit majoritairement des femmes dans son cabinet.
Les femmes consultent davantage. Alors pourquoi? Parce que les femmes ont une charge mentale et émotionnelle très importante. On sait, je ne vous apprends rien. La parole commence à circuler de façon beaucoup plus libre de ce côté-là. Donc les femmes consultent parce qu'il y a un trop-plein et quand le trop-plein déborde, on observe la fatigue chronique, l'irritabilité, un sentiment d'échec aussi et de ne plus y arriver. C'est quelque chose qui se reflète beaucoup dans les consultations, de ne plus y arriver, de ne plus pouvoir en fait. Vraiment un sentiment d'impuissance très important.
Cette professionnelle, figurez-vous qu'elle voit des femmes de plus en plus âgées consulter, 70 ans et au-delà, des femmes qui avaient une carrière professionnelle bien remplie, pleine de relations sociales, et qui ressentent un petit peu une solitude, une perte de sens. Mais ça, rappelez-vous, Yatel, on en avait parlé lors d'un précédent BFM et vous, plus précisément sur cette solitude des personnes âgées. Il y a des similitudes. On avait dit que les personnes âgées justement profitent de la retraite pour s'installer chez nous, profiter du climat, mais il n'y a plus leurs amis, il n'y a plus forcément la famille qui peut venir les voir tous les jours, et il y a la perte de l'un des deux êtres aimés. Voilà, il y a un risque d'isolement. Ça peut aussi expliquer un petit peu cela. Donc on a parlé des femmes, Laura, qui consultent plus que les hommes. Jusque-là, c'est pas très surprenant.
Et les jeunes qui consultent donc de plus en plus également.
Mais parce qu'il y a une telle— les jeunes entre 18 et 34 ans, qu'est-ce qui leur est arrivé il y a 5 ans? Ils étaient en Covid, dans la période Covid très exactement. On les a coupés de leurs liens sociaux, de leurs liens avec le monde scolaire, le monde de l'école. Donc pour les plus âgés d'entre eux si je puis dire, avec également le monde professionnel. Plus d'amis dans les bars et les restaurants non plus, ils ont beaucoup souffert du confinement. Il y a un avant et un après Covid selon les professionnels. On peut parler aussi, parlons de la jeunesse, de ce que l'on désigne comme le mal de leur époque: les réseaux sociaux. Beaucoup de jeunes ressentent une pression qui les pousse à consulter.
Cette plateforme des réseaux sociaux implique qu'il y ait une comparaison permanente. Jour et nuit, donc une injonction à la réussite, une injonction au bonheur. Et donc ces jeunes-là sont en train de se construire sous le regard des autres. Et cette pression a des effets, évidemment des effets délétères sur la santé mentale, comme notamment une difficulté à symboliser. Donc beaucoup de jeunes arrivent avec de l'anxiété, des troubles du sommeil, des attaques de panique, et puis des symptômes somatiques.
Oui, globalement, du coup, ce que ces professionnels rencontrent, c'est de plus en plus de consultations ces dernières années. C'est la conclusion. Donc on peut dire aussi que c'est un des tabous qui sont levés.
On ose plus aussi pousser les portes des psychologues. Comment on explique aussi cette tendance à plus consulter?
Eh bien, il y a une telle— les politiques publiques ont fait beaucoup de choses pour mettre en avant ces questions de la santé mentale. Donc forcément, ça aide. Bon, on a parlé du mal des réseaux sociaux tout à l'heure, mais il faut dire aussi que parfois cela peut aider les influenceurs, notamment avec le hashtag. Simplement santé mentale, ont contribué, eh bien, à la fin de ce tabou, à la levée de cette chose dont on ne parle pas, sa consultation, son envie d'aller voir le psy parce que l'on va mal. Beaucoup de personnalités ont également pris la parole. Kyan Khojandi a parlé de sa dépression après le tournage de Bref 2. Nicolas Demorand également, le présentateur de la matinale de France Inter, a révélé sur la radio publique mais aussi dans le magazine Le Point, on se rappelle de ce titre, je suis un malade mental. Il explique qu'il est atteint de bipolarité. Alors cette libération de la parole, forcément, elle pousse les ados, les jeunes adultes à s'intéresser à leur santé mentale. Concrètement, les professionnels voient un vrai pitch.
Les personnes voient plus l'apport de ces soins qui sont vus comme des outils, des ressources, des sessions orientées solutions. Et en parallèle, il y a aujourd'hui effectivement des rythmes de vie qui n'étaient pas là il y a des dizaines d'années, une surabondance d'informations, des situations de crise au niveau du travail, des remaniements de la façon de travailler. Donc ça amène forcément des changements de vie et du stress.
Est-ce que ça a justement changé la façon d'exercer à ces psychologues?
Oui, ces professionnels de santé ont dû forcément s'adapter. Ce que nous explique cette praticienne parisienne, c'est qu'elle propose désormais des accompagnements plus courts, pas pour négliger la qualité, mais parce que maintenant les gens veulent agir tout de suite, même s'ils ont moins le temps. Ils veulent prendre la balle au bond, comme on dit. Elle explique se former aussi constamment à de nouveaux protocoles.
Je fais partie de cette génération de psychologues qui n'a pas arrêté de se former et surtout sur les dernières avancées issues des neurosciences ou des sciences cognitives et aussi venant de tout ce qui est psychobiologie aussi. On parle même en fait de psychiatrie, de psychologie de précision aujourd'hui. Donc c'est sûr que si on n'est pas dans cette démarche-là, ça ne permet pas en fait de pouvoir avoir, en fait de capitaliser sur les bénéfices que l'on sait que l'on a avec ces protocoles-là, c'est sûr.
Notre praticienne toulonnaise que vous avez vue en début de chronique, en revanche, elle explique chercher de nouvelles thérapies, par exemple ce qui s'est beaucoup démocratisé, l'hypnose, mais aussi d'autres pratiques comme par exemple le yoga, la méditation ou pourquoi pas l'écriture.
D'accord. Laura, il y a quand même une bonne nouvelle. On dit que les hommes consultent moins que les femmes, mais il me semble tout de même que ces dernières années, ils consultent quand même de plus en plus.
En tout cas, c'est ce qu'on remarque à Toulon. De plus en plus d'hommes, mais alors pas n'importe quelle consultation, surtout les thérapies de couple. Vous allez me dire forcément, si c'est la femme qui décide, la femme qui prend les hommes par la main, effectivement les hommes, ils vont plus volontiers. Mais il faut quand même noter cette évolution. Les hommes sont désormais plus enclins à parler de ce qu'il se passe dans leur couple. Et peut-être qu'on obtiendra à terme le résultat décrit par notre psychologue parisienne qui, elle, dit voir autant d'hommes que de femmes dans son cabinet. Alors c'est difficilement copiable à l'échelle de la région ou même au niveau national. Ça ne se confirme pas dans tous les cabinets, loin de là. Quand on regarde les chiffres de cette fameuse étude Doctolib parue le 13 janvier, on remarque que ce sont toujours les femmes chez les 18-24 ans qui prennent le plus de rendez-vous. Elles en prennent 75% contre 25% pour les hommes. Et toutes tranches d'âge confondues, c'est la même chose. Les hommes sont à 33% de prise de rendez-vous contre 67% pour les femmes. Yentl, ce qu'on peut noter, ce sont 2 bonnes nouvelles. D'abord, la démocratisation de cette question de la santé mentale. On s'y intéresse beaucoup plus. Deuxième bonne nouvelle pour vous, Yentl, c'est que selon Doctolib, on est jeune encore à moins de 34 ans.
Ah, vous avez égayé ma journée, Laura, merci beaucoup. En tout cas, effectivement, les tabous sont aussi levés et c'est important de le dire.
Il paraît que c'est tendance, vous allez continuer. Des hommes qui nous regardent vont se dire mince, il faut pas qu'on aille prendre des rapides, il faut peut-être aussi qu'on se focalise sur d'autres problèmes.
Tout à fait, exactement, exactement. Essayer de pousser. Alors on n'a pas parlé, Laura, mais effectivement, c'est quand même, ça représente un coût aussi financier.
Bon, peut-être on en parlera dans une prochaine chronique, mais c'est vrai que ça représente un coût financier parfois, c'est un investissement investissement à faire. Merci pour toutes ces
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