Endetté ou millionnaire ? Le pari fou d'un repreneur - Banquiz (Jérôme Fourest)

In this French‑language interview, host Philippine Dolbeau talks with entrepreneur Jérôme Fourest about his unconventional career path and the acquisition, scaling, and social mission of Banquise (also called Banquiz), a fleet of mobile grocery trucks that serve rural France. Fourest explains how he financed the buy‑out through a leveraged‑buy‑out (LBO) with seller reinvestment, the operational overhaul he implemented (reducing product assortment, switching vehicle types, hiring commercial sellers), and the rapid growth to 35 trucks serving about 21 000 households. A large part of the conversation focuses on the company’s social purpose: combating food deserts, supporting local producers, and addressing the needs of an aging population that wishes to stay at home. Fourest outlines a low‑capital franchising model that invites local entrepreneurs in the Massif Central, Occitanie, and Nouvelle‑Aquitaine to open 1‑5 trucks for an investment of €20 k‑€100 k, positioning franchising as the main lever to expand the mission. He also shares personal challenges, including a serious health setback, and reflects on leadership lessons such as the importance of meeting people, being responsive on LinkedIn, and balancing speed ("alone we go faster") with collaboration ("together we go farther"). The interview ends with a light‑hearted wish for Fourest’s future wealth and a reminder for listeners to help by becoming franchisees.
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me dit mais il y a la reprise d'entreprise. Je dis mais j'ai pas d'argent. Et elle me dit l'argent c'est jamais un problème, il y en a partout. Et grâce à ça, mon apport est passé d'un certain montant à x3. J'ai appelé 700 boîtes de M&A pendant 2 mois, je vous jure que c'est vrai. Je me suis levé à 3h du matin avec une espèce de vision qui s'est dit mais c'est incroyable, en fait c'est un commerce sans point de vente puisque Bankiz sont des camions magasins et qui viennent livrer les particuliers ou vendre aux particuliers directement chez eux. Il y a un énorme boulevard à prendre. Le jour où tu signes la reprise de Bankiz, tu Ma femme qui était présente pour le petit cocktail et elle me dit, je comprends pas très bien. Il y a la moitié de la salle qui me dit que t'es endetté pour 20 ans et l'autre qui me dit que t'es déjà millionnaire. Je dis, c'est peut-être un peu des deux. Quand tu augmentes quelqu'un et que la personne qui te regarde dans les yeux sait que cet argent-là, c'est le tien en fait, ça a une saveur pas du tout du tout la même. T'as 3 vies quand t'es patron. Tu apprends, tu prends, tu rends. Si vous voulez cartonner, il faut reprendre une boîte de merde.
On imagine souvent qu'il faut avoir beaucoup d'argent pour reprendre une entreprise. Mon invité, vous allez le voir, est la preuve du contraire. Il y a quelques années encore, il ne se voyait pas du tout comme un repreneur. Et puis une crise personnelle, un accompagnement et une rencontre avec le monde de la reprise changent sa trajectoire. Aujourd'hui, il dirige Banquise. C'est une épicerie rurale itinérante qui sillonne le grand Massif central en France avec 35 camions. Il sert plus de 21 000 foyers et porte une mission simple: lutter contre les déserts alimentaires en France. Mais derrière cette réussite, vous allez le voir, mesdames et messieurs, et vous allez l'entendre surtout, il y a aussi des choix difficiles, des montages financiers, des transformations profondes et une question centrale, la suivante: comment reprendre une entreprise sans perdre son âme? Bonjour Jérôme.
Bonjour Philippine.
On est très content de te recevoir. Jérôme Fourest pour celles et ceux qui nous écoutent. Alors on est aussi disponible bien sûr et on le dit à nos auditeurs sur YouTube en vidéo. Alors toi tu as un parcours là aussi très, très atypique. J'ai l'impression que je dis ça à chaque épisode de Lève-moi la prise, mais le fait est que vous avez tous des parcours atypiques et c'est ça qui est chouette dans cet épisode, dans les épisodes et notamment de celui-ci. Quand on remonte un petit peu quelques années avant la reprise de Banky's, est-ce que tu veux bien nous expliquer ce que tu faisais? À quoi ressemblait ta vie? Est-ce que tu te voyais déjà entrepreneur?
Alors pas du tout. Merci de me faire revenir un petit peu en arrière. 23 ans maintenant. Je suis sorti d'école de commerce en 2003 et j'ai eu la chance de rencontrer les fondateurs de l'Atelier des Chefs, les cours de cuisine. Et j'ai été ce qu'on appelle, j'ai appris le terme récemment, un late founder, donc le premier salarié. Ils étaient 4, j'étais le numéro 5, c'était sur ma fiche de paie. Et j'ai accompagné cette magnifique entreprise de 0 à 10 millions de chiffre d'affaires en étant l'éternel numéro 2, c'est-à-dire deuxième ou dernier quand on est 2 et puis un peu plus haut quand on est 100. Et j'en suis parti directeur financier, ce qui m'a énormément appris et en l'occurrence, qui aura certainement un lien avec ce qu'on va discuter aujourd'hui. J'ai fait ma prépa finance, on va dire, à l'Atelier des Chefs. Et puis après, j'ai eu la chance de diriger la Maison du Whisky aux côtés de Thierry Benita, qui est un distributeur de spiritueux spiritueux haut de gamme, magnifique, très forte croissance, 30 par an depuis 95 sans discontinuer. C'était une boîte qui était passée de 1,5 million à 70 quand on y était. Et puis maintenant, c'est encore plus du double. Et ensuite, j'ai été appelé par la Comtesse du Barry, le foie gras, dont je n'avais jamais entendu parler parce que je faisais à l'époque partie des moins de 40 ans et qu'on avait une notoriété de 98 au-delà de 50 ans et de 30 en dessous de 50 ans. Et donc, je faisais partie de ceux qui connaissaient pas et j'ai dirigé cette entreprise pendant 7 ans pour une coopérative qui s'appelle Maïsadour, donc des agriculteurs. Et je me suis éclaté là-bas et c'était une société pas en très bonne forme, on va dire. Et on a fait un gros travail sur le modèle économique, notamment la franchise, ce qui va nous amener sur le parcours après. Et comme tu l'as dit en introduction, j'ai quitté juste avant le Covid. Ça n'avait rien à voir et j'ai fait un coaching qui a changé ma vie.
Alors c'est ce que j'allais dire parce que c'est ce moment charnière dans ta vie, je crois, autour de la quarantaine, avec un accompagnement qui va changer le regard que tu te portes à toi-même et sur l'entrepreneuriat. Qu'est-ce qui s'est passé?
La coach que j'ai vue, et je conseille vraiment cet investissement à tous ceux qui peuvent nous écouter, ça coûte 2-3000 balles, mais c'est vraiment, mais tellement rien par rapport à ce que ça peut apporter, me dit racontez-moi votre parcours. J'ai dit ouais, j'ai commencé, j'ai fait HEC, machin. Elle me dit non, non, non, non, non, non. Quand vous avez 5 ans, vous faisiez quoi? À quoi vous jouiez? Vraiment.
Parcours de vie.
Et elle m'a raconté exactement parcours de vie. Je connaissais, c'est vraiment ça. Et donc on est parti sur 4 séances d'1 h 30 où j'ai raconté tout et à chaque fois, elle me posait des questions. Et là, il s'est passé quoi? Et ton premier licenciement? Et à la fin, elle me regarde et me dit, mais attendez, vous êtes fait pour être entrepreneur. Et je lui dis, bah oui, mais moi, voyager en seconde, dormir sur les canapés et aller au McDo pour manger le midi et le soir, j'ai déjà donné. J'aimerais bien changer un peu. Et elle me dit, mais il y a la reprise d'entreprise. Et je dis, mais j'ai pas d'argent. Et elle me dit, mais ça, c'est pas un problème. Et là, ça a commencé à faire un petit chemin et en quelques mois seulement, je me suis mis à chercher, à trouver et même à racheter en 9 mois.
Une rencontre qui change donc ta vie avec aussi, j'imagine, un changement de perspective parce qu'on est quand même très nombreux à penser que la reprise d'entreprise, ça nécessite quand même beaucoup d'argent.
Alors il y a plusieurs types de reprises et j'ai une admiration sans faille pour les gens qui osent faire de la reprise à la barre du tribunal ou des entreprises qui perdent parce qu'évidemment que c'est pas cher au départ. Mais que le coût du redressement peut parfois être compliqué. Il y a des gens qui le font très bien. Le groupe qui a repris Tupperware, etc. Et je crois qu'ils sont passés sur votre émission. Donc ça, c'est vraiment un métier à part. Mais normalement, quand on rachète une entreprise avec ce fameux montage qu'on appelle le LBO, donc on appelle ça dans le jargon MBI quand l'entrepreneur vient de l'extérieur, on achète une entreprise qui gagne dès l'achat de l'argent et qu'on va payer un multiple du résultat. J'ai eu une rencontre qui a été aussi fondamentale dans ma reprise, c'est des gens qui s'appellent Entrepreneurs et Finances, que j'ai rencontrés complètement par hasard. Pour la petite anecdote, j'avais vu un fonds d'investissement que je ne peux pas citer, qui m'a dit, vu que moi, je pourrais pas pitcher sur ton truc, je vais te donner les coordonnées d'Entrepreneurs et Finances, mais dis pas que c'est moi qui te les ai données parce que nous, on déteste les avoir en face. Et donc voilà, parce qu'ils sont très bons. Et quand je suis arrivé, ils m'ont dit, si vous reprenez une entreprise, moi, j'avais des sociétés qui faisaient entre 200 et 300 salariés. Si vous reprenez une entreprise qui fait 10, 15, 20 personnes où vous êtes un homme orchestre et vous jouez de tous les instruments, vous allez vous planter parce que vous n'êtes pas bon dans les RH, le marketing. Vous savez faire faire aux gens et vous êtes plutôt un chef d'orchestre et non pas un homme orchestre. Et donc, il faut reprendre une boîte plus grosse. Mais je lui dis, bah oui, mais le problème, c'est que moi, j'ai pas beaucoup de sous.
C'est le prix.
Exactement. Et en fait, ils m'ont dit, mais il y a une technique qui consiste et qui est incroyablement intelligente à dire, quand vous rachetez une entreprise, vous le rachetez avec en général une garantie de passif qui fait à peu près 10%. Et pour simplifier, plutôt que de proposer au cédant le prix qu'ils en voulaient, 100, en l'occurrence c'était pas 100 millions mais une base 100, eh ben je leur ai dit je vous propose 105. Par contre, j'aimerais bien que vous me prêtiez à titre perso la garantie 10 et les 5 que je vous paye en plus et je vous les rentrerai plutôt dans 7 ans. Et grâce à ça, mon apport est passé d'un certain montant à x3. Et en fait, en faisant réinvestir les cédants, et évidemment faut que les cédants soient partants, Ça rassure les banques, ça rassure les financiers. Ça nous a permis d'être accompagnés et en plus, on leur dit, vous allez investir dans un outil, vous, votre argent que vous connaissez déjà, donc en l'occurrence. Et puis évidemment, on ne va pas se mentir, si les gars te disent, je ne suis pas sûr, tu dis, attendez, vous n'êtes pas sûr d'investir dans la boîte que vous êtes en train de me vendre? Ah bah si! Ah bah oui! Voilà. Et donc j'ai eu la chance d'être accompagné sur ce montage qui m'a permis en effet d'aller. Et ça marche avec des boîtes qui valent 5 millions, 10 millions, 15 millions, 20 millions, ça marche pareil.
Avant de rencontrer Bankin', cette entreprise donc que tu as reprise, qu'est-ce que tu espérais secrètement que la reprise change dans ta vie? Et est-ce que ça te faisait peur d'ailleurs?
J'ai pas eu trop le temps d'y penser. On était vraiment Covid. On est donc décembre 2020 au moment où je rencontre Entrepreneurs et Finances et je me mets à chercher selon leur méthode à partir de janvier. Leur méthode, c'est quoi? C'est que dans le monde de la reprise, vous avez les agents immobiliers. On appelle ça les boîtes de M&A. Les boutiques de M&A, les boîtes de fusac, peu importe comment vous les appelez, ce sont les vendeurs d'entreprises. Vous pouvez toujours trouver via le marché caché, c'est possible, j'en ai rencontré, mais c'est très rare. En général, un cédant qui veut vendre, il a pris une boîte de M&A et entre guillemets, comme une maison qui est en vente par le PAP ou une maison en vente par une agence, on est à peu près sûr que le cédant veut vendre. C'est quand même très souvent le je recule à la dernière minute. Pour cette raison-là, en gros, il faut les contacter et donc j'ai appelé 700 boîtes de M&A pendant 2 mois. Je vous jure que c'est vrai, 700 boîtes. Et tu resserres en 5 minutes, en 10 minutes, en un quart d'heure. Tu demandes, vous avez combien de temps? 3 minutes. OK, j'ai la version 3 minutes de ma fiche de cadrage. Et ensuite, au bout de— donc j'expliquais que je cherchais dans le Sud-Ouest, dans l'alimentaire, pas de GMS. Moi, je suis l'anti-GMS primaire.
GMS qu'on explique juste à nos auditeurs.
Voilà, la grande distribution. Donc voilà, le monsieur qui te reçoit dans un box et qui te coupe ta cravate, quoi. Et donc en étant en recherche, en appelant ces 700 boîtes, au bout de 2 mois, tu rappelles la première et tu lui dis bonjour, c'est Jérôme. Et elle te dit oui, le mec des boulons. Non, le mec de l'alimentaire. Ah oui, oui, oui, le gars en Bretagne. Non, le mec dans le Sud-Ouest. Ah mais oui. Et là, en l'occurrence, ça s'est passé comme ça pour moi. La personne que j'avais appelée 2 mois avant, qui avait toutes les infos, me dit ah mais j'ai un truc pour vous. Elle l'avait depuis 2 semaines, elle n'avait pas pensé à moi. Donc c'est Vraiment, si je peux passer un conseil aux gens qui aimeraient reprendre, il faut pas être dans le— il faut être dans le volume, vraiment dans le volume. Vaut mieux 700 appels de 3 minutes que 10 appels d'1 heure. Parce qu'en plus, un autre tips que j'aimerais donner, qui a été très utile pour moi, j'étais persuadé que les grosses banques d'affaires Rothschild, etc., ils avaient des sociétés pour nous. Bon, eux, ils vendent qu'à d'autres entreprises, en fait. Et en fait, le M&A est un métier tellement lucratif que tous les bons de ces boîtes-là, ils se mettent à leur compte. Donc finalement, le mec qui a le mandat pour vendre une boîte, c'est Monsieur Martin SARL. Et quand j'allais voir Monsieur Martin SARL, je me disais mais qu'est-ce que je vais perdre mon temps? Et en fait, lui, il a 2 dossiers. Voilà. Et donc il y a 300 mecs qui ont 2 dossiers et les grosses boîtes, ils ont 10 dossiers.
Donc c'est comme ça que tu tombes sur Bankiz.
Exactement.
C'est une entreprise que tu cherchais précisément ou une opportunité qui arrive à toi? On comprend qu'en fait, tu cherchais Enfin, tu avais quand même déjà bien défini ce que je voulais. Ce que tu voulais.
Exactement. Alors moi, j'avais les gens qui m'accompagnaient parce que vraiment, il faut se faire accompagner. C'est un parcours du combattant. Il y a des jours où tu as eu des super journées, d'autres où c'est plus dur, tu t'es pris des portes, etc. Et donc, j'ai vraiment eu la chance de trouver cette boîte un peu par hasard. J'avais donné comme spécificité pas de grande distribution alimentaire et moi, de 2 heures de Toulouse puisque j'habite Toulouse. Et donc, manque de pot, c'était à 1h50. Bon, c'est à Rodez. Et quand on m'a envoyé la boîte, on m'a dit des surgelés en Aveyron. Des boîtes que, voilà, donc autant te dire, j'ai dit bah non merci. Et on m'a dit mais regarde. Et c'est véridique. Je me suis levé à 3 heures du matin une nuit. C'est la seule fois de ma vie où ça m'est arrivé avec une espèce de vision qui s'est dit mais c'est incroyable. En fait, c'est un commerce sans point de vente puisque Banky's, ce sont des camions magasins et qui viennent livrer les particuliers ou vendre aux particuliers directement chez eux. Donc on a tous les ratios d'un retailer classique, d'un réseau de boutiques, donc des vendeurs, des marges, des achats, des coûts. Mais on a, à la place d'un loyer, d'un droit de bail, des travaux, un camion et un peu d'essence. Donc j'ai eu cette vision en me disant mais le commerce sans point de vente, il y a un énorme boulevard à prendre. Et je me suis dit surtout, c'est un métier franchisable. Et ça, c'était une de mes compétences. Parce que ça aussi, peut-être, il faut le dire aux repreneurs potentiels qui nous écoutent. Ça va déjà être compliqué, la reprise, les salariés, le changement d'entreprise, le changement de taille de société. Donc prenez quand même quelque chose que vous savez déjà faire. Il y a Jack Ma, le fondateur d'Alibaba, qui dit de 20 ans à 30 ans, follow good boss, suis un bon patron. 30 ans à 40 ans, si tu veux tenter quelque chose, t'as le temps parce que tu peux tomber, te relever, t'as pas trop de charges, etc. Et à 40 ans, moi je venais d'entendre, de passer les 40 ans, Do what you are good at, c'est-à-dire fais ce que tu sais déjà faire. Excellent.
Bon conseil que tu as donc appliqué. Le jour où tu signes la reprise de Bankies, tu ressens quoi? Peut-être d'abord, et tu nous en as parlé, la satisfaction d'avoir réussi un montage quand même financier auquel tu n'avais pas forcément pensé initialement, mais qui s'est fait, etc. Ou surtout la pression de devoir, ça y est, maintenant prouver que tu avais raison et qu'on va y arriver.
Alors, le jour J, je m'en rappellerai toute ma vie. On s'était donné rendez-vous à 7 h du matin dans un petit café juste avant de monter et il m'a mis une chanson dans les oreilles de mon conseil qui était la kiffance, en me disant vas-y, kiffe! Voilà, donc j'ai eu cette chanson pendant toute la journée dans la tête et on s'est retrouvé une quinzaine autour de la table. Et en fait, tout se passe en signature électronique aujourd'hui. Donc il y avait les banquiers, les fonds d'investissement, il y avait les cédants, il y avait avocats décédants, les avocats de moi, il y avait les commissaires aux comptes. Je pense qu'on était peut-être plutôt 20. Et tout le monde a son ordinateur et en fait, personne ne parle parce qu'en fait, tout le monde clique. Nous, il y avait 70 documents. Et au moment du dernier document, vraiment du dernier, c'est-à-dire celui qui payait le prix, et je savais qu'en cliquant, ça allait faire le virement, j'ai levé la tête pour rechercher un regard et il n'y avait personne qui me regardait. Et là, il y a eu une espèce de grand vide de Est-ce que je... Et là, tu cliques. Et là, en fait, je pense que ça a mis un pop-up à tout le monde. Et là, t'as tout le monde qui lève la tête en faisant, bravo! Et là, j'ai réalisé. Mais le moment où j'ai signé, j'étais tout seul. Et ça, c'était un moment de grâce qui était... Voilà. Et alors après, donc pour répondre, j'étais pas inquiet sur la suite du tout. Et d'ailleurs, ça s'est passé pas du tout comme prévu. Mais j'étais pas inquiet sur la suite. Par contre, ma femme, qui était présente pour le petit cocktail après, il y avait des fonds d'investissement. Et il y avait des banquiers. Et elle me dit, je comprends pas très bien. Il y a la moitié de la salle qui me dit que t'es endetté pour 20 ans et l'autre qui me dit que t'es déjà millionnaire. Et je dis, c'est quoi? Et je dis, c'est peut-être un peu des deux. Voilà, donc aujourd'hui, j'ai pas encore la réponse.
On verra. Tu reviendras nous en parler en tout cas et nous donner ton partage d'expérience. Tu signes et ensuite vient donc ce fameux premier jour, premier jour aux commandes de Bankiz. Il y avait déjà combien de salariés?
Alors, on était 42 à l'époque. 55 maintenant. Juste avant, donc vous savez qu'il y a, on doit demander aux salariés parce qu'ils sont prioritaires sur le rachat d'une entreprise, etc. Donc ils étaient au courant, je les avais déjà ronds. Alors je les avais pas vus, mais ils avaient vu une vidéo que j'avais enregistrée, je crois.
D'accord, où tu t'adressais aux salariés?
Et parce qu'en fait, la spécificité chez nous, c'est qu'on a au siège social de Rodez, on est 8.
D'accord.
Et tout le monde est sur le territoire en Lozère, dans le Cantal, Creuse, Haute-Vienne, Corrèze, Tarn, Aveyron, etc. Et donc j'ai pas vu tous les salariés avant au moins... Je les ai vus... Je les ai vus un an après, vu ce que je vais vous raconter. Et donc ça s'est passé de fait. Par contre, l'avantage, c'est que quand vous vous entendez bien avec les cédants, moi c'était mon cas, j'étais déjà dans la boîte depuis 2-3 mois en fait. Enfin, je venais régulièrement, je travaillais sur des dossiers. Le jour 1, en fait, c'était pas vraiment un jour 1, c'était un jour 30 en fait.
Donc les équipes t'avaient déjà bien accueilli en fait?
Oui, enfin, ils savaient que ça devait se faire, etc. Et donc ils avaient À un moment donné, vous êtes obligé de vous dévoiler. De toute façon, c'est pas la surprise. Tu arrives le matin et on te dit au fait la boîte a été rachetée.
Anyway, non c'est clair. Tant mieux d'ailleurs, tant mieux. Tu reprends donc une entreprise qui a une histoire, une culture, des habitudes, des anciens dirigeants aussi. Quelle est ta première priorité?
On avait jusqu'à mon arrivée des camions poids lourds et comme on avait des poids lourds, on avait des difficultés monstrueuses de recrutement. Nous, nos vendeurs aujourd'hui qui passent donc leur journée à passer chez des clients vendre des produits alimentaires étaient donc des chauffeurs poids lourds à qui on avait demandé de vendre. Et la priorité, ça a été de réduire l'assortiment, travailler la gamme, réduire et optimiser le stock pour pouvoir changer les camions de poids lourds en véhicules légers, c'est-à-dire des véhicules 3,5 tonnes et passer de chauffeurs à qui on essaie d'expliquer comment vendre à des vendeurs qui conduisent. Et ça, ça a été le changement fondamental qui nous a permis d'aller chercher des commerciaux, des commerçants, des jeunes. Parce que les gens qui passent le permis poids lourd aujourd'hui, c'est des gens qui aiment soit faire du Paris-Pologne et puis dormir dans leur camion, être tranquille, écouter des podcasts brillants, etc. Et soit au contraire faire des petits stops en France. Voilà, mais c'est pas forcément des gens très axés clients.
Aujourd'hui, Banky's, c'est 35 camions c'est ça?
Oui.
21 000 foyers servis, plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires. À quel moment tu te dis que tu n'es plus seulement un repreneur, mais un entrepreneur en fait à part entière?
Alors c'est vraiment, je te remercie de me donner l'occasion de le dire parce que c'est le passage de, en fait ça paraissait pas réel quand, et donc je prends un exemple, j'avais du mal encore à me dire bah tiens je prends un saucisson pour l'amener à quelqu'un, etc. Je demandais à ce qu'on me le facture Et à un moment donné, ma comptable, elle me dit, mais enfin, monsieur, c'est vous le patron, donc en fait, vous prenez un saucisson si vous prenez un saucisson. Et donc, j'ai eu du mal à me considérer vraiment comme propriétaire. C'est plus patron, je l'étais déjà. Et donc ça, j'assumais la position de patron, mais la position de propriétaire. Et je pense que ce qui a changé vraiment radicalement, c'est la première fois que j'ai annoncé des augmentations à mes 2 salariés proches et à certains autres salariés. Quand tu augmentes des gens, pour tous les managers qui ont eu des budgets en disant tu as ton équipe, il faut que ce soit 2%, donc tu vas donner 4% à l'un, 0 à l'autre, etc., c'est pas ton argent. Mais quand tu augmentes quelqu'un et que la personne qui te regarde dans les yeux sait que cet argent-là, c'est le tien en fait, et qu'en gros si tu lui donnes, c'est quelque chose en moins pour toi, ça a une saveur pas du tout, du tout la même. Et donc je pense que c'est ça qui m'a vraiment fait passer le cap d'être entrepreneur, la première augmentation.
On va passer aux choses un peu plus difficiles aussi parce que reprendre une entreprise, c'est aussi plein de surprises, des bonnes surprises, on va en parler dans un instant. D'abord, je voudrais que tu nous racontes peut-être, si tu veux bien en tout cas, si tu l'acceptes, ce qui n'était pas prévu et ce qui s'est malgré tout passé, ce que tu as dû gérer en tant qu'entrepreneur.
Alors, ce qui s'est passé, c'est que ça peut arriver à tout le monde. Au bout de 4 mois de reprise, je suis tombé malade et j'ai été absent un an.
Ah oui, d'accord.
Et j'ai eu une chance incroyable d'avoir recruté juste avant mes 2 bras droits qui sont aujourd'hui mes 2 associés puisque je les ai fait rentrer au capital en rentrant, Yohan et Paul, qui ont assuré comme des bêtes et En plus, j'avais eu, grâce à Entrepreneurs et Finances dont je parlais au départ, la capacité d'écrire un plan de 60 pages dans lequel j'avais expliqué ce qu'on allait faire en 1, 2, 3, 4, 5 ans. Et je l'avais écrit sur Word. Petit conseil à mes amis repreneurs puisque évidemment, les fonds d'investissement, ils vont faire Ctrl+C, Ctrl+V et donc copier-coller. Donc c'est mieux qu'un PowerPoint. Et quand je suis rentré donc de ce problème de santé, mes deux bras droits m'ont dit, bah patron, on a fait ce qu'il y avait marqué de faire la première année. Donc incroyable merci, incroyable chance d'avoir su m'entourer avant. Alors c'est l'œuf et la poule. Est-ce que j'ai— est-ce que j'avais eu la chance de tomber sur eux? Est-ce qu'eux avaient eu la chance de tomber sur moi? Je ne sais pas. Mais en tout cas, aujourd'hui, on est un trio extrêmement complémentaire. On a à 3 l'ensemble des qualités que personne ne peut avoir et on est un trio dans lequel s'il en manque un, ça marche pas.
Et c'était qui ces garçons-là?
Alors il y en avait un avec qui j'avais déjà travaillé. Moi, j'ai une intelligence rationnelle, chiffres, méthodes, etc. Et je suis un admirateur forcené des gens qui ont deux intelligences, celle de la main et celle de la créativité. Moi, vous me mettez une feuille blanche, je sais pas faire quelque chose, j'ai pas d'idée en fait pour faire quelque chose. Par contre, donc, je suis très admiratif des gens qui ont cette créativité et notamment le palais, P-A-L-A-I-S, pour pouvoir faire une sélection produit. Et donc, mon premier bras droit, Yoann, il était chef de cuisine, il a au crayon, du casse et ensuite, il a eu son restaurant étoilé à Saint-Mathan, dans le Gers. Et mon autre bras droit, Paul, lui, c'est un Aveyronnais de sang et de cœur et c'est une machine à résoudre des problèmes. Et donc, en gros, dès qu'il y a une merde, en fait, la merde est gérée et en gros, il t'appelle après en disant bon bah, il y a eu ça, mais c'est fait. Et donc, en fait, ces deux qualités que je n'ai pas, la créativité, le marketing et le goût et puis l'intelligence émotionnelle aussi qu'ils ont tous les deux de pouvoir driver des gens qu'ils côtoient au quotidien. C'est deux qualités que j'aimerais bien acquérir un jour, mais je préfère les avoir autour de moi.
Oui, c'est ça, vous êtes très complémentaires.
Et je pense qu'un autre mec comme moi dans la même pièce, ça serait compliqué.
Bon, bravo en tout cas de vous être trouvés parce que c'est vrai que c'est quand même assez rare pour être souligné. Quand on reprend une entreprise, est-ce qu'on découvre davantage des problèmes opérationnels ou des problèmes humains?
Alors là, je sais pas qui peut dire opérationnel. Je vais dire, c'est que de l'humain. De toute façon, une société, c'est que de l'humain. Donc je vais dire, l'opérationnel, en général, ça a été géré. Et puis il n'y a rien qui n'est pas solutionnable. Ce qui est le plus dur, c'est toujours la gestion des hommes et des femmes, de driver plusieurs générations. Nous, on a, c'est marrant, on a dans nos vendeurs, on a une moyenne d'âge de 45 ans. On n'a personne entre 40 et 50. On a des 35 ans et moins et on a des 50 ans et plus. Donc la moyenne étant le plus beau déguisement du mensonge, en fait, on n'a personne de 45 ans. Et donc piloter des caractères, des hommes, des femmes de 30 ans et de 55, génération X, génération Z, c'est pas du tout la même chose. Ils n'ont pas les mêmes ressorts. Ils ont pas les mêmes attentes. Voilà, la question est... Comment on s'y prend? Bah déjà, j'ai la chance de faire partie d'un certain nombre de réseaux de patrons. L'APM qui est vraiment, je sais pas si vous connaissez, mais c'est incroyable cette association de patrons qui forme beaucoup. Le réseau Entreprendre dont j'ai été lauréat et maintenant accompagnateur. Le réseau, je crois que vous avez reçu quelqu'un il y a pas longtemps, le patron.
Tout à fait, le président.
Le big boss. Et d'autres clubs, la fédération de ton métier, etc. Et donc c'est en discutant avec d'autres dirigeants, en ayant les mêmes problématiques, qu'on arrive à prendre. Moi, en général, quand j'ai un problème, je demande à 3, 4, 5, 10 personnes et puis après je me fais un avis. Donc c'est grâce à ça qu'on peut trouver des clés. Maintenant, l'humain, enfin, si quelqu'un a trouvé la solution, je veux bien qu'il m'appelle.
C'est marrant parce que tu parles d'humain et tu disais en préparant cette interview qu'il existe parfois une inadéquation entre les profils des repreneurs et les entreprises qui sont disponibles à la vente.
Ça, c'est C'est une évidence.
Mais qu'est-ce que tu observes justement aujourd'hui sur le marché de la reprise? Il y a tellement d'entreprises à reprendre. Il y a beaucoup de repreneurs aussi. Mais qu'est-ce qui manque aujourd'hui pour les faire matcher?
Un peu comme il y a quelques années, c'est peut-être encore le cas, sur les gens qui, des milliers de gens qui passent un bac de socio et t'as 3 postes de psy et de sociologue et personne ne veut aller en usine fabriquer des Renault ou faire le ménage. En fait, aujourd'hui, la reprise, je sais que ce chiffre de 700 000 reprises dans les 10 ans à venir circule, en fait, ça fait 10 ans qu'il circule, c'est toujours le même. Et le fait que les baby-boomers vont partir, etc., c'est pas vrai, ils sont déjà partis. Ou alors, il y a encore des tontons flingueurs, ils auraient 75-80 ans aujourd'hui. Donc aujourd'hui, il y a une vraie inadéquation entre une grande majorité, 90% des 700 000 entreprises, c'est des boîtes de 1 salarié, d'accord? C'est monsieur, madame qui ont leur boulangerie. Et ça, nos métiers, les gens qui veulent reprendre, en général, ils veulent quelque chose avec du management intermédiaire, un savoir- faire spécifique, unique, non reproductible, avec... Enfin, j'ai vu des feuilles de cadrage dans tous les sens comme ça. Et en fait, le marché des 60 000 entreprises ou des 70 000 entreprises qui restent étalées sur 10 ans, donc 7 000, 7 000 divisé par 22 régions et sachant qu'il y en a 40% à Paris et que la moitié sont transmises aux enfants ou à des groupes industriels, il en reste quelques centaines Et il y a des milliers de repreneurs pour quelques centaines. Donc, les prix s'envolent, etc. Donc moi, mon conseil aujourd'hui, c'est horrible à dire, mais l'Atelier des Chefs fait des supers CAP. Mais si vous voulez cartonner, il faut reprendre une boîte de plomberie, d'électricité, machin, vous allez cartonner. Un plombier qui rappelle et qui vient dans le délai annoncé, je veux dire, vous pouvez facturer 3 fois le prix. Donc, ces métiers-là, il faut redonner du sens à ces métiers manuels parce que Il y a beaucoup de pépites. Des métiers vont disparaître complets. Je parle même pas de la vague IA, etc. Je parle vraiment des métiers comme ça. Et toutes ces boîtes-là, des boîtes qui ont 2-3 salariés, plombiers, machin, c'est là où il y a des coups à faire. J'ai lu un article hier sur LSA qui disait qu'il y avait un gars de 35 ans qui avait déjà 11 Monoprix. Ah ouais? Ben oui, c'est génial, en fait. J'appelle ça le bornier du royaume des aveugles. C'est-à-dire, en fait, si vous faites mieux que les autres un métier que personne n'a envie de faire, eh ben, vous allez cartonner. Alors qu'essayer de faire le meilleur outil IA en face d'Anthropic, voilà, vous n'allez pas y arriver. Donc choisissez un sujet peut-être facile ou peut-être, voilà, formez-vous. Et à mon avis, il y a des choses à faire parce que sinon tout le monde va se battre pour les quelques pépites de 40, 50, 70 salariés qui sont vendues aujourd'hui beaucoup trop cher.
C'est intéressant parce que tu parlais à l'instant de sens. Banquise, vous portez une mission très forte avec de sens, lutter contre les déserts alimentaires parce que ouais, ça existe en France, notamment dans les territoires ruraux où vous intervenez beaucoup. Comment on fait évoluer une entreprise tout en protégeant justement ce sens, ce qui fait son utilité sociale?
Ça va être un peu tarte à la crème ce que je vais dire, mais globalement, si on te forme quand même dans les écoles de commerce et dans n'importe quelle formation en te disant la mission de l'entreprise, tu dois te la poser avant chaque réunion, avant chaque truc, tu dois, attends, c'est quoi, comment, quelle est ma grille de lecture. Donc, en effet, chaque action qu'on fait, elle est toujours pensée en se disant est-ce que ça sert la mission? Donc de lutter contre les déserts alimentaires. Nous, aujourd'hui, on a la chance de faire un métier qui est, on va dire, très RSE avec un très gros S, un petit e. On fait notre énergie photovoltaïque, nos camions consomment moins de gasoil que les autres, etc. Mais on est plutôt S, le sociétal. Et donc, je pense que ça vient naturellement. Mais vous savez, c'est comme l'écologie, plus on en parle, moins on en fait. Donc moi, je préfère la faire plutôt que la dire. Et là, la mission sociétale qu'on a, elle est vécue par nos vendeurs. Je pense que si vous demandez à un de nos vendeurs épiciers si sa mission, c'est d'éradiquer les déserts alimentaires, il va dire oui, ça, c'est le patron qui dit ça. Mais en fait, eux, ils n'ont même pas besoin de le dire puisqu'ils le font. Et donc aujourd'hui, on est en contact tous les jours avec chaque vendeur. Aujourd'hui, il visite 40 clients par jour. Ces personnes-là, ils nous attendent. C'est un rendez-vous régulier. On rentre chez eux, on boit le café, à 11 heures du matin. C'est des particuliers, 21 000 foyers dans les milieux ruraux. Donc on parle d'une petite partie des 11 millions de personnes qui vivent à plus de 20 kilomètres aller-retour d'un supermarché. Donc c'est quand même un certain nombre. Il y a 30 000 villes et villages en France qui n'ont aucun commerce sur les 36 000. Alors évidemment, dans les 36 000, il y a Paris et Toulouse. Mais voilà, donc aujourd'hui, on vient adresser un vrai service, un vrai besoin en répondant naturellement à ce besoin qui est un océan bleu. C'est vraiment un endroit où on n'a pas de concurrents en fait. Nous, on sonne chez les gens quand on va chercher des nouveaux clients en prospection. On va sonner dans des villages. Je l'ai fait il y a 2 semaines avec mon prospecteur, c'était génial. Et les gens, ils t'accueillent pour boire le café. Et donc ils te disent, parlez-moi de vos produits et tout. Parce que quand t'es à la campagne, tu mets pas ton œil sur le petit Judas en disant, qui c'est? J'ouvre pas. Tu dis bonjour. Vous êtes qui?
Et ils achètent parce que j'imagine que c'est plus cher que la petite épicerie du coin?
Oui, un petit peu. On est légèrement, on est entre 5 et 15% plus cher à peu près. Ce qui, sur un panier moyen de 65 €, fait quelques euros, mais pour un service rendu incroyable. Je vous incite aussi, par les temps qui courent et canicule, à éviter de trimballer du surgelé dans votre coffre pendant... Ah là là, le marketing! Bah oui, évidemment, parce que nous, on arrive avec le camion réfrigéré, évidemment. Mais voilà. Et puis surtout, nous, la force qu'on a, c'est qu'on ne force personne à acheter puisque c'est pas une commande qui est livrée après. Nous, le camion vient à vous et donc quand on arrive, on dit, vous avez besoin de quelque chose? Oui, non? Ah ben non, j'ai besoin de rien aujourd'hui, mais promis, la prochaine fois, je vous prends. Mais c'est pas grave, madame, on reviendra. Bon ben non, non, mais si, je vais quand même vous prendre une confiture. Non, non, mais si, si, attendez, mettez-moi une confiture. Bon, tant que j'y suis, un petit saucisson.
Voilà.
Donc voilà, c'est la relation humaine, en fait. Et je pense qu'on nous pose souvent la question, l'IA, etc., comment vous allez la parce que c'est le... Il y a 20 ans, c'était oh là là, la digitalisation, vous y avez pensé? Voilà. Ensuite, il y a eu la RSE, vous y avez pensé? Là, maintenant, c'est l'IA, vous y avez pensé? Bon, OK. Donc, mais nous, cette vague IA, qui sont des super calculateurs qui nous gagnent du temps sur certains trucs, bien sûr, on ne va pas se mettre en porte-étendard, mais on va... La relation humaine, moi, je suis certain, et c'est mon optimisme peut-être qui dit ça, mais qu'il va y avoir une espèce de réveil de gens qui veulent du contact humain et tout. Et juste, Une petite parenthèse parce que ça m'a beaucoup touché. J'étais jury dans un jury de création d'entreprise pour des étudiants, des lycéens, là, il n'y a pas très longtemps. Et sur les 20 projets, il y en avait 3 qui étaient pour lutter contre la solitude des 18-20 ans en disant, il y en avait une application, c'était, et comme ça, on va se voir en vrai. Je dis, c'est-à-dire? Ben, on va se voir, quoi. Ah ouais. Donc si vous voulez, je pense qu'il va y avoir une espèce quand même de retour en arrière sur les réseaux sociaux, etc.
C'est marrant que tu dises ça parce que j'écoutais ce matin France Info et dans France Info, il y avait un reportage dans la matinale qui mettait en avant la solitude des jeunes pendant l'été. C'était un reportage sur le nombre de jeunes qui prennent la parole sur les réseaux sociaux en disant, mais en fait, moi, l'été, je le redoute tellement parce que je vois sur les réseaux sociaux les influenceurs qui kiffent leur vie, pour faire le lien avec la kiffance, les copains qui partent avec leurs copains ou leurs En fait, moi, je me retrouve tout seul et l'été, c'est super dur. Et donc, il y a des communautés qui se font par le biais d'applications ou sur les réseaux sociaux maintenant pour que ces jeunes qui se sentent seuls se retrouvent dans la vraie vie. Et c'est là où effectivement la journaliste disait, mais on a un sujet avec l'intelligence artificielle.
Il y a un sujet de santé mentale qui va avec.
Tout à fait. Et en même temps, c'est bien parce que ces jeunes-là prennent aussi le sujet à bras-le-corps.
La génération Alpha, celle qui suit la Z. Tout à fait.
On a encore un peu de boulot sur ce sujet-là. Toi, tu accompagnes aujourd'hui, je crois, d'autres entrepreneurs et repreneurs, notamment sur des sujets de stratégie et de transmission. Pourquoi c'est important pour toi de transmettre à ton tour?
Il y a un de mes coachs ou en tout cas des personnes qui comptent pour moi, parce que j'ai oublié de le dire, mais quand j'ai racheté l'entreprise, j'ai racheté avec 14 autres chefs d'entreprise qui m'ont accompagné en love money. Et c'était vraiment du love. On dit family, friends and fools. Donc les fous, Et ces 14 chefs d'entreprise aujourd'hui sont tous impliqués dans la gestion de Banky. Ils ont mis entre 10 000 et 50 000 pour me faire plaisir et me permettre d'améliorer mon apport. Et ça, honnêtement, si vous avez l'occasion d'avoir des gens autour de vous qui font ça, et il y a du— ils m'accompagnent vraiment. Quand je dis vraiment, c'est que j'ai quelqu'un de spécialiste en com, en CRM, en RH, en— voilà. Et donc chacun amène, ouais, c'est ça, des coachs. Et voilà. Et j'en viens à la réponse à ta question. Un de ceux-là me dit, t'as 3 vies quand t'es patron, tu apprends, tu prends, tu rends. Et donc...
C'est génial, je trouve ça génial.
Et donc tu apprends, tu prends, tu rends. Moi, j'ai commencé à rendre et tu le remarqueras énormément. Le réseau Entreprendre en est un très bon exemple. Énormément de patrons qui ont déjà ce qu'on appelle réalisé dans le jargon, c'est-à-dire en clair qu'ils n'ont plus besoin de gagner de l'argent, ce qui n'est pas encore mon cas, mais voilà, rendent en fait et accompagnent la suite. Exactement comme ce que je disais sur Jack Ma tout à l'heure, 40 ans à 50 ans, do what you are good at, et de 50 ans à 60 ans, teach the young, you are the boss. Et donc, et donc cette transmission, elle est importante. On a une jeunesse incroyable qui est bien plus calée que, en tout cas que moi, sur un certain nombre de sujets. Et il faut, si on peut leur éviter de faire 2-3 bêtises au passage et les orienter. Et vraiment, je côtoie beaucoup d'entrepreneurs, j'en connais aucun qui fonctionne tout seul. Seul. Je veux dire, on a besoin d'être accompagné. On est seul quand même. La solitude dirigeant. Et donc, il faut arriver à traîner avec ses pairs et toutes les associations de patrons et tout ça. Je sais que, j'imagine que la CGT et autres doivent imaginer que c'est les grands méchants du MEDEF, de la CPME, etc., qui se réunissent entre eux, méchants patrons, etc. Mais c'est surtout et avant tout un soutien moral des des choses à ne pas faire. Donc voilà, moi je le fais avec les jeunes. Il y a Entreprendre pour apprendre qui fait des trucs fabuleux. Donc le petit concours qui s'appelle Ouvre ta boîte. Là, il y a les Pépites là maintenant aussi qui sont créées.
Pour les étudiants entrepreneurs.
Voilà, les étudiants entrepreneurs. Il y a plein de choses pour favoriser l'entrepreneuriat en France. Par contre, je vais jeter un pavé dans la mare pour servir ton podcast. C'est clair qu'aujourd'hui, tout est tourné création. Il y a très peu de choses sur la reprise.
Merci Jean-Luc.
Et donc, c'est sûr que Là, je vais avoir la chance d'aller enseigner un électif sur la reprise à HEC Entrepreneurs et il n'y avait plus d'électif reprise depuis déjà une dizaine d'années parce qu'il n'y avait plus assez d'intérêt, ce qui est quand même dommage alors que vraiment, voilà. Et je pense que les gens n'y pensent pas. Quand on part avec une voiture qui est déjà d'occas, en gros, qui est déjà montée, elle avance déjà. Je veux dire, on n'a pas besoin de la construire. Donc voilà. Après, il y a un profil repreneur, un profil créateur. C'est sûr que ce sera jamais mon bébé tel que je l'ai que je l'ai fait. C'est pas une entreprise qui porte mon nom. Voilà, Martin SARL, quand il s'en va, Monsieur Martin, voilà. Mais je pense qu'il y a une vraie opportunité et surtout les candidats-repreneurs, il faut pas vous décourager. Volume, volume, volume et à un moment donné, ça tombe.
Quel regard tu portes aujourd'hui sur les dispositifs qui existent en France comme le CRA, comme les CCI, les autres réseaux d'accompagnement parmi ceux que tu as évoqués?
Alors j'ai la chance d'être invité pour témoigner par tous ces gens-là, donc je trouve ça super. Justement parce que, enfin, c'est pas parce qu'ils m'invitent qu'ils sont super, mais ils invitent des gens qui ont fait la reprise, etc., pour transmettre. Les formations du CRA sont très bien. Je pense qu'il y a même, enfin, ça dure 3 semaines, ça vaut 2000 € ou je sais pas combien, mais enfin, c'est vraiment super. Ça vous permet, il y a au moins une personne sur 2 qui abandonne après, en fait. Mais résultat, t'as pas perdu de temps parce que tu te dis bon bah, c'est pas pour moi. Tu disais entreprendre? Non, le CRA, c'est CIR ou d'ailleurs La CCI, ils essaient de faire. Alors après, ça dépend aussi du talent de chaque CCI. CCI Toulouse, ils sont très bien. Je connais pas les autres, mais ça dépend en fait de l'implication de la personne qui porte le projet. Mais comme tous les pouvoirs publics aussi, je veux dire, vous avez un super député, vous avez pas un super député, vous avez un super président de département ou pas, ça va dépendre en fait. Mais non, non, il y a des choses. Par contre, oui, en effet, pas encore beaucoup sur la reprise ou pas assez. Là, il y a quand même Monsieur Papin qui qui a pris le sujet visiblement. En plus, c'est le ministre des PME. Est-ce que ça va bouger? Je ne sais pas. De toute façon, dans 8 mois, ça va encore changer.
2027 arrive à grands pas.
Voilà. Mais bon, après, le soutien sur la création d'entreprise, il est quand même très fort en France. Vraiment, il faut le dire. Il y a énormément de tous les dispositifs de crédit-impôt recherche, de tous ces trucs-là. C'est super. S'ils pouvaient veiller un petit bout sur le reprendre, ce serait bien.
Le message est passé. Avec le recul, toi, qu'est-ce que cette reprise a changé profondément en toi?
Je suis encore plus libre qu'avant. Je peux être devant vous aujourd'hui, je sais que la boîte, elle tourne sans moi. Donc ça, c'est clair que c'est chouette. Non, j'ai l'impression de faire ma part du colibri dans ce grand défi, nous, des déserts alimentaires. On a choisi un sujet, on le traite, on fait une petite part avec d'autres acteurs d'ailleurs qui font des trucs super dans le milieu rural, Happy, bouge ton coq, etc. Et donc, bah voilà, si chacun fait un peu sa part du colibri, on va y arriver.
À quelqu'un qui pense qu'il n'a pas les moyens, pas le profil ou pas la légitimité de reprendre une entreprise, qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire au-delà de tout ce qu'on a évoqué?
Enfin, si la personne prend le podcast en fin de, voilà, il faut réécouter le début. C'est vraiment l'argent. Alors, ce que je vais, non, je vais être un peu plus cash. Les fonds investissement qui vous accompagne pour la reprise et les banquiers aussi, leur métier c'est d'investir leurs fonds. Et donc dès qu'ils vendent une boîte ou une participation, ils se retrouvent dans une espèce de course contre la montre pour que cet argent retravaille. Donc l'argent c'est jamais un problème, il y en a partout, il y en a trop même parce que quand vous mettez votre argent sur un compte en banque, vous avez envie qu'il rapporte. Donc Donc je pense que vraiment, si vous avez l'adéquation entre la cible et vous, un projet, vous trouverez les— On n'a pas parlé aussi du rôle des business angels pour des gens qui auraient vraiment rien. Quand je dis rien, c'est qu'ils auraient 30 000 ou 50 000 et qui se disent, je trouve un business angel, un oncle, une tante, un pote de machin, quelqu'un qui croit en moi. Il va lui trouver les 100 000, 150 000, 200 000 de plus pour pouvoir démarrer. Donc en gros, À tous les stades de la création d'entreprise ou de la reprise, il y a des business angels pour l'amorçage, les fonds d'investissement d'amorçage, puis les fonds d'investissement classiques. Et donc, tous ces gens-là, ils rêvent de trouver la bonne cible et le bon profil. Puisque si tu leur amènes un truc en disant, ben voilà, moi, je pense que la boîte, elle fait tant, je pense qu'elle peut faire tant grâce à moi. Mettez... Voilà, donc vraiment, ayez... Oui, parce qu'en plus, c'est des gentils, ces gens-là, les fonds d'investissement. Je veux dire, C'est pas non mais je veux dire c'est des humains derrière. Souvent c'est des gens qui auraient aimé peut-être être entrepreneurs ou autres et qui et qui font ça un peu à côté. Donc donc si vous avez la bonne cible et le ou la la bonne idée et que vous êtes la bonne personne, tout le monde vous suivra.
Trop sympa, merci pour ces conseils. On arrive aux trois dernières questions de cet épisode. Mais oui oui oui ça passe vite. Est-ce que vous cherchez des partenaires, des producteurs loto?
Le loto.
Est-ce que vous cherchez des partenaires?
Si on peut gagner au loto, ce serait bien. J'aimerais bien.
Super. Mon Dieu. Est-ce que vous cherchez des partenaires, des producteurs producteurs locaux ou des territoires avec lesquels développer votre modèle si on a des auditeurs qui seraient intéressés?
Oui, clairement. Alors des partenaires locaux, on est toujours partant si vous êtes producteur en effet de bonnes choses, que ce soit surgelé ou ambiant parce qu'on fait pas de frais, dans les territoires Massif central, Grand Sud-Ouest, c'est-à-dire Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Mais surtout, si c'est l'occasion pour moi de le dire, on cherche nos futurs franchisés. On a créé un modèle qui est extrêmement intéressant avec très peu de capital à investir pour pouvoir développer sa franchise Banquise sur son territoire. On veut des gens du coin. Donc si vous habitez les Pyrénées, les Landes, tous les territoires du Grand Sud-Ouest, on peut vous installer 1, 2, 3, 5 camions pour un apport qui est entre 20 000 et 100 000€ seulement, entre guillemets. Et vous êtes sur un modèle hyper intéressant qui a du sens. Et puis vous aurez l'occasion de venir goûter toutes nos spécialités en Aveyron si on se rencontre. Donc vraiment, là, s'il y avait des gens intéressés, N'hésitez pas à nous contacter.
Bon, le message là aussi est passé.
Merci de m'avoir donné cette opportunité.
Mais non, non, je t'en prie. Comment les auditeurs, ils peuvent t'aider à continuer cette mission contre les déserts alimentaires aussi?
En ouvrant des franchises.
Eh ben voilà, messieurs dames.
Non, bien sûr. Après, on est, enfin, tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. Et donc nous, on a pensé à ce mode de développement pour nous permettre en effet de de combler ce vide. Voilà, on n'a pas parlé du sujet des personnes âgées qui sont seules, le vieillissement de la population, le maintien à domicile et tout. Plus les gens vont rester longtemps chez eux, moins ils vont coûter à la société et surtout plus de bonheur ils vont garder. Parce que quand le passage en EHPAD, ça précipite en général un peu la fin. Donc clairement, si vous vous sentez de nous rejoindre, n'hésitez pas à venir nous rencontrer. Et puis moi, je passe ma vie à rencontrer des gens sans objectif et puis ils sortent toujours quelque chose. Donc rencontrons-nous, rencontrons-nous, exactement. Et je suis joignable par LinkedIn et je mets un point d'honneur à répondre à tout. Donc voilà. Alors parfois ce sera juste non merci si vous avez quelque chose à me vendre qui m'intéresse pas, mais non merci bien cordialement, mais je réponds.
Merci beaucoup Jérôme, on te souhaite tout le meilleur pour la suite.
Jérôme, merci beaucoup du temps accordé.
Mais non, je t'en prie, c'est nous. Et puis en plus tu nous viens de loin et tu étais gentiment à Paris dans le studio de Vivement la Reprise pour l'occasion. Donc voilà, merci infiniment. Et puis donc on sait maintenant où suivre ton aventure. Et puis, et puis on souhaite pour ta femme surtout que tu sois millionnaire dans les prochains mois ou les prochaines années.
On est séparés maintenant, donc bon, ce sera pour mes enfants ou la future.
Bon, on l'embrasse quand même.
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