Le guide pour trouver le bon associé avant de reprendre une boîte - Julien Murzyn

Dans cet épisode du podcast Vivement la Reprise, Julien Murzyn, co‑fondateur de Captain, revient sur son parcours d’entrepreneur – création d’une société de lavage automobile à 20 ans, reprise d’un garage, puis le développement d’Easylock, Tutos.me et enfin la création de Captain, une agence dédiée à la transmission des TPE/PME. Il explique pourquoi la reprise d’entreprise est souvent plus sûre et moins coûteuse que la création, et déplore le manque de visibilité et d’éducation autour de ce mode de développement. Il conseille à son "moi" de 20 ans de se concentrer sur la reprise plutôt que la création, en soulignant l’effet de levier et la rentabilité immédiate. Il détaille les obstacles structurels du marché français de la transmission (une entreprise sur deux ferme faute de repreneur, banques réticentes, avocats ralentissant les deals) et propose des solutions concrètes : - les prêts d’honneur et autres aides publiques, applicables aussi bien à la création qu’à la reprise, permettant d’acquérir une société de 400‑500 k€ de CA avec 60 k€ de fonds propres ; - la mise en place d’un incubateur dédié à la reprise, premier du genre, qui forme, accompagne et finance les repreneurs ; - une proposition de réforme obligeant les banques à financer les petites entreprises, à l’image du financement immobilier, pour débloquer le marché. Il décrit le protocole des 100 jours post‑reprise, la posture d’humilité nécessaire pour intégrer les équipes existantes, et la méthodologie de sélection d’un associé (état des forces, complémentarité de compétences, feeling). Il critique les solutions existantes (agents immobiliers, CRA) et présente l’écosystème Captain & Fabrique du Reprenariat : bootcamps de formation, sourcing de cibles, accompagnement transactionnel, communauté d’associés, événements mensuels. Enfin, il sollicite la communauté pour faire connaître son service aux cédants afin d’accélérer les deals, tout en rappelant que le principal défi reste la conclusion des transactions.
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Aujourd'hui, il y a des chiffres qui sont alarmants. Une entreprise sur 2 chaque année ferme faute de repreneur. Quand Bercy dise oui, il faut faire un itinéraire de la reprise, ça c'est une connerie. C'est pas ça le sujet. Eux, ils sont là plus pour dire non que dire oui. Et c'est là où on a un vrai problème. Moi, je vois des deals qui pètent aussi juste à cause des avocats.
Donc tu t'associes avec cet ami d'enfance?
J'ai fait que de m'associer, moi, avec des amis. Maintenant, c'est terminé. À créer ce qu'on appelle nous le premier lieu dédié à la reprise, mais c'est le premier incubateur en réalité.
On le trouve où, cet associé? Et surtout, comment on sait que c'est le bon? Toi qui t'es tant planté à cet endroit-là, de ce que je comprends. Alors, bienvenue dans Vivement la reprise, le podcast qui raconte l'envers du décor de la transmission d'entreprise avec zéro tabou. On vous plonge dans ce moment précis où tout bascule, des négociations tendues, les premiers face-à-face avec les équipes, et puis des enjeux de pouvoir et surtout des rencontres. Parce que reprendre une entreprise, c'est entrer dans une histoire qui n'est pas forcément la vôtre, des parcours intimes. Et une seule certitude, racheter une boîte n'est se passe jamais comme prévu. Bienvenue dans ce nouvel épisode de Vivement la reprise. Aujourd'hui, on reçoit Julien Murzin. Julien, bonjour.
Bonjour.
Merci d'être parmi nous aujourd'hui, on est très content de te recevoir. Julien, chers auditeurs, c'est un entrepreneur qui a fait quelque chose d'assez rare. Il n'a pas suivi une seule trajectoire, il a navigué entre création, reprise, association, avec une idée assez claire en guise de fil rouge, celle de comprendre comment une entreprise vit se transmet et surtout comment elle se construit à plusieurs. La création, alors on va en parler, d'une première entreprise à 20 ans, reprise d'un garage à Paris, développement d'entreprises en forte croissance avec des associés de long terme. Là aussi, on va les présenter. Et puis aujourd'hui, cofondateur de Captain. Captain, c'est une structure qui accompagne les dirigeants dans la vente et la transmission de leur entreprise. Et ce qui nous intéresse beaucoup aujourd'hui, Julien, avec toi, ça n'est pas seulement ton parcours, c'est aussi une question très simple mais que beaucoup se posent et qu'on se pose aussi chez Vivement la Reprise, c'est comment on fait concrètement pour bien s'associer quand on reprend une entreprise et pourquoi c'est souvent là que tout se joue. Alors avant de commencer, vous savez, vous connaissez la petite musique, abonnez-vous au podcast, laissez 5 étoiles si cela vous plaît et puis une fois écouté, dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire et comment vous aimeriez contribuer à l'histoire de Julien. On va d'abord revenir au tout début Julien. Donc à 20 ans, je l'ai dit, tu lances une première entreprise.
C'était ça.
20 ans, complètement dingue, une boîte de nettoyage automobile haut de gamme. Comment ça s'appelait?
L'Instant Lavage.
L'Instant Lavage. Tu démarres donc sans expérience à 20 ans, a priori, on a le bac en poche. Ouais, c'est ça. Bac en poche, études qui démarrent, pas d'expérience professionnelle. C'est quoi la première chose alors que tu apprends dans la vraie vie et pas dans des livres de management?
C'est vrai que la création d'entreprise, c'est quand même un parcours assez compliqué, mais je pense que c'est assez sain de commencer tôt. Dans le sens où, de toute façon, il y a beaucoup d'erreurs qui doivent être faites au début. Des erreurs, d'ailleurs, qu'on ne vous apprendra pas à l'école ou dans un parcours scolaire classique, etc. Donc, il vaut mieux commencer tôt, tester tôt, faire des erreurs tôt sur des boîtes qui ne sont pas— on n'a pas investi beaucoup d'argent, beaucoup de temps. Et puis, à cet âge-là, bon, c'est pas grave, on peut rebondir assez facilement. Et ça permet après d'absorber une certaine compétence, d'avoir une certaine résilience et puis de pouvoir après partir sur des projets un peu plus conséquents.
Ça, c'est à 20 ans. En 2013, tu bascules, tu arrêtes de créer des entreprises pour reprendre un garage à Paris. Alors, on reste dans le domaine de l'automobile. Malgré tout, l'activité est quand même différente et le quotidien, j'imagine, est très différent aussi. Qu'est-ce qui te choque le plus ou te surprend le plus dans une société qui existait déjà?
En fait, on s'intègre dans une culture d'entreprise puisque là, il y avait une équipe, il y avait des salariés, ils avaient créé ça aussi de toutes pièces. Donc, en fait, on doit s'adapter à quelque chose qu'on n'a pas soi-même pensé, soi-même créé. Donc, c'est vrai qu'il faut savoir faire preuve d'adaptabilité et aussi, et quand on est jeune, c'est un peu plus compliqué, mais d'une certaine forme de tact avec, par exemple, les salariés. Il ne faut pas arriver en disant voilà, je suis le patron, maintenant c'est comme ça, etc. Ça, c'est aussi une patte, c'est une expérience qui ne s'acquiert pas tout de suite. Et c'est vrai que moi, j'étais très tôt dans la reprise, mais je n'en avais pas conscience à l'époque. Ça me paraissait logique parce que c'était à peu près la même activité, ils étaient au même endroit que nous. Et c'est venu naturellement.
D'accord. Mais sauf que dans les faits, c'est assez différent.
C'est vrai.
T'imagines. Très vite, tu te retrouves donc à gérer une équipe en place depuis longtemps, comme l'ont fait tous les repreneurs qui sont passés au même micro que toi. Comment on fait pour s'imposer sans casser ce qui existe déjà et sans non plus créer de la méfiance, de la défiance, de la frustration auprès des équipes?
En fait, il faut être patient, j'ai envie de dire. Il faut laisser un temps. Alors, en reprise, maintenant, je le sais parce que je suis dans la reprise d'entreprise, mais on parle souvent des 100 jours après la reprise.
Qui sont essentiels, cruciaux.
C'est ça. Il y a des managers de transition. Il y a plein de choses qui existent. En fait, il y a un protocole de reprise. Il y a vraiment des bonnes pratiques à mettre en place. Maintenant, à cet âge-là, clairement, je ne les avais pas forcément. C'était un petit peu comme on y va. Maintenant, il ne faut pas oublier que dans ces entreprises-là surtout, c'est vraiment un contexte humain. On n'est pas dans des grandes boîtes avec des process, avec 50 services où c'est vrai aussi, mais ça s'opère un peu différemment. Là, on est en contact direct avec ses salariés. Donc, il y a une relation vraiment humaine qui se met en place. Et si ça se passe bien, généralement, on arrive quand même à faire quelque chose.
Comment ça s'est passé, toi?
Ça s'est bien passé. En plus, c'était une équipe de jeunes.
Ils étaient combien?
Ils étaient 8.
OK.
Une petite TPE, quoi. Mais voilà, on a commencé comme ça. 8 personnes et ça marchait super bien, franchement. Voilà, après, à un moment donné, j'ai voulu changer d'activité parce que j'ai fait ça 6 ans. Et aujourd'hui, même quand on a une affaire qui tourne, on a envie à un moment donné de voir autre chose.
Bien sûr.
C'est assez régulier.
Avant de parler de la suite, qu'est-ce qu'on fait ou qu'est-ce que tu recommandes aux autres repreneurs ou à celles et ceux qui souhaitent reprendre une entreprise de faire au début de l'aventure du repreneuriat pour créer de la confiance dans les équipes?
Je dirais vraiment d'avoir une posture, une posture humble, une posture d'apprenant, c'est-à-dire dire voilà, montrez-moi comment vous faites, moi je suis là pour comprendre, vous écouter. Pas arriver avec tout de suite une logique de transformation, de dire ça, ça va pas. En fait, même si on voit qu'un process peut être optimisé, quelque chose peut être mieux fait, il faut pas tout de suite le mettre en avant. Il faut le noter, il faut le préparer pour plus tard et il faut l'amener avec intelligence. Et je dirais même, si on est vraiment malin, alors c'est un peu comme de la manipulation, mais ça n'en est pas parce que là, c'est dans un contexte positif, c'est d'arriver à faire comprendre à la personne, enfin à faire penser à la personne que l'idée vient de lui. Il l'a amené à opérer le changement. Voilà, et ça, c'est la meilleure chose puisque c'est la personne qui va elle-même opérer la transformation. En pensant que la bonne idée vient de lui. Et vous, ça vous amène à avoir un bon résultat.
Bien sûr. Et l'adhésion des équipes.
L'adhésion des équipes. Et en plus, comme c'est eux qui ont porté l'idée, ils vont forcément l'appliquer un peu mieux que si c'était descendant, en fait.
Il faut se former à la négociation.
Il y a tout. De toute façon, chef d'entreprise, c'est à peu près tout. Il faut savoir tout faire, pratiquement.
On le répétera pas assez, ça, c'est clair. Entrepreneur, repreneur, c'est la même chose, quelque part. Et ce sont les mêmes compétences. D'autant plus que dans ce genre de métier, dans des garage automobile notamment, le savoir-faire, il est là pour le coup vraiment dans les mains des équipes. Tu n'as pas fait des études de garagiste?
Non, pas du tout.
Quand tu arrives donc en tant que patron extérieur à ce domaine-là et à ce savoir-faire, à quel moment tu sens que tu es vraiment accepté? Est-ce qu'à un moment tu t'es dit, je ne sais pas si je suis tout à fait légitime parce qu'en fait je ne viens pas de ce secteur ni du Serra et je n'ai pas les mêmes compétences Que je suis super contente de lancer vivement la reprise avec notre partenaire Banque Populaire, première banque des entreprises en France depuis 16 ans selon l'étude Kantar PME-PMI 2025. Pour réussir sa reprise, il faut avant tout être bien entouré. Alors selon le ministère de l'Économie, d'ici 2030, près de 500 000 entreprises chercheront un repreneur. C'est énorme et c'est un enjeu colossal pour nos régions. Et c'est là justement que notre partenaire Banque Populaire entre en jeu. Leur force, vous allez le voir, c'est de vous accompagner sur tout le parcours de transmission. Avant, d'abord avec le diagnostic et la valorisation. Pendant aussi, pour l'exécution et la structuration de financement, et puis après surtout pour sécuriser votre projet dans la durée. Alors que vous soyez un professionnel de proximité, une PME ou une plus grande entreprise, les conseillers professionnels, les chargés d'entreprise aussi et les experts dédiés Banque Populaire sont à vos côtés pour vous accompagner dans vos projets de reprise. Et puis au-delà du conseil, Banque Populaire peut financer, peut garantir et même investir à vos côtés. C'est ce qui sécurise concrètement le repreneur, le vendeur et surtout ce qui assure la pérennité de l'entreprise. Pour anticiper votre projet, rendez-vous sur banquepopulaire.fr Le lien est dans la description. Merci encore mille fois à Banque Populaire de soutenir vivement la reprise.
Alors, sur des métiers un peu plus artisanaux comme ça, il y a un peu moins de ce côté.
Tu changes encore de logique ensuite avec Tutosmi, c'est comme ça que ça se prononce?
Non, avant il y a eu Easylock, boîte de location de vélos.
Raconte-nous, t'as fait plein de choses.
En fait, là c'était assez simple. Ça faisait 6 ans que je faisais ça. On voulait changer de— enfin, on voulait changer, donc on a revendu les deux boîtes et on avait découvert avec mon associé, avant que ça arrive en France, les nouvelles mobilités électriques. Donc c'était avant que ça arrive à Paris, c'était en 2016. Les trottinettes électriques, il n'y avait pas dans les villes. C'était un peu un OVNI, c'est-à-dire c'était un objet non catégorisé. Il n'y avait pas de réglementation, il n'y avait rien du tout. On les achetait sur Internet, on les fait venir de Chine, etc. Donc on a découvert ça. C'est vraiment un produit qui est formidable. D'ailleurs, aujourd'hui, tout le monde l'utilise. Et lui, mon associé, est parti créer une marque pour faire de la vente avec des boutiques. Et moi, en fait, j'ai imaginé un système de location, mais pas dans les villes en free-floating comme ça existait. C'était de la location dans des campings. Donc, c'était du B2B. Parce qu'en fait, en France, on a le deuxième parc de camping au monde derrière les États-Unis.
Il y en a 8000.
On accueille pratiquement toute l'Europe, les Anglais, les Belges, les Allemands, les Hollandais, etc. Ils viennent chez nous parce qu'ils n'ont pas de plage. Donc, en fait, c'est une manne énorme. Et les campings, souvent, sont dans les arrières-terres puisque c'est des champs qui ont été reconvertis. Et les gens, pour aller au centre-ville qui est en bord de littoral ou à la plage, ils ont besoin de prendre leur voiture. Donc là, j'avoue que j'avais vendu ma boîte. Donc là, je me suis lancé là-dedans. Fallait que je développe une application pour pouvoir gérer les locations à distance. J'étais pas développeur. Et à l'époque, il n'y avait pas l'IA. Il fallait que j'importe des machines de Chine. Donc, j'ai trouvé un fabricant. J'ai envoyé une personne là-bas pour aller en usine vérifier ce qu'ils faisaient, etc. Mais quand on fait un virement de 100 000 € à un Chinois qu'on a rencontré sur Alibaba, non mais c'est vrai, à l'autre bout du monde, franchement, ça fait un petit peu peur.
Je me doute.
Parce que moi, j'avais vendu ma boîte. Donc là, j'ai réinvesti une grosse partie des économies dans le projet. C'était bootstrap total. Et donc, bon. La chance que j'ai eue, c'est que c'était une personne sérieuse et qui a bien reçu mes machines. Et on a fait 2 saisons. Mais là, je me suis viandé parce qu'en fait, j'ai voulu tout financer moi-même. Je ne voulais pas lever de fonds, je voulais être tranquille. Je voulais bosser 6 mois dans l'année et partir en vacances le reste. C'était le plan à 26 ans, du coup. Et en fait, j'ai sous-estimé un truc tout bête, mais je n'avais pas l'expérience, du coup. Le SAV, c'est-à-dire la capacité des gens à détruire des machines. Et d'ailleurs, on l'a vu même dans les villes après, les gens font pas attention. Et alors, autant moi, j'avais des systèmes de caution de garantie, donc je pouvais me faire rembourser quand la machine était cassée. Sauf que la machine était cassée, elle était plus louée. Donc, en fait, je perdais quand même le chiffre sur la saison.
T'imagines.
On a fait 2 saisons, j'ai arrêté, j'ai vendu les machines. On parle beaucoup des réussites, mais on parle moins des échecs, surtout en France. C'est un truc qu'on a du mal, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis, par exemple. Quand vous échouez, c'est pas grave, ça repart.
Au contraire, vous avez...
C'est même plutôt bien vu. Ouais, c'est très bien vu parce que justement, vous avez ce truc, vous avez fait des erreurs, maintenant, vous n'allez pas les refaire. En France, il n'y a pas du tout cette philosophie. On est dans la note, on est dans le... Donc, je repars, je me dis qu'est-ce que je vais faire de ma vie maintenant? Et je reprends contact avec une personne avec qui j'étais à l'école primaire sur Facebook. C'est très marrant, la vie, des fois. Et je vois qu'il a monté une boîte dans la formation et qui était à Roissy et donc Tutos.me. Et en fait, en échangeant, je me rends compte qu'il a une boîte qui marche bien, mais il n'est pas du tout dans le digital. Il n'y a rien qui est automatisé. Ils n'ont même pas de CRM, etc. Donc, c'est un peu le bazar. Et là, en fait, moi, j'arrive, je dis bon, bah, je peux peut-être t'aider. Du coup, je me suis un peu survendu parce que j'ai dit bon, bah, moi, j'ai créé une super appli de location de trottinettes pour gérer tout le process, un truc compliqué. Je pense que je peux faire pareil chez toi. Elle m'a dit ah, OK, bon, bah, fais-moi une espèce de cahier des charges avec une plateforme, un truc et si ça le fait, on peut bosser ensemble. Donc j'ai fait mon truc, ça leur a plu, ils m'ont dit OK, on bosse ensemble, ça a bien marché. Donc après, ils m'ont proposé d'être associé, ils m'ont donné des parts. Ils m'ont donné des parts et puis c'était une boîte qui a commencé à bien, bien marcher.
Comment ça s'appelait?
Tutos.me.
Ah oui, c'est ça.
En fait, c'était une plateforme, c'était simple, ils mettaient en relation des formateurs indépendants, des freelances avec des centres de formation.
D'accord.
Donc vous, vous avez un centre de formation n'importe où en France, vous avez besoin d'un formateur, par exemple en anglais ou en mécanique, Ça peut être n'importe quelle thématique, tel jour pendant tant d'heures, parce que vous avez un groupe. Eh bien, nous, on a une base de données de formateurs et on vous envoie la personne qui va bien. C'est un peu comme un Malt, mais version formation. Et en plus, dans ces années-là, il y avait vraiment le boom de la formation parce que le CPF arrivait là. Donc, ça a explosé les ventes de formation, etc. Alors, à tort ou à travers, parce qu'il y a eu des erreurs aussi, il y a eu des fraudes, il y a eu plein de trucs un peu embêtants. Mais nous, voilà, on était là pour suppléer à la demande. Il y a eu beaucoup, beaucoup beaucoup de demandes de formateurs. Et nous, on a apporté une solution un peu du coup digitale, qui est devenue digitale, pour pouvoir leur donner des ressources, quoi.
Donc tu t'associes avec cet ami d'enfance?
En tout cas, ils m'ont donné des parts, donc je suis devenu associé.
OK.
On s'est pas associé au sens propre du terme, ça c'est un peu différent, mais globalement c'est la même idée. On a fait ça pendant 2 ans, 2 ans et demi. Après, on s'est séparé. Parce que sujet associatif.
Alors, avant que tu nous racontes la suite, la première question qui me vient, c'est nous, on entend souvent que s'associer avec un ami, c'est comme s'associer avec son mari ou sa femme. C'est dangereux ou ça peut l'être en tout cas. Tu l'as vécu? Est-ce que tu confirmes, tu nuances ou tu démontres complètement l'idée?
Je valide maintenant à 100%. J'ai fait que de m'associer, moi, avec des amis ou des gens que je connais, etc. Maintenant, c'est terminé. D'ailleurs, sur mes dernières boîtes, c'était que des gens qui sont dans un cadre professionnel. Pourquoi? Parce qu'en fait, ça peut très bien se passer, évidemment. Il y a toujours l'exemple où ça va super bien, ou même des couples qui travaillent ensemble. Moi, je pourrais pas personnellement, mais voilà. Mais par contre, le problème, c'est qu'une entreprise, en fait, il n'y a pas de morale. C'est très pragmatique, en fait. Donc, en fait, quand il y a un sujet qui va pas, il faut être capable de dire à la personne, ça va pas. Quand c'est un ami, vous avez deux choix. Soit vous dites rien parce que vous voulez pas abîmer votre amitié, surtout quand ça fait 10, 20 ans que vous connaissez la personne. Mais du coup, ça veut dire que vous vous mettez en danger la boîte parce qu'il y a un problème identifié, vous n'êtes pas capable de le formaliser sans créer une dispute. Et en plus, il y a une dispute qui n'est pas rationnelle puisque c'est de l'émotionnel. Et donc, vous ne rendez pas service à l'entreprise, à toutes ses équipes et à vous-même. Ou alors, vous le dites et dans ce cas-là, vous risquez de briser une amitié. Et ça peut vous briser accessoirement, même si c'était bien fondé. Ça peut aussi vous abîmer personnellement. Il faut de l'énergie pour gérer une boîte. Donc, c'est en fait se créer des situations compliquées. Voilà, je pense qu'aujourd'hui, on peut très bien se— D'ailleurs, c'est quelque chose qu'on pousse vachement, nous, dans la reprise. On en parlera peut-être. Mais je pense que c'est mieux de s'associer à quelqu'un où le deal, il est clair à la base. C'est tu fais ça, je fais ça. On a telle ou telle compétence. On est là pour le boulot. Moi, voilà, mes associés sur Captain, je fais pas de barbecue avec eux. Non mais c'est bizarre, mais on travaille, on est là pour bosser, on a un objectif.
C'est peut-être plus sain aussi. En tout cas, ça dépend évidemment des personnalités et de comment on gère ça à chaque fois.
Après, il n'y a pas de généralité. Mais j'ai testé 5-6 boîtes avec des amis différents, je les ai tous faits. Et franchement, c'était cool. Franchement, on a passé des bons moments humains. Mais après, c'est vrai que dès qu'il y a des sujets, En fait, quand tout va bien, ça va. Quand il y a des problèmes, c'est là où ça devient compliqué.
Notamment quand on vit des fortes croissances?
La forte croissance, ça, c'est l'étape, la boîte d'après encore, où c'était exactement ça. Mais la forte croissance, ça peut être un vrai sujet.
Exploser en vol?
En fait, il y a des gens qui ont des compétences, il y a des gens qui ont aussi une certaine forme de résilience, aussi de gestion du stress, etc. Il y en a qui ne sont pas faits pour ça. Moi, j'ai vu des gens exploser en plein vol, en pleine croissance. C'est-à-dire qu'on pourrait, sur le papier, se dire waouh, Ah super, on fait beaucoup plus. Mais en fait, non, ça devient trop. Et voilà, le burn-out, tout ça.
Les décisions, les égos, le rythme, tout ça fait que ça fonctionne pas.
Ça se mélange, après ça fait un savoureux cocktail de problèmes, de problématiques.
Est-ce que c'est cette aventure-là et quelque part la somme de toutes les précédentes qui a fait que tu t'es réveillé un matin en disant maintenant je veux cofonder Captain? Ton aventure initiale et d'ailleurs, en une phrase la plus courte et la plus simple possible, est-ce que tu veux bien nous dire qui tu aides et à faire quoi exactement?
En fait, quand on a arrêté cette boîte-là, parce qu'on a dû l'arrêter pour plein de raisons et notamment un très, très gros client qui nous a laissé une très grosse ardoise et qui a liquidé, enfin bref, voilà, qui nous a laissé 350 000 euros. Je suis reparti encore à zéro. Je me suis dit, tiens, qu'est-ce que je fais de ma vie maintenant? Oh là là! Et en fait, moi, mon cerveau, fonctionne vraiment dans une logique de problème-résolution. Comme pour les trottes, c'était je connais bien les campings, je sais que c'est galère, il y a ce produit, ce produit apporte une solution à ce problème. Et en fait, je me suis retrouvé dans cette situation et ça n'avait absolument rien à voir avec tout ce que j'avais fait avant. C'est juste que c'était un sujet très basique. Moi, j'ai mon beau-père qui est traiteur, qui a une boîte traiteur, qui a 64 ans, qui devait partir en retraite et il m'a dit écoute, j'arrive pas à vendre ma boîte. Ça fait 2 ans que j'essaye, etc. Et en fait, là, je— alors, ça n'a rien à voir avec le reste. Je lui ai dit voilà, je vais regarder, je vais essayer de te filer un coup de main. Je connais pas le marché, je connaissais rien du tout au marché. Et là, j'ai regardé un petit peu ce qu'il y avait sur Internet et en fait, il y avait rien. Enfin, j'ai trouvé qu'il y avait rien du tout.
Il y avait rien dans le sens, il y a pas de concurrence, il y a pas de marché?
En fait, il y a pas de marché sur ces boîtes-là, sur les TPE-PME. C'est-à-dire quand vous faites, on va dire, jusqu'à 5 millions d'euros de chiffre d'affaires à peu près, vous avez pas accès à l'univers du conseil, les banques d'affaires, les cabinets de DME. Ça n'existe pas pour vous, ça. Donc, vous vous adressez à qui? Il y a des agents immo qui s'improvisent un petit peu. Oui, parce que des fois, c'est des fonds de commerce. Donc, ils disent fonds de commerce égal immo, mais en fait, pas du tout. Parce qu'en fait, fonds de commerce, ça reste une activité. Et un agent immo, il ne sait pas lire un bilan. Il sait vendre de l'immo. Chacun son métier, comme on dit. Donc, non, mais c'est vrai parce que je leur demandais comment vous avez déterminé le prix de ce fonds de commerce. On vous a demandé un bilan? Non. C'est pas possible, en fait. Donc, je regarde un peu ce qu'il y a sur le marché. Je me rends compte qu'en fait, il n'y a rien. Quasiment rien. Et en fait, là, je me suis dit, mais c'est pas possible, en fait. Qu'est-ce que c'est que cette histoire? Et donc là, j'ai commencé naturellement à imaginer une solution d'accompagnement pour pouvoir justement amener le niveau de service auquel ont accès les plus grosses boîtes sur les petits chefs d'entreprise. Donc ça, ça passait par un format agence, donc tous les services, tous les professionnels dont on a besoin intégrés dans une seule entité, pas avoir besoin d'un côté d'un comptable, d'un côté de l'avocat, etc. Parce que ça, en plus, il y a une perte d'efficacité, d'information qui est assez terrible. Là, c'est vraiment pouvoir apporter un service complet et ça passe par 2 choses. Un, une présence digitale forte, donc une plateforme avec de l'IA qui va permettre d'accélérer plein de choses. Une présence terrain avec des agents un peu mandataires, comme par exemple des agents immobiliers IAD. Vous voyez, il y en a partout, mais ils sont indépendants. Et l'avantage, c'est de pouvoir toucher des clients un peu partout. Donc en gros, on centralise au niveau du back-office toutes les tâches un peu back. Donc quand il faut rédiger un document, quand il faut faire un audit, quand il y a des choses comme ça, ça, on peut le faire à distance. Mais par contre, sur le terrain, il faut rencontrer le cédant parce qu'en fait, c'est des gens, par contre, Ils ont besoin de vous serrer la main. Ils ne vont pas vous confier la vente de votre boîte si vous n'allez pas les rencontrer. Ça s'entend. Donc voilà, c'est de créer en fait une agence dédiée à la transmission d'entreprise pour les petites entreprises surtout, parce que nous, en gros, notre fourchette de fonctionnement, ça va être de 100, 150, on peut commencer très bas, prix de cession je parle, pardon, jusqu'à 5 millions. En fait, on est en dessous des radars du M&A parce que généralement, ce n'est pas les dossiers qu'ils traitent justement. Oui, parce que trop petit. Ouais, il y a des petites agences qui existent. Ils sont 3-4, ils font quelques dossiers par an. Ça, c'est le mode de fonctionnement classique.
Ça s'appelle donc Captain.
Ouais, captain.fr.
Captain.fr. Qu'est-ce qui ne marche pas aujourd'hui dans la transmission d'entreprise que vous essayez quelque part de corriger là avec ton équipe? On a compris cette invisibilité des plus petites boîtes qui y sont accédées. Et à reprendre. Mais est-ce qu'il y a autre chose qui t'a fait te réveiller un matin en disant mais en fait, il faut aussi que je contribue à ce problème-là?
Alors, il y a des problématiques côté cédant, il y a des problématiques côté repreneur. Si on parle des cédants, techniquement, déjà, c'est un process qu'ils connaissent pas. C'est-à-dire qu'ils arrivent, ils ont géré leur boîte toute leur vie, à un moment, ils doivent vendre. C'est un moment assez unique avec ses codes, ses termes, etc. Et on vous prépare pas à ça, vous savez pas comment ça marche. Donc qu'est-ce qu'ils peuvent faire concrètement aujourd'hui? Ils peuvent demander à leur comptable, je veux vendre ma boîte, comment on fait? Le comptable, il va dire, bon bah moi, je peux te faire une valorisation à la limite. Voilà. Mais avec ça, c'est tout ce qu'il aura. L'avocat, on le fait intervenir quand on a trouvé un acheteur pour écrire, rédiger, négocier peut-être. Mais entre-temps, il n'y a rien. La seule chose que vous pouvez trouver, c'est mettre votre bien en annonce sur des plateformes. Il y a quelques agences qui existent, mais elles ne prennent pas non plus tous les dossiers. Elles prennent les meilleurs dossiers parce que, eux, question de temps et de rentabilité, ils vont travailler forcément sur les plus gros dossiers.
Ils se prennent une commission sur la vente?
Commission de succès plus des frais, etc. Et surtout, il ne faut pas oublier que c'est des gens qui sont encore en activité. Ils n'ont pas le temps de gérer ça. Ils sont encore dans l'affaire à faire tourner l'affaire. Donc le problème, c'est qu'ils n'ont pas le temps de gérer les visites, ils n'ont pas le temps de d'envoyer le dossier. Ils savent pas comment faire ça. Donc non, en fait, ils sont complètement délaissés. C'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a des chiffres qui sont alarmants, mais on a une entreprise sur 2 mise en vente rentable. Je parle pas des défaillances. Une sur 2 chaque année qui ferme faute de repreneur parce qu'ils trouvent pas. Et c'est pas parce qu'il n'y a pas de repreneur. Le marché, il faut savoir qu'il y a 3 fois plus de repreneurs que de cédants. Ça, tout le monde le dit et moi, je le confirme. Moi, sur ma plateforme, j'ai 3 fois plus de repreneurs inscrits que de cédants. Donc, quand Bercy dit oui, il faut faire un itinéraire de la reprise, ça, c'est une connerie parce qu'il y a plein de plateformes aujourd'hui. C'est pas ça le sujet. Moi, j'arrive pratiquement tous les dossiers qu'on a, on arrive à trouver quelqu'un en face.
Alors, c'est quoi le sujet?
Le sujet, c'est l'accompagnement. Ça veut dire qu'il faut être là à toutes les étapes. Il faut expliquer, il faut accompagner, il faut arriver à démystifier certains trucs. Il faut, il y a une question de timing aussi qui est hyper importante. Un deal, il faut que ça se fasse une fois qu'on a trouvé la bonne personne. Il faut que ça se fasse le plus vite possible, sachant que ça prend quand même quelques mois, mais le plus vite possible. Pourquoi? Parce que plus un deal dure, plus il a de chances de de se louper. Parce que vous arrivez à la fin d'année, puis finalement il y a le bilan, puis ben voilà, vous avez un peu moins de chiffre d'affaires, donc en fait le prix on n'est plus d'accord, donc voilà, il y a un salarié qui part entre-temps. Donc en fait il y a plein d'événements. Après il y a l'été, après il y a le mois de mai, il y a plus les banques. Donc il y a plein d'événements qui font que plus ça dure et plus il y a de chances que ça pète. Donc une fois que vous avez l'acheteur, le vendeur qui se sont vus, il a eu le dossier, ils se sont serré la main, OK, le prix on est d'accord sur ça, on avance, Là, il faut être capable d'accélérer. OK. Et sauf que dans un système classique de fonctionnement, vous allez dire quoi? OK, on est d'accord. Vous allez appeler votre avocat. Oui, bonjour Maurice, est-ce que tu peux me préparer une promesse de vente? Ah oui, pas de souci. Bon, la promesse, elle sera prête dans 3 semaines. Dans 3 semaines, il va l'envoyer à l'avocat de l'autre partie qui va refaire un markup dans 3 semaines. Et ainsi de suite, et ainsi de suite. Et ils seront pas d'accord parce qu'en plus, ils se parlent pas. Donc moi, je vois des deals qui pètent aussi juste à cause des avocats. C'est-à-dire, ils sont side by side, comme ils disent, et ils ont pas du tout une logique dealmaker. Ils ont une logique de moi, je préserve les intérêts de mon client. C'est vrai, c'est leur métier. Mais un deal, par définition, c'est un compromis. Il faut que chacun fasse un pas vers l'autre. Et moi, je vois vraiment des discussions lunaires entre avocats. Non, confrère, on n'accepte pas ça. Mais je me dis, mais attends, peut-être que ton client, il est prêt à— il y a un risque, OK, il est peut-être prêt à y aller. Il préfère peut-être vendre que sécuriser au maximum le truc. Et en fait, ben non. Et comme il y a un peu un côté sachant, on écoute. Si l'avocat dit non, mais ça, c'est pas bien. C'est sûr. Eh ben, des deals se font pas. Mais sauf qu'à la fin, si le client ferme sa boîte parce qu'il l'a pas vendu, il sera pas plus arrangé. Par contre, lui, l'avocat, il aura facturé. Et puis bon, il aura pas eu de problème parce qu'il y aura pas eu de problème.
Tu travailles de fait avec des avocats qui...
Bien sûr, de toute façon, on est obligé dans cet univers-là.
Je veux dire, tu en recommandes? Tu as une équipe, un pool d'avocats que tu proposes à tes clients?
On en a des associés dans l'agence qui sont avec nous. On en a des partenaires, des très, très bien, qui sont justement dans une logique un petit peu plus de deal, c'est-à-dire qu'ils comprennent qu'à un moment donné, il faut savoir lâcher sur des choses, il faut savoir faire du compromis. Et ça, c'est pareil en France, le compromis, c'est un truc, c'est un peu compliqué. Et donc, c'est là où nous, on intervient. On présente les bons partenaires, ils sont disponibles. On ne va pas attendre 3 semaines pour avoir un document, ça, c'est mort. Et on va être là à toutes les étapes, donc les valos, les audits, les rédactions, le financement. Le financement, c'est le plus gros problème, pour répondre à la question de tout à l'heure. J'ai aucun problème à trouver des acheteurs en face de vendeurs. J'ai aucun problème à les accompagner, à faire aboutir un deal. C'est pas simple, mais on le fait. Là où ça coince le plus, c'est le financement.
Pourquoi?
Parce que de la même manière que pour le conseil, sur ces tailles d'entreprises-là, ça intéresse pas la dette privée, l'equity, les fonds d'investissement, etc. Ça, c'est des plus grosses boîtes. Donc qu'est-ce qu'on a en termes de possibilité de financement? La banque. Il y a que la banque globalement. Le problème de la banque, c'est que la banque, c'est pas un investisseur. La banque, ils ont une logique risque. Donc en fait, la banque, ils vont— c'est pas qu'ils vont tout faire pour pas prendre le dossier, mais clairement, ils vont regarder tout ce qui va pas plutôt que dire ah, ça a l'air super. Donc moi, en fait, je le vois, l'étape où on galère le plus, c'est le financement. Et surtout que là, maintenant, les taux sont hauts. Là, l'économie en ce moment, ça va pas super bien. Donc ils ont un peu serré la vis. Et je le vois, même des beaux dossiers, aussi des trucs où c'est rentable, il n'y a pas de problème, etc. Parfois, on a l'impression un peu qu'ils cherchent vraiment la petite bête pour dire ouais, non, on le sent pas. Des fois, c'est abstrait, c'est oui, off, on sent pas trop le repreneur.
C'est une excuse, en fait. On est d'accord.
Et en fait, il y a deux dans la banque, pour aller dans le détail, parce que là, c'est quand même un podcast où on a du détail, c'est ça qui est bien. En fait, il y a deux phases dans la banque. Vous avez la phase avec les gens qui sont au service commercial. Que ce soit en agence ou les services pro. Eux, ils sont très bien généralement, ils sont quand même faiseurs. C'est-à-dire, et en plus eux, ils rencontrent les clients, ils rencontrent le cédant, ils rencontrent le repreneur, que ce soit en visio, en rendez-vous physique. Donc ils appréhendent ce qu'est le deal, même dans son contexte humain. Est-ce qu'il va y avoir une bonne passation? Est-ce qu'ils s'entendent? Etc. Et une fois qu'ils ont monté leur dossier, ils l'envoient au service engagement. Et eux doivent mettre le tampon en gros pour dire s'ils financent ou pas. Sauf que ces gens-là, Ils ont jamais rencontré les clients, ils les connaissent pas, ils ont jamais vu. Ils ont un dossier papier, ils ont des dossiers toute la journée. Et eux, ils sont pas là pour gagner des clients, ils sont là pour faire du risque. Donc dire ouais, ça non, je le sens pas, parce qu'à la fin de l'année, ils ont leur note de défaut de crédit. Ils veulent avoir la meilleure note possible. Donc en fait, eux, ils sont là plus pour dire non que dire oui. Et c'est là où on a un vrai problème. Et pourtant, en France, on est quand même— les banques sont suralimentées de garanties, d'aides. Ils ont des garanties BPI. Et pourtant, même avec tout ça, c'est compliqué.
Alors, un, comment ça s'explique? Au-delà du contexte géopolitique, économique, etc., est-ce que c'est spécifique à la France? Est-ce que tu as vu ailleurs d'autres pays qui agissent différemment? Et qu'est-ce qu'on pourrait faire? Est-ce que si tu avais, je ne sais pas, le ministre Serge Papin, ministre actuel, en face de toi, qu'est-ce que tu lui dirais?
Je lui dirais que le problème, c'est pas le Tinder, c'est le financement. Il faut qu'ils— il faut qu'ils— en fait, les banques, ils ont un devoir de financer l'économie, sinon l'économie va s'effondrer, notamment sur les PME, parce qu'il y en a plein qui vont se crasher et il y aura plein de destructions d'emplois. On leur a mis des dispositifs d'aide, ils ont BPI, ils ont— il y a le prêt transmission qui est un dispositif formidable, qui est très peu utilisé, mais qui est vraiment une arme de guerre sur la reprise d'entreprise, qui est pas assez utilisé.
Pourquoi? Parce que pas assez connu?
Pas assez connu dans les agences, ils connaissent pas, c'est plus pour des gros deals, mais franchement, c'est un dispositif formidable. On fait des choses bien quand même, mais il n'est pas assez connu, il n'est pas assez utilisé. Donc, le problème, c'est qu'on demande aux banques qui ne sont pas des investisseurs, donc qui ont une aversion au risque, de financer du risque parce qu'en fait, l'entrepreneuriat, c'est du risque. Donc, c'est là où ça coince, ces deux univers. Dans d'autres pays, j'ai pas évidemment une connaissance mondiale du sujet, mais Aux États-Unis, le financement d'entreprise, ça représente que 30% de leur financement. Le reste, c'est de la dette privée, des investisseurs. Enfin, ils ont une logique entrepreneuriale qui est complètement différente. Or, nous, en France, 70% des financements des entreprises, c'est de la banque. Sauf que la banque, ce qu'ils vont demander, c'est le profil parfait qui a le plus d'apport possible. Sauf qu'aujourd'hui, c'est compliqué pour les gens d'avoir du cash vraiment de côté. Donc, si on n'a pas assez d'apport, comment on fait? En fait, on fait rien.
Quand un dirigeant t'appelle pour vendre sa boîte, c'est quoi sa plus grande peur? C'est justement de ne pas trouver le financement? Celle de perdre le contrôle?
Alors le dirigeant, lui, le financement, c'est pas tant son problème puisque c'est plus celui de l'acheteur en réalité. Le plus grand danger, je dirais, pour le cédant, c'est la peur du vide. C'est-à-dire qu'en fait, il sait qu'il doit vendre, mais j'en vois qui sont pas prêts en fait demain à En fait, il faut imaginer, chef d'entreprise, des fois pendant 30, 40 ans, on était le patron, on était dans le cœur de l'action. Tous les jours, on est avec des clients, il y a les salariés, c'est du mouvement, c'est de l'action. Là où vous dites, je vais vendre, demain, mon téléphone sonne plus, je me lève plus, c'est le néant, quoi. En fait, ça y est, ça s'arrête.
À quoi va ressembler ma vie ensuite?
À quoi va ressembler ma vie? Et en fait, autant un salarié, bon, Ça lui fait ça aussi, évidemment. Mais bon, il quitte un service, bon voilà, il y a quelqu'un qui prend le relais. Là, le jeune entreprise, il passe d'une vie à 200 à l'heure. Un jeune entreprise, ça pose beaucoup à quasiment plus rien, quoi. Alors, ça veut pas dire qu'il fera plus rien, ça veut pas dire qu'il va pas profiter, mais il y a cette espèce de peur du vide que je vois quand même pas mal. Après, il y a est-ce que le repreneur va être le bon? Est-ce qu'il va pouvoir Il y a quand même un sujet avec les équipes, etc. C'est-à-dire que vendre une boîte, c'est pas comme vendre sa maison ou vendre sa voiture. Il y a ce truc. Moi, je vois des chefs d'entreprise qui refusent des profils de repreneurs, même s'ils font une offre au prix. C'est pas uniquement transactionnel.
C'est affectif?
Il y a une grosse part de feeling et d'affectif. Moi, j'ai des offres au prix des fois et le cédant me dit non, lui, je le sens pas. Je sens pas, je sens qu'avec mes équipes, ça va pas matcher. Question de personnalité. Moi, je me vois pas l'accompagner pendant 6 mois parce que je Je le sens pas.
Ça s'entend.
Et donc, ils rejettent l'offre malgré le fait que ce que vous faites pas quand vous avez un acheteur pour votre maison, généralement, voilà, vous dites bon bah, on signe banco. Là, c'est beaucoup plus humain que ça. En fait, c'est pour ça, c'est très compliqué. En fait, il y a tellement de paramètres. La négo qui est compliquée, les banques qui est compliquée, le côté humain, faire fitter entre le cédant et le repreneur. Donc, c'est pour ça qu'il y a beaucoup d'échecs. C'est parce que c'est un process tellement complexe en réalité. Qu'il y ait, enfin, on a une probabilité.
D'ailleurs, quand on cherche à reprendre une société avec un associé, notamment parce que je voudrais qu'on se concentre sur la dernière partie du podcast sur cette partie-là, on fait comment concrètement pour trouver un associé? Alors, à part aller piocher dans ses amis, mais on a compris que c'était pas toujours une bonne idée. On le trouve où cet associé? Et surtout, comment on sait que c'est le bon? Toi qui t'es tant planté à cet endroit-là, de ce que je comprends?
Alors, il n'y a pas de réponse magique là-dessus. Je pense qu'en fait, il faut faire une espèce d'état des forces. C'est-à-dire, on veut reprendre cette boîte. Je parle dans un cadre de reprise, du coup, pas création. On veut reprendre cette boîte. Pour reprendre cette boîte, il nous faut telle ou telle compétence. Moi, j'ai cette compétence-là ou tel argent. Ça peut être aussi financier. Il nous faut telle, telle compétence, tel apport, tel apport. Et il faut trouver quelqu'un qui permet de compléter le puzzle. Il faut que ce soit complet. Et où il y a une question de feeling aussi, c'est-à-dire on sent que c'est quelqu'un avec qui on va pouvoir travailler. Donc, il faut se rencontrer, etc. Pour répondre à ta question, où on trouve un associé? Il n'y a pas. C'est-à-dire que c'est encore un trou dans la raquette. Il y a certains sites qui existent pour trouver certains types d'associés très particuliers. Par exemple, il y a FindMyCTO qui permet de trouver un associé dev, ce qui aujourd'hui d'ailleurs est moins une urgence pour certains créateurs d'entreprises. Parce que l'intelligence artificielle a rebattu un peu les cartes. Maintenant, il n'y a pas de plateforme. Et ça, c'est pareil. C'est un truc que moi, j'ai détecté il y a un moment, puisqu'en fait, nous, par exemple, sur notre plateforme Captain, il y a des projets d'entreprises à reprendre, pas des ventes. Sur les deals, tu peux déjà créer un profil associé. C'est déjà live, ça. Tu crées ton profil d'associé, c'est-à-dire tu dis j'ai telle compétence, j'ai tel apport, j'ai tel temps disponible à allouer au projet. Est-ce que je suis full-time? Est-ce que je suis mi-time? Etc. Et en gros, tu peux te linker sur le projet en disant cette boîte-là m'intéresse, mais pas tout seul. Et d'autres gens s'agrègent. Et après, ça te permet de discuter. Il y a un système de discussion, tu peux discuter avec eux, avec les autres personnes pour savoir justement s'il y a des synergies. Pareil, on fait, on va faire des soirées à la Fabrique du Reprenariat. L'idée, c'est justement de mettre en commun des gens qui sont intéressés par un contexte de reprise, qu'ils puissent échanger entre eux, et un côté communautaire, et qu'ils puissent éventuellement décider ou non de s'associer autour de projets de reprise. Et ça, j'y crois moi à fond, parce qu'en fait, le problème de l'apport, il peut être résolu aussi comme ça. Le problème de la non-compétence, enfin de la compétence qui manquerait pour pouvoir piloter l'entreprise, il peut être résolu comme ça. Et en fait, c'est on peut faire vraiment des approches d'associations hyper intéressantes.
Ça marche bien là? C'est quoi les chiffres?
On vient de lancer sur la Fabrique du Repreneuriat. Maintenant, sur l'association, on a à peu près 200 personnes qui sont inscrites.
Génial.
En tant qu'associé, maintenant, des repreneurs, j'en ai 3000. Mais après, on n'a pas encore mis vraiment le spotlight sur ce service. Il faut qu'on le pousse. On est assez jeune quand même.
Ça va venir. Et puis nos auditeurs vont peut-être pouvoir t'aider. C'est ça. Juste avant qu'on conclue et qu'on termine, tu as donc parlé de la Fabrique du Reprenariat. Ton rôle concrètement là-dedans, qu'est-ce que c'est?
Mon rôle à moi ou le rôle de la Fabrique?
Le rôle d'abord, ton rôle à toi.
Moi, je suis le président de la Fabrique et je suis président de Captain aussi accessoirement.
C'est quoi ton ambition avec la Fabrique du Reprenariat?
Nous, la Fabrique du Reprenariat, c'est de permettre d'accompagner un maximum de repreneurs jusqu'à la reprise. En fait, on a créé un un bootcamp de formation qui répond à l'amont. Captain faisait le transactionnel. Oui. C'est-à-dire qu'on fait le deal, on accompagne soit le cédant, soit le repreneur. Au moment où il a trouvé sa boîte, il veut acheter, on rentre avec lui à l'achat sur le deal.
D'accord.
Mais c'est le moment de la transaction. Avant ça, on a beaucoup de gens qui nous disent voilà, j'aimerais bien reprendre une boîte, mais je sais pas par où commencer, je connais pas les termes, je sais pas où trouver les bonnes affaires, etc. Donc le bootcamp, en fait, il y a 6 jours en présentiel ici à Paris. On va t'expliquer comment ça fonctionne, quels sont les les pièges, quels sont les termes à connaître, un crédit vendeur, un earn-out, ces termes un peu spécifiques à la reprise. Donc on t'explique tout ça, on prépare, on fait aussi ton cadrage. Ça, c'est un des pain points importants, c'est je ne sais pas quoi reprendre, j'ai envie de me lancer, j'ai envie d'entreprendre pas en création mais en reprise, mais je sais pas quoi reprendre. Donc on va travailler avec toi ta stratégie et faire un cadrage précis avec ton budget, la zone géographique, enfin ce genre de choses. Et une fois qu'on a fait ça, une fois que le bootcamp est fini, tu as une phase de sourcing. On va chercher des boîtes pour toi pendant 3 mois. On va aller chercher en prospectant, ouais, ouais, on va chercher des boîtes sur le marché. On présente les boîtes au repreneur et une fois qu'il a trouvé celle qui l'intéresse, on rentre dans le deal avec lui au succès pour aller faire en sorte qu'il ait repris la boîte.
Très clair, très clair. À quoi ça doit ressembler dans, je sais pas, 5-10 ans si ça marche vraiment?
On aura écrit plein de belles histoires, plein de reprises. On fait des soirées, on va faire une soirée par mois sur la thématique de la reprise, donc Génial! Les anciens du bootcamp vont pouvoir venir aux soirées, ça va devenir de plus en plus gros.
Trop sympa!
Il y aura un côté un peu communautaire, ça on veut vraiment l'appuyer, associatif aussi, on en a parlé. L'idée, voilà, c'est d'accompagner un maximum de personnes. On apporte aussi des solutions, enfin on est en train de travailler sur des solutions sur la partie financement pour suppléer le problème des banques. Voilà. Et puis de l'autre côté, d'un côté Captain qui, l'ambition, pour répondre à ta question, l'ambition c'est d'être la première agence nationale dédiée à la transmission d'entreprise sur le segment TPE, PME vraiment petites, small cap comme on dit.
Parce qu'on parle beaucoup du CRA notamment dans les épisodes passés. Ils sont pas tellement concentrés sur cette problématique?
Le CRA, ils accompagnent, ils font la formation, un peu ce que nous on fait. Le CRA, je critiquerai pas, c'est des anciens chefs d'entreprise, c'est des bénévoles, ils sont retraités, c'est la condition pour rentrer. Donc c'est bien. Le seul problème, c'est que ça convient pas à tout le monde. Ça parle moins aux jeunes aussi.
Accessoirement.
Et ils sortent de là avec une note de cadrage, mais qui est quand même assez formatée. Enfin, ils ont tous à peu près le même scope de recherche. Donc, et puis le CRA, ça s'arrête à peu près à ça. Après, ils peuvent présenter des affaires, mais donc de toute façon, le CRA prendra pas, enfin, il pourra pas répondre à tout le marché. Donc nous, on est une brique en plus. L'idée, c'est de pouvoir faire plus de deals.
Je comprends, je comprends, je comprends. En tout cas, ça donne envie, d'autant plus que c'est à Paris et que les studios, mesdames et messieurs, vous le savez certainement, de Vivement la Reprise, ont lieu à Paris. Je crois qu'on est voisins même de quelques Je crois qu'on va venir passer quelques soirées avec vous. Alors, toujours de l'écosystème. D'abord, et ce sera ma guise de conclusion, si tu pouvais revenir voir le Julien de 20 ans dont tu nous as parlé en début d'épisode, tu lui dirais quoi très concrètement?
Alors, très, très, très bonne question parce que c'est un truc que je dis très souvent. Non mais c'est vrai. En fait, j'aimerais pouvoir me parler à mon moi de 20 ans ans pour me dire, en fait, arrête de penser uniquement création et pense reprise. C'est un problème dans le problème, dans le problème, dans la poupée russe des problèmes. On a parlé de financement, on a parlé de plein de trucs. Il y a le problème de l'éducation. Aujourd'hui, on a mis le spotlight à fond sur la création d'entreprise. Startup Nation, BIG, qui veut être mon associé, machin, machin, machin. Bon, le problème, c'est qu'il n'y a pas que de la création d'entreprise. Il y a plein de boîtes super à reprendre. Mais ça, on n'en parle pas. Donc les jeunes ou moins jeunes, ils n'ont pas du tout ce réflexe. Ils regardent pas trop. Et en fait, c'est beaucoup plus safe de reprendre une boîte que de créer une boîte en réalité. Et faut pas tant d'argent qu'on pourrait penser parce qu'il y a un effet de levier. Enfin voilà. Et donc j'aimerais me parler à mon moi plus jeune parce que, par exemple, quand j'ai vendu mon garage, si j'avais pas voulu forcément créer quelque chose de nouveau, mais que j'avais investi par exemple dans une reprise, Peut-être que je serai en retraite loin sur une île. Voilà, parce que j'aurais investi intelligemment dans un actif qui produit, qui est déjà rentable, plutôt que tout risquer sur une création. Voilà, on refait pas le monde. Mais en fait, je pense qu'il faut sensibiliser les gens à la reprise. Il y a plein de cadres dans des boîtes qui s'embêtent dans leur poste, qui aimeraient entreprendre. Mais par exemple, eux, ils sont prisonniers de leur vie. C'est-à-dire qu'ils sont dans des belles boîtes d'audit, ils gagnent bien leur vie, ils ont un bel appart. Jamais ils peuvent lâcher tout pour dire je crée une boîte.
C'est une énorme prise de risque aussi de créer une boîte.
Et donc, ils ne peuvent pas parce qu'ils sont prisonniers du système dans le sens où ils ont leur charge et c'est fini, en fait. Alors, quand il y a des enfants, c'est encore pire. Donc, eux, pour eux, qu'est-ce qu'il faut faire? C'est la reprise parce qu'ils peuvent se payer déjà dès le premier jour. Ils investissent et ils peuvent se payer. Il y a moins de risques. Il y a plein de scénarios. Les gens qui ont 55 ans, qui se sont fait bazarder, les cadres qui retrouveront pas un poste parce qu'à cet âge-là, ça va être très compliqué. Eh bien, eux, la voie de sortie parfaite, c'est la fin de carrière, c'est la reprise. Ils ont une expérience à faire valoir qui est un frein dans leur recherche d'emploi, mais qui est un avantage dans la reprise par rapport à une banque, par exemple. Ils ont potentiellement de l'argent de côté parce que ce n'est pas des gens qui sont... qui ont travaillé des années, etc. Et ils peuvent mettre à profit tout ce qu'ils ont appris, gérer une boîte pendant 10 ans jusqu'à leur retraite plutôt que de retrouver un poste pour attendre de toucher la retraite. Et en plus, ils partiront en retraite avec une situation patrimoniale qui est bien plus intéressante que s'ils avaient retrouvé un poste. En fait, c'est un sujet qui s'adresse alors pas à un jeune sorti de l'école, ça peut, parce que ça nécessite quand même des moyens. Moyens, oui, mais c'est surtout l'expérience. C'est vrai qu'à un moment donné, le 20 ans, premier garage, on met une entreprise qui est quand même bien constituée avec plein de services à faire tourner. Est-ce qu'on a les capacités, l'expérience de le faire sans risquer de se crasher? Là, c'est plus compliqué à déterminer. Je pense qu'il faut quand même un minimum de background, il faut bosser dans une boîte, etc., apprendre. Mais après, on peut s'orienter vers la reprise. Mais là, pour parler de l'argent, ça, c'est le frein numéro 1 des gens qui passent à la reprise. Il faut savoir une chose, c'est qu'aujourd'hui, toutes les aides qui existent dans le cadre de la création d'entreprise s'appliquent dans le cadre de la reprise.
Ça, c'est très important à dire.
Prêt d'honneur, etc. Donc, quand vous avez demandé un prêt d'honneur pour une création de boîte de 30 000 €, vous pouvez l'avoir pour une reprise. Donc vous avez 30 000 € de côté, c'est-à-dire vous avez 60 000 €. 60 000 €, vous pouvez déjà racheter une boîte qui fait 400 000 €, 500 000 € de chiffre d'affaires. Et c'est déjà une belle première affaire.
Bien sûr. Merci de nous partager tout ça parce que c'est typiquement un conseil parmi plein d'autres que tu nous as partagés aussi dans le cadre de cet épisode, qui est important à dire parce que moi, je ne savais pas du tout typiquement que les prêts d'honneur pour entrepreneurs dans le cadre d'une création d'entreprise s'appliquaient aussi à une reprise, alors qu'effectivement, ça change un peu la vie quand on peut aussi y accéder. D'autant plus que d'un point de vue extérieur, tu parlais un petit peu du côté éducatif, pédagogique et de notre imaginaire collectif autour de la reprise. En tout cas, moi, j'ai toujours entendu beaucoup, beaucoup de concours, d'aides publiques ou privées d'ailleurs, sur l'entrepreneuriat, Startup Nation et la création d'entreprise et beaucoup moins en tout cas sur la reprise d'entreprise.
Je vais te donner un dernier exemple. Il existe tout un écosystème, une myriade d'incubateurs, d'accélérateurs. Il y a quoi pour la reprise? Nous, on a créé ce qu'on appelle nous le premier lieu dédié à la reprise, mais c'est le premier incubateur en réalité parce qu'on prépare, on forme, on accompagne même sur le financement. Parce qu'il n'y a rien qui existe pour la reprise. Parce qu'encore une fois, on a mis l'accent uniquement sur la création. Si tu avais, et ce sera ma dernière question Julien, une baguette magique pour régler un seul problème dans la transmission d'entreprise en France, qu'est-ce que tu changerais en premier Franchement, je mettrais juste sur la partie financement une obligation pour les banques, surtout s'ils ont des aides, parce qu'ils demandent à chaque fois la garantie BPI, le machin, ils sont surprotégés déjà. Mais ils devraient avoir des obligations de financement parce que ça fait partie en fait de l'économie. C'est-à-dire que c'est comme le fait de financer du prêt Le prêt immo, ça leur rapporte pas d'argent, contrairement à ce qu'on pense. Mais en fait, c'est une obligation de l'économie parce que si les banques n'accordent pas des crédits pros, le marché est bloqué, il se passe rien et c'est fini. Donc, ils ont la— c'est les seuls à avoir l'autorisation de la création monétaire. C'est leur avantage, mais ils ont en face une obligation qui est de faire financer l'économie. Et ça, il faut qu'ils le mettent un peu plus en pratique, notamment sur les petites boîtes, parce que sans eux, malheureusement, ça va être très compliqué.
Le message est passé. Merci infiniment en tout cas Julien d'avoir été parmi nous aujourd'hui. Ça a été un immense plaisir. Une dernière question, je disais que c'était ma dernière question, mais peut-être une dernière, notamment pour nous adresser à nos auditeurs. Qu'est-ce qu'on peut faire pour t'aider aujourd'hui? De quoi as-tu besoin et comment notre communauté peut t'accompagner, te venir en aide?
Écoute, déjà le fait de passer dans l'émission, ça nous donne de la visibilité. Et nous, encore une fois, c'est un sujet de faire connaître la reprise pour les repreneurs, c'est de faire connaître notre service pour les cédants. Là, il y a tous les jours. En fait, c'est un métier curieux. J'ai aucun problème à trouver des clients. Ça veut dire tous les jours, j'ai des cédants qui m'appellent. Bonjour, j'ai besoin d'aide pour vendre ma boîte.
C'est bon pour le business.
Ouais, mais de toute façon, c'est pas là que c'est compliqué. Nous, c'est le deal qui est compliqué. C'est pas de trouver des cédants. Donc, plus on fait connaître ce type de service, plus on est capable, nous, d'accompagner des gens et mieux ça va se passer.
Le message est passé là aussi. Merci encore, Julien. Je le répète, je l'ai dit en introduction, introduction, mais si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur la plateforme d'écoute que vous utilisez, que vous préférez. N'hésitez pas aussi à mettre des commentaires sur YouTube et sur vos plateformes d'écoute. On va les écouter, on va y répondre. Et puis Julien aussi pourra y faire un tour. Et puis bien sûr, on vous donne rendez-vous à la Fabrique de l'Entrepreneuriat avec grand plaisir pour faire partie de, et faire grandir surtout, cet écosystème qu'on partage ensemble, l'équipe de vivement la reprise, ton équipe à toi. Et puis mesdames et messieurs, si vous nous écoutez, si vous nous regardez, vous êtes évidemment les bienvenus. Merci beaucoup.
Merci.
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