Trouver son mentor : le cheat code de la reprise d'entreprise - Réseau Entreprendre

In this French podcast episode, interviewer SPEAKER A talks with Jean‑François Nardopéry, president of the Réseau Entreprendre, about the challenges and opportunities of business succession in France. The conversation highlights the paradox that many owners who need to sell do not publicly advertise their intention, making the search for a target a “combatant’s journey”. Nardopéry explains how the Réseau Entreprendre’s early‑stage programme “Tremplin” provides free mentorship from active CEOs, helping prospective buyers shape a viable project before negotiations. He details the network’s scale (≈ 65 associations, 144 local implantations, about 700 annual repreneur accompagnements, representing 30 % of its total beneficiaries) and its model of peer‑to‑peer, disinterested mentorship that also includes a committee of engagement and an honor‑loan to strengthen equity. The interview explores the evolving profile of repreneurs – more women, younger cadres from large groups, often without prior ownership experience – and the specific difficulties they face: finding the right company, taking a place without disrupting existing teams, dealing with isolation, and mastering a multi‑tasking role. Nardopéry outlines common failure points (market shocks, loss of client‑supplier trust, poor integration) and success factors (team cohesion, clear development vision, early solid support). He stresses the socio‑economic impact of successful transmissions on local territories, the importance of timely cession, and the need for better public awareness and tools (CRA, BPI, Capcrea). The episode concludes with a motivational message encouraging prospective repreneurs to take time to choose the right business and to act, emphasizing that business takeover offers a concrete, lower‑risk path to entrepreneurship.
Chapters
Trouver une entreprise à reprendre, c'est un parcours du combattant.
C'est un paradoxe absolu. Le chef d'entreprise qui doit céder son entreprise, il ne veut globalement pas indiquer qu'il va le vendre. Dès que l'entreprise cible est connue, il est extrêmement important qu'il soit accompagné. C'est le modèle de Réseau Entreprendre, la mise à disposition de chefs d'entreprise en activité gratuitement, bien évidemment.
Qu'est-ce qu'ils pensent savoir faire mais qui ne marche pas du tout quand on reprend une PME? Ils ont l'impression de Bienvenue dans Vivement la reprise, le podcast qui raconte l'envers du décor de la transmission d'entreprise avec Zéro tabou, on vous plonge dans ce moment précis où tout bascule. Des négociations tendues, les premiers face-à-face avec les équipes, et puis des enjeux de pouvoir et surtout des rencontres. Parce que reprendre une entreprise, c'est entrer dans une histoire qui n'est pas forcément la vôtre. Des parcours intimes et une seule certitude: racheter une boîte ne se passe jamais comme prévu. Chaque année en France, des dizaines de milliers de dirigeants approchent de la retraite. Et derrière chacun d'eux, il y a une entreprise, il y a des salariés aussi, un savoir-faire, parfois même tout un territoire qui dépend de la transmission. Pourtant, reprendre une entreprise reste encore un parcours complexe, souvent méconnu, où se croisent financement, leadership, accompagnement, mais aussi beaucoup d'humain. Alors, comment devient-on chef d'entreprise en reprenant l'œuvre de quelqu'un d'autre? Pourquoi certaines transmissions aussi créent-elles de la valeur quand d'autres échouent? Et puis, comment éviter que des entreprises pourtant viables disparaissent faute de repreneurs? Dans cet épisode, chers auditeurs, nous allons explorer les grands défis de la reprise d'entreprise, des repreneurs d'abord, des cédants ensuite, mais aussi de tout un écosystème qui œuvre pour préserver notre tissu économique français. Bienvenue dans Vivement la reprise. Bienvenue aussi à vous, Jean-François Nardopéry.
Merci.
Merci beaucoup d'être parmi nous aujourd'hui. Alors vous, vous êtes le président d'un réseau qui est très connu en France, qui s'appelle le réseau Entreprendre et qui fait— vous êtes le soutien quelque part de tous les entrepreneurs ou presque français depuis des années déjà.
Oui, depuis 40 ans. Nous venons de fêter nos 40 ans.
Bon anniversaire au réseau Entreprendre. La première question qu'on pourrait se poser, c'est, moi j'étais persuadée d'un point de vue extérieur que le Réseau Entreprendre, ça accompagnait uniquement les créateurs d'entreprises dans le sens startupeurs, entrepreneurs où on crée une entreprise de zéro. Et en fait, je me rends compte, si vous êtes là aujourd'hui, que vous accompagnez aussi beaucoup de repreneurs, c'est ça?
Oui, tout à fait. Historiquement, effectivement, le métier de Réseau Entreprendre, des associations Réseau Entreprendre, c'était d'accompagner la création, effectivement. Mais depuis plus d'une vingtaine d'années maintenant, nous avons vu venir cette vague de reprises et nous accompagnons également les repreneurs.
Il y en a combien à peu près de repreneurs que vous accompagnez aujourd'hui?
Alors aujourd'hui, ça représente environ un peu plus de 30% des ouvrières que nous accompagnons sont des repreneurs. Donc sur un total de presque 2000, voilà, nous sommes environ 700 reprises accompagnées par an sur l'ensemble de nos associations.
Et de tout secteur d'activité, de tous âges?
Tous secteurs d'activité, tous âges et toutes situations parce qu'il y a évidemment en reprise la situation classique du cédant qui est atteint par une limite d'âge qu'il se fixe lui-même d'ailleurs. Mais il y a aussi des cessions d'entreprises qui se font hors de ce cadre-là parce que le dirigeant souhaite passer à un autre projet ou se sépare d'une de ses entreprises. Donc nous avons tous les cas de figure. Il y a évidemment ce cas de l'âge, mais pas uniquement.
Merci beaucoup pour cette introduction en tout cas. Alors la suite, c'est forcément de se demander quel est le moment le plus difficile quand on veut reprendre une entreprise, parce que vous, vous les accompagnez justement, ces repreneurs, avant, qu'ils aient repris leur entreprise, dès la réflexion, c'est ça?
Voilà, dès la réflexion. Ce que nous encourageons en tout cas, c'est qu'il soit accompagné, que le futur repreneur soit accompagné le plus tôt possible. Et dès que l'entreprise cible est connue et dès qu'il commence à rentrer en négociation avec le cédant, il est extrêmement important qu'il soit accompagné. Nous avons un parcours spécifique aujourd'hui. Qui permet d'être très en amont de la reprise, qui s'appelle, le parcours s'appelle Tremplin et permet avec un accompagnement déjà par nos chefs d'entreprise bénévoles, puisque c'est le modèle de Réseau Entreprendre, la mise à disposition de chefs d'entreprise en activité gratuitement bien évidemment, de travailler le dossier et pas uniquement sur l'aspect financier. On pense évidemment à l'aspect financier puisque c'est une négociation financière entre autres, mais nous accompagnons également dès le départ le projet, en fait, et regarder quel est réellement le projet du repreneur. S'il reprend la totalité de l'entreprise, mais très rapidement, et ce ne sont pas des détails, on est dans des choses importantes. Est-ce qu'il reprend aussi les bâtiments? Est-ce qu'il reprend les structures qui sont autour? Est-ce qu'il reprend que le matériel, que la marque? Les emplois, c'est notre ADN, donc bien évidemment, on s'intéresse aux emplois, mais le plus tôt possible pour bien définir un vrai projet viable et durable, bien évidemment.
Est-ce que déjà trouver une entreprise à reprendre, c'est simple ou est-ce Est-ce que c'était plutôt un parcours du combattant, une vraie quête, une vraie chasse?
Ça, c'est le vrai paradoxe parce qu'on sait tous qu'il va y avoir des centaines de milliers d'entreprises à reprendre et tous les repreneurs qui viennent nous rencontrer, en tout cas quand c'est une reprise pas directe, c'est-à-dire une entreprise qu'ils viennent de découvrir pour la reprendre, on se rend compte que c'est compliqué parce que la mise en relation est une chose compliquée entre le bon repreneur et l'entreprise qui lui correspond.
C'est pas évident.
C'est loin d'être évident. Il y a des outils qui sont en train de se mettre en place aujourd'hui, entre autres avec la mission reprise qui a eu lieu, avec Capcrea et puis BPI qui est en train de mettre des outils parce qu'en fait, c'est un paradoxe absolu, le chef d'entreprise qui veut ou qui doit céder son entreprise veut vendre quelque chose, mais il ne veut globalement pas indiquer qu'il va le vendre. Sauf que nous savons très bien les uns et les autres que si on a quelque chose à vendre mais qu'on ne le dit pas, globalement, ça va être compliqué de le vendre. On est exactement dans paradoxe-là.
Qu'est-ce qui est le plus dur, Jean-François? Trouver la bonne entreprise ou trouver sa place dans une histoire qui existe déjà?
Alors, je pense qu'il faut trouver la bonne entreprise à sa mesure et puis à la mesure de son projet. Ça, c'est du temps, mais je sais pas si c'est dur. Il faut y passer du temps, il faut finir par la trouver. Ensuite, effectivement, la vraie difficulté, c'est de prendre sa place. C'est surtout de ne pas ralentir, ou le moins possible, sur cette phase de transition, l'entreprise qui existe déjà, qui travaille déjà, qui a déjà un chiffre d'affaires et qui a déjà des collaborateurs. Et ensuite, donc, il faut monter vite dans le système, pas la ralentir. Et puis, petit à petit, après, l'orienter, éventuellement la remodeler à sa main. Mais la vraie difficulté, c'est de trouver sa place sans perturber un système qui existe déjà.
Là aussi, c'est pas facile non plus.
C'est aussi le rôle de notre accompagnement. Déjà pour faire anticiper ces enjeux à celui qui va reprendre l'entreprise et puis les Les premiers mois, les premières années parfois de cette reprise sont extrêmement importants. Il ne faut pas qu'il y ait d'erreurs ou le moins possible. Et le rôle de l'accompagnement avec un accompagnateur bénévole dédié au repreneur est extrêmement important parce qu'il faut à la fois qu'il trouve sa posture en interne et en externe. En interne avec ses collaborateurs et avec ses clients, ses fournisseurs. Il ne faut pas les inquiéter, il ne faut pas les perdre, bien évidemment. Donc, il y a un double enjeu et de reprendre quelque chose qui, au départ, a forcément été modelé pour quelqu'un d'autre puisque ça a été modelé pour le pour l'actuel ou pour le cédant.
À ce titre, est-ce que le premier sujet du repreneur, c'est celui de la solitude?
S'il est seul, je pense que c'est extrêmement compliqué parce que cette posture de chef d'entreprise ne s'invente pas. On la prend petit à petit. J'aurais tendance à dire que sur une création, la vraie posture de chef d'entreprise, il faut la prendre, c'est évident, mais chacun le fait à son rythme et éventuellement, ça peut prendre un petit peu de temps. Quand on est avec une entreprise existante, donc sur une reprise, il faut aller très, très vite parce qu'autrement, on peut effectivement devenir un obstacle à la bonne entente de l'entreprise, au bon fonctionnement de l'entreprise et à ses relations avec ses clients et ses fournisseurs.
Et cette solitude, quand elle est là ou quand elle apparaît, elle commence quand de ce que vous constatez? Plutôt avant même la reprise ou une fois dedans?
Je pense que c'est une fois dedans. Au moment de la reprise, il y a une sorte, et fort heureusement, comme pour la création d'entreprise, il y a une forme d'enthousiasme à créer, à reprendre. Autrement, le nouveau chef d'entreprise ne le fait pas, tout simplement. Donc, il y a une forme d'enthousiasme à le faire, ce qui est très bien. Mais très rapidement, encore plus dans le cas de la reprise, on est confronté à la réalité. Des factures à payer, des salaires, des fournisseurs, des clients, des prix à négocier, des devis, des réponses aux marchés. On est très, très rapidement confronté à la réalité.
Il y a un nouveau visage aussi des repreneurs depuis quelques années maintenant en France, qui est de plus en plus jeune, parfois de plus en plus de femmes. Alors, je le répète, on a de plus en plus, nous, on du mal à faire venir les femmes repreneures. C'est plus difficile en tout cas que de faire venir des hommes. Mais c'est important quand même à dire que de plus en plus de femmes reprennent des entreprises aussi. À ce titre, si on devait dessiner le visage du repreneur type aujourd'hui, quelles sont ses caractéristiques ou son parcours, ses prérequis? Qu'est-ce que vous demandez, vous, chez vos repreneurs pour les accompagner? Est-ce qu'il faut déjà avoir créé une entreprise, avoir déjà dirigé, avoir tel ou tel master ou diplôme?
Chez Réseau Entreprendre, on a tous les cas, je vais vous balayer rapidement tous les cas de repreneurs. Il y a le classique repreneur familial, mais que l'on accompagne aussi. C'est-à-dire qu'il reprend une entreprise qui était pas forcément à ses parents directement, mais dans sa famille en tout cas. Donc une entreprise qu'il connaît, mais ça nécessite un accompagnement tout de même. Entre autres, un accompagnement sur sa légitimité. Que sa légitimité dans l'entreprise ne soit pas juste d'être le fils de ou d'être le fils ou la fille, pardon, de ou d'être de la famille du cédant. Beaucoup trop léger comme légitimité, bien évidemment. Donc il y a besoin d'un accompagnement là aussi pour prendre la vraie posture. Nous accompagnons aussi des personnes qui étaient déjà dans l'entreprise, pas en situation de direction, souvent des cadres dirigeants, mais pas forcément, et qui, au moment de quand le chef d'entreprise fait savoir qu'il va céder son entreprise, eh bien se disent, j'ai envie d'y aller et ça peut se faire. Là, c'est encore une autre posture parce qu'il faut aussi la prendre très rapidement, la posture de dirigeant. Principalement vis-à-vis de ses anciens collègues qui, du jour au lendemain, étaient ses collègues et deviennent autre chose puisque la personne devient le dirigeant de l'entreprise. Donc, ça nécessite un vrai accompagnement. Ce sont des cas que l'on a. Les nouveaux profils que l'on a sont extrêmement intéressants. D'abord, chez Réseau Entreprendre, et là, c'est le cas pour la reprise, on a 30% de femmes qui reprennent, ce qui est—
C'est déjà pas mal.
C'est 30%, c'est pas la parité, mais c'est déjà pas mal. Et c'est un chiffre que l'on suit, que l'on monite et qui progresse. Petit à petit et donc on a bon espoir d'arriver aux 50%, ce qui est un objectif et j'espère qu'on y arrivera assez rapidement. Donc nous avons ce nouveau profil souvent de cadres de grands groupes, parfois qui travaillent à l'étranger, parfois pas, et qui viennent s'intéresser à des PME, souvent avec un vrai savoir-faire, souvent en territoire rural et avec une vision très patrimoniale, en fait, de sauvegarde d'un savoir-faire et de l'économie locale, bien sûr, mais en premier lieu, souvent, il y a un attachement ou une attirance pour le geste, pour ce qui est fait, pour la réalisation. On a de beaux exemples qui vont d'une corderie en Corrèze jusqu'à de la mécanique de précision faite dans le Lot par une femme repreneuse d'une belle entreprise de pointe. On va les inviter dans le Grand Prix. Ça serait intéressant, effectivement, d'avoir leur témoignage direct et qui avaient déjà un parcours professionnel avant, des personnes qui ont entrepris 35 et 40-45 ans, donc qui ont déjà un parcours professionnel. Pas de dirigeants, donc ils viennent aussi avec leurs compétences, souvent des capacités managériales ou de marketing qui sont extrêmement fortes. Et ils viennent amener vraiment un nouveau souffle au sens premier sur ces entreprises. Et c'est un profil que nous, on aime bien, des personnes que l'on accompagne dans toute la plénitude de l'accompagnement parce que souvent, ils ne connaissent pas profondément le métier technique. Ils s'y intéressent, mais ils ne le connaissent pas. Ils n'ont jamais été dirigeants, donc ils ont besoin de cet accompagnement. Et en plus, très souvent, ils ne connaissent pas le secteur. C'est-à-dire qu'ils ont été intéressés par l'entreprise, mais tout est nouveau. Et là, la force de l'accompagnement et d'un réseau comme le nôtre, c'est de les accompagner bien sûr dans leur posture de chef d'entreprise, mais aussi de les mettre en relation avec le monde économique local, de leur expliquer, qu'ils comprennent très rapidement dans quel milieu ils sont. Ils étaient à Londres ou à Berlin et ils se retrouvent parfois dans le centre de la France, dans une ville de 3000 habitants. Avec une entreprise qui est forte et qui a un vrai poids sur ce secteur-là. Même s'ils ont 20 ou 30 collaborateurs, c'est une belle entreprise pour le secteur. Donc c'est important de les accompagner.
Il faut quand même dire aussi, pardon Jean-François, qu'effectivement, c'est ce qui fait aussi la spécificité, l'unicité du réseau Entreprendre, c'est votre maillage territorial. C'est-à-dire que depuis 40 ans maintenant, depuis des années, vous accompagnez des créateurs et des repreneurs d'entreprises partout en France. C'est intéressant ce que vous dites aussi sur ces cadres de grands groupes qui quittent tout et notamment un confort de vie. Quand même, c'est a priori ce qu'ils quittent et ce qui est parfois le plus difficile à quitter pour reprendre une PME, parfois dans des coins un petit peu perdus mais magnifiques en France. C'est quand même un sacré saut dans le vide. Vous qui les rencontrez, qu'est-ce qu'ils vous disent de leur envie, de leur ambition? Pourquoi ils veulent changer de vie? C'est quoi? C'est l'ambition de reprendre et de transmettre? C'est un nouveau défi?
Alors, c'est d'abord un projet de vie, c'est très clair parce que vous le dites, c'est un changement à tout niveau de l'organisation. Mais ça sous-entend une organisation personnelle, familiale, souvent économique aussi, très différente sur la reprise. Mais c'est un choix de vie et c'est un choix de sens surtout. Ils sont très rapidement sur le sens. Ils ont été souvent intéressés, accrochés par ce que faisait l'entreprise et ils se sont dit, la responsabilité de créer quelque chose en plus de créer ou de maintenir de l'emploi sur le territoire, mais de créer quelque chose de concret les intéresse souvent et c'est souvent le facteur déclenchant. Qu'est-ce qu'ils pensent savoir faire, mais qui ne marche pas du tout quand on reprend une PME Quand on reprend une PME et qu'on vient d'un autre monde, il y a un effet de nombre. C'est-à-dire que pour des personnes qui ont dirigé des équipes, parfois de plusieurs centaines de personnes, ils se retrouvent en direct, mais en tant que manager parce qu'ils sont le chef d'entreprise d'une vingtaine de personnes. Et en fait, De très loin, ils ont l'impression de savoir faire avec un raisonnement en se disant, j'avais 400 collaborateurs, je saurais bien en diriger 20. Sauf que ce n'est pas du tout le même métier, ce n'est pas du tout la même posture, ce n'est pas du tout les mêmes échanges. Et là, il y a un vrai besoin d'accompagnement pour rééchanger avec eux sur ce qu'est vraiment, ce que sont vraiment ces TPE, PME, avec l'attachement familial, avec le contexte local. Et puis, pour nous, c'est extrêmement important, l'importance de ces entreprises sur leur territoire. Parce qu'ils sont, ce qu'ils n'étaient pas dans le grand groupe. Ils sont un interlocuteur privilégié des élus, du monde économique, des autres entreprises. Ils sont un acteur important et généralement, ils s'intègrent très bien. Mais il faut un peu d'accompagnement de chefs d'entreprise expérimentés qui connaissent bien le territoire. Et vous le disiez tout à l'heure, oui, nous sommes effectivement relativement bien maillés puisqu'aujourd'hui, nous avons 65 associations, mais surtout 144 implantations. Donc nous avons des implantations Partout, ce qui fait que nous sommes en capacité d'accompagner en proximité des entrepreneurs ou des repreneurs, à peu près où qu'ils soient. Nous sommes le défi, l'enjeu de réseau. Entreprendre, c'est de se dire nous devons être, nous devons avoir une implantation à moins d'une heure des entrepreneurs lauréats qu'on accompagne. Une heure de déplacement pour être en proximité, bien se connaître, pouvoir se voir aussi souvent qu'il le faut. Et pour ça, il nous faut nos 144 implantations.
Ancrage local particulièrement important. Qu'est-ce qui choque le plus les repreneurs quand ils arrivent dans une entreprise qu'ils ont reprise?
Je pense que très souvent, c'est le fait de devoir tout faire. Parce que le chef, le dirigeant d'une TPE/PME, en fait, même s'il a des collaborateurs, est très, très proche de tout, de la production, du commercial, de l'aspect juridique, de l'aspect financier de son entreprise. Donc ils deviennent, ils étaient généralement hyper spécialisés dans un domaine et ils deviennent multi-compétents, multi-casquettes, quasiment du jour au lendemain. Et là aussi, il y a besoin d'accompagnement pour faire ça. Pas de se dire qu'on sait tout faire du jour au lendemain, mais savoir aller chercher les bonnes ressources et avoir les bonnes postures le plus rapidement possible.
Donc comment ça fonctionne pour celles et ceux peut-être qui nous écoutent et qui ne savent pas forcément comment fonctionne le réseau Entreprendre sur cette partie entrepreneuriat? C'est-à-dire que c'est comme pour les entrepreneurs, les créateurs d'entreprises, vous les mettez en relation avec un mentor qui va les accompagner?
C'est ça. Dès le premier contact, dès qu'ils ont une cible, qu'ils voient quelle entreprise ils peuvent reprendre, nous allons les accompagner dès ce moment-là avec, dans un premier temps, un premier rendez-vous pour caler, voir effectivement si nous sommes dans le cadre de ce qui peut être accompagné. C'est le premier point. Très rapidement ensuite, avec un ou des chargés d'études qui sont des bénévoles chefs d'entreprise de nos associations pour, on le disait tout à l'heure, finaliser le dossier ou le monter ou le modifier, avoir vraiment un très bon dossier. Nous allons ensuite comme vous le disiez, comme pour la création en fait, leur faire rencontrer au moins 5 de nos chefs d'entreprise en activité avec un dossier quasi finalisé. Et ces chefs d'entreprise vont donner un avis sur tel ou tel point, souvent des points de vigilance en disant attention à tel point qui reste encore à travailler. Et puis ensuite, un comité d'engagement suite auquel, s'il est positif, nous allons déclencher un prêt d'honneur pour renforcer les fonds propres, les quasi-fonds propres.
Ça aussi, ça fonctionne sur l'entrepreneuriat?
Ça fonctionne aussi sur l'entrepreneuriat, bien sûr, et mettre à disposition un ou des chefs d'entreprise qui vont l'accompagner, qui vont accompagner le nouveau chef d'entreprise pendant 2 à 3 ans. C'est 2 ans minimum, mais aujourd'hui, on observe un allongement des temps d'accompagnement. On est plutôt sur 3 ans.
C'est quoi la différence fondamentale, Jean-François, entre manager et entrepreneur, en fait? Parce qu'on a certainement des auditeurs qui se posent la question en disant, moi, je suis dans une boîte et en fait, la reprise, ça m'intéresse. Mais c'est difficile parfois de se projeter aussi. Je suis manager, mais entre manager et entrepreneur, il y a parfois tout un monde.
C'est tout ce monde effectivement qui mérite accompagnement parce qu'encore une fois, l'entrepreneur, il est en tout cas responsable de tout, de son entreprise par nature. C'est le chef d'entreprise et il est responsable de tout. Et surtout en interne comme en externe de l'entreprise, on attend de lui pas forcément qu'il sache tout faire et qu'il connaisse tout, mais par contre qu'il ait la responsabilité de tout. Et c'est quelque chose qui n'est pas forcément naturel et pour lequel il faut de l'accompagnement pour vraiment avoir les bonnes postures encore une fois dès le départ. Pour se faire accompagner, pour se faire au moins conseiller sur les premières décisions que l'on prend.
Est-ce que ça s'apprend de devenir chef d'entreprise?
Je pense qu'il y a certains réflexes qui se prennent, effectivement. Et on voit, quand on a des chefs d'entreprise qui ont déjà créé plusieurs entreprises ou déjà repris plusieurs entreprises, que les bonnes postures, les bons réflexes viennent, bien évidemment, même s'il y a des spécificités par entreprise. Mais oui, bien sûr.
Est-ce qu'il y a une part assez irréductible d'instinct aussi quand on prend une entreprise? Souvent, on entend des histoires d'entrepreneurs, de créateurs d'entreprises, voire même de repreneurs ici dans Vivement la reprise, qui nous disent, mais je ne sais pas, j'ai senti que c'était la bonne entreprise, j'ai senti qu'il y avait un fit avec le cédant, j'ai senti... Beaucoup de ressenti, beaucoup d'instinct.
Alors, ça me paraît absolument indispensable. Il faut la posture raisonnable, qui est la nôtre, c'est de dire d'aller regarder effectivement, vraiment avoir un vrai état des lieux de l'entreprise à reprendre, de son marché, de ses collaborateurs, de regarder évidemment. Mais une fois que tout ça est calé, imaginons que ça soit dans de bonnes conditions, la question fondamentale au bout du bout pour le repreneur, c'est est-ce que j'ai envie? Si on n'a pas envie, même si c'est une belle entreprise, même si on a les moyens de le faire, même si on n'en a pas viscéralement envie, il ne faut pas y aller. C'est voué à l'échec. C'est très clair. Il ne faut y aller que si on a envie. Alors, les choix peuvent être faits en fonction, on le disait tout à l'heure, du produit, du lieu, de l'attractivité de l'entreprise, de son ancienneté, de son image, des collaborateurs. Mais quelque part, il faut en avoir envie. C'est un engagement. Nous, on insiste beaucoup sur le fait que c'est une forte responsabilité. Pour nous, la responsabilité de reprise est forcément beaucoup plus importante qu'à la création. Il y a une responsabilité à la création puisque rapidement, Ceux que nous accompagnons chez Réseau Entreprendre sont ceux qui créent des emplois. Donc, ils vont embaucher très rapidement quelques emplois et puis petit à petit faire grossir leur entreprise, ce qui est très bien. Et c'est déjà une forme de responsabilité. Mais lorsqu'on reprend une entreprise qui a parfois des dizaines d'années, voire plus que ça, d'existence, avec une dizaine ou une vingtaine ou une trentaine de collaborateurs, on prend la responsabilité de la vie économique de ces gens-là et de leur famille sur des territoires pas toujours très faciles. Donc, c'est une énorme responsabilité qui va demander beaucoup de travail, beaucoup d'investissement, c'est sûr. D'où le fait, au-delà de tous les chiffres et de tout ce qu'on peut mettre dans un tableau Excel et de tout le factuel, il faut en avoir envie. Si on n'en a pas envie, il faut passer son tour, il ne faut pas y aller.
Bien sûr. Qu'est-ce qui fait d'ailleurs, à ce titre, échouer le plus souvent les repreneurs dans les premiers mois ou les premières années?
Alors, il peut y avoir des causes externes de marché. Qui sont venus. Le Covid a été un cas. On a eu quelques à-coups sur le coût de l'énergie, par exemple, qui étaient peu prévisibles et qui effectivement sont venus percuter des plans de reprise ou de développement. Donc ça, c'est— il peut y avoir des facteurs externes, il faut pas le négliger non plus, il faut aussi l'anticiper. On espère bien évidemment, quand on crée ou quand on reprend, que ça sera avec succès, mais oui, on on pense à Réseau qu'il faut quand même réfléchir au cas où ça ne va pas fonctionner ou pas comme on veut. Est-ce qu'il y a un plan B? Est-ce qu'on peut réduire? Est-ce qu'on peut réorienter? Est-ce qu'on peut faire? Donc il faut tout de même anticiper ces sujets-là. Donc on peut avoir ça, des marchés qui changent, qui se retournent. L'attachement aussi, on y est très vigilants. L'attachement des clients souvent, voire des fournisseurs, à l'ancien dirigeant peut aussi être un facteur. Normalement, ça se rattrape, mais qui peut nécessiter un certain temps. Et comme je le disais tout à l'heure, qu'il faut continuer la courbe, la droite supposée ascendante de l'entreprise, on peut aussi anticiper qu'il y ait un petit ralentissement le temps de remettre de la confiance sur l'ensemble. Et ça arrive. Et ça demande effectivement, et nous sommes là également pour ça et nos prêteurs sont là aussi pour ça, ça demande d'avoir anticipé et avec nos prêteurs et avec un montage bancaire, d'avoir anticipé cette situation. Et même si c'est un très bon repreneur et même si tout est bien aligné, il est tout à fait possible, voire probable, qu'il y ait un petit temps d'observation entre la reprise et puis ensuite la vraie vie de l'entreprise. Et ce temps d'observation, même s'il n'est pas catastrophique, il a un coût parce que c'est un ralentissement, forcément, donc il a un coût.
Qu'est-ce qui, à l'inverse, Jean-François, fait réussir ceux qui s'en sortent bien?
Je crois que ce qui les fait réussir, alors il y a deux choses. D'abord, la première, c'est forcément la bonne compréhension et la bonne entente avec l'équipe en place. Ça me paraît indispensable. Autrement, tout est illusoire s'il n'y a pas de bonne collaboration entre les deux. Ça, c'est le premier point qui me paraît indispensable. Le deuxième, c'est souvent le développement qu'amène, qu'avait imaginé ou qu'imagine le repreneur. C'est-à-dire qu'il prend une situation, on le disait tout à l'heure, il peut y avoir un temps d'observation, de remise en place. Et puis, il arrive souvent avec ses propres idées de développement, éventuellement des idées de nouveaux marchés, voire de nouveaux produits. Et c'est ce qu'il amène, en fait. C'est ce que lui va amener comme nouveau développement. Et c'est là où on a des entreprises, effectivement, qui vivaient et qui stagnaient depuis quelques années avec un certain nombre de collaborateurs, un certain chiffre d'affaires et qui, sur quelques années, entre 3 et 5 ans, vont doubler, tripler, quadrupler parce qu'en fait, il y a un nouveau souffle, un nouveau marché, une nouvelle manière de voir les choses. Et c'est un vrai changement, c'est-à-dire qu'ils ont pris le produit, produit la marque et ils utilisent les qualités de l'équipe en place et éventuellement du matériel, des outils, des choses qui sont sur place pour développer, pour le faire tel qu'eux l'imaginent.
À quel moment vous voyez, Jean-François, qu'un repreneur, ça y est, il est à l'aise, il commence vraiment à prendre toute sa place dans l'entreprise et que derrière, vous vous dites, bon, ça y est, son accompagnement, il a été utile et on le reverra bien sûr de manière assez épisodiques, voire régulières, mais ça y est, là, a priori, il est bien lancé. Qu'est-ce qui vous rassure?
Je pense que ce qui est le bon indicateur, c'est quand on sent qu'il porte l'entreprise complètement, qu'il n'y a plus de distinction. Alors, c'est un jeu qu'il faut faire avec modération, mais qu'il n'y a plus de distinction entre l'entreprise et lui. Quelque part, il devient l'entreprise et du coup, il la représente, il l'incarne tout le temps dans ce qu'il fait, dans ses relations en interne sûrement, mais en externe aussi. Et il devient le vrai nouveau chef d'entreprise. Ça peut aller très vite et ça peut prendre effectivement quelques mois, quelques années. Et pendant ce temps-là, l'accompagnement est bien indispensable.
J'imagine. Les 100 premiers jours, est-ce que c'est aussi décisif qu'on le dit? On pose souvent cette question dans Bienvenue à la reprise en disant, alors, qu'est-ce que tu as fait des 100 premiers jours? Comment tu les as vécus? Qu'est-ce qui s'est passé? Est-ce que c'est décisif? Et on a des réponses très différentes de certains qui nous disent, oui, oui, oui, moi, ça a changé ma vie et d'ailleurs le cours de mon entreprise. Et d'autres qui nous disent, alors là, moi, les 100 premiers jours, n'en avez vraiment rien à faire parce qu'en fait, ça n'est pas sur les 100 premiers jours que tout se joue.
Je crois quand même que ces premiers mois, ces 100 premiers jours, effectivement, ont une grosse importance. Ont une grosse importance parce que l'enjeu de confiance, à la fois des équipes et des fournisseurs et clients, je pense qu'il se joue là, sur ces premiers mois. Et donc, il y a une grande vigilance à avoir. Après, c'est plutôt bon signe. C'est-à-dire que l'entrepreneur qui n'y a pas vu eu un gros enjeu, c'est que ça s'est très bien passé, en fait, que ça s'est fait dans la poursuite de ce qui existait et c'est très bien. Mais nous, on ne peut que les encourager avec leurs accompagnateurs à être extrêmement vigilants. J'allais dire que dans cette période-là, il faut quand même pas de mauvaises décisions, pas de maladresses. Ça demande quand même, je pense, vraiment une attention très particulière pour ne pas orienter, pour ne pas mal orienter la reprise dès le départ.
Par ailleurs. L'accompagnement du réseau Entreprendre dans la réalité, on en parle de manière très concrète depuis le début de cet épisode. Mais on peut se poser la question et peut-être que nos auditeurs se la posent en disant, mais concrètement, pourquoi un repreneur, il a besoin d'être accompagné à ce moment-là?
Je pense qu'il a besoin d'être accompagné dans ce— c'est un nouveau métier, quelles que soient ses compétences techniques ou commerciales ou financières d'ailleurs. C'est un nouveau métier, encore une fois, qui demande d'avoir de la hauteur, quelle que soit la taille de l'entreprise reprise et puis d'être capable de répondre sur l'ensemble des sujets qui sont extrêmement vastes qui vont se poser au nouveau chef d'entreprise. Il n'a, mais comme chacun d'entre nous, pas toutes les réponses, mais il faut qu'il sache et qu'on l'aide à aller chercher les bonnes réponses là où elles se trouvent.
Pourquoi le modèle de Réseau Entreprendre repose sur des chefs d'entreprise qui accompagnent d'autres chefs d'entreprise? C'est parce que c'est, selon vous, même si vous n'en êtes pas le créateur évidemment, mais quelque part, c'est un ADN qui est là depuis le début. C'est quoi le constat du fondateur? Pourquoi ce sont des chefs d'entreprise qui accompagnent d'autres chefs d'entreprise?
Le constat qui a été fait en 1986, donc il y a aujourd'hui 40 ans, d'André Mulliez, qui est le fondateur de ce mouvement, c'était suite à des licenciements chez Fildar qu'il avait dû faire et le résultat, raisonnement qu'on tient toujours aujourd'hui. C'est une phrase qu'on utilise toujours, c'est pour créer des emplois, créons des employeurs. Et c'est ce que nous faisons. Nous créons des employeurs qui, naturellement, derrière, vont créer des emplois. Et pour ça, il s'est retourné très naturellement vers ses amis chefs d'entreprise autour de lui et en disant, mais ça, on est capable d'aider ces employeurs à mettre en place quelque chose qui va permettre de se développer. Et c'est le modèle qui a été dupliqué aujourd'hui sur toutes nos associations et sur toutes nos implantations.
Qu'est-ce que ce modèle-là, il change très concrètement cet accompagnement. Souvent, on entend que les entrepreneurs, les dirigeants, les repreneurs sont coachés, pas forcément par un haut dirigeant, ils le sont bien sûr avec Réseau Entreprendre, mais que ça les accompagne sur la vision business, sur la stratégie, sur des moments difficiles comme des licenciements qu'il faut parfois faire aussi quand on reprend une entreprise parce qu'on peut peut pas toujours la reprendre dans sa totalité. Qu'est-ce que ça change dans les décisions dès le premier jour de la reprise d'entreprise?
Alors, la posture effectivement de l'accompagnement chez Rezo est très particulière. Moi, je pense que contrairement à ce qu'on entend de temps en temps, les créateurs et encore plus les repreneurs, en fait, ils sont très entourés, mais ils sont entourés par des professionnels globalement qui vont les accompagner. C'est très bien, on en a parfaitement besoin, chacun sur son domaine. La posture de l'accompagnement, ce que l'on amène, est tout à fait différent parce que ce sont effectivement des chefs d'entreprise donc qui ont leur expérience de chef d'entreprise, mais surtout qui sont, et on y prête une très grande attention, qui sont totalement désintéressés. C'est-à-dire qu'ils le font comme pour leur propre entreprise. Il n'est absolument pas question qu'ils en tirent un quelconque bénéfice ni qu'ils investissent dans l'entreprise qu'ils vont accompagner ou même qu'un autre de nos membres d'ailleurs investisse dans l'entreprise d'un de nos entrepreneurs lauréats. Donc c'est un accompagnement qui est à la fois totalement bienveillant, et totalement désintéressé. Et ça donne une force tout à fait extraordinaire parce que lorsque l'on a des conseils et encore une fois, des professionnels, on en a tous besoin dans nos entreprises et heureusement qu'ils sont là, mais ils sont aussi des clients de l'entreprise. Donc ils ont une posture tout à fait particulière. Chez Réseau Entreprendre, l'accompagnateur, il n'est pas client, il n'est pas fournisseur non plus de l'entreprise. Il le fait pour le développement de son territoire, pour le développement de l'emploi, mais il n'y a strictement aucun intérêt, ce qui fait qu'il le fait comme si c'était sa propre entreprise. Avec bon sens, avec toute son expérience et sans en attendre quoi que ce soit. Ce qui donne une hauteur qui est tout à fait particulière et une relation, on le suit maintenant depuis 40 ans, qui est très saine et souvent très forte, très durable. Ce que je vous disais tout à l'heure, l'accompagnement dure de 2 à 3 ans. Mais en fait, quand on voit d'anciens lauréats, y compris de très anciens lauréats, quasiment depuis le début, et qu'on en parle, ils nous disent, mais je suis toujours en relation avec mon accompagnateur. Alors, on se voit plus tous les mois comme au moment du lancement ou de la reprise, Mais on est en relation, je le tiens au courant. Quand j'ai une vraie question, eh bien, je prends le temps de lui poser au téléphone et il me répond. Donc ça crée une relation tout à fait particulière en ayant, en étant, c'est une mise à disposition vraiment de compétences et de temps et en n'ayant pas de sujet obligatoire. C'est ce dont a besoin l'entrepreneur finalement, l'accompagnement ou ce que l'accompagnateur voit dont il a besoin parce que des fois celui qui est accompagné ne voit même pas qu'il en a besoin, mais enfin dont on voit qu'il en a besoin. Et il n'y a pas de sujet tabou non plus parce que des fois l'entrepreneur lauréat, il a aussi besoin d'un conseil sur son équilibre entre sa vie privée et sa vie professionnelle. Et l'accompagnateur de réseau peut partager son expérience en l'aidant à trouver cet équilibre-là. Donc c'est vraiment cet accompagnement de pair à totalement désintéressé, totalement gratuit, qui a toute la hauteur nécessaire pour fonctionner et qui fonctionne depuis 40 ans.
Et comment vous gagnez des sous alors?
Alors, ce sont des associations, donc elles n'ont pas vocation à gagner de l'argent, pas à en perdre non plus.
Non, c'est pas ce qu'on vous souhaite.
C'est évident. En fait, le modèle est à la fois simple et très puissant puisque ce sont nos chefs d'entreprise adhérents qui cotisent à chacune des associations dans lesquelles ils sont et qui permettent de faire tourner les associations puisque chaque association Réseau Entreprendre a quelques permanents qui ne font pas eux-mêmes l'accompagnement mais qui organisent tous les rendez-vous dont on parlait tout à l'heure, le suivi, tous les process, toutes les rencontres qu'il y a sont organisées par les permanents des associations Réseau Entreprendre. Et donc le fonctionnement principal, il y a très peu en fait, il peut y avoir mais il y a très peu d'aides publiques chez Réseau Entreprendre. En fait, moins de 20% préconisation et souvent c'est beaucoup moins que ça. Et la ressource principale, ce sont les cotisations de nos adhérents qui font tourner. Il faut savoir aussi qu'on est reconnu d'utilité publique, donc ce sont des entreprises qui défiscalisent une cotisation, des cotisations qui sont en fonction des associations, mais en tout cas jamais symboliques et relativement importantes. Donc pour résumer, on a des chefs d'entreprise qui viennent, qui donnent de l'argent et du temps pour leur territoire et pour faire grandir ces nouveaux entrepreneurs, qu'ils soient créateurs ou repreneurs.
C'est vraiment un enjeu de transmission aussi. Au-delà de transmettre une entreprise, ce dont on parle depuis tout à l'heure, c'est aussi transmettre des compétences, transmettre un vécu, transmettre— Tout à fait.
Alors ça, ça répond vraiment à quelque chose de profond chez Réseau Entreprendre, c'est qu'un entrepreneur qui a exercé pendant des années, au-delà de la spécificité de son entreprise qui lui appartient. Mais il a des réflexes, il a des savoir-faire, des savoir-être propres à un chef d'entreprise. S'il ne les transmet pas, lorsqu'il va s'arrêter, en fait, c'est perdu. Et on sent très bien cette volonté de transmettre ce que l'on a acquis et cette posture de chef d'entreprise qui est tout à fait spécifique et de la transmettre aux futurs entrepreneurs qui eux-mêmes la transmettront à d'autres. C'est ce modèle extrêmement vertueux où, encore une fois, sans en attendre strictement aucun retour financier, j'entends, parce que c'est une satisfaction d'accompagner. Et nos accompagnateurs nous le disent en disant, je donne du temps, en fait, je reçois aussi beaucoup. Parce que ça reste un échange, c'est vraiment un échange de pair à pair, c'est pas descendant en fait, c'est un vrai échange. Et nos accompagnateurs nous le disent tous, c'est très enrichissant aussi de se confronter à un nouveau chef d'entreprise, une nouvelle entreprise, ces nouveaux défis. Et ça interroge aussi pour nos propres entreprises, bien évidemment.
Est-ce qu'on mesure vraiment, Jean-François, l'impact aujourd'hui économique et social de ces transmissions ou de ces non-transmissions quand on ne trouve pas de repreneur? Parce que ça arrive aussi. Là, on arrive dans une période aussi où il y a de plus en plus de cessions d'entreprises. Ça devient un sujet sociétal. Quand même.
Oui, c'est quelque chose que l'on suit. Je vous disais tout à l'heure, on est autour d'un peu plus de 30% sur l'ensemble de nos entrepreneurs lauréats de repreneurs. On le suit beaucoup avec une attention très particulière en fonction des territoires, sur des territoires un peu plus compliqués où ce maillage aujourd'hui encore, ce maillage de TPE/PME souvent industriel, existe sur les territoires. Et il y a un vrai gros enjeu parce qu'en fait, ce sont souvent eux qui font vivre les territoires. Alors, il y a un monde agricole qui vit, bien évidemment, et qui est en dehors de cet aspect-là. Mais pour le reste, et je dis souvent aux entrepreneurs lauréats, on a plein d'exemples où avec 12 salariés, il est de très, très loin le plus gros employeur de la commune. Et en fait, la vie de la commune, mais tout, l'école, les petits commerces, tournent, entre autres parce qu'il y a ces 12 salariés, c'est souvent 12 familles, des enfants. Et en fait, le vrai enjeu, il est là, c'est que ces entreprises qui ont des savoir-faire, qui sont un vrai patrimoine, si on les laisse fermer, d'abord on a deux caractéristiques, c'est que la première, financièrement, mais aussi techniquement et avec les réglementations, entre autres environnementales, il sera quasi impossible de les rouvrir. Ça sera très compliqué d'aller trouver d'autres locaux, de racheter des machines et autres. Donc on sait que c'est quasi impossible. C'est très facile à fermer en fait, mais quasi impossible à rouvrir. Donc le vrai enjeu, c'est la continuité. Et d'arriver à trouver à temps, et c'est un autre sujet, à trouver à temps le bon repreneur tant que l'entreprise est encore, et ça c'est le message que nous on adresse aux cédants, c'est vendez tant que c'est vendable. N'attendez pas trop que votre chiffre d'affaires ait baissé, que vous n'investissiez plus depuis des années parce que l'âge, parce que la lassitude, parce qu'à un moment votre entreprise qui était fort intéressante ne pourra plus intéresser personne, c'est trop tard. Donc il y a vraiment cette d'échanges et de responsabilités bien partagées. Parce que là, on parlait tout à l'heure beaucoup de la responsabilité du repreneur qui est énorme. Mais le message que nous, on fait passer à l'ensemble de nos adhérents chefs d'entreprise, mais aussi au monde entrepreneurial dans son ensemble, c'est que la bonne réussite et la dernière action réussie d'un chef d'entreprise, c'est la cession et la bonne cession. Ça fait partie de ses enjeux. Il a su globalement créer ou reprendre lui-même l'entreprise. Il a su pendant des années la développer, la gérer en fait dans de bonnes conditions. Mais le dernier très, très gros enjeu, c'est d'assurer une bonne reprise de son entreprise pour qu'elle perdure. Et ça se prépare, ça demande du temps, ça demande une réflexion. Et puis pour la personne aussi, c'est souvent sa vie de diriger l'entreprise. Donc ça demande aussi de se préparer, être en capacité d'accepter.
Sacrée étape.
C'est une très, très grosse étape. Donc il faut la préparer dans le temps. Et oui, c'est une étape importante. Mais le maintien de l'emploi sur nos territoires, et à ce prix-là. Si on le voit bien avec la pyramide des âges qui nous rattrape là, autrement, ça sera extrêmement compliqué pour nos territoires.
Vous travaillez aussi avec des acteurs comme le CRA? Oui, bien sûr.
Nous avons un accord au niveau national qui se décline au niveau des associations. Avec le CRA, il y a une très, très bonne coopération. Qui eux, pour le coup, font, ils sont en amont de nous, c'est-à-dire qu'ils font cette mise en relation que nous, on ne fait pas. C'est pas notre métier. Sauf cas particulier où deux personnes se rencontrent à réseau, mais ça reste extrêmement anecdotique. Par contre, Par contre, on travaille avec le CRA justement sur cette mise en relation, bien sûr.
Pas de concurrence donc?
Du tout, très peu de concurrence. On est à l'innocence. Idéalement, le CRA fait la mise en relation et ensuite c'est transmis vers Réseau Entreprendre.
Est-ce que quelqu'un qui veut reprendre aujourd'hui sait vraiment à qui s'adresser? Est-ce qu'il y a une base de données? Alors bien sûr, là, on peut les diriger vers le CRA, mais est-ce que, je ne sais pas, vous, vous proposez aussi des outils pour les futurs repreneurs qui se posent la question?
Ça, c'est l'autre vraie question, c'est effectivement d'adresser ces repreneurs. Alors nous, directement, non, je vous dis, sauf de manière anecdotique, mais bien sûr que non. Nous, notre étape, elle débute quand la mise en relation est déjà faite. Alors après, on va pouvoir intervenir, travailler avec le repreneur sur un dossier, l'aider à le monter, aller voir avec lui si la reprise se finalise ou pas, ou dans d'autres conditions. Mais la mise en relation pure et dure, qui est un vrai enjeu aussi, doit se faire en amont.
Merci pour ça parce qu'on a du mal aussi à se rendre compte parfois de la galaxie d'écosystèmes, de choses à penser, à faire, de mise en relation aussi qu'on peut avoir et dont on peut bénéficier grâce à des acteurs comme le vôtre. Le monde de l'entrepreneuriat est un monde, le monde de la reprise en est encore un, même si aussi sont similaires et proches. Donc, c'est important qu'on en parle. C'est pour ça que ça nous tenait notamment à cœur de vous recevoir. En parlant justement d'écosystème, qu'est-ce qui fonctionne bien aujourd'hui dans cet écosystème et qu'est-ce qui manque encore? Donc, quand on parle de reprise en France, si vous aviez, je ne sais pas, le président de la République, le ministre en face de vous, qu'est-ce que vous aimeriez lui demander?
Je crois qu'il faut plus informer les enjeux dont on parlait tout à l'heure, les enjeux économiques. Et au-delà de ça, du coup, c'est un enjeu très, très global pour notre pays. Je pense qu'il faut plus informer sur cette capacité qu'il y a à reprendre des entreprises, que ça soit plus, ça commence à l'être à peine maintenant, mais plus enseigné, entre autres dans les écoles de commerce, où depuis des années, la création d'entreprise est plutôt bien enseignée, même si après il faut se confronter au terrain. Mais en tout cas, cette possibilité est ouverte et les jeunes qui sont en capacité savent que c'est une des possibilités. Ils le feront ou pas, mais ils savent. La reprise, Ce n'était pas fait du tout jusqu'à présent et on pense qu'il faut le faire. Il faut le faire savoir que c'est une vraie richesse et que ça va bien au-delà de la reprise familiale dont on parlait tout à l'heure, qui quelque part est assez naturelle, ou de la reprise en interne, c'est-à-dire par un des collaborateurs de l'entreprise. Mais savoir que c'est une possibilité et qu'il y a des financements, il y a des accompagnements, notre réseau et d'autres, mais nous accompagnons. Et donc que c'est accessible, en fait, beaucoup plus accessible qu'on ne le pense. Ce n'est pas réservé à des personnes dont, encore une fois, la famille ou l'entourage proche est déjà chef d'entreprise. C'est absolument accessible à tout le monde. Ça, c'est le premier point. Et le deuxième, et sur lequel moi j'insiste beaucoup, c'est de vraiment, même lorsqu'on veut créer initialement, qu'on a une idée géniale, il y en a plein, et qu'on veut créer une entreprise, néanmoins de s'intéresser à la reprise quand même. Pour un raisonnement très simple, c'est que créer une entreprise, c'est avoir une idée, c'est faire un montage et essayer de la faire démarrer. Si on est bien accompagné, normalement, ça démarre.
Mais il faut la faire démarrer.
Quand on reprend une entreprise, elle existe déjà. Si on la reprend, c'est qu'elle est plutôt saine, qu'elle existe, qu'elle a des capacités.
On leur souhaite en tout cas.
C'est ce qu'on espère. Donc c'est quelque chose qui fonctionne déjà. C'est un premier point acquis. Et ensuite, moi, j'insiste beaucoup sur le sujet de dire même si vous ne trouvez pas l'entreprise à reprendre qui fait exactement ce que vous voulez faire. Et si vous avez une idée très précise, il y a toutes les chances, pour peu qu'elle soit originale et innovante votre idée, vous n'allez pas trouver ce qui existe. Ce qui n'est pas très grave. Plutôt que de créer, il est souvent beaucoup plus intéressant, beaucoup plus avantageux sur tous les points, point de vue financier, mais pas que, sur l'ensemble, de prendre une entreprise pas totalement éloignée, mais relativement proche de ce qu'on veut faire et de se dire raisonnablement, je continue ce qui existe déjà et je me laisse 1 an, 2 ans, 5 ans pour l'orienter et in fine aller là où je souhaitais aller, mais avec quelque chose qui existe déjà et où je ne vais pas passer 1 an ou 2 à me demander, ça démarre ou ça démarre pas? Ça a déjà démarré. Et souvent, il y a des belles pépites à reprendre. Il faut aller les chercher, elles sont partout en France, mais il y a une belle pépite à reprendre pour finalement arriver exactement là où on voulait aller et avec des investissements et des risques financiers pour le futur chef d'entreprise beaucoup moins importants. Et puis quand même une capacité de réussite, un pourcentage de réussite qui est plus élevé. C'est une entreprise qui existe déjà. L'adaptation, la direction vers le produit ou le service innovant, il prendra le temps qu'il prendra, mais on prend beaucoup, beaucoup moins de risques à faire évoluer lentement et intelligemment une structure qui existe déjà qu'à créer ex nihilo en espérant que ça va démarrer. Donc je pense que c'est au-delà de tous les outils, c'est un changement de mentalité. Se dire quand on veut devenir chef d'entreprise, on peut créer, bien sûr, on ne remet surtout pas ça en cause. Mais posez-vous la question tous, vos futurs auditeurs, les futurs créateurs, futurs créateurs-repreneurs, posez-vous la question: est-ce que je ne gagne pas du temps? Est-ce que je ne fiabilise pas tout en essayant de reprendre quelque chose qui existe déjà? Quitte à me dire dans 5 ans ou dans 10 ans, on fera complètement autre chose. Autre chose.
Est-ce que ça veut dire que c'est plus facile, Jean-François, de reprendre une entreprise que d'en créer une?
Les enjeux ne sont pas les mêmes, en fait. Donc plus facile, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, il faut aller plus vite et être plus rapidement dans sa posture de chef d'entreprise. C'est sûr, c'est évident. Mais on part de quelque chose qui existe déjà. Pour un partenaire bancaire, ça peut être, si l'entreprise reprise est belle, c'est beaucoup plus rassurant. Il y a déjà des chiffres, il y a déjà un marché, il y a déjà des locaux, il y a déjà des collaborateurs. C'est pas un dossier de papier, c'est quelque chose qui existe déjà. Donc ça, c'est à la fois plus rassurant et, on le disait tout à l'heure, beaucoup plus engageant en termes de responsabilité. Parce que la responsabilité de la reprise, la responsabilité vis-à-vis des collaborateurs, vis-à-vis du territoire, vis-à-vis d'un engagement financier aussi. Parce qu'on trouve aujourd'hui globalement des financements bancaires, mais évidemment, il faudra le rembourser. Donc forcément, c'est un enjeu financier qui est important aussi. Mais je trouve qu'en termes de réflexion, il est intéressant de se dire plutôt que de créer, est-ce que je peux adapter quelque chose qui existe déjà? Encore une fois, pour aller là où je veux aller, ce qui est tout à fait légitime. Si une entreprise veut faire quelque chose, elle le fait bien évidemment.
Reprendre une entreprise, on l'aura compris, ça n'est pas seulement et simplement changer de dirigeant. C'est parfois et surtout assurer une continuité, préserver une histoire aussi, parfois écrire aussi un nouveau chapitre de cette entreprise. Ce sont les histoires qu'on raconte ici dans Vivement la reprise. On a été ravis de vous recevoir aujourd'hui, Jean-François. On s'est rencontrés sur un événement notamment autour de l'entrepreneuriat, de la reprise d'entreprise, des jeunes, etc. Et d'ailleurs, c'est important à dire qu'il y a de plus en plus de jeunes, moi je le constate même dans mon cercle d'amis et dans des écoles notamment supérieures dans lesquelles je vais, les jeunes disent mais moi j'en ai plus grand-chose à faire de la start-up nation avec le hoodie et la création d'entreprise. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de reprendre une entreprise. Et c'est intéressant, je pense, générationnellement, qu'il y ait de plus en plus de jeunes entre 25 et 30 ans qui veulent démarrer leur vie en reprenant repreneurs d'entreprise.
Tout à fait. C'est un grand message d'optimisme que d'aller vers ces reprises.
Exactement. Et que vous nous avez d'ailleurs apporté tout au long de cet épisode. On l'aura compris, chères auditeurs, derrière chaque reprise, il y a aussi bien sûr des enjeux économiques majeurs, des histoires, une aventure profondément humaine, celle d'abord d'un cédant qui transmet ce qu'il a construit, d'un repreneur aussi qui accepte de porter en héritage ce qu'on lui confie tout en apportant sa propre vision et tout un écosystème, on en a parlé, qui doit être là pour accompagner cette transition, écosystème dont vous fait partie intégrante et intégrale, j'ai envie de dire, Jean-François. Et c'est vrai, alors que de nombreuses entreprises cherchent aujourd'hui leur futur dirigeant, la question de la transmission, quelque part, elle devient plus que jamais un enjeu collectif, sociétal. Comment donner envie de reprendre? Comment mieux accompagner celles et ceux qui se lancent? Et comment faire en sorte que justement ces belles histoires entrepreneuriales, elles continuent à s'écrire? Nous, on a à cœur chez Vivement les Reprises de les mettre en avant, mais il y a tout le travail en amont et si on existe, c'est parce que des gens comme vous avec tout le réseau au sein du réseau Entreprendre Existe. Pour terminer cette interview, Jean-François, si vous aviez un message et un seul à adresser à quelqu'un qui aujourd'hui hésite peut-être, quel que soit son âge ou quel que soit le secteur d'activité dans lequel il souhaite se lancer, un message aujourd'hui à adresser à quelqu'un qui hésite à reprendre une entreprise, qu'est-ce que vous lui diriez?
Alors, je dirais 2 choses. D'abord, de prendre le temps de choisir l'entreprise qui lui correspond, quel que soit le secteur, mais qui lui correspond à la fois sur ce que fait l'entreprise, peut-être sur le secteur géographique. C'est un projet de vie quand même, un choix très clair. Donc, prendre le temps de bien le choisir. Et ensuite, une fois que c'est choisi et s'il y a cette envie dont nous parlions tout à l'heure, vraiment de se lancer et en se laissant du temps, en disant, je reprends une entreprise et je vais l'amener là où je souhaite l'amener. Je vais prendre le temps de le faire. Mais il faut y aller. C'est un grand, il y a beaucoup d'opportunités, de grosses opportunités professionnelles et personnelles autour de ces reprises. Et puis ça reste aujourd'hui, quoi qu'on en dise, la direction d'entreprise reste aujourd'hui un grand espace de liberté et de satisfaction pour nos chefs d'entreprise.
On ne le répétera jamais assez, effectivement.
C'est important.
Merci infiniment, cher Jean-François Nardo-Péry, d'avoir été parmi nous aujourd'hui pour cet échange. Merci Merci aussi à vous d'avoir suivi cet épisode de Vivement la reprise. Vous le savez, chers auditeurs, n'hésitez pas à commenter l'épisode, à poser des questions éventuellement à Jean-François, à nous-mêmes. Si vous avez des profils aussi de repreneurs ou de repreneuses à nous envoyer, on sera absolument ravis de vous lire et d'échanger avec vous. Et puis d'ici là, prenez bien soin de vous. On se retrouve dans le prochain épisode de Vivement la reprise.
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