Créateur de BlaBlaCar - 7 ANS pour atteindre 100 MILLIONS de membres

In this episode of the Génération Do It Yourself podcast, host Matthieu Stefani interviews Frédéric Mazzella, the founder of BlaBlaCar, about his seven‑year journey from a university project to a platform with over 100 million members and a €300 million turnover. The conversation traces his academic background (prépa, ENS, Stanford, NASA‑related research), the early operational hurdles (banking, legal, team building), and the multiple business‑model experiments that led to BlaBlaCar’s rapid scaling. Mazzella then explains his latest venture, DiFT, a hybrid mission‑driven company that combines a donation fund, a “cagnotte solidaire” system for associations, and corporate loyalty‑point integration, allowing individuals and firms to turn everyday gifts and reward points into tax‑deductible donations. He details how DiFT has tested nine different models in three years, partnered with 400 brands (e.g., Accor, BNP, Cultura, Engie), and already channeled €20 million to 300 associations, with 80 % of contributors being new donors. The interview also covers his leadership philosophy – the importance of iterating, balancing emotion and rationality, learning from failures, and drawing inspiration from music and scientific curiosity – and his vision for scaling DiFT internationally while modernising generosity. The episode ends with a live call‑to‑action, a fundraising challenge, and personal reflections on books and quotes that shaped Mazzella’s outlook.
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TranscriptAuto-generated · 167 min
Frederic Mazzella
Je crois qu'au final, c'est grâce à Einstein que je suis devenu entrepreneur. On a mis 7 ans à avoir 1 million d'inscrits. Blablacar, on a essayé 6 modèles économiques. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que 5 fois, on s'est planté. Entre 2012 et 2015, on a ouvert une vingtaine de pays. Aujourd'hui, on est du Brésil à l'Inde.
Matthieu Stefani
Et ça fait combien de chiffre d'affaires au total?
Frederic Mazzella
Un peu plus de 300 millions. J'ai pu lire plus d'une fois la compassion dans les yeux de mes interlocuteurs qui se disaient: le gars, il était bien parti, il avait fait classe prépa, Normale Sup', Stanford, il bossait à la NASA et là, il plaque tout pour aller construire un site web pour des beatniks. Qui font de l'autostop.
Matthieu Stefani
Est-ce que c'est encore nécessaire de faire l'INSEAD ou Harvard pour lancer son entreprise en 2026?
Frederic Mazzella
Go.
Matthieu Stefani
Salut Fred, ça va? On vient de confirmer qu'on t'appelait Fred, donc pas Frédéric, parce que ça, c'est le...
Frederic Mazzella
Ah, c'est la grande question.
Matthieu Stefani
Le American way of life, c'est ça.
Frederic Mazzella
Fred. C'est plus facile à dire Fred que Frédéric, pour les Américains surtout.
Matthieu Stefani
C'est vrai, c'est vrai. Bon, on est pressé, on n'a pas le temps, quoi. C'est ça.
Frederic Mazzella
Ça permet d'être dans l'action.
Matthieu Stefani
Ouais, j'ai assumé le Matt à un moment, puis après, bon, en fait, je laisse les gens m'appeler comme ils veulent.
Frederic Mazzella
Et voilà, moi aussi, c'est ça.
Matthieu Stefani
Bon, tant que ça, c'est pas insultant, c'est mieux aussi.
Frederic Mazzella
Non, mais tant que ça reste ton nom, c'est mieux.
Matthieu Stefani
Clem, on peut taper Clem ou... Bien sûr. Je suis content de te recevoir enfin sur Génération Do It Yourself, un vrai OG de la tech, quoi. Un parrain de la tech française finalement, parce que toi, t'as toujours été plus ou moins dans les parages. T'es quand même pas la toute première génération. T'es un peu comme moi, t'as loupé la première vague du pré-dotcom quand même, non?
Frederic Mazzella
Le pré-dotcom, ouais, mais moi, j'étais...
Matthieu Stefani
La bulle, quoi.
Frederic Mazzella
Ouais, j'étais aux États-Unis au moment de la bulle. Donc, j'étais dedans, mais j'étais protégé entre guillemets parce que je faisais encore mes études.
Matthieu Stefani
Oui, c'est ça.
Frederic Mazzella
J'étais à Stanford en Californie.
Matthieu Stefani
Ouais, mais t'es protégé, mais enfin, il y en a quand même qui ont réussi à faire des trucs très marrants dans la bulle. Il y a un moment où, tu vois, les premières vagues de Génération Naturel, j'avais quand même pas mal de gens qui avaient vécu la bulle, alors soit qui avaient tout explosé dedans, soit qui avaient réussi à acheter, vendre avant, même des gens que tu connais bien, j'imagine, des Maxime Oncini, BKM, d'autres formes de OG, quoi. Et à mon avis, c'était un truc marrant à vivre quand même aussi. Il y en a qui sont passés, mais genre vraiment juste avant.
Frederic Mazzella
Il y en a qui ont réussi à vendre au bon moment. Après, je pense que ça forme aussi d'avoir vu ça, d'avoir frôlé des situations catastrophiques, voire parfois les avoir vécues, ça te rend plus fort pour la suite.
Matthieu Stefani
Et ce qui est marrant, c'est que là-dessus, alors moi, j'ai fait partie de ces entrepreneurs à peu près dans les mêmes ou que toi, 2005-2006 dans la tech, c'est que c'était quand même vraiment sec, quoi. C'était marée basse quand même. C'est-à-dire qu'entreprendre en France à ce moment-là et dans la tech, tout le monde te regardait en se disant, pfff, ah bah oui, vas-y, flemme, quoi.
Frederic Mazzella
Ah bah ouais, flemme, c'était pas l'expression de l'époque, mais c'était la tu veux de l'argent?
Matthieu Stefani
Non.
Frederic Mazzella
Moi, quand j'ai voulu ouvrir un compte en banque pour créer Blablacar, j'ai fait 7 banques. Et les 6 premières m'ont gentiment raccompagné à la porte avec différents arguments. J'en ai une qui m'a ramené un agent d'une banque, je dirai pas le nom, qui m'a ramené à la porte.
Matthieu Stefani
Je les ai cités pendant très longtemps, mais j'ai arrêté. C'était 4 lettres, ils viennent de Hong Kong, Singapour et d'autres endroits, mais HSBC, c'est vrai qu'ils existent plus en France. Mais bon, pardon. Donc, ils te raccompagnaient à la porte?
Frederic Mazzella
Ouais, en me tapant sur l'épaule en me disant merci monsieur, mais Internet en a déjà donné. Je t'assure. Et non, j'en ai une autre qui m'a dit, ah oui, non mais les startups, on adore ça. Amenez-nous les 3 derniers bilans. Je dis, mais comment dire, je dépose les statuts là, donc les bilans, ça va pas pour tout de suite. Je vais pas en avoir 3.
Matthieu Stefani
Ça, mais moi, ce qu'il m'avait dit, c'était au coin de Victor Hugo, les mecs, ils m'avaient dit, elle m'avait dit, charmante au demeurant, m'a dit non, non, mais nous on adore pareil les startups, les entrepreneurs, c'est super. En revanche, on prend pas avant 5 ans d'activité. OK, mais je vais, je fais comment? Ah bah, aller chez les autres. Et puis elle te montre la sortie comme ça.
Frederic Mazzella
OK, je reviendrai jamais.
Matthieu Stefani
Mais non, c'est vrai que c'était pas un moment simple.
Frederic Mazzella
Bon, ça a changé maintenant, tu peux quand même ouvrir un compte en banque quand tu crées ta société, c'est quand même plus...
Matthieu Stefani
C'est vrai, c'est vrai. Tu peux le faire en plus en ligne en 3 secondes. Tu vas même plus quai de Corse ou je sais pas où selon les villes où tu montes ça, mais très cool. En tout cas, je suis ravi de te recevoir. On va parler de...
Frederic Mazzella
Merci.
Matthieu Stefani
Un peu de tout ça. On va parler un peu des États-Unis où t'as un peu grenouillé, j'ai l'impression. Un petit peu de Blablacar parce qu'on peut pas dissocier Frédéric Mazzella de Blablacar.
Frederic Mazzella
Non, c'est écrit là.
Matthieu Stefani
Voilà, c'est exactement. Tu l'as tatoué quelque part ou pas?
Frederic Mazzella
Non, je l'ai pas tatoué. Je l'ai pas tatoué, mais on dirait parce que des fois, les gens ne savent pas mon nom, ils m'appellent Monsieur Blablacar.
Matthieu Stefani
À la fois heureusement, parce que comme vous avez changé de nom, t'aurais pu t'appeler Commuto ou Covoiturage, c'est ça?
Frederic Mazzella
Oui, Monsieur Covoiturage, ça marche aussi, mais bon, c'est moins international.
Matthieu Stefani
Ouais, c'est ça. Et puis on va parler de DIFT évidemment, qui est ton sujet, l'un de tes sujets, de nombreux sujets d'actualité. Mais avant tout ça, si tu veux bien Fred, je te propose de te présenter.
Frederic Mazzella
Très bien. Écoute, je vais écouter.
Matthieu Stefani
Non, c'est toi qui te présentes. Ah non, pardon, vas-y.
Frederic Mazzella
J'ai cru que c'était toi qui...
Matthieu Stefani
Te présente-toi-même. Normalement, j'ai cliqué.
Frederic Mazzella
Ah, de me présenter moi-même. Qui es-tu? Ça va être rapide. Non, je suis entrepreneur. J'ai compris que j'étais entrepreneur, finalement. Voilà. Qu'est-ce que je dois dire de plus? Voilà, j'aime bien créer des trucs. J'aime bien imaginer ce qui n'existe pas encore et surtout quelque chose qui, si possible, va marcher, c'est-à-dire qui va être compatible avec le monde dans lequel je vis. Donc, tu sais, on peut avoir souvent des idées ou des idéaux et puis Il y a un moment où il faut se confronter au réel. Et c'est ça qui me passionne dans le côté entrepreneuriat, c'est que tu as une idée, tu as une vision, tu as une envie. Et puis ensuite, tu dois te débrouiller pour qu'elle existe, pour qu'elle marche. Donc, c'est vraiment transformer quelque part tes rêves en réalité, mais en faisant avec le monde qui t'entoure puisque tu ne vas pas le changer. Donc, ton but, c'est de faire en sorte que ton idée arrive à se développer dans le monde dans lequel on vit et que ce faisant, cette idée-là elle-même puisse contribuer à faire évoluer le monde comme tu as envie de le voir évoluer. Donc c'est en cela qu'on peut dire qu'entreprendre, c'est aussi changer le monde, mais c'est d'abord s'adapter au monde pour le faire changer.
Matthieu Stefani
Intéressant. Et ce qui est intéressant, ce qu'on voit ou ce que les gens voient pas trop parce que Sans post-rationaliser, mais c'est que l'entrepreneur, comme tout le monde, mais comme plein d'autres personnes, change le monde. C'est-à-dire que, tu vois, je sais pas, à l'origine, un Léonard de Vinci est un entrepreneur, ou il doit financer ses projets, il doit faire un certain nombre de choses qui font qu'à la fin, tu vas inventer un certain nombre de choses. Vous, avec Blablacar, avec DiFT, avec tout le monde, à sa mesure, à sa manière, que ce soit un tout petit écosystème dans une rue, dans un quartier, ou un plus gros, ça change des habitudes, des pratiques. Je trouve ça assez intéressant philosophiquement.
Frederic Mazzella
Complètement, mais c'est très philosophique. Et d'ailleurs, moi, j'avais une formation plutôt, tu vois, par la recherche. Je suis passé par Normale Sup et donc on t'apprend dans ces lieux-là à aller te poser des questions que possiblement personne ne s'est jamais posées. D'ailleurs, je me souviendrai toute ma vie de ce jour de d'entrée à Normale Sup où la directrice de l'école nous prend tous dans l'amphi, nous prend tous dans l'amphi et elle nous dit, alors tu sais, les épreuves Normale Sup, je sais pas si tu as une idée, mais c'est des épreuves de 3 heures, de 6 heures, des trucs très costauds. C'est un niveau, enfin, avec un niveau de sélection énorme. Tu as 1% qui rentre ou quelque chose comme ça. Et donc, c'est à l'issue de tes classes prépa où tu as aussi travaillé tout le temps pour avoir le niveau correct pour pouvoir prétendre à rentrer dans ces écoles. Là. Et là, elle nous dit, bonjour, bienvenue à l'École normale supérieure. Bravo, vous êtes rentré à l'école, vous savez remplir un QCM. Et là, moi, je me dis, attends, QCM quand même, il est un petit peu salé. Et elle nous dit, oui, parce qu'il faut bien que vous imaginiez que toutes les questions auxquelles vous avez répondu pour entrer à l'École normale supérieure, ce sont d'autres que vous qui se les sont posées. À partir d'aujourd'hui, on va apprendre à se poser les questions. Et là, tu te dis, ah oui, non, en fait, tout ce que j'ai fait là pendant les 20 premières années de ma vie, à apprendre à compter, écrire, compter bien en plus, parce que tu vois, ça va jusqu'aux intégrales triples en coordonnées sphériques et j'en passe. Donc, c'est quand même des trucs compliqués. Tu dis, ah oui, non, c'était qu'un exercice, en fait, c'était le bac à sable. C'était apprendre à écrire, compter, un peu réfléchir. À partir de maintenant, ça y est, on vient de passer la seconde et on est passé dans le domaine de la réflexion, des questions qu'il faut se poser. Et puis, c'est pas qu'on ne connaît pas la réponse aux questions, c'est qu'on ne connaît pas les questions.
Matthieu Stefani
C'est génial. Moi, j'adore ça. Ce qui est super, c'est que c'est mieux quand même que ces endroits où on t'accueille et on te dit, vous êtes l'élite de la nation, bravo, bienvenue. Tu vois, enfin, flemme aussi. Sur Normale Sup', j'ai rencontré pas mal de normaliens, mais il y a vraiment plein de profils différents. C'est-à-dire que j'en ai rencontré des ultra scientifiques, des ultra littéraires. Sur ton concours d'entrée, tu as plusieurs branches?
Frederic Mazzella
Ah oui, complètement. Moi, je suis rentré en physique.
Matthieu Stefani
En physique, en physique-chimie.
Frederic Mazzella
Donc oui, tu peux rentrer en maths, tu peux rentrer en bio, tu peux rentrer en physique-chimie, tu peux rentrer en lettres, évidemment, très connu, Normale Sup pour les lettres. Voilà, donc tu as vraiment des populations assez différentes. C'est marrant parce que les promos ne sont pas très grandes en plus. Nous, en physique, on était 23.
Matthieu Stefani
23, la vache. Ouais, donc finalement, au total, si tu mélanges toutes les promos, vous êtes 200, quoi.
Frederic Mazzella
Alors attends, je ne voudrais pas dire de bêtises. C'est possible que ce soit à peu près à Normale Sup' à Rudulme, on doit être à peu près 200 par an. Il faudrait vérifier, je ne sais pas exactement les effectifs.
Matthieu Stefani
OK. Et alors, ça a fonctionné après? Parce que ce qui est intéressant aussi, c'est que dans beaucoup d'autres endroits, c'est peut-être plus lié aux écoles de commerce qu'ailleurs, Je pense pas que ce soit comme ça à Polytechnique, mais je sais pas. Non, je sais quand même. Mais on te dit, moi, j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup bossé pendant la prépa. Après, c'était vraiment cool. Là, d'après ce que tu me dis, c'est pas le cas.
Frederic Mazzella
Non, mais non, t'as beaucoup bossé pendant la prépa, puis tu bosses aussi beaucoup à l'université.
Matthieu Stefani
Mais tu bosses encore plus après.
Frederic Mazzella
Oui, mais c'est parce qu'en fait, alors, tu vois, j'ai envie de dire, quand tu aimes, tu comptes pas. Et quand t'aimes ce que tu fais, tu bosses sans t'en rendre compte. C'est pareil pour tout. Toi, t'es entrepreneur, tu vois, quand tu Quand t'es passionné par ton sujet, en fait, techniquement, tu fais un nombre d'heures impressionnant, mais t'as pas vraiment l'impression de bosser. À part qu'à un moment, t'es fatigué, il faut que tu dormes. C'est sûr. Mais t'as l'impression de quelque part d'accomplir quelque chose qui te dépasse, qui te rend heureux, qui te rend fier, qui te— C'est une forme d'accomplissement aussi. Et donc, c'est sûr que quand tu aimes apprendre, quand tu aimes découvrir, quand tu aimes te poser des questions, bon bah, tu vois, ces classes-là, Normale Sup ou ailleurs, c'est formidable parce que tu poursuis ta pensée. On rejoint le côté effectivement philosophique, mais c'est le plaisir d'apprendre, c'est le plaisir de découvrir qui est peut-être d'ailleurs, alors on en parlera sûrement, mais qui est peut-être ce qui nous différencie justement de des machines et de tout ce qui est AI. Je ne suis pas sûr que l'AI ait un plaisir à apprendre. Déjà, tout ce qui est plaisir, je ne sais pas bien comment l'AI peut le ressentir aujourd'hui. Mais c'est un moteur, l'envie, le plaisir. Et quand tu as le plaisir d'apprendre, du coup, tu fais plein de choses. Et effectivement, techniquement, tu travailles beaucoup, mais en fait, comme tout le monde, tu n'as que 24 heures par jour et tu as choisi de mettre tes heures sur ça plutôt que sur, je ne sais pas, regarder la télé ou aller à la plage.
Matthieu Stefani
L'envie, le plaisir, la passion, les sentiments, en effet, de là à ce que l'AI ait tout ça. Et la question, c'est est-ce qu'on souhaite que la machine ait tout ça C'est aussi encore un autre sujet.
Frederic Mazzella
Ça va être perturbant.
Matthieu Stefani
Oh, mon petit Frédéric. Fred. Et non, c'est vrai que... Alors, ce qui est intéressant, je voudrais quand même juste un tout petit peu creuser là-dessus. Ça fonctionne. Vous avez appris et comment ils t'ont appris à vous poser plus de questions? Quel type de questions? Comment?
Frederic Mazzella
Déjà, il n'y a pas de questions interdites. Tout ce qui te passe par la tête, tu as le droit de te poser la question. Alors, en physique, c'est assez facile parce que, enfin, c'est facile parce qu'il y a encore plein de trucs qu'on connaît pas. Donc, il y a tellement, tellement de choses qu'on connaît pas. Alors, ce que ça t'apprend aussi, c'est que tu connais pas grand-chose.
Matthieu Stefani
Oui, en physique particulièrement. Il y a un nombre qui est plus important que tous les autres quand on est entrepreneur, quand on gère une entreprise. C'est le petit nombre qui est en bas à droite de votre facture. Le problème, c'est que derrière ce nombre, il y a un nombre incalculable d'autres nombres. Et ceux qui pèsent: les jours de retard, les nombreuses relances, les impayés, les factures qu'on retrouve jamais dans ses mails. Bref, toute la galère administrative, celle qu'on déteste tous. En 2026, la facturation électronique devient obligatoire. Oubliez les relances interminables, les PDF perdus, la paperasse qui bouffe tout votre temps. Et pour être prêt le jour J, je vous propose une chose: choisir l'outil de facturation électronique conforme qui vous va le mieux. Et là, pas besoin de chercher midi à 14 h parce que vous avez Qonto, mon partenaire, qui est 100% conforme et déjà opérationnel. Qonto, c'est le compte pro français que j'utilise et que je recommande depuis toujours. Plus de 600 000 entrepreneurs l'ont adopté. Et l'avantage de Qonto, c'est quoi? C'est que vous avez une solution qui est complète. Vous avez votre compte pro et votre facturation électronique conforme au même endroit sans payer un outil supplémentaire et vous faites une facture en une minute. Et ensuite, les relances se font en un clic. La réconciliation facture transaction est automatique. Et en ce moment, avec le code 2850, vous avez 50 euros de remise sur votre abonnement sans engagement. Alors si vous aussi vous voulez vous concentrer sur les bons chiffres et pas sur la paperasse, allez chez Qonto. C'est Qonto.com/facturation. Qonto.com/facturation. Allez, on reprend l'épisode.
Frederic Mazzella
Est-ce que ce que ça m'a appris aussi, c'est qu'il y en a qui sont plus doués que d'autres pour trouver des trucs, tu vois. Typiquement, il y avait une classe sur 2 à Normale Sup où plus on avançait en physique, plus on parlait d'Einstein. Tu vois, tu te dis bon, quand même.
Matthieu Stefani
Il était partout, ce con.
Frederic Mazzella
Ouais, il était partout. Et surtout, tu te dis alors attends, lui, il a publié 3 papiers en 1905 qui révolutionnent le temps, l'énergie, la lumière, la masse. Enfin bon, tu te dis Est-ce qu'il en a laissé pour quelqu'un d'autre? On est 100 ans plus tard, on est encore en train d'étudier tout ce qu'il a pondu. Il avait 26 ans quand il a écrit ses 3 papiers en 1905. Et là, tu te dis...
Matthieu Stefani
Il n'était pas staffé, enfin, il était solo. Ce n'est pas lui avec une équipe de ouf, 120 personnes autour à tous les aider.
Frederic Mazzella
Non, non, lui et son cerveau. Chaud. Chaud. Et là, tu te dis, ah oui, non, lui, quand même, il a marqué un petit peu le domaine. Et c'est vrai que je crois qu'au final, c'est grâce à Einstein que je suis devenu entrepreneur. Parce que je me suis dit, bon, je sais pas si je vais réussir à amener un gravier sur la montagne Einstein, donc je vais voir si je suis utile ailleurs.
Matthieu Stefani
Je vais retourner avec les ploucs.
Frederic Mazzella
Je vais être utile ailleurs.
Matthieu Stefani
Et là-dessus, est-ce que, je veux dire, dans tes collègues, élèves, il y en a qui ont répondu à des questions auxquelles personne n'avait répondu? Ou est-ce que pendant... Tu vois ce que je veux dire?
Frederic Mazzella
Ah si, oui, pas mal. Oui, oui, beaucoup. Mais même, il y en a pour lesquelles je comprends toujours pas les questions. C'est ça. On te dit, quand tu dois répondre à une question, il faut d'abord comprendre la question avant de répondre. Donc, ça part de là. Donc non, bien sûr, c'est très, très poussé. Ça va chercher loin dans différents domaines. Ça peut être en biologie, ça peut être en... En physique, ça peut être en astrophysique, ça peut être en... Et puis après, dès que tu commences à rentrer dans les notions de...
Matthieu Stefani
Quantique.
Frederic Mazzella
Du quantique, ouais, où mixer le temps et l'espace, l'énergie et la masse, enfin là, c'est sans fin parce que même il y a toujours encore des choses entre l'énergie et la masse. Bon, on a E= mc², grâce à Einstein, on a cette équation-là. Bon, puis après, on a différentes choses, on a la constante de Planck, on a différents trucs qui nous permettent de comprendre la différence entre la masse et les ondes. Mais enfin, la différence, les similarités, mais pour passer d'un monde à l'autre, on a des ponts. Mais bon, il y a encore beaucoup, beaucoup de choses à faire. S'il y a des gens qui nous écoutent et qui sont intéressés par la physique, allez-y parce que c'est pas fini.
Matthieu Stefani
Et donc moi, c'est vrai que ce qui m'a— un épisode qui m'a marqué ici, c'était avec Georges-Olivier Raymond, le fondateur de Pascal, qui me raconte qu'en gros, quand il s'est vraiment intéressé après Polytechnique à la à la physique quantique, il a mis 7 ans. Alors, tu sais, puis moi, je suis là en train d'essayer de vulgariser. Donc explique-moi un peu ce que c'est, comment ça fonctionne. Dis-moi, j'ai mis 7 ans à vraiment comprendre, enfin, pas tout, puisqu'évidemment, ils n'ont pas toutes les réponses, mais ce que c'était vaguement. OK, bon, bah, salut, merci. Mais ouais, tu vois la profondeur de tout ça. Et après, tu as continué aux US. Raconte-moi un peu, parce que je vois dans ton parcours de l'INSEAD, du Stanford, fait quoi, 2 ans en Californie? Tu joues même de la NASA.
Frederic Mazzella
J'ai fait un peu plus de 3 ans en Californie. Oui, parce qu'en fait, je suis venu au départ pour faire un stage à Stanford, dans un labo qui était une joint venture entre la NASA et Stanford, enfin l'école de médecine de Stanford. En fait, ce qu'on faisait, c'était de la chirurgie virtuelle, c'est-à-dire qu'on passait tout l'environnement de chirurgie, donc y compris les corps, dans dans la machine pour faire des opérations à blanc, si tu veux. Faire en sorte que les chirurgiens puissent s'entraîner sur des environnements virtuels avant de faire les opérations en vrai sur des vrais bonhommes.
Matthieu Stefani
Donc il n'y avait pas de corps de gens morts ou de choses comme ça, c'était vraiment que du virtuel. C'est un peu comme le système.
Frederic Mazzella
Moi, je travaillais que sur le virtuel, mais on était évidemment en lien très étroit avec la Stanford Medical School. Donc on récupérait des données. Qui venaient justement de l'école de médecine à côté, où là, c'était des vraies données de vrais corps, évidemment. Et puis, de temps en temps, on allait faire des tours dans l'operating room et c'est quand même marquant aussi, ça, comme expérience.
Matthieu Stefani
Les odeurs, notamment.
Frederic Mazzella
Ouais, ou quand tu arrives après des accidents et que tu vois les chirurgiens qui doivent réparer ce qui peut être réparé, ça perturbe. Donc, Moi, je travaillais sur la création de cet environnement virtuel. Pourquoi? Et pourquoi c'était financé par la NASA? C'est parce que l'ambition, c'est pour aller sur Mars, ce qui arrivera peut-être un jour. Tu vas vouloir envoyer dans l'équipage non seulement des astronautes, mais aussi un chirurgien qui, si un astronaute se blesse ou si un astronaute est malade ou s'il faut opérer, quoi, tu vas pas pouvoir le ramener sur Terre pour l'opérer. Et puis, tu peux même pas l'opérer à distance avec des outils. Parce qu'il y a trop de latence entre le moment où le mouvement est commandé et le moment où ça revient. Donc en fait, pour opérer, ça se joue à quelques millièmes de millisecondes, en tout cas quelques millièmes de seconde. Donc tu peux pas avoir de latence. Donc il faut que celui ou celle qui va opérer l'astronaute soit sur place. Sauf que tous les chirurgiens ont une spécialité et que je sais pas combien il y en a, 500. Il y en a qui sont spécialistes du genou, d'autres de la main gauche de l'enfant, par exemple. Et donc, les chances que la personne, que l'astronaute se blesse sur ta spécialité sont quasi nulles. Et donc, il va falloir que tu fasses une opération probablement pour la première fois. Et donc, pour avoir plus de chances de réussir ton opération, qu'elle soit plus rapide, parce que plus une opération est rapide, mieux c'est, parce que moins tu endors le corps, eh bien, les chirurgiens peuvent s'entraîner sur un environnement virtuel. Et moi, je construisais cet environnement virtuel avec non seulement des lunettes 3D, enfin un environnement 3D complet. Et on était, tu vois, en 1999. Mais en plus, avec des outils à retour de force. Moi, j'étais spécialisé sur les outils à retour de force. Et la raison pour laquelle ils m'avaient appelé, c'est parce qu'il fallait modéliser le corps humain, notamment avec des équations physiques, pour mettre tout ça dans la machine. Pour que quand tu déformes les tissus mous, c'est-à-dire la peau, les muscles, enfin tout, même tous les liquides que tu as dans le sang, eh bien, ça soit à peu près réaliste.
Matthieu Stefani
Et donc, pour ceux qui comprennent pas ou qui connaissent pas, moi, je connais ça parce que j'ai fait des flight simulators ou des simulateurs de voitures, etc. C'est quand tu, je sais pas moi, quand tu tournes à fond en voiture dans un simulateur, eh bien, le volant, si tu es très rapide, il va être très dur.
Frederic Mazzella
Exactement.
Matthieu Stefani
Et puis les freins ou pareil.
Frederic Mazzella
Donc ça, c'est pour les volants. Après, moi, les outils dont on disposait, c'était des outils, des haptic devices, donc des outils qui marchent avec les mains et qui Quand tu vas les bouger, ils peuvent avoir des formes assez étonnantes, mais c'est comme si tu avais dans tes mains des outils chirurgicaux.
Matthieu Stefani
Un bistouri.
Frederic Mazzella
Voilà. Et donc, en fait, quand tu les bouges, tu sens comment ça réagit et tu peux faire des coutures comme si tu étais sur du vrai corps et tu as des retours de force dans les mains.
Matthieu Stefani
Transperce la peau.
Frederic Mazzella
Exactement. Et au moment où tu fais une couture, tu ressens comme si tu faisais une couture. Et donc ça, c'est très, très important parce que ça vient compléter évidemment la vision. Et en plus, c'est beaucoup plus exigeant parce qu'en fait, Enfin, là, on rentre dans des détails, mais enfin, c'est marrant parce que c'est évidemment intéressant. Mais pour l'image, tu sais, quand on te met 24 images par seconde, à cause de la persistance rétinienne, tu penses que c'est continu. C'est d'ailleurs la magie des vidéos qui sont en fait une succession de diapos, mais on a l'impression que c'est continu parce que l'image persiste dans notre rétine et on la voit en continu. On a l'impression que c'est comme le monde continu qui est autour de nous, alors que ça s'update, que ça se met à jour que 24 fois par seconde. Eh bien, sur les retours de force et notamment dans les mains, c'est pas le cas. Il te faut plusieurs centaines de mises à jour par seconde pour que tu n'aies pas l'impression que ça vibre. Parce que sinon, quand tu vas toucher le truc, ça va faire...
Matthieu Stefani
Tu vois, tu vas le sentir. Si on met sur l'image, c'est un peu comme quand tu passes, si t'as pas, tu fais le petit coup du papier là, si t'en as que 12 par seconde, tu vas avoir l'impression, tu vas bien voir que ça vibre, quoi. OK.
Frederic Mazzella
Et dans les doigts, tu le sens. C'est-à-dire que si tu mets que 24 mises à jour par seconde, dans les doigts, tu vas dire non, mais là, ça vibre. En fait, c'est pas... Pas une force continue. Et donc, pour faire une force continue, il fallait faire des mises à jour plusieurs centaines de fois par seconde d'un environnement évidemment complexe puisque tu calcules en temps réel les déformations de tout le corps qui est constitué de tout, quoi, des os, de la peau, des muscles, des veines, tout ce que tu veux. Et donc, il y a beaucoup, beaucoup de calculs. Donc, il fallait faire non seulement des calculs mathématiques complexes.
Matthieu Stefani
Juste, je fais une petite pause, les gars. Il va falloir qu'on m'explique comment le type en face de moi a monté Blablacar après tout ce qu'il est en train de me raconter. Pardon, on y revient après. Pardon.
Frederic Mazzella
Excuse-moi, je t'ai coupé.
Matthieu Stefani
C'était le petit moment technique, je te laisse reprendre. Non mais moi j'adore, je suis hyper content. Moi je peux parler 2 heures de ça, on parlera pas de Blablacar et de Lyft, je m'en fous, vas-y, c'est génial.
Frederic Mazzella
Donc non, et donc mettre à jour tout cet environnement-là complexe plusieurs centaines de fois par seconde, à l'époque c'était très compliqué. Maintenant les machines vont évidemment plus vite, mais ça voulait dire créer des équations de simplification extrême. Donc, et qu'est-ce qu'on fait en physique? On passe son temps à approximer ce qu'on observe parce que c'est trop complexe de réussir à mettre tout le monde entier en équation pour pouvoir comprendre comment tout se passe. Donc, on passe notre temps en physique à faire des approximations dans tous les sens. C'est-à-dire, même la première approximation, c'est tu lances un objet, même si t'es sur Terre, tu vas considérer que la résistance de l'air, si ton objet va pas trop vite, elle est négligeable. Et donc tu vas calculer...
Matthieu Stefani
Et puis d'ailleurs, de temps en temps, on va refaire les mêmes calculs avec d'autres approximations parce qu'il peut y avoir des erreurs dans ces approximations.
Frederic Mazzella
Exactement. Et puis alors, on va prévoir... En fait, le résultat qu'on va obtenir, il est à 99,9% bon parce que typiquement, si je prends l'exemple de t'envoies une balle dans l'air, si elle va pas trop vite, oui, elle va faire grosso modo une parabole. Elle va pas être ralentie par l'air parce que ça va pas trop vite. Par contre, dès que tu vas vite, À la vitesse d'un avion, tu peux plus négliger évidemment la résistance de l'air. Elle est colossale. Donc tu es obligé de changer tes équations. Mais en gros, en physique, tu passes ton temps à faire des approximations. Et là, typiquement, c'est ce qu'il fallait faire pour réussir à imaginer les déformations du corps humain. Bref, peut-être que ça suffit.
Matthieu Stefani
Non, non, ce qui m'intéresse là-dessus, c'est quand tu passes de la rue d'Ulm à Stanford, Quel— on a un peu toujours les clichés, tu vois, des cultures américaines. On apprend aux enfants à être plus prolix, plus verbaux, plus dans la démonstration. Quand tu arrives plutôt sur des hauts niveaux d'études comme ça, parce que Stanford, c'est aussi quand même— alors, c'est pas Ivy League, mais tu es quand même dans les très bonnes universités américaines. Qu'est-ce qui te frappe? Qu'est-ce qui change? Qu'est-ce qui est différent?
Frederic Mazzella
C'est différent, effectivement. Les choses qui ont pu me... En faisant une sorte de rapport d'étonnement, qui ont pu m'étonner, c'est que déjà, tu peux poser toutes les questions et que quand tu poses une question, le prof, il te dit toujours très bonne question et il te répond. Tu vois, c'est sûr. Alors qu'en France, quand tu poses des questions, des fois, si le prof l'a expliqué la semaine d'avant ou si c'était dans la leçon que tu as mal lu, Bon, tu prends immédiatement l'excuse en disant, bon, retourne, t'as pas lu tes leçons. Voilà. Et alors que dans l'attitude américaine, ce que j'ai trouvé, c'est quand quelqu'un pose une question, et puis moi-même, des fois, j'avais la réaction française, tu vois, je vois quelqu'un qui pose une question d'un truc qui était dans les cours ou qu'on a déjà expliqué, je me dis, bon, quand même, enfin, tu fais perdre du temps à tout le monde. Et en fait, pas du tout, parce que l'attitude qu'il faut prendre, c'est si quelqu'un pose la question, Pour un qui pose la question, il y en a 10 ou 20 qui se la posent aussi, mais qui n'osent pas la poser. Et donc, les profs, ils ont cette attitude-là en se disant, bon, s'il y en a un qui pose cette question-là, c'est que c'est un point que possiblement beaucoup n'ont pas compris. Donc, je vais leur expliquer. Et donc, merci d'avoir posé la question. Donc ça, c'est une première attitude, tu vois, d'encouragement quelque part à apprendre. Non pas par le challenge pur, c'est-à-dire le challenge de je comprends vite, je comprends tout et je suis le meilleur, mais plutôt par le par l'accompagnement sur la curiosité et à dire, dans ton cheminement de pensée à toi, si tu te poses cette question-là à ce moment-là, c'est parce que t'es peut-être passé par ailleurs au début, t'as pas trouvé le chemin. Là, on va t'aider et ta curiosité, tu la gardes intacte et tu continues à avancer surtout. Alors que si tu empêches ces questions-là d'être posées, tu peux aussi empêcher une certaine forme de curiosité. Et ça, c'est dommage parce que c'est la curiosité qui nous fait très souvent avancer. Et avancer très loin et avoir justement des idées différentes pour changer les choses.
Matthieu Stefani
C'est vraiment très, peut-être, je ne sais pas aussi, un autre truc très français, mais d'avoir peur de passer pour un con quand tu poses une question.
Frederic Mazzella
Voilà. Il n'y a pas ce sentiment-là dans ce que j'ai vu, moi, dans les classes américaines. Après, tu vois aussi les côtés extrêmement puissants de l'éducation qu'on a pu recevoir. Moi, je me suis rendu compte que en arrivant dans les classes américaines, quand même, le niveau que j'avais reçu, tu vois, en classe prépa, puis à Normale Sup, était quand même très, très, très costaud, quoi, en termes de capacité de démonstration, capacité d'établir une preuve. C'est-à-dire, je me souviens de certaines classes où, et pourtant, on était à un niveau bac +4, il y avait des profs qui réexpliquaient ce que c'était qu'une preuve. C'est-à-dire, une preuve, c'est quelque chose d'irréfutable quand tu passes d'une ligne à une autre. Et donc, tu passes A implique B implique C implique D. Donc, A implique B et puis comme ça, c'est fini.
Matthieu Stefani
Tu sais, je pense qu'au plus haut niveau de l'État américain, il y a des endroits où ça mériterait d'être réexpliqué. Je pose ça sur la table, je te le laisse.
Frederic Mazzella
On ne va pas rentrer sur le domaine politique, mais en tout cas, dans une approche scientifique, dans l'approche scientifique des choses, ça, c'est quelque chose d'évidemment très important, être capable d'établir une preuve cause-conséquence, tout simplement. Et ça, je me rends compte que bon, c'est quand même quelque chose qu'on avait chez nous bétonné dans nos raisonnements. C'est-à-dire qu'on n'affirme pas quelque chose tant qu'on ne sait pas d'où on vient et toutes les étapes qui nous ont amenés à cette conclusion-là pour pouvoir l'affirmer. Ce qui fait que normalement, c'est pour ça que quand beaucoup de scientifiques, beaucoup de gens qui sont passés par les sciences n'affirment pas des choses dont ils ne sont pas sûrs parce qu'ils savent trop bien que s'il y a une étape qui est cassée sur le raisonnement, tout le raisonnement tombe. Et donc, tu ne vas pas affirmer des trucs pour lesquels tu ne connais pas le chemin. Donc, tu sais d'où tu pars. Alors après, bon, quand tu connais bien le chemin et que tu sais que le chemin est hyper costaud entre ton hypothèse et ta conclusion, là, tu as le droit, par contre, de questionner les hypothèses. Tu peux remonter aux hypothèses. Ça, c'est aussi une autre forme de raisonnement, c'est-à-dire de se dire oui, le raisonnement tient, par contre, l'hypothèse était fausse. Donc, il faut revoir l'hypothèse.
Matthieu Stefani
Ce qui est intéressant, si je fast-forward, même si je ne m'interdirais pas de revenir à cette question plus tard, c'est que ce sont des stretchs, si je puis me permettre, d'une élasticité de cerveau qu'il faut avoir pour quand tu deviens entrepreneur, être capable par moment de se dire bon, tu sais quoi, ça je suis vraiment pas sûr, mais j'y vais quoi.
Frederic Mazzella
Alors ouais, bah ça c'est histoire de cerveau droit, cerveau gauche. Ça je pense qu'il faut les deux pour être entrepreneur. Parce que justement il faut...
Matthieu Stefani
Et pour toi ça n'a pas été compliqué? Je veux dire plus tard, après une fois que...
Frederic Mazzella
Alors moi je pense que ce qui m'a beaucoup aidé, alors peut-être qu'on va faire la deuxième partie de l'émission sur ça, après avoir parlé de science et tout, on peut parler de musique. Moi, ce qui m'a énormément aidé, ce qui, je pense, a beaucoup développé ma créativité, ma sensibilité, aussi une forme d'empathie et en tout cas, la prise en compte de mes émotions, c'est la musique. J'ai fait énormément de musique, beaucoup, beaucoup, depuis que je suis tout petit.
Matthieu Stefani
D'accord.
Frederic Mazzella
J'ai fait du piano, du violon, j'ai même fait de la guitare et de la batterie quand j'avais 16 ans à l'Échelon. D'accord.
Matthieu Stefani
Du solfège, tout ce qui est basse derrière.
Frederic Mazzella
J'ai l'oreille absolue. Là, tu me joues un morceau, je te dis toutes les notes, je t'écris la partition. Donc oui, je suis même venue à Paris pour ça au départ. Quand je suis venue à 17 ans à Paris, je suis venue pour rentrer au Conservatoire de Paris qui était rue de Madrid. Et j'étais dans une classe horaire aménagée. Ah non, mais c'est après ça. En terminale, je suis arrivée en terminale, j'étais au lycée Racine. Qui est rue du Rocher. Et j'étais en terminale à horaires aménagés. Tu sais, c'est les CHAM, les classes à horaires aménagés. Donc j'avais cours tous les jours de 8h à 14h. Et puis tous les après-midis, de 14h à 19h, 20h, j'étais au conservatoire où je faisais du piano. Et j'étais venu avec peut-être dans l'idée de devenir pianiste, de devenir artiste. D'ailleurs, tous les camarades de classe que j'avais à l'époque, on était 16 dans ma classe, C'était des petites classes. On était 16 dans ma classe de terminale scientifique, mais à horaires aménagés. Tout le monde faisait de la musique ou parfois de la danse ou d'autres activités artistiques. Je suis le seul à avoir fait une classe prépa. Tous, ils ont fait des carrières d'artistes.
Matthieu Stefani
Ça doit être un gros délire parce que le niveau de stakhanovisme dans ces classes-là, il doit être assez...
Frederic Mazzella
Ah bah oui, ça chôme pas. C'est-à-dire que de 8h à 14h, tu fais la classe normale et puis puis l'après-midi, tu fais la musique à haut niveau parce que forcément, tous les gens qui étaient dans ma classe, ils étaient dans les meilleurs conservatoires de Paris. Et donc, ils sont devenus... Alors, j'ai un copain qui est violon solo à l'Opéra de Paris. J'en ai un autre qui est trompettiste dans la Garde républicaine. Voilà, c'est... T'es pas un peu jaloux? Ben non, parce que moi, la musique, je le fais pour mon plaisir et ça, je l'ai pas perdu, tu vois. Je joue de la musique pour mon plaisir. Alors par contre, oui, j'aimerais bien jouer mieux que ce que je joue, forcément. Mais je sais que ça demande une quantité de travail colossale et qu'il faut investir des centaines, des milliers d'heures supplémentaires pour pouvoir jouer mieux. Alors par contre, j'ai la chance de pouvoir apprécier la musique aussi en l'écoutant, comme tout le monde. Donc j'adore la musique, j'adore quand j'arrive à jouer et j'adore l'écouter. Et puis j'ai fait un choix, j'ai choisi d'être plutôt entrepreneur que qu'artiste. Mais cela dit, bon, artiste, entrepreneur, je trouve que c'est des métiers très proches. Je ne sais même pas si c'est des métiers, d'ailleurs, c'est des états d'esprit, des vies très proches.
Matthieu Stefani
C'est intéressant, on va creuser ça. Mais ce qui est intéressant, c'est que tu as quand même rajouté cette corde de scientifique au milieu de tout ça, enfin, donc, qui sont quand même des parcours qu'on peut opposer assez facilement. Scientifique, musicien, entrepreneur.
Frederic Mazzella
Justement, moi, je les oppose pas du tout parce que quand tu es chercheur ou quand tu es musicien, tu as des composantes très similaires sur plein de choses. Bon, déjà, il faut une forme de créativité, il faut une forme d'audace, justement pour oser essayer des choses nouvelles. Il faut beaucoup de travail, c'est-à-dire que si tu veux faire de la musique et que tu es feignant, ça ne marche pas. D'ailleurs, ça se voit. C'est-à-dire que c'est nul. Ce que tu fais ne tient pas debout. Donc, en fait, il faut énormément travailler. Pourquoi? Parce que derrière le côté artistique, il y a le côté technique.
Matthieu Stefani
Ça se vérifie en sciences aussi, ce que tu dis. C'est ce qui est assez drôle.
Frederic Mazzella
Exactement. C'est-à-dire que je te parlais tout à l'heure du fait que je m'étais rendu compte que les 20 premières années, en répondant à des questions. J'avais fait que quelque part apprendre les bases pour pouvoir réfléchir ensuite à se poser des questions plus larges, notamment sur tout le monde de la physique. En musique, c'est la même chose. Si tu veux pouvoir rentrer dans la couche artistique et surtout faire voyager avec toi les gens qui t'écoutent quand tu joues, il faut une technique irréprochable. Parce que si au moment où tu vas essayer d'emmener tout le monde dans un rêve, dans des émotions fortes, tu te plantes parce que tes doigts suivent pas, parce que t'as pas fait suffisamment tes exercices pour que ce soit régulier, joli, que ton cerveau et tes mains soient parfaitement reliés, c'est-à-dire qu'elles ont parfaitement bien travaillé pour livrer le résultat. Et si tu te plantes au milieu, tu vas juste emmener personne, enfin si, t'emmènes tout le monde dans le mur. Donc en fait, il y a cette notion de pouvoir mériter la couche artistique, créative, émotionnelle qui est tout en haut, il faut avoir empilé 99% en dessous qui est du travail extrêmement rigoureux.
Matthieu Stefani
Et à la fois, on a parlé d'Einstein et de Da Vinci. C'est des gens qui bossaient beaucoup aussi, soit dit en passant, mais il y a aussi des gens en musique qui sont Chopin, mais qui ont des dons. Enfin, où tu vois, alors après, quand tu cherches et que tu regardes certains qui pourraient paraître de loin, je sais pas moi, je sais pas pourquoi j'ai un Pete Doherty ou un, enfin tu vois, où tu pourrais te dire en fait, je suis pas sûr qu'il bosse autant que d'autres. En vrai, souvent, c'est quand même des gros, gros travailleurs.
Frederic Mazzella
Moi, je connais personne qui a réussi, que ce soit dans les arts ou en sciences ou en entrepreneuriat, et qui n'a pas énormément travaillé. Mais ça, le travail, c'est la base de la progression. Parce que pour avancer, il faut, oui, il faut une direction, mais il faut aussi marcher dans cette direction et donc travailler. Très souvent, on parle que de la direction. Oui, mais si tu dis la direction, je vais là-bas, mais que tu n'y vas pas, si tu n'as pas les jambes pour y aller, tu n'y arrives pas.
Matthieu Stefani
Donc, en fait, c'est beaucoup, beaucoup de travail.
Frederic Mazzella
Donc, c'est beaucoup, beaucoup de travail. D'ailleurs, c'est extrêmement important que que qui que ce soit qui a envie de faire quelque chose de grand dans sa vie comprenne que c'est avec le travail qu'on y arrive. Moi, j'ai vu des gens extrêmement doués, mais fainéants, arriver nulle part. J'en ai vu beaucoup. J'ai vu, par contre, des gens pas spécialement doués, mais très travailleurs, arriver très loin.
Matthieu Stefani
Oui, oui, oui. Moi, j'ai eu cette chance de voir ça dans le sport. C'est-à-dire que dans le sport, voir des gens qui étaient vraiment très nettement meilleurs que moi, très jeunes, mais qui bossaient moins, quoi. Et puis, à un moment, tu te dis, bah attends, on va bosser. Et puis, à un moment, t'as un chemin qui se croise.
Frederic Mazzella
Exactement.
Matthieu Stefani
Et puis...
Frederic Mazzella
C'est pareil partout. C'est pareil partout. Cette valeur travail, elle est extrêmement importante. C'est ce qui nous fait progresser. Et donc, c'est important de développer cette envie de travailler, cette envie d'apprendre, cette envie de... Avec le but, évidemment, parce que quand tu fais ça, tu travailles pas pour travailler, généralement. Tu travailles quand même avec un but. En tout cas, c'est beaucoup plus simple de travailler avec un but que de travailler sans but. C'est pour ça d'ailleurs que partout, c'est important, que ce soit dans les entreprises comme à l'école, de réussir à donner, à montrer ce but-là à tout le monde. Parce que sinon, les efforts, on comprend pas pourquoi on les fait. Donc, pour moi, c'est pareil dans tous les domaines. Alors après, c'est pareil en sport, c'est pareil en musique, c'est pareil en science, c'est pareil en entrepreneuriat, c'est pareil pour tout.
Matthieu Stefani
Pourquoi t'es revenue des États-Unis? Pourquoi t'es pas restée une fois que tu fais un petit Stanford? T'es quoi, là, des early 2000, c'est ça? Dans le début des 2000? Je sais pas.
Frederic Mazzella
Non, je suis revenue, moi, pour les... En fait, c'était toutes mes relations sociales qui me manquaient. C'était les gens. Moi, j'adore les gens. Non mais c'est vrai.
Matthieu Stefani
Je sais pas pourquoi tu te marres.
Frederic Mazzella
Je te juge pas. Tu sais, quand tu dis ça, on se dit ah oui.
Matthieu Stefani
Moi, j'aime pas les gens.
Frederic Mazzella
Moi, j'adore discuter avec les gens, apprendre des choses.
Matthieu Stefani
Mais bon, les gens, il y en a des gens aux États-Unis, tu sais, ils sont sympas aussi.
Frederic Mazzella
Oui, alors après, les relations n'étaient pas exactement les mêmes. C'est-à-dire un côté, enfin après, c'est un peu le cliché, mais il y a un côté transactionnel, il y a un côté un peu parfois superficiel. C'est-à-dire que tu les rencontres, t'es leur meilleur ami. How are you doing today? Et puis t'as l'impression que c'était copains. Et puis, en fait, c'est pas les mêmes relations amicales que tu as dans la société, je trouve, américaine par rapport aux relations amicales qu'on a dans la société française. Quand tu connais quelqu'un en France, c'est difficile à définir, mais il y a un côté relationnel qui est différent. La relation que tu développes avec des Français, parfois c'est un petit peu plus, enfin, des Français et des Européens d'ailleurs. C'est en étant aux États-Unis que j'ai compris que j'étais européen. Parce que du coup, je sentais des atomes crochus plus avec des Italiens ou même des Allemands en étant aux États-Unis qu'avec les Américains sur place. Mais cela dit, j'ai des bons copains américains aussi, mais par rapport au nombre, ça s'est passé différemment. C'est-à-dire au nombre de gens que j'ai rencontrés. Et donc j'avais cette—
Matthieu Stefani
Tu sais pourquoi ce que tu dis, c'est du ressenti ou c'est Non, c'est du ressenti. Ouais, ouais, ok.
Frederic Mazzella
Non, j'ai pas d'analyse scientifique qui vient là pour le coup.
Matthieu Stefani
Tu vas pas me bullshiter là-dessus.
Frederic Mazzella
Je devrais avoir étudié.
Matthieu Stefani
On peut pas tout étudier. Non, non, non, mais c'est vrai que moi, je le comprends, notamment le côté très méditerranéen. Et ce qui est marrant, c'est que le côté américain est par extension assez anglais aussi, d'ailleurs anglais De l'autre côté de la Manche, je veux dire, mais différent, intéressant. N'ouvrons pas ce chapitre. Et toi, t'es rentrée pour faire quoi?
Frederic Mazzella
Initialement, je suis rentrée pour ça. Déjà, je suis rentrée voir mes copains. Et puis j'ai commencé à chercher du boulot. Et donc j'ai eu 2 mois à chercher un boulot en France quand je suis rentrée. Et j'ai fini par aller dans une société tech, puisque je faisais beaucoup d'informatique, qui s'appelait Kabira, qui était une boîte américaine avec son centre névralgique Europe à Paris.
Matthieu Stefani
Donc tu faisais beaucoup d'informatique, ça c'est ce que tu me disais sur ce que tu avais fait à Stanford, c'est-à-dire le retour de force, tout ça, ça c'était de la programmation en fait.
Frederic Mazzella
C'était de la programmation, je faisais beaucoup, beaucoup de programmation assez technique.
Matthieu Stefani
Assez hardcore. Enfin, c'est pas du HTML CSS, quoi.
Frederic Mazzella
Oui, c'est complexe parce qu'en plus, tu as tout ce qui est les interfaces homme-machine à aller configurer aussi. Enfin, tu vois, non seulement tu fais de la programmation sur l'ordinateur, mais tu as aussi des outils physiques externes qu'il faut piloter, comprendre. Donc ça, c'est assez complexe. Oui, c'est assez complet. Mais donc, suite à ça, j'avais aussi fait mon master d'informatique là-bas. J'étais à Stanford pour ça, je faisais les deux. En même temps que je faisais de la recherche pour la NASA, je faisais de l'informatique. Enfin, ça s'appelle, alors les Américains appellent ça computer science, quand même un petit peu plus, comment dire, advanced que juste informatique. Mais donc j'ai fait mon master en computer science là-bas.
Matthieu Stefani
La science de l'ordinateur.
Frederic Mazzella
Voilà, science de l'ordinateur, exactement. Et voilà, donc C'est là que j'ai vraiment appris à coder, quoi, en fait. Donc je connais pas trop mal. Mais en même temps, je suis pas tombé dans les ordinateurs quand j'étais petit, comme des gens que j'ai rencontrés. Il y a des gens que j'ai rencontrés qui étaient là-bas, à Stanford, en informatique. Bon bah, je sais pas.
Matthieu Stefani
18 ans, 12 ans de code, quoi.
Frederic Mazzella
À peu près ça. C'est ça. 18 ans, 12 ans de code. Et effectivement, ils réfléchissaient très vite par rapport à ces choses-là. Parfois un peu moins par rapport à des choses plus émotionnelles de la vie, on va dire, tu vois.
Matthieu Stefani
C'est ce qui fait me tend la main pour me dire bonjour, que dois-je faire?
Frederic Mazzella
Voilà. Mais par contre, niveau informatique, ouais, ça carburait. Et donc, après, effectivement, j'ai continué en informatique, mais dans une société qui faisait pas ça parce qu'il y avait pas tellement d'autres endroits. Enfin, surtout, je suis passé dans le privé là, pour le coup.
Matthieu Stefani
Attends, tu fais Stanford, tu reviens, t'as fait ça, t'as pas... On est en quoi? 2004, 2005?
Frederic Mazzella
2002.
Matthieu Stefani
2002? T'as pas genre, je sais pas moi, Accenture, IBM, à l'époque il y avait d'autres, qui t'ouvrent les bras en se disant ce mec est génial, il est surdiplômé, je le veux?
Frederic Mazzella
Non, pas tellement. Après, je ne suis pas forcément allé peut-être voir toutes ces entités-là. Moi, je cherchais quelque chose qui— j'avais plusieurs critères. Je voulais quand même un truc, je ne voulais pas une grosse structure, je voulais quand même plutôt une petite boîte. Et je cherchais aussi à ce que le fit passe très bien avec les gens que je rencontrais. Donc j'ai dû passer, je sais pas, des entretiens dans une dizaine de boîtes. Et puis après, j'ai choisi celle dans laquelle je suis allé parce que je m'étais bien entendu avec les gens que j'avais rencontrés. Pour moi, les gens, c'est très important. Je l'ai déjà dit, mais les gens avec qui je travaille, c'est très important. D'ailleurs, je trouve que le plus grand luxe de l'entrepreneur, c'est de pouvoir choisir toutes les personnes avec qui ils travaillent. Ça, c'est incroyable.
Matthieu Stefani
Oui, mais tu sais quoi? Je pense que le luxe que ne s'octroient pas, putain, je vais dire ça et puis je vais avoir tous mes collaborateurs qui vont se barrer, mais beaucoup de collaborateurs ou de gens, c'est de se barrer quand ils sont entourés de gens qu'ils détestent ou tu vois, dans un job qu'ils détestent ou de gens qui... Parce que moi, je suis totalement aligné avec toi. Les gens, qui t'entourent, c'est le plus important, enfin les interactions, etc. Sinon, bon, enferme-toi sur TikTok ou sur Call of Duty, mais tu vois, enfin, je sais pas, mais en l'occurrence, c'est pas réservé aux entrepreneurs, quoi, tu vois ce que je veux dire. Même si nous, on a ce luxe de...
Frederic Mazzella
Oui, en tout cas, nous, on l'active. C'est-à-dire qu'on se dit, bon, bah, techniquement, comme j'ai envie de créer mon projet, je vais quand même au moins choisir de travailler avec des gens que Mais cela dit, quand tu cherches un boulot, c'est vrai aussi, tu rencontres des gens et l'aspect est-ce que le courant passe bien, est-ce que l'empathie est bonne quand tu passes des entretiens pour un nouveau boulot, il est très important aussi. Il faut en tenir compte. Il ne faut pas juste dire je suis payé tant ou je vais faire tel truc. Alors, c'est important le domaine dans lequel on va avancer quand même, parce que ça détermine souvent un milieu qui risque de nous coller à la peau pendant des années. Voire des décennies. Quand tu choisis ton secteur, quelque part, tu risques de rester dans ce secteur-là parce qu'après, tu deviens un peu spécialiste de ce secteur-là, donc c'est difficile d'en sortir. Donc, il faut choisir le secteur, mais il faut aussi choisir l'environnement avec des gens sympas parce que c'est ça qui va déterminer notre niveau de stress.
Matthieu Stefani
Ton mari, ta femme, tes associés, tes collaborateurs. Tu sais, quand tu es sur, cher Frédéric, vous savez, quand on est sur podcast qui claim haut et fort qu'on est la moyenne des gens qu'on fréquente. Moi, j'ai décidé de m'entourer que de connards, de toute façon. Donc tu vois, comme ça, j'arrive là où je suis.
Frederic Mazzella
Je vais y aller alors.
Matthieu Stefani
Non mais c'est pour ça que tu es là, tu vois, comment je suis arrivé là où tu es. Vous êtes plus d'un million par mois à regarder mes vidéos. 90% d'entre vous n'êtes pas abonnés. Alors je vais vous demander un truc, parce qu'après 8 ans de génération do it yourself, ce projet, c'est le projet de ma vie. Toutes les semaines, avec mon équipe, on s'arrache pour trouver les meilleurs invités, pour t'inspirer et pour tirer le plus d'apprentissages possible. Pourquoi? Parce que ma conviction profonde, c'est qu'il faut utiliser son temps de cerveau disponible sur du contenu plus intelligent. C'est important pour moi que ce contenu soit disponible gratuitement. Alors ce que je vais te demander, c'est simple, abonne-toi. Pour toi, c'est juste un clic. Pour nous, ça change absolument tout. Plus on a d'abonnés ici, meilleurs seront les contenus, les invités, les productions, et donc la valeur qu'on t'apportera. C'est maintenant. Do it. OK. Et donc, donc tu as bossé quelques années avant de te lancer toi-même. Et comment là-dessus, cette fibre, enfin, quand je prends ces autres fibres que tu avais, de se lancer est arrivée, de l'entrepreneuriat, à un moment où tu te dis, comment tu t'es dit je suis capable, je peux me lancer dans un nouveau truc que je connais pas du tout?
Frederic Mazzella
Alors j'avais envie quand même de créer quelque chose parce que j'ai eu plusieurs idées avant avant celle de Blablacar, que j'ai pas réussi à mettre en œuvre. Mais j'avais cette envie de créer quelque chose. Il y a un moment, parce qu'il y avait aussi un côté, alors tu sais, je suis un peu quand même compétitif. C'est-à-dire que ce qui m'a aussi fait marcher et cartonner, notamment dans toutes mes études, c'est le fait que j'aimais bien être en haut, quoi. J'aimais bien être premier. Et premier en ayant bien réfléchi et en ayant, enfin tu vois, comment dire, totalement avec l'apprentissage, quoi. Et puis, il y a un moment, enfin tu vois, comme j'ai cumulé, quoi, enfin entre classe prépa Henri IV, Normale Sup, Audun, Stanford en informatique. Après, j'ai fait l'INSEAD aussi en en business.
Matthieu Stefani
J'ai vu ça, en effet.
Frederic Mazzella
J'ai fait mon MBA là-bas.
Matthieu Stefani
Ça, c'était quoi, après Stanford?
Frederic Mazzella
Oui, c'était après Stanford. C'était en même temps que je montais Blablacar. C'était pile en même temps. Il y a un moment, et puis le Conservatoire de Paris de Grand Piano où j'étais venu pour ça. Il y a un moment, tu te dis bon, c'est bon. En gros, quand il y a des échelles, de progression dans un domaine, que ce soit en physique, que ce soit en informatique, que ce soit en musique, je me débrouille pas trop mal. J'arrive à monter les barreaux, je travaille, j'arrive en haut et puis bon. Et après, tu te dis bon, elle est où la prochaine échelle, quoi? Et j'avais pas d'échelle. Il n'y a plus d'échelle après. Après, l'échelle, c'est la vie. Donc, c'est qu'est-ce que tu fais de ta vie? Et donc, j'avais cette notion de me dire, je vais aller me créer ma propre échelle, quoi. Après, j'ai plus de... C'est aussi pour ça que, d'ailleurs, quand je crée des choses, je ne fais pas des copycats. Je ne crée pas quelque chose qui existe déjà. Je crée quelque chose qui n'existe pas parce que ça ne m'intéresse plus. Alors ça, c'est peut-être le côté, justement, dont on parlait au début, scientifique, recherche, quoi. Aller se poser des questions, aller résoudre des problèmes qui n'ont pas déjà été résolus. C'est à tel point que quand j'ai des idées sur certaines activités et que je cherche un petit peu, je regarde ce qui existe déjà, tout ça. Et quand je trouve quelqu'un, enfin une petite société ou enfin un petit groupe de gens qui s'attaquent au problème, à la question que j'avais en tête, je suis content. Je me dis, ah, c'est cool, il y a quelqu'un qui travaille là-dessus.
Matthieu Stefani
T'es pas dégoûté?
Frederic Mazzella
Non, je suis pas du tout dégoûté. Je me dis, ah bah c'est super, c'est bon, il y a des gens qui travaillent dessus, je vais pouvoir faire autre chose.
Matthieu Stefani
Alors après, c'est pas parce qu'il y a des gens qui travaillent dessus que c'est qu'ils vont craquer le code aussi.
Frederic Mazzella
Oui, mais après, il faut leur faire confiance pour être suffisamment motivés par la mission et puis travailleurs pour y arriver. Alors, il y a plusieurs raisons pour lesquelles ils ne vont pas y arriver s'ils n'y arrivent pas. Il y a défaut d'exécution, mais aussi parfois, ce n'était pas une bonne idée.
Matthieu Stefani
C'est marrant parce que j'ai un peu vécu cette expérience, mais je me disais, tu connais Cyril Chiche, Simaria Lydia? Et donc, je repensais à ça en début de semaine, je me disais, Dans un épisode que j'ai fait avec lui, il m'avait raconté un peu que bon, bah lui, il était arrivé sur, tu sais, il y a des vagues d'innovation et donc tu as les banques qui arrivent. Alors tu as eu par exemple internet, les réseaux sociaux, le mobile et maintenant l'IA et qu'à chaque fois, en fait, tu as plein de domaines qui sont complètement transformés, métamorphosés et que c'est un peu toujours les mêmes. Le dating où tu as des gens qui font plein d'argent parce que sur la première version, sur les réseaux sociaux, puis sur le mobile, puis etc. Oui, moi je suis arrivé sur la vague mobile banking et donc on faisait qu'une application et donc ça devait être hyper rationalisé à fond. Et là je me disais en début de semaine ou la semaine dernière, là c'est le moment quand même de se lancer en banking dans l'IA parce que, parce qu'en fait avec, avec un LLM ou un truc comme ça, tu peux, ça pourrait être quand même beaucoup plus simple de gérer ton argent et de tout faire Et lui m'a écrit hier en me disant, bah tiens, il m'a donné une approche où il lance juste là un truc. Alors faut voir s'ils y arrivent et s'ils se font pas shortcutter comme les vieilles banques par tout ça, mais où tu dis, tiens, fais un virement à ma mère, ou combien j'ai dépensé la semaine dernière, le mois dernier en cinéma ou en vêtements. Et puis bam, il te fait tous les trucs, quoi. Donc en effet, t'as quand même des gens qui y arrivent, ces idées auxquelles tu penses, où parfois ça va vite.
Frederic Mazzella
Parce qu'en fait, quand tu penses à une idée, faut se dire que généralement, il y en a 1000 qui ont eu la même idée en même temps parce que les idées, elles sont— Alors tu sais, c'est Victor Hugo qui a cette citation qui dit, rien n'est plus puissant qu'une idée dont le temps est venu. Et en fait, ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'on est nous-mêmes extrêmement influencés par l'époque dans laquelle on vit pour avoir les idées. Évidemment, les idées qu'on a aujourd'hui, il y a 50 ans, ils avaient un autre contexte et ils les avaient pas parce qu'ils avaient pas les mêmes le même contexte et les mêmes capacités des outils et les capacités technologiques qui vont avec.
Matthieu Stefani
Oui, ce serait bien que je puisse traîner cette charrette, mais avec un truc qui roule, par exemple, tu vois.
Frederic Mazzella
C'est ça. Alors ça, c'était le moment où on a inventé la roue, c'est ça?
Matthieu Stefani
Oui, c'est ça. Il y a plus de 50 ans, mais oui.
Frederic Mazzella
C'était quoi? C'était dans Rubrique Abrac comme ça où ils expliquaient comment étaient les charrettes quand on n'avait pas inventé la roue? Avec des roues carrées. C'était un sacré truc quand même.
Matthieu Stefani
OK. Et toi, t'as voulu réparer, inventer nos roues. On n'est pas loin d'ailleurs.
Frederic Mazzella
La roue, c'est un peu la base de notre évolution quand même. On a inventé la roue. Il y a un moment, on a inventé l'eau chaude aussi, mais bon. Et le fil à couper le beurre.
Matthieu Stefani
Et l'eau tiède. Et alors, c'est à l'INSEAD que tu as eu cette idée de Blablacar?
Frederic Mazzella
Non, c'est avant. Avant. Et je suis allée à l'INSEAD en me disant Alors, j'avais aussi dans la tête de me dire, tiens, faudrait que j'aille faire un MBA parce qu'en fait, j'avais fait beaucoup de choses scientifiques et je n'avais pas de notion de business. Et comme j'avais justement l'idée de lancer, enfin, j'avais commencé à lancer Blablacar, je me disais, il faut que je comprenne comment ça marche. Je ne sais pas comment on crée une boîte. Et je savais pas tellement où aller ou me renseigner pour ça. Et en même temps, je voulais faire un MBA parce que je me disais, il faut que je comprenne un peu comment fonctionne une boîte, quoi, tout simplement. Et donc l'INSEAD mettait beaucoup en avant le MBA.
Matthieu Stefani
Tu aurais pu aller à Harvard, excuse-moi, mais l'INSEAD, c'est bien, mais bon.
Frederic Mazzella
Alors oui, j'y pensais. Bah oui, j'y ai pensé parce que tu sais, quand je fais quelque chose, en général, j'étudie toutes les options, je les mets toutes sur la table. Harvard, le problème, c'est que si tu veux faire un MBA à Harvard, ça prend 2 ans. Ça prend pas 1 an, ça en prend 2. Et puis, c'est 2 ans qui coûtent très cher. Très, très, très cher. Non seulement ils coûtent cher, mais en plus, pendant ce temps-là, tu peux rien gagner puisque tu n'as plus de, évidemment, tu n'as plus d'activité autre que d'étudier. Donc, c'est double peine et ça dure 2 ans. C'est très long. Puis, en plus, ça voulait dire repartir aux États-Unis. J'ai pas nécessairement envie à ce moment-là. L'INSEAD proposait... Non, mais alors, j'adore les Américains, mais j'avais un... Me fais pas dire ce que j'ai pas dit non plus. Mais j'ai... Ah bon?
Matthieu Stefani
T'es tellement lourd, dit Clémence Lapic. Merci, c'était sympa. OK, l'INSEAD. Non, non, mais voilà.
Frederic Mazzella
Donc l'INSEAD, là, c'était à Fontainebleau. Donc c'était... Parce qu'en plus, j'avais déjà lancé Blablacar. De toute façon, je me voyais pas... Enfin, on s'appelait covoiturage.fr à l'époque. Mais je me voyais pas, de toute manière, pouvoir continuer cette activité-là en n'étant pas en France. Il fallait absolument que je sois là.
Matthieu Stefani
Mais la question que je dois te poser finalement là-dessus, c'est pour ce que je garde plutôt pour la fin généralement, mais je te la reposerai autrement. Mais pour le jeune Frédéric d'aujourd'hui, là, celui qui nous écoute, est-ce que c'est encore nécessaire de faire l'INSEAD ou Harvard pour lancer son entreprise en 2026? Est-ce qu'en fait, il n'y a pas suffisamment de...
Frederic Mazzella
Mais rien n'est nécessaire. C'est chacun son parcours. Est-ce que c'est nécessaire de travailler? Oui. Est-ce que si pour travailler et apprendre des choses, t'es plus à l'aise dans un cadre qui va t'aiguiller et être très exigeant, pour te faire y arriver, alors il faut y aller. Si t'es capable de toi-même être aussi exigeant et trouver les ressources, c'est-à-dire qu'en même temps qu'apprendre, trouver les endroits où apprendre, comment apprendre, de qui apprendre, quoi apprendre, à ce moment-là, tu peux le faire tout seul.
Matthieu Stefani
Mais t'as raison, il y a une question de cadre qui est nécessaire, moi, qui a été nécessaire pour moi à un moment. Il y a aussi une approche où aujourd'hui, en revanche, La donnée, le savoir est disponible beaucoup plus qu'à cette époque-là.
Frederic Mazzella
Oui, mais il faut quand même avoir la motivation, il faut aller chercher, il faut être quand même—
Matthieu Stefani
se mettre la déter comme on dit.
Frederic Mazzella
Voilà, il faut être déter, il ne faut pas être flemme.
Matthieu Stefani
C'est ça.
Frederic Mazzella
OK.
Matthieu Stefani
Et donc c'est allé vite, toi tu me racontes que tu avais déjà commencé à créer.
Frederic Mazzella
Oui, voilà. Et l'INSEAD, c'était un programme en un an qui mettait beaucoup en avant le côté entrepreneuriat, c'est-à-dire que sur mes 36 modules, j'en ai pris 10 qui étaient axées entrepreneuriat, sur comment tu fondes une équipe, comment tu fais des bons partenariats, comment tu fais un modèle économique, comment tu pitches, comment tu... Voilà, tout ça, c'est des classes que j'ai eues pour m'accompagner aussi sur cette découverte de ce qu'était que l'entrepreneuriat. Et l'INSEAD, pour ça, était très axée, et l'est toujours d'ailleurs, là-dessus. Et ça durait 10 mois au lieu de durer 2 ans. Et donc, comme j'étais en création de ma boîte, moi, il y avait quand même une notion de, je pouvais pas prendre 2 ans complets pour faire ça.
Matthieu Stefani
C'est un truc que j'aurais adoré faire à l'INSEAD, moi je trouve ça très cool.
Frederic Mazzella
J'ai 2 regrets par rapport à l'INSEAD. Le premier, c'est de pas pouvoir le refaire parce que franchement, c'était génial. Et le deuxième, c'est de pas l'avoir fait plus tôt.
Matthieu Stefani
C'est vrai?
Frederic Mazzella
Ouais, donc ça va comme regret. Mais non, c'est vraiment génial. Ça a transformé plein de choses. En plus, ça m'a ramené plein de nouveaux copains. Alors, tu sais que j'aime les gens, mais ça m'a ramené plein de nouveaux copains à 30 ans. Et ça, c'est super aussi. Des gens que tu vas rencontrer en dehors du cadre du boulot, dans un cadre étudiant, avec tout ce qui va avec. C'est-à-dire que non seulement c'est des gens qui sont pleins d'énergie et pleins d'envie pour leur vie, pour la suite, mais c'est aussi des gens de toutes nationalités. Sur mon MBA, il y avait 91 nationalités. Et seulement 7% de Français, tu vois, 93% de non-Français. L'INSEAD a beau être en France, tu as quand même que des internationaux. 91 nationalités, tu vois ce que ça veut dire. Tu as de tout, quoi. De tout, tout, tout, tout, tout. Et donc, tu découvres vraiment un milieu très international.
Matthieu Stefani
Même des Américains.
Frederic Mazzella
Oui, il y a même des Américains. Il y a même des Chinois, il y a des Indiens, il y a tout.
Matthieu Stefani
Quand tu crées Blablacar, ça reste une application de covoiturage. Donc, ça s'appelait covoiturage.fr, tu disais. Mais il n'y a pas encore les applications. Non, j'ai dit une application, il n'y a pas d'application, c'est un site web.
Frederic Mazzella
C'est un site web, ouais. C'est un site web. C'est vrai que ça, tu dis... D'ailleurs, quand je pitchais l'idée, ouais, j'ai pu lire plus d'une fois la compassion dans les yeux de mes interlocuteurs qui se disaient, Alors attends, le gars, il était bien parti. Il avait fait classe prépa, Normale Sup', Stanford. Il bossait à la NASA. Il avait un job, un vrai job. Et là, il plaque tout pour aller construire un site web pour des beatniks qui font de l'autostop. Et là, tu ressens le côté, comment dire, la solitude. T'es là, tu te dis, zut, j'ai mal pitché.
Matthieu Stefani
Non mais en plus, quand tu te remets là-dedans, juste parce que remettez-vous, alors en effet, ils pouvaient s'appeler et tout, mais c'était quand même un truc où tu devais aller à un endroit. On te disait Jean-Marie va venir devant la poste à 13h15 vous chercher. Mais t'avais pas la géologue de Jean-Marie ou les trucs, il y avait pas les applis. Donc c'était un peu comme limite fallait avoir une cabine téléphonique devant le truc pour dire, eh Jean-Marie, t'es bien là?
Frederic Mazzella
Non, on avait déjà des portables.
Matthieu Stefani
On avait déjà des portables, je déconne, évidemment. Mais tu vois, t'es quand même un peu un... Voilà, t'es quand même... C'est un autre monde, quoi. T'attends, puis Jean-Marie, il a pris les embouteillages, il arrive qu'à 25 ou à 30 au lieu de 15.
Frederic Mazzella
Et puis, bah... C'est comme ça.
Matthieu Stefani
Voilà.
Frederic Mazzella
Non, mais en même temps, bon, ça, c'est aussi notre société qui a évolué. On est de moins en moins patient ou en tout cas, on accepte moins de patienter sans être informé.
Matthieu Stefani
C'est ça. Jean-Marie est en approche.
Frederic Mazzella
Voilà. Maintenant, Jean-Marie est toujours en retard, mais au moins, tu le sais. T'as une info.
Matthieu Stefani
Et puis, Jean-Marie, il nous 4,2 et parce qu'il est toujours en retard ce connard. Mais il est très bien, il est fort sympathique.
Frederic Mazzella
Il est sympa, c'est le plus important.
Matthieu Stefani
On va repartir de Jean-Marie. Alors et donc ouais, et en plus il faut quand même qu'on ait Turdift après rapidement. Alors on va quand même aller se le faire vite.
Frederic Mazzella
Mais je me rends pas compte là du temps, il y a pas de pendule en plus là, tu as fait exprès, il y a pas une pendule.
Matthieu Stefani
Je saurais pas, moi je vous fais rentrer dans un vortex, c'est l'idée à chaque fois. Tout le monde me dit ah bon mais attends mais dès Déjà?
Frederic Mazzella
Ah oui, il fait nuit, tiens.
Matthieu Stefani
On a commencé à 6 heures du mat'. Ouais, tu crées ça avec des associés dès le début?
Frederic Mazzella
Alors au début, je suis allé voir mon super copain Damien à qui j'ai pitché l'idée. Alors lui, il a immédiatement cliqué, quoi. Et on est parti, on a commencé à coder tous les deux ensemble. Donc ça, c'était vraiment le tout début. On s'est mis à coder. Lui aussi faisait de l'informatique beaucoup. Et donc on a commencé à coder les premières versions du site. Et puis donc après, moi je suis parti à l'INSEAD. Alors on était évidemment, tu vois, en plus de nos activités à côté, moi j'avais toujours mon boulot, lui aussi. Et donc on faisait ça soir, nuit, week-end, enfin tout y passait pour faire avancer le code. Après, moi, je suis parti donc à l'INSEAD avec cette idée-là d'aller me former sur comment transformer cette idée-là, ce projet en quelque chose qui marche, qui scale. Il n'y a pas de mot en français pour scale. Alors moi, je propose, et d'ailleurs peut-être ici c'est le bon endroit pour lancer cette trend, je propose qu'on lance le, avant que les Québécois l'inventent pour nous, parce qu'il y a un problème. Évidemment, les Québécois, ils doivent réfléchir déjà au mot. Ils ont le même problème. Je sais pas s'ils disent scaler, ils peuvent pas. Donc moi, je propose qu'on appelle ça écheler. Écheler, ça veut dire scaler, ça veut dire monter, faire grandir, monter à l'échelle. Parce qu'autrement, c'est passer à l'échelle, mais passer à l'échelle, c'est trop long. Du coup, on l'utilise pas. Du coup, on dit scaler. Il nous manque un mot. Donc je propose écheler.
Matthieu Stefani
Écheler, on l'accepte. Mais tu sais que les Canadiens, on va pas faire un cours non plus sur les Canadiens, mais les Canadiens sont quand même très paradoxaux parce que Il y a beaucoup de mots qu'ils n'utilisent qu'en anglais aussi, quand tu y as vécu. Et puis derrière, ils te disent non mais celui-là, je vais dire chandail parce que pull, non.
Frederic Mazzella
Ils disent avoir du fun aussi, ça se dit ça?
Matthieu Stefani
Ouais, tout à fait.
Frederic Mazzella
Avoir du fun.
Matthieu Stefani
Ok, donc toi, tu as décidé d'échelonner en passant par l'INSEAD. Voilà, c'est ça. Et ça a fonctionné. Assez vite.
Frederic Mazzella
Alors non.
Matthieu Stefani
Ça, c'est 2006, la création.
Frederic Mazzella
Des fois, on me dit, ah, it was an overnight success. C'est un succès.
Matthieu Stefani
Oui, c'était un overnight du succès après six ans de travail.
Frederic Mazzella
Une très longue night. Une très longue night. Non, non, c'est on a mis. Bah, je vais donner quelques chiffres alors pour concrétiser. On a mis on a mis sept ans à avoir un million d'inscrits, un million de membres. Bon, maintenant, un million de membres, c'est tu fais ça en un mois quand même.
Matthieu Stefani
1 million de membres, mais en revanche, on s'en fiche d'un nouveau million de membres. Ce qu'on cherche, c'est le daily active user. Il y a un mot en français pour les utilisateurs actifs quotidiens?
Frederic Mazzella
Non, non, oui, alors évidemment, ça dépend de la liquidité de la place de marché aussi. Et donc, t'as pas le même taux d'usage journalier quand ton réseau est petit que quand ton réseau est grand. Parce qu'en plus, là, on est sur un concept de place de marché qui ne fonctionne justement que quand il y a beaucoup de gens dedans. Donc, en fait, c'est très compliqué. C'est aussi pour ça que les gens me regardaient avec compassion quand je présentais le concept, parce que très vite, ils se disaient, il faut une masse critique hallucinante pour que ce truc fonctionne. C'est-à-dire que si demain, je veux faire Limoges-Noirmoutier, avant que je trouve quelqu'un qui fasse ce trajet-là, bon, aujourd'hui, t'en trouves. Mais à l'époque, c'était la probabilité pour que je tombe sur quelqu'un qui fasse le même trajet que moi au même moment, elle est trop faible, donc je vais pas trouver. Donc, c'est sûr que ça, il y a ce palier-là à passer qui est très complexe. Et donc ça prend beaucoup de temps, ça prend beaucoup de communication. On a été beaucoup aidé sur ça par, là tu te dis vive la France, par les grèves SNCF. Quand la SNCF faisait grève, les gens forcément cherchaient des solutions. Et donc le covoiturage est venu extrêmement naturellement être une solution palliative quand il y avait des perturbations de transport, ce qui a fait que ça a fait connaître le...
Matthieu Stefani
Un coup de pied en passage, j'imagine que les radios ou les télés pouvaient s'en emparer, ils étaient trop contents de parler de toi.
Frederic Mazzella
C'est-à-dire que je me souviens de la grève de 2007, j'envoie un communiqué de presse en disant grève, covoiturage.fr devient gratuit sur mobile. Donc on venait de développer notre application, enfin c'est pas une application à l'époque, c'était du WML ou je sais plus comment ça s'appelait. Ah oui, oui. Je sens que ça...
Matthieu Stefani
Tu te souviens de WML, oui.
Frederic Mazzella
Voilà, ça y est, je viens de lever une couche de poussière et tu viens de te souvenir de WML. Et là, on est passé de... Déjà, j'ai reçu un nombre de coups de fil hallucinant. J'ai pu tester la résistance de mon téléphone, c'est-à-dire qu'en double appel, il tenait encore. Quand il y avait un troisième appel, il faisait shutdown. Donc, j'étais au téléphone et il tombait. Donc, parce que quand j'ai mis le communiqué de presse, il a été repris. Non, c'était un... Un SPV, ça s'appelait. C'était un... Ah?
Matthieu Stefani
Pareil. Oh la vache, la poussière.
Frederic Mazzella
J'ai eu un Nokia avec un écran comme ça, puis un... 95. Ah oui, ok. Mais après, il y avait un écran couleur quand même. Puis après, j'ai eu un SPV. Bon bref, un SPV, c'était après. Non, ça devait être le Nokia d'avant. Bref, peu importe. En tout cas, il supportait pas 3 appels en concurrence. Et donc, on est passé dans 500 médias, que ce soit des journaux, des journaux locaux, des journaux nationaux, de la radio, de la télé, ce qui a fait planter évidemment le site. On a été obligé de mettre des pages statiques parce qu'on ne pouvait plus aller taper sur la base de données, ce qui a fait que comme en plus à l'époque on était en hébergement partagé, c'est-à-dire que moi on avait, tu te souviens, hébergement partagé, donc on était sur le même serveur que des dizaines d'autres sites Chez Redbus ou chez— Non, on était chez One on One. Ça te rappelle quelque chose aussi? Et donc, on avait reçu des mails et des appels nous disant d'arrêter parce qu'on faisait planter tous les autres sites.
Matthieu Stefani
Pour les gens qui sont moins techniques, c'est ça. C'est que techniquement, aujourd'hui, on parle de cloud, donc tu es hébergé chez OVH, chez qui? Chez Diff d'ailleurs, toi?
Frederic Mazzella
Chez Amazon AWS? Ouais, il y a un peu tout.
Matthieu Stefani
Bon voilà, tu es hébergé chez des— voilà. Et puis c'est un peu partout, on te dit le cloud, bon ça reste des serveurs quelque part, mais c'est un peu disséminé un peu partout. Et puis la puissance, voilà. À l'époque, en effet, tu avais une baie dans un— enfin, je sais pas moi.
Frederic Mazzella
Ah non, on n'avait pas une baie, on avait juste un rack à tapis de verre.
Matthieu Stefani
Voilà, tu as une petite boîte, puis dans une baie, et puis ça dans un bâtiment qui était à un endroit en dehors de Paris.
Frederic Mazzella
Et des dizaines d'autres sites. Internet qui tournaient sur le même truc. Et donc, quand toi tu plantais parce que tu avais trop de trafic, tu faisais planter tout le monde. Donc, on faisait planter les autres sites qui étaient hébergés avec nous. Ils n'étaient pas contents. Mais on ne pouvait rien faire. En gros, tout le monde tapait sur...
Matthieu Stefani
Tu pouvais changer de baie ou je ne sais pas moi.
Frederic Mazzella
Bref, on a fait ce qu'on a pu. Mais en tout cas, ça nous a aidés à nous faire connaître, c'est sûr, à créer de la masse critique parce qu'on n'avait pas les moyens de se faire connaître par du marketing parce qu'on n'avait pas du tout d'argent pour le faire.
Matthieu Stefani
Quels sont, si je dois, donc il y a eu ensuite les applications, grosse croissance, l'international. J'entendais hier encore, je sais pas si tu avais entendu ça, je crois que c'était sur Inter où ils parlaient de l'Inde qui est en train de, grosse, grosse croissance de ouf sur Blablacar. Toi aujourd'hui, tu es toujours président?
Frederic Mazzella
Oui, je suis président, je suis non exécutif.
Matthieu Stefani
Non exécutif.
Frederic Mazzella
C'est-à-dire que je travaille sur, on va dire, sur la vision, la stratégie. Je suis pas opérationnel. Et je suis en étroite collaboration avec Nicolas, qui est le CEO et qui drive toute cette... Et t'es toujours actionnaire? Ah oui, par défaut, je suis fondateur et j'ai quasiment toutes mes parts.
Matthieu Stefani
T'as pas revendu trop? Non. Et donc, si je fais un fast forward de 20 ans finalement de Blablacar maintenant, c'est vraiment...
Frederic Mazzella
On arrive sur les 20 ans.
Matthieu Stefani
Ouais.
Frederic Mazzella
Et puis je comprends pas parce que moi, j'ai toujours 25 ans, mais j'ai la tête Je comprends ça aussi.
Matthieu Stefani
Eh bien, les grands apprentissages, les, tu vois, je sais pas moi, à quel moment tu, tu t'es parlé, tu as utilisé le terme cliquer tout à l'heure, quel, je sais pas, le, et après je te poserai les trucs les plus fun qui soient passés dessus, peut-être les plus difficiles, mais quel, je sais pas, même sur les utilisateurs, un utilisateur il utilisait beaucoup Blablacar. Comment tu es arrivé à faire en sorte que... Pardon, j'ai plein de questions, mais j'ai envie de métriques, de chiffres, de choses, toi qui es scientifique.
Frederic Mazzella
En fait, non, ce que je retiens pour que ça fonctionne, c'est qu'il ne faut pas s'arrêter de chercher. Typiquement, tu vois, sur Blablacar, on a essayé 6 modèles économiques. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que 5 fois, on s'est planté. Donc moi, je le vois pas comme ça.
Matthieu Stefani
Le premier était quoi, par exemple? Le deuxième, si tu devais faire en fast forward?
Frederic Mazzella
Ah, je les ai faits. J'ai même tout écrit parce que j'ai écrit un bouquin qui s'appelle Mission Blablacar, dans lequel j'ai détaillé justement, notamment, j'ai pas fait que ça, mais j'ai détaillé notamment nos 6 modèles économiques et pourquoi les 5 premiers n'ont pas marché. Il y avait tout. Il y a eu un modèle économique qui consistait à vendre des plateformes aux entreprises, mais en fait, le produit n'était pas exactement le même. Et surtout, celui qui payait n'était pas le client final puisque les entreprises achetaient des solutions pour leurs collaborateurs, pour faire du covoiturage entre collaborateurs. Mais pour plusieurs raisons, ça marchait pas bien parce que premièrement, les téléphones portables Ça n'était pas du tout assez développé. Et donc, le côté je passe par un site web pour réserver un trajet que je dois faire demain matin ou demain soir avec un collègue ou quelqu'un qui bosse dans le même coin que moi, c'était beaucoup trop fastidieux. Et donc, ça ne créait pas la liquidité suffisante. Bon bref. Mais puis surtout, ceux qui achetaient, c'était les entreprises, alors que ceux qui devaient utiliser, c'était les collaborateurs. C'est compliqué dans ces cas-là. Et puis surtout, ce n'était pas la même activité que du covoiturage longue distance. Qu'on fait sur Blablacar. Maintenant, on fait aussi du covoiturage courte distance, mais avec une app dédiée qui s'appelle Blablacar Daily et qui marche très bien d'ailleurs, mais qui est beaucoup plus adaptée parce que c'est une app sur mobile beaucoup plus simple à utiliser parce que maintenant, c'est possible. Mais là, je te parle d'une époque, tu vois, c'était 2007, 2008, 2009. Là, on n'avait pas un développement de téléphones mobiles connectés aussi bien, enfin de smartphones, donc ça ne pouvait pas marcher. Après, on a essayé de faire des plateformes pour les festivals, tu vois, parce que ça paraît évident, tu vois, tu veux aller au Vieille Charrue, bon bah, c'est quand même bien de pouvoir y aller aussi à plusieurs dans une voiture. Mais en fait, bon, c'était une bonne idée, mais personne ne voulait payer pour ces services-là. Donc, tu te retrouves avec la bonne idée pas financée, ce qui fait que finalement, c'est c'est plus l'idée du tout, ça marche pas. On a aussi essayé de mettre un petit peu de publicité, mais moi ça me plaisait pas trop parce que ça détournait l'attention en fait du but final qui est simplement que les gens fassent du covoiturage. Voilà, après on a essayé un modèle de mise en relation où par exemple, pour pas diffuser les coordonnées, évidemment les 06 des gens, tu dois passer par un service pour les joindre en Mais ça posait différents problèmes d'intermédiation quand même qui étaient assez complexes et ça rajoutait une friction, donc c'était pas bon non plus.
Matthieu Stefani
Enfin bon bref, on a essayé plein de trucs et à la fin, donc c'est toujours celui qui part. Alors il y a quoi? On appelle comment les deux parties? Le covoitureur?
Frederic Mazzella
Alors tu vas voir, c'est extrêmement, extrêmement scientifique. On parle de conducteur et de passager.
Matthieu Stefani
Passager, waouh!
Frederic Mazzella
C'est vraiment, mais alors on a innové là-dessus.
Matthieu Stefani
Le covoitureur, le conducteur passager. Donc le conducteur, en gros, ce que vous voulez, c'est qu'il partage un peu ses frais avec les passagers.
Frederic Mazzella
Voilà. Ça, c'est le principe même du covoiturage, c'est on répartit les frais.
Matthieu Stefani
Donc ça, maintenant, c'est ce que vous faites et vous prenez une petite commission là-dessus.
Frederic Mazzella
Voilà. Et donc, tout simplement, alors le partage de frais, ça a toujours été le cas, seulement c'était comment est-ce qu'on fait ça pour pouvoir, parce qu'on a eu un problème. Je vais faire un petit peu de maths, mais un tout petit peu, je promets, ça va. C'est que quand on vendait des plateformes de coachage aux entreprises, c'est une activité, on va dire, de vente B2B où tu vas voir les entreprises et tu leur proposes une plateforme pour leurs collaborateurs. Ça, ça grandissait en revenus, en volume, de manière linéaire, c'est-à-dire ça augmente comme ça en forme de droite. Et elle est où la caméra? En forme de droite, c'est comme ça. Et donc ça permet de faire grandir les revenus, mais de manière linéaire justement. Quand à côté, sur le site grand public covoiturage.fr, on avait une croissance exponentielle. Donc avec de plus en plus de gens, du bouche-à-oreille très positif, de gens qui ont des premières expériences qui leur donnent envie de recommencer. Et qui leur donne envie d'en parler autour d'eux. Là, quand t'as un bouche-à-oreille comme ça, tu grandis de manière exponentielle. Sauf qu'en grandissant de manière exponentielle, on avait des coûts de livraison de ce service-là pour le grand public qui étaient eux-mêmes exponentiels. Alors exponentiel, c'est comme ça.
Matthieu Stefani
Ça tend vers la droite, mais à la fin, c'est jamais droit.
Frederic Mazzella
C'est toujours une exponentielle qui gagne sur une linéaire.
Matthieu Stefani
Toujours, toujours, toujours. Tu vois ce que je veux dire? C'est que c'est très courbe au début, ça tend vers la droite, mais tu n'y arrives jamais.
Frederic Mazzella
Et puis ça monte, ça ça monte, ça monte, ça monte. Donc voilà, pour ceux qui veulent faire le dessin, quand t'as des revenus en croissance linéaire et des coûts en croissance exponentielle, il y a un moment, ça se croise et c'est la cata. Donc ça marche pas du tout. Et donc il fallait absolument trouver un modèle économique qui puisse se brancher sur la croissance exponentielle et donc les coûts exponentiels. Donc, il fallait des revenus exponentiels en face de coûts exponentiels. D'où, évidemment, la corrélation nécessaire entre l'activité du site grand public et les revenus générés sur cette activité-là. Et donc, c'est là où on a déployé le modèle purement transactionnel. Voilà, plus il y a de volume, plus il y a de revenus. Et donc, comme plus il y a de volume, plus il y a de coûts, s'il y a plus de revenus quand il y a plus de volume et qu'il y a plus de coûts en face, ça va marcher, ça va être s'équilibrer. Donc, c'était ça, tout simplement, le calcul absolument nécessaire. Et donc, c'est pour ça qu'on a déployé le système de réservation en ligne qui nous permettait deux choses. Alors, non seulement, comme je le disais, d'équilibrer coûts et revenus, mais en plus, d'apporter une couche de sécurisation additionnelle, notamment par rapport à l'engagement des passagers et des conducteurs pour faire le trajet. Parce qu'on avait beaucoup de lapins, en fait. On avait beaucoup de gens qui te disaient Ah oui, non, demain à 18h30, Porte d'Orléans, pas de problème, j'y serai. Puis à 18h30, il n'y a personne. Puis à 18h45 non plus. Et puis tu appelles et puis le gars te dit, ah bah non, enfin quand il te répond, bah non, je viens pas.
Matthieu Stefani
Donc ça, c'était des passagers qui venaient pas surtout?
Frederic Mazzella
Ouais, c'était surtout des passagers qui venaient pas.
Matthieu Stefani
Ils payaient pas quand ils venaient pas?
Frederic Mazzella
Bah non, parce qu'il n'y a pas de paiement en ligne à l'avance.
Matthieu Stefani
Ah oui, bien sûr, bien sûr.
Frederic Mazzella
Donc par contre, il y avait des avis négatifs, mais ça servait à rien parce que les passagers appelaient directement les conducteurs pour réserver et les conducteurs disaient, bah oui, OK, c'est bon, je te réserve une place. Sauf que s'il vient pas, bah ça fait une place de perdue. Donc qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là? Je vais t'expliquer la spirale dans laquelle on est rentré. C'est que t'as des passagers comme ça qui viennent pas et qui plantent des conducteurs. La fois d'après, le conducteur, qu'est-ce qu'il fait? Il se dit, statistiquement, parce que nous on avait du coup fait les stats, t'avais un tiers des passagers qui venaient pas à peu près.
Matthieu Stefani
OK.
Frederic Mazzella
Donc le conducteur, il fait quoi?
Matthieu Stefani
Il en prenait plus.
Frederic Mazzella
Il fait du surbooking. Il dit, bon, j'ai 3 places, je vais dire oui à 4 ou 5 parce que je sais qu'il y en a toujours un qui vient pas. Qu'est-ce qui se passe le jour où tout le monde vient? Le gars, il a 3 places.
Matthieu Stefani
Mais c'est comme dans les compagnies aériennes.
Frederic Mazzella
Le gars, il a 3 places et il y en a 4 ou 5 qui se pointent. Qu'est-ce qui se passe? Il faut en laisser un ou deux sur le trottoir. Donc, il en laisse un ou deux sur le trottoir. Que se passe-t-il quand il y en a un ou deux qui a été laissé sur le trottoir la fois d'après?
Matthieu Stefani
Il va booker 2 voitures.
Frederic Mazzella
Voilà, il va booker 2 voitures. Et donc là, tu rentres dans une boucle.
Matthieu Stefani
C'est exponentiel aussi, ça.
Frederic Mazzella
Ça, c'est le bazar exponentiel. Non, tu rentres dans une boucle absolument ingérable. Et donc, du coup, on s'est dit, mais il faut absolument résoudre ce problème de fiabilité des engagements des uns et des autres, parce qu'évidemment, sinon, tu scales pas. Ça, tu n'échelles pas. Sinon, ça, c'est arrivé quand on avait à peu près 500 000 personnes dans le réseau. On commençait à avoir justement des comportements qui étaient un petit peu plus, on va dire, personnels, dans le sens où les gens tiraient un peu la couverture à eux. Et donc on s'est dit, il faut absolument trouver un moyen pour que ce soit beaucoup plus rationnel parce que voilà, on ne peut pas se permettre d'avoir des passagers qui viennent pas, qui engendrent des surbookings, qui eux-mêmes engendrent des doubles bookings et qu'on se retrouve avec un truc totalement, totalement Bazar. Donc on a développé le système de réservation en ligne et là, miracle, on est passé de 35% de désistements, enfin de no-show ou de personnes qui décommandent, à moins de 3%. Mais du jour au lendemain. Parce qu'un passager qui paye, c'est un passager qui vient.
Matthieu Stefani
C'est comme quand tu fais un événement, quoi. Tu fais un événement gratuit ou un événement payant, ce que tu appelles le no-show, donc la même chose. Nous, on compte quasiment 50% de no-show. Et dès que tu payes, t'as même pas 10% de no-show.
Frederic Mazzella
Ouais, c'est ça, tu divises par 5 ou 10.
Matthieu Stefani
Et alors en revanche, est-ce qu'en volume tu en as moins? Parce qu'en revanche, si tu fais un événement payant ou un événement gratuit, t'as pas le même nombre de personnes qui déclarent venir en revanche, tu vois. Est-ce que toi, le jour où tu t'es dit je vais vous faire payer avant de venir, le nombre de réservations a baissé, a chuté?
Frederic Mazzella
Alors le, c'est difficile à savoir parce que justement les réservations avant ça étaient difficilement chiffrables. Donc, à moins de faire des sondages. Mais ce qu'il y a de sûr, c'est que ça diminuait le nombre de contacts. Ce qui s'est passé au début, c'est que les conducteurs disaient, je sais pas, avant, j'avais 10 appels. Maintenant, j'ai que 3 passagers. Oui, mais enfin, t'as rempli ta voiture avec 3 passagers. En fait, on a fait le tri. C'est-à-dire qu'avant, t'en avais 10 qui t'appelaient. Ils disaient, ouais, je te rappelle, je te rappelle pas. La pollution. T'avais un peu des papillons, quoi, qui qui faisaient leur marché et qui forcément risquaient de pas venir. Et pour in fine 3 qui étaient sérieux pour venir effectivement dans ta voiture. Donc là, c'est ça qui s'est passé. Les conducteurs au début se disaient, avant j'avais plus de volume. Oui, mais maintenant tu remplis ta voiture. Oui, mais c'était ça qu'il fallait expliquer.
Matthieu Stefani
Et ça, c'était quand ça? Toutes ces itérations, c'était entre 2006, 2010?
Frederic Mazzella
Non, ça c'était 2011, 2012.
Matthieu Stefani
2011-2012. Et ah ouais, 2011-2012, pour rappel, c'était à peu près le lancement d'Uber en France.
Frederic Mazzella
Donc oui, c'était à peu près en même temps.
Matthieu Stefani
Donc, et ce qui est intéressant, donc là, tu te mettais quand même à payer pour avoir ces choses-là et payer en ligne.
Frederic Mazzella
Oui, mais c'était aussi le commencement du déploiement d'Airbnb et tout ça. Donc ça commençait à être un peu normal, tu vois.
Matthieu Stefani
Le partage. Et t'as jamais été, toi, pris dans les des problématiques de concurrence, pouvoir public, je sais pas quoi, où à se dire attends mais il est sympa mais bon moi j'ai un taxi, j'ai des bus, j'ai des trains.
Frederic Mazzella
On est une forme différente de moyens de se déplacer donc oui il y a eu des discussions après comme il y a eu une définition de ce qu'était que le covoiturage c'est rentré dans les clous voilà ça n'a pas toujours été aussi évident ou facile dans d'autres pays, en revanche, où on a pu se développer plus rapidement. En France, on a eu le temps de le voir venir. Encore une fois, c'était une long night. Donc, on a eu le temps de le voir venir et de préparer le fait qu'il fallait une définition du covoiturage, justement, pour ne pas avoir ces confusions avec d'autres moyens de transport.
Matthieu Stefani
Oui, tu as peut-être une forme d'érosion des autres moyens, peut-être un peu à la marge, parce qu'en plus, en revanche, quand tu arrives et que tu lances overnight cette fois-ci, comme tu dis, Potentiellement, du jour au lendemain, il y a un vrai... Ça se ressent sur le business d'autres personnes. Il y a un impact.
Frederic Mazzella
Oui, où ils ont peur. Et donc, ils essayent d'attaquer. Ça nous est arrivé dans différents pays d'avoir des attaques, justement, en disant, ah, vous faites de la concurrence déloyale. Sauf que, en fait, quand on est arrivé devant les juges, devant tout ça, non, en fait, comme on n'est pas la même activité, in fine, les attaques sont tombées. Mais effectivement, ce qui Ça nous a obligés à faire des efforts pour obtenir des définitions du covoiturage dans les différents pays où on était, parce que c'est la définition même d'inventer quelque chose qui n'existe pas.
Matthieu Stefani
Ce qu'il faut éviter, j'imagine, c'est que le conducteur soit, se rémunère en fait, devienne un peu entre guillemets professionnel. Là, tu rentres dans un truc qui serait de la concurrence déloyale, c'est ça?
Frederic Mazzella
Oui, c'est-à-dire que ça doit rester du partage de frais. Partage de frais égal tu prends les frais et puis il faut que les passagers payent moins que les frais Les frais étant l'essence et l'usure du véhicule? Ouais, alors tu peux rentrer plein de choses là-dedans. Après, il y a plein de calculs que j'adore, mais c'est-à-dire qu'une voiture...
Matthieu Stefani
Les PL?
Frederic Mazzella
Je vais te faire l'équation quand même. OK, vas-y. Une voiture, ça coûte à peu près 6 000 € par an, par véhicule, à son propriétaire. Dedans, tu inclus la dépréciation du véhicule qu'on oublie souvent, mais si tu achètes ta voiture à 25 000 €, 3 ans plus tard...
Matthieu Stefani
Je l'oublie pas.
Frederic Mazzella
Tu l'oublies pas?
Matthieu Stefani
Non, celle-ci, je l'oublie pas.
Frederic Mazzella
Mais en fait, on a l'impression que c'est un coût une fois, mais en fait, c'est annuel. Voilà, t'as la dépréciation du véhicule, tu as évidemment l'essence, le péage, ça tout le monde le voit, t'as le garage, t'as l'assurance, t'as les réparations, t'as parfois les speed tickets. Tu mets tout ça dans une enveloppe, ça fait 6 000 € par véhicule par an à peu près. En France, t'as 38 millions de véhicules. Et donc, tu fais 6 000 fois 38 millions, tu dépasses les 200 milliards. Donc 200 milliards, c'est 7-8% du PIB. Et après, tu regardes le taux d'usage de ces véhicules. Alors, les voitures passent 96% de leur vie arrêtées, garées, pas bougées. 0,5% de leur vie dans les bouchons, 0,6% de leur vie à chercher une place de parking pour se garer. Et il reste 2,9% de leur vie où elles vont d'un point A à un point B. Ce pourquoi on les a conçues.
Matthieu Stefani
Et quand elles roulent... 1,9, donc attends, pour reprendre juste, entre les bouchons et le moment où tu cherches à te garer, c'est un peu plus d'1% et il y a un peu moins de 3% où elles roulent. Donc c'est un tiers de leur vie, enfin de leur vie active, à juste rien faire, enfin à rouler mais pour rien.
Frederic Mazzella
Et quand elles roulent, suivant le type de trajet, tu as un taux de remplissage de 1,1 à 1,7, 1,8%. Passagers par véhicule suivant que c'est des courtes distances ou des plus longues distances ou des trajets plutôt quotidiens ou des trajets plutôt exceptionnels. Et donc en fait, bon, 3 fois sur 4, elle roule avec un seul conducteur à bord. Et donc l'usage que l'on fait, c'est qu'on utilise un quart de 2,9% d'une ressource qui nous coûte 7-8% du PIB. Tu fais ça au niveau mondiale, c'est plus 200 et quelques milliards qu'il faut compter, c'est plutôt 5000 milliards par an qui est dépensé pour faire rouler toute la flotte automobile au niveau mondial. Et alors après, si tu fais l'équation plutôt environnementale, une voiture d'une tonne 5 ou quelque chose comme ça, quand elle roule avec un seul conducteur à bord, tu as 95% de l'énergie qui est dépensée pour déplacer la voiture.
Matthieu Stefani
95%, voilà.
Frederic Mazzella
Et 5% pour déplacer le corps humain. Toi, moi. Et comme en plus aujourd'hui, l'immense majorité de cette énergie est d'origine fossile, ça veut dire que tu peux te dire 95% de l'énergie fossile qu'on va chercher dans le sol aujourd'hui, elle sert à déplacer de la tôle.
Matthieu Stefani
De la tôle. Alors là, c'est vrai que c'est ouf. La difficulté, c'est que cette tôle, elle sert à te protéger du vent, de l'accident, du machin, du truc.
Frederic Mazzella
Je dis pas que c'est inutile, mais en fait, il y a peut-être une zone d'optimisation quand même. Tu vois, voilà, on passe, dès que tu parles de chiffres qui dépassent les 90% de quelque chose, tu te dis il y a un truc à optimiser.
Matthieu Stefani
Et puis si je le pousse ton raisonnement, c'est que quand tu te mets à 4 ou 5 dans la voiture, en fait, la tôle représente moins en proportion de ce que tu déplaces.
Frederic Mazzella
C'est toutes les équations qu'on fait, c'est-à-dire qu'avec Blablacar aujourd'hui, Dès que tu as évidemment 2, 3, 4 personnes par voiture, tu divises les émissions de CO2 par passager transporté massivement, tellement massivement qu'on a compté, parce qu'on a compté de 2 manières, que Blablacar permet l'économie de 2 500 000 tonnes de CO2 par an. Pour te donner une idée de ce que c'est, 2 500 000 tonnes de CO2. Oui, parce qu'on ne se rend pas bien compte. C'est 2 fois plus que les émissions de CO2 du trafic routier d'une ville comme Paris par an. 2 fois plus. Donc ça, c'est ce que Blablacar permet comme économie à l'année.
Matthieu Stefani
Dans le monde.
Frederic Mazzella
Oui, dans le monde. Mais c'est pour donner un rapport d'échelle. La France, c'est à peu près 500 millions de tonnes de CO2 émises chaque année. Donc 2 500 000 tonnes, c'est 0,5% des émissions françaises. Donc c'est ce qu'on permet d'offsetter grâce au simple fait de mettre plusieurs personnes par voiture plutôt qu'une seule. Et donc ça te permet de voir le potentiel, du coup il est mondial. Et on a calculé parce qu'on nous a dit ah oui mais tu vois, tu entends toujours évidemment, tu es bien placé pour le voir et le savoir, internet, le digital, ça pollue. Alors ça pollue combien? Bon, il se trouve que Blablacar transporte transmet peu de données, en fait. Nous, tu vois, c'est des petites données. On transmet pas de vidéos, on transmet pas de trucs lourds. Enfin, tu vois, c'est juste des données informationnelles. Donc, en fait, c'est pas grand-chose. Et on a été calculer l'impact environnemental global de toute notre équipe, les centaines de collaborateurs qui mangent, qui se chauffent l'hiver, qui se refroidissent l'été quand il fait trop chaud, qui prennent l'avion une fois de temps en temps. Voilà, tout ce que fait l'équipe. On avait calculé tous les serveurs, la consommation des serveurs, et on était comparé ça en termes de pollution de CO2 par rapport à ce qu'on permet comme économie dans le monde réel, rien qu'en permettant de diminuer les émissions de CO2 par passager transporté en mettant plusieurs personnes par voiture. Eh bien, il y a un facteur 700, c'est-à-dire que pour un kilos de CO2 émis par notre équipe qui travaille, nos serveurs, tout ça, on économise 700 kilos de CO2 dans l'atmosphère. Donc en fait, plus Blablacar grandit, plus on diminue évidemment les émissions de CO2 d'un facteur -700. Donc ça, c'est— et a posteriori, donc du coup, c'est ce qu'on décrit comme une activité impact by design, tu vois. C'est-à-dire que c'est conçu pour avoir de l'impact immédiat. Plus ça se développe, c'est pour ça que c'est bien qu'on se développe plus loin, à un maximum d'endroits pour pouvoir aller faire de l'optimisation maximale partout.
Matthieu Stefani
De toute façon, en général, moi j'ai ce sentiment, toi tu aimes bien l'éprouver aussi, tu viens de le faire chez toi, mais que quand tu regardes tous ces arguments sur le digital qui pollue, souvent c'est pas contrebalancé par tout ce que, c'est un peu ce que tu dis, c'est pas les courriers. Alors bon, maintenant tu as des expéditions de colis et de choses comme ça, ça c'est autre chose, c'est pas que le digital, mais par énormément d'actions que tu ne fais plus grâce au digital aussi, tu vois. Donc faut toujours essayer de voir tout ça d'une manière assez holistique, c'est le plus important. Là tu me parles de impact by design, c'est, si je devais te challenger un peu, un élément marketing intéressant, mais qui vous est tombé dessus? Plus que... Est-ce que t'as créé Blablacar en te disant...
Frederic Mazzella
C'était une grande motivation pour moi. C'était une grande motivation pour moi de me dire que justement, alors j'avais pas les chiffres à l'époque, mais que bon, évidemment, tu te dis, pas besoin d'avoir fait des grandes études pour comprendre qu'il vaut mieux avoir 2 personnes par voiture que 2 voitures par personne.
Matthieu Stefani
Déjà avant Blablacar, même en Californie, t'avais déjà les lignes...
Frederic Mazzella
Voilà, il y avait les carpool lines.
Matthieu Stefani
Carpool, ouais, où tu ne peux passer que si t'es à plusieurs. Il y en a pas sur le périph maintenant? Ils voulaient pas faire ça?
Frederic Mazzella
Oui, il y en a quelques-unes. Alors, sur le périph, pas nécessairement, mais sur des autoroutes qui arrivent à Paris, oui, il y en a. Donc non, moi, ça a toujours été une motivation. Si tu veux, bon, le besoin, il est parti, peut-être tu connais l'histoire, mais d'une expérience personnelle, parce que moi, je devais rentrer en Vendée. Je suis Vendéen, on n'en a pas beaucoup parlé, mais j'adore la Vendée. C'est la Vendée qui m'a fait grandir.
Matthieu Stefani
Et les gens en Vendée aussi, du coup.
Frederic Mazzella
Et j'adore les gens en Vendée, évidemment, parce que j'adore les gens partout. Mais spécialement en Vendée, t'as raison. Et donc, je devais rentrer en Vendée pour les fêtes de fin d'année et là, tous les trains étaient complets. Je m'y suis pris au dernier moment et finalement, c'est ma petite sœur qui habitait à l'époque à Rouen, qui avait une voiture, à qui j'ai demandé de passer me chercher à Paris pour m'emmener en Vendée, qui m'a emmené. Et là, en descendant sur l'autoroute A10 que peut-être tu as déjà prise.
Matthieu Stefani
Je vois, je vois.
Frederic Mazzella
Tu vois bien.
Matthieu Stefani
Comment il s'appelle le grand péage de Saint-Arnould? Saint-Arnould, voilà.
Frederic Mazzella
Mais après, tu... Après, tu files sur la 6 et la 10. Bon bref. Et donc, quand tu prends la 10, il y a des moments où tu te fais doubler par le TGV. Parce que l'autoroute et la voie de TGV sont juste à côté. Et donc là, je vois passer le TGV et je dis à ma petite sœur, tu vois, le TGV, là, il est plein. Je le sais parce que j'ai essayé de prendre une place dedans et il n'y en a plus. Et c'est pour ça que justement, je suis descendu avec toi. Et là, en même temps, je regarde la route, l'autoroute. Et je vois quasiment que des voitures vides, presque vides. Et je me dis, mais des places pour aller en Vendée, il y en avait plein. Elles étaient prises dans les trains, elles étaient dans les voitures. Et c'est de là que je me suis dit, mais en fait, il faudrait... Comme j'étais très branché informatique, je me suis dit, mais en fait, c'est super à modéliser, ça. On va mettre toutes les petites places vides dans les voitures, on va les mettre dans une base de données, on va mettre un moteur de recherche là-dessus et puis on va pouvoir savoir qui a des places libres dans sa voiture et puis le contacter et puis lui dire, ben voilà, je voudrais monter dans ta voiture. Parce que moi, il se trouve que j'ai fait le trajet, j'ai pu faire du covoiturage avec ma sœur, mais ça fait pas un service national. Enfin, fallait connaître ma sœur et c'est pas donné à tout le monde. Donc du coup, je me suis dit, il va falloir faire quelque chose qui puisse être consultable, où on voit toutes les places libres, on peut les réserver. Et de là est née l'idée. Je me suis dit, mais c'est tellement simple. Tellement évident. Comment ça se fait que ça n'existe pas? J'ai commencé à chercher. Alors, je me suis dit que c'était illégal. Je me suis dit, ça doit être interdit parce que sinon, ça existerait. Et puis, ben non, finalement non. Donc, du coup, après, j'ai une motivation qui a été décuplée pour le faire. Mais évidemment, dans cette logique de quelque part éviter le gaspillage, parce que c'est exactement ça, en fait, des places libres qui voyageaient justement à vide. Il y en avait plein et c'est un immense gâchis parce que quand t'as une demande d'un côté, des gens qui demanderaient qu'une chose, c'est d'être dans cette voiture-là parce qu'elle fait le trajet qu'elle recherche et partager les frais parce que du coup, en plus, ça fait faire des économies. Enfin bon, si tu veux, tout s'additionne pour faire quelque chose d'évident.
Matthieu Stefani
Quels sont les freins? J'essaye de réfléchir à ça. Je me suis assez peu— Moi, j'ai eu une voiture finalement assez tard, quand j'ai eu une famille plutôt. Et donc ayant une famille, elle est rarement vide ma voiture, donc je suis exemplaire.
Frederic Mazzella
C'est ça.
Matthieu Stefani
By design.
Frederic Mazzella
Tu fais des...
Matthieu Stefani
By design.
Frederic Mazzella
Exemplaire by design.
Matthieu Stefani
Voilà. Seulement, si je dois me confesser, alors comme je suis pas un habitué de Blablacar, les rares fois où je...
Frederic Mazzella
Il est encore temps de changer.
Matthieu Stefani
Il est encore temps, mais les rares fois, non mais je dois te dire mon frein, mais il doit être commun j'imagine. Les rares fois où... Alors peut-être que j'ai aussi cette chance de pas... Alors c'est la conscience écologique étant autre chose, mais de pas avoir à me dire, tiens, je dois partager les frais. Je me dis, bon, je fais 2 heures de route, je m'en fous, tant pis. Tu vois, c'est pas grave. Cependant, le truc qui me bloque, c'est pas ça, c'est plus de me dire, waouh, Jean-Marie, je sais pas si j'ai envie de l'avoir dans ma voiture. Non mais moi, j'adore les gens, mais tu vois, je veux juste Parce que peut-être qu'une fois sur deux, Jean-Marie, Monique ou...
Frederic Mazzella
Mais c'est pour ça qu'on s'appelle Blablacar. Tu sais pourquoi on s'appelle Blablacar?
Matthieu Stefani
Parce que ça parle.
Frederic Mazzella
Mais parce qu'en fait, non, tu choisis quand tu t'inscris.
Matthieu Stefani
J'ai peur qu'ils puissent sentir mauvais.
Frederic Mazzella
Tu choisis si tu es plutôt bla, blabla ou blablabla. Tu indiques dès le début si tu es plutôt, tu parles beaucoup ou pas.
Matthieu Stefani
Là, elle me demande, toi, tu serais quoi? C'est ça? Non, non, non, non, non, bla, blabla ou bla. Tu vois, je suis...
Frederic Mazzella
C'est pour ça que ça s'appelle Blablacar. Donc, c'est OK de faire du Blablacar en étant Blacar. Tu peux aussi être Blablablacar.
Matthieu Stefani
Mais si moi, je ne prends que des Blas, je vais les saouler. C'est moi qui vais saouler tout le monde, en l'occurrence.
Frederic Mazzella
Ah bah, ça, après, c'est un équilibre. Après, c'est aussi ce que tu racontes. Tu sais raconter des choses intéressantes. Donc, non, oui, il y a cet aspect-là. Il y a l'aspect praticité aussi. Voilà, c'est-à-dire qu'il faut se donner rendez-vous. Mais il y a l'aspect économie et puis il y a l'aspect Les gens qui sont conducteurs sur Blablacar, après, en tout cas, c'est ce qu'on me remonte et c'est ce que moi je ressens, c'est que quand tu as commencé, c'est très difficile ensuite de rouler à vide parce que tu as 2, 3, 4 heures pour te dire, flûte, j'aurais dû publier mon annonce. Là, je suis tout seul dans ma voiture, ça ne va pas du tout. Tu as ce côté-là. Alors, non seulement cette prise de conscience que tu as un manque, j'allais dire un manque à gagner, mais ce n'est pas tellement ça. Manque d'opportunités, non seulement pour aider des gens qui auraient pu bénéficier des places libres, mais en plus pour passer un moment à découvrir d'autres personnes et en plus pour avoir un impact positif sur l'environnement parce que tu as réduit la consommation par personne, par passager transporté. Mais voilà, c'est quelque chose que tu ressens et tu te dis en plus que ça a d'autres effets vertueux et ça, on le voit, ça déteint sur les comportements des gens aussi sur d'autres choses. Parce qu'à partir du moment où tu es rentré dans cette logique de on utilise au mieux, au maximum nos ressources pour éviter le gâchis, eh bien tu vas éviter le gâchis dans plein d'autres choses. Et on voit, ça déclenche d'autres comportements aussi de prise de conscience par rapport notamment au gâchis environnemental. Je te vois sourire, tu as quelque chose en tête. Attention, c'est comme ça que c'est quoi, c'est quoi ça?
Matthieu Stefani
Blablabla ou blablabla. Moi, je trouve ça super comme approche. Ça veut dire que quand t'es blâ, par exemple, c'est ok de te mettre derrière, de mettre tes écouteurs et de pas parler.
Frederic Mazzella
Ouais, ouais. Tu dis bonjour quand même.
Matthieu Stefani
Bah sinon, mais s'il y a deux, s'il y a deux personnes ou trois personnes, pardon. Mais je veux dire après, en effet, t'es blâ. Ouais. Non, ben non, ben évidemment. Les Clem disent t'es deux, tu te mets pas derrière, c'est pas un taxi. Non, mais je veux dire voilà. Oui, mais bon, devant avec les écouteurs, tu vois.
Frederic Mazzella
Clem, elle a l'habitude.
Matthieu Stefani
Mais tu l'as déjà fait, l'habitude, tu n'irais pas jusque-là. T'as déjà été en galère, quoi, en fait, c'est ça. Mais ouais, ouais, ouais. Non, et après, en effet, en revanche, sur le truc où c'est génial, c'est en effet le— je pense que Limoges Noir Moutier, tu dois le sortir souvent parce que j'ai l'impression qu'il est pas facile.
Frederic Mazzella
C'est pas facile.
Matthieu Stefani
Voilà, c'est ça. Et donc, dans lequel il n'y a pas, en effet, de ligne, de peu importe, voilà. Et vous avez fait des bus aussi. Oui. Et vous avez toujours les bus?
Frederic Mazzella
On a toujours les bus.
Matthieu Stefani
C'est bien ça, ça marche?
Frederic Mazzella
Ouais, ça marche bien. C'est complémentaire. C'est aussi parce que justement, pour les passagers, ils recherchent une solution de déplacement et tu peux leur proposer différentes choses. On fait aussi du train maintenant.
Matthieu Stefani
Vous avez des trains Blablacar?
Frederic Mazzella
Non, on ne possède pas de train. D'ailleurs, on ne possède pas les bus non plus. Les bus, c'est des opérateurs indépendants avec qui on est en contrat et qui On propose les places qu'ils ont disponibles dans leur véhicule.
Matthieu Stefani
Donc, il n'y a pas de bus Blablacar?
Frederic Mazzella
Si, ils sont quand même là.
Matthieu Stefani
De temps en temps, j'en ai vu, c'est pour ça.
Frederic Mazzella
C'est écrit Blablacar dessus, mais ce n'est pas des bus qui nous appartiennent. OK. C'est des opérateurs partenaires.
Matthieu Stefani
Comme un chauffeur Uber, ou alors soit un type qui a son bus, soit des gens qui ont plein de bus.
Frederic Mazzella
Alors, si tu veux, c'est un chauffeur Uber qui a 50 places.
Matthieu Stefani
Non, mais attends, moi, si ça se trouve, ça pourrait fonctionner. Le type, il achète son bus. Ça vaut, je ne sais pas combien ça vaut un bus.
Frederic Mazzella
Ça s'appelle un chauffeur de bus, effectivement.
Matthieu Stefani
Oui, non mais d'accord, mais est-ce que c'est une boîte qui a plein de bus ou est-ce que c'est...
Frederic Mazzella
Je sais pas, ça m'intéresse. Oui, c'est une boîte qui a plein de bus.
Matthieu Stefani
C'est forcément une boîte qui a plein de bus et plein de chauffeurs.
Frederic Mazzella
Oui, généralement, ils en ont pas qu'un seul. C'est pas juste quelqu'un qui, dans son garage, a un bus et se dit tiens, je vais faire ça.
Matthieu Stefani
Jean-Marie est à la mode, il a pas son bus, mais je sais pas, pourquoi pas. Aujourd'hui, je vais sortir le bus plutôt que la Clio.
Frederic Mazzella
OK. Donc ouais, c'est vrai. Et puis maintenant, on fait aussi des billets de train. Donc c'est-à-dire que sur Blablacar, tu trouves tout. Et tu peux tout comparer. C'est-à-dire, tu peux comparer les heures de départ, les prix. Ouais, mais là, avec du covoiturage, du bus et du train, tu compares tout. Et la vision, c'est que non seulement, évidemment...
Matthieu Stefani
Parce que sur Trainline ou sur Voyages SNCF, je ne peux pas avoir du Blablacar.
Frederic Mazzella
Alors si, sur certains sites de comparateurs, tu peux l'avoir. Mais par contre, après, pour venir réserver ton covoiturage, tu dois venir sur Blablacar parce qu'il y a un côté coordonnées personnelles et du conducteur et du passager qui doit se passer sur la plateforme. On ne peut pas juste déporter les bookings sur des sur des personnes particulières avec un 06, avec tout ce qui va avec et l'organisation personnelle des gens. Donc ça se passe avec l'app Blablacar et pour être au plus proche justement de la personne qui offre le trajet.
Matthieu Stefani
Et donc tu pourrais presque rajouter du Uber dedans ou autre chose, c'est-à-dire me prendre en charge chez moi et m'emmener à destination, tous moyens de transport confondus?
Frederic Mazzella
Oui, tout est possible. Il suffit d'être créatif. Après, comme on l'a évoqué, ce qui est difficile, c'est l'exécution. Donc évidemment, mixer tout ça dans une seule app, c'est complexe. Déjà, mettre du covoiturage, du bus et du train dans la même app, c'est compliqué. Et en plus, on fait du covoiturage domicile-travail avec une app séparée d'ailleurs, parce que c'est un usage un peu différent qui s'appelle Blablacar Daily.
Matthieu Stefani
Donc là-dessus, du Blablacar Daily, évidemment, la première application, enfin, la première réflexion que je me fais, c'est bon, bah, tu le fais une fois, deux fois, puis après, tu as ton T'as ton Jean-Marie qui vient te chercher tous les jours.
Frederic Mazzella
Alors, pour deux raisons, les gens continuent à utiliser l'appli. La première, c'est que tu vas pas toujours le matin ou le soir avec la même personne parce que t'as pas toujours exactement les mêmes horaires. Donc, tu peux monter dans une voiture de Jean-Marie le matin et la voiture de Jean-Noël le soir. Et donc, tu vas avoir besoin de retrouver des trajets, de rematcher. Donc là, c'est une question de statistiques. Quand t'es sur un trajet où il y a plein de gens, du coup, c'est aucun problème pour changer de voiture et partir une heure plus tard ou une heure plus tôt. Il y a ce côté-là et puis il y a aussi le côté généralement où c'est des initiatives qui sont encouragées par les autorités locales, ce qui fait que tu peux avoir des réductions sur ton trajet. Pour faire court, le conducteur va toucher 5€, mais le passager va payer 2 ou 3€ et le reste est compensé, si tu veux, par les autorités de transport locales qui veulent voir le covoiturage se développer parce que ça a plein d'effets positifs, ça diminue la circulation en local. Évidemment, ça enlève une pollution parce que du coup, tu diminues le nombre de voitures et ça fait gagner du temps à tout le monde.
Matthieu Stefani
Avant de passer sur DiFT, est-ce que tu aurais quelques stats rigolotes, croustillantes? Combien d'hommes qui conduisent? Quel est le conducteur qui est le plus...
Frederic Mazzella
Je peux te dire qu'il y en a une que j'ai adorée quand on l'a découverte, c'est qu'on a demandé aux gens ce qui se passait dans les covoiturages, enfin, tu vois, techniquement, de quel sujet ils parlent, tout ça. Et on s'est rendu compte qu'on a 21% des gens qui disent qu'ils ont dit quelque chose en covoiturage qu'ils n'ont jamais dit à personne d'autre. Parce qu'il y a un effet, si tu veux, presque comme chez le psy. Tu sais, quand tu es en voiture, tu avances comme ça, tu regardes devant, T'as pas de contact oculaire avec personne, comme chez le psy. Et les gens disent des choses parce qu'ils se disent, bon, c'est des gens que je reverrai pas après. Moi, ça me fait du bien d'en parler. Et donc voilà, donc je pense que Blablacar est le plus grand psy de France et du monde.
Matthieu Stefani
Parce que justement... Moi, j'ai envie de savoir ce qu'ils t'ont dit. Parce que ça peut être très, très, très robot ou ça peut être, j'ai empoisonné mon chien, tu vois. Mais j'ai empoisonné mon chien.
Frederic Mazzella
Justement, comme c'est pas sorti des voitures, je peux pas te dire, je n'en sais rien, je ne sais pas. Donc ça, c'est assez marrant comme stat, je trouve.
Matthieu Stefani
Et d'autres trucs? Je sais pas, celui, le chauffeur qui a fait le plus de courses, enfin, tu as des choses comme ça?
Frederic Mazzella
Là, c'est des milliers et des milliers et des milliers. Il y en a, je pense qu'il y en a qui doivent être à plus de 10 000 courses. Ouais, c'est possible. Enfin, on appelle pas ça des courses, mais on appelle ça des trajets. Il y a des gens qui... Alors, après, je peux te parler des trucs les plus touchants aussi. Moi, j'ai vu des... Des gens, notamment des pères, me tomber dans les bras quand ils me rencontraient et me serrer dans les bras et me dire merci, c'est grâce à toi que je peux voir mes enfants le week-end. Ça, je peux te dire, c'est fort. C'est vraiment, tu te dis, ah bah oui, on a créé quelque chose qui permet aux gens de passer outre une forme de barrière d'immobilisme contraint parce que tu vois, quand t'es Quand t'es divorcé, quand t'as tes enfants qui sont à l'autre bout du pays et que t'as envie de les voir, financièrement, tu peux être contraint et tu peux ne pas les voir pour cette raison-là. C'est extrêmement frustrant. Et donc là, grâce au covoiturage, le fait que les gens puissent faire leur trajet et qu'ils puissent aussi avoir un véhicule sur place pour pouvoir aller faire 2-3 trucs avec tes enfants quand tu vas les voir aussi, c'est important. Voilà, c'est des choses comme ça où tu te dis, tiens, on a été utile quand même.
Matthieu Stefani
Et c'est beaucoup moins cher que tout le reste.
Frederic Mazzella
Ouais, c'est-à-dire que tu divises les coûts de la voiture. Donc en fait, oui, tu vas trouver, je sais pas, si je dois prendre des exemples de grandes villes, mais tu vas trouver des Paris-Rennes à 25 euros, des Paris-Vendée à 25 euros. Voilà, tu peux aller jusqu'à la plage pour 25 euros.
Matthieu Stefani
Donc plus ta voiture coûte cher, plus c'est cher?
Frederic Mazzella
Alors, ça, il y a une liberté des conducteurs sur les prix qu'ils proposent.
Matthieu Stefani
Par exemple, si c'est 96% de ma voiture qui sont utilisés, je peux pas les facturer aussi avec mon parking et tout ça? Non, ça va peut-être m'inciter à venir.
Frederic Mazzella
En fait, non, tu fais un prix global. Tu dis voilà, le trajet, ce sera dans ma voiture, ce sera 22 € par personne, ce sera 35 € par personne. Tu fais ton prix.
Matthieu Stefani
J'avais adoré la campagne que vous avez faite où des gens arrivaient dans des voitures voiture complètement incroyable, tu sais, je sais plus ce que c'était comme voiture, mais c'était vraiment fou. Et dernier point, vu que vous avez développé plein d'autres pays, qu'est-ce que tu as à me partager là-dessus d'apprentissage, de comment on développe bien un pays?
Frederic Mazzella
Alors, très, très vaste question. D'ailleurs, j'ai écrit tout ça dans un bouquin qui s'appelle Mission Voler la Carre, mais je vais reprendre toujours le même. Je ne botte pas du tout sur le produit.
Matthieu Stefani
On mettra évidemment la référence dedans, mais si tu as à la limite le teaser pour nous dire les quelques recettes.
Frederic Mazzella
Oui, déjà, il y a plusieurs méthodes. Nous, ce qu'on a utilisé, tu as la méthode soit d'aller créer tout sur place toi-même.
Matthieu Stefani
Toi-même, c'est-à-dire toi, Frédéric?
Frederic Mazzella
Non, je veux dire toi en tant que boîte. Mais c'est-à-dire créer from scratch, créer de zéro l'activité sur place. Ça, c'est très dur parce qu'il faut recruter quelqu'un quand même en local. Ou quelqu'un qui connaisse extrêmement bien, évidemment, le pays et qui ait l'esprit entrepreneurial pour aller créer quelque chose qui n'existe pas dans son pays et qui soit donc relié à ton activité à toi. Soit tu fais quelque chose, tu fais une spin-off, c'est-à-dire que tu prends des gens de chez toi qui sont, par exemple, c'est ce qu'on a fait quand on a lancé l'Allemagne, par exemple. On avait 5 Allemands dans notre équipe qui ont, à eux 5, lancé le marché l'activité en Allemagne parce qu'ils connaissaient tout sur Blablacar. Ils connaissaient évidemment la culture, les méthodes.
Matthieu Stefani
Ils ouvrent quand même là-bas.
Frederic Mazzella
Ouais, ils ouvrent un bureau, mais ils peuvent aussi commuter. Alors, c'est d'autant plus simple quand évidemment, c'est l'Allemagne, c'est pas loin. Et puis après, tu as la solution acquihire, c'est-à-dire tu vas faire une acquisition recrutement, tu scouts, tu Tu cherches, tu parcours, tu trouves des équipes un petit peu partout sur la planète, surtout dans le pays qui t'intéresse. Tu regardes s'il y a des gens, des entrepreneurs qui ont commencé à développer la même chose que ce que tu fais, que Blablacar. Et là, tu vas les voir, tu discutes et tu leur dis, bon, on a la possibilité de démultiplier votre rapidité d'expansion parce qu'on a un produit qui marche déjà, on a le service client qui va avec. On a des méthodes, on a une marque, on a des sous aussi pour s'étendre plus rapidement.
Matthieu Stefani
L'acquis hire, c'est acquisition recrutement, c'est une compression.
Frederic Mazzella
Et donc ça, c'est les 3 méthodes que tu peux utiliser vraiment pour t'étendre à l'international. On a tout utilisé. On est aujourd'hui dans plus d'une vingtaine de pays.
Matthieu Stefani
Ta préférée?
Frederic Mazzella
Ah, l'acquis hire, c'est très sympa. C'est très sympa parce que tu rencontres des équipes des entrepreneurs motivés et tu viens leur donner un coup de main et tu leur fais rejoindre le vaisseau amiral, si tu veux. J'ai vu des entrepreneurs comme ça avec qui on était allés discuter dans leur pays. Quand ils arrivent chez Blablacar à Paris, ils se disent, ah, c'est the mothership, quoi. Tu vois, tu te dis, il y a des gens qui croient au covoiturage comme moi et qui ont construit un truc de dingue. Ils sont pleins, ils sont tous là, ils croient au covoiturage comme moi et Alors qu'eux, ils sont dans leur pays, ils sont 2, 3, 4, 5, tu vois, avec une petite équipe à monter leur truc. Et là, ils se disent, ah, c'est bon, enfin, j'ai rejoint la flotte globale.
Matthieu Stefani
Et comment on les convainc? Est-ce que tu leur donnes des bouts de Blablacar quand même?
Frederic Mazzella
Oui, c'est ça. Oui, tu partages le capital.
Matthieu Stefani
Tu leur donnes un peu de cash aussi?
Frederic Mazzella
Ouais, alors ça dépend des volontés des entrepreneurs. Il y a un peu un bout des deux. Tout l'enjeu, c'est de, évidemment, garder les entrepreneurs le plus motivés possible pour étendre l'activité en local. Donc, ça peut se faire sur quelques années, mais en tout cas, tu fais jamais un rachat en cash total parce que sinon, du coup, il n'y a plus d'équipe, en fait, sur place. Donc non, tu leur dis, vous allez participer à la croissance, justement, du concept au global. Donc, on est tous alignés. Avec le... Ouais, enfin, tout le monde a des parts, ouais.
Matthieu Stefani
Ton plus beau lancement de pays?
Frederic Mazzella
Je sais pas, ils sont tous beaux.
Matthieu Stefani
Ouais. Plus efficace, je sais pas.
Frederic Mazzella
Non, je sais pas, c'est très différent, tu vois. Aujourd'hui, on est du Brésil à l'Inde, donc c'est magique.
Matthieu Stefani
C'est deux très gros pays, je pense.
Frederic Mazzella
Aujourd'hui, c'est deux très, très gros pays. Deux très, très gros pays. En nombre de passagers, c'est le Brésil qui est devant. En nombre de passagers covoitureurs, c'est l'Inde. Et en troisième, tu as la France. Donc c'est les deux plus gros pays. Il faut dire que c'est des grands pays aussi. En Inde, là maintenant, en Inde, c'est 20 millions de passagers par an, plus de 2 millions par mois maintenant sur le train, avec une croissance de quasiment 50% d'année en année.
Matthieu Stefani
Et ça fait combien de chiffre d'affaires au total?
Frederic Mazzella
Alors c'est un peu plus de 300 millions.
Matthieu Stefani
Ok, ça c'est le volume ou c'est le chiffre? C'est le chiffre d'affaires. Donc le volume d'affaires, c'est le nombre de transactions qui sont faites sur la plateforme et le chiffre d'affaires, c'est C'est ce que vous, Blablacar? Oui. OK. Et c'est rentable?
Frederic Mazzella
Alors oui, c'est à l'équilibre. OK. C'est rentable après, comme il y a plein de géographies différentes et il y a plein d'activités différentes, tu vois, entre le...
Matthieu Stefani
Donc c'est très rentable en France, qui est un peu l'héritage, j'imagine, enfin là où ça a été le plus mature?
Frederic Mazzella
Oui, disons que voilà, c'est plus mature en France et c'est sur du covoiturage aussi en grande partie. Après, il y a d'autres pays, tu vois, je parlais du Brésil, c'est moitié bus, moitié covoiturage. Enfin donc, Il y a beaucoup de, justement, cette hybridation qu'on a faite sur la plateforme pour pouvoir proposer différents moyens de transport qui fait que ça crée des équilibres économiques différents suivant les pays. Donc c'est ça un peu la complexité. Mais grosso modo, oui, tu as toutes ces activités-là et tous ces pays-là et l'ensemble, le groupe est juste rentable. Donc on est bien là.
Matthieu Stefani
Ouais, parce que j'ai vu qu'en fait, en travaillant tout ça, il y a eu quand même beaucoup de levées au fur et à mesure, des grosses levées. Et à un moment, c'est quoi l'objectif aujourd'hui? C'est de rentabiliser? C'est quand même de développer encore de nouveaux pays?
Frederic Mazzella
Alors oui, on réfléchit à effectivement aller un petit peu plus loin que les pays où on est. On est déjà dans plus de 20 pays, mais on réfléchit à d'autres zones géographiques dans lesquelles on s'étend, sachant que ça prend beaucoup de temps. Typiquement, si on prend le cas de l'Inde, on l'a lancé en 2015, l'Inde. Sauf qu'on l'avait lancé avec une équipe sur place qui a eu jusqu'à 10 personnes à Delhi. Et en fait, on ne voyait pas la croissance arriver. Il faut voir que c'est une période, tu vois, entre 2012 et 2015, on a ouvert une vingtaine de pays. C'est beaucoup, c'est quand même un marathon. Et tous n'ont pas bien répondu à la croissance espérée. Et donc, on avait notamment justement le Mexique, la Turquie et l'Inde. Qui avaient des équipes sur place, mais qui n'avaient pas de la croissance très forte. Donc, c'est des bureaux qu'on a fermés en gardant le service live quand même et en le maintenant à distance. Mais on n'a plus d'équipe sur place pour le pousser. Et tu vois, 10 ans plus tard, l'Inde devient notre premier marché. Bon, il faut dire qu'il y a 1 milliard 400 millions de personnes, donc il y a quand même de la place. Mais il y a aussi le fait que les voitures, tu vois, en 10 ans, le parc de voitures a doublé. On est passé de 150 millions à 300 millions.
Matthieu Stefani
Mais là, vous avez du monde maintenant ou toujours pas là-bas?
Frederic Mazzella
Là-bas, on a des Indiens qui travaillent avec nous, mais on n'a pas techniquement un bureau. Mais bon, par contre, ce que ça veut dire, c'est qu'il faut un certain temps. Toute la croissance en Inde s'est faite sans un euro de marketing. Ça s'est fait que par du bouche-à-oreille.
Matthieu Stefani
Et tu pourrais pas jeter des graines comme ça, ouvrir un bureau à je sais pas où et puis dire bon, attends, on va voir ce qu'on peut faire.
Frederic Mazzella
C'est justement la la dynamique dans laquelle on est actuellement. Là, sur 2026+, là, on est en train de réfléchir à aller planter des graines ailleurs, en sachant que oui, parfois, ça prend des années, parfois, ça prend 10 ans.
Matthieu Stefani
Tu vas en envoyer 40 plutôt que 20, mais en faisant beaucoup moins d'efforts quasiment.
Frederic Mazzella
Oui, mais voilà. Et donc, c'est le temps quelque part et le bouche-à-oreille autour du service dans le pays qui va faire son travail plutôt qu'une force plus actionnée et coûteuse d'aller faire connaître le service par tous les moyens.
Matthieu Stefani
Tu as combien de Blablacar, toi, aujourd'hui, de pourcentage?
Frederic Mazzella
C'est pas public.
Matthieu Stefani
J'ai 10%.
Frederic Mazzella
J'ai 10%. Je croyais que tu avais dit 10%.
Matthieu Stefani
Tu as plus?
Frederic Mazzella
J'ai 10%.
Matthieu Stefani
Tu as dit 10 ou pas?
Frederic Mazzella
J'ai 10%.
Matthieu Stefani
Il a dit 10, je crois. Tu as plus ou moins? Écoute, et la question de, juste dernière question, quel est l'impact de l'IA sur Blablacar? Aucun? Zéro?
Frederic Mazzella
Sur les développements?
Matthieu Stefani
Oui.
Frederic Mazzella
Que tu vois, tous les développeurs, toute l'équipe tech utilise l'IA tous les jours. Après, l'IA, ça a des effets additionnels sur notre capacité à faire du bon matching, tu vois, avec notamment nos algorithmes, ce qu'on appelle Boost, qui permet de deviner quelque part quels vont être les bons matchs pour les conducteurs et les passagers en fonction de ce qui a pu se passer par le passé. Tu vas aussi avoir tout ce qui est détection de fraude aussi, l'IA aide énormément. Donc il y a plusieurs domaines dans lesquels, ou la modération aussi des échanges de contenu, voilà, un peu au service client aussi évidemment. Donc ça touche un petit peu tous les domaines, comme toutes les entreprises, enfin l'IA elle rentre partout. Elle rentre aussi par les équipes, c'est-à-dire que comme tout le monde utilise l'IA, comme tout le monde est formé dans chaque équipe avec un référent IA justement en plus et que chacun a les outils IA mis à disposition dans le métier de chacun, chacun voit comment l'IA peut venir apporter de l'optimisation Sur le dev, l'IA vous aide ou l'IA code toute seule? C'est un peu des deux, non? Enfin, c'est un peu des deux.
Matthieu Stefani
C'est tout votre quality control qui est revu par l'IA ou est-ce qu'il y a quand même déjà des agents? Tu vois, j'avais Ivan Zhao, le fondateur de Notion, qui me disait qu'aujourd'hui, il y a une bonne partie de Notion qui est codée par de l'IA, genre dans la nuit, tu vois. Ils partent, ils vont se coucher, son associé va se coucher le lendemain.
Frederic Mazzella
Non, on n'est pas— non, nous, il y encore a beaucoup d'humains quand même. Mais l'IA aide énormément. L'IA produit du code, si tu veux, mais qui est quand même relu et checké par les humains. Donc voilà, après, ça s'installe petit à petit.
Matthieu Stefani
Allez, on passe sur DiFT. Juste, c'est une toute dernière question qui est peut-être pas la plus... Mais quand tu gères autant de trajets, autant de choses, toi qui aimes les gens, il y a quand même un peu de dirt là-dedans, de merde. Il s'est passé des trucs, j'imagine, des accidents. Des actes mal intentionnés, peut-être très mauvais, très machin, etc. Comment tu le gères? Comment tu le vis? Comment tu le préviens?
Frederic Mazzella
Alors, tu le gères évidemment immédiatement avec sérieux et comme tu peux. Tu le préviens justement en mettant des systèmes de de création de confiance maximale avec la possibilité évidemment de laisser des avis, de connaître les identités des gens, de connaître les permis de conduire des gens, d'avoir les numéros de téléphone, d'avoir un tracking des trajets. Donc évidemment, en envoyant clairement les messages, voilà, la conduite est notée aussi également. Donc les conducteurs sont, il y a différentes notes, il y a Il y a une appréciation qui est au niveau de juste comment s'est passé le trajet. Et il y a explicitement une notation du type de conduite. Tu mets 1, 2, 3 en fonction de comment s'est passée ton expérience. Sachant que 3, c'était super smooth, c'était super. 2, il y a eu 2-3 fois où je me suis posé des questions. Et 1, j'ai eu la perte d'avis. Et là, évidemment, ça, ça déclenche immédiatement des Des sanctions qui sont juste des inscriptions. Donc ça, c'est effectivement très important. Donc tu mets en place les outils pour scaler la capacité à se faire confiance.
Matthieu Stefani
Échelé, s'il te plaît.
Frederic Mazzella
C'est vrai, qu'est-ce que j'ai dit? J'ai encore dit scaler, tu vois, même moi j'y arrive pas. Un clem t'a adopté, échelé, de suite. Oui, bien sûr, on est bon. Mais je te dis, on fait bien parce que sinon, c'est les Québécois qui vont nous l'envoyer le mois prochain.
Matthieu Stefani
C'est bien, alors que là, on l'aura eu. On a eu de l'avance. Un instant Mazella qui joue.
Frederic Mazzella
Je rappelle qu'ils marquent arrêt sur les panneaux stop quand même au Québec, alors que nous on marque stop.
Matthieu Stefani
OK.
Frederic Mazzella
Donc oui, voilà, c'est tout un ensemble de choses. Tu évites la fraude, tu évites au maximum les accidents. Voilà, tu fais. Après, c'est sûr que sur le volume, ne serait-ce que les accidents, c'est... Alors, il y a moins d'accidents dans le réseau de covoiturage que dans le réseau normal parce qu'en fait, on a des... Tout un tas d'indicateurs qui montrent que les gens sont plus attentifs quand ils sont en covoiturage que quand ils sont tout seuls. Ils ripotent moins de dricks, en fait. Ils conduisent mieux parce qu'ils savent justement qu'ils sont notés au bout. Et ça, ça a un effet sur toute la conduite.
Matthieu Stefani
Donc quand t'as 2 millions de trajets par jour, t'as forcément un accident par jour, enfin, ou 10 ou 100, non?
Frederic Mazzella
Non, c'est pas tant que ça. C'est pas tant que ça. Ben non.
Matthieu Stefani
OK, intéressant. Après, en effet, quand t'as un certain nombre de... Forcément, j'imagine, mais encore une fois, la stat est moins importante, tu viens de le dire, mais un accident mortel une fois de temps en temps sur tous ces volumes-là.
Frederic Mazzella
Ouais, ça arrive. On parle d'une communauté de 100 millions de personnes au niveau mondial, donc c'est quand même...
Matthieu Stefani
C'est pas forcément de leur faute.
Frederic Mazzella
Après, c'est toute une histoire aussi de code de la route qui s'applique, c'est-à-dire qu'au niveau responsabilité, tout est déjà codifié parce que j'ai envie de dire depuis qu'il y a des voitures, il y a eu des accidents. Donc tous les systèmes assuranciels sont en place. Et tout est déjà codifié avec quand tu montes dans une voiture, c'est le code de la route qui s'applique.
Matthieu Stefani
Une des menaces que vous avez, c'est la voiture autonome quelque part quand même.
Frederic Mazzella
Alors c'est un changement, ce serait un changement, ce sera un changement. La question, c'est que nous aujourd'hui, notre métier, c'est de mettre en relation des gens qui font les mêmes trajets au même moment. Aujourd'hui, on met en relation un conducteur et des passagers. Demain, s'il faut mettre en relation que des passagers avec une voiture autonome, quelque part, le métier de matching entre des gens ils gardent une composante commune. Ce qui va se poser comme question, c'est qui possède la voiture? C'est-à-dire, si c'est une voiture autonome, elle appartient à une flotte. Est-ce que ça veut dire qu'à un moment, il faudrait, il faudra que Blablacar achète des milliers ou des dizaines de voitures, de milliers de voitures autonomes pour les mettre dans le réseau et à ce moment-là matcher ensuite des passagers qui veulent faire le même trajet au même moment?
Matthieu Stefani
Ce serait intéressant, ça.
Frederic Mazzella
C'est très intéressant. Bon, on n'y est pas encore, mais...
Matthieu Stefani
Une voiture qui ne serait pas au parking 96% du temps.
Frederic Mazzella
Non. Donc avec une meilleure utilisation, est-ce que c'est ça un modèle? Est-ce que c'est, enfin voilà, après se pose la question. Alors nous, on est organisateur des mises en relation. On n'est pas, on ne possède pas, on n'est pas propriétaire des véhicules. On l'a vu, ni des voitures, ni des bus et encore moins des trains.
Matthieu Stefani
Tu veux te faire racheter par Tesla en fait?
Frederic Mazzella
Je n'en sais rien. Je ne sais pas ce qui va se passer.
Matthieu Stefani
Combien de temps tu passes par semaine sur Ballo Blacar?
Frederic Mazzella
Oh, c'est pas tant que ça. Moi, c'est quelques heures par semaine.
Matthieu Stefani
Tu vas au bureau quand même un peu?
Frederic Mazzella
Non, j'y vais une fois par mois.
Matthieu Stefani
OK. Aujourd'hui, tu t'occupes de Disque?
Frederic Mazzella
Pour le board. Aujourd'hui, je m'occupe de Disque.
Matthieu Stefani
OK. Quel est ton job full-time?
Frederic Mazzella
Ouais, après, j'ai plusieurs jobs full-time, c'est ça le problème.
Matthieu Stefani
Tu fais encore de la musique?
Frederic Mazzella
Ouais, je fais encore un peu de musique. Je considère pas ça comme un job.
Matthieu Stefani
Ça prend du temps.
Frederic Mazzella
Ça pourrait. Ouais, mais je refais de la musique d'ailleurs parce que pendant des années, moi, j'étais vraiment beaucoup trop sous l'eau pour imaginer faire de la musique. Et là, récemment, je me suis racheté un piano et c'est un énorme plaisir.
Matthieu Stefani
Quelle marque? On achète quoi comme piano quand on est Fred Mazzella et qu'on veut ça?
Frederic Mazzella
Non, mais j'ai acheté un piano, tu sais, qui est à la fois avec un super toucher parce que j'ai quand même cette exigence-là. Et qui, en même temps, peut permettre de ne pas embêter les voisins si tu fais trop de bruit.
Matthieu Stefani
Tu t'es pas acheté un immense piano à queue, là?
Frederic Mazzella
Si, justement. Il n'est pas immense, c'est un petit piano à queue.
Matthieu Stefani
Un demi, c'est ça qu'on dit?
Frederic Mazzella
Un quart, même.
Matthieu Stefani
Un quart?
Frederic Mazzella
Ouais, c'est un quart de queue. Mais non, c'est un quart de queue, mais par contre, c'est un vrai piano, mais qui est débrayable. Donc, tu as un vrai toucher, mais tu as aussi tout le côté possibilité de faire moins de bruit et où, en plus, même de faire rentrer tout ça dans l'ordinateur, Si tu veux. Donc tu me demandais la marque, donc je vais le dire, ça fait de la pub. C'est un Yamaha, c'est un Yamaha C1. Donc un C1, c'est un tout petit, c'est le plus petit de la gamme Yamaha.
Matthieu Stefani
Marque incroyable. Yamaha, ça mériterait un épisode de fleurons, tu vois. Yamaha, mais tellement incroyable. Et puis ils l'ont pas fait. Les mecs, ils font quand même des motos et des pianos.
Frederic Mazzella
Et puis du coup, ils ont le savoir-faire pour faire à la fois des amplis, des pianos et toute l'électronique embarquée sur le piano. Parce que là, maintenant, c'est complètement fou ce qu'il y a sur les pianos. C'est un piano qui se débraye. Donc en fait, quand tu joues dessus, tu ça ne tape plus les cordes. Mais il y a un système qui s'appelle Transacoustique qu'ils ont développé. Je suis en train de faire de la pub pour Yamaha là. Et donc c'est Transacoustique 2 là sur mon piano. Et donc ça permet non seulement de synthétiser les sons, mais surtout de les envoyer sur la table du piano et d'occasionner la vibration des cordes. Ce qui fait que même quand tu es à côté du piano, si je branche le côté électronique et que je joue en électronique, c'est-à-dire sans taper les cordes, c'est très difficile pour les gens de savoir si je suis en train de jouer sur les cordes ou si je suis en train de jouer en numérique. Et l'avantage, c'est qu'une fois que tu es passé en numérique, tu peux baisser le son.
Matthieu Stefani
Il y a un retour de force.
Frederic Mazzella
Il y a des retours de force. Mais alors justement, si on parle de ça, pendant des années, les constructeurs de pianos se sont se sont arraché les cheveux à essayer de remodéliser le toucher piano qui est lié, tu sais, avec le système de marteaux. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi les pianos à queue et les pianos droits n'ont pas les mêmes touchers parce que les marteaux ne sont pas dans la même position tout simplement. Sur un piano à queue, les marteaux sont à l'horizontale et sur les pianos droits, les marteaux sont à la verticale. Donc en fait, déjà, la physique n'est pas la même. C'est une histoire de cosinus et de sinus pour ceux qui veulent rentrer dedans, mais en gros, la force appliquée sur une bague baguette à l'horizontale, quand tu dois la lever, c'est pas du tout la même que sur cette même baguette qui est quasi à l'horizontale.
Matthieu Stefani
En fait, tu dois beaucoup moins forcer parce que si tu regardes, enfin, si tu m'embarques là-dedans, on va pas parler de diffs, je te le dis tout de suite. Ah ouais, parce que tu vois, normalement il te reste 20-25 minutes.
Frederic Mazzella
Bon bref, et donc ils ont essayé à faire du, faire du, ils ont essayé avec de la mousse, avec des ressorts, avec du caoutchouc, avec tout ça pendant des années à essayer de reproduire des touchers de clavier des touchers de piano, jusqu'à ce qu'évidemment tout le monde se rende compte que ça ne marchait pas pour reproduire un mouvement physique à base de marteau. Donc maintenant, ils mettent des marteaux dedans. Ils ont remis de la technologie. On est revenu au marteau. Et là, maintenant, sur les nouveaux claviers, tu as des touchers qui commencent à ressembler pas mal, vraiment, à des vrais touchers de piano, puisque tu as effectivement des marteaux dedans. Alors, passons à DIFT. Tu vois, c'est des sujets passion, passion, passion.
Matthieu Stefani
Je sais, je sais, je sais. Tu fais encore de la physique? Non. Et Drift, alors moi, pour moi, Drift était vraiment... Alors déjà, ça a eu un autre nom aussi. Tu aimes bien changer tes marques, toi, une fois de temps en temps.
Frederic Mazzella
Disons que quand tu trouves un meilleur nom, tu changes. Tu vois, covoiturage.fr, on ne pouvait pas écheler à l'international avec ça parce que covoiturage, ça ne marchait pas. Covoiturage.fr non plus.
Matthieu Stefani
En revanche, Drift, je me suis dit, Gift, donc gift, mais don, c'est une compression de don et de gift. Et le don en anglais, c'est donation.
Frederic Mazzella
Donation as a gift. Ok, alors moi je sais même, c'est même très, c'est ouais, c'est très très international.
Matthieu Stefani
Ça, c'est vraiment la base telle que je l'ai compris, c'est qu'en gros, alors ça se fait aussi entre particuliers, mais je suis une entreprise, on arrive à l'approche de Noël, je vais faire un cadeau à mes clients. Plutôt que de leur offrir un produit à la con qu'ils vont pas utiliser, exactement, avec potentiellement le nom de l'entreprise en plus dessus.
Frederic Mazzella
Et potentiellement le cadeau à la con va me revenir, voilà, ce qui va pas être livré.
Matthieu Stefani
Et en plus, eh bien, je vais leur offrir un gift, et donc je vais leur donner 50 €, 100 €, 500 €, je serai généreux, qui pourront peut-être même pas refuser, même si c'est trop. Alors je sais pas si tu as eu ce cas de figure, s'il y a plus d'entreprises où on refuse, mais là c'est pour le donner à quelqu'un Oui, voilà.
Frederic Mazzella
De toute manière, ça ne rentre pas dans les considérations, justement, tu sais, de cadeaux type loi Sapin 2 et compagnie. Donc là, en fait, puisque c'est de l'argent qui va aux associations, en fait, tu reçois la possibilité d'être généreux, d'aller soutenir un projet qui te tient à cœur. Donc ça, ça se refuse absolument pas. Tu vas recevoir 50€ ou 100€ pour aller retirer du plastique des océans, sauver une espèce en voie de disparition, aider les plus démunis dans leur quotidien. Quotidien ou dans leur réinsertion, ramener du bonheur dans les hôpitaux pour enfants. Enfin bon, tu choisis ta cause et le nombre de volets de causes sur lesquels on peut agir, il est évidemment gigantesque. Et ça permet évidemment d'envoyer de l'oxygène, de l'énergie, de l'argent à toutes ces équipes qui font un travail formidable sur le terrain pour essayer d'améliorer le monde et les effets du monde dans lequel on vit.
Matthieu Stefani
Moi, je trouve ça super. Puis alors, on voit quand même aussi un mouvement de fond, comme tu l'as ressenti avant tout le monde sur le covoiturage, mais c'est que de plus en plus, je vois des anniversaires ou des 40 ans, 50 ans où des gens disent moi, je veux pas de cadeau, je veux, enfin, comme cadeau, j'aimerais que vous donniez à telle association ou telle chose. Donc, en effet, là, t'as un peu facilité ça.
Frederic Mazzella
Exactement. Tu peux te créer ta cagnotte solidaire pour l'association de ton choix et tu dis à ton entourage voilà, pour mon anniversaire, donnez sur cette cagnotte, ça va directement à l'association. Donc ça, c'est aussi possible. Donc on a ces deux activités-là, des activités pour les entreprises et des activités pour les particuliers, avec toujours une seule visée qui est d'envoyer le maximum de moyens dans les associations.
Matthieu Stefani
OK. Tu peux faire aussi, j'imagine, un truc sur, je sais pas, il y en a beaucoup, c'est plus anglo-saxon, mais sur les courses à pied, les marathons, les trucs, tu en as quelques-uns?
Frederic Mazzella
Alors cette année, on se lance lance, c'est justement on va faire les 10 km de l'UNICEF, le 10 mai. On va justement permettre de collecter à cette occasion-là, de cette course-là. C'est pas la seule course, on va faire des dizaines de courses cette année, mais justement dans cet esprit de pouvoir lever de l'argent au moment où on court, faire des courses solidaires, faire que chacun puisse aller collecter pour la cause qui lui tient à cœur.
Matthieu Stefani
Et ça, donc, quelle est la genèse de ce projet? Et qu'elle est aujourd'hui, il y a toujours un... Finalement, quand tu vois ces business-là, tu te dis, attends, mais qu'est-ce qu'ils ont à gagner? Qu'est-ce qu'il a gagné, Mazzella, tu vois, à faire tout ça? C'est toujours la question qui se pose.
Frederic Mazzella
Ah ouais, alors bon, faut repartir de... D'ailleurs, c'est une question que tu m'as pas exactement posée, mais je vais y répondre quand même.
Matthieu Stefani
Elle est probablement très bonne.
Frederic Mazzella
Non, mais c'est qu'est-ce qui te motive?
Matthieu Stefani
Oui, oui.
Frederic Mazzella
Pourquoi tu fais tout ce que tu fais? Tu vois, c'est quand même la question.
Matthieu Stefani
C'est bien si tu sais y répondre, c'est bien déjà.
Frederic Mazzella
Bah moi, je t'ai dit, j'aime les gens. Ah bon?
Matthieu Stefani
Tu me l'as dit?
Frederic Mazzella
Ouais, je te l'ai dit.
Matthieu Stefani
Sauf... Non, non, mais non, j'arrête, c'est pas vrai en plus.
Frederic Mazzella
Et donc non, avec ça, il y a la notion de l'envie d'être utile. Moi, ce qui me fait lever le matin, c'est de me dire bon, je vais faire quelque chose qui peut être utile autour de moi et qui va être utile aux gens qui m'entourent, à la société qui m'entoure. Donc c'est ça ma motivation. Et donc, je cherche des projets qui ont cette ambition-là, cette mission, cette vocation, tu l'appelles comme tu veux, mais pour lesquels, quand je travaille, j'ai un sentiment d'être utile. Et TIFT m'apporte exactement ça. Je me dis, à chaque fois que je passe des heures sur le projet, je fais avancer un petit peu pour aider le monde qui m'entoure. Donc, c'est ça la motivation première. Après, je suis pragmatique et donc, il faut que le projet soit équilibré financièrement. Ça, c'est autre chose. C'est pas une recherche de profit, c'est une recherche d'équilibre financier pour pouvoir justement écheler. Parce que tu peux pas grandir. Je te vois sourire, t'es en train de taper un truc. Tu prépares ta prochaine question, j'ai peur.
Matthieu Stefani
Non, non, j'ai juste oublié qu'on enregistrait ça pour nos amis aussi, l'événement du podcaston. Et donc, on arrive dans ce truc de DiFT et donc, je me le notais.
Frederic Mazzella
Tout à fait. On en parlait du podcastant aussi. Mais en fait, l'idée, elle est de créer, d'utiliser ce que je sais faire, des plateformes tech, pour aller encore être utile. Et là, ce qu'on crée avec DiFT, c'est une plateforme tri-face. C'est compliqué, tu vois. Blablacar, c'est une plateforme bi-face. Tu as des conducteurs, des passagers. DiFT, c'est une plateforme tri-face parce que tu as des entreprises, des particuliers et des associations. Donc c'est assez complexe, c'est aussi pour ça que ce genre de plateforme n'existait pas jusqu'à maintenant parce que ça demande d'utiliser quand même toute la connaissance de la création de ce type de plateforme qu'on a aujourd'hui, qu'on n'avait pas forcément avant. Et ça a pour but de véritablement, enfin tu vois, dans le domaine social ou environnemental, apporter des solutions, aider tous ces projets-là et toutes ces équipes formidables-là parce qu'il y a quand même heureusement plein de gens justement qui sont motivés dans le monde dans lequel on vit, pas par gagner de l'argent. D'ailleurs, quand on parle d'entrepreneuriat aujourd'hui, je trouve qu'il y a eu une sorte de déviance entrepreneuriat vers enrichissement. Enfin, moi, c'est pas pour ça que je fais de l'entrepreneuriat. Je fais de l'entrepreneuriat parce que c'est de l'épanouissement personnel, c'est de l'épanouissement sociétal, c'est la construction de systèmes et d'une société que j'espère être meilleure. Moi, c'est c'est vraiment ça qui est mon moteur tous les jours.
Matthieu Stefani
Il y a des entrepreneurs qui ont le moteur de l'argent aussi. On avait quelques-uns qui sont venus ici, qui aussi d'autres vont le clamer partout sur les réseaux sociaux et vont expliquer que c'est la seule motivation.
Frederic Mazzella
Mais en effet, exactement. Mais moi, c'est pas ça qui me fait lever le matin, quoi. Et donc voilà, donc DIFT s'équilibre de différentes manières. Quand c'est sur les cagnottes solidaires, il y a une contribution volontaire que chacun peut laisser. Quand tu vas laisser 50 euros ou 100 euros sur la cagnotte de Matthieu qui collecte pour, je sais pas, une association, L'Envol, Jane Goodall, l'association que tu auras choisie, voilà, eh bien la personne qui va laisser 50 ou 100 euros peut choisir de laisser 2, 3, 5, 10 euros à la plateforme pour que justement on fasse notre travail à la fois de sélection et de suivi des associations parce qu'il y a une grosse sélection.
Matthieu Stefani
Ils le font?
Frederic Mazzella
Oui, ils le font. C'est quoi le pourcentage? C'est quelques pourcents. Alors, c'est entre 2 et 5 %.
Matthieu Stefani
2 et 5 qu'ils laissent à la plateforme?
Frederic Mazzella
Non.
Matthieu Stefani
Ou 2 et 5 du montant? Du volume.
Frederic Mazzella
Et il y a plus d'une personne sur 2 qui laisse. OK, OK. On est quasiment à 2 personnes sur 3 quand même. Parce que les gens se rendent bien compte que tu as un service, il ne peut pas tourner gratuitement. En plus, nous, on a les frais bancaires déjà, ne serait-ce que ça derrière. Mais si je laisse pas, c'est toi qui payes les frais bancaires, c'est dit? Ah oui, bien sûr.
Matthieu Stefani
C'est pas prélevé quand même du côté du non?
Frederic Mazzella
Alors ça dépend de l'accord qu'on peut avoir avec l'association. Mais parce que les associations, alors elles, elles sont très très heureuses de travailler avec nous. D'ailleurs, on a de plus en plus d'associations qui viennent vers nous pour organiser justement des collectes solidaires. Pourquoi? Parce que ça leur amène non seulement des sous, parce que c'est quand même des collectes, donc ça leur amène des moyens, mais ça leur amène aussi des nouveaux donateurs. Donc c'est doublement gagnant pour les associations parce que c'est très difficile pour une association d'aller recruter de nouveaux donateurs. Mais avec notre système, système de cagnotte solidaire, on peut aller faire en sorte que les associations elles-mêmes mobilisent leurs donateurs actuels ou leurs bénévoles actuels pour qu'eux aillent se créer des cagnottes, soit au moment de leur anniversaire, soit au moment d'autres périodes. On a lancé au mois de décembre le mois de la générosité qui s'appelait Difftember, qui va revenir cette année. Et donc à cette occasion-là, tu peux en tant qu'association lancer une collecte auprès de ton cercle 1 de donateurs. Et chaque donateur qui crée sa cagnotte solidaire va lui-même pouvoir aller sensibiliser le cercle d'eux et donc ramener son entourage, ce qui fait que ça ramène des nouveaux donateurs aux associations. 80% des donateurs sur les cagnottes solidaires sont des nouveaux donateurs, ce que les associations adorent évidemment.
Matthieu Stefani
Et là-dessus, tu gères tous les reçus fiscaux parce que quand tu donnes à des associations, tu as des... Oui, on s'en occupe. Pour les donateurs particuliers et pour les entreprises.
Frederic Mazzella
Oui, parce qu'on a un fonds de dotation justement. Au milieu qui permet d'aller émettre les reçus fiscaux pour les associations qui sont soutenues, ce qui fait que ça simplifie beaucoup la logistique et pour les assos et pour tous les particuliers qui donnent, qui retrouvent à un endroit, si tu veux, DiFT, c'est un peu ton compte générosité, c'est un peu aussi une plateforme de générosité, c'est un peu le Strava du don si tu veux. DiFT, ça te permet de faire en sorte que tu retrouves tout au même endroit et tu vas retrouver notamment évidemment tes reçus fiscaux, quand tu as donné à différentes associations, tu retrouves tout, toute sorte de scorecard aussi de tout ce que tu as pu soutenir dans l'année, soit parce qu'on t'a offert des DIFT, soit parce que toi-même tu as offert des DIFT à d'autres personnes, soit parce que tu as bénéficié avec une marque de la possibilité de distribuer des DIFT. Alors on a des grands partenaires entreprises, alors ça peut être des partenaires type dans le travel, je pense à Accor, tu vois, sur lequel on a un programme de fidélité. Enfin, on est dans le programme de fidélité All Accor Live Limitless et tu peux transformer tes points de fidélité en don à des associations, ce qui est extrêmement utilisé à plein d'occasions, aussi à l'occasion des catastrophes naturelles type balance.
Matthieu Stefani
C'est un peu cynique, tu peux avoir quand même un reçu fiscal là-dessus ou ça marche pas?
Frederic Mazzella
Alors si, tout à fait. C'est-à-dire que comme c'est de l'argent qui t'était alloué toi. C'était un avantage client que tu avais. Quand tu transformes tes points, tu peux récupérer un reçu fiscal dessus.
Matthieu Stefani
C'était pas cynique, tu redonnes cet argent en plus alors?
Frederic Mazzella
Tu peux le redonner, tu peux le refaire plusieurs fois.
Matthieu Stefani
Et juste pour comprendre tout ça, tu disais que t'aimais pas réinventer des choses qui existaient déjà. Des choses comme HelloAsso et tout ça, c'est un peu pareil ou pas du tout?
Frederic Mazzella
Non, HelloAsso, à ma connaissance, ne fait pas de cagnotte solidaire.
Matthieu Stefani
OK.
Frederic Mazzella
Ne fait pas non plus de DIFT. Nous, on travaille beaucoup avec les entreprises, comme je te disais, donc les entreprises en fin d'année qui allouent un certain budget, ça peut être 5 000, 10 000, 50 000 € et qui disent à leurs clients ou à leurs collaborateurs, c'est vous qui allez décider de l'allocation de ce budget-là. Du coup, ça crée aussi une relation différente entre l'entreprise et ses parties prenantes. Et c'est un mode de fonctionnement qui passe par notre plateforme et qui n'est pas fait par HelloAsso typiquement.
Matthieu Stefani
Et ça, typiquement, c'est hyper saisonnier. À chaque fois que je pense à toi, C'est toujours depuis 2-3 ans au mois de décembre, quoi, ou novembre ou décembre. Mais donc du coup, c'est aussi pour ça que maintenant tu fais les cagnottes, tu développes toutes ces choses-là, parce que sinon tu ferais 90% de ton temps.
Frederic Mazzella
Oui, alors sur les programmes de fidélité, c'est un peu toute l'année. Malheureusement, il y a aussi, tu vois, je parlais des catastrophes naturelles ou quoi, ça tombe à peu près n'importe quand dans l'année. Tu vois, Valence ou Mayotte, c'est pas tombé à Noël. Donc c'est des moments durant lesquels les marques peuvent indiquer à leurs clients s'ils vous souhaitez faire quelque chose pour ce qui se passe actuellement à tel endroit, n'hésitez pas à transformer vos points de fidélité en dons à des associations. Ça ira sur le terrain et ça sera une aide concrète. Donc ça, c'est une manière de faire et qui fonctionne justement toute l'année. Dans des programmes de fidélité, on a aussi, tu vois, Cultura ou Engie. Bon, ça c'est pareil, c'est des programmes de fidélité qui marchent toute l'année. Et puis voilà, on a aussi des grands partenaires comme BNP qui fait des, dans ses produits de partage, permet à ses clients d'aller aiguiller une partie de l'argent vers des projets qu'ils choisissent. Donc ça aussi, c'est des centaines de milliers d'euros, des millions parfois qui vont vers les associations. Et en 3 ans d'existence, on a aiguillé 20 millions d'euros vers 300 associations et on a 400 marques partenaires.
Matthieu Stefani
Et ça appartient à qui, DiFT? C'est une société privée?
Frederic Mazzella
Oui, mais c'est une structure hybride. C'est une société à mission qui appartient à ses fondateurs et aussi en partie à des fonds d'investissement qui ont investi avec nous. À côté de ça, tu as un fonds de dotation qui lui transacte justement les dons, qui fait le travail, si tu veux, à la fois de sélection des associations, de transfert technique vers les comptes en banque des associations.
Matthieu Stefani
Et un fonds d'investissement, toi quand tu crées ça, il y a quand même un objectif un jour de le revendre?
Frederic Mazzella
Ouais, alors la logique, c'est que de toute manière, quand tu fais grandir quelque chose, quand tu passes à l'échelle, vu que là, de toute façon, on est parti sur des valorisations qui ne sont pas nécessairement à l'échelle de ce qu'on adresse comme problématique, forcément, même si in fine tu prends 0,1% du global de ce que tu transactes, ça reste quelque chose qui peut avoir gagné beaucoup en valeur. Il faut voir les échelles dont on parle. Alors en France, le don en France, c'est 9 milliards par an. Mais si tu regardes dans le monde, c'est beaucoup plus que ça. Et si tu regardes certains pays, tu regardes aux États-Unis, c'est plus de 500 milliards par an qui sont donnés. Donc, et en plus, le concept qu'on est en train de créer n'existe pas, enfin, à ma connaissance, en tout cas pas comme on le fait aux États-Unis. Donc, tu as aussi des perspectives de croissance du service à l'international qui sont assez fortes, qui font qu'en termes de volume transacté, tu pars nécessairement de toute manière sur une plateforme qui devrait avoir une une forme de rentabilité, même en étant très, très, très peu bénéficiaire, ça suffit pour faire quelque chose de grand.
Matthieu Stefani
Parce que les fonds en particulier, s'ils rentrent là-dedans, c'est quand même une volonté de ressortir dans 6-7 ans, quoi.
Frederic Mazzella
Ouais, alors là, ce sera probablement pas dans 6-7 ans, mais il y a une volonté de création de valeur, oui. C'est-à-dire que tu passes de 1 à 5 à 10, oui. Mais en parallèle, il y a aussi, en tout cas, Les investisseurs avec lesquels justement nous on a pu contractualiser, avancer, sont aussi des gens qui sont conscients qu'en ayant la possibilité d'allouer de l'argent à des projets qui améliorent le monde, quelque part ils font des choses bien aussi. Il n'y a pas que le côté quand même purement financier, en tout cas chez les investisseurs qui nous ont suivis. Il y a le côté, on a les moyens de construire ça et ça c'est bien pour le monde, on le fait.
Matthieu Stefani
Qu'est-ce qui, tu disais tout à l'heure, tu as mis 6-7 ans de overnight sur Blablacar, en tout cas pour passer. Qu'est-ce que l'expérience t'a permis de faire pour aller plus vite?
Frederic Mazzella
Alors ouais, c'est une question très intéressante, très profonde, ça. Déjà, ça oblige à se reposer, se repositionner, surtout par rapport à ce que tu as envie de faire. C'est-à-dire que je me suis dit, et d'ailleurs l'idée de DiFt, elle est venue par une sorte de choc, d'électrochoc, mais en même temps qui est juste la conclusion de quelque chose de continu. Mais une fois, j'étais chez Blablacar et je vois passer devant nos locaux le défilé de la marche du climat avec que des jeunes qui partaient d'Opéra et qui allaient à République. Et ils avaient des panneaux sur lesquels était écrit, quand je serai grand, je voudrais être vivant. Et bon, j'ai trouvé ça poignant, enfin secouant, quoi. Tu vois des jeunes de 20 ans qui se posent la question de est-ce que je ferai des visions plus tard? Enfin, si ça ne te fait pas te poser des questions, il y a un problème. Parce que tu sais que l'espoir, c'est quand même la vie. Donc, il faut avoir cet espoir-là pour avoir envie d'avancer. Et moi, je me suis dit, en tant qu'entrepreneur, qu'est-ce que je peux faire? Comment je peux répondre éventuellement à ce genre d'appels. Et donc, j'ai mis un petit peu sur la table tout ce que je savais faire et tout ce dont je disposais, qui n'est pas du tout la même chose que ce dont je disposais quand j'ai démarré Blablacar. Quand j'ai démarré Blablacar, je n'avais pas d'expérience, évidemment. Je n'avais pas de réseau, je n'avais pas de notoriété, je n'avais pas d'argent et pas d'accès, pas d'accès facile en tout cas, à la possibilité de lever de l'argent. Là, aujourd'hui, c'est des choses dont je dispose et je me suis dit, bon, qu'est-ce avec ça maintenant sur la table, qu'est-ce que je peux faire? Qu'est-ce que je peux construire? Comment je peux aller construire quelque chose de bien, qui soit utile et qui leverage? Alors tiens, on va trouver un autre mot pour leverage. Comment tu dis leverage en français? Qui fait un effet de levier. Donc alors, qui léviete? Non, ça marche pas. Bon bref, on va trouver le mot français, mais après probablement. Mais donc qui fait un effet de levier sur tout ces atouts dont je dispose aujourd'hui, dont je ne disposais pas avant. Mais en même temps, j'ai 20 ans de plus que quand j'ai créé Blablacar. Donc, tu ne le crées pas de la même manière. Je sais que...
Matthieu Stefani
Tu sais manager aussi, gérer des humains. Enfin, c'est super important, ça.
Frederic Mazzella
Ouais. Et donc, j'ai voulu m'entourer de gens très jeunes aussi parce que le sujet qu'on aborde et notamment, paradoxalement, mais le sujet de tout ce qui va être projets sociaux et environnementaux, la jeune génération, ils en sont conscients. Alors après, Comme tout le monde, comme toutes les générations, il peut y avoir des paradoxes de comportement, mais quand même, cette notion-là, cette prise de conscience-là, elle est très forte chez la jeune génération. Je me suis dit, je vais m'associer avec des jeunes parce qu'au moins, je n'aurais pas besoin de leur expliquer pourquoi on fait ce projet. Parce que c'est sûr qu'ils ont compris plus que, tu vois, possiblement la génération d'au-dessus de moi qui se dit parfois, ça va jusqu'à du climatosceptisme et compagnie. La génération d'après, je pense que là, ils ont beaucoup plus compris les problématiques qu'on avait dans notre société qui devaient être résolues. Et donc, je me suis associé avec des gens qui avaient 20 ans de moins que moi. Et donc, ça crée...
Matthieu Stefani
Il y a des choses qui reviennent, je trouve, mais le climatosceptique, il a tendance un peu à disparaître parce que c'est un peu A plus B. Juste, regarde ce qui se passe en ce moment, la chaleur, les pluies, les machins, les trucs, la neige en montagne. Et puis bon, à un moment, ça peut être une loi des séries, mais La statistique commence à un peu calmer tout le monde là-dessus, mais tu as raison sur d'autres sujets, c'est pas bon.
Frederic Mazzella
La problématique aussi avec le climatosceptisme, c'est l'incapacité à reconnaître une responsabilité. C'est plus ça, c'est se faire l'autruche. Je pense que c'est pas tellement, oui, j'ai pas compris que la température monte. Bon, on a tous les, ça y est, les thermomètres, ça fait quand même quelques décennies qu'on les a inventés, on a compris, on a vu quoi. Donc oui, vraiment.
Matthieu Stefani
Que tu me dis, c'est que tu t'es vraiment associé à des plus jeunes pour te dire déjà le moteur pour eux, ça va être, il est là, quoi.
Frederic Mazzella
Il est là. J'ai déjà le moteur et maintenant, moi, ça veut dire quoi plus jeune?
Matthieu Stefani
Quel âge? Quelle expérience?
Frederic Mazzella
Entre, quand j'ai commencé, entre 23 et 26 ans, quoi.
Matthieu Stefani
Tes associés?
Frederic Mazzella
Oui, mes associés, mes associés, mes deux associés aujourd'hui, Georges et Clara. Georges doit avoir 29 ans et Clara 26, 27, quoi, que je ça. Ça fait un peu plus de 3 ans qu'on a lancé le projet. Donc voilà, donc j'ai vraiment voulu ça. Et ça veut dire que du coup aussi, j'ai un rôle qui est différent dans la structuration de l'équipe et la structuration du projet de ce que j'ai pu avoir avec Blablacar, où je m'étais lancé plutôt avec des cofondateurs de même génération que moi. J'ai envie de dire, quand Tout comme moi, pas équipés. On était tous tout neufs. Là, moi, ce que j'apporte, c'est effectivement une forme d'expérience et de construction de vision, de résilience aussi, de capacité d'accès aux capitaux, de capacité d'ouverture de portes. En fait, je peux aller toquer à n'importe quelle porte et j'arrive à ouvrir les portes parce que les gens se disent bon bah tiens, ce gars-là, il a déjà fait Blablacar, peut-être que ce qu'il a à proposer, c'est intéressant aussi. Donc ça nous aide à ouvrir des portes pour DiFt, à être considéré tout simplement, à rentrer sur la carte. Ça nous aide à avoir des nouveaux partenaires. Et puis, en construction produit aussi, j'ai vu des choses qui marchent, des choses qui marchent pas. Donc, j'arrive à aiguiller, influencer vers des choses qui peuvent marcher. Je sais aussi la résilience qu'il faut. Tu vois, on parlait des différentes briques d'action, de DIFT pour les entreprises et pour les particuliers. Bon, ben, ça se traduit comment? Là, j'ai fait le le bilan ce week-end, un petit peu par curiosité intellectuelle, mais du nombre de modèles qu'on a déjà essayés avec Diff, on en est à 9. On a déjà essayé 9 modèles pour faire ça.
Matthieu Stefani
Tu l'essaies plus vite qu'avant, c'est ça qui est intéressant.
Frederic Mazzella
Ouais, on fait beaucoup plus de terre, mais super vite. On a déjà testé 9 manières de faire avec des choses qui marchent très bien, des choses qui marchent moins bien, des choses qui marchent pas du tout. Et donc, c'est surtout ne pas rester enferré sur un modèle économique Tu vois, je te disais avec Blablacar, on en a fait 6 en 5 ans. Là, avec Dipt, on en a déjà fait 9 en 3 ans. Et effectivement, on essaye, on regarde si ça marche, comment ça répond. On est extrêmement pragmatique en gardant l'objectif, en gardant la mission qui est de— elle a 2 piliers notre mission, puisqu'on est une société à mission, comme je disais, chez Dipt. Le premier pilier, c'est d'aller envoyer un maximum de moyens dans des projets qui aident le monde de manière générale, sociaux et environnementaux. Alors, c'est pas nécessairement que des projets associatifs, mais aujourd'hui, c'est que des projets associatifs. Mais à terme, j'espère pouvoir aller aussi soutenir des projets qui sont pas nécessairement associatifs, parce que quelle que soit la forme du projet, s'il est bénéfique pour l'humanité, on aura envie de l'aider. Et deuxièmement, impliquer un maximum de personnes, c'est le deuxième pilier, impliquer un maximum de personnes dans la sensibilisation, la compréhension de ces projets-là. Donc, c'est C'est pour ça que Dee se situe à l'intersection de ces choses-là. Envoyer beaucoup d'argent vers des projets et en même temps faire connaître, sensibiliser au maximum. Et quoi de mieux que de faire connaître par un cadeau? Je te fais découvrir une association parce que tu as 50 euros à aller allouer à un projet qui te tient à cœur. Là, tu vas découvrir une équipe formidable et ça se trouve, tu deviendras même bénévole pour cette association-là. En tout cas, tu vas la suivre et ça se trouve, dans 3 mois ou 6 mois, tu leur redonneras 50 ou 100 euros parce que tu trouves que ce qu'ils font, c'est formidable et que ça te rend heureux. Toi-même d'aller contribuer à ton environnement. Mais donc, en poursuivant cette mission-là, on essaye plein de manières. Si tu veux, on a une montagne, on essaye de voir par où on peut monter en essayant plein de modèles, en impliquant les entreprises de telle manière, de telle autre manière, en impliquant les particuliers de telle manière, de telle autre manière.
Matthieu Stefani
Comment tu vois l'avenir de DiFT? Je veux dire, qu'est-ce que tu vas reproduire? Est-ce que tu planifies déjà des lancements de pays? Est-ce que tu vois quelque chose comme ça?
Frederic Mazzella
Non, on planifie pas déjà des lancements de pays. Par contre, le projet lui-même, dans toutes ses caractéristiques, est taillé pour être international. Tout. C'est-à-dire que le modèle lui-même, il n'a aucune raison d'être franco-french. Il est aujourd'hui, si tu veux, français par construction. Il est novateur aussi. Comme je te disais, on n'a pas trouvé tellement d'exemples à l'étranger qui font ce qu'on fait. Après, on fait beaucoup de choses, donc il y a certaines choses sur lesquelles Tu peux avoir des équipes qui font un peu la même chose, mais au global, en tout cas, avec le panel global d'outils qu'on développe pour tous nos partenaires, on est assez unique. Et donc, il mérite d'être partout, ce projet-là, parce que c'est encore une volonté de changement systémique. C'est une plateforme. C'est la magie du digital qui te permet d'être partout, qui te permet justement de d'aller offrir le service partout sur la planète. Donc, il n'y a aucune raison que ça reste en France. Et puis, en plus, même le nom lui-même, il est taillé pour l'international. Enfin, je veux dire, c'est diffed.com ou diffed.org. Enfin, les deux fonctionnent. Voilà, on essaye aussi de— Enfin, toute la volonté derrière ça, c'est de moderniser la générosité, faire en sorte que la générosité devienne non seulement normale, mais aussi contemporaine, mais aussi que ça fasse partie de ton équilibre de vie. Si tu— Enfin, quand tu commences à donner, à aider des projets autour de toi, tu te rends compte que toi-même, ça t'aide quelque part dans ta compréhension, dans ton inclusion dans le monde. Et même si tu donnes 1€ ou 10€, c'est juste une notion d'avoir des projets qui sont humains et que tu peux aider, accompagner.
Matthieu Stefani
C'est un terme qu'on a utilisé pas mal, mais by design, elle doit être modernisée, la générosité. Parce que moi, je remarque qu'en fait, que ce soit un sans-abri à la sortie d'une boutique ou un serveur potentiellement dans un resto, de plus en plus, t'as jamais de liquide dans mes poches, tu vois. Donc la question, c'est comment tu règles ça? Alors après, toi, t'es sur encore une autre forme de générosité, mais c'est vrai qu'il y a un... Le digital doit aider forcément à aider tout ça, quoi.
Frederic Mazzella
Ouais, à faciliter. Et puis même, il y a les effets de... Communautaire, de réseau. En fait, si tu veux, on m'a souvent posé la question, pourquoi Blablacar, ça a marché? Alors, si tu veux, ma première réaction, c'était de dire, je sais pas, j'ai appuyé sur tous les boutons. Tu vois, j'ai juste...
Matthieu Stefani
C'est ma technique, Fred, faut pas me l'appliquer.
Frederic Mazzella
J'ai fait tout ce que j'ai pu pour que ça marche. Bon, tout ce qui pouvait potentiellement aider. Tu sais, ça rejoint le... Le saying, mais comment on dit, la citation. La citation, c'est pas si, ouais, si c'est une citation, mais alors je sais plus qui l'a dite. C'est un Américain, mais qui dit, je sais que la moitié de mes dépenses marketing sert à rien, mais je sais pas quelle moitié. Et donc tu fais des choses, des fois ça marche et il y a un ROI, comme on dit. Des fois ça marche pas, mais tu sais pas trop. Mais en gros, tu as fait tout ce que tu as pu pour que ça fonctionne. Bon, Blablacar, il y a ça. On a appuyé sur tous les boutons pour voir ce qui allait marcher. Mais il y a aussi et surtout une volonté qui a réussi de rendre le covoiturage cool. Tu sais, quand j'ai démarré, quand je te disais que je lisais la compassion dans les yeux de mes interlocuteurs qui me disaient que j'étais devenu fou parce que je crée un site web pour des beatniks qui veulent faire de l'autostop. On part de loin. C'est-à-dire qu'il y a un déficit d'image, pour le moins. Et donc, on a modernisé l'approche du covoiturage en montrant tous les avantages que ça avait, en utilisant les codes aussi de la société moderne dans laquelle on vit pour le rendre attractif et faire en sorte que faire, enfin, qu'utiliser Blablacar, ça devienne cool.
Matthieu Stefani
Je pourrais te dire qu'au moment de Captain Cause, ce petit regard pas condescendant, mais un peu interrogatif, j'aurais pu l'avoir en regardant. Et je trouve que l'évolution est là où t'es fort, c'est que ces derniers 18 mois où voilà la transformation de DIFT, la compréhension de l'entreprise, de ses dons, de ces choses comme ça, elle opère bien, donc bravo. Mais c'est vrai qu'à un moment, je me suis dit mais waouh, ah ouais, d'accord.
Frederic Mazzella
Je le prends pas personnellement.
Matthieu Stefani
Non, non, mais si je te le dis, c'est que c'est justement un un compliment et au contraire, plutôt toute l'admiration que j'ai pour toi, c'est que t'es reparti dans un truc très innovant et qu'on se dit là, en t'écoutant, ouais, ça va marcher, quoi.
Frederic Mazzella
Et voilà. Et donc, toute la logique, elle est de rendre la générosité cool aujourd'hui avec Diift. C'est ce qu'on fait. On est en train de le faire. Tu as vu aussi tout ce qu'on a fait au mois de décembre avec le Diift Life Challenge où on a mis une vingtaine d'entrepreneurs sur scène à pédaler pour des associations, c'était une ambiance de dingue. Tu as participé toi d'ailleurs, tu pouvais pas être là ce jour-là, mais tu as participé par téléphone. Et donc on a collecté de l'argent par équipe en pédalant et en faisant un show. Enfin, il y avait une ambiance de dingue. C'était à Station F, il y avait 300 personnes dans la salle avec une ambiance incroyable. Et puis les coureurs sur scène, on s'est relayés chacun en passant plusieurs fois avec beaucoup d'entrepreneurs de taille, Chris à Jean-Pierre Nadir, en passant par Roxane Varza, il y a même Charlie Perrault qui avait pédalé, Claire Breton, enfin bon.
Matthieu Stefani
Que des invités de Génération Do It Yourself, quoi.
Frederic Mazzella
Que?
Matthieu Stefani
Là, ceux que t'as cités, oui.
Frederic Mazzella
Tous? Il faut dire que bon...
Matthieu Stefani
Et après, non, intéressant, et qui passaient des coups de fil pour demander des dons, donc en plus, en faisant ça.
Frederic Mazzella
Oui, et même après, on a fait plein de choses rigolotes. Tu pouvais avoir des... Des défis où tu devais pédaler en mangeant des nachos pimentés. Tu pouvais pédaler en devant réparer une roue de vélo. Et puis, à un moment, quand on a atteint un palier de collecte, parce que le but, c'était quand même de collecter de l'argent pour les associations, évidemment, on était tous là à pédaler pour ça. Eh bien, quand on a passé le palier de collecte de 50 000 €, on a appelé Jeannie Longo. Je ne sais pas si tu vois, pour moi, c'était un peu un... Un rêve de gamin, quoi. On a eu Johnny Longo au téléphone qui nous a encouragés à nous dire d'aller pédaler un peu plus. C'est quand même incroyable. Donc oui, effectivement, on modernise tout ça avec Diff'Tember aussi. On avait 50 ambassadeurs Diff'Tember qui montraient quelque part à quel point ils peuvent être sensibles à des causes. C'est-à-dire que ça leur fait parler de sujets dont ils ne parlent pas habituellement. Ils vont dire, moi, je vais soutenir l'accès à la tech pour les femmes et notamment ou pour les réfugiés, ou je vais aller soutenir les plus démunis de telle ou telle manière. Moi, j'ai une cagnotte aussi, évidemment, une cagnotte solidaire, mais j'ai pédalé pour Ma Petite Planète qui fait de l'éducation à l'environnement pour les jeunes générations, pour être sûr qu'elles aient bien compris la problématique et qu'elles œuvrent dans la bonne direction.
Matthieu Stefani
Tu peux avoir une cagnotte un peu evergreen qui est toujours ouverte et sur laquelle la cagnotte est ouverte.
Frederic Mazzella
C'est diff.com/cagnotte/fred.
Matthieu Stefani
OK, voilà, très bien.
Frederic Mazzella
Ma cagnotte pour ma petite planète qui est ouvrir une cagnotte. Tu devrais ouvrir une cagnotte pour Génération Docteur.
Matthieu Stefani
Bien sûr, on va le faire. Moi, je voudrais que je sois— faut que je vois si je l'annonce là, il va m'y aller, je vais être obligé après.
Frederic Mazzella
Mais ça y est, c'est trop tard.
Matthieu Stefani
Non, non, mais celui que celui— en fait, j'aimerais bien moi promouvoir un truc qui est dans notre mission à nous et dans le Mais qui est l'entrepreneuriat, mais potentiellement dans des endroits où il est tellement inconnu, tu vois, dans les quartiers ou dans les choses comme ça.
Frederic Mazzella
Et comment on peut... Ouais, t'as Connexio qui fait ça. J'en tiens à dire qu'ils soutiennent Connexio. Tu as différentes associations qui le font d'une autre manière.
Matthieu Stefani
On a nos amis des Déterminés aussi.
Frederic Mazzella
En fait, on a un catalogue avec des centaines d'associations, toutes sélectionnées, qu'on suit énormément. Alors évidemment, on a des centaines d'associations qui nous demandent chaque semaine de rentrer sur le catalogue parce que c'est hyper intéressant. Puis ça devient hype en plus maintenant, justement avec tout ce qu'on fait et qu'on se rend compte que oui, la générosité, c'est une pépite de bien-être quand tu la pratiques et que tu aides autour de toi. Et donc ça devient beaucoup plus hype, mais tu peux aller choisir ton association dans le domaine que tu veux.
Matthieu Stefani
On en a Je vais devoir te laisser parce que tu vas te mettre en retard.
Frederic Mazzella
J'ai pas de pendule, donc je ne sais toujours pas où on en est.
Matthieu Stefani
T'as une demi-heure pour aller là où tu veux aller, donc ça va aller, mais ça commence à... Qu'est-ce que généralement, moi je demande un truc à mes invités, mais je vais pas te demander une remise sur DIF parce que ça n'a aucun sens. Mais alors, qu'est-ce qu'on demande à ceux qui nous écoutent? Qu'est-ce qu'ils peuvent faire? Donc créer leur cagnotte, ça c'est quelque chose qui est facile.
Frederic Mazzella
Créer sa cagnotte, soit pour son anniversaire, Sur DiFT, il suffit d'aller sur dift.com, D-I-F-T, c'est hyper simple. Soit pour son anniversaire, soit pour Noël. En fait, c'est indiquer, signaler à son entourage qu'on est OK pour recevoir ce genre de cadeau-là. Parce qu'en fait, quand on va offrir un cadeau, la difficulté, c'est de se dire est-ce que ça va lui faire plaisir? Normalement, quand tu es normalement constitué, tu offres des cadeaux dans le but de faire plaisir à la personne. Tu te fais pas plaisir à toi, tu fais plaisir à la personne. Et donc, tu te poses immédiatement la question qu'est-ce qui lui fait plaisir? Donc, Pour que des dons aillent effectivement vers des associations qui nous tiennent à cœur à nous, il faut le dire à notre entourage, ce qui nous intéresse. Et dire, ben voilà, j'ai créé ma cagnotte, c'est diff.com/cagnotte/matthieu. Et il faut les prendre vite d'ailleurs ces URL parce que du coup, tu vois, Mathieu, t'es pas le seul. Même s'il y en a qui ont un T, d'autres deux.
Matthieu Stefani
J'ai des Y normalement, ou alors c'est vraiment quelqu'un qui me veut du mal, tu vois, qui veut me prendre ta marge.
Frederic Mazzella
Mais bon, tu prends ton handle. À terme, on va faire des handles aussi, donc tu auras ton handle @math sur, sur Dyft. Mais voilà, tu peux aller créer ta cagnotte et surtout le dire à ton entourage que tu as cette cagnotte-là et que pour un moment où ils ont envie de t'offrir un cadeau, c'est pas la peine de se prendre la tête, il suffit d'aller soutenir le projet qui te tient à cœur. Ça peut aussi se faire pour des pots de départ, pour différents, pour un mariage, pour toutes les occasions, justement. Et c'est comme tu l'évoquais, c'est de plus en plus courant parce qu'il y a cette prise de conscience qu'on est dans une société où on a quand même accès à quasiment tout. Pour la plupart d'entre nous, on n'a pas forcément besoin de plus, mais on a plus besoin d'un monde meilleur. Et donc ça, c'est un moyen de le faire.
Matthieu Stefani
On va faire ça, on va dire à ceux qui nous écoutent, plutôt que de vous, cette fois-ci, profitez de la générosité de mon invité et de mon barbu. Braquage sur un code promo qu'on pourra peut-être demander à Blablacar. Ça, c'est possible pour une course gratuite, tu vois, avec le code DO IT. Mais ça, c'est autre chose. Eh bien, on fait ce code, on va se faire cette cagnotte et puis on va trouver une asso. Et puis si vous, vous avez trouvé que Fred était intéressant, très intéressant, bla bla bla ou bla bla bla, eh bien, voilà.
Frederic Mazzella
On m'a déjà dit que j'étais plutôt blablabla. C'est bien tombé, ça t'arrange.
Matthieu Stefani
En fonction du niveau, vous pouvez donner 1 € ou 100 €. Voilà.
Frederic Mazzella
C'est pour les causes, ça va sur les assos.
Matthieu Stefani
C'est pas pour Fred ni pour moi.
Frederic Mazzella
Non, non. C'est ça l'idée.
Matthieu Stefani
Eh bien, très bien, on va faire ça. Et puis, tu as besoin d'autre chose? Tu cherches des collaborateurs, tu cherches des entreprises qui vont faire des diffs?
Frederic Mazzella
Non, c'est des... En fait, c'est ce qui est... Je cherche juste à faire en sorte que chacun, elle, quelque part, suive ses envies et ses instincts sans nécessairement, tu vois, s'auto-freiner par rapport aux réactions des autres. Tu vois, typiquement, c'est très difficile quand tu crées quelque chose de nouveau, quand tu crées un nouveau projet, d'avoir du retour des gens qui t'entourent qui te ferait penser que tu es en train de te tromper. Alors, avec le temps, je suis Je suis passé par-dessus ça. Tu vas en parler de musique aussi à un moment. La musique m'a énormément aidé à ça. C'est-à-dire que la musique, tu as le droit de la ressentir comme tu veux. Et si ton interprétation peut-être ne plaît pas à quelqu'un d'autre, ça le regarde lui. Mais moi, c'est comme ça que je ressens la musique, donc c'est comme ça que je vais le jouer. De la même manière, quand tu crées ton projet...
Matthieu Stefani
C'est une leçon énorme, ça. Ah bah oui.
Frederic Mazzella
Parce que c'est... Oui, ça t'affranchit du regard des autres.
Matthieu Stefani
L'autre a le droit, en plus, de pas aimer ce que tu fais. Faut juste savoir que c'est OK.
Frederic Mazzella
C'est OK. C'est OK, mais il faut pas que ça nous empêche d'avancer quand même vers ce qu'on ressent au fond de soi et qu'on a envie de pousser. Donc c'est ça le plus important. Donc oui, non, la chose la plus importante, c'est si des gens veulent me faire plaisir, c'est d'être eux-mêmes. Voilà, donc ça, ça me fait plaisir quand les gens sont eux-mêmes.
Matthieu Stefani
Tous les autres sont pris, de toute façon.
Frederic Mazzella
Oui, c'est ça. C'est qui qui a dit ça? C'est Winston Churchill?
Matthieu Stefani
Non, c'est Oscar Wilde. Be yourself, everyone, as you Else is taken. Mais deux questions avant de te laisser.
Frederic Mazzella
J'aurais pu donner des citations d'Einstein qui m'accompagnent tout le temps.
Matthieu Stefani
Vas-y, vas-y, vas-y.
Frederic Mazzella
Einstein, il dit, le signe de la folie, c'est d'essayer plusieurs fois la même chose en espérant un résultat différent. Celle-là, elle est utile quand même.
Matthieu Stefani
Elle est utile parce que les gens comprennent pas, tu vois. Récemment, j'ai eu la chance d'être invité parler à Salamé dans Quelle époque? Et en fait, des gens me disaient, échec, échec, t'es complètement con. Enfin, pas tous, il y en a plein qui sont très contents, mais il y a plein de gens qui disent, Je me dis mais non mais c'est, enfin juste réfléchis, je vous dis pas de vous taper la tête contre un mur. L'échec c'est itération. Tu fais un échec, tu recommences et tu recommences autre chose. Si tu refais la même chose, c'est que t'es fou, c'est ça.
Frederic Mazzella
Donc ça, ça aide beaucoup.
Matthieu Stefani
Ça c'était Einstein, ok. Une autre?
Frederic Mazzella
Non, alors la citation pour le coup qui est pour moi au-dessus de toutes les autres, c'est une citation de Galilée pour le coup, qui dit je n'ai jamais rencontré d'homme si ignorant qu'il n'avait rien à m'apprendre. Et là, il y a tout là-dedans. C'est-à-dire que bon, il y a le tu aimes les gens, tu rencontres les gens, tu discutes avec eux. Et il y a le côté tout le monde a son expérience, tout le monde a sa vie et tout le monde a appris des choses et j'ai à apprendre de tout le monde. Enfin, il y a d'autres citations qui disent voilà, chaque personne est un livre ouvert. Enfin, tu vois, donc tu peux et tu dois apprendre de toutes les personnes que tu rencontres. Et donc, c'est une forme de, à la fois, l'humilité, savoir qu'on ne sait pas grand-chose. De toute façon, on est un grain de poussière dans l'univers. Ça, c'est aussi la physique qui te l'apprend assez vite. Quand tu commences à regarder un petit peu plus loin, tu fais, ouf, attends, on est quoi, nous, là-dedans? On n'est pas grand-chose, en fait. On est un tout petit truc. Donc déjà, ça aide beaucoup à une forme d'humilité. Non seulement on est un tout petit truc, mais en plus, on ne comprend pas grand-chose. Voilà. Et par contre, aidons-nous, entraidons-nous, quoi. Donc, à chaque fois que tu rencontres quelqu'un, il a sûrement appris des choses que tu ne connais pas et qui va pouvoir te transférer et t'aider à grandir. Tu sais, il y a 3 manières d'avancer dans la vie. Il y a de ne pas avancer, de ne pas progresser. Il y a d'avancer avec tes propres erreurs, tes propres échecs. Et puis, il y a d'avancer en apprenant des erreurs des autres. C'est un peu la vitesse 2. D'ailleurs, chez Blablacar, ce qu'on avait fait, c'est qu'on a mis des valeurs qui représentent ça. Tu sais, on a une valeur qui dit fail, learn, succeed. Donc, tu échoues, tu apprends, tu réussis. Donc, c'est le chemin vers la réussite qui passe par l'apprentissage au milieu. Puis on a une autre valeur. Donc ça, c'est la première manière de vivre, l'expérience pour évoluer. Et puis après, tu as share more, learn more. Donc plus tu partages, plus tu apprends, et qui est la vitesse 2 de l'apprentissage et de la croissance, justement, de chacun.
Matthieu Stefani
D'où l'intérêt des livres d'histoire, des podcasts. Des podcasts, évidemment.
Frederic Mazzella
Génération du tiers siècle, c'est ce que tu fais.
Matthieu Stefani
Et donc attends, tu m'as dit Galilée, c'était la suite.
Frederic Mazzella
Je n'ai jamais rencontré d'homme si ignorants qui n'avaient rien à m'apprendre.
Matthieu Stefani
Et donc, ce que j'allais dire, c'est que pour ceux qui ne connaissent pas, la Galilée, c'était l'ancien directeur marketing de Blablacar. Parce qu'avec une citation comme ça, comment refuser d'emmener des gens dans ta voiture? Tu vois, c'est quand même... Tu vois l'idée?
Frederic Mazzella
Je vois.
Matthieu Stefani
Je pense que tu devrais lui en piquer.
Frederic Mazzella
Il faut que je le remercie, il faut que je lui écrive. Ah zut, ça va être compliqué.
Matthieu Stefani
Tu lui as donné une prime. Avant de te laisser, Fred, est-ce que tu as un livre, puisqu'on en parlait à l'instant, un livre, si tu avais l'occasion, de le recommander, de le donner à tout le monde, un livre par-dessus tout?
Frederic Mazzella
Aïe, aïe, c'est compliqué ça. C'est très, très dur. Je me souviens qu'il y a un livre qui m'a beaucoup marqué quand j'étais jeune, faudrait que je le relise d'ailleurs, c'était L'Enfant de Jules Vallès. Je me souviens que ça m'avait pas mal transformé, perturbé ce bouquin-là.
Matthieu Stefani
Ok, ben voilà, L'Enfant de Jules Vallès que je ne connaissais pas.
Frederic Mazzella
C'est une trilogie parce qu'il y a aussi L'Écolier, enfin il y a différents Ou le bachelier, il y a différents volumes.
Matthieu Stefani
Si tu avais l'occasion de rencontrer Fred Mazzella, je ne sais pas moi, avant ça, avant juste à Henri IV par exemple, qu'est-ce que tu lui dirais?
Frederic Mazzella
J'ai eu la chance, comme je te disais, qu'on me le dise assez vite. Tu sais, à mon entrée à Normale Sup', qu'on me fasse comprendre que la chose intéressante, c'était d'aller se poser les questions et pas seulement d'y répondre. Donc quelque part, j'ai eu de la chance qu'on me le dise ça, déjà. Je pense que j'irais dire ça, alors je gagnerais peut-être 2 ans, mais je dirais équilibre bien ton émotion et ta rationalité. N'ignore pas tes émotions et tes intuitions parce qu'elles méritent, elles existent au même titre que tes démonstrations et toute la rationalité qu'on peut mettre autour. Elles existent, il faut les prendre en compte et il faut leur faire confiance. Parce que sinon, on s'autolimite, tu vois, on en parlait tout à l'heure. Si tu ne suis pas ce que tu penses qu'il faut faire parce que tu as des petites remarques ou des petits regards qui te font penser que ce que tu fais n'a aucune chance de marcher ou est ridicule. Et donc, c'est une histoire de confiance en soi. Tu sais, on parle souvent de la confiance en soi, mais c'est un petit peu ça aussi. C'est avoir confiance dans ses intuitions, ses ressentis, ses envies. Et c'est pas facile parce que, surtout quand elles sont un petit peu nouvelles, tout ce qui est nouveau dérange parce que ça va contre les habitudes ou les attentes des autres. Donc, c'est une forme de surprise. Et si on y prend trop, si on y apporte trop d'attention, eh bien, on va se bloquer. Donc comment résumer ça dans quelques mots? Eh bien, écoute, je réécouterai ce passage-là et j'essaierai de trouver une formule choc pour pouvoir condenser tout ça en quelques mots.
Matthieu Stefani
Non, ce qui me fait, ce que je trouve intéressant dans ce que tu dis, c'est ce côté à la fois comme tu es très scientifique et que tu as mélangé un peu d'art là-dedans. En effet, le monde scientifique, les émotions, les sentiments, les, tu vois, le ressenti, les intuitions, c'est pas quelque chose qu'on valide toujours, quoi, tu vois. Et alors que généralement, ça me fait penser à cette citation qu'on m'a ressortie ce matin. The eyes, Chico, the eyes, they never lie. C'est dans Scarface. Et Et en fait, les yeux et les choses, il y a des gens, tu regardes quelqu'un, tu sais quoi, tu vois dans les yeux. Et puis en fait, c'est juste, c'est un ressenti, mais pas forcément faux.
Frederic Mazzella
C'est vrai que moi, ce qui m'a aidé, c'est ce côté artistique avec la musique où en fait, c'était un espace, comme on en parlait, qui est, bien qu'il soit très technique, qui autorise, qui permet, qui encourage l'expression de l'émotion. Et l'expression des ressentis. Alors que dans le domaine de la science, on ne te pousse pas exactement à ça. Toujours, c'est plus difficile. Là, la musique, c'est physique. Donc en fait, on te pousse vers ça et ça m'a beaucoup aidé à le prendre en compte et à comprendre que c'était important et que ça pouvait même être une boussole. Parce qu'en plus, quand tu ne vois pas la suite, que tu n'as pas assez de données pour savoir comment les choses vont se passer, Tu fais comment si tu suis pas ton ressenti? Tu fais comment? T'avances pas. Donc la seule boussole qu'il te reste quand il te manque des informations, c'est ton ressenti. Et on a de la chance, je sais pas comment le corps humain est exactement fait, mais il nous envoie des signaux et il faut les écouter.
Matthieu Stefani
Merci Fred Mazella, c'était très cool. On remercie le podcast Ton d'avoir été l'étincelle de cet épisode. Moi, je voudrais dire aussi une chose importante, et puis je te le dis qu'à la fin, j'aurais pu le dire au tout début, mais c'est qu'à chaque fois que je t'ai vu et croisé, je trouve que tu as une bonne âme, tu es quelqu'un de généreux et de sympathique.
Frederic Mazzella
Merci, toi aussi.
Matthieu Stefani
Tu es gentil, mais je me le suis dit à chaque fois. Et puis quand tu penses un truc, tu le dis, tu le partages. Et donc on a de la chance d'avoir des entrepreneurs comme toi, et puis aussi généreux dans ce que tu nous as donné. Donné aujourd'hui. Donc merci pour ton temps et puis file parce que là vraiment je vais être là.
Frederic Mazzella
On va s'en sortir.
Matthieu Stefani
Bon, la cagnotte c'est div.com/gdiy.
Frederic Mazzella
Ah ça y est?
Matthieu Stefani
Ouais, ça va être ça de toute façon. Ok.
Frederic Mazzella
Très bien.
Matthieu Stefani
Allez, bisous.
Frederic Mazzella
C'est parti.
Matthieu Stefani
Salut. Ciao.
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