Frédéric Mazzella - De la NASA à la success story BlaBlaCar !

In this French‑language interview, Frédéric Mazzella recounts his journey from a physics‑focused education at École Normale Supérieure and a research stint at NASA/Stanford, through a series of early tech jobs, to the spontaneous insight on the A10 highway in 2004 that sparked the idea of a car‑pooling marketplace. He describes the very first prototype built on a shared hosting server, the initial naming of the service as Commuto (from the Latin commutare), the purchase of the domain covoiturage.fr, and the rapid recruitment of a small technical team (Damien, Francis, Nicolas). He explains the six business‑model experiments he ran (ad‑based, subscription, B2B platform sales, phone‑bridge, event‑specific platforms) and how only the online reservation and payment model succeeded, leading the team to build an in‑house payment‑service‑provider (PSP) before Stripe/Adyen existed. He details the cancellation and over‑booking spiral that threatened the platform, and how the introduction of mandatory online payment reduced cancellation rates from 35 % to under 2 %. He narrates the fundraising story: early love‑money from friends, a zero‑interest loan from Scientipôle, the pivotal 10‑minute pitch to Ouria Loayon and the Isaïe fund (Jean‑David Chamboridon), the first €1 M round in 2010, subsequent €600 k angel round, a €1.2 M seed, a €10 M Accel round for international expansion, and later €100 M‑€200 M rounds that made BlaBlaCar one of France’s first unicorns. He also shares the naming process – a list of 250 candidates, a hypnagogic moment that birthed “BlaBlaCar”, domain acquisition, and memorability testing that showed the name’s stickiness – and reflects on the brand’s glocal nature (recognised across Europe). Throughout, he draws parallels between scientific research, software development, and chess, emphasizing an iterative, hypothesis‑driven mindset, the importance of recruiting the best talent without ego, and the transition from a solo “one‑man‑orchestra” founder to a “conductor” of a large organization. The interview also touches on his current role as non‑executive chairman, the launch of his new venture DiFT, and broader thoughts on leveraging existing tools versus building new ones.
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TranscriptAuto-generated · 135 min
Frederic Mazzella
passager va pouvoir venir réserver sa place sur le covoiturage comme il réserve sa place dans un train, dans un bus. Et donc il paye à l'avance et ensuite, une fois que le trajet a eu lieu, hop, tu renvoies l'argent au conducteur. Quand tu choisis de dire si tu veux parler beaucoup ou pas en voiture, tu choisis si tu es plutôt bla bla bla ou bla bla bla. Ça, c'est une option qu'on avait mise assez tôt dans le produit. Et donc c'est écrit sur ton profil. Et là, je commence à m'endormir un peu sur le clavier parce qu'il commençait à être vraiment, vraiment tard. Et en m'endormant, je regarde l'écran et je vois, c'était un conducteur, j'étais sur la fiche d'un profil d'un conducteur, je vois une icône BlaBlaCar puisqu'il avait choisi d'être BlaBlaCar lui. Et puis je vois sa photo de sa voiture à côté. Et là, je dis un peu en m'endormant comme ça, je dis BlaBlaCar et c'est ça me fait rire et ça me réveille. Et ils ont fait des tests où ils font venir un premier groupe de personnes, ils leur donnent 5$ à chacun, ils leur disent va t'acheter ce que tu veux avec tes 5$ et puis un autre groupe auquel ils donnent 5$ et ils leur disent allez les donner à quelqu'un ou soutenir une asso, enfin en gros les donner. Et ils font des études d'état mental, de bonheur sur ces personnes-là avant-après. Et en fait, les deux courbes se détachent l'une de l'autre. J'ai pitché, pitché, pitché pendant une heure et demie en me disant mais la cloche va sonner et il va me dire c'est fini. Et puis non, ça se termine quand même au bout d'un moment. Au bout d'une heure et demie de pitch, tu vois, tu arrives quand même un peu au bout de tous les arguments qui font que tu es convaincu que ce truc-là va marcher. Et Et là, il s'arrête, il fait une pause, il me regarde, il me dit, vous avez de l'or entre les mains et on va se tutoyer parce que l'histoire n'est pas finie.
Speaker B
Salut Frédéric, comment ça va?
Frederic Mazzella
Très bien, ça va très bien jusqu'ici.
Speaker B
Merci d'avoir accepté de m'affronter dans une belle petite partie d'échecs.
Frederic Mazzella
Ah, c'est un affront carrément? C'était un plaisir.
Speaker B
Ça va, t'es pas trop fatigué? Tu reviens de BFM ce matin, là c'est podcast avec moi. Est-ce que tu as d'autres podcasts prévus dans l'après-midi ou je suis le dernier?
Frederic Mazzella
Non, non, non, mais non, ça s'est calé comme ça. Non, après je travaille vraiment.
Speaker B
OK, non, je n'osais pas poser la question. Est-ce que Frédéric travaille vraiment pour démarrer le podcast? Je suis vraiment très heureux de te recevoir et j'ai plein de questions pour toi parce que c'est vrai qu'en tant qu'entrepreneur dans la tech, on a pu d'une certaine manière apprendre des échecs et des apprentissages de ceux qui ont démarré. Et c'est pour ça que je trouve ça passionnant de pouvoir t'avoir parce que toi, j'ai l'impression que quand tu as démarré, il n'y avait pas tous ces apprentissages-là. Et du coup, je me dis, tu as dû faire face un petit peu à tous les échecs qu'on peut subir dans une plateforme comme la tienne. Tu disais dans un podcast qu'au début vous aviez un serveur mutualisé, ça m'a fait un petit peu sourire.
Frederic Mazzella
On faisait avec les moyens qu'on avait. Effectivement, on était hébergé sur, il y avait une centaine de sites internet qui étaient hébergés sur le même serveur que nous.
Speaker B
C'est drôle de s'imaginer que Blablacar était sur un serveur mutualisé avec d'autres sites. Quand on sait le trafic d'aujourd'hui et la puissance.
Frederic Mazzella
Au début, il n'y avait personne, pas grand monde en trafic, donc forcément, il faut dimensionner aussi.
Speaker B
C'est pour dire aussi que je pense que c'est difficile de calculer aussi une telle explosion, une telle croissance, je pense, en termes d'utilisateurs. Donc voilà, ça va être un podcast super intéressant. Avant de démarrer par ça, est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore?
Frederic Mazzella
Et donc voilà, je m'appelle Frédéric, je suis entrepreneur, J'ai découvert tard en fait que j'étais, enfin tard, je savais pas quand j'étais petit, je disais pas que je voulais être entrepreneur. Mais non, oui, donc j'ai compris ce que c'était que l'entrepreneuriat en le faisant en fait. Et donc j'ai fondé Blablacar, plus récemment Dipt dont on va peut-être parler. Voilà, et j'adore parce que c'est une grande forme de liberté, de créativité, Il y a un bonheur incroyable qui est que tu choisis avec qui tu vas travailler et tout est possible.
Speaker B
Mais du coup, tu faisais quoi avant? Parce que j'avais vu ça dans ton parcours. En fait, tu étais, comment dire, parce qu'à l'époque, c'est pareil, il y avait pas non plus trop de cours, je pense, d'entrepreneuriat. Maintenant, ça s'est beaucoup développé. Mais donc du coup, comment tu es tombé dans le bain de l'entrepreneuriat? Tu faisais quoi avant spécifiquement? J'ai cru voir que tu faisais des choses autour de, je sais pas pourquoi j'étais associé à ça, mais il y a des De la science ou de la physique?
Frederic Mazzella
Ah oui, oui. Moi, j'ai un parcours très scientifique au départ. J'ai fait des études assez poussées, y compris maths sup, maths spé, tu vois, donc en maths. Mais moi, je me suis plutôt orienté vers la physique. Après, je suis rentré à Normale Sup en physique, donc rue d'Ulm. Donc là, c'est un très haut niveau, tu vois, de sciences physiques. Ensuite, je suis parti aux États-Unis faire un un master d'informatique, enfin de computer science comme disent les Américains, parce que c'est plus classe de dire computer science.
Speaker B
C'est plus sexy.
Frederic Mazzella
À Stanford, à l'université de Stanford en Californie, j'ai passé 3 ans là-bas. En même temps, je travaillais pour la NASA à ce moment-là, j'étais chercheur, enfin assistant chercheur sur des projets d'images 3D, de chirurgie virtuelle. Bref, parce qu'on devait envoyer des, tu sais, quand on envoie des gens dans l'espace, tu vas vouloir envoyer avec un chirurgien pour si jamais il se passe quelque chose. C'est pour les vols longue durée, donc c'est prévision de pour aller sur Mars ou tout ça.
Speaker B
Non, je savais pas du tout ça.
Frederic Mazzella
Oui, parce qu'en fait, s'il y a quelqu'un qui se blesse, faut le réparer.
Speaker B
C'est vrai que j'ai jamais pensé à ça, tu vois. Je sais qu'on regarde tous les fusées partir dans l'espace, mais on se pose, enfin, Je m'étais jamais posé la question, mais tu as raison.
Frederic Mazzella
Oui, parce que ça reste, c'est human after all, tu vois, ça reste des humains. Et donc la problématique, c'est que si jamais tu as un astronaute qui se blesse ou qui a une maladie et qu'il faut opérer, il faut l'opérer sur place parce qu'on va pas rentrer, tu vois, tu vas pas aller à l'hôpital d'à côté, il y en a pas. Et le chirurgien, forcément, il est spécialisé par rapport à certaines choses. Alors ça peut être la main, le genou, l'estomac, la tête, enfin bon, ça peut être différentes choses. Et forcément, les chances que l'astronaute ait un problème exactement sur la spécialité du chirurgien à bord sont assez fines. Et donc nous, on construisait les outils pour que les chirurgiens puissent s'entraîner avant en virtuel pour ensuite opérer l'astronaute avec plus de chances de succès. Et donc moi, je construisais les outils d'environnement de chirurgie virtuelle.
Speaker B
Parce qu'en plus, tu as des contraintes dans l'espace, c'est pas pareil avec le sang ou j'en sais rien.
Frederic Mazzella
Et puis il y a beaucoup de physique là-dedans impliquée. C'est pour ça que la NASA et Stanford, avec qui je travaillais, avaient été recruter un profil comme le mien, plutôt en physique, pour lui apprendre l'informatique plutôt que de faire l'inverse. C'est plus simple en fait d'apprendre à quelqu'un qui est bon en physique. À faire de l'informatique que le contraire. Et donc ensuite, je mettais en musique les équations physiques de déformation des tissus humains, alors que ce soit la peau, les muscles, les os, tu les mettais en musique en informatique pour créer un environnement 3D avec des dispositifs à retour de force. Donc moi, je m'étais spécialisé là-dedans. Enfin bref, on est parti là sur—
Speaker B
Non mais c'est super intéressant. En fait, pourquoi je trouve ça super intéressant? Parce que justement, il y a le côté un peu la personne qui avait une carrière, qui avait une vocation pour, tu vois, ton parcours. On a le sentiment que c'est pour devenir chercheur presque. Enfin même, tu as carrément fait les études même pour devenir chercheur concrètement. Mais du coup, c'est marrant de le parcours de quelqu'un qui suit un parcours pour devenir chercheur et qui tombe dans l'entrepreneuriat. Je trouvais ça amusant, c'est pour ça que je trouve ça intéressant de parler de ça. Parce que souvent, tu vois, c'est quand même deux choses différentes.
Frederic Mazzella
Mais en fait, pour moi, c'est un peu la même chose. C'est-à-dire qu'en recherche, quand tu fais de la recherche, par définition tu cherches et tu crées. Et forcément, tu essaies de comprendre comment les choses fonctionnent et puis tu vas créer soit des raisonnements logiques, soit des manières de faire, des méthodes, soit des théories, enfin tu vois, pour comprendre comment les choses fonctionnent. Donc pour moi, c'est pas du tout éloigné. En fait, c'est considéré comme des métiers différents, mais la démarche est un peu la même. Et quand j'ai monté Blablacar, c'était un peu ça aussi. C'était la recherche de faire fonctionner quelque chose qui devait marcher. Pour moi, ça devait marcher, de réussir à faire en sorte que les voitures soient moins vides et qu'il y ait plus de personnes qui partagent leur voiture. Et après, il faut être extrêmement débrouillard. Et en recherche aussi, il faut être extrêmement débrouillard, il faut être créatif et débrouillard. Pour arriver à ses fins. En entrepreneuriat, c'est pareil.
Speaker B
Est-ce que dans la recherche, tu as un peu le même truc que dans la tech, dans l'entrepreneuriat? C'est-à-dire tu tentes des choses, tu fails, tu apprends jusqu'à trouver, tu vois, la—
Frederic Mazzella
donc c'est même que ça, enfin, la recherche, c'est même que ça, c'est beaucoup de coups de fail.
Speaker B
Tu testes des choses, que du fail, et donc finalement, c'est assez proche.
Frederic Mazzella
Tu passes ton temps à essayer et puis à voir que ça marche pas, tu recommences jusqu'à ce que ça marche. Ou alors tu dis, tiens, ce truc-là doit fonctionner comme ça. Et donc tu fais un test pour valider si oui ou non ce que tu penses est vrai. Et puis là tu testes, puis ça marche pas, tu dis donc non, ça doit pas marcher comme ça.
Speaker B
Comme ça qu'il y a les plus grandes découvertes, je pense. Ils testent un énième truc et là ça marche. Et un peu comme dans l'entrepreneuriat, au bout d'un moment, tu as le product-market fit, ça passe et là ça explose. Il y a un côté, c'est un peu—
Frederic Mazzella
Et après, il y a quand même certains chercheurs qui sont carrément le niveau, pour pas dire la galaxie du dessus. Type Einstein, tu vois, qui a, alors lui, tu vois, plus j'ai progressé en physique, plus j'ai découvert Einstein, c'est-à-dire plus en fait on en parlait, parce qu'en 1905, il a publié 3 papiers quand il avait 26 ans, qui ont révolutionné le temps, l'énergie, la masse, la lumière, tout.
Speaker B
C'est fou quand même qu'une seule personne.
Frederic Mazzella
Et tu te dis, Tu te demandes s'il en a laissé un peu pour les autres d'ailleurs.
Speaker B
Ouais, tu as raison. Et même les nouveaux, en plus les nouvelles découvertes sont sur la base de ses recherches. Donc en fait, il est toujours là quelque part, d'une certaine manière, vu qu'il a l'essence des découvertes.
Frederic Mazzella
Et lui, non seulement, alors évidemment, il a expérimenté des choses, mais en plus, il a anticipé des choses. Par exemple, le laser, lui, il n'a pas pu le voir. Mais il a prévu. Il a dit, le jour où on saura faire des miroirs vachement plats, faudra tester ça et ça risque de faire un truc étonnant, genre laser. Et quelques années après sa mort, il y a des chercheurs qui ont essayé, ils se sont dit, tiens, maintenant on sait faire. Ils ont essayé et là tu te dis, c'est le niveau du tueur. C'est-à-dire qu'il a même pas pu expérimenter, mais il s'est dit, si on fait ça, ça devrait marcher, sauf que techniquement, je peux pas le faire aujourd'hui.
Speaker B
C'est fou de se dire ça. Ça fait, c'était 1905 tu dis, ça fait 120 ans. C'est énorme de se dire que même aujourd'hui on continue d'essayer de comprendre comment il, parce qu'il avait pas en plus toutes les technologies à disposition, etc. C'est un peu comme tu vois les échecs pour faire un petit parallèle. À l'époque tu vois les Kasparov, etc., ils avaient pas tous les logiciels d'aujourd'hui et ils écrivaient des bouquins. Ils avaient un niveau qui pouvait être apparent à ce que ce qu'on peut avoir aujourd'hui. Du coup c'est C'est toujours intéressant de voir le niveau de qualité de quelque chose, mais par rapport à un contexte donné, tu vois. Parce que du coup, être Einstein en 1905, c'est pas pareil que de l'être aujourd'hui avec tout, tu vois, avec toute la matière que tu as. Donc ça demande une difficulté supplémentaire, tu vois, parce que tu avais pas toutes les techniques.
Frederic Mazzella
Einstein que j'ai pas poursuivi en physique.
Speaker B
OK, parce qu'on remercie Einstein.
Frederic Mazzella
Parce que je me suis dit, ah ouais, mais là quand même, c'est un un autre niveau. Et je me suis dit, bon bah, si je continue sur cette voie, je pense que j'apporterai un petit gravier à la montagne d'Einstein, mais c'est tout.
Speaker B
C'est marrant, c'est vraiment ça Einstein. Quand tu as découvert Einstein, tu t'es dit, non, là le niveau, enfin là c'est parti.
Frederic Mazzella
Ouais, non, je me suis dit, tu vois, je nous voyais nous en tant que chercheur, je me dis mais faut juste attendre le prochain Einstein et il va débroussailler la la science comme 5000 chercheurs d'un coup.
Speaker B
Tu penses qu'on revivra, tiens c'est une bonne question ça, en 2025, enfin dans cette ère-là, un nouvel Einstein qui va découvrir des nouvelles choses où en fait tout a tellement été fait?
Frederic Mazzella
C'est possible parce que la réalité c'est qu'il y a encore beaucoup de choses qu'on comprend pas, tu vois. Et même le fait, tu vois, on est parti loin là, mais même le fait qu'on ait découvert que le centre des galaxies c'est un trou noir, Ça, c'est récent, quoi. Tu vois, c'est 97, je crois, ou 2000.
Speaker B
Einstein avait déjà parlé des trous noirs, mais le fait qu'on découvre que c'est ça dont tu parles—
Frederic Mazzella
C'est l'œil des galaxies, en fait. C'est le centre. Et en fait, un trou noir, c'est tout sauf un trou. Je sais pas si tu as déjà regardé ce que c'est, mais en fait, c'est de la matière condensée.
Speaker B
J'ai vu dans Interstellar, le film. Et d'ailleurs, dans Interstellar, c'est marrant parce qu'il est tellement puriste, le réalisateur, qu'il a fait appel à un scientifique super connu des trous noirs pour reproduire visuellement ce que lui aurait imaginé, tu vois, pour que ce soit réaliste. Donc non, mais par contre, je sais pas, peut-être tu peux nous dire un petit mot sur les trous noirs, ça m'intéresse.
Frederic Mazzella
C'est de la matière condensée, en fait, c'est pas du tout un trou. On appelle ça un trou parce qu'en fait, ça absorbe tout, y compris la lumière. Donc on sait pas ce qu'il y a dedans, on voit rien. C'est tellement dense que non seulement ça attire tout ce qu'il y a autour, mais ça attire aussi la lumière dedans. Donc elle ressort pas, donc on voit rien.
Speaker B
D'ailleurs, on sait pas s'il y a un truc qui ressort ou pas, c'est ça le problème de cette histoire.
Frederic Mazzella
Non, on croit qu'il y a rien qui ressort. En fait, ça condense la matière Et pour donner une idée, la Terre entière tiendrait dans une bille de 0,9 cm de diamètre.
Speaker B
Tellement ça serait condensé 1 cm.
Frederic Mazzella
Tu mets la Terre dans 1 cm. Donc c'est pas un trou, c'est un truc super plein.
Speaker B
OK.
Frederic Mazzella
Super, super, super plein.
Speaker B
Et ça condense énormément de matière, ça réduit. En fait, la Terre devient une bille.
Frederic Mazzella
Voilà.
Speaker B
Dans un trou noir.
Frederic Mazzella
Et nous?
Speaker B
Et nous du coup, un atome de volume, j'en sais rien. Bon, je vais faire le petit tirage de sort parce que sinon on va pas démarrer la partie. Puis on va, c'est ni un podcast échecs ni un podcast science, on va parler d'entrepreneuriat et de Blablacar après, je vous rassure. Je te fais le tirage de sort pour savoir quelle couleur tu vas avoir.
Frederic Mazzella
Ah, c'est ça, voilà.
Speaker B
Ouais, et alors du coup il se passe un phénomène. Tiens, tu as les noirs. Je viens de réaliser à l'instant, à chaque fois que je fais ça, je viens de calculer à l'instant, tout le monde prend cette main-là. Je crois faudrait que je regarde mes épisodes. Tiens, je regarderai. Donc du coup, je pourrais peut-être tricher à l'avenir et mettre le noir dans la main droite.
Frederic Mazzella
L'épisode d'avant, je me suis dit que c'était ça qu'il fallait faire.
Speaker B
Tu t'es dit je vais faire comme les autres.
Frederic Mazzella
Alors c'est là qu'on va voir mon niveau d'échec parce que je sais même plus si c'est la dame ou si c'est le roi sur sa couleur.
Speaker B
Alors ça, c'est la question qui revient toujours. Dans les premiers épisodes, j'avais oublié moi aussi la dame sur sa couleur. Tu as raison. Tu vois, tu te rappelles des mécanismes, la dame sur sa couleur déjà. Non, j'ai pas joué récemment ou pas récemment.
Frederic Mazzella
Oui, j'ai fait une partie il y a quelques semaines, mais c'était, enfin, je suis pas allé au bout.
Speaker B
Ok, tu as pas terminé la partie?
Frederic Mazzella
Non. Ok, je crois que l'échiquier a dû tomber.
Speaker B
Ok, ok, ok. Mais il y a peu d'entrepreneurs qui jouent aux échecs, j'étais étonné parce que quand même je trouve que c'est un peu, il y en a peu, alors que je trouve que c'est une discipline qui est assez proche des échecs. La stratégie, etc.
Frederic Mazzella
C'est super. Et moi, j'arrive pas à anticiper à beaucoup de coups.
Speaker B
En fait, dans les échecs, il y a plein de— ça active plein de zones du cerveau. Je pense qu'il y a la gestion positionnelle. Il y a des champions, j'en ai invité ici, ils sont capables de jouer les yeux fermés, donc de visualiser dans l'espace, tu vois. Ce qui n'est pas notre cas à tous les deux, du coup.
Frederic Mazzella
Allez, c'est pareil pour les Rubik's Cube, il y a des gens qui les font les yeux fermés.
Speaker B
Ouais, c'est ça.
Frederic Mazzella
Bon après bon.
Speaker B
Ouais t'as raison les yeux fermés.
Frederic Mazzella
Oui bien sûr.
Speaker B
Rubik's Cube.
Frederic Mazzella
Rubik's Cube.
Speaker B
Mais comment ils font vu que tu connais pas la couleur? Ah juste ils le visualisent.
Frederic Mazzella
Ils le regardent bien.
Speaker B
Ça c'est fou.
Frederic Mazzella
Et après.
Speaker B
Fais gaffe au micro.
Frederic Mazzella
Ah oui pardon. Ils regardent bien le Rubik's Cube. Alors ça c'est fou. Mais non seulement il y a ça.
Speaker B
Faut prévoir plein de fois à l'avance.
Frederic Mazzella
Tu connais le record du monde de vitesse en Rubik's Cube?
Speaker B
Alors figure-toi que j'avais vu des vidéos et justement j'avais regardé et non je mais c'était genre un truc genre 3 secondes, enfin un truc.
Frederic Mazzella
C'était 3 secondes 14, je crois, ou 3 secondes 15 jusqu'à il y a un mois ou deux. Et il y en a un qui a fait encore mieux là.
Speaker B
Alors je sais plus, c'est possible 3 secondes? Parce que moi, déjà un coup, c'est 3 secondes, tu vois ce que je veux dire?
Frederic Mazzella
Ouais, mais là, non, bah de toute façon, tu vois, tu vois même pas les doigts quand il— ça va vraiment très, très, très vite. Mais alors, et après, il y a des concours de Rubik's Cube à l'aveugle, donc des gens qui font ça à l'aveugle, mais Non seulement ça, mais qui en font 60 d'affilée. Il y a des trucs, c'est fou. Tu vois les gens, ils ont 50 ou 60 Rubik's Cube devant lui, tous défaits. Il les regarde, il se met un truc devant les yeux.
Speaker B
Ah, tous défaits? Ok, j'ai une—
Frederic Mazzella
Et il t'en fait 60 d'affilée à l'aveugle.
Speaker B
Ok, alors qu'est-ce qui est le plus dur? J'ai une question marrante pour toi. Qu'est-ce qui est le plus dur? Faire ça ou— Chez moi, je vais te donner une autre histoire. Un joueur d'échecs, qui joue, je crois, contre 20 personnes les yeux bandés, et en faisant par exemple la table 1, table 2, table 3 jusqu'à 20, et revenir à la table 1, 20, et à chaque fois les coups sont différents que dans la tête, et il bat les 20. Je pense que c'est ça le plus dur, ou faire 60 Rubik's Cube. Parce que les échecs, alors il y a un truc qui va aussi t'intéresser, toi qui t'intéresses à la science et aux maths, etc. Même aujourd'hui, les ordinateurs ne sont pas arrivés à bout des échecs. En 2025, tellement, tellement c'est des infinis les nombres de coups. Et ça, c'est fou de se dire ça aussi, c'est un jeu, tu vois, qui existait, je sais pas depuis quand. Donc imagine-toi à l'aveugle 20 parties, je pense que, je pense que c'est plutôt—
Frederic Mazzella
je m'imagine pas, tu vois. Tu vas vite découvrir mon niveau aux échecs, donc tu vas comprendre que je m'imagine mal le faire à l'aveugle les 20 fois en parallèle.
Speaker B
Mais ça existe, quoi, en fait, pour te dire, comme le Rubik's Cube à l'aveugle. Donc ça veut dire que Moi, ce qui me fait peur, c'est de pousser son cerveau aussi loin. Je pense que tu vois, c'est un peu les vases communicants dans la vie. Je crois pas que ce soit forcément bon.
Frederic Mazzella
Après, les joueurs d'échecs en parlent. Il y a un moment, tu sais faire ça, mais le problème des grands joueurs d'échecs, c'est un peu tabou.
Speaker B
Les grands joueurs d'échecs, en fait, ils en parlent. En fait, ça leur crée un petit peu des troubles. Par exemple, ils sont en train de te parler et d'un coup, ça pop dans leur esprit, il y a une partie d'échecs qui se met en route. Donc ça crée des problèmes. Oui, il y a plein de Ah oui, il y a eu des grands joueurs qui se sont suicidés, etc. C'est pousser son cerveau trop loin. Je pense que c'est pas— tu vois, toi qui as arrêté, qui voulais pas devenir Einstein, tu vois Einstein, il avait pas des troubles à la fin?
Frederic Mazzella
Bon bah intuitivement, j'ai choisi le bon chemin.
Speaker B
Alors tu as choisi le bon chemin, je pense, qui est pas un chemin simple non plus. D'ailleurs, on va en parler. Est-ce que tu peux nous raconter, voilà, les débuts?
Frederic Mazzella
Tu as déjà joué là, en fait il faut que je joue. Alors je crois qu'il faut mettre le truc en face là, faut que je t'empêche d'avancer.
Speaker B
Ouais, bien joué.
Frederic Mazzella
Jusque-là, c'est facile.
Speaker B
Est-ce que tu peux nous raconter les débuts de Blablacar? Comment tu as commencé? Parce que aussi, les gens voient le succès, mais j'ai l'impression qu'au début, il y a eu plein de difficultés qu'on n'entend pas parler dans les médias. Moi, j'aimerais bien en savoir un petit peu à ce moment-là.
Frederic Mazzella
On me disait, Blablacar, it was an overnight success, tu sais, donc un succès du jour au lendemain. Quand même, il s'est passé un peu de temps.
Speaker B
Parce que les médias, quand ils arrivent, c'est que ça a déjà réussi en général.
Frederic Mazzella
Donc c'est ça, en fait, quand quelqu'un découvre quelque chose, pour lui ça existe depuis le moment où il l'a découvert.
Speaker B
Exactement.
Frederic Mazzella
Alors que toi, tu es là depuis longtemps.
Speaker B
C'est comme les chaînes YouTube, tu vois des mecs qui ont 1 million d'abonnés, tout le monde se dit putain, il a été bon, il a dû créer ça. Mais en fait, le mec, ça fait 10 ans qu'il poste tous les jours, tu vois.
Frederic Mazzella
Donc les débuts, bah non, le tout début, c'est ça naît par une idée. Enfin, de mon, j'étais Tu sais, comme on en a parlé, je travaillais dans l'informatique beaucoup. Enfin, j'avais fait mon master d'informatique, puis je travaillais en parallèle pour la NASA et Stanford. J'avais aussi un boulot en informatique quand j'étais en Silicon Valley, parce que pour joindre les bouts, tu vois, entre tout, j'avais plusieurs boulots. Je faisais de la localisation de software, en fait. Je prenais le logiciel américain et je les localisais en français pour que ça fonctionne en Mais tu codais ou pas?
Speaker B
Enfin, tu savais coder?
Frederic Mazzella
Du coup, à l'époque, oui. Enfin, je codais, oui, beaucoup. Mais ce que je veux dire, c'est que non seulement à l'époque, je codais beaucoup, mais en plus, pour faire les traductions de logiciels anglo-saxons qui n'étaient pas forcément prévus pour être traduits, il fallait savoir coder, sinon tu faisais tout planter. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas, c'était pas bien fait avec des fichiers de traduction, tu vois, bien séparés où tu te dis bon bah là, j'ai juste à traduire le texte et puis ça se passera bien, ce sera intégré. Non, des fois, il fallait que j'aille mettre dans le code, il y avait des chaînes de caractères en anglais dans le code et qu'il fallait remplacer en français. Et quand en plus en français, tu écris avec des cédilles et des accents et des trucs comme ça, ouais, ça posait problème. À tel point qu'ils venaient me voir, ils me disaient, t'es sûr qu'il faut mettre des accents là Fred? Parce qu'on peut pas les mettre, mais enfin, parce qu'ils voulaient que j'écrive juste avec les caractères ASCII, tu vois, les 128 ou 256 américains, mais les accents, ça les embêtait quoi. Les cédilles aussi. Donc non, oui, il fallait ça.
Speaker B
C'est quoi le code à l'époque? C'était C, langage C+?
Frederic Mazzella
C++ ouais.
Speaker B
Qui est un langage d'ailleurs qui est très efficace.
Frederic Mazzella
Il y a du Java aussi, beaucoup de Java, du PHP, C++. Ok super intéressant. Voilà donc oui je faisais ça et donc j'étais très intéressé par l'informatique parce que j'adorais ce, enfin j'adore toujours ce concept de se dire que quelque part une tâche rébarbative va pouvoir être faite. Ah oui t'as joué déjà toi mais t'étais hyper rapide.
Speaker B
Oui c'est dur de jouer, t'as vu c'est presque impossible non? De jouer, de réfléchir en même temps.
Frederic Mazzella
C'est dur. Puis toi tu fais un truc là. Aïe, je vois.
Speaker B
Tu vas te rappeler de où tu en étais ou pas après? Parce que c'est ça la difficulté, de jouer le coup et ensuite de se rappeler où on en était. C'est un petit challenge intellectuel.
Frederic Mazzella
Je vois, je vois. Qu'est-ce que je vais pouvoir faire?
Speaker B
Là je menace ton pion là. Oui, oh pfff.
Frederic Mazzella
Tiens, qu'est-ce qu'on va pouvoir faire? On va pouvoir faire ça, on va protéger, tiens. C'est très court terme, je protège mon pion.
Speaker B
Quand t'es les noirs, t'es obligé parce que le blanc a un coup d'avant, donc il peut déjà t'attaquer en premier. Donc souvent, c'est le noir qui doit un petit peu...
Frederic Mazzella
Toi, t'es comme ça, genre au deuxième coup, t'irais me piquer mon pion. Non, non, non. Donc j'adorais l'informatique, j'adore toujours ça parce qu'il y a un sentiment, tu sais, où tu vas pouvoir demander à la machine de faire un million de fois la même chose et Et elle va le faire sans broncher. Donc toi, tu réfléchis à ce qui est intelligent de faire, tu dis ah, il faudrait faire ça, et après, bon, tu codes, mais tu appuies sur un bouton et là, ça s'exécute. Et ça, c'est quand même une certaine satisfaction. Donc non, j'adore l'informatique pour ça.
Speaker B
C'est un plaisir déjà dans la tête ce que tu viens de dire. Je crois que c'est un sentiment un peu jouissif de cette automatisation, de te dire j'ai une tâche et une fois que je l'ai codée, j'ai plus besoin de la faire, elle le fait à ma place. Ça, j'ai l'impression que tous les gens de la tech, c'est un peu limite obsessionnel. C'est fascinant parce qu'en fait on parle d'une tâche là, mais en fait à la fin ça peut être 1000 tâches qui s'exécutent tous les jours comme ça. Et c'est pour ça que d'ailleurs tu as des plateformes comme WhatsApp ou Instagram où tu avais que 10 ou 15 personnes derrière, parce que tout est codé et t'as pas besoin d'avoir d'énormes équipes. C'est pour ça qu'ils sont valorisés des milliards. C'est pour ça qu'on aime la tech, on va dire.
Frederic Mazzella
Tout seul, ça scale. Et donc voilà. Et puis un jour, je devais rentrer en Vendée. Alors je suis Vendéen, on n'en a pas parlé, mais moi j'ai grandi en Vendée, en Sud-Vendée, à Fontenay-le-Comte. Et je suis venu à Paris pour la musique parce que je faisais beaucoup de musique. J'adore la musique et je faisais du piano, du violon principalement, et un peu de guitare et de batterie quand j'étais ado parce que forcément, ça allait avec les cheveux longs et tout. Et donc j'étais venu à Paris pour faire de la musique, mais donc je suis Vendéen et pour rentrer à une période de Noël en Vendée, quand j'étais revenu des États-Unis, en fait je me suis pris très tard pour prendre mes billets de train. Il n'y en avait plus, tout était complet. Et donc j'avais appelé ma petite sœur qui habitait à Rouen pour descendre en Vendée, m'accompagner parce qu'elle avait une voiture. Donc je lui ai demandé de faire un crochet par Paris pour passer me chercher et m'emmener en Vendée. Et là, sur l'autoroute, Tu sais, sur l'autoroute A10, on se fait doubler par les TGV et je vois un TGV passer et puis je dis à ma sœur, tu vois, dans le train là, je suis sûr qu'il n'y a plus de place parce que j'ai essayé d'en booker et il n'y en avait plus. Et en même temps, je vois toutes les voitures vides sur l'autoroute et je me dis, des places pour aller en Vendée, il y en avait plein, mais elles n'étaient plus dans les trains, elles étaient dans les voitures. Sauf qu'on n'a pas indexé les places libres dans les voitures, on a indexé les places libres dans les trains, on peut les acheter en ligne et tout. Mais on n'a pas fait ça avec les voitures. Donc il suffit d'aller mettre à disposition cet inventaire, le mettre sur un moteur de recherche et puis d'aller être capable de réserver une place dans une voiture et on aura la même chose que réserver dans un train, sauf qu'on aura toutes les voitures de France. Enfin de France et du monde. Voilà, parce que moi j'avais réussi à aller en Vendée avec ma sœur, mais fallait connaître ma sœur. Ça fait pas un service, tu vois, ça fait pas un service pour tout le monde. Donc il fallait faire un— et comme j'ai beaucoup bossé dans l'informatique, je commençais à dérouler le truc. Je me dis en fait, il n'y a pas d'obstacle. Techniquement, il n'y a pas d'obstacle. On sait faire. C'est des bases de données, des moteurs de recherche, l'accessibilité instantanée. Enfin, on sait faire.
Speaker B
C'est quelle année ça?
Frederic Mazzella
Ça, c'est 2004. 2004.
Speaker B
Donc tu as l'idée sur le trajet, quoi. Ça a poppé comme ça. C'est marrant ça. Tu étais en train de réfléchir dans la voiture, tu étais en train de créer Blablacar.
Frederic Mazzella
Oui, enfin, je me suis pas rendu compte que je faisais ça. Mais cela dit, je cherchais quand même des idées de boîtes. J'étais assez attiré par ça. J'avais essayé de créer un ou deux trucs avant. Et notamment un truc qui s'appelait, que j'avais appelé Busy Paris, qui était un Airbnb avant l'heure. J'avais pensé à ça.
Speaker B
Oui, ça j'avais vu aussi passer.
Frederic Mazzella
Ouais. Et c'était trop complexe pour moi à mettre en place parce que notamment j'avais pas d'accès à des appartements pour tester. Tu vois le concept. J'avais pas d'appartement, j'avais rien. Enfin si, à part mon studio. Mais tu vois, si je mets mon studio en lock.
Speaker B
Une marketplace avec un studio en lock, c'est pas...
Frederic Mazzella
Déjà ça fait pas une offre. Et puis en plus, c'était pas forcément spécialement attractif. Et puis en plus, l'inconvénient, c'est qu'évidemment, si tu loues ton appart dans lequel toi-même tu es en loc, bon bah après, il faut que tu ailles loger chez les copains.
Speaker B
C'est compliqué.
Frederic Mazzella
Donc voilà, je n'avais pas poursuivi cette piste-là. Et là, je me dis, tiens, tout est faisable. Et donc après, je n'ai pas dormi pendant plusieurs heures, enfin 72 heures. Et je me dis, mais ce n'est pas possible. Possible, c'est tellement simple, ça doit exister.
Speaker B
À partir du moment où tu as eu l'idée, tu as plus dormi?
Frederic Mazzella
Parce que je me disais, c'est tellement simple, comment ça se fait que ça existe pas? Pourquoi ça n'existe pas? Et en plus, comme je voyageais beaucoup, je me disais, bon, si ça existait, je le saurais. Et attends, c'est encore à moi de jouer?
Speaker B
C'est marrant ton truc d'avoir compris ça, parce qu'aujourd'hui, effectivement, maintenant qu'on connaît, on se dit, bah, c'est logique en fait, tu vois. Mais à l'époque, ouais, le fait que tu aies vu ça, c'est impressionnant de se dire D'avoir été sûr, d'avoir eu la conviction de pourquoi ça existe pas, quoi, tu vois, à ce moment-là. Ça, c'est intéressant. À toi de jouer, du coup.
Frederic Mazzella
Ça y est, il commence déjà à faire méchant. Mais non, je croyais qu'on était là pour—
Speaker B
non, non, ce qui compte, c'est l'interview. On se concentre sur l'interview. Là, il y a pas de risque, je te rassure.
Frederic Mazzella
Non, bah si, tu pourrais me piquer mon pion.
Speaker B
Enfin, j'échangerais pas un pion contre un fou, c'est pas rentable.
Frederic Mazzella
Je crois que les pièces valent pas le même prix.
Speaker B
Un pion, c'est 1 point, et un fou, c'est 3 points. Un cavalier, c'est 3 points. Tour, c'est 5. Et la dame, c'est la plus grosse pièce, c'est genre 10 points. C'est le Je crois entre 8 et 10 d'ailleurs, mais je crois que c'est 10. Ouais, donc il y a des points. Donc tu vois, je vais pas aller sacrifier mon fou. Après, c'est vrai que je te bouffe avec mon fou le pion et que tu me bouffes avec le roi, je te déroque. Donc tu peux plus roquer après.
Frederic Mazzella
Donc c'est quoi déjà?
Speaker B
OK, c'est quand tu mets le truc comme ça et comme ça. Ah ouais, tu peux le faire une fois qu'il a bougé le roi, tu as plus le droit de roquer.
Frederic Mazzella
D'accord. Et tu as le droit de le faire et tu le fais?
Speaker B
Non, il faut que tu peux le faire, faut qu'il y ait pas de pièce quoi entre les deux. Là, je peux le faire.
Frederic Mazzella
Tu peux le faire dans les deux sens?
Speaker B
Et tu peux le faire dans les deux sens, ouais. Sauf que le roi, il va ici. Là, c'est petit roque et là, c'est grand roque. Voilà, pour les gens qui nous écoutent et qui découvrent les échecs en même temps.
Frederic Mazzella
Moi, c'est très bien, je prends un cours d'échecs en même temps. Alors non, si je fais ça, mais ça va pas te—
Speaker B
Moi, c'est très bien. Si, là, tu es franchement— tu attaques mon pion qui est pas protégé.
Frederic Mazzella
Très bien. Mais disons que je le menace.
Speaker B
À ton tour de m'attaquer, on va dire, là. OK, donc c'est bon. On en est où du coup sur Blablacar? Donc là, tu dors pas pendant 72 heures, on en était.
Frederic Mazzella
Oui, et je me dis, c'est tellement simple, comment ça se fait que ça existe pas? Je me dis, si ça se trouve, c'est illégal.
Speaker B
Comment ça se fait qu'on peut se demander ça? Ça, c'est, on peut dire, ça se trouve, c'est illégal. Est-ce que tu peux mettre quelqu'un dans une autre voiture à ce moment-là? Enfin, tu vois, on peut se demander, c'est une propriété privée, je crois. La voiture en soi, ta voiture, c'est comme un peu chez toi, non, quand tu es dans la voiture?
Frederic Mazzella
Mais en même temps, tu emmènes tes amis dans ta voiture, ça pose pas de problème. Enfin, tu peux emmener tout le monde.
Speaker B
Donc non, oui, mais ils ont pas payé pour y être.
Frederic Mazzella
Ouais, alors voilà, après, mais le partage de frais, tu as le droit de le faire avec tes amis quand tu fais un trajet et tu partages les frais. Tu demandes 15 ou 20 € à quelqu'un.
Speaker B
Mais vu que ça existait pas, on peut se demander quoi. C'est pour ça quoi. Donc je comprends.
Frederic Mazzella
Voilà, mais c'est vrai que c'est le réflexe. Enfin, on cherche toujours à comprendre pourquoi ça n'existe pas. Et puis j'ai épuisé toutes les raisons pourquoi ça pouvait ne pas exister, j'en ai pas trouvé. J'ai pas trouvé de raison, je me suis dit bah ça doit exister, donc ça va exister.
Speaker B
Tu avais quel âge à ce moment-là?
Frederic Mazzella
26 ans, non 28.
Speaker B
Ouais, tu étais jeune. Je suis toujours, merci. Non mais dans le sens où quand tu as démarré, tu avais pas la trentaine. Je sais même pas quel âge tu as aujourd'hui. Je sais même pas quel âge tu as aujourd'hui.
Frederic Mazzella
Oh bah 32.
Speaker B
Bah 32, ouais. Non, c'est pas possible parce que 2004, là ça fait 11 ans.
Frederic Mazzella
Oh ça y est, on doit pas faire des maths maintenant. Ça y est, arrête.
Speaker B
Je croyais que tu aimais bien les maths.
Frederic Mazzella
Pas toujours.
Speaker B
Ça fait 21 ans, donc tu as 49.
Frederic Mazzella
Ouais. Qu'est-ce que tu as fait? Tu as sorti ton deuxième cheval. Ah, tu es vraiment agressif.
Speaker B
Je sors mes pièces et je protège mon pion.
Frederic Mazzella
Tu as décidé de m'embêter. D'accord.
Speaker B
C'est dur de faire l'interview et de jouer en même temps.
Frederic Mazzella
Très dur.
Speaker B
Très, très dur. Je te rassure, tu n'es pas le seul. Si tu vas voir les autres interviews échecs, Ouais, tout le monde a eu du mal, tout le monde galère.
Frederic Mazzella
Bon, ça me fait plaisir.
Speaker B
Moi c'est facile pour moi parce que c'est vrai que je joue depuis longtemps.
Frederic Mazzella
Bah c'est ça, mais ça c'est le principe, tu crées une émission sur ton mannequin.
Speaker B
Exactement, à domicile.
Frederic Mazzella
Moi je vais te faire une émission en piano, tu vas voir.
Speaker B
Ah ça serait, oh putain.
Frederic Mazzella
Ouais, je vais demander un morceau et puis tu vas t'interviewer en même temps.
Speaker B
Non, si tu veux vraiment m'avoir, tu fais violon et là c'est un carnage je pense.
Frederic Mazzella
Ouais, c'est pas très juste en fait, c'est pas très équilibré.
Speaker B
C'est pas équilibré, je te l'accorde.
Frederic Mazzella
En plus, tu joues à domicile quoi.
Speaker B
Je joue à domicile dans un jeu que je fais depuis que je suis tout petit. J'ai mis toutes les chances de mon côté, on va dire ça. Alors, mais là il y a de plus en plus de combinaisons, donc tu vois, ça devient plus compliqué.
Frederic Mazzella
Ça devient dur là.
Speaker B
Mais non, ça va.
Frederic Mazzella
Ah, tu protèges ton pion parce que tu as vraiment cru que j'allais te le manger?
Speaker B
Bah tu pourrais.
Frederic Mazzella
Ouais, je pourrais, mais je suis pas comme ça.
Speaker B
En tout cas, c'est une chance de pouvoir lancer un podcast, tu vois. C'est l'opportunité de pouvoir jouer avec des gens qui nous inspirent dans un domaine. Parce que moi, je suis entrepreneur aussi autour d'une partie d'échecs. Donc quelque chose, tu vois, une passion. C'est le podcast, c'est quand même sympa, je trouve, en 2025. Et d'ailleurs, tu nous en parleras parce que tu en as un également. Oui, qu'on mettra en description, qui s'appelle Les Pionniers. J'aime bien le nom également. Là, je te déconcentre aussi. C'est une technique que j'ai, je pose plein de questions et je parle. Là, ça joue bien. OK, pour l'instant, tu fais des bons coups.
Frederic Mazzella
Donc je sais pas, j'ai compris que le principe, c'était de t'embêter.
Speaker B
Je te laisse poursuivre là où tu en étais. Du coup, donc tu te demandes si c'est réglementairement parlant possible. Puis non.
Frederic Mazzella
Puis après, assez rapidement, j'en parle à 2-3 copains. Jusqu'à trouver qui est intéressé pour construire ça avec moi. Parce qu'en fait, quand même, créer une boîte, tu sais, c'est dans l'imaginaire, c'est, ça fait partie des trucs qui font rêver. Et donc moi, j'avais quand même ça en tête. Alors j'avais, je travaillais dans une société informatique en France qui était une boîte américaine mais qui avait une grosse activité en France et en Europe. Et en parallèle, tu sais, tu te dis mais un jour peut-être je créerai une boîte. Et donc ça circulait, tu vois, à cet âge-là aussi entre copains. Donc je suis allé voir les copains qui m'avaient dit qu'ils étaient intéressés pour créer une boîte aussi, quoi. Et assez vite, là, j'ai trouvé notamment Damien, mon super copain Damien, avec qui on s'est mis à coder tout de suite parce que lui aussi il savait coder. Et donc on a commencé à développer tout de suite. On a trouvé que, enfin, on était hyper motivés par l'idée.
Speaker B
Ah, vous avez lancé ça à deux, Blablacar? Ouais, au départ avec... Et vous êtes deux développeurs, quoi, là-bas. Donc vous codiez vous-même la plateforme?
Frederic Mazzella
Ah oui, oui.
Speaker B
Ouais, ok.
Frederic Mazzella
Et puis après, j'ai rencontré Francis, qui est devenu CTO de Blablacar. C'est lui qui a tout construit. Il y avait aussi Nicolas, qui était un ancien collègue, qui nous a rejoints. Mais on s'est retrouvés, du coup, on était quatre techs.
Speaker B
Ouais, c'est marrant, avec 4 techs, 4 développeurs à l'époque. C'est la vraie boîte tech du coup, pour le coup là.
Frederic Mazzella
Bah oui, on est parti. Alors du coup, le design, c'était pas ça quoi.
Speaker B
Ah oui, il y avait pas de ce qu'on peut appeler peut-être aujourd'hui product ou enfin—
Frederic Mazzella
Bah non, mais en fait, de facto, quand tu crées une boîte, ça j'ai compris après, il faut qu'il y ait un product guy. Ça, je pense, c'est plutôt moi dans l'équipe. Moi, j'adore le produit, j'adore. Et Et donc c'est bien quand le product guy il a des notions tech aussi parce qu'il sait ce qui est raisonnable et ce qui ne l'est pas, ce qui est faisable, ce qui ne l'est pas quoi. Tu as rejoué ou pas?
Speaker B
Non, non, d'accord.
Frederic Mazzella
Là tu encaisses, tu encaisses le coup. Ah ouais, donc là tu veux m'embêter encore.
Speaker B
Exactement, tu fais des bons coups en tout cas là depuis tout à l'heure.
Frederic Mazzella
Tu t'es dit il a rien à faire là.
Speaker B
Exactement, c'est ça, voilà. Mais c'est embêtant ce que je te coupe là dans tes— oh putain, ça c'est bien joué ça! Oh putain, ok, je l'avais pas vu venir celui-là, tu vois. Ah ouais, très bien joué. Je te laisse.
Frederic Mazzella
Maintenant c'est toi qui réfléchis.
Speaker B
Quoique c'est peut-être une énorme connerie en fait, une grosse connerie.
Frederic Mazzella
J'ai, j'ai, j'avoue, j'ai joué sous le coup de l'impulsion.
Speaker B
Non, non, tu, il faut, je te laisse le refaire celui-là parce que je peux gagner ton fou gratuitement. Enfin, je te laisse l'opportunité de refaire ton coup si tu veux. Tu peux décider de le garder ou de le, mais moi à ta place je le referai parce qu'un pion, si je te le bouffe, c'est un pion contre un fou, tu vois.
Frederic Mazzella
C'est vrai.
Speaker B
Donc moi je referai à ta place.
Frederic Mazzella
C'est vrai que c'est pas, c'est pas très malin.
Speaker B
C'est pas le meilleur coup, c'est pas le meilleur coup.
Frederic Mazzella
Non, c'est pas très malin.
Speaker B
Je te laisse le refaire.
Frederic Mazzella
Ça me laisse le refaire carrément. Mais ce sera on tape et tout.
Speaker B
On coupera que je t'ai laissé refaire. Ou pas, je plaisante. Mais bon, les gens savent que je joue bien quand même, donc.
Frederic Mazzella
Ouais. Bon, comme quoi faut pas jouer sur le coup de l'impulsion. Je me suis dit il faut que je protège mon fou parce qu'il veut me le piquer.
Speaker B
Ouais, plutôt que de se dire il faut le protéger, il fallait plutôt se dire allez, il faut accepter de m'en aller. Ça, ça peut être se léser dans les échecs.
Frederic Mazzella
Tu voulais le reprendre.
Speaker B
Parce qu'il m'ennuie un petit peu ton fou là. Pas mal. Voilà, ça c'est un bon coup.
Frederic Mazzella
Du coup, c'est— tu m'as dit que c'était 3 points contre 3 points.
Speaker B
Là on s'échange.
Frederic Mazzella
Bon voilà, on fait un premier échange puis on nettoie un petit peu là-bas parce que c'est bien là, c'est serré.
Speaker B
Frédéric, là pour l'instant on est équivalent.
Frederic Mazzella
Pour l'instant il y a même 3-0.
Speaker B
Pour l'instant il y a 3-0, mais je pense ça va pas durer. OK, donc cas développeur, je te laisse poursuivre.
Frederic Mazzella
Oui, et donc voilà, donc on a commencé à mettre sur pied un site. J'avais pu réussir, alors il y avait un étudiant rennais qui avait lancé un service similaire sur l'URL covoiturage.fr. Donc j'ai racheté l'URL covoiturage.fr.
Speaker B
Sympa le nom de domaine, je fais ma petite pub SEO, mais pour se référencer sur covoiturage, oui, pas mal.
Frederic Mazzella
Après, oui, Et donc on a mis tout le code qu'on avait développé sur cette URL-là pour pouvoir justement commencer à étendre le service.
Speaker B
Donc vous vous appelez Covoiturage au début?
Frederic Mazzella
Ouais.
Speaker B
C'est le premier nom?
Frederic Mazzella
Non, le premier nom c'était Commuto.
Speaker B
Je me demandais pourquoi d'ailleurs, tu en parlais dans un podcast, pourquoi Commuto? Tu as dit que c'était un nom de code et j'ai pas compris pourquoi.
Frederic Mazzella
Non, ça vient du latin commuto, commutare. Qui veut dire échange de services, échanger un service. Comme tu vois eBay, c'était échange de biens. Moi, je me disais, bah, Commuto, ça peut être échange de services. Et donc, en commençant par le covoiturage, mais j'avais une ambition beaucoup plus large que le covoiturage, d'aller échanger des services autrement. Enfin, ça peut être, tu vois, des cours d'anglais contre un covoiturage. Je te taille ta haie et en échange, tu vois, tu... En gros, tu pouvais gagner des points en rendant service aux gens.
Speaker B
Je connaissais pas ce mot, en tout cas. Super intéressant. Échange de services.
Frederic Mazzella
Ouais, mais pas très connu le mot Comuto. Enfin, en anglais, il a donné to commute, alors ce qui du coup est un...
Speaker B
C'est là d'où vient communauté peut-être, non?
Frederic Mazzella
Alors, pas sûr.
Speaker B
Comme tu vois, le mot...
Frederic Mazzella
Le mot com, de toute manière, oui. Enfin, la racine com veut dire ensemble, quoi. Ça, c'est sûr. Mais je ne sais pas si Comuto a donné communauté. Pas sûr.
Speaker B
Et c'était comuto.fr du coup, le premier site?
Frederic Mazzella
Ouais, comito.com même. Et voilà. Et puis donc après, c'est beaucoup plus tard qu'on a changé la marque parce que c'est 6-7 ans après.
Speaker B
6-7 ans après, tu vois, quand on dit Long Night, c'est vrai que Blablacar, c'est venu 7 ans après Covoiturage.
Frederic Mazzella
2013, on a lancé la marque Blablacar en France, mais on avait déjà 2 millions de membres dans la communauté de covoiturage.fr. Qu'on avait développé entre 2006 et 2013.
Speaker B
Et alors, tu peux nous raconter les étapes successives? Il y a un truc que j'ai trouvé intéressant aussi, c'est que quand tu as fait un MBA à l'INSEAD, oui, tu allais pitcher à tout le monde Blablacar, enfin du coup Covoitureur, et tu es allé voir tout le monde. Tu as dit un truc amusant dans un podcast, en gros tout le monde était au courant, parce qu'en gros il y a pas une personne que tu es pas allé pitcher, à qui tu es pas allé pitcher l'idée. Je me demandais pourquoi, parce que vu que c'est d'autres étudiants.
Frederic Mazzella
Mais non, parce qu'il y a des classes dans lesquelles tu as des cours d'entrepreneuriat sur plein de sujets. Ça peut être comment tu lèves des fonds, comment tu fais ton business plan, comment tu t'associes correctement, comment tu fais bien ton marketing, comment tu fais. Bon, et dans tous ces cours-là, eh bien, tu as des projets concrets et tu dois prendre des exemples et tu viens pitcher à la classe ton projet. Puis voilà. Et donc tu prends comme exemple tu peux prendre ce que tu veux, mais moi je prenais toujours mon projet que je venais, je profitais de l'occasion pour le pitcher. Comme ça, j'ai eu beaucoup, beaucoup de retours de plein de gens puisqu'il y avait 90 nationalités en plus de personnes dans mon MBA. Et donc tu as des gens de toute la planète qui ont fait des retours et qui te disent, qui t'expliquent pourquoi ils pensent que ça va pas marcher généralement.
Speaker B
C'est ce que j'allais te demander, ouais.
Frederic Mazzella
Et donc c'est à toi de de trouver les bonnes réponses. Les bonnes réponses d'abord déjà par conviction, mais aussi des bonnes réponses produits surtout.
Speaker B
Donc les gens étaient plutôt sceptiques? Si tu devais donner une stat en gros sur 100%, est-ce qu'il y avait des gens qui y croyaient à ce moment-là à l'INSEAD ou en gros c'était plutôt 90% qui disaient que ça n'allait pas marcher? Quelles étaient les raisons qu'ils évoquaient?
Frederic Mazzella
J'ai pas fait de pourcentage, non. C'est marrant parce que c'est quand même assez positif, surtout l'INSEAD c'est des gens qui ont envie de construire des choses, tu vois. Quand même très dynamiques, très optimistes globalement. Donc ils avaient tous envie que ça marche, mais par contre, ils sont aussi très réalistes et ils t'opposent beaucoup de raisons pour lesquelles ça pourrait ne pas marcher. Donc je sais pas, je saurais pas te dire si les gens pensaient que ça marcherait pas ou pas, mais par contre, tout le monde avait des objections. Et ça, c'est très constructif parce que quand tu arrives à y répondre, tu deviens plus fort. Et en fin d'année, j'avais fait le concours de ce qui s'appelait la Business Venture Competition et là, j'avais gagné sur 30 projets qui étaient présentés. J'avais quand même, au fur et à mesure, j'étais devenu de plus en plus convaincant quand même.
Speaker B
Je savais pas ça, que tu avais eu un concours à l'INSEAD, que tu avais gagné avec le projet Blablacar.
Frederic Mazzella
Qui était déjà lancé.
Speaker B
D'ailleurs, c'est le bon moyen pour build un projet, je trouve, de build sur les retours d'utilisateurs potentiels pour tout de suite avoir cette ouverture d'esprit, en tout cas de s'intéresser aux retours et de construire le produit sur ça. Oui, je pense que ça, c'est smart de faire ça.
Frederic Mazzella
C'est indispensable. Je pense que quand tu fais progresser ton produit, il faut écouter tes premiers utilisateurs. Quand tu as la chance d'en avoir. Si tu n'en as pas, il faut aller questionner tes potentiels utilisateurs.
Speaker B
Alors c'est quoi les retours au-delà de l'INSEAD au début? Parce que du coup ça a mis du temps, tu vas nous raconter aussi les levées de fonds, il y a une rencontre avec Isaïe que j'ai trouvée assez passionnante. C'est au début pourquoi les gens, on peut dire, n'y croyaient pas ou étaient sceptiques? C'était quoi les principaux retours?
Frederic Mazzella
Il y avait quelque chose qui faisait peur à tout le monde qui était le seuil de masse critique, si tu veux, le seuil de liquidité. Enfin, techniquement, sur une place de marché, c'est comme ça que ça s'appelle. Mais c'est-à-dire la possibilité, quand tu viens chercher n'importe quel trajet d'une ville A à une ville B, de trouver des gens en face et que ce soit pas vide. Et donc ça, c'est quelque chose qui fait peur à tout le monde, et surtout en C2C. C'est-à-dire qu'en B2C, quand tu es un business to consumer, Tu peux aligner, le business aligne une offre et ce qui se met en face d'un client et donc tu es sûr que quand le client vient chercher le produit, tu as le produit en face. Quand tu es en consumer C2C, donc là tu as de chaque côté que des individus, que des personnes comme toi et moi, construire ton inventaire c'est très très dur et surtout faire en sorte que ça matche, c'est-à-dire quelqu'un qui cherche, tu vois, tu as vu quelqu'un qui cherche un Montpellier-Bordeaux demain à 18h30 et quelqu'un d'autre qui cherche, qui propose un Paris-Strasbourg après-demain à 14h, j'ai aucun moyen de faire matcher l'offre et la demande. Je peux pas vendre, la plus grosse difficulté, vendre un Paris-Strasbourg à quelqu'un qui cherche un Montpellier-Bordeaux, bien sûr, ça marche pas.
Speaker B
Et donc du coup, si tu multiplies le nombre de trajets au nombre d'horaires, ça demande la masse critique dont tu parles, parce qu'en fait ça demande de répondre un peu de partout en même temps. C'est ça. Et ça, c'est chaud.
Frederic Mazzella
Et ça, il y a un moment, il y a un moment où tu as suffisamment d'offres de gens pour que effectivement tu viennes chercher, puis là tu trouves tout le temps.
Speaker B
Mais au début, tu l'as pas, donc c'est ça le problème. Donc au début, tu dois faire un peu, ou alors tu te focus, tu fais par exemple que Paris-Lille.
Frederic Mazzella
Je dis une connerie, mais voilà, tu peux le faire. Mais ça, pour te focuser, ça veut dire qu'il faut que tu maîtrises des outils pour effectivement aller viser des personnes. Et puis après, au-delà de ça, là tu parles de techniques marketing et ça coûte de l'argent. Et quand t'as en plus pas d'argent, tu sais pas cibler comme ça les clients.
Speaker B
C'est le gros problème de ce genre de business, je trouve, en fait, cette espèce de masse critique qui est difficile à accéder. Parce que quand t'as pas d'argent, etc., et qu'en plus tu veux marcher, tu vises un marché global, tu veux révolutionner carrément même une industrie. Ouais, donc c'est pas étonnant finalement comme retour, c'était le retour qu'avaient les gens.
Frederic Mazzella
Je suis inquiet de savoir s'il va me bouffer avec ton pion ou avec ta dame.
Speaker B
Allez, je vais bouffer avec la dame.
Frederic Mazzella
Ça te permet de sortir ta dame, tu as vu comme je suis sympa.
Speaker B
Voilà, j'aime pas sortir madame trop vite moi aux échecs, donc ça, je suis pas confortable. Mais bon, on est à 3-3 là, on va se dire.
Frederic Mazzella
J'ai profité de l'occasion, je t'ai bouffé un truc, je me dis c'est peut-être le seul truc que je vais réussir à te bouffer sur la partie, donc je—
Speaker B
donc ok, c'est l'offre et la demande. Alors un autre truc intéressant Tu disais que tu avais rencontré un mec, je sais pas si c'était à l'INSEAD, où tu l'avais pitché le projet et il t'avait dit, you need a business model.
Frederic Mazzella
Ah oui, or you'll die. Ça sent la suite de la phrase.
Speaker B
Ce qui est important, ouais. Pourquoi? Parce qu'au début, il t'avait demandé ça parce que tu avais une idée, mais en gros, tu savais comment tu allais révolutionner un peu le marché, mais tu avais pas forcément le business model derrière?
Frederic Mazzella
Pas du tout. C'est-à-dire que je voyais le service, l'utilité du service, je voyais que ça intéressait des gens. Mais comment équilibrer ça financièrement? J'étais pas allé jusque-là, on va dire.
Speaker B
C'est marrant ça quand même. Tu t'es à aucun moment à ce moment-là t'avais tout pensé?
Frederic Mazzella
Non mais enfin si, j'y avais pensé, mais j'avais pas. En fait, il y avait encore aussi ce mythe que tu pouvais faire grandir un service et puis que miraculeusement à un moment, si t'avais beaucoup d'audience, il se financerait par la pub.
Speaker B
Genre un Facebook par exemple. Voilà. C'était l'époque, c'est ça?
Frederic Mazzella
Voilà. Fais construis quelque chose qui a de l'audience et puis tu trouveras un moment. Un moyen de le financer grâce à la pub. Sauf qu'il faut des volumes de malade mental pour arriver à financer quelque chose par la pub. Donc ça marche pas. Et donc je discute avec ce prof de stratégie, je lui explique ce que je veux faire, tout ça, puis comment je le fais. Puis à un moment, il comprend qu'il n'y a pas un euro qui rentre dans le système, quoi. Et là, il me dit, Fred, you need the business model or you will die. Je pense qu'il a rajouté or you will die pour me faire comprendre que c'était grave, tu vois, qu'il fallait que je m'en occupe. Et voilà. Et donc non, après par contre, oui, j'ai déroulé 6 modèles économiques possibles pour Blablacar, ouais, en me disant bon, en espérant qu'il y en ait un qui marche. Alors après, ce qui s'est passé, c'est qu'on a essayé les 6. Moi, je pensais que, tu vois, on en essaierait un ou deux. Alors le danger là-dedans, c'est que Sur les 6, il y en a 2-3 qui ont entre guillemets marchouillé, 2 qui n'ont pas marché, puis un qui a marché. Mais on les a tous essayés. Alors le pire des—
Speaker B
Celui qui a marché, c'est le dernier ou pas?
Frederic Mazzella
C'est le dernier, ouais, malheureusement. C'était le plus dur à faire aussi. C'est celui où en fait tu permets la réservation en ligne complète, c'est-à-dire qu'un passager va pouvoir venir réserver sa place sur le covoiturage comme il réserve sa place dans un train, dans un bus. Et donc il paye à l'avance. Et ensuite, une fois que le trajet a eu lieu, hop, tu renvoies l'argent au conducteur. Sauf que le problème de ça, c'est que c'est pas tellement le paiement du passager en entrée qui est le plus complexe, c'est plutôt le décaissement vers les conducteurs. En tout cas à l'époque, parce qu'il n'y avait pas de Stripe, il n'y avait pas d'Adyen, il n'y avait pas de tout ce qu'on a aujourd'hui, tous les PSP, les Payment Service Providers. Tu vois, qui sont les plateformes qui te permettent de faire des entrées-sorties, enfin des paiements in, paiements out. À l'époque, il y avait pas de paiement out.
Speaker B
C'est pour ça que je te disais que c'est intéressant de donner le contexte. On avait pas tout ça à l'époque, tu vois. On avait pas toutes ces solutions, quoi.
Frederic Mazzella
On a construit notre PSP in-house, chez nous. Ça, c'est Francis.
Speaker B
C'est fou de se dire ça quand même, non? Non mais c'est fou d'imaginer ça. Ça montre à quel point, c'est ce que je te disais au début du podcast, il y avait pas toutes les solutions d'aujourd'hui, quoi. Aujourd'hui, tu as Stripe, MangoPay, enfin... Ouais, voilà. Tu plugs ça avec une API.
Frederic Mazzella
PayPal, enfin tu vois, il y avait pas ça.
Speaker B
Donc ça, ça a dû être assez chaud à développer parce qu'en plus il y a du KYC en plus.
Frederic Mazzella
Oui, bah oui, en plus ouais. Mais là pour le coup, moi c'est pas du tout moi qui ai développé ça, c'est vraiment Francis et son équipe tech avec des gens qui étaient formidables. Mais donc on a dû développer notre propre PSPOM.
Speaker B
En fait, tu avais un souci quand tu disais le C2C, c'est comme un marché libre par rapport au B2C, du coup tu peux pas vraiment mettre de cadre, c'est eux qui ont des comportements. Ils peuvent avoir tout type de comportement vu que c'est des particuliers. Il y a eu des dérives du coup dans le fait que les gens ne payaient pas pour réserver avant, c'est ça?
Frederic Mazzella
Ah oui, il y avait beaucoup d'annulations. En fait, c'est même une spirale qui nous aurait complètement tués. Enfin, le truc n'aurait pas fonctionné à l'échelle parce que tu avais des passagers qui annulaient. Alors annuler, ça veut dire soit je préviens une demi-heure, une heure ou 2 heures avant que je vais pas venir. Quand les gens sont polis, ils font ça quand même. Soit carrément poser un lapin.
Speaker B
Si tu poses un lapin, ça te coûte rien?
Frederic Mazzella
Ça coûtait rien à l'époque.
Speaker B
Ah oui, donc.
Frederic Mazzella
Et donc forcément, sur le nombre, tu vois, c'est quand on est arrivé à peu près à 1 million de personnes sur le réseau, on s'est rendu compte qu'il commençait à y avoir des comportements de gens qui se comportaient pas.
Speaker B
Parce que tu avais tellement de volume qu'après.
Frederic Mazzella
Voilà. Et donc tu avais des passagers qui ne venaient pas au rendez-vous, ce qui énervait Passablement les conducteurs qui en retour faisaient quoi? Qu'est-ce qu'ils faisaient les conducteurs en retour d'après toi?
Speaker B
Quand quelqu'un leur mettait un plan?
Frederic Mazzella
Ouais, mais oui, qu'est-ce qu'ils faisaient la fois d'après par exemple? Voir qu'on était à un point où il y avait 35% d'annulation, donc un passager sur 3 qui vient pas.
Speaker B
Moi si on m'annule comme ça, du coup j'appelle tout le monde une fois que les gens ont réservé dans ma voiture, j'appelle tout le monde la veille pour valider qu'ils soient sûrs d'être là, enfin tu vois. Ouais, par exemple, je ferais ça.
Frederic Mazzella
Tu peux faire ça.
Speaker B
Ouais, qu'est-ce que je pourrais faire d'autre? J'augmenterais le prix peut-être pour qu'au moins par rapport à mon taux d'annulation, je me retrouve avec le même prix.
Frederic Mazzella
Ah oui, mais là tu vas plus remplir ta voiture.
Speaker B
Mais tu as raison, ouais.
Frederic Mazzella
Donc non, ça marche pas, tu seras pas concurrentiel.
Speaker B
Je réfléchis parce que j'en ai jamais fait de covoiturage, donc je suis pas la bonne personne.
Frederic Mazzella
Imagine, tu as 3 places dans ta voiture.
Speaker B
Ah, je sais, bon, je surbooke.
Frederic Mazzella
Ouais, mais là on avait des conducteurs.
Speaker B
Non, j'oserais pas surbooker, donc je vais au bout quand même de mon idée. J'oserais pas parce que ça me gênerait vachement que 4 personnes arrivent devant ma voiture et que j'en prenne 3 et que j'en laisse un devant la porte.
Frederic Mazzella
Enfin voilà, donc nous on avait des conducteurs qui faisaient du surbooking, donc ils disaient oui à 4 ou 5 personnes alors qu'ils avaient que 3 places, parce qu'ils disaient attends, la dernière fois c'est bon, on m'a planté, donc voilà. Et qu'est-ce qui se passait après quand effectivement si tout le monde se pointe, tout le monde vient? Et qu'il y a 4 ou 5 personnes qui viennent alors qu'il y a que 3 places, tu es obligé d'en laisser un ou deux sur le trottoir.
Speaker B
En plus, parce que le mec qui s'est pointé, s'il allait, parce que la voiture elle vient pas le chercher en bas de chez lui je pense, donc s'il se pointe au lieu du rendez-vous, c'est à 15-20 minutes de chez lui, qu'il a toute une organisation autour de ça et qu'on le plante, tu as un niveau d'insatisfaction. En fait, tu crées un hater de Blablacar là, mais qu'est-ce qu'il te déteste après.
Frederic Mazzella
Qu'est-ce qu'il fait la prochaine fois ce passager?
Speaker B
Ah, ce passager, déjà il laisse des mauvais commentaires je pense sur Google et tout, il pourrit ton image.
Frederic Mazzella
Oui, mais à l'époque c'était Pas tellement, mais qu'est-ce qu'il fait le passager la fois d'après quand il réserve?
Speaker B
Il book plusieurs voitures en même temps.
Frederic Mazzella
Lui-même il fait du double booking, il va réserver dans 2 voitures en se disant c'est fou de voir les effets collatéraux. Ah oui, s'il y en a une qui me plante, comme ça j'en ai une deuxième. Donc tu vois le truc, le cercle complet.
Speaker B
On pourrait dire il y a des marchés qui s'autorégulent et il y a des marchés qui s'autocréent des problèmes. Et là tu étais plus dans ça te crée des problèmes, ça pouvait pas s'autoréguler dans ce fonctionnement.
Frederic Mazzella
Non, non, ça partait vraiment en vrille parce que le simple fait d'avoir des annulations initialement, ça créait du surbooking, enfin du surbooking chez les conducteurs qui faisaient du surbooking et du double booking chez les passagers qui souhaitaient se backer pour être sûrs d'avoir une voiture. Donc il fallait absolument stopper le truc. Et ça, c'est le paiement en ligne et la réservation en ligne qui l'a stoppé parce qu'on est passé du jour au lendemain de 35% d'annulations à moins de 2%.
Speaker B
Est-ce que quand tu annulais, il y avait des frais aussi ou pas? Par exemple, je paye mon voyage 30 €.
Frederic Mazzella
On pouvait pas avoir de frais tant qu'il y avait pas le paiement en ligne.
Speaker B
Oui, mais quand ils commencent à payer, donc tu me bookes 30 € la réservation, j'ai pas annulé au dernier moment, mais 30 €, tu me rends par exemple 25 ou tu me rends, les 30 sont bloqués, enfin tu perds les 30.
Frederic Mazzella
Alors tu parles quand il y avait pas la réservation ou quand il y avait la réservation?
Speaker B
Quand il y avait la réservation. Non, quand il y avait pas la réservation, tu payais pas.
Frederic Mazzella
Tu peux rien faire.
Speaker B
Non, je parle vraiment après quand c'était payant.
Frederic Mazzella
Après, et d'ailleurs le mécanisme est toujours le même, ça a toujours été le même. C'est que tu payes par exemple 30€ et tu as 5€ de frais de réservation et tu as 25€ qui vont au conducteur. Oui. Eh bien à ce moment-là, si tu annules, et ça c'est un truc que j'avais mis en place dès le début de la réservation et qui n'a pas changé depuis, si tu annules plus de 48 heures avant Tu récupères tout, c'est-à-dire tu récupères les 25 euros.
Speaker B
Donc pas tous les 5 euros, non.
Frederic Mazzella
Tu as dit 25 euros, non, les 5 euros. Non, parce qu'en fait, si tu annules aussi les 5 euros, ce qui se passe, c'est que les gens, ça revient au même, ils peuvent annuler.
Speaker B
À quoi que c'est 48 heures là, donc bon.
Frederic Mazzella
Ouais, mais ok. Si tu annules ensuite dans les dernières 24 heures, tu récupères que la moitié. Enfin, donc il y a toujours la commission qui est, elle, tu la récupères pas. Mais sur les 25 €, tu vas récupérer 12,50 €. Il y a 12,50 € qui vont en dédommagement au conducteur. Et si tu annules après le départ, en fait, tu annules après le départ, là, tu récupères rien. Voilà.
Speaker B
Donc le paiement, ça a tout réglé. Vous êtes passé à 2 quand même. Mais bon, après, les frais d'annulation, il y a moins d'insatisfaction parce que le conducteur, il touche quand même quelque chose.
Frederic Mazzella
Oui, s'il y a une annulation de dernière minute, il touche quand même quelque chose.
Speaker B
Donc vous êtes passé de 35 à 2 %, mais en plus, dans les 2 %, Il n'y a plus cette insatisfaction.
Frederic Mazzella
Et ça, c'était le 6e modèle économique. Avant, on a fait un modèle économique de vente de plateformes aux entreprises. On a essayé aussi de la pub, on a essayé des forfaits mensuels, annuels. On a essayé des systèmes de mise en relation téléphonique par des ponts téléphoniques payants. On a essayé des plateformes pour des festivals ou des événements, des concerts, des comme ça.
Speaker B
Et du coup, vous avez gardé que le dernier?
Frederic Mazzella
Bah oui, c'est le seul qui a marché. Disons que les autres, on en a eu plusieurs qui marchouillaient. Marchouiller, c'est le pire, ça, c'est un marécage. Quand tu crées une boîte et que tu as un truc qui marche un peu, mais pas trop, en gros, tu as besoin de le pousser beaucoup, c'est très dangereux.
Speaker B
Je vais même faire un parallèle, même plus globalement, quand tu crées une entreprise et que ça marchouille, c'est emmerdant parce que tu te dis toujours qu'à un moment donné, ça va peut-être décoller. Et ça te suffit pour continuer de le développer. Oui, je pense qu'il y a plein d'entrepreneurs qui restent dans leur entreprise 10-15 ans parce que ça marche justement et que du coup ça te laisse l'espoir d'un jour faire mieux. Donc vaut mieux parfois même que ça marche pas pour que ce soit catégorique, tu vois.
Frederic Mazzella
Et c'est clair, quand ça marche pas, ça marche plus. Quand c'est clair, tout à fait. Alors attends, c'est à qui de jouer?
Speaker B
C'est à toi de jouer, j'ai pris ton fou là.
Frederic Mazzella
Ouais, c'est ça finalement.
Speaker B
Voilà, on est à 3-3, d'accord, au bout d'une petite heure de podcast, je pense. Et alors, c'est combien d'utilisateurs aujourd'hui Blablacar? C'est combien d'utilisateurs?
Frederic Mazzella
Attends, non, c'est une bêtise ce que je viens de faire.
Speaker B
Ça va, non mais ça t'embête un peu, mais non, non, non, il y a mieux, il y a mieux à faire, il y a beaucoup mieux, il y a beaucoup mieux, il y a beaucoup mieux, beaucoup mieux sûrement. Parce que là, le pion, je te le bouffe après.
Frederic Mazzella
Oui, et puis tu crains pas grand-chose parce que je vais pas, enfin en gros, j'échange un pion contre un cheval, ce qui est assez débile.
Speaker B
En fait, toi, ton pion, il est protégé par ta dame et ton cavalier. Tu mets là et moi j'ai un cavalier, un fou, un pion et ma dame. Donc ça finit, moi je suis x4 et toi tu es 2.
Frederic Mazzella
Ça finit mal pour moi, ça finit mal pour toi cette histoire. C'est ça, c'est pas une bonne idée.
Speaker B
Est-ce que c'est vous qui avez inventé le covoiturage dans le monde ou est-ce qu'il y avait une plateforme qui se développait ailleurs dans le monde avant vous?
Frederic Mazzella
Alors historiquement, non. Alors en fait, le covoiturage est une activité qui existait en Allemagne, mais alors façon assez différente depuis pas mal de temps. Il y avait un truc qui s'appelait Mitfahrtzentrale, qui veut dire centrale de covoiturage, parce qu'ils avaient un mot aussi, mitfahren, ça veut dire covoiturer en allemand. Mit, c'est avec et fahren, c'est se déplacer, aller.
Speaker B
Et c'était petit?
Frederic Mazzella
C'était une structure qui avait des petits cabanons, des guichets dans les gares. Et en fait, tu pouvais, quand tu allais réserver ton billet de train, aussi au même endroit dire, ben en fait, je fais ce trajet-là en voiture, donc je propose des places. Et ou aller chercher des gens qui faisaient les mêmes trajets que les trains, quoi.
Speaker B
OK.
Frederic Mazzella
Et donc qui se finançait en prenant des commissions sur les montants qui étaient réservés. Mais c'était avant internet, tu vois. Et alors ce Meet the Central était arrivé sur internet avec des gens qui avaient pris la même chose et qui l'avaient mise sous forme de fichier Excel, si tu veux, presque, sur internet. Au niveau ergonomie, ils étaient pires que nous.
Speaker B
Ça, c'est archaïque quand même.
Frederic Mazzella
Oui, mais bon, on parle d'un temps... C'était pas hier.
Speaker B
C'est que 2004-2005, c'était... Ouais, il y avait eu...
Frederic Mazzella
D'ailleurs, il y avait ce qui nous a ralenti aussi beaucoup d'ailleurs en tant qu'écosystème France et même Europe, c'est l'interprétation qu'on a faite de la bulle internet. La bulle internet, si tu veux, aux États-Unis, ils ont pris ça comme un, comment dire, un speed ticket quoi, enfin une contravention d'excès de vitesse. Nous, et donc ils ont continué à investir, mais bon, c'est simplement que les investisseurs voulaient que ça aille plus vite que ce que la technologie était capable de livrer, enfin, ou le marché. C'est souvent comme ça quand il y a une bulle, c'est juste une anticipation. Des gens voient un truc venir et ils ont envie que ce soit plus gros que la vitesse à laquelle ça peut se développer. Et donc ils ont continué à investir, mais un peu moins, et se sont dit bon, on avait vu juste, mais on a voulu aller un peu vite. Nous en France et en Europe, ça a été plutôt interprété comme, ah bah voilà, de toute façon je vous l'avais dit, internet ça marchera pas. Et donc il y avait une forme de, de la part des incumbents, des gens qui étaient en place, une part de positionnement pour dire, bah voilà, on vous avait dit internet c'était un feu de paille, ça va rien rapporter. Et donc ça justifiait ça et ça justifiait une inertie et un conservatisme encore assez fort. Je me souviens que pour ouvrir un compte en banque pour Blablacar, j'ai fait 7 banques et dans la 7e banque, j'ai pas prononcé le mot internet parce que des fois quand je disais internet, pour ouvrir un compte en banque en ne prononçant pas le mot internet pour Blablacar, faut...
Speaker B
C'est dur.
Frederic Mazzella
C'est dur.
Speaker B
C'est dur.
Frederic Mazzella
C'est un exercice de style.
Speaker B
Ah ouais, ça doit être marrant ça. Parce que ça serait marrant d'avoir un enregistrement de toi pour Pitcher Blablacar sans parler d'internet.
Frederic Mazzella
Parce que j'ai des banquiers qui m'ont raccompagné à la porte. Il y en a un, une fois, il me raccompagne à la porte en me tapant sur l'épaule en me disant merci monsieur, mais internet en a déjà donné.
Speaker B
C'est marrant parce qu'internet, du coup, dans ces années-là, c'est comme la crypto et le Web3 aujourd'hui, quoi.
Frederic Mazzella
Peut-être, ouais.
Speaker B
En gros, parce que pareil, aujourd'hui, tu veux ouvrir un compte, tu dis je vais faire une entreprise crypto, je pense que tu as des chances de pas réussir à ouvrir le compte. Ouais, donc c'est marrant de se dire qu'internet ça pouvait être vu comme la crypto à l'époque quoi, surtout à ce moment-là. Et du coup, ce que tu veux dire c'est que du coup, vu qu'en Europe c'était plus compliqué, tu étais dans un écosystème beaucoup plus frileux qu'aux États-Unis, pour toi ça a rajouté des barrières pour tes levées de fonds? J'aimerais bien en savoir plus sur ça, comment tu as levé des fonds.
Frederic Mazzella
J'étais en train de réfléchir à mon coup d'échecs, je me disais que j'avais du temps, mais tu poses une question compliquée. Comment je vais faire?
Speaker B
Ah oui, pas mal, c'est ma stratégie.
Frederic Mazzella
Ah ouais, ben je vois ça. Alors tu déstabilises et sur le jeu et sur les questions.
Speaker B
Parce que moi je pose des questions, après je peux réfléchir une fois que j'ai posé la question.
Frederic Mazzella
Ben c'est ça.
Speaker B
Je suis censé t'écouter quand même aussi.
Frederic Mazzella
Oui c'est ça. Dans les avantages que tu as, on a dit à domicile, on a dit t'es fort aux échecs, mais il y a aussi que tu poses des questions et puis après tu te demandes des questions compliquées. Et c'est plus facile de poser une question compliquée que d'y répondre.
Speaker B
Ah bah oui. Beaucoup plus facile. Voilà.
Frederic Mazzella
Non mais.
Speaker B
Beaucoup plus facile parce que toi tu dois y répondre avec des bons arguments. Moi j'ai juste à poser la question.
Frederic Mazzella
C'est ça. C'est ça, c'est un trac.
Speaker B
Maintenant moi je dois oublier. Ah non c'est bon, je l'ai encore sur tes commentaires lever des fonds, etc. Parce que si tu pouvais pas parler d'internet. D'ailleurs je me demandais aussi s'il y avait beaucoup de fonds qui t'avaient fermé la porte à ce moment-là. Je suis toujours pas.
Frederic Mazzella
Un fonds te ferme jamais la porte.
Speaker B
Ah non t'as raison.
Frederic Mazzella
Un fonds garde toujours la porte ouverte.
Speaker B
C'est vrai, c'est vrai. Ça pardon excuse-moi j'ai pas été précis dans les termes. C'est leur métier de garder les portes ouvertes au cas où parce qu'il y a un coût d'opportunité trop fort de louper quand ça explose. Il y a Paul Lé de qui a lancé La Belle Vie. Il a eu quand même 121 refus. Je sais même pas qu'il y avait 121 fonds à ce moment-là pour lever des fonds. T'imagines 121? C'est balèze.
Frederic Mazzella
Moi, je les ai pas comptés, mais ouais, il y en a eu un certain nombre. Ouais. Alors attends, je joue ou je réponds?
Speaker B
À toi de jouer. Allez, à toi de jouer d'abord et je te laisse répondre.
Frederic Mazzella
Voilà.
Speaker B
Chaque chose en son temps.
Frederic Mazzella
Et t'as pas le temps de réflexion. Tu diras pas.
Speaker B
Les gens ne savent pas faire les choses en même temps.
Frederic Mazzella
Voilà. Comme ça, tu pourras couper et on verra pas que j'ai réfléchi 30 minutes pour faire un coup complètement nul.
Speaker B
En fait, coupez depuis le moment où t'as réfléchi, comme ça on se dira, putain, il est super rapide.
Frederic Mazzella
Non, parce que si les gens voient que je réfléchis 30 minutes pour faire un coup complètement nul, tu vois, ça va être... Alors, qu'est-ce que je peux bien faire?
Speaker B
Pour l'instant, on est bien, on est équilibré, pas d'erreur, pas de faute de jeu.
Frederic Mazzella
Tu m'en as évité une d'erreur.
Speaker B
Mais tu sais que plus tu joues, plus le nombre de combinaisons augmente? Tu vois, l'ordinateur, en gros, pour calculer, là, il aurait... Plus ça avance... Tu vois, au début, je crois que tu as... Faudrait que je regarde, mais je crois que tu as 32 coups possibles. Là où on en est, c'est plus trop... Tu peux plus trop calculer le nombre de possibilités, quoi. C'est ça qui est fascinant dans ce jeu aussi, quoi.
Frederic Mazzella
Qu'est-ce que je peux faire? Tiens, je vais faire ça. Ça sert pas à grand-chose. Ça sert pas à grand-chose, mais bon, ça...
Speaker B
Ouais, c'est un coup...
Frederic Mazzella
C'est un coup d'attente.
Speaker B
Un coup d'attente, c'est ça. Ça se dit coup d'attente aux échecs. C'est quand finalement il n'y a pas trop de trucs à faire game changer. Faut jouer un coup pas trop mal dans ces cas-là qui met pas trop en danger. Qu'est-ce que je peux faire moi? Vas-y, je te laisse répondre à la question. C'était les levées de fonds et les galères que tu as eues. Puis au début, parce que je sais qu'il y a une personne chez Isaïe qui t'a fait confiance et j'ai beaucoup aimé parce que j'ai aimé le fait qu'il y ait quelqu'un d'autre que toi. J'ai le sentiment quand je t'ai écouté parler qu'il a compris vraiment ce que tu étais en train de lui dire, qu'il était en train de voir la révolution comme toi. Et j'ai beaucoup aimé l'idée du partage. Tu as pitché et il y a un mec qui a vraiment compris ce qui allait se passer.
Frederic Mazzella
Oui, oui. Et puis en plus, il avait initialement— c'est marrant parce que j'avais rencontré Ouria Loayon, tu dois connaître, qui écrivait pour TechCrunch à l'époque.
Speaker B
De nom.
Frederic Mazzella
Qui est un entrepreneur. OK. Qui donc était, enfin écrivait pour TechCrunch, donc qui était dans le milieu de la tech très vu, connu. Et j'avais réussi à le rencontrer et puis il avait bien aimé le concept. Et puis ensuite il m'avait fait rencontrer, alors il y avait un fonds qui était en train de se créer avec Pierre Kosciusko-Morizet qui qui a fait Price Minister, tu sais, et qui voulait réinvestir dans l'écosystème des entrepreneurs et qui était en train de monter un fonds. Et il travaillait avec Christophe Reynaud à l'époque. Et j'avais rencontré Christophe qui avait trouvé le projet bien. Et puis finalement, j'ai réussi à rencontrer Jean-David, Jean-David Chamboridon, qui a pris le toute la gestion de ce fonds-là qui s'appelle Isaïe, qui était en train de se monter avec différents entrepreneurs qui avaient rassemblé de l'argent dans un fonds pour pouvoir investir sur la prochaine génération d'entrepreneurs, notamment dans l'internet, mais pas seulement. Et donc quand je l'avais rencontré, alors lui c'était un grand investisseur qui sortait d'un grand fonds d'investissement et qui là montait ce nouveau fonds-là. Et il m'avait rencontré, je pense, plutôt parce que les autres de l'équipe lui avaient dit non mais il faut que tu le rencontres. Parce que je, enfin au début, comme beaucoup, comme tout le monde, le covoiturage ne semblait pas quelque chose d'attractif. Et même tu vois tout ce qu'on appelle sharing economy, donc l'économie du partage, c'était pas lancé, enfin Airbnb était pas lancé, enfin tu vois, donc c'était pas, ou même l'économie de la seconde main, enfin il y avait, Est-ce qu'il y avait Leboncoin à l'époque? C'est possible que oui, ou c'était en train de... Ouais, ça devait... Enfin, il y avait eBay, ça c'est sûr. Mais bon, enfin, tu vois, la seconde main ou l'échange de services, c'était pas encore aussi présent que ce que c'est aujourd'hui. Et donc, il me rencontre et il commence par me dire, bon voilà, votre temps est précieux, le mien aussi, donc on va y passer. Enfin, moi, dans mon souvenir, il m'avait dit, Il dit, on va passer 10 minutes et puis voilà, si l'idée ne correspond pas à ce que je recherche comme investissement, eh ben on se dira au revoir et puis ça ne présage en rien de votre futur, mais c'est juste pour qu'on ne perde pas du temps, vous et moi, on s'arrêtera là quoi.
Speaker B
Ça vise la couleur directement en tout cas.
Frederic Mazzella
Là tu te dis, bon j'ai 10 minutes pour me montrer. Pour moi c'était un gros enjeu parce que J'avais déjà vu plusieurs investisseurs qui m'avaient dit non.
Speaker B
Tu voulais lever combien? C'est la première levée?
Frederic Mazzella
Ouais, je voulais lever 1 million.
Speaker B
1 million d'euros. Aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est devenu une commodité, mais à l'époque, à un moment donné, c'était pas comme ça.
Frederic Mazzella
Moi, j'ai commencé par structurer de l'argent. Alors moi, avec Damien, on avait mis chacun 5000 € au début. Après, on a remis un peu d'argent en empruntant. On a réussi à emprunter via Scientipôle à l'époque, qui prêtait de l'argent aux entrepreneurs à taux zéro. Qu'on a remboursé du coup après. Et puis après, j'avais eu quelques amis qui me voyant galérer s'étaient dit il faut qu'on aide Fred. Donc ils avaient investi dans la société à un prix défiant toute concurrence en termes de valo.
Speaker B
Tu imagines pas combien ils avaient investi de valo pour se rendre compte. On appelle ça de la love money ou friends and family, c'est-à-dire que c'est des amis, des proches qui ont cru en toi, qui t'ont aidé.
Frederic Mazzella
Ouais, ça devait être sur une valo en dessous du million d'euros.
Speaker B
En dessous du million d'euros?
Frederic Mazzella
Ouais, la valo.
Speaker B
Je sais pas que c'était possible ça. Ça existe plus aujourd'hui, mais oui, à cette époque c'est possible. Donc ça doit être sympa ça, parce que tu dis j'ai rendu service.
Frederic Mazzella
C'est bien, c'est toujours des copains d'ailleurs.
Speaker B
Ok, ah bah là ils doivent bien t'apprécier aussi au-delà de l'amitié. Parce que si tu investis 10 000 € dans une valorisation, par exemple allez on va dire 1 million, Et qu'ensuite je peux même pas faire le multiple si un jour c'est valorisé plus d'un milliard, entre un million et beaucoup, ça fait entre fois cent et fois mille.
Frederic Mazzella
Voilà, c'est ça, c'est sympa. Ouais, c'est bien.
Speaker B
Tu mets dix mille euros, tu peux ressortir avec dix millions d'euros.
Frederic Mazzella
Tu peux.
Speaker B
Bon investissement.
Frederic Mazzella
Mais donc et après je suis allé voir donc un fonds. Enfin là pour lever un million il fallait beaucoup. Plus que des copains, quoi. Et donc on a fait ce rendez-vous-là avec cette échéance où il fallait que je sois efficace en 10 minutes pour pas terminer le rendez-vous. Et donc j'ai pitché avec tout ce que je pouvais, enfin je me suis pas arrêté, il posait des super bonnes questions évidemment. Et j'ai pitché, pitché, pitché pendant 1h30 en me disant mais la cloche va sonner et il va me dire c'est fini. Et puis non, ça se termine quand même au bout d'un moment, au bout d'une heure et demie de pitch, tu vois, tu arrives quand même un peu au bout de tous les arguments qui font que tu es convaincu que ce truc-là va marcher. Et là, il s'arrête, il fait une pause, il me regarde, il me dit, vous avez de l'or entre les mains et on va se tutoyer parce que l'histoire n'est pas finie. Et ouais, ça a changé le futur de Blablacar.
Speaker B
C'est la première personne qui a vraiment cru dans le projet en tant qu'investisseur institutionnel. D'ailleurs, on peut lui faire un petit clin d'œil parce que j'ai— alors c'était 2012 ou pas où il a investi?
Frederic Mazzella
2010.
Speaker B
2010. Parce que j'ai regardé, alors figure-toi que j'ai reçu les performances des fonds de VC en France avec tous les fonds confondus. Et devine qui était le numéro 1? Isaïe. Ah oui? Ouais, Isaïe numéro 1 fonds VC en France. D'ailleurs, si tu le connais, j'ai pas le prénom de la personne qui t'a fait confiance.
Frederic Mazzella
Jean-David Chambord.
Speaker B
Il faudra que— je sais pas s'il fait des podcasts. Mais que je puisse lui dire en face que c'est beau d'avoir créé le premier fonds VC en termes de performance. Oui, il a la meilleure performance des fonds français VC aujourd'hui.
Frederic Mazzella
C'est mérité.
Speaker B
Donc c'est que, et c'est aussi parce qu'il croit dans des histoires comme ça au début.
Frederic Mazzella
Oui, il est capable, enfin ils sont capables, l'équipe Isaïe au global, de croire dans des histoires qui n'existent pas encore, ce qui est la grande qualité, vertu si tu veux, d'un investisseur évidemment. Qu'est-ce qui me fait comme bruit?
Speaker B
Allez, un petit coup en même temps. Donc il a cru en toi.
Frederic Mazzella
Petit coup méchant.
Speaker B
Ouais, c'est Attention, ça attaque là, ça attaque sec. En tout cas, ça fait plaisir d'entendre ce genre d'histoire, la rencontre entre un investisseur et un entrepreneur, et qu'il ait cru en toi à ce moment-là parce que ça devait pas être facile. En fait, faut se mettre aussi à sa place, je pense. Ça devait être assez, tu vois, c'est assez couillu de sa part aussi quand même quand tu sais la masse critique qu'il fallait avoir. Je suis assez content de mon coup là, je suis assez fier.
Frederic Mazzella
C'est assez méchant.
Speaker B
Ouais, c'est— non, je suis assez content là, honnêtement.
Frederic Mazzella
Bien méchant, je partage.
Speaker B
Ouais, je pense c'est un bon coup. Ouais, ouais, dommage qu'il y ait pas un ordinateur ou un truc pour savoir, tu sais, qui te dit ce que ça peut calculer, ce qui est un bon coup. Oui, il peut— la machine aujourd'hui peut te dire, tu vois, où tu en es. D'ailleurs, quand tu regardes, moi je suis passionné d'échecs, donc je regarde les championnats du monde et tu vois la jauge. Et alors, ce qui est génial, c'est que parfois la jauge, elle est genre, je te dis une connerie, mais tu as 90% de blanc, 10% de noir. T'as 90% de chances que les Blancs gagnent et ça peut toujours s'inverser quoi, sur un mauvais, un malentendu on va dire, un mauvais coup. Petite pause, c'est qu'on est en format podcast donc je dois, faut que je parle en même temps sinon les gens vont dire ah c'est fini, vont couper.
Frederic Mazzella
Maintenant ils réfléchissent et par définition souvent quand tu réfléchis tu parles pas.
Speaker B
C'est vrai.
Frederic Mazzella
Parce que quand tu réfléchis en même temps que tu parles en général justement c'est le moment où tu dis des conneries, tu fais des conneries.
Speaker B
T'as raison ouais. Oui, c'est ça le problème. Peut-être le meilleur moyen d'avoir une bonne idée, c'est d'être en voiture en train de réfléchir comme toi quand tu as pensé à Blabla Gueule. Parce que quand tu es en voiture, c'est que tu es là, tu rêvasses un peu. Oui. Et c'est peut-être un bon moment pour avoir des bonnes idées en voiture. Après, toi, c'est un projet où tu n'avais qu'à tourner la tête pour avoir l'idée qui pop.
Frederic Mazzella
Mais j'allais dire, il est où mon fou blanc? Mais j'en ai plus. Mon fou noir, mais qui est sur les cartes.
Speaker B
Ouais, sur la cage blanche. Ouais. Non, on l'a échangé. Alors d'ailleurs, figure-toi que le fou, on dit qu'il a plus de valeur à la fin de partie, mais bon, c'est pas forcément vrai. Mais d'accord, mais non, en vrai ça se vaut. Mais c'est vrai que là, la position est pas facile. Là, j'avoue que, j'avoue que c'est pas simple. Ça se devient difficile. Bon, après on va faire la transition sur ton nouveau projet également. Je te laisse faire ton coup.
Frederic Mazzella
Qu'est-ce que tu peux faire?
Speaker B
Pas grand-chose. En fait, je peux pas.
Frederic Mazzella
Oui, tu peux pas. En fait, c'est que j'ai juste emmerdant.
Speaker B
En fait, je suis emmerdant, j'ai une bonne position, mais en soi, je peux pas faire grand-chose non plus. Voilà, c'est ça. Et c'est ça qui peut être un bilan dans les menaces.
Frederic Mazzella
Et tu as pas beaucoup dedans.
Speaker B
Exactement, tu vois. En fait, oui, c'est, c'est pas confortable pour toi, mais je ne peux pas non plus faire grand-chose. Au prochain coup. Non, mais je pense que j'ai une meilleure position quand même sur l'échiquier parce que je contrôle plus de cases.
Frederic Mazzella
Ah, c'est ça, c'est comme ça qu'on compte.
Speaker B
Ouais, je pense.
Frederic Mazzella
Oui, puis surtout tu es allé beaucoup plus loin que moi.
Speaker B
Ouais, ouais, c'est ça, je prends un peu plus d'espace. Effectivement, tu as la bonne, la bonne réflexion. Et je me demandais, Blablacar, comment vous avez trouvé le nom? Parce que moi, je trouve le nom génial et je me rappelle même du jingle.
Frederic Mazzella
Bla bla car.
Speaker B
Ouais, c'est ça. Bla bla car, bla bla car. Et du coup, c'est rare qu'un jingle reste. Et ça, vous avez réussi ce coup-là et c'est aussi grâce au nom. Comment vous avez fait pour le nom? À quel point vous avez brainstormé ou comment c'est venu?
Frederic Mazzella
Alors attends, je joue d'abord.
Speaker B
OK, pardon.
Frederic Mazzella
Excuse-moi, j'ai pas bien vu ta technique. J'ai bien vu, j'ai compris ta technique de stabilisation. Permanente.
Speaker B
J'avoue, je plaide coupable sur ça.
Frederic Mazzella
Tu invites des gens qui savent pas jouer aux échecs pour les humilier devant des milliers de, devant des millions de téléspectateurs.
Speaker B
Bon, après, là, il y a que les passionnés d'échecs qui restent jusqu'à la fin de la partie. En général, s'ils jouent pas aux échecs, là, ils se disent bon, les deux là, ils sont gentils, mais ça va pas très vite déjà. Je devrais mettre une petite pendule pour ajouter une difficulté, mais non, ça serait trop intense.
Frederic Mazzella
J'ai envie de faire un truc débile, généralement c'est pas une bonne idée.
Speaker B
Ça dépend, ça peut créer un peu de désordre.
Frederic Mazzella
C'est ça, mais est-ce bien raisonnable? Tiens, je fais un truc débile. OK, mais c'est juste pour créer un peu de chaos.
Speaker B
Pour créer du chaos.
Frederic Mazzella
Pour que tu te dises pas c'est bon, je suis sur les rails, je maîtrise tout. Et puis j'ai compris ton histoire de posséder des cases. Alors là, du coup, je possède un peu plus de cases.
Speaker B
Et c'est marrant que tu parles de ça parce que j'ai interviewé Charles Corentin ici, qui a cofondé Alan et Mistral, et il me parlait d'une stratégie qui existe. Je sais que lui, il est vraiment très bon. Et il disait que quand t'es pas dans une bonne position, il y a une stratégie de créer du chaos dans l'échiquier pour qu'en gros, ça sorte l'autre de son confort où il déroule.
Frederic Mazzella
Ouais, c'est ça.
Speaker B
Du coup, tu fais un coup et là, tu te dis mais qu'est-ce qu'il me veut? Il faut toujours—
Frederic Mazzella
il y a une autre technique qui consiste à dire tu fais un coup débile alors qu'en fait c'est un coup extrêmement intelligent et que tu as prévu. Tu t'es arrangé pour depuis le début faire croire que tu étais nul aux échecs.
Speaker B
Ouais. Et alors qu'en fait j'y ai cru à un moment donné parce que tu m'as fait un coup là-bas et j'ai eu peur, tu vois. Et après j'ai compris que c'était mauvais, mais tu étais tellement confiant que ça m'a perturbé. Ouais, donc on revient sur le podcast un petit peu pour nos chers téléspectateurs. Le nom Blablacar, alors est-ce que c'est venu comme ça?
Frederic Mazzella
Non, alors déjà, bon, on savait qu'il fallait qu'on change de nom. Ça, c'était sûr parce que pour aller à l'international, Covoiturage ou Covoiturage, tu vois, qui sont covoiturage dans d'autres langues, ça marchait pas. Et donc on était persuadé qu'il fallait inventer un autre nom tout en ne sachant pas lequel. Donc moi, j'en ai cherché, on a fini par avoir une liste de 250 noms. Et après, j'avais fait une shortlist. Et alors, sur comment le nom Blablacar est venu, alors ça c'est marrant parce qu'on parlait un petit peu tout à l'heure du fait que réfléchir et parler ou réfléchir et faire des trucs en même temps, c'est compliqué. Typiquement, dire des choses intelligentes et jouer aux échecs en même temps, c'est compliqué. Eh bien, il y a, enfin notre cerveau est évidemment incroyablement phénoménal et surprenant. Mais tu sais qu'on a des phases, notamment dans notre cerveau, on est éveillé ou on dort. Déjà, on n'a pas tout bien compris ce qui se passe quand on dort, mais il y a une phase entre les deux qui s'appelle, enfin tu sais, c'est une phase où tu es moitié endormi, moitié éveillé. Voilà, ça se passe à deux moments quand tu changes de phase, le moment où tu t'endors et le moment où tu te réveilles. Et cette période-là s'appelle l'hypnagogie. Ça a un nom. C'est une période pendant laquelle ton cerveau est extrêmement créatif en fait. Et c'est utilisé par des créatifs de tous genres. Ça peut être des musiciens, des réalisateurs, des écrivains, parce que ton cerveau est libéré d'une forme de contrainte peut-être quotidienne et il commence à imaginer des trucs incroyables et quand même, il a la rationalité pour comprendre ce qu'il est en train de faire. Et à ce moment-là, si tu te relèves et que tu écris les trucs, généralement tu as des idées, alors souvent extrêmement farfelues, mais potentiellement excellentes aussi, qui peuvent donner lieu à des chefs-d'œuvre plus tard. Donc beaucoup d'artistes utilisent cette période-là qu'on a tous. Alors parfois elle dure 2 secondes, parfois elle dure 1 minute, peut-être un peu plus, mais c'est assez rare. Et donc si tu as le courage de te relever à ce moment-là et de noter, ben en fait tu peux avoir des idées qui sont un peu orthogonales et qui font avancer les choses. Et là un jour j'étais, parce que je, évidemment en tant qu'entrepreneur tu travailles un peu tout le temps, et donc un soir très tard, même plutôt début de nuit, j'étais sur mon ordinateur devant une fiche de covoiturage d'un conducteur et donc on voyait sa voiture Mais on voyait aussi les options qu'il avait choisies. Alors sur Blablacar, quand tu t'inscris, tu choisis si tu écoutes ou pas de la musique en voiture, si tu acceptes ou non les fumeurs en voiture, si tu acceptes ou non les animaux et aussi tu dis si tu parles beaucoup ou pas. Et ça, quand tu choisis de dire si tu veux parler beaucoup ou pas en voiture, tu choisis si tu es plutôt bla, blabla ou blablabla. Ça, c'est une option qu'on avait mise assez tôt dans le produit. Et donc c'est écrit sur ton profil. Et là, je commence à m'endormir un peu sur mon clavier parce qu'il commençait à être vraiment, vraiment tard. Et en m'endormant, je regarde l'écran et je vois, c'était un conducteur, j'étais sur la fiche d'un profil d'un conducteur, je vois une icône BlaBla, parce qu'il avait choisi d'être BlaBla lui, et puis je vois sa photo de sa voiture à côté. Et là, je dis un peu en m'endormant comme ça, je dis Blablacar et ça me fait rire et ça me réveille. Oh tiens, ça c'est marrant quand même.
Speaker B
C'est fou cette histoire.
Frederic Mazzella
C'est drôle. Et donc je regarde, blablacar.com était dispo, donc je l'ai acheté.
Speaker B
Tout de suite le réflexe de l'entrepreneur, nom de domaine.
Frederic Mazzella
J'ai acheté le nom de domaine tout de suite. Et donc c'est comme ça que le nom Blablacar est né.
Speaker B
OK. Et alors après, par contre, en fait ce qui est bien aussi, c'est que c'est un nom où tu as des, comment on appelle ça, il y a 3 dans Blablacar, il y a 3, mais j'ai oublié le nom.
Frederic Mazzella
Ah oui, c'est 3 fois 3.
Speaker B
Blabla, c'est ça. J'ai oublié comment on appelle ça.
Frederic Mazzella
Il y a un nom, ouais. C'est après, ça touche à de la prosodie peut-être, je sais pas.
Speaker B
Mais en tout cas, du coup, ça s'associe vachement bien, un jingle et à une marque un peu, on peut dire, consumer, quoi, un peu pour les particuliers.
Frederic Mazzella
Oui. Et après, quand j'avais la liste de 30 noms que je proposais à différents amis, tu vois, je leur lisais la liste. Alors j'avais des réactions très, très fortes sur Sur Blablacar justement, il y a des gens qui disaient, mais t'es complètement fou, tu vas pas miser toute ta boîte sur un nom aussi débile. Il y avait ça, mais tu vois, au moins tu te dis, ça laisse pas indifférent. Et d'autres qui disaient que c'était, je me souviens de ma roommate anglaise qui m'avait dit, it's brilliant. Enfin tu vois, elle trouvait ça vraiment super. Donc il y avait des réactions très opposées, mais en fait c'est un mot qui laissait personne indifférent. Et quand je faisais des tests de mémorisation en donnant une trentaine de noms, Je leur demandais aux gens 2-3 semaines plus tard, bon, tu te souviens, je t'ai égrené une liste de noms possibles pour changer de marque pour covoiturage. Et là, systématiquement, 2 fois sur 3, même plus, les gens se souvenaient. Le seul nom dont ils se souvenaient dans la liste de 30, c'était Blablacar.
Speaker B
C'est une super astuce, ça, je trouve, pour les gens qui cherchent des noms. Tu la connaissais pas, de faire, tu prends une liste de 30, Tu vois, 30, c'est le bon nombre en plus, je pense. Tu l'as dit, lesquels tu te rappelles, tu vois. Et tu vois si c'est le même qui ressort, surtout sur une marque consumer.
Frederic Mazzella
Parce que sur une marque d'entreprise, enfin une marque B2B, tu as pas besoin nécessairement d'avoir un nom qui se mémorise beaucoup.
Speaker B
Tu viens pour un besoin spécifique. Oui.
Frederic Mazzella
Et puis en plus, la manière avec laquelle tu te fais connaître, c'est plutôt en rencontrant les gens, en les appelant, ou enfin tu vois, en Mais quand t'es consumer, t'as besoin que tout le monde se souvienne de ton nom et que tu sois top of mind. Et pour ça, il faut que t'aies un nom hyper mémorisable.
Speaker B
Puis là, avec le jingle et les pubs, ça a fonctionné tout de suite, ça. Et est-ce que tu t'es posé la question de l'international? C'est-à-dire, est-ce que Blablacar, ça se dit partout dans le monde ou pas?
Frederic Mazzella
Oui, justement, c'est une marque, ce qu'on appelle glocale. C'est-à-dire qu'elle est à la fois globale et locale. Pourquoi? Parce que tu vois, en Espagne, ils disent Blablacar et pour eux, c'est espagnol. Parce que BlaBla, ça existe partout.
Speaker B
Ah tiens, ça je savais pas.
Frederic Mazzella
C'est une option.
Speaker B
C'est français moi, BlaBla.
Frederic Mazzella
Bah tu vois, voilà.
Speaker B
C'est dans le monde entier ça ou non? C'est plutôt en Europe?
Frederic Mazzella
Ouais, quasiment partout.
Speaker B
J'imagine pas en Asie, etc. Ouais, attends, pas en Asie. Mais ok. Et est-ce que tu peux, donc aujourd'hui vous en êtes où BlaBlaCar? C'est combien d'utilisateurs?
Frederic Mazzella
C'est 100 millions de personnes.
Speaker B
100 millions de personnes?
Frederic Mazzella
Plus de 20 pays.
Speaker B
C'est combien de personnes tous les, combien de vols il y a par jour?
Frederic Mazzella
Un par jour. Donc je te dise pas de bêtises.
Speaker B
Cent millions de viewers déjà, c'est énorme.
Frederic Mazzella
C'est plus de cent mille. Ouais, ça doit être. Enfin, si on compte le covoiturage et le bus, c'est entre cent et deux cent mille par jour.
Speaker B
C'est énorme. Et vous avez levé combien d'argent? Tu as levé un million et après t'es passé de un million à combien dans les dans l'échelle? Est-ce que bon t'as levé un million ensuite deux millions? C'est plutôt un million, cent millions. Enfin tu vois. Combien vous avez fait de levées de fonds successives et c'est quoi un petit peu les tailles de tours au fur et à mesure?
Frederic Mazzella
Alors justement, on en parlait au début. Au début, c'était plutôt avec des amis, donc c'était 10 000, 20 000, 30 000€ par-ci par-là.
Speaker B
Là, c'est genre 100 000€ d'amis?
Frederic Mazzella
À peu près. Enfin, d'amis plus moi qui avais emprunté pour mettre de l'argent dans la société. Ensuite, j'ai fait un tour à 600 000€, mais en 2 fois. Une fois 300 000, une fois 300 000. Un tour de 600 000 avec des business angels.
Speaker B
C'est le rêve ça, ces tours-là.
Frederic Mazzella
Ensuite quoi pour eux?
Speaker B
C'est génial. Enfin, il faut qu'ils aient l'intelligence de détecter, mais c'est génial de pouvoir rentrer dans Blablacar à ce moment-là quoi.
Frederic Mazzella
Oui, mais à ce moment-là, comme dans n'importe quel investissement que tu fais aujourd'hui, tu sais pas ce que ça va devenir.
Speaker B
Tu as raison, tu as raison.
Frederic Mazzella
Mais c'est vrai de se dire putain, les gens qui ont vu ça, c'est toujours facile de se dire que le truc va devenir, va marcher et va être grand. Mais et après c'était 1,2 million avec Isaïe dont on parlait tout à l'heure, avec Jean- David Chamberlain et puis Pierre Cossus-Comoriset qui a beaucoup aidé aussi. Voilà, ensuite quand ça a commencé à vraiment très bien marcher, on a réussi à intéresser des fonds plus gros qui étaient capables de mettre des chèques plus grands. Donc il y a Accel qui est un fonds d'investissement anglo-saxon qui a mis 10 millions pour faire une première expansion internationale du concept qui fonctionnait. Ensuite, ça a été des tours beaucoup plus grands parce qu'on a fait un tour à 100 millions, puis un tour à 200 millions. Tout ça en 3-4 ans, quoi. Entre, voilà, le premier tour à 1,2 million, c'était en 2010, et le tour à 200 millions, c'était en 2015.
Speaker B
Donc la plus grosse levée, ça a été 200 millions?
Frederic Mazzella
Oui.
Speaker B
C'était la dernière grosse levée de fonds?
Frederic Mazzella
Oui, non, on en a fait d'autres depuis, un petit peu moindres, de 80 ou 100 millions. On en a refait d'autres.
Speaker B
Et donc, et vous avez été l'une des premières licornes en France, donc l'une des premières sociétés à être valorisée plus d'un milliard. Ouais, je sais plus quel nom j'avais en tête, mais j'ai l'impression que vous êtes, enfin pour moi, vous êtes précurseur.
Frederic Mazzella
Oui, mais il y avait aussi Criteo qui avait déjà passé cette barre-là, qui était sur plus sur justement une entreprise plus B2B que B2C, qui est moins connue du grand public.
Speaker B
En marque consumer, je pense, c'est vrai. Donc oui, pour ça que je te disais au début du podcast, c'est ça qui est intéressant avec toi, c'est que du coup, tu vois, tu avais pas Stripe, il y avait pas tous les apprentissages qu'on a eu dans la tech aujourd'hui. Tu vois, quand tu lances une boîte aujourd'hui, tu as tellement de services, tu as des outils dans tous les sens, quoi. Enfin, il y a plus de barrière à l'entrée.
Frederic Mazzella
Voilà, tu peux te focaliser sur ton métier à toi, ton vrai métier, et puis acheter le service ailleurs de ce dont tu as besoin pour construire ton—
Speaker B
mais oui, mais c'est pour ça que c'est ça qui est d'autant plus impressionnant. C'est comme se dire Einstein, ce qu'il a découvert en 1905, tu vois, ou Bobby Fischer, c'était un grand joueur d'échecs. Il avait pas tous les— il a écrit plein de bouquins qui sont encore à l'heure d'aujourd'hui des grands bouquins, mais il avait pas les ordis, les machines. Et c'est ça que je trouve impressionnant parce que du coup, t'es en mode full apprentissage, quoi. T'es vraiment en mode chercheur là, pour le coup, vu qu'il y avait pas eu d'autres boîtes sur lesquelles tu pouvais te baser en consumer en France tech.
Frederic Mazzella
Mais bon, après, on va pas comparer Einstein. Je pense qu'il y a pas grand-chose qui compare à Einstein.
Speaker B
Non mais c'est pour dire à quel point il faut prendre dans le contexte les choses. Aujourd'hui, par exemple, il y a plein de choses.
Frederic Mazzella
Quand tu as des idées, il faut utiliser les outils présents et puis construire ce qui manque. C'est le principe. Tu utilises au maximum ce qui est déjà fait pour ne pas perdre de temps à le faire. Après, il faut que ce soit économiquement rationnel, tu vois, faut pas que tu y perdes trop d'argent à faire quelque chose qui est juste un outil. Et si l'outil devient plus cher que de le faire, à ce moment-là, faut que tu le fasses. Mais la plupart du temps, évidemment, tu récupères des outils que tu peux acheter maintenant, en plus en SaaS, il y a tout partout. Et ça te fait gagner du temps et ça te permet de te concentrer sur ton activité propre à toi, ta valeur ajoutée.
Speaker B
Et aujourd'hui, tu as lancé une nouvelle boîte dont on va parler qui s'appelle DiFT. Qui est un mélange de don et de gift, je pense. Enfin, c'est ça, c'était ça, un don sous forme de cadeau, un peu. Exactement.
Frederic Mazzella
Et donation as a gift en anglais.
Speaker B
On va en parler du coup. Aujourd'hui, tu sais quoi le rôle que tu as chez Blablacar? C'est que tu continues de développer en tant que CEO?
Frederic Mazzella
Non, je suis pas CEO, je suis non, je suis plus CEO depuis pas mal d'années. Je suis chairman, donc non-executive chairman.
Speaker B
OK.
Frederic Mazzella
Donc je suis au niveau du board sur à discuter évidemment stratégie, vision. Avec le CEO qui est Nicolas, qui m'a rejoint, Nicolas, dans l'aventure en 2011 en tant que COO et qui a pris ma suite en tant que CEO plus tard.
Speaker B
J'aimais bien, tu disais dans un podcast que le rôle d'un entrepreneur, c'est de trouver des gens meilleurs que soi. Et tu disais par exemple que quand tu as recruté ton CTO, tu avais pas mis d'ego parce que tu avais trouvé qu'il était meilleur à un moment donné, donc tu lui as juste donné les rênes de la tech. Et ça, c'est important, je pense, d'avoir cette intelligence.
Frederic Mazzella
C'est une logique d'équipe. Ton but, c'est que le projet marche et que les meilleures personnes sur telle ou telle spécialité soient au bon poste. C'est tout sauf vouloir tout faire. La difficulté par contre, c'est de passer quand tu es entrepreneur du mode homme orchestre parce qu'il faut tout faire au début parce que de toute façon, que tu sois bon ou pas sur telle ou telle discipline, on s'en fiche, il faut le faire parce qu'il faut bien que tout soit fait. Et qu'il manque des gens. Donc il y a plein de gens qui savent pas faire non plus. Au début, quand t'as une petite équipe et que t'as pas réussi, tu peux pas recruter parce que t'as pas de moyens pour recruter, t'es obligé de tout faire. Donc t'es un peu homme orchestre. À plus tard, quand le truc commence à marcher, devenir chef d'orchestre, ce qui est pas pareil, c'est pas le même métier.
Speaker B
Bien sûr, bien sûr.
Frederic Mazzella
Tu vois, t'as l'image de l'homme orchestre avec la colombe sur l'épaule et l'harmonica et la guitare. Et t'as l'image du chef d'orchestre, c'est pas la même chose.
Speaker B
Et ce passage-là, il est obligatoire pour lancer une grosse boîte aujourd'hui, concrètement, de savoir prendre de la hauteur et de faire monter les gens opérationnels en mode équipe. Oui, c'est le seul moyen de développer une grosse boîte pour moi en tout cas. Mais je pense que pour toi, ça l'est aussi.
Frederic Mazzella
Oui, complètement. Mais surtout que la difficulté, c'est qu'il faut aussi, pour démarrer une boîte, il faut aussi avoir un côté ultra débrouillard, homme orchestre. Parce qu'au début, quand il y a personne pour faire un truc et qu'il faut le faire, c'est Bien sûr, mais après par contre il faut aussi avoir l'intelligence quand on trouve quelqu'un de meilleur de ne pas mettre d'ego. Non mais non, surtout quand tu es motivé par la mission finale d'être sûr que la chose fonctionne, c'est assez facile de se dire oui, l'intérêt, mon intérêt, l'intérêt du projet, l'intérêt de tout le monde, c'est de mettre la personne la plus compétente sur cette fonction-là. L'intérêt, enfin le principal c'est le projet, il faut que le projet marche et du coup l'individualité s'enlève. Commencé à travailler ensemble. Donc moi, j'avais déjà codé avant la version précédente et on a commencé à travailler ensemble, coder ensemble. Et au bout de 15 jours, quand je voyais comment Francis était vraiment très, très fort, enfin lui tout seul, il vaut 15 développeurs quoi. Je lui ai demandé gentiment, je lui ai dit Francis, est-ce que ça t'arrange si j'arrête de coder? Est-ce que je te ralentis? Et Il me dit, mais il m'a pas répondu si tu veux, mais il m'a juste regardé en faisant ouais. Ça voulait un peu dire oui, mais j'osais pas te le dire. Et je me suis dit bon bah j'arrête. Pourtant j'étais pas mauvais en informatique, j'ai fait Stanford en computer science, j'ai fait 10 ans de développement, mais de la même manière que voilà, il y a des gens qui sont plus compétents que d'autres, on parlait d'Einstein tout à l'heure, bon bah en code c'est pareil. Un bon développeur, c'est quelqu'un qui qui vaut beaucoup plus que 1,2 ou 1,5 fois un développeur moyen. C'est quelqu'un qui vaut 15, 20, 50 fois.
Speaker B
Oui, c'est exponentiel quoi. Quand tu as le talent, c'est un pour même, il n'y a pas de limite parce qu'il réfléchit à l'architecture, etc.
Frederic Mazzella
Il pense à tout et surtout il anticipe. Il anticipe ce dont aura besoin le business plus tard.
Speaker B
C'est ça, il anticipe. C'était l'histoire de la dette technique aussi.
Frederic Mazzella
Exactement. Et il pense à la structure qu'il faut pour que ça marche plus tard.
Speaker B
Il pense à la fois à la dette technique, à la fois à ce qui peut marcher dans le futur. Donc il est à la fois dans le présent, il regarde le passé, dans le futur. C'est ça un bon CTO.
Frederic Mazzella
Exactement. Et c'est la chance que j'ai eue justement de rencontrer Francis qui a construit toute cette plateforme-là. Et il a en plus, moi je vais pas faire l'éloge de Francis, je l'ai fait plein de fois, je pourrais le refaire.
Speaker B
C'est vrai que tu en parles souvent en tout cas. C'est un nom qui revient souvent quand je t'écoute.
Frederic Mazzella
Ouais, il est formidable.
Speaker B
Tu penses que sans lui, ça aurait pu être chaud ou pas?
Frederic Mazzella
Sans lui, ça marchait pas.
Speaker B
Sans lui, ça marchait pas. Sans lui, tu sens pas Blablacar.
Frederic Mazzella
Non. Pas à cette échelle. Non, on aurait pris un mur.
Speaker B
Quel mur vous auriez pris? Un mur de dette technique? Un mur tech?
Frederic Mazzella
Ça aurait marché jusqu'à un certain stade, mais au moment où tu as vraiment le volume qui décolle, ça n'aurait pas marché.
Speaker B
OK, super. Allez, à moi de jouer.
Frederic Mazzella
Tu as quelqu'un qui toque à la porte là.
Speaker B
Ah ouais? Putain, ça ne m'est jamais arrivé. Allez, je fais échec au roi, je te laisse et je vais répondre à la porte en même temps. J'ai un colis. C'est ça de faire chez soi. Échec ou roi.
Frederic Mazzella
T'es méchant en fait.
Speaker B
Ah tiens, c'est marrant, je vais faire un bon parallèle. Tu as dit, tu parlais de ça dans un podcast, qu'il faut surtout pas essayer de tout prévoir et tout calculer. Tu as utilisé un terme en anglais, c'est un phénomène où en gros—
Frederic Mazzella
Serendipity. Non mais en français, c'est sérendipité, ça existe aussi.
Speaker B
OK.
Frederic Mazzella
Sérendipité.
Speaker B
Et c'est très, tu dis que c'est très important dans les organisations parce que si tu veux tout calculer tout le temps tout, tu peux—
Frederic Mazzella
Ah oui, ça c'est autre chose, c'est aussi le concept plutôt d'avoir des valeurs que des process. OK, j'irais plutôt avec des valeurs et des principes parfois que des process. Les process, c'est déresponsabilisant et c'est parfois sclérosant. Les valeurs et les principes, c'est beaucoup plus souple et ça responsabilise les personnes qui les appliquent, qui du coup sont plus enclines à aller— je sais pas si ça se dit enclines d'ailleurs, je sais pas du tout.
Speaker B
Ça me pose une colle, je sais pas. C'est possible que ça se dise quand même?
Frederic Mazzella
Ça me semble bizarre.
Speaker B
C'est enclin ou? On dirait que c'est enclin peut-être.
Frederic Mazzella
Bon, les gens sont plus enclins à se responsabiliser sur les décisions qu'ils ont prises par rapport à des valeurs ou des principes que quand ils ont suivi un process. Ça veut dire qu'ils vont faire l'extra mile comme on dit, c'est-à-dire le pas de plus qui fait que Ça va marcher au final.
Speaker B
Bon, attends, je comprends pas ton coup parce que soit c'est moi qui suis débile, soit j'ai pris ton cavalier avec mon cavalier, ça te fait échec au roi. Oui, voilà, pour l'instant. Oui, mais je pense quelques coups en avance, donc j'avais les prochains coups là.
Frederic Mazzella
D'accord, donc là j'imagine que juste après je me fais dégommer.
Speaker B
Donc juste après, là il y a un truc pas mal. Mais on parlait de quoi avant que je fasse cet échec au roi?
Frederic Mazzella
Je ne sais plus.
Speaker B
OK.
Frederic Mazzella
Tu m'as déconcentré. OK, OK.
Speaker B
Non mais cette histoire de pas vouloir tout calculer, je trouvais ça intéressant quand même.
Frederic Mazzella
Oui, parce que c'est laisser de la souplesse à l'exécution des gens qui sont en frontal avec ce qu'il faut vraiment faire. Faut pas décider à la place des gens qui voient la situation avec plus d'éléments que toi.
Speaker B
Tu as toujours été bon dans cette capacité à déléguer et responsabiliser les gens? Où c'est venu? Tu vois, c'est parce que c'est pas non plus né chez tous les entrepreneurs, tu vois, de cette capacité à tout de suite faire confiance, donner des responsabilités, déléguer des choses qu'on fait.
Frederic Mazzella
Je pense qu'il faut écouter les gens que tu as autour de toi. Ils te disent tout quand ils manquent de liberté ou de— ils te le disent. Donc faut trouver les manières. Moi, enfin, le seul truc, c'est que moi j'adore les gens et j'adore les gens, tu vois, libres. Et heureux. Et donc assez naturellement, tu vois comment faut faire pour, si ton but c'est ça, si tu les aimes, tu vois comment, tu vois ce qu'il faut faire ou adapter pour que justement ils aient plus de liberté et plus d'épanouissement. Et quand ils sont libres et épanouis, en général, ils bossent super bien, beaucoup mieux évidemment.
Speaker B
Tu révèles des talents en fait.
Frederic Mazzella
Bah tu aides, toi après tu essayes de construire un environnement dans lequel tout le monde s'épanouit au maximum. Je sais pas, ça s'appelle pas du management en fait, je pense que ça s'appelle juste de l'empathie et de la gestion.
Speaker B
Presque une certaine forme d'humanité, c'est-à-dire avoir cette empathie pour les autres quoi et...
Frederic Mazzella
Bah vouloir faire ce que tu peux toi à ton poste pour qu'eux soient le plus épanouis par rapport au périmètre, à la tâche qu'on a définie qu'il fallait faire.
Speaker B
Tu as déjà parlé de ça dans un autre podcast. Tu vois, je prépare bien mes interviews. Ce qui te nourrissait le plus dans la vie, c'était les rencontres. Et donc du coup, on revient, on reboucle avec ce que tu viens de dire sur le fait que l'humain, c'est important. D'où ça vient ce truc-là? Qu'est-ce qui fait que ce qui t'enrichit le plus, c'est les rencontres que tu peux faire? Qu'est-ce que ça a pu t'apporter? En quoi ça peut être une force aussi pour l'entrepreneuriat?
Frederic Mazzella
Mais tout cela, après, ce côté un peu...
Speaker B
Cette curiosité naturelle.
Frederic Mazzella
Tu sais, il y a la citation que je préfère entre toutes d'ailleurs, c'est une citation de Galilée qui dit, je n'ai jamais rencontré d'homme si ignorant qu'il n'y eût rien à m'apprendre. Il y a tout dedans, c'est-à-dire que bon, il y a le côté justement échange humain, mais il y a aussi le côté apprentissage qui est quand même un but de la vie. Il y a le côté interaction et humilité de comprendre que tu sais pas grand-chose en fait, que 99% des choses que l'humanité connaît, tu ne les connais pas. Donc de toute manière, chacun sa vie et chacun a compris et appris des choses. Et à chaque fois que tu rencontres quelqu'un, tu peux apprendre des trucs. Donc voilà, après on fait ce qu'on peut en tant que petit être humain. On en parlait tout à l'heure, une poussière dans l'univers qui en plus, tu vois, si la Terre faisait 1 cm de diamètre, on comprendrait la taille de l'humain. C'est pas grand-chose.
Speaker B
Mais avoir cette humilité de se dire que chaque rencontre est un apprentissage, d'où vienne la personne, je pense que c'est aussi une question d'éducation aussi, je pense.
Frederic Mazzella
Oui, alors moi je viens d'une famille, mes deux parents sont profs, donc déjà apprendre c'est considéré comme étant très important et une valeur Une valeur de vie sur toutes les dimensions. Voilà. Et effectivement, ça te suit toute ta vie, ça, après. Là, c'est horrible comme moment parce que tu m'as dit j'ai prévu plusieurs coups à l'avance et tu les sais pas.
Speaker B
Ah oui, sans te stresser.
Frederic Mazzella
Et moi, je suis là à me dire je vais me faire mettre échec et mat, je vais même pas le voir venir. Je suis en train de regarder, je me dis ça vient d'où?
Speaker B
Attends, là, on est sur un chien chien.
Frederic Mazzella
Est-ce que tu vas jusqu'à l'échec et mat dans les coups que tu as prévus?
Speaker B
Je suis pas très loin, mais je pense que je gagne une tour. Je pense que je gagne une tour. On va voir, mais je pense que je gagne une tour. Là, je te mets encore plus la pression. Non mais vraiment, ça m'intéresse ce truc-là, parce que je pense que cette espèce de forme d'humanité, d'empathie, de curiosité, c'est aussi comme ça qu'on peut créer les meilleurs projets, parce que c'est aussi savoir se remettre en question. Ça me semble être des valeurs importantes versus Tu vois, des chefs d'entreprise peut-être qui mettent trop d'ego, qui sont peut-être trop à l'ancienne là-dessus et qui ont du mal à créer des grosses boîtes. Au final, ils se capent eux-mêmes finalement en faisant peut-être pas confiance à l'autre, en laissant peut-être moins de liberté aux gens, donc ils révèlent pas les talents. Tout ce que tu es en train de me dire en fait là, c'est un petit peu les ingrédients face cachée de l'iceberg qui fait que tu peux lancer une boîte comme Blablacar. Parce que du coup, tu t'entoures, tu crées des liens, et donc du coup, il y a une certaine forme d'humanité dans les entreprises qui permet de scaler, tu vois. Parce que ça doit faire transpirer une certaine culture, je pense. Moi, j'ai vu des organisations qui marchent pas parce que le mec, il a trop d'ego, trop rigide.
Frederic Mazzella
C'est l'obstacle à tellement de choses, à tellement de niveaux.
Speaker B
Il veut pas apprendre des autres. La phrase de Galilée, il met trop d'ego, il pense qu'il a la science infuse. Et alors là, il est mort parce que—
Frederic Mazzella
Oui, mais ça, je pense que c'est aussi mon parcours scientifique qui m'a appris ça. Je suis tombé tellement de fois devant des trucs en en me disant, ah, j'avais pas compris ça. Tu découvres, tu comprends des trucs et tu te rends compte à quel point— alors il y a un déclic, c'est ça qui est magique aussi, entre le moment où tu comprends pas et le moment où tu comprends. Tu vois, c'est fabuleux.
Speaker B
Ça t'a aidé dans ton apprentissage?
Frederic Mazzella
Oui, d'être confronté à plein, plein de choses que j'avais pas comprises et qui, après, en réfléchissant, en écoutant, je finis par comprendre. Et donc je sais qu'il y a encore 10 000 fois plus de choses que j'ai pas comprises. Et donc je fais avec ce que j'ai déjà compris, mais je suis toujours en recherche d'apprendre plus.
Speaker B
Une dernière question sur Blablacar, mais tu vas le faire ce coup? Allez, je le fais, je le fais. Attends, j'ai peur parce qu'il faut que je calcule bien quand même. C'était ça, ça me paraît pas mal. D'accord.
Frederic Mazzella
Non, c'est complètement débile.
Speaker B
Non, pas bon ça, pas bon, pas bon, pas bon. Alors non, la dernière question que j'ai avant de passer à Drift, ton nouveau projet, oui, Ou là par contre, là par contre, ici c'est le nouveau projet que tu développes?
Frederic Mazzella
Non, je suis président, je me suis associé à des jeunes. Justement, j'ai un super CEO aussi.
Speaker B
OK, juste avant DiF, je voudrais juste savoir avec Blablacar, dans les médias on montre que le bon côté. À quel point tu as bien vécu le fait d'être particulièrement exposé? Parce que je pense que tu as été une des personnalités dans la tech les plus exposées médiatiquement. Puis vous faisiez de la pub et vous parlez à des particuliers, donc vous touchez beaucoup de monde. Est-ce que ça a été facile à gérer pour toi? Comment tu l'as géré? Est-ce que ça t'a dérangé ou rien du tout?
Frederic Mazzella
Ah, tu veux créer autre chose derrière?
Speaker B
Non, non, pour toi, pour, non, plus toi personnellement, tu vois, le fait d'être très exposé, est-ce qu'à un moment donné, je sais pas, bah justement, je sais pas comment ça t'a impacté? C'est une question assez ouverte.
Frederic Mazzella
Oui, non, ce qui est, alors, ou est-ce que tu t'en foutais complètement? Non, non, non, des fois on me pitche dans le métro.
Speaker B
Ah ouais?
Frederic Mazzella
Ouais, des gens qui viennent me voir et qui me pitchent leur projet. Quand ils me reconnaissent. Donc c'est plutôt sympa, tu vois, c'est plutôt ça. Après, voilà, non, je me suis dit, en fait, la réalité c'est que pour Blablacar, je me suis pas du tout posé la question parce que pendant tellement longtemps, j'avais tellement besoin que le truc soit connu pour qu'il marche puisqu'on parlait de l'effet de seuil de liquidité tout à l'heure. Bon, aujourd'hui tu vas sur Blablacar, tu cherches des trajets, tu trouves. À peu près tout. C'était pas le cas pendant, au début, donc il fallait faire connaître le service. Et pour faire connaître le service, comme j'avais pas de moyens, la seule manière c'était de faire moi, d'être l'homme sandwich quoi, pour Blablacar, ce que j'ai fait. Mais il y a même des gens, ils connaissent pas mon nom, ils m'appellent Monsieur Blablacar, c'est tout. Mais tu vois, c'est écrit là. Et donc je me suis pas posé la question jusqu'à ce que effectivement tu te rends compte, tiens, tu as des gens qui te reconnaissent, tu fais tiens, C'est marrant.
Speaker B
À un moment donné, vous étiez vraiment dans tous les— enfin, on parlait que de vous dans la tech française. Le projet le plus—
Frederic Mazzella
oui, parce que je pense que c'est lié au fait qu'on a quelque part un peu dégommé une sorte de plafond de verre en montrant que c'était possible, que c'était possible pour une boîte française de lever.
Speaker B
Ça, ça faisait plaisir aussi.
Frederic Mazzella
Voilà, ça inspire ça, d'aller développer un service consumer. C'est ça aussi, tu vois, consumer qui est utile dans la vie de tous les jours. Et je pense que c'est la médiatisation dont tu parles, elle est liée à ça.
Speaker B
Oui, bien sûr. Ouais, je pense que c'est ça. Ça aurait pas été, ça devrait pas du tout été autant en B2B, je pense.
Frederic Mazzella
Oui, et puis ça peut l'être un peu moins maintenant parce qu'on a déjà vu du coup que c'était possible, en tout cas, en plus.
Speaker B
Et toi, dans la gestion, en tout cas, tu étais plutôt content, ça te faisait de la pub finalement pour la boîte.
Frederic Mazzella
Ça faisait connaître la marque, de toute manière, ça faisait connaître le service.
Speaker B
Donc toi, ça t'a propulsé un petit peu aussi.
Frederic Mazzella
Et alors moi, je me suis retrouvé avec, dans ce bateau-là, avec autre chose, c'est-à-dire une sorte de rôle d'entrepreneur, tu vois, à détacher entre la boîte. Moi, j'ai toujours été collé à la boîte. Et puis après, je me suis rendu compte, ah non, les gens s'intéressent aussi à la personne, enfin l'entrepreneur, qu'est-ce qu'il fait, pourquoi il fait ça, comment il le fait. Ah d'accord, c'est ce type de personnes-là qui peuvent développer des projets comme ça. Donc il y a le côté à la fois, t'es content pour la marque et après, il y a un jour, j'ai réalisé que j'avais construit deux choses en fait. À la fois, la boîte Blablacar et en même temps un personnage type de l'entrepreneur et que c'est deux choses différentes. Après, il a fallu que je comprenne comment je, effectivement, je dissociais les deux. Et c'est aussi pour ça que j'ai écrit le bouquin, j'ai écrit Mission Blablacar avec l'idée de transmettre toutes les méthodes entrepreneuriales que j'ai découvertes moi sur le terrain. C'est un bouquin qui marche très très bien, qui est sorti chez Eyrolles en 2022.
Speaker B
Je mettrai le lien d'ailleurs pour ceux qui nous écoutent en description YouTube pour que les gens puissent aller le découvrir.
Frederic Mazzella
Ouais, parce qu'il est— en fait, j'ai mis 15 ans d'entrepreneuriat dans ce bouquin. J'ai mis tout ce que j'ai appris et pas tout ce que j'ai appris à l'école justement. Pourtant, j'ai appris pas mal de choses à l'école parce que tu as vu, j'ai quand même fait un cursus assez fourni, mais vraiment tout ce que j'ai appris plutôt sur le terrain, au contact. Et comme j'adore comprendre. Enfin, ça, je pense qu'on a compris. Apprendre et comprendre. J'aime bien aussi synthétiser. Et ce que j'ai appris de l'expérience terrain, je l'ai synthétisé dans pas mal de méthodes qui m'avaient pas été enseignées en cours, évidemment, jamais, mais que le terrain m'a plutôt enseigné.
Speaker B
Super intéressant.
Frederic Mazzella
Je mettrai le lien en description YouTube pour que les gens le découvrent, avec l'idée que ça ça permette justement que ça fasse un accélérateur pour d'autres entrepreneurs qui, en passant quelques heures à lire ce bouquin, peuvent gagner quelques années.
Speaker B
C'est le meilleur moyen, tu prends des entrepreneurs qui ont déjà réussi, qui sont passés par toutes les étapes. Et c'est cool d'ailleurs de pouvoir partager ça, d'écrire un bouquin.
Frederic Mazzella
C'est long d'écrire un bouquin, c'est très long.
Speaker B
Ah ouais, ouais, c'est—
Frederic Mazzella
ouais, j'ai passé 2 ans, moi. Enfin, pas 2 ans full time, mais super long. Surtout, c'est des horaires, tu vois, tu prends ça en plus et en plus de tes journées normales.
Speaker B
C'est super dur. Surtout, tu es perfectionniste, etc. Alors là, tu repasses sur les phrases et tout.
Frederic Mazzella
Mais tu es obligé parce qu'en fait, d'ailleurs, je me suis lancé puisque dans mon émission Les Pionniers dont tu parlais tout à l'heure, j'ai reçu plein de gens dont des écrivains dont Marc Levy notamment. Alors, je lui avais demandé parce que moi, j'avais remarqué que sur mon bouquin, en gros, j'ai passé une centaine d'heures, on va dire, à écrire et 400 heures à relire, remodifier, remodeler.
Speaker B
Ça ne m'étonne pas.
Frederic Mazzella
Tu vois, je me dis tiens, on passe 80% du temps à refaire et seulement 20% à écrire. Alors après, si tu le laisses juste le premier jet comme ça écrit, bon, il y a des choses dedans, mais nécessairement il est imparfait. Donc si tu te satisfais de ça, tu sors ça, mais moi je peux pas. Et donc en discutant avec Marc Levy, je lui ai demandé, je lui ai demandé et toi comment ça se passe? Et ben pareil. Il a un ratio de 80-20, c'est-à-dire qu'il passe 20% du temps à écrire et 80% à relire. Et on ne s'y attend pas non plus forcément quand on écrit, on pense qu'on va surtout passer du temps à écrire, en fait non, on va passer du temps à réagencer pour que ça soit logique, pour éviter les redites, pour qu'il y ait une forme de fil conducteur qui soit compréhensible, qu'on puisse suivre, enfin qu'on soit embarqué quoi quand on lit.
Speaker B
OK, super. Je connaissais pas ce ratio, mais je pense que beaucoup de gens qui ont déjà écrit des livres vont se reconnaître là-dedans. Ça m'étonne pas du tout. Donc, Diff, on en vient à toi. C'est à toi de jouer.
Frederic Mazzella
C'est à moi.
Speaker B
Attends, ça commence à chauffer là. Je peux plus. Sur la dernière ligne droite là.
Frederic Mazzella
Je peux plus là.
Speaker B
Ne lâche pas, Frédéric.
Frederic Mazzella
Je peux plus.
Speaker B
Voilà, tu nous présenteras Diff après ton coup. Mais là, t'as pas trop de coups à faire.
Frederic Mazzella
Enfin, c'est Quoi que tu as vu le problème.
Speaker B
Non mais diff, ça m'intéresse parce que moi j'utilisais avec Estimoz une solution qui s'appelle Vendredi. Je sais pas si tu connais.
Frederic Mazzella
Attends, attends, je suis en train de faire une bêtise. Non mais je t'ai dit, je te l'avais dit pour la tour. Oui, oui, je suis en train de faire la bêtise que tu voulais me faire faire.
Speaker B
Non, non, mais je pense que la tour elle est pas protégeable. J'avais déjà calculé. Comme quoi ça va, je— ah non, je t'ai dit, tu peux pas la— tu vas pas pouvoir la garder, c'est le problème. Quoique, non, je regarde. Non, je pense pas. Ah si, ah non, c'est pour ça que là c'est compliqué pour toi, c'est dur de trouver un coup.
Frederic Mazzella
C'est un mauvais moment, c'est un mauvais moment.
Speaker B
En fait, c'était prévu, c'est qu'une partie d'échecs, c'est pas—
Frederic Mazzella
c'est échec et mat, quoi.
Speaker B
C'est le échec et mat, ouais, il doit... Bon, ça va, ça c'est quand même, on va dire, jusqu'au milieu de partie, mais là j'ai... Là je pense que je...
Frederic Mazzella
Là tu mets un coup d'accélérateur, quoi.
Speaker B
Je prends un petit avantage.
Frederic Mazzella
Un petit méchant, un petit coup méchant, quoi.
Speaker B
Mais bon, la prochaine fois tu m'interviewes et on joue au piano et tu m'apprends à jouer.
Frederic Mazzella
Voilà, tiens, je vais te poser des questions.
Speaker B
Parce que moi, la musique, vraiment, je suis pas bon, quoi, contrairement à toi. D'ailleurs, je pense que le violon, ça doit être un des instruments— j'ai un de mes meilleurs amis d'enfance qui faisait du violon et qui était dans une famille de musiciens. Et ça a l'air vraiment d'être un des plus compliqués. Tu as pas pris le plus facile. Non, là c'est dur pour toi, j'avoue. J'avoue que c'est difficile. Il y a pas beaucoup de coups qui marchent. Je réfléchis ce qui peut faire un coup. Position pas idéale. Après, tu nous pitches Diff. Non, t'as pas, t'as vraiment pas beaucoup de coups à faire.
Frederic Mazzella
Arrête.
Speaker B
Ah pardon. Le podcast qui dégénère.
Frederic Mazzella
La malprenière.
Speaker B
Podcast business qui tourne mal avec Frédéric Mazella.
Frederic Mazzella
Ouais, ça.
Speaker B
Pas mal, pas mal celui-là. Bon allez, il faut que qu'est-ce qu'on va pouvoir faire là? C'était pas mal ça.
Frederic Mazzella
Allez, échec.
Speaker B
Là, tu as qu'une case où aller, je pense. Je réfléchis s'il y a un truc à jouer. Je t'avais dit, la tour, elle allait passer, la tour là-bas à droite.
Frederic Mazzella
On n'a pas le droit de manger en arrière. Si, tu peux manger de tout autour, mais pas avec, pas avec un pion, je veux dire.
Speaker B
Avec un pion, non.
Frederic Mazzella
C'est dommage parce que là, c'est dommage. J'avais une bonne prise là.
Speaker B
OK, non, non. Là, tu as qu'une case où aller. Il n'y a pas de—
Frederic Mazzella
Tu vois, tu m'imposes des choses.
Speaker B
J'impose des choses, voilà.
Frederic Mazzella
Tu m'empêches d'être libre.
Speaker B
C'est vrai qu'on va mal me voir dans les podcasts en direct qui impose des choses. C'est vrai qu'il n'y a qu'une case.
Frederic Mazzella
Mais tu vois, je te parlais de liberté tout à l'heure, toi tu fais tout le contraire.
Speaker B
C'est ça, exactement.
Frederic Mazzella
Tu n'as qu'une case où aller. Alors ça, en termes de management, c'est vraiment pas bon.
Speaker B
Je te laisse nous pitcher E-Drift, qui est le mélange de don et de gift. Et je te parlais aussi de, je ne sais pas si tu connais Vendredi. J'avais utilisé ça chez Eskimos pour proposer à mes collaborateurs de faire partie d'une, comment dire, d'une association. Et je trouvais ça cool. Et donc du coup, j'ai l'impression que toi, tu as poussé ça un petit peu plus.
Frederic Mazzella
C'est très, très bien. Non, c'est le même principe, c'est d'impliquer les gens dans le milieu professionnel vers des associations. Mais alors, DiFT, c'est un pont entre les entreprises et les associations justement, qui permet d'impliquer les clients et les collaborateurs dans une démarche de soutien à des actions sociales et environnementales que l'entreprise peut avoir. Et ce que l'on fait, c'est que l'entreprise alloue des budgets qui sont distribués par les clients ou les collaborateurs sous forme de DIFT justement. DIFT, c'est un don plus un gift. Donc je t'offre par exemple l'équivalent de 50 euros et avec ces 50 euros, tu vas pouvoir aller soutenir un projet qui toi te tient à cœur, soit pour, je sais pas, dans le domaine environnemental, aller retirer du plastique des océans, préserver une espèce en voie de disparition, aller ramener du bonheur dans les hôpitaux pour enfants, soutenir la réinsertion professionnelle.
Speaker B
Voilà, c'est combien d'associations que vous avez?
Frederic Mazzella
Alors, en 2 ans et demi là, on a réussi à aiguiller quasiment 20 millions d'euros dans 300 associations, en étant soutenu par 350 entreprises mécènes. Donc ça commence à avoir un impact sympathique, surtout vis-à-vis des associations. Voilà, et c'est un projet qui me tient énormément à cœur parce que c'est une manière d'agir, tu sais, face à toutes les problématiques du monde dont je te fais pas la liste, mais qui sont assez longues.
Speaker B
Et donc le diff, comment ça fonctionne? C'est-à-dire qu'en gros, moi par exemple, je veux faire un, on va dire, un diff. C'est à toi, je viens de roquer. Je veux faire par exemple un diff à un collaborateur, comment ça se passe? En fait, je peux soit offrir à un collaborateur, soit un client, la possibilité. Mais c'est quoi, c'est sous forme de Pas mal, ok, ok, ok, ça j'avais vu. Allez, faut qu'on accélère un petit peu. Qu'est-ce que je voulais te dire d'autre? Oui, de comment ça fonctionne un gift. En fait, c'est comme un bon, en fait, ou c'est comment? C'est—
Frederic Mazzella
attends, je peux changer?
Speaker B
Ouais, tu peux, tu peux, bien sûr, mais c'était pas mal pourtant. Je crois que c'est pas mal. Non, tu es pas satisfait de ton coup? Dis-moi, qu'est-ce qui te— je trouve que c'était le meilleur coup.
Frederic Mazzella
Ouais, comme tu dis, j'avais qu'une case.
Speaker B
Non, non, mais là, ça, je l'avais vu.
Frederic Mazzella
Le meilleur ou le moins pire?
Speaker B
Ça, je l'avais vu. Est-ce que je peux faire un autre coup? On va bien falloir que je fasse ça à un moment donné quand même. Qu'est-ce que je vais faire? Allez, je vais mettre toi là.
Frederic Mazzella
Donc ça c'est méchant.
Speaker B
Elle a fini par y passer.
Frederic Mazzella
On est d'accord, c'est méchant.
Speaker B
Ouais, donc le concept de diff, pour que je comprenne bien en pratique, comment ça fonctionne? Je te laisse répondre après.
Frederic Mazzella
Mais non, mais tu vois, là tu me fais faire une partie en même temps. Alors pour diff, il y a diff.com, tout est expliqué sur le site. Tu vois, ça, ça marche.
Speaker B
En même temps, je vais devoir arrêter mon format.
Frederic Mazzella
Non mais attends, voilà, on fait beaucoup, beaucoup d'efforts pour être le plus clair possible et expliquer ce qu'on fait quand on construit justement non seulement l'activité mais aussi le site internet qui va avec. Alors si maintenant je dois expliquer en même temps que je joue aux échecs, non, tout est écrit sur dift.com. Voilà, donc faut y aller, donc je vous laisse y aller. En attendant, j'essaie de faire mon coup pour éviter de mourir au prochain coup.
Speaker B
Parce que moi, si je veux faire un diff à un client ou un collaborateur, je veux savoir comment ça marche en pratique, tu vois. Le nom est bien trouvé d'ailleurs, j'aime bien le nom.
Frederic Mazzella
Merci. Voilà, j'aime bien les noms.
Speaker B
C'est vrai que tu es plutôt bon dans trouver des noms. Tac tac tac. Ouh là, qu'est-ce qui se passe? Là, ça commence à chauffer. On approche de, on approche de l'échec et mat là, je pense.
Frederic Mazzella
Je me sauve pas mal.
Speaker B
Alors là, j'ai un sale coup qui est pas mal. J'ai ça qui est bien. Échec, c'est un coup. Du coup, je peux prendre ta dame derrière. Ah oui, voilà, là c'est, j'ai accéléré là dans le, dans la dernière ligne droite.
Frederic Mazzella
Tu penses que prendre ma dame, ça m'empêchera de gagner?
Speaker B
Ça vaut 10 points, c'est la meilleure pièce. Donc une fois que je l'ai prise, normalement c'est bon signe pour moi.
Frederic Mazzella
Et j'ai le droit de rejouer ou pas? J'avais un moyen d'éviter cette catastrophe, je crois.
Speaker B
Je crois pas, je crois pas. Là, je peux pas, on doit terminer le podcast, donc je ne peux plus, je ne peux plus.
Frederic Mazzella
Et donc tous tes podcasts, tu les termines en ayant fait échec et mat sur tes—
Speaker B
Bah oui, alors non, parfois j'ai déjà abandonné, l'autre a abandonné. On peut, tu vois, là par exemple, tu pourrais abandonner, je pense, parce que j'ai, tu vois, j'ai trop de pièces par rapport à toi. Mais sinon, j'ai déjà été dans la situation aussi, je me suis battu jusqu'au bout, j'ai perdu, voilà.
Frederic Mazzella
Là, je peux plus gagner. Quand même, je me suis quand même bien fait.
Speaker B
Ouais, non, là, j'ai trop de pièces. Là, c'est compliqué.
Frederic Mazzella
C'est ça. Donc, c'est ça le jeu des échecs.
Speaker B
C'était une belle partie qui a eu un tournant à un moment donné. Voilà.
Frederic Mazzella
On va dire ça comme ça.
Speaker B
On va dire ça comme ça.
Frederic Mazzella
Parce que je peux plus faire grand-chose, en fait.
Speaker B
Ouais, non, là, c'est compliqué.
Frederic Mazzella
J'ai un cavalier et puis une tour. Bon bah c'est une belle partie.
Speaker B
Tu peux abandonner si tu veux.
Frederic Mazzella
Ah oui, écoute, je préfère réfléchir et comment dire, non, et à ce qu'on se dit, comme ça on abandonne parce qu'en fait j'y arrive pas.
Speaker B
Ouais non, là c'est, tu arrives pas, non, de trucs en même temps. Allez, bonne partie, tu me poses quand même. Bravo, merci à toi de, d'avoir accepté cette petite partie d'échecs. Et donc maintenant on peut en revenir à DIT, voilà, pour faire un cadeau.
Frederic Mazzella
Par contre, ce qui serait intéressant, c'est s'il y a des gens qui qui regarde, qui m'explique après comment j'aurais pu gagner.
Speaker B
Ah ça, ça va être pas mal. Ouais, voilà, ça tombe bien, j'ai interviewé des pros dans mon— tu connais peut-être Charles, non, de Alan? Lui, il est doué, je pense qu'il te dira. D'ailleurs, il m'a battu, je te montrerai l'épisode. Bravo! Il est doué.
Frederic Mazzella
Donc je veux bien apprendre. Et là, comment on se sort de cette situation? Je me suis mis à toucher.
Speaker B
Tu pourrais devenir— tu es typiquement le profil, je pense, où si tu rentres dans les échecs Tu vois, tu pourrais vraiment rentrer dedans et continuer vu qu'en fait c'est un apprentissage éternel. Tu n'as jamais fini d'apprendre avec ce truc-là.
Frederic Mazzella
Complètement, mais en même temps tu m'as aussi dressé le portrait de celui qui devient trop monomaniaque sur les échecs.
Speaker B
Ah oui, tu as raison.
Frederic Mazzella
Et qui finit pas terrible.
Speaker B
Oui, mais l'avantage de ça c'est que je sais pas si je suis retiré de cette position-là. Oui, mais il y a une marge. C'est-à-dire que, je sais pas, pour en arriver là il faut jouer genre 10 ans tous les jours quoi. Tu peux pas arriver à ce niveau-là. Je te parlais vraiment des grands maîtres, tu vois, qui, qui, mais logiquement il y a pas trop de problèmes. Et alors d'ailleurs, les échecs, ça aide par exemple à certaines maladies. Je savais pas, c'est quelqu'un qui m'a appris ça ici, par exemple sur des maladies comme Alzheimer ou choses comme ça, parce que ça active ton cerveau.
Frederic Mazzella
C'est bien aussi, tous les jeux un peu intellectuels, ça t'aide effectivement.
Speaker B
Le tennis aussi, je crois que c'est le jeu ou ce qui, le sport qui te permet d'avoir la meilleure longévité, les sports de raquette. Voilà le petit minute santé. Mais donc sur le diff, j'ai vraiment envie de savoir. Donc tu vois, je suis vraiment curieux.
Frederic Mazzella
Oui, on en était où?
Speaker B
Je voudrais savoir comment ça fonctionne si moi par exemple je veux offrir un diff à un collaborateur ou un client.
Frederic Mazzella
Oui, ou tu peux même le faire entre particuliers, c'est-à-dire à un anniversaire ou lors de, je sais pas, un mariage ou n'importe quelle fête, ou même à Noël. Tu peux offrir comme cadeau à qui tu veux la possibilité d'aller soutenir une asso qui lui tient à cœur, qu'il viendra choisir dans le catalogue. Qui correspond à ses valeurs, à ce qu'il a envie de voir réussir ou améliorer dans le monde.
Speaker B
Une cause qui lui tient à cœur, tu la connais, après tu l'offres.
Frederic Mazzella
C'est un cadeau immatériel, mais 100% émotion quand même.
Speaker B
Mais juste pour bien comprendre, donc le DIFT, tu offres en fait un don à une association? Oui, mais c'est ça que je comprends pas, parce que si tu l'offres à quelqu'un, c'est pas lui qui le—
Frederic Mazzella
C'est lui qui a la valeur financière qui correspond à ce que tu as mis sur ton DIFT. OK. Et qui décide de la louer à telle ou telle association.
Speaker B
OK, donc en fait il a comme une carte qui a une valeur par exemple de 30 € et par contre c'est lui qui se connecte sur le site DiFT et qui décide où il la met.
Frederic Mazzella
Exactement. OK. Exactement, il flèche l'argent. Et donc ça, donc en tant que particulier on peut le faire aux occasions que j'ai mentionnées, donc voilà, cadeau de fin d'année, anniversaire, mariage.
Speaker B
Moi ça m'intéresse chez Eskimo ça, d'offrir ça à mes collaborateurs. Tu vois, un bon à mes collaborateurs pour puissent choisir une association qui leur plaise.
Frederic Mazzella
Exactement.
Speaker B
Ça fait du sens, tu vois.
Frederic Mazzella
Exactement, ça a plein de sens. Ça permet à chacun aussi de voir, de se dire bon bah on a créé de la valeur économique ensemble, mais on peut l'utiliser pour aller réparer telle ou telle chose, améliorer telle ou telle chose qui nous tient à cœur. Et puis chacun choisit. Donc c'est utilisé évidemment pour les collaborateurs comme tu le mentionnes, c'est utilisé pour les clients aussi, tu vois. Par exemple, dans les programmes de fidélité, on transforme les points de fidélité en dons à des assos. Ce qui fait que quand t'as une bonne relation avec une marque, tu peux aller ensuite soutenir les projets qui te tiennent à cœur.
Speaker B
Je cherchais des cadeaux sympas pour mes clients et en fait, tu sais, tu tombes souvent dans les mêmes travers de la bouteille de champagne ou les chocolats à Noël et tout ça. Mais t'as l'impression que c'est toujours un peu la même chose. Je trouve ça cool de pouvoir un peu innover là-dessus aussi, tu vois.
Frederic Mazzella
Exactement. Et c'est ce que font beaucoup de— tu vois, on a 350 entreprises qui nous suivent et beaucoup utilisent le DIFT comme un cadeau d'affaires, quoi. À offrir à leurs clients l'occasion des fêtes de fin d'année ou même des vœux. Tu vois, quand tu fais tes vœux, avec tes vœux, tu dis bon bah voilà, puis cette année, on agit aussi dans la bonne direction ensemble.
Speaker B
Et les associations, faut pas l'oublier, ça a un rôle essentiel dans la société en fait. C'est-à-dire qu'en fait, quand t'as des bonnes associations, t'as un pays qui tourne bien, tu vois, dans le sens où ça, en fait, c'est plein de petites associations. D'ailleurs, Il y a des choses super intéressantes aussi. Il y a des associations qui développent des savoir-faire dans des choses spécifiques. Ça peut être intéressant peut-être de mutualiser aussi peut-être des innovations qu'il peut y avoir dans certaines associations entre elles. Bon, ça c'est encore autre chose, mais peut-être qu'on sous-estime à quel point c'est important d'injecter dans les associations.
Frederic Mazzella
C'est un lien sociétal.
Speaker B
C'est un lien sociétal.
Frederic Mazzella
Et puis ça donne du sens, beaucoup de sens, non seulement quand tu soutiens une asso ou quand tu es bénévole dans une asso, Quand tu t'attaques véritablement aux problèmes et que tu agis, ça te donne aussi plus de bonheur en fait, tout simplement parce que face aux problématiques, rester sans rien faire, c'est pas satisfaisant humainement. Ce qui est satisfaisant, c'est d'agir sur les problèmes. Donc là, c'est une manière d'agir. Et puis au-delà de ça, dans le don aussi, alors il y a des études assez intéressantes qui ont été conduites par Harvard sur le fait que le don améliore ton, enfin te rend plus heureux en fait.
Speaker B
Ça m'étonne pas du tout.
Frederic Mazzella
Ils ont fait des tests où ils font venir un premier groupe de personnes, ils leur donnent 5$ à chacun et leur disent va t'acheter ce que tu veux avec tes 5$ et puis un autre groupe auquel ils donnent 5$ et ils leur disent allez les donner à quelqu'un ou soutenir une asso, enfin en gros les donner. Et ils font des études d'état mental, de bonheur sur ces personnes-là avant-après. Et en fait, les deux courbes se détachent l'une de l'autre.
Speaker B
Ce serait intéressant de voir, de pousser l'étude avec par exemple des capteurs biologiques sur le cerveau. Je pense que donner, ça doit activer un sentiment de plaisir. Il doit peut-être se voir scientifiquement dans le cerveau avec des capteurs parce que je pense qu'il y a un vrai sentiment de—
Frederic Mazzella
Tu te sens utile, tu te sens bien, tu te sens utile, tu te sens plus utile que de peut-être acheter un énième truc.
Speaker B
Je pense que si tu fais un beau don un jour dans une association qui te fait plaisir, Tu vois, je pense tu te couches content un peu, tu es content de l'avoir fait, je pense. Et je pense que ça, c'est un truc assez commun aux êtres humains. C'est-à-dire qu'en fait, je pense, 100 personnes, la stat doit être assez élevée de gens qui ressentent du bonheur au moment où ils le font. À part peut-être après, tu as les psychopathes ou les sociopathes qui ressentent plus rien peut-être, ou je sais pas. Mais on va dire un être humain câblé normalement, je pense qu'il ressent un plaisir à le faire. Après, c'est comment l'emmener, c'est toujours pareil. C'est-à-dire que Comment tu rentres dans la démarche de le faire, de prendre du temps pour le faire? C'est aussi ça, parfois on prend pas le temps. C'est comme par exemple sa santé, on prend pas forcément le temps de s'en occuper, or c'est le truc le plus important. Peut-être les dons, c'est un peu pareil, tu vois. Il y a beaucoup de gens qui seraient aptes à donner, mais juste ils ont pas le bon système, le bon machin, etc.
Frederic Mazzella
Donc, en fait, ce qui est marrant, c'est que c'est pas la quantité, c'est pas le montant du don qui compte, c'est vraiment le fait d'avoir, d'être allé aider quelque chose. T'es pas, t'es pas 100 fois plus heureux quand tu as donné 1000 € au lieu de 10 €. Tu vois, parce que enfin 10 fois 100 égale 1000. Mais donc si tu donnes 10 euros, tu es déjà très content.
Speaker B
Oui, je vois, c'est pas proportionnel. Le fait de donner, c'est pas le montant. Super intéressant.
Frederic Mazzella
Voilà, donc et bon, après, la vision derrière tout ça, c'est aussi de faire rentrer le fait d'aider autour de soi comme étant un pilier de réalisation personnelle aussi, qui te rend justement heureux. Tu vois, si le but de la vie, c'est d'atteindre le bonheur, bon, même si on sait toujours pas bien ce que c'est que le bonheur, on pourrait passer des heures là-dessus.
Speaker B
Il y a pas mal de philosophes qui se sont penchés sur la question et qui sont pas d'accord entre eux.
Frederic Mazzella
Tu vois, j'avais eu André Comte-Sponville notamment dans mon émission Les Pionniers là. Et lui, il a une définition du bonheur au final qui est assez simple. Il dit c'est l'absence de malheur. Et quand tu constates que simplement le quand tu te persuades aussi que le bonheur, c'est l'absence de malheur, bah tu es heureux 99% du temps.
Speaker B
Intéressant. On dit, il y a des philosophes qui disent aussi le bonheur, c'est savoir se, je sais plus lequel disait ça, mais c'est savoir se satisfaire ce que tu as. Parce que l'être humain, il a tendance à vouloir toujours autre chose et à désirer des choses. Mais une fois que tu les as, tu désires encore autre chose. Et donc du coup, tu es dans une boucle infernale d'une recherche de ce qu'on appelle bonheur. Mais du coup, vu que tu l'as, tu illustres ça par un truc un peu abstrait, en fait du coup tu es en quête de bonheur en permanence, du coup tu es jamais dans le bonheur. Et donc j'aimais bien l'idée de se dire que le bonheur c'est se satisfaire de ce que tu as. Moi j'aime bien cette idée-là, je trouve que souvent on veut toujours, tu travailles dans une boîte, bah tu dis que l'herbe est plus verte à côté, tu vas aller dans une autre. Tu dis que tu pourras avoir des meilleurs amis, une meilleure copine, des meilleurs enfants, je sais pas, tu peux tout remettre en question. Donc j'aime bien cette idée-là aussi.
Frederic Mazzella
Voilà, et donc le fait de donner et d'aider autour de soi, c'est aussi un facteur de réalisation qui t'amène vers plus de bonheur individuel. Donc c'est ce qu'on poursuit comme philosophie avec Diift. Démocratiser la générosité, la rendre beaucoup plus simple, beaucoup plus naturelle. Et aujourd'hui, avec les outils digitaux qu'on a, tu vois, enfin, être généreux, c'est facile en fait.
Speaker B
Et alors, quel est le business model, comme dirait la personne que tu avais C'est qu'est-ce que tu as dit en anglais? What you need a business model or you die?
Frederic Mazzella
Bah déjà c'est trouver l'équilibre. Là ce que l'on fait aujourd'hui, alors quand on travaille avec des grandes entreprises, on livre des plateformes. Donc là c'est en SaaS, donc c'est du software as a service, donc c'est une plateforme sur laquelle ils payent la licence pour justement pouvoir aiguiller les dons, tu vois. Typiquement quand on transforme des points de fidélité en dons à des assos, bon il y a pas mal de mécaniques derrière techniques, tu vois, parce que faut transformer cette valeur-là en argent et ensuite l'aiguiller vers les bonnes assos au bon endroit, faire les reçus fiscaux quand tout ça va bien. Puis après, il y a évidemment tout le travail de sélection des assos qui est fait en général d'abord par nous, puis ensuite en partenariat avec les clients, enfin les entreprises mécènes avec lesquelles on travaille. Et donc ça, c'est un modèle économique très simple, c'est une plateforme SaaS pour les entreprises. Et à côté, les dons vont à 100% dans les assos. Mais on a une structure hybride avec un fonds de dotation qui lui fait toute la sélection justement de ces assos-là. Et puis une société qui fournit la plateforme d'implication puisqu'en fait c'est ça, tu vois, je te parlais d'Accor, c'est 70 millions de personnes dans le monde qui accèdent à ce genre de possibilité. Donc c'est une plateforme tech quand même avec des choses assez ardues derrière. Et donc ça, c'est un modèle classique SaaS.
Speaker B
Tiens, on va faire un truc sympa, je viens de penser à ça. S'il y a des courageux qui nous écoutent jusqu'à maintenant, je sais pas combien de temps ça fait, mais ils ont été courageux de nous écouter jusqu'à maintenant. Je les invite à commenter en dessous de la vidéo YouTube LBT pour les initiales de Little Big Things. Et je leur, et je tirerai, tiens, je tirerai 3 personnes au sort et je pourrais le faire, leur offrir un gift.
Frederic Mazzella
Ah très bien.
Speaker B
Ok, donc je t'offrirai 3 gifts de valeur, allez, de 50 €, on peut?
Frederic Mazzella
Ouais, mais comme tu veux, tu vas mettre 500 si tu veux.
Speaker B
Allez, 3 gifts de 50 €, ça fait 150. Si vous commentez LBT et je vous enverrai un petit message avec un gift, comme ça ils commenteront et c'est le hack, c'est ils commentent et donc du coup ça augmente le référencement de la vidéo aussi. Donc tout est, j'aime bien allier business et et générosité. J'aime bien allier des concepts qu'on n'a pas l'habitude, tu vois, parfois par exemple écologie et business. Et ce que tu fais, je trouve ça aussi intéressant finalement.
Frederic Mazzella
C'est aussi, il y a un modèle économique aussi, le fait qu'on est tous avec nos dimensions humaines quand même émus et avec une volonté d'agir par rapport aux problématiques qu'on nous présente, tu sais. Dans la vie de tous les jours, surtout quand tu regardes les infos ou quoi, on te parle que de mauvaises nouvelles avec jamais de solutions. On te présente que des trucs, en fait, c'est hyper anxiogène parce qu'on passe ton temps à te montrer des trucs qui, ah oui, ça, c'est un problème, effectivement. Et puis après, le journal d'infos se termine et on ne t'a pas donné la solution. On t'a juste dit il y a un problème. C'est comme toi tout à l'heure quand tu me dis attention, je vais te mettre échec et mat et que tu joues pas tes coups, tu sais, tu étais là, moi je me dis mais... Mais je veux savoir ce qui va se passer après. Et donc tu as un état de frustration. Nous, ce qu'on fait avec DiFt, c'est qu'on ne nie pas les problèmes, on les montre puisque toutes les associations qui luttent contre différentes dimensions, que ce soit sociales ou environnementales, à chaque fois, c'est quand même des situations où objectivement tu les regardes et tu dis il faut faire quelque chose. Donc ça t'émeut. Mais ce que l'on fait, c'est qu'immédiatement à côté de cette problématique, on donne la solution. La solution, c'est quoi? C'est d'aider les gens qui luttent contre ce problème-là. Donc tu peux agir. On enlève cette frustration en partie en se disant, c'est pas vrai qu'on peut rien faire, on peut faire quelque chose. Et d'ailleurs, il y a des gens sur le terrain, regardez ce qu'ils font. On montre les vidéos, on explique toute l'activité de l'association, on explique ce qu'ils font. Alors on montre le problème, c'est vrai que quand tu vois le problème, à chaque fois tu te dis, ouais, oui, effectivement, il faut faire quelque chose. Et on a la solution juste à côté. Donc on boucle la boucle, si tu veux, en disant simplement, pour agir, c'est assez simple, il faut soutenir les gens qui qui travaillent dessus.
Speaker B
Et ça te fait une dose, si on appelle ça une dose de bonheur, une dose de dopamine, j'en sais rien, mais ça te fait une petite dose de bonheur. Et c'est marrant parce que j'étais en train de me dire, tu vois, si tu es dans la rue et tu donnes une pièce par exemple à un SDF, je pense que tu as ce même sentiment. Tu te sens bien après avoir donné. Donc je te rejoins vachement, ça m'étonne pas l'étude d'Harvard qui dit ça. Et juste pour faire le parallèle avec Vendredi, Vendredi c'est un peu différent parce qu'en gros eux Tu vois, nous on était inscrit avec Eskimoz et en gros on avait des, donc nos collaborateurs choisissaient une association qui leur plaisait et allaient par exemple, je sais pas vraiment donner un service ou mais venir tu vois humainement interagir.
Frederic Mazzella
C'est là tu t'impliques avec ton temps.
Speaker B
Voilà, c'était plus du temps.
Frederic Mazzella
C'est du temps.
Speaker B
Donc c'est un peu différent mais peut-être du coup il y a des synergies entre bandeau et ce que tu as fait.
Frederic Mazzella
On se connaît, on se parle de temps en temps, on agit tous les deux dans la même direction avec des une méthode différente puisque effectivement c'est plus autour du temps, nous c'est plus autour de l'argent. Mais c'est des ressources de toute manière dont les associations ont besoin. Nous avec l'argent qui est fléché vers les associations, elles peuvent ensuite recruter des gens permanents qui vont les aider toute l'année. C'est le but d'aider les associations à avoir des gens qui peuvent agir sur les causes qu'elles défendent.
Speaker B
Puis ils se sensibilisent parce qu'ils donnent de l'argent mais ils découvrent l'association en même temps. Donc en réalité, ils se connectent un peu à elle d'une manière financière au départ, mais après, ils peuvent aller plus loin, je pense, dans leur démarche. Donc du coup, les gens qui commentent LBT, comme Little Big Things, j'offrirai 3 gifts de 50€. Et donc du coup, ils nous diront après le sentiment qu'ils ont eu après avoir donné le tien. Ça serait intéressant parce que la probabilité, je pense, est assez forte. Effectivement, c'est ça qui est intéressant, je pense, dans ton projet. C'est que tu touches à un sentiment humain qui est assez, je pense, profond. Et faudrait creuser d'ailleurs d'où il vient. Pourquoi ça pourrait être intéressant de se dire pourquoi l'être humain il ressent du plaisir quand il donne? Peut-être que ça vient depuis l'histoire, tu vois.
Frederic Mazzella
Oui, mais je pense que, alors j'ai pas fait d'études sur le sujet, mais intuitivement ce que j'irais répondre, c'est qu'on sait quelque part que pour survivre on a besoin des autres, tu vois. Enfin, on a tous l'image en tête que c'était tout au milieu du désert, ça va être compliqué. Donc on sait qu'on a besoin d'être, de pas être seul, d'être aidé, entouré pour survivre, vivre longtemps. Et je pense que quand tu donnes, justement, tu te dis que tu aides ce qui t'entoure et que ça va t'aider en retour. Si tu aides ce qui t'entoure, ça ça va aussi t'aider toi à survivre, puisque le but justement c'est de ne pas finir tout seul.
Speaker B
Oui, intuitivement je pense que tu as raison. Je pense que l'être humain, tu sais, on dit quand tu as la naissance, l'un des premiers sentiments que tu as vraiment quand tu es bébé, quoi, c'est des choses autour de l'abandon, etc., mais en fait d'être autour, pour ce sentiment de sécurité, je pense. Et donc du coup donner, c'est une manière effectivement d'aider les autres et de faire partie aussi peut-être de, comme un cercle social, quoi, tu vois. Je pense qu'il doit y avoir des sentiments assez psychologiques en fait par rapport à ça, c'est certain, je pense. D'où l'étude d'Harvard où ils sont retombés sur ces chiffres-là.
Frederic Mazzella
Donc, et alors, ils l'ont fait de plusieurs manières parce qu'ils l'ont fait sur des montants de 5 ou 20 dollars. Ils l'ont fait aussi sur des montants de plusieurs milliers d'euros avec des employés qui justement soutenaient des causes ou des entreprises dans lesquelles les employés soutenaient des causes et avec l'aide de l'entreprise et des entreprises les mêmes qui faisaient la même activité si tu veux, mais qui n'avaient pas de programme d'aide quelque part au bien commun diffusé et distribué auprès des employés. Et en fait c'est pareil, les taux de bonheur n'étaient pas les mêmes. OK, donc ça joue en fait. Quand tu aides ton entourage, quelque part tu t'aides toi-même.
Speaker B
Je pense que si tu fais, ouais, tu as dans ton camembert des choses que tu fais dans la vie, une partie un peu sur les dons, sur l'aide ou ce genre de choses. Je pense que ça peut contribuer sincèrement au bonheur. Alors c'est pas une association, mais il y a plein d'autres types de projets, par exemple construire des des villages, des écoles, dans des villes en Afrique.
Frederic Mazzella
Oui, en fait, de manière générale, aider autour de soi, ça rend heureux.
Speaker B
Ça n'a jamais rendu malheureux, je crois, en tout cas. Si on reprend le— tiens, on va terminer le podcast là-dessus. Tu sais que le bonheur, c'est le fait de ne pas être malheureux. Et je pense qu'aider les autres et donner aux autres, ça n'a jamais rendu malheureux personne, je pense.
Frederic Mazzella
Non. Donc ça se passe bien.
Speaker B
Super. Bon bah, on va terminer sur ce petit mot-là. Encore merci Frederic d'avoir accepté l'invitation. Et c'était génial de pouvoir avoir quelqu'un qui a fait tous les apprentissages pour les autres générations qui arrivent dans la tech après qu'un Blablacar m'ait essuyé un petit peu toutes les contraintes, comme par exemple ne pas avoir Stripe ou ce genre de choses. Ça serait pas— aujourd'hui il y a plein de jeunes qui lanceraient pas des bots s'il y avait pas des Stripe ou des Mango Pay, tu vois.
Frederic Mazzella
Ah oui, non, ce serait trop compliqué.
Speaker B
Parce que développer un Stripe juste pour servir la boîte que tu fais à la base, Ça n'a pas de sens long terme.
Frederic Mazzella
Tu vois, aujourd'hui, on est passé sur des solutions effectivement qui sont des PSP. Mais à l'époque, comme on voulait le développer, qu'il n'y en avait pas, il fallait le faire.
Speaker B
Super. Un grand merci à toi Frédéric et à bientôt.
Frederic Mazzella
Merci Andrea. À bientôt.
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