52- Le deuil. (Serie Introspection)
10 Jun 2021 · 32 min
Elisabeth Kübler-Ross's five stages of grief don't happen in order but spiral back on themselves, with denial protecting us, anger as energy to channel, negotiation sometimes becoming art, sadness as a normal visitor, and acceptance as reinvestment in life. The host runs a twice-weekly workshop where people study Kübler-Ross while sharing their own losses.
Ne prenez pas le deuil, c'est moi qui vous le dis. Ça noircit le blanc de l'œil et ça enlaidit. Les histoires de cercueil, c'est triste et pas joli. Reprenez vos couleurs, les couleurs de la vie. Chanson des escargots qui vont à l'enterrement de Jacques Prévert.
El podcast Just in Time, porque necesitamos salir, mantenernos abiertos al movimiento, a la reflexión, caminar, observar, reflexionar para empezar algo nuevo.
Depuis plusieurs années, un travail de réflexion profonde m'accompagne sur la question du deuil. Le deuil me semble être un moment essentiel de la vie qui se répète tout au long de la vie et auquel on ne prête pas suffisamment d'attention parce qu'en général, lorsqu'on parle de faire un deuil, on parle de d'en sortir le plus vite possible. C'est-à-dire, il faut qu'il fasse son deuil, il faut qu'elle fasse son deuil, mais que ça se fasse et ça se fasse assez vite. Or non, le deuil requiert énormément de patience et aussi de savoir, de connaissances. C'est évidemment la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross qui a le mieux connu cette question, qui s'est le plus intéressée à cette question dans la pratique, d'abord en accompagnement des patients sur leur lit de mort, et puis ensuite en expliquant à celles et ceux qui accompagnaient les personnes qui partaient vers un ailleurs, ou pas en fonction de nos croyances, comment le faire, comment le faire et comment accompagner le mieux possible ces personnes-là également, a été un point important de la deuxième partie de sa pratique. Et c'est la raison pour laquelle, quand on aborde le deuil, il s'agit de savoir en fait le deuil de quoi. Le deuil d'une personne, le deuil d'une relation, le deuil d'un investissement dans un travail, un emploi, le deuil de nos idéaux également, le deuil de la jeunesse. On ne cesse de faire le deuil tout au long de la vie. Il y a deux types de deuil: le deuil anticipatoire et le deuil lorsqu'on y est. On peut anticiper un deuil lorsqu'on sait, par exemple, qu'on va rompre une relation, n'importe laquelle, une relation professionnelle, une relation amoureuse, une relation d'amitié, lorsque les signes avant-coureurs se sont présentés de multiples fois, on sait que la fin est proche. Ce deuil anticipatoire, comme l'appelle Elisabeth Kübler-Ross, ne, ne, ne remplace pas le deuil qui vient, qui survient après. Donc en fait, d'une certaine manière, on prépare dans ce cas précis un double deuil, mais on ne peut pas toujours préparer la fin. La fin souvent nous surprend. J'ai commencé à organiser un atelier tous les 15 jours qui est un atelier basé sur la méthode de l'analyse de pratique dans laquelle nous parlons du deuil. Donc nous travaillons sur l'œuvre d'Élisabeth Kübler-Ross en même temps que nous partageons des moments importants de nos vies, de nos deuils. Des moments de notre existence ainsi que notre analyse de ces moments-là. Et l'analyse pratique veut que tout ce qui se dit dans cet espace ne reste dans cet espace. Et c'est très intéressant, ce travail que nous avons commencé au mois de mai, fin mai, et qui continue donc tout le mois de juin et peut-être encore juillet. Donc dans cette dans ce deuil anticipatoire, il y a une préparation qui se fait, qui est une sorte de prélude pour le deuil lorsqu'il survient. On connaît bien déjà les étapes du deuil comme elles ont été conceptualisées par Elisabeth Kübler-Ross: le déni, la colère, la négociation, la dépression, la tristesse, l'acceptation. Mais on sait moins gérer ces étapes au sens où on pense parfois que ce sont des étapes linéaires. Or, elles ne le sont pas et c'est plutôt du spiralaire. Comme on parle en pédagogie de spirale, c'est la même chose. C'est-à-dire, on va commencer par le déni, puis ensuite la colère, la négociation, la dépression, l'acceptation. Et ça va pas se faire de manière linéaire, on va revenir, on va reprendre des tranches de ces étapes du deuil. Notamment à des degrés d'intensité différents. Donc ça, c'est très intéressant parce qu'on pense parfois, ça y est, on a passé le déni, on a passé la colère, on y arrive, on arrive jusqu'au bout, on va y arriver. Et non, pas du tout. On fait une première, un premier passage, la vie passe, on revient et ça nous surprend souvent. Ça surprend la personne, on ne s'y attend pas vraiment. Que cette spirale revienne et on ne sait pas combien de fois et combien de temps elle va repasser. Donc je trouve personnellement, en tant que personne et en tant que praticienne de la psychanalyse, qu'il est intéressant d'enregistrer, de faire le registre de ces étapes pour apprendre cette gestion émotionnelle qu'on n'apprend ni à l'école, qu'on apprend très peu dans la famille. Qu'on découvre peut-être si on a assez reçu de coups dans la vie pour comprendre qu'en fait la gestion émotionnelle est essentielle et qu'elle fait partie d'une pratique du soin de soi. Je suis là pour nous deux. Si tu me veux toujours, il m'a fallu tant de temps pour faire le deuil de mon passé que j'en ai presque oublié mon présent. Mais plus maintenant. Dans Le choix d'aimer, Mallory Blackman. Nous avons donc bien posé qu'il ne s'agit pas de cinq étapes. Linéaire, que l'ordre n'est pas forcément chronologique. On peut sauter une étape puis ensuite revenir sur 2 étapes en même temps. Voilà, il n'y a pas d'ordre, de schéma qui puisse s'imposer, ni de recette bien sûr. Quand on parle de déni, qui est le premier moment quand le choc de la disparition survient, quand la rupture survient, quand le réel s'impose sans qu'on ait pu se prédisposer à sa venue, il y a une attitude, un comportement de paralysie. Le déni nous paralyse. Le déni est très courant, on le voit peu. La personne qui est dans le déni ne voit pas qu'elle est dans le déni très souvent. Ce sont souvent les autres ou un thérapeute, une thérapeute qui qui permettra de le visibiliser. Et une phrase qui revient souvent, c'est, c'est pas possible, ce n'est pas possible, je ne peux pas le croire. C'est la raison pour laquelle très souvent voir le corps d'une personne qui a disparu nous aide à dépasser cette étape du déni, car si on ne le fait pas, on va rester risquer d'être bloqué dans cette étape. Ça, c'est très important. En fait, chaque étape est une chance pour réparer quelque chose, une chance pour soigner quelque chose. Donc se refuser à vivre une étape, c'est aussi se refuser des chances d'avancer sur ce cheminement. Je crève. Pour les gens comme moi, internet est à la fois le naufrage et le radeau. On se noie dans la traque, dans l'attente. On ne peut pas faire son deuil d'une histoire pourtant morte. Et en même temps, on surnage dans le virtuel, on s'accroche aux présences factuelles. Qui hante la toile. Au lieu de se déliter, on se relie dans Celle que vous croyez de Camille Lorenz. D'une certaine manière, en lisant Kübler-Ross, ce que l'on découvre et ce à quoi on réfléchit, c'est que cette première étape est une sorte de baume sur le choc, sur la blessure, la blessure très profonde, le choc de la disparition de l'être aimé, le choc de la disparition de cette personne, la rupture, la rupture des idéaux, cette impossibilité d'accepter. C'est-à-dire, le premier réflexe, c'est non, ce n'est pas possible. Il y a une phrase qui me semble très belle, qu'Elizabeth Kübler-Ross a écrite dans On Grief and Grieving, qui dit, il y a de la grâce dans l'étape de la négation, du déni. C'est la façon, c'est la manière par le biais de laquelle la nature laisse pénétrer seulement ce que l'on peut supporter. Ça, c'est pour le déni. Effectivement, le choc est si fort que cette façon très insidieuse et très discrète d'entrée de la réalité dans le psychisme humain, c'est le déni. Donc l'étape du déni, elle est très importante. Elle semble impossible à accepter, irrationnelle. Elle peut même provoquer de de la honte, ne pas pouvoir accepter ce que tout le monde semble accepter si facilement entre guillemets. C'est un mécanisme de protection du psychisme. Elle est accompagnée par des questions, est-ce que vraiment c'est arrivé? Est-ce que c'est possible? Est-ce que je rêve? Très souvent, on a l'impression qu'on est en train de traverser un cauchemar. Et donc en fait, c'est le début d'un long cheminement pour apprendre à vivre la perte. Avec la perte de la personne, avec la perte de cet idéal, avec la perte de cette situation qui semblait nous combler, etc. Il est très courant que la personne qui passe par l'étape du déni ait besoin de parler énormément de ce qui s'est passé. Donc il est important de la laisser parler, de la laisser s'exprimer, même si elle se répète, et apprendre à vivre avec cette perte implique donc de passer par cette première étape. On a besoin de quê— C'est si ennuyeux le deuil! À chaque instant, il faut se rappeler qu'on est triste. Dans Journal, Jules Renard. Par le biais du déni, on questionne notre réalité, on décrit les faits, on repasse par une phase, on passe par une phase descriptive très factuelle pour que peu à peu l'esprit, le psychisme puisse gérer, appréhender le traumatisme et accepter les choses telles qu'elles sont. Puis survient la colère. La colère surgit parce que tout simplement cette incapacité d'accepter qui est visible dans le déni conduit au rejet de ce qui est survenu. Donc la colère, la rage même surgit par rapport à une dimension du temps. On regrette, on est fâché de ne pas avoir prévu cela, on est fâché parce que lorsque cela est arrivé, c'était déjà trop tard, on est fâché contre les médecins, on est en colère contre même parfois l'être aimé qui n'a pas pris soin de soi, on est fâché contre celui ou celle qui est parti sans dire au revoir. Il y a cette multilatérale de la colère. C'est un sentiment qui n'est ni logique ni acceptable d'ailleurs, et qui ouvre la voie à une longue liste d'émotions. C'est ce qui est intéressant avec la colère, une longue liste d'émotions qui accompagnent le processus de deuil: la tristesse, la panique, la douleur, la solitude, la colère envers soi-même également, surtout lorsqu'il s'agit de la mort d'un être cher qu'on n'aura pas suffisamment vu, par exemple. On commence à se reprocher des choses. Il faudra, on reparlera de la culpabilité, qui est cette violence exercée envers soi-même. Et là, cette colère également devant le fait qu'une Une chose est de vouloir sauver une personne et l'autre est de réussir à le faire. Donc c'est la marque de l'impuissance, de l'incapacité d'un côté, et puis de l'impuissance parfois de l'autre. Et enfin, la colère devant l'obligation d'accepter de devoir vivre dans un monde où cette personne, cet idéal, cette situation, cet investissement émotionnel n'est plus là. Donc on se retrouve devant l'incapacité de vivre ainsi, ce qui renvoie à un degré de vulnérabilité très élevé. Donc il est important dans cette étape, nous rappelle Kübler-Ross, qu'il ne faut pas nier la colère, il ne faut pas la cacher, il ne faut pas en avoir honte, il ne faut pas se dire que cette colère est inutile. Au contraire, elle est très utile et l'observer sous toutes ses coutures est très important. Demander également à son environnement de comprendre, beaucoup de compréhension pour accompagner de près ou de loin cette situation qu'on est en train de vivre et qui est peut-être très longue. On a l'impression qu'elle ne cessera jamais, cette colère. La bonne nouvelle, c'est que la colère est une émotion à laquelle on est habitué, malheureusement d'ailleurs, à vivre dans notre vie quotidienne. Ce n'est pas quelque chose d'inconnu. Donc elle est importante, cette étape, parce qu'elle fait partie de ce dont je parlais tout à l'heure, la gestion émotionnelle. La colère cachant d'autres émotions et d'autres sentiments. Il est très courant qu'on choisisse d'ailleurs ce qu'on s'incline inconsciemment vers la colère pour ne pas avoir à faire face à d'autres émotions, parce que la colère est assez normalisée, assez banalisée politiquement parlant par exemple. Donc la colère est une étape nécessaire. Si on réussit à la sentir de manière pleine, on peut apprendre à ensuite s'occuper des autres émotions qui surviendront. Elle est très fatigante, elle elle consomme beaucoup d'énergie, elle nous consume également, elle peut nous consumer. Et on sait également qu'elle reviendra et sous d'autres formes, de multiples formes. Il est essentiel pour celles et ceux qui accompagnent quelqu'un qui traverse cette étape de laisser faire, de comprendre que cette étape est fondamentale. Et donc quand on est en train de le vivre, demander également qu'on respecte ce moment, qu'on nous respecte. Sinon le risque est l'aliénation, ne plus savoir où aller, que faire, ne plus savoir qui l'on est, etc. On vit dans une société qui banalise la colère mais qui également en a peur. Donc c'est un paradoxe. Il est fort possible pendant cette étape qu'on se sente abandonné, isolé, parce que les personnes qui nous accompagnent de près ou de loin, encore une fois, trouvent cette colère disproportionnée, inappropriée, exagérée. Qui n'a plus lieu. Par exemple, on parle souvent des personnes qui sont pleines de colère, traversées par la colère, qui n'ont pas géré leur colère parce que peut-être leur environnement n'est pas prêt à les accompagner dans ce processus. Donc finalement, lorsqu'on traverse cette étape, il s'agit d'honorer notre colère, honorer cette situation même si elle est difficile à gérer, et peut-être s'isoler, trouver un lieu, trouver un espace. Il y a bien sûr comme toujours la méditation qui est cet espace sacré solitaire. Elle était encore en deuil plus de 100 jours après le décès de Sesshikusai et son visage avait la blancheur d'une fleur de poirier. Dans La parfaite lumière de Eiji Yoshikawa. La sensation de ne plus plus savoir où aller, d'être complètement perdu, d'être en plein naufrage. Une catastrophe profonde est vraiment celle qui traverse la personne qui vit cette étape. Aucune connexion, être fâché envers absolument tout, ceux qui sont allés à la cérémonie, ceux qui n'y sont pas allés, les amis qui sont trop absents. Tout est possible, tous les prétextes sont bons, on fait feu de tout bois dans cette situation pour développer sa colère. Mais la colère est très utile. La colère, Elisabeth Kübler-Ross la présente comme un pont sur une mer ouverte, comme quelque chose, une bouée d'une certaine manière à laquelle s'accrocher. Et malheureusement, en général, ce qu'on essaye de faire, c'est de supprimer la colère au lieu de la sentir. Or, il est essentiel de la sentir. Donc, que faire? Aller parler à notre thérapeute, aller parler à des amis, aller parler à notre famille, mais ne pas cacher cette colère et ne pas l'étouffer. Il est essentiel évidemment de réussir à le faire sans se faire de mal, sans faire du mal à notre entourage. Et c'est là que le plus d'exercices possibles, le plus de mouvements possibles qui passent par le corps nous aidera, nous permettra d'exprimer cette colère qui est souvent cachée, comme je l'ai dit, qui est souvent étouffée. Il est aussi possible qu'à ce moment-là, on sente beaucoup de culpabilité. La culpabilité est une colère qui est retournée envers soi-même très souvent. De la colère signifie simplement qu'on a aimé et qu'on a perdu, nous dit Kübler-Ross. Si on permet, si l'on permet de vivre cette colère, on va pouvoir découvrir d'autres émotions, d'autres sentiments qui se trouvent cachés par la colère. On a l'impression parfois que si on se laisse aller à la colère, cette colère ne peut se terminera jamais. Or c'est faux, c'est une fausse idée, une fausse sensation, c'est une peur. Parce que la colère se transforme, elle va se transformer en quelque chose d'autre. Donc il est essentiel à ce moment-là, on le rappelle, Kübler-Ross, de ne permettre à personne d'autre de juger sa colère, ni à soi-même d'ailleurs, ni de la réprimer. Seigneur, vous plaît-il d'entendre un beau conte d'amour et de mort? C'est de Tristan et d'Iseult la reine. Écoutez comment à grand joie, à grand deuil, ils s'aimèrent, puis en moururent un même jour, lui par elle, elle par lui. Tristan et Iseult. René-Louis. Après la colère survient parfois, selon le schéma d'Elizabeth Kübler-Ross, la négociation, bargaining en anglais. La négociation qui a deux visages: avant la perte, après la perte. Avant la perte, lorsque cette perte approche, on commence à négocier avec soi-même des promesses. S'il ou elle survit, je ferai ceci. S'il est toujours présent, je ferai cela. Et une fois la perte consommée, la négociation se manifeste comme si on essayait de démontrer quelque chose il y a une sorte de récupération symbolique, de restauration symbolique qui s'opère. On souhaite par exemple dévouer notre vie à une grande cause, vivre pour ceux ou celles qui ont disparu, vivre doublement, triplement, réaliser de grands projets pour rendre d'une certaine manière hommage et en même temps pour payer une certaine dette symbolique. Donc il y a une restauration symbolique qui se fait de la perte de l'être cher avec des si seulement et que se passerait-il si cette maladie disparaissait, de grands engagements dans des grandes causes aussi bien individuelles que sociales. Il est très courant également que la culpabilité survienne à cette étape-là, un dialogue interne s'instaure où On réfléchit à ce qu'on aurait pu faire pour éviter de nouveau, donc la culpabilité dont on a déjà parlé précédemment. Et puis il me semble très important de parler de la tentative dans cette étape-là de négocier avec sa douleur, donc de ne pas vouloir voir la douleur, d'essayer de négocier avec elle. Or c'est très difficile, c'est tout à fait impossible. On essaye de faire tout ce qui est possible pour ne pas sentir la douleur. Et c'est là que le risque des addictions apparaît: l'addiction au travail, l'addiction aux substances, l'addiction à la nourriture, l'addiction aux relations toxiques. C'est là, c'est à ce moment-là, pour ne pas sentir la douleur, on la remplace par quelque chose d'autre. Mais il est dans le séminaire dont j'ai parlé tout à l'heure, que j'appelle atelier, On m'a posé une question qui m'a semblé très intéressante: est-ce qu'il n'y aurait pas une négociation positive? Et il me semble que justement, la négociation positive, donc pour ne pas sentir la douleur, peut passer à ce moment-là par la création, par l'art. Alors, on écrit un livre, on fait un podcast, on s'engage dans les arts, on crée une œuvre. Comment à ce moment-là la négociation peut apparaître comme une étape dans un processus de civilisation finalement, dans un processus de restauration symbolique, c'est toujours le cas, mais sans se détruire et sans détruire les autres. Donc à ce moment-là, on a besoin d'exprimer d'une manière ou d'une autre ce que l'on ressent, cette douleur qui est si profonde. Et là, ça me semble très intéressant. De l'insérer. Le cube Larose n'en parle pas à ce moment-là, mais je pense que c'est vraiment une option, une porte qui s'ouvre pour gérer sa douleur autrement. Et également, dans cette étape de négociation, il est possible que des idées rationnelles surviennent: on se verra au paradis, on finira notre vie ensemble. Pour permettre de faire en sorte que l'achèvement ne soit pas, qu'il y ait une sorte de processus d'inachèvement. Mais cette étape ne va pas durer puisque cette étape nous mène vers la tristesse. Une fois que la négociation n'est plus possible, c'est la tristesse, c'est le retour au présent, Et on a l'impression que cette tristesse durera pour toujours. Il est dangereux de l'aborder comme une maladie mentale. Kübler-Ross le dit clairement, il y a une dépression clinique et puis une dépression du deuil. Donc se demander pourquoi est-ce que cette situation que je vis est triste, est-ce que cette situation que vit cette personne est triste? Oui, elle l'est profondément. Donc normaliser la tristesse et ne pas en faire tout de suite quelque chose de pathologique. Chose dont il faille s'échapper à tout prix, très vite, est très important. Donc la vie n'a plus de sens, il y a cette sensation physique de lourdeur, d'impossibilité de continuer à vivre le quotidien. Le quotidien n'a plus de sens, n'a plus d'intérêt, plus d'activité. Bon, ça c'est le désinvestissement naturel qui surgit avec la dépression, mais Kübler-Ross insiste pour pour dire que la dépression du deuil est une étape parfaitement saine et normale. Que nous, de nouveau, c'est un processus d'adaptation à un élément qu'on ne peut pas gérer. Donc une étape nécessaire pour arriver non pas à ne plus rien sentir parce qu'on sentira toujours la douleur, mais une étape nécessaire pour guérir. Donc il s'agit à ce moment-là de trouver plutôt des manières de traverser cette étape de tristesse. Et Kübler-Ross, dans ce chapitre sur grief and grieving, nous dit qu'il vaut mieux voir la dépression, la tristesse comme un visiteur, quelqu'un qui nous rend visite, qu'on n'attendait pas mais qu'on va bien recevoir. On va lui servir le repas avec de jolis couverts, une belle nappe, une table décorée. On va s'apprêter pour la recevoir. On ne va pas lui fermer la porte au nez. On va dialoguer avec elle pour explorer dans son intégralité notre perte. Si on perd un enfant, L'aboutissement d'un deuil normal n'est en aucune façon l'oubli du disparu, mais l'aptitude à le situer à sa juste place dans une histoire achevée, l'aptitude à réinvestir pleinement les activités vivantes, les projets et les désirs qui donnent de la valeur à l'existence. Dans Je rêve un enfant de Monique Bidlowski. Puis la dernière étape, accepter. L'acceptation. On accepte, mais on accepte, et ça c'est très important, sachant que les étapes dont on a parlé vont revenir revenir et vont revenir souvent: le déni, la colère, la négociation, la tristesse. Puis encore une couche d'acceptation et on recommence. Voilà pour les 5 étapes du deuil travaillées par Kübler-Ross. Je vous laisse à cette réflexion en espérant que vous puissiez partager vos commentaires, vos pensées. Ou bien par écrit sur la page de Inès Adjusting Time, sur la page Instagram ou Facebook, ou même en laissant votre message vocal sur l'application Anchor. 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