58. Hommage à Thay: immersion dans l’ouvrage « Prendre soin de l’enfant intérieur». Partie 1 (Série Thich Nhat Hanh)
24 Jan 2022 · 31 min
A tribute to Thich Nhat Hanh explores his book on healing the inner child through mindfulness. The teaching centers on 51 mental seeds stored in deep consciousness that shape our thoughts, and how practices like mindful breathing can illuminate and transform these wounds across generations.
Chapters
El podcast Just in Time, porque necesitamos salir, mantenernos abiertos al movimiento, a la reflexión, caminar, observar, reflexionar para empezar algo nuevo.
J'ai eu la chance de rencontrer Thích Nhất Hạnh il y a près de 10 ans, quand j'ai commencé mon chemin spirituel dans la méditation silencieuse, à travers ses livres qui m'ont énormément inspirée, à travers également, au travers des communications que je recevais du Village des Pruniers, que j'ai toujours souhaité connaître. Pour l'instant, ce souhait ne s'est pas encore réalisé. Et Thích Nhất Hạnh a inspiré très profondément également les retraites que j'ai organisées, que j'organise, notamment par exemple celle de Barcelone qui s'est intitulée Marche comme si tes pieds embrassaient la terre. C'est une phrase du grand maître du bouddhisme Thích Nhất Hạnh. Et aujourd'hui, tout simplement, la deuxième saison du podcast Just In Time s'ouvre avec cet hommage qui prendra certainement de longs mois. Un hommage au grand maître Thích Nhất Hạnh qui est disparu hier, le 22 janvier 2022. En 2010, Thich Nhat Hanh publie un livre intitulé Reconciliation: Healing the Inner Child, qui a été traduit ainsi: Prendre soin de l'enfant intérieur, faire la paix avec soi. À l'occasion donc du décès de Thich Nhat Hanh le 22 janvier 2022, nous avons commencé la deuxième saison de du podcast Just in Time, un podcast qui est né d'un enfermement qui menait vers une ouverture, d'une paralysie qui menait vers une dynamisation. Et donc il s'agit aujourd'hui de continuer dans cette co-création, dans cette dynamisation et dans la lente progressive mais certaine semence d'autres valeurs, d'autres actions et d'autres paroles. Notre véritable héritage. Le cosmos est plein de précieux trésors. Je veux t'en offrir une poignée ce matin. Chaque moment que tu vis Es-tu un joyau qui resplendit et contient la terre et le ciel, l'eau et les nuages? Tu n'as qu'à respirer doucement pour que les miracles apparaissent. Alors tu entends l'oiseau chanter, les pins murmurer, et soudain tu vois la fleur s'épanouir, les nuages blancs dans le ciel bleu, le sourire et le regard merveilleux de ton aimé. Toi, la personne la plus riche sur terre, tu erres depuis si longtemps. Ne sois plus cet enfant pauvre, reviens et reçois ton héritage. Savourons notre bonheur et offrons-le à chacun. Chérissons ce moment présent, laissons partir le fleuve de nos détresses et choyons la vie présente au creux de nos mains. Teach not hand. Aujourd'hui, nous commencerons par l'introduction et le premier chapitre de l'ouvrage Prendre soin de l'enfant intérieur, faire la paix avec soi. Voici l'introduction. L'enfant intérieur. En chacun de nous se trouve un enfant qui souffre. Nous avons tous connu des périodes difficiles et beaucoup d'entre nous ont été fortement perturbés durant l'enfance. Et pour nous protéger de toute cette souffrance, la seule solution que nous ayons trouvée a a été d'oublier ces épisodes douloureux. Chaque fois que la douleur se réveille, cette sensation nous est si insupportable que nous refoulons nos sentiments et nos souvenirs au plus profond de notre inconscient, à tel point que nous pouvons passer des années et des années à négliger cet enfant blessé. Pourtant, ce n'est pas parce que nous l'ignorons que l'enfant n'est pas là. L'enfant blessé est toujours là, il essaie d'attirer notre attention. Il se manifeste comme il peut: je suis là, je suis là, tu ne peux pas m'ignorer, tu ne peux pas me fuir. Désireux d'atténuer notre peine, nous refusons de l'entendre et nous nous en tenons aussi éloignés que possible. En vain, car cette fuite ne met pas fin à notre souffrance. Bien au contraire, elle ne fait que la prolonger. L'enfant blessé a besoin de soins et d'amour, mais Nous les lui refusons. La douleur et le chagrin qui nous habitent semblent insurmontables et, effrayés par toute cette souffrance, nous la fuyons. Même si nous en avons le temps, nous ne revenons pas en nous-mêmes par peur de la confronter. Nous nous perdons dans une quête permanente de divertissement: télévision, cinéma, activités mondaines, alcool, drogue. Parce que nous ne voulons plus faire l'expérience de toute cette souffrance. L'enfant blessé est là et nous ne le savons même pas. C'est une réalité, mais nous ne pouvons pas la voir. Cette incapacité est une forme d'ignorance. Cet enfant a été sévèrement blessé. Il a vraiment besoin que nous revenions vers lui pour en prendre soin. Et malgré tout, nous nous détournons de lui. L'ignorance infuse chaque cellule de notre corps et de notre conscience, tel une goutte d'encre diluée dans un verre d'eau. Cette ignorance nous empêche de voir la réalité. Elle nous pousse à faire des choses idiotes qui nous font souffrir encore plus, tout en blessant encore et encore notre enfant intérieur. Mais l'enfant blessé est lui aussi présent dans chacune de nos cellules. Il n'y en a pas une seule qui ne le porte en elle. Nul besoin de regarder loin dans le passé pour le trouver. Il suffit d'y être attentif et le voilà qui nous apparaît. Sa souffrance est inscrite en nous à cet instant maintenant. Si la souffrance est présente dans chacune des cellules de notre corps, les graines de compréhension profonde et de bonheur véritable héritées de nos ancêtres le sont également. Elles sont là, à notre disposition. La lampe de la pleine conscience est en nous et nous pouvons décider de l'allumer à tout moment. Notre respiration, nos pas, notre sourire paisible en sont l'huile. Notre pratique consiste donc à allumer cette lampe pour que brille sa lumière et que se dissipent les ténèbres. Dès l'instant où nous prenons conscience de l'existence de cet enfant blessé et cessons de l'ignorer davantage, notre compassion pour lui peut grandir. C'est alors que nous commençons à générer l'énergie de la pleine conscience. Et pour produire cette énergie, les pratiques de la marche, de l'assise et de la respiration en pleine conscience sont nos fondements. Grâce à elles, nous revenons à la sagesse éveillée présente dans chacune des cellules de notre corps. Cette énergie va nous accueillir et nous soigner et, ce faisant, elle guérira notre enfant blessé. Quand nous parlons de l'écoute compatissante, nous pensons généralement qu'il s'agit d'écouter quelqu'un d'autre. Mais nous devons aussi nous écouter nous-mêmes, écouter l'enfant blessé en nous. Parfois, il émerge des profondeurs de notre conscience et sollicite toute notre attention. Si vous êtes en pleine conscience, vous entendrez sa voix appeler à l'aide. Alors, au lieu de faire attention à ceux qui vous entourent, retournez à vous-même et prêtez-lui votre toute votre attention et votre tendresse. Vous pouvez lui parler avec amour: dans le passé, je t'ai laissé seul, je me suis détourné de toi, j'en suis sincèrement désolé, je vais t'entourer de toute ma tendresse à présent. Vous pouvez dire aussi: mon chéri, je suis là pour toi, je vais bien prendre soin de toi, je sais que tu as beaucoup souffert, j'ai été tellement occupé, je t'ai négligé, mais à présent j'ai appris comment revenir à toi. Vous pouvez pleurer ensemble si c'est nécessaire. Chaque fois que vous en avez besoin, vous pouvez vous asseoir et respirer avec lui. J'inspire, je reviens à mon enfant blessé. J'expire, je prends bien soin de mon enfant blessé. Il est important que vous vous tourniez vers lui plusieurs fois par jour. Ce n'est qu'ainsi que la guérison pourra intervenir. Rassurez-le en l'enveloppant de votre tendresse. Faites-lui sentir que jamais plus vous ne l'abandonnerez, que jamais plus vous ne le laisserez sans soin. Il est resté seul pendant si longtemps. Il est donc essentiel de commencer cette pratique dès à présent. Si vous ne le faites pas maintenant, quand le ferez-vous? Revenez à lui, écoutez-le avec attention chaque jour, 5 ou 10 minutes. Quand vous escaladez une belle montagne, invitez-le à la gravir avec vous. Quand vous contemplez le lever du soleil, invitez-le à partager votre joie. Si vous faites cela pendant quelques semaines ou quelques mois, la guérison pourra se manifester. Avec la pratique, nous découvrons que cet enfant blessé n'est pas seulement nous. Il peut représenter plusieurs générations. Notre mère a probablement souffert tout au long de sa vie. Notre père peut avoir souffert lui aussi. Peut-être nos parents n'étaient-ils pas capables de prendre soin de leur propre enfant intérieur. Quand nous accueillons avec bienveillance notre enfant intérieur, nous accueillons donc aussi ceux des générations qui nous ont précédés. Cette pratique n'est pas une pratique pour nous seuls. Mais pour d'innombrables générations d'ancêtres et de descendants. Ne sachant pas comment prendre soin de leur enfant blessé, nos ancêtres nous l'ont transmis. Notre pratique a pour but d'interrompre ce cycle d'ignorance. Si nous parvenons à guérir notre enfant intérieur, nous pourrons non seulement nous libérer nous-mêmes, mais nous libérerons aussi ceux qui nous ont blessés ou qui ont abusé de nous. Car ceux qui ont abusé de nous ont certainement été victimes d'abus auparavant. Les personnes qui ont suivi cette pratique ont pu soulager leur souffrance et expérimenter de réelles transformations. La relation avec leur famille et leurs proches en est devenue plus facile, plus fluide. Nous souffrons parce que nous n'avons pas été en contact avec les graines de la compassion et de compréhension en nous-mêmes. Si nous parvenons à générer l'énergie de pleine conscience, si nous pouvons comprendre et aimer notre enfant intérieur, Nous souffrirons beaucoup moins. Avec l'énergie de pleine conscience entraînant compassion et compréhension profonde, nous pouvons alors plus facilement recevoir l'amour des autres. Auparavant, nous nous montrions peut-être méfiants vis-à-vis de tout et de tous. La compassion peut alors nous aider à nous relier aux autres et à restaurer la communication. Notre famille, nos amis et notre entourage peuvent peuvent eux aussi avoir un enfant intérieur grièvement blessé. Si nous parvenons à nous aider nous-mêmes, nous pouvons aussi aider les autres. Et ainsi, nos relations avec notre entourage deviendront beaucoup plus simples. Il y aura davantage de paix et d'amour en nous. Revenons et revenez à vous et prenez bien soin de vous. Votre corps, vos sensations, vos perceptions ont besoin de vous. L'enfant blessé a besoin de vous. Votre souffrance a besoin que vous la reconnaissiez. Revenez en vous et soyez là pour eux. Pratiquez la marche et la respiration en pleine conscience. Faites chaque activité en pleine conscience de façon à être vraiment là et à pouvoir véritablement aimer.
La première partie de Prendre soin de l'enfant intérieur, faire la paix avec soi s'intitule Enseignements sur l'art de guérir. Le premier chapitre s'intitule l'énergie de pleine conscience. L'énergie de pleine conscience nous permet de reconnaître et de soigner le petit enfant qui vit en chacun de nous, notre enfant intérieur. Mais comment cultiver cette énergie? La psychologie bouddhique distingue deux types de conscience: d'une part, la conscience mentale, et d'autre part, la conscience du tréfonds. Cette conscience correspond à ce que la psychologie moderne nomme conscience de l'arrière-plan, background consciousness en anglais. Cette conscience du tréfonds emmagasine et traite de nombreuses informations agissant en dehors du mental. C'est là que se logent les graines, bijas, B-I-J-A-S, les semences qui sont au nombre de 51 dans la tradition mahayana. La conscience mentale est notre conscience active, c'est ce que la psychologie occidentale nomme généralement le conscient. Pour développer l'énergie de pleine conscience, nous essayons d'engager notre conscience active et d'être vraiment présent dans chacune de nos activités. Nous veillons alors à être conscient lorsque nous buvons notre thé ou lorsque nous conduisons en ville. Lorsque nous marchons, nous cherchons à être conscient que nous sommes en train de marcher. En respirant, nous portons notre attention sur le fait que nous sommes, nous sommes en train de respirer. La conscience du tréfonds, que l'on appelle également conscience de l'arrière-plan, est la base de notre conscience. Dans la psychologie occidentale, elle correspond à l'inconscient. Toutes nos expériences passées y sont stockées. C'est grâce à la conscience du tréfonds que nous pouvons apprendre et traiter les informations. Bien souvent, notre esprit n'est pas ici avec notre corps et nous effectuons nos activités quotidiennes sans que notre conscience mentale y participe. Beaucoup de nos gestes et actes quotidiens reposent uniquement sur notre conscience du tréfonds, alors que pendant ce temps, notre conscience mentale pense à des milliers d'autres choses. Quand nous conduisons notre voiture en ville, il est fréquent que notre conscience mentale ne pense pas du tout à la conduite, mais nous pouvons quand même atteindre notre destination sans nous perdre ni provoquer d'accident. La conscience du tréfonds fonctionne alors de manière autonome. La conscience est comme une maison. Dont la cave constituerait notre conscience du tréfonds et le salon notre conscience mentale. Les formations mentales comme la colère, la tristesse ou la joie demeurent dans la conscience du tréfonds sous la forme de graines, bijas en sanskrit. Chacun de nous porte en lui, en elle, des graines de colère, de désespoir, de discrimination et de peur, mais nous avons aussi des graines de pleine conscience, de compassion, de compréhension, etc. La conscience du Tréfonds porte en elle toutes ces semences. Elle constitue également le terreau qui conserve et préserve toutes les graines. C'est là qu'elles demeurent jusqu'à ce que l'une d'entre elles soit réveillée par ce que nous entendons, voyons, lisons ou pensons. La semence émerge alors et se manifeste en colère, joie ou tristesse au niveau de la conscience mentale dans notre salle. Dès lors, nous ne l'appelons plus graine mais formation mentale Chitta samskara en sanskrit. Formation est un terme bouddhique désignant ce qui résulte de la réunion de nombreuses conditions. Un stylo, par exemple, est une formation. Ma main, une fleur, une table, une maison sont toutes des formations de différentes natures. Une maison, par exemple, est une formation physique alors que ma main est une formation physiologique et ma colère une formation mentale. C'est ainsi que dès que quelqu'un touche notre graine de colère en disant ou en faisant quelque chose qui nous irrite, Celle-ci va germer et se manifester dans notre conscience mentale sous forme de formation mentale de la colère. La psychologie bouddhique fait état de 51 graines qui peuvent se manifester sous la forme de 51 formations mentales. La colère n'est qu'une d'entre elles. Chaque fois qu'elle émerge dans notre salon et se manifeste sous la forme d'une formation mentale, la première chose à faire est de toucher la graine de pleine conscience et l'inviter à se manifester elle aussi. Une deuxième formation mentale prend alors place dans notre salon à côté de la colère: la pleine conscience de la colère. La pleine conscience porte toujours sur quelque chose. Lorsque nous respirons en pleine conscience, nous faisons appel à la pleine conscience de la respiration. Lorsque nous marchons consciemment, nous développons la pleine conscience de la marche. Lorsque nous mangeons en pleine conscience, il s'agit alors de la pleine conscience de la nourriture. Et donc, quand il s'agit de colère, comme dans notre exemple, c'est la pleine conscience de la colère qui se manifeste. C'est elle qui reconnaît la colère et en prend soin avec tendresse. Notre pratique est fondée sur la vision profonde de la non-dualité. Nous ne voyons pas la colère comme un ennemi. Colère et pleine conscience font toutes les deux partie de nous, et cette dernière n'est pas là pour supprimer ou combattre la colère, mais au contraire contraire pour la reconnaître et en prendre soin. Elle est là comme un grand frère qui aiderait son plus jeune frère. C'est ainsi que l'énergie de colère peut être reconnue et tendrement enveloppée par l'énergie de pleine conscience. Chaque fois que nous avons besoin de l'énergie de pleine conscience, il nous suffit d'en toucher la graine avec notre respiration attentive, notre marche consciente et notre sourire. C'est ainsi que sera disponible l'énergie nécessaire au travail de reconnaissance et d'étreinte puis de vision profonde et de transformation. Quoi que nous fassions, qu'il s'agisse de cuisiner, de balayer, de faire la lessive, de marcher ou de respirer, nous pouvons continuer à générer l'énergie de pleine conscience. Ainsi, sa graine pourra se renforcer en nous. Et si nous parvenons à la développer toujours plus, la graine de concentration pourra émerger à son tour. C'est grâce à ces deux énergies que nous pourrons nous libérer des afflictions. Nous ferons des parenthèses sur la vie, la biographie de Thích Nhất Hạnh. Thay, qui est le nom qu'on utilise pour parler de Thích Nhất Hạnh, qui est un nom religieux, un titre du dharma, est né le 11 octobre 1926 au sein d'une famille nombreuse installée à Huế, l'ancienne capitale impériale située au centre du Vietnam. Son père, Nguyen Dinh Phuc, qui est originaire du village de Thanh Long dans la province de Thua Thien, Huế, est un fonctionnaire de la réforme agraire dans l'administration impériale sous mandat français. Sa mère, Tran Thi Di, est originaire du village de Ha Trung situé dans le district de Ghiolin dans la province voisine de Quang Tri. Il est l'avant-dernier de leurs 6 enfants. Il a 3 frères plus âgés, une sœur aînée et un frère cadet né peu de temps après lui. Jusqu'à l'âge de 5 ans, il vit avec sa famille élargie, notamment des oncles, des tantes et des cousins, chez sa grand-mère paternelle, dans une grande maison dotée d'une cour et d'un jardin traditionnel avec un étang de lotus et un bosquet de bambous dans l'ancienne enceinte de l'ancienne ville impériale. L'esprit requiert une bonne circulation. Nous savons qu'il y a des toxines dans notre corps. Si notre circulation sanguine n'est pas bonne, ces toxines s'accumulent. Et pour rester en bonne santé, notre corps travaille à éliminer ces toxines. Quand le sang circule bien, les reins et le foie peuvent faire leur travail et éliminer les toxines. Nous pouvons aussi recourir aux massages afin d'améliorer la circulation. À l'instar du corps physique, notre conscience peut elle aussi souffrir d'une mauvaise circulation. Il se peut qu'un bloc de souffrance, de peine, de tristesse ou de désespoir se soit formé en nous, comme une toxine dans notre conscience. C'est ce que nous appelons formation interne ou nœud interne. Accueillir notre peine et notre tristesse, leur ouvrir les bras avec l'énergie de pleine conscience, c'est comme offrir un doux massage à notre conscience. Nous savons par expérience que quand certaines choses ne circulent pas bien dans notre corps, nos organes ne parviennent pas à remplir correctement leurs fonctions et nous finissons par tomber malades. C'est en fait pareil pour le psychisme. S'il circule mal, notre esprit tombe également malade. Et c'est là qu'intervient notre pleine conscience, stimulant et accélérant la circulation à travers les blocs de souffrance. À l'âge de 4 ans, son père est muté dans la province de Tan Hoa, dans le nord du pays, à environ 500 km dans les montagnes. Un an plus tard, la famille déménage pour le rejoindre. Enfant, Thay commence à lire avec enthousiasme les livres et les magazines bouddhistes que son frère aîné, Nô, qu'il aime et admire, rapporte à la maison. Il s'enregistre dans une école informelle voisine sous le nom de Nguyen Dinh Lang. Lors des discours et des conférences qu'il a donnés au cours des dernières années, Thay a souvent évoqué un moment crucial de son enfance. Vers l'âge de 9 ans, il est captivé par une image paisible du Bouddha en couverture d'un des magazines bouddhistes que Nô ramène à la maison. L'illustration du Bouddha assis sur l'herbe, parfaitement détendu et souriant, captive son imagination d'enfant et laisse en lui une impression durable de paix et de sérénité. C'est un tel contraste avec l'injustice et la souffrance qu'il a vues autour de lui sous la domination coloniale française. Cette image a éveillé en lui un désir clair et puissant de devenir comme ce Bouddha, quelqu'un qui incarne le calme, la paix et l'aisance et qui peut aider les autres autour de lui à être eux aussi calmes, paisibles et détendus. Comment occuper le salon? Nos blocs de souffrance, de tristesse, de colère et de désespoir cherchent toujours à entrer dans notre conscience mentale, dans notre salon. Mais nous ne voulons pas de ces hôtes indésirables parce qu'il est douloureux de les regarder. Alors nous tentons de leur barrer le passage, nous voulons qu'ils restent cachés dans notre cave, nous ne voulons pas leur faire face. C'est ainsi que nous avons pris l'habitude de remplir le salon avec d'autres invités et dès que nous disposons de 10 ou 15 minutes de temps libre, nous faisons tout pour que notre salon reste occupé. Nous appelons un ami ou nous prenons un livre, nous allumons la télévision, nous espérons que ces visiteurs indésirables ne viendront pas si le salon reste bien occupé. Or, toutes les formations mentales ont besoin de circuler, et si nous les bloquons, si nous ne les laissons pas émerger, c'est toute la circulation de notre esprit qui s'en trouvera entravée, nous exposant ainsi au risque de développer des symptômes de maladie mentale et de dépression. Tant dans notre esprit que dans notre corps. Parfois, nous prenons de l'aspirine dans l'espoir d'apaiser un mal de tête et cependant la douleur persiste. Ce genre de symptômes pourrait témoigner d'un déséquilibre mental. Souffrons-nous d'allergies? Nous pensons que c'est un problème purement physique, mais les allergies peuvent également être un symptôme de déséquilibre psychique. Si nous demandons conseil au médecin, il nous prescrira peut-être des médicaments, mais parfois ceux-ci ne feront que contribuer au refoulement toutes nos formations internes, aggravant alors notre maladie. À peu près une année plus tard, Thay, ses frères et ses amis discutent ensemble sur ce qu'ils aimeraient faire plus tard. Son frère aîné Nô est le premier à mentionner qu'il veut devenir moine. Les garçons en discutent pour un certain temps et finalement décident tous de devenir des moines. Plus tard, Thay a évoqué: Durant cette discussion, il était clair que des décisions et des aspirations étaient déjà très fortes en moi. À l'intérieur de moi, je savais que je voulais être un moine. Environ 6 mois plus tard, lors d'une excursion scolaire dans une montagne sacrée des environs, Thay, âgé de 11 ans, a ce qu'il décrira plus tard comme sa première expérience spirituelle. Alors que ses camarades de classe se sont installés pour manger, il s'éclipse pour aller explorer la montagne, impatient de retrouver le vieil ermite qui, selon la rumeur, y vivrait. Il ne trouve pas l'Ermite, il a chaud, il a soif et tombe alors sur une source naturelle d'eau fraîche et pure. Il boit à satiété avant de s'endormir profondément sur les rochers près de la source. Cette expérience procure au jeune garçon un profond sentiment de satisfaction. Ayant trouvé l'eau, il se sent complètement comblé. Il a le sentiment d'avoir en quelque sorte rencontré l'Ermite sous la forme de la source et qu'il a trouvé la meilleure eau possible pour étancher sa soif. Faire tomber les barrières. L'enfant qui nous habite ressent peut-être beaucoup de peur et de colère tant il est demeuré longtemps à la cave. Nous ne pouvons pas l'éviter. Quand nous apprenons à ne plus craindre nos nœuds de souffrance, nous commençons à les laisser progressivement circuler dans notre salon. Nous apprenons peu à peu à les accueillir et à accepter leur présence et à les transformer avec l'énergie de pleine conscience. Lorsque nous laissons tomber la barrière entre la cave et le salon, des blocs de souffrance risquent d'émerger, nous confrontant alors à davantage de souffrance. Si la pleine conscience n'est pas là, l'émergence de ces graines sera peut-être particulièrement pénible. Mais si nous savons comment générer l'énergie de pleine conscience, il est utile, voire bénéfique, de prendre l'habitude de les inviter chaque jour. Et de les accueillir quelque temps. La pleine conscience est en effet une source d'énergie puissante qui peut reconnaître, étreindre tendrement ces énergies négatives et en prendre soin. Si ces graines n'osent pas se manifester dans les premiers temps, car elles sont bien trop effarouchées, alors il vous faudra sans doute les cajoler un peu. Chaque fois, après avoir été étreinte par la pleine conscience pendant un certain temps, une émotion forte pourra regagner la cave à l'état de graine, plus faible qu'avant. Chaque fois que vous offrez un bain de pleine conscience à vos formations internes, les blocs de souffrance en vous s'allègent. Alors n'hésitez pas chaque jour à baigner ainsi votre colère, votre désespoir, votre peur. Si vous maintenez cette pratique au quotidien durant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, en laissant émerger vos graines de souffrance et en les aidant ensuite à redescendre, Vous offrirez une bien meilleure circulation à votre esprit. Une phrase est venue dans son esprit en français: j'ai goûté l'eau la plus délicieuse du monde. Le souhait de devenir moine a continué à grandir dans le cœur de Thay et quelques années plus tard, ce rêve se réalisera. En 1942, à l'âge de 16 ans, Thay décide avec la permission de ses parents de revenir à Huế pour commencer la formation de novice au temple de Touyeh. Sous la direction du maître zen Thích Chánh Tát, entrant dans la tradition bouddhiste du zen vietnamien, dans la lignée du célèbre maître Linhji Rinzai et maître Lieu Quan. Après 3 ans de formation, il reçoit officiellement les préceptes de novice au petit matin de la pleine lune du 9e mois lunaire de 1945. Le rôle de la pleine conscience. La première fonction de la pleine conscience est de reconnaître et non de combattre. Nous pouvons nous arrêter à tout moment et prendre conscience de notre enfant intérieur. Quand nous le reconnaissons pour la première fois, tout ce que nous avons à faire est d'être conscient de sa présence et de lui dire bonjour. C'est tout. L'enfant est peut-être triste. Si c'est le cas, nous pouvons simplement respirer en pleine conscience et dire: J'inspire. Je sais qu'il y a de la tristesse en moi. Bonjour ma petite tristesse. J'expire. Je vais prendre bien soin de toi. Quand nous avons reconnu notre enfant intérieur, la deuxième fonction de la pleine conscience est de l'entourer de toute notre tendresse. C'est une pratique très agréable. Au lieu de combattre nos émotions, nous prenons bien soin d'elles. Nous avons d'ailleurs une grande alliée que nous offre la pleine conscience. La concentration. Si nous reconnaissons et traînions avec douceur l'enfant, le prenant tendrement dans les bras, quelques minutes suffiront à apporter de l'apaisement. Les émotions difficiles seront encore là, mais nous ne souffrirons plus autant. Après avoir reconnu et enveloppé avec grande douceur et tendresse l'enfant, la troisième fonction de la pleine conscience sera de soulager nos émotions difficiles. Dès que nous entourons tendrement cet enfant, les émotions difficiles s'apaisent et nous commençons à nous sentir mieux. Ainsi, prenant bien soin de nos fortes émotions avec grande douceur et les baignant de notre pleine conscience et de notre concentration, nous serons en mesure d'en percevoir les racines. Si nous percevons mieux d'où vient notre souffrance, celle-ci pourra s'apaiser tout naturellement. C'est ainsi que la pleine conscience peut à la fois reconnaître étreindre tendrement et soulager. C'est encore cette même énergie qui pourra donner naissance à l'énergie de la concentration et à son tour à l'énergie de la vision profonde qui a le pouvoir de nous libérer. La concentration nous aide à nous focaliser sur une seule chose à la fois et c'est alors que notre vision peut s'approfondir, s'élargir, permettant ainsi une sorte de percée dans la réalité. Si notre pleine conscience est présente et que nous parvenions à la maintenir pleinement vivante, la concentration se manifeste elle aussi. Et si nous la gardons bien présente, c'est la vision profonde libératrice qui pourra ensuite émerger. Nous voyons donc que l'énergie de pleine conscience est véritablement celle qui nous permet de regarder en profondeur et d'acquérir la vision profonde. Dont nous avons besoin pour rendre possible toute transformation.
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Nos vemos pronto.
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