60. « Sans boue, il ne peut pas y avoir de fleur de lotus » . Épisode dédié à Olivier. (Série Introspection)
7 Feb 2022 · 29 min
The host dedicates this episode to her late friend Olivier, exploring grief through yoga, Thích Nhất Hạnh's teachings on original fear and desire, and the Vietnamese monk's work during the Vietnam War. She shares how vulnerability and breath awareness become tools for transforming suffering, using the metaphor that without mud there can be no lotus flower.
Chapters
Aujourd'hui, dimanche 6 février 2022. Ici, à travers le podcast Just in Time, je commémore et j'honore la présence sur cette terre d'un grand être humain, une belle personne comme on dit souvent en France. C'est un peu une expression clichée, mais qui veut dire une personne rayonnante qui a apporté aux autres sa mission, qui a rendu beaucoup de gens heureux de par sa présence. Sa lumière, son intelligence, son extrême sensibilité, son sourire, et qui n'est plus aujourd'hui sur cette terre depuis lundi, depuis le lundi 31 janvier 2022. Un grand ami, un être chéri par énormément énormément de personnes ici au Mexique, en France, en Suisse. Quelqu'un qui est toujours présent aujourd'hui. Et je souhaite dédier ce podcast du dimanche 6 février à Olivier. Olivier qui nous a quittés mais qui sera toujours présent, présent dans nos âmes, dans notre corps, dans nos sensations, dans nos souvenirs, dans nos réflexions, nos débats. Chaque fois que l'intelligence, la sensibilité seront présentes, Olivier sera là. Ce sera une manifestation d'Olivier qui avait une vie spirituelle très intense, qui avait une vie physique également très intense, très connectée à la nature, une vie intellectuelle très active, une vie culturelle très active, une vie amoureuse impeccable. C'est un homme qui a su trouver la femme de sa vie et qui a su chaque jour alimenter la graine de cet amour pour que cette graine se transforme en un très bel arbre qui sera toujours là. Également une vie d'amitié, des amitiés très fortes. Olivier était un grand compagnon d'âme. Voilà, ce podcast est pour toi, Olivier. Ce matin, en allant donner le cours du dimanche qui est un cours en présentiel, je marchais dans la rue Je m'interrogeais sur ce que j'allais partager avec mes élèves. Est-ce que j'allais leur dire combien il est difficile de diriger un cours lorsqu'on a le cœur brisé? Est-ce que j'allais leur dire combien il est difficile de laisser partir un ami dont on aurait aimé la présence encore pour des siècles entiers? J'ai réfléchi aux mots de La professeure tant aimée qui est la mienne et qui est ma mentor, qui m'a dit cette semaine que non, qu'il ne faut pas garder cela pour soi, que lorsque ça va mal, nous sommes des, finalement, en tant que professeurs, des personnes qui transmettent. Comme en tant que canal, il s'agit de transmettre, de ne pas évidemment se vautrer dans la peine devant l'autre parce que c'est indécent, mais par contre, Partager, partager et dire simplement, aujourd'hui, c'est pas possible. Par exemple, je vais rester, elle me disait, je vais rester assise avec ma tasse de thé, je vais vous guider de loin, je vais pas forcément faire d'ajustements. Et c'est ce que j'ai fait. J'ai parlé ce matin de la situation et j'ai parlé de la vraie question, qu'est-ce qu'on fait? Comment on fait pour continuer? Comment fait-on pour aller de l'avant? Sans piétiner les étapes, en donnant à chaque étape son importance, c'est-à-dire les étapes du deuil, certes, qui prennent énormément de temps, mais aussi en montrant sa vulnérabilité, en sachant partager cela parce que, en tant que professeur de yoga, je ne suis pas un robot. Je transmets une des plus belles méthodes et un des plus beaux savoirs qui existe, qui a été transmis à l'homme. Et donc il s'agit de montrer, montrer sa vulnérabilité, de montrer sa sensibilité. Et nous en avons parlé au début, au début de la pratique. Comment fait-on pour continuer? C'est vraiment la question lorsqu'on souffre un deuil. J'en ai déjà parlé dans la saison 1 du podcast, j'ai même dédié plusieurs épisodes au deuil. Donc je ne vais pas répéter ce qui a déjà été dit. Mais par contre, la vraie question est de savoir comment fait-on? Eh bien, on continue, on retourne à sa pratique avec le cœur brisé, avec le peu d'énergie ou le peu d'énergie qui nous reste. On retourne à la pratique chaque jour pour justement permettre aux corps, au pluriel, au corps physique, au corps de la respiration, au corps émotionnel et au corps mental de s'exprimer. Et aujourd'hui, la pratique a été particulièrement belle. J'avais choisi une playlist très spéciale, particulière, que j'avais dédiée à notre ami Olivier. La pratique a été très belle, complètement surprenante, une pratique à la fois douce et à la fois animée, animée du désir de donner une place à l'authenticité. J'ai commencé la pratique en citant une phrase qui est de Robert Thurman, qui est quelqu'un qui travaille dans l'académie, c'est-à-dire dans les études du bouddhisme, de la University of Columbia à New York, qui est une phrase très simple qui dit, chaque jour, je fais de moi ce que je suis. Chaque jour, je fais de moi ce que je suis. J'ai continué sur ce propos en parlant de l'alignement, l'importance de l'alignement Dans la pratique du yoga, on cherche l'alignement physique, mais l'alignement physique est un prétexte pour l'alignement entre l'âme, le cœur, l'esprit, l'intelligence, le corps. Être aligné également signifie être à sa place, trouver sa place, apprendre à se connaître. Une des tâches et des pratiques les plus importantes dans la pratique du yoga est svadhyaya, l'autoconnaissance. C'est-à-dire que nous déployons énormément d'efforts pour apprendre à nous connaître, ce qui n'est pas facile parce que ceci implique de se libérer des projections de notre famille, de notre entourage, parfois de notre partenaire, pour se poser la bonne question qui suis-je Pourquoi est-ce que je suis à l'endroit où je suis Est-ce que cet endroit me correspond Est-ce que je fais ce que je dois faire C'est-à-dire est-ce que ma mission? Mon métier correspond à ma mission? Toutes ces questions qui sont si difficiles à poser parce que souvent les réponses ne sont pas celles qu'on attend. On aimerait bien répondre oui. Eh bien non, très souvent c'est non et il s'agit de continuer de chercher les bonnes réponses et de réaliser les changements nécessaires pour se trouver aligné, aligné avec sa mission, aligné avec sa nature. Aligné avec ses relations, aligné dans son corps, dans son âme et dans son cœur. D'où la phrase que j'ai retirée du livre de Brian Weiss, qui en espagnol s'appelle Mucho cuerpo, un alma, qui simplement veut dire cela: chaque jour, je fais de moi ce que je suis. El podcast Just in Time, porque necesitamos salir, mantenernos abiertos al movimiento, a la reflexión, caminar, observar, reflexionar para empezar algo nuevo. Or, très souvent, notre enfant intérieur est loin derrière nous. L'empêchent de s'exprimer les attentes, les ambitions, le contexte. Et puis on a souvent très peur de reculer, c'est-à-dire on a pris une décision, on souhaite avancer, aller de l'avant comme on dit, mais aller de l'avant implique souvent devoir s'arrêter et analyser. Sortir la tête du guidon et se poser la question: est-ce que c'est vraiment ça que je veux faire? Est-ce que c'est vraiment là que je souhaite être? Est-ce que je suis honnête et sincère avec qui je suis? Nous continuons aujourd'hui avec le chapitre 3 de l'ouvrage de Thích Nhất Hạnh, disparu le 22 janvier 2022, qui s'intitule Peur originelle, désir originel. Notre peur est née en même temps que nous. Or, au cours des 9 mois où nous avons vécu dans le ventre de notre maman, nous nous sentions en grande sécurité. Nous n'avions rien à faire, tout était si confortable. À la naissance, la situation a radicalement changé. Le cordon ombilical rompu, nous avons dû apprendre à respirer par nous-mêmes. Et avant de pouvoir prendre notre première inspiration, Nous avons vraisemblablement dû faire l'effort d'expulser le liquide encore présent dans nos poumons. Notre survie dépendait de ces premières respirations et c'est précisément de ce moment-là que provient ce qu'on nomme la peur originelle. Nous voulons survivre et, tel un bébé fragile, nous avons des bras et des jambes mais nous ne pouvons pas nous en servir. Nous avons besoin que quelqu'un prenne soin de nous. Cette peur originelle est toujours assortie d'un désir, le désir originel. Il y a d'une part la peur d'être abandonné et d'autre part le désir de survivre. Et tous deux nous habitent encore aujourd'hui, même à l'âge adulte. En fait, peur et désir ont les mêmes racines et c'est parce que nous craignons tous de mourir que nous éprouvons du désir. Nous désirons qu'une personne soit là pour nous aider à survivre. Nous espérons à chaque instant son arrivée pour nous aider, nous protéger. Nous nous sentons totalement démunis, avec l'impression de ne pas avoir les moyens de survivre par nous-mêmes. Il nous faut impérativement quelqu'un d'autre. Or, si nous examinons en profondeur notre désir, nous percevrons qu'en chacune de nos attentes se trouve le prolongement du désir original. C'est précisément parce que nous n'avons pas identifié le désir de notre enfant intérieur que notre désir actuel est impossible à satisfaire. Nous voulons une nouvelle relation, un nouveau travail ou davantage d'argent, mais une fois que nous les obtenons, Nous ne parvenons pas à nous réjouir. Désir après désir, nous restons insatiables. Quand la guerre est arrivée au Vietnam, les moines et les moniales ont été confrontés à la question de savoir s'il fallait rester fidèle à la vie contemplative et demeurer dans les monastères pour méditer, ou bien aider ceux qui souffraient autour d'eux sous les bombardements et les troubles de la guerre. Thích Nhất Hạnh a été l'un de ceux qui ont choisi de faire les deux, et pour cela il a fondé le mouvement du bouddhisme engagé. En inventant le terme dans son livre Vietnam, un lotus dans une mer de feu. Depuis, sa vie a été consacrée au travail de transformation intérieure au profit des individus et de la société. Reconnaître que toutes les conditions de bonheur sont déjà là. Le Bouddha nous a enseigné la pratique de Samtusta en sanskrit. Que l'on peut traduire par prise de conscience que l'on peut se satisfaire de peu. Reconnaissant que nous avons assez de conditions pour être heureux ici et maintenant, nous n'avons pas besoin d'obtenir davantage. Quand nous prenons refuge dans l'instant présent, nous identifions toutes les conditions de bonheur dont nous disposons et nous voyons qu'elles sont largement suffisantes pour être heureux dès à présent. Cessons de convoiter tant de choses et reconnaissons que même si nous obtenons l'objet de notre désir, nous n'en serons pas plus heureux et que nous développerons même d'autres désirs. Au contraire, si nous nous sentons suffisamment en sécurité, nous parviendrons peut-être à ne plus éprouver aucune attente spécifique. La petite maison que j'occupe est bien suffisante. Je n'en ai vraiment pas besoin d'une plus grande. Elle a beaucoup de fenêtres et le paysage qu'elle m'offre est magnifique. Tous, nous pouvons prendre conscience d'avoir bien assez de raisons d'être heureux. Pourquoi donc nous projeter dans le futur pour en acquérir d'autres? Ce que nous avons est largement suffisant pour nous. Dès que nous adoptons ce style de vie, nous devenons une personne heureuse. Mais comment incarner cette sagesse dans notre vie moderne alors que tant de personnes autour de nous pensent encore que l'on ne peut être heureux qu'avec beaucoup d'argent et de pouvoir? Prenons le temps de regarder autour de nous et nous constaterons que nous sommes tous entourés de personnes riches et puissantes mais qui souffrent encore très profondément de stress et de solitude. Cela montre combien pouvoir et argent sont loin d'offrir la solution. Pour y remédier, nous devons dès à présent apprendre l'art de vivre en reconnaissant ce que nous avons et en nous en réjouissant. En 1961, Thích Nhất Hạnh s'est rendu aux États-Unis pour enseigner la religion comparée à l'université de Princeton. Et l'année suivante, il a commencé à enseigner et à faire des recherches sur le bouddhisme à l'Université de Columbia. Au Vietnam, au début des années 60, Thích Nhất Hạnh avait fondé l'École de la Jeunesse et du Service Social, une organisation d'aide basée sur les principes bouddhistes de non-violence et d'action humanitaire, forte de 10 000 bénévoles. Chercheur, enseignant et militant engagé dans les années 60, Thích Nhất Hạnh a également fondé l'Université bouddhiste Van Han à Saigon, la maison d'édition La Boi et une revue militante influente pour la paix. En 1966, il établit l'Ordre de l'Inter-Être, un nouvel ordre basé sur les préceptes traditionnels du bodhisattva bouddhiste. Le 1er mai 1966, au temple Tu Hieu, Thích Nhất Hạnh reçoit la transmission de la lampe de maître Chan Nous sommes prisonniers du passé. La conscience du tréfonds est comme un studio où sont projetés en permanence les films de notre passé, un lieu où nous conservons le souvenir de nos expériences traumatisantes et douloureuses. Même si nous savons que le passé est révolu, ces images sont toujours là et régulièrement nous y retournons. Que ce soit en rêve ou en réalité, retouchant à la souffrance passée. Nous avons tous tendance à nous emprisonner dans le passé. Nous savons qu'il n'est plus là, que nos souvenirs ne sont qu'un film, des images appartenant au passé, et pourtant le film est toujours projeté. Et à chaque séance, nous souffrons à nouveau. Supposons maintenant que nous soyons au cinéma, assistant à la projection d'un film. Assis dans notre fauteuil et regardant le film, nous pouvons croire que l'histoire qui se déroule sous nos yeux est la réalité. Nous pouvons même nous laisser toucher au point de verser des larmes. La souffrance est réelle, les larmes sont réelles, et pourtant l'histoire ne se déroule pas maintenant, ce n'est qu'un film. À présent, suivez-moi et approchons-nous de l'écran, touchons-le. Que constatons-nous? Il n'y a personne ici, il n'y a que de la lumière projetée sur l'écran. Nous ne pouvons pas parler aux personnes qui sont sur l'écran, nous ne pouvons pas les inviter à déguster un thé avec nous. Tout cela n'est que fiction, irréel. Et pourtant, cela amène parfois à une réelle souffrance, voire une vraie dépression. Il est essentiel d'être conscient que l'enfant intérieur est toujours là, prisonnier du passé, et qu'il nous appartient de lui venir en aide. Assis de manière stable, établi dans le moment présent, parlons-lui. Cher petit frère, chère petite sœur, je tiens à ce que tu saches que nous avons grandi. Aujourd'hui, nous sommes tous deux parfaitement capables de nous protéger et de nous défendre par nous-mêmes. Quelques mois plus tard, il se rend de nouveau aux États-Unis et en Europe pour plaider en faveur de la paix et appeler à la fin des hostilités au Vietnam. C'est au cours de ce voyage en 1966 qu'il a rencontré pour la première fois le docteur Martin Luther King, qu'il a proposé pour le prix Nobel de la paix en 1967. À la suite de cette mission, le Nord et le Sud-Vietnam lui ont refusé le droit de retourner au Vietnam et il a commencé un long exil de 39 ans. Si nous avons souffert d'abus, petit enfant de 7 ans peut-être, nous porterons toujours en nous l'image de cet enfant vulnérable et empli de peur. Et chaque fois que nous entendrons quelque chose qui nous rappellera cette souffrance, nous serons directement remis au contact de l'image ancienne. Aujourd'hui adulte, il y a une multitude de situations et de choses parmi ce que nous voyons, entendons et expérimentons qui ont pour effet de nous ramener à ce souvenir de souffrance. Si nous avons été victimes d'une souffrance telle qu'un abus, ce que nous voyons ou entendons à présent est presque toujours susceptible de nous ramener à l'image de l'événement traumatisant de l'enfance. Ce contact quasi permanent avec les images du passé peut engendrer des sentiments de peur, de colère et de désespoir. C'est ce que nous appelons l'attention inappropriée, ayoniso manaskara en sanskrit, parce qu'elle nous éloigne de l'instant présent en nous plongeant dans un lieu d'anciennes souffrances. C'est alors qu'il est essentiel de disposer d'outils pour gérer la tristesse, la peur et la souffrance qui émergent. Le son de la cloche nous rappelle d'arrêter pensées et paroles pour revenir à notre inspiration et à notre expiration. Il peut nous délivrer de l'image de souffrance en nous invitant à apprécier notre respiration profonde, l'apaisement de notre corps et de notre esprit, notre sourire. Quand la souffrance monte, notre pratique est d'inspirer et d'expirer en récitant, j'inspire et je sais que la souffrance est en moi. Par la pratique, nous reconnaissons, accueillons et enveloppons cette formation mentale avec une grande tendresse. Et si nous nous appliquons, nous pourrons aller plus loin. Par la pleine conscience et la concentration, nous pourrons alors retourner à l'image et comprendre ce qui l'a fait surgir. J'éprouve ceci parce que j'ai été en contact avec cela. Beaucoup d'entre nous ne parviennent pas à quitter le monde des images. L'énergie de pleine conscience se présente alors comme un merveilleux outil pour reconnaître que notre ancienne souffrance n'est qu'une image et non la réalité. C'est ainsi que nous pourrons voir combien la vie et toutes ses merveilles sont disponibles pour nous ici et maintenant, et qu'il est possible de vivre heureux dans le moment présent. Nous pouvons changer toute la situation. Son exil étant prononcé, Thích Nhất Hạnh a continué à voyager beaucoup, répandant un message de paix et de fraternité, faisant pression sur les dirigeants occidentaux pour mettre fin à la guerre du Vietnam et dirigeant la délégation bouddhiste aux pourparlers de paix de Paris en 1969. Il a également continué à enseigner, à donner des conférences et à écrire sur l'art de la pleine conscience et de la paix vivante. Et au début des années 70, il a été chargé de cours et chercheur en bouddhisme à l'université de la Sorbonne à Paris. En 1975, il crée la Communauté des Patates Douces près de Paris et en 1982, il s'installe dans un site beaucoup plus grand dans le sud-ouest de la France, bientôt connu sous le nom du Village des Pruniers. La souffrance, c'est notre véritable maître. Notre capacité à comprendre la souffrance permet de développer notre compassion et notre amour. Sans elles deux, le bonheur ne peut exister. La compréhension et la compassion prennent naissance dans la souffrance et dès que nous parvenons à comprendre celle-ci, nous ne blâmons plus personne, nous acceptons, emplis de compassion. C'est en cela qu'elle nous est utile. En revanche, si nous ne savons pas comment en prendre soin, nous pouvons facilement sombrer dans un océan de souffrance. Elle est donc notre maître, elle pourra nous enseigner énormément de choses si nous apprenons à la gérer. Nous avons donc tendance à fuir notre souffrance, à l'éviter et à privilégier la recherche du plaisir. Or, il est essentiel d'apprendre à notre mental que la souffrance peut parfois être très bénéfique. Nous pouvons même parler des bénéfices de la souffrance, car c'est elle qui nous montre comment approfondir notre compréhension, celle-là même qui permettra à l'acceptation et à l'amour de s'épanouir tout naturellement. À l'inverse, sans compréhension, sans amour, il ne peut y avoir de véritable bonheur. Nous voyons ainsi que la souffrance est étroitement liée au bonheur et que nous ne devrions pas la craindre. Au contraire, chacun devrait être capable de contenir sa souffrance et l'examiner en profondeur, l'entourer de tendresse et écouter ce qu'elle peut enseigner. Nous pouvons apprendre beaucoup de notre souffrance. Son apport est bien réel puisque Sans elle, il n'y aurait pas de bonheur. Sans boue, il ne peut pas y avoir de fleur de lotus. Ainsi, si vous savez comment souffrir, la souffrance ne sera plus du tout un problème, puisqu'en adoptant cette attitude d'accueil véritable, vous la sentirez nettement moins. Et c'est du cœur même de cette souffrance que pourra éclore la belle fleur du bonheur. Sous la direction spirituelle de Thich Nhat Hanh, le Village des Pruniers est passé d'une petite ferme rurale à ce qui est aujourd'hui le monastère bouddhiste le plus grand et le plus actif de l'Occident, avec plus de 200 moines et moniales résidents et jusqu'à 8000 visiteurs par an venant du monde entier pour apprendre l'art de vivre en pleine conscience. Le Village des Pruniers accueille des gens de tous âges, de tous milieux, de toutes confessions lors de retraites où ils peuvent apprendre des pratiques telles que la méditation marchée, la méditation assise, la méditation du repas, la relaxation totale, la méditation du travail et l'arrêt, le sourire et la respiration consciente. Ce sont toutes d'anciennes pratiques bouddhistes dont l'essence a été simplifiée et développée par Thich Nhat Hanh pour être facilement et puissamment appliquées aux défis et difficultés de notre époque. Au cours des 20 dernières années, plus de 100 000 retraitants se sont engagés à suivre dans leur vie quotidienne le code modernisé d'éthique universel mondial de Thích Nhất Hạnh, connu sous le nom de les 5 entraînements à la pleine conscience. Les 5 remémorations. Le Bouddha nous a enseigné que la graine de la peur est en chacun de nous, mais que la plupart la refoulent et l'enferment dans les ténèbres. C'est pour nous aider à identifier, étreindre et examiner en profondeur ces graines de la peur qu'il nous a transmis la pratique des 5 remémorations. 1. Il est dans ma nature de vieillir, je ne peux échapper à la vieillesse. 2. Il est dans ma nature d'être malade, je ne peux échapper à la maladie. 3. Il est dans ma nature de mourir. Je ne peux échapper à la mort. 4. Tout ce qui m'est cher et tous ceux que j'aime, j'en serai séparé un jour. Je ne peux échapper au fait d'être un jour séparé d'eux. Je ne peux rien garder. Je suis venu ici les mains vides et je repartirai les mains vides. 5. J'hérite du fruit des actions de mon corps. De mes paroles et pensées. C'est la seule chose que je puisse emmener avec moi. Nous devrions prendre ainsi chaque jour quelques instants pour pratiquer chaque contemplation tout en suivant notre respiration. La pratique des 5 remémorations permet de faire circuler la graine de la peur. Il nous suffit de l'inviter à monter pour l'identifier et l'étreindre avec grande douceur, et tout naturellement elle pourra s'atténuer en regagnant le tréfonds. La peur constitue un véritable terreau propice à la croissance de la colère. Comment pourrions-nous donc être en paix? La peur se fonde sur l'ignorance, et ce manque de compréhension est lui-même une des principales causes de la colère. À l'inverse, si nous examinons régulièrement la graine de la peur, nous serons nettement mieux préparés à prendre soin de notre colère qui prend naissance en son sein. Et voilà, nous en avons terminé avec l'épisode numéro 4 de la saison 2 du podcast Just In Time. Pour terminer, je citerai le maître Thích Nhất Hạnh qui dit, je suis une continuation comme la pluie est une continuation du nuage. Comme j'ai commencé en honorant notre ami Olivier, notre tant aimé ami Olivier, la continuation d'Olivier, ce sont ses enfants, deux magnifiques garçons très intelligents, très sensibles comme l'est son père et comme l'est sa mère, qui continueront comme Olivier avec l'aide de de leur maman à être cette continuation, cette pluie qui est la continuation du nuage. Merci Olivier pour tout ce que tu nous as donné. Este es el podcast Just in Time para que podamos intercambiar. Tenemos la página de Facebook, podemos también intercambiar con el correo electrónico. 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