64. "Nous devons supprimer cette barrière qui sépare celui qui observe et le sujet de l'observation." (Série Thich Nhat Hanh)
11 Mar 2022 · 19 min
In this bilingual podcast episode, two voices intertwine poetic protest, social commentary, and Buddhist teaching. Speaker A delivers a raw Spanish monologue asserting bodily autonomy and expressing personal anguish, repeatedly invoking images of emptiness, confinement, and resistance. Speaker B shifts to French (with Spanish interludes) to reflect on Mexico’s 9 March women’s movement (9M), critiquing systemic violence against women and imagining a society where teachers practice mindfulness, yoga, and self‑care through the Happy Teachers Retreat. The discussion then moves into a detailed biography of Thich Nhat Hanh, recounting his early years in Huế, his name changes, wartime experiences, and early poetry. Central to the episode are Thich Nhat Hanh’s meditation insights: the need to dissolve the barrier between observer and observed, the concept of “Manas” (mental habits) and its transformation through mindful breathing, and the “grain of salt” parable illustrating non‑discrimination. The narrative continues with vivid metaphors—such as the cooperation of right and left hands—to illustrate the wisdom of non‑discrimination and equanimity. Throughout, the episode weaves personal suffering, social justice, and Buddhist practice, urging listeners to embody compassion, mindfulness, and collective responsibility.
Chapters
Cómo tú me apodas, pero no voy a ser la que obedece porque mi cuerpo me pertenece. Yo decido de mi tiempo cómo quiero y dónde quiero. Independiente yo nací, independiente decidí. Yo no camino detrás de ti, yo camino de la par en ti. Tú no me vas a humillar, tú no me vas a gritar, tú no me vas a someter, tú no me vas a golpear, tú no me vas a denigrar, tú no me vas a obligar, tú no me vas a silenciar.
Voilà une semaine qui se termine, cette semaine ici au Mexique marquée par le 9M. Le 9M qui est devenu maintenant un mouvement institutionnel où toutes les femmes cessent de participer à la vie publique, à la vie privée également, se retirent de leurs obligations, se retirent de leur présence sur cette terre. Tout ceci pour montrer, puisque l'on ne fait rien vis-à-vis des féminicides, ce qui se passerait sans les femmes. 9M, un jour sans les femmes. El podcast just in time porque necesitamos salir Maintenirnos abiertos al movimiento, a la reflexión. Caminar, observar, reflexionar para empezar algo nuevo. Aujourd'hui, je m'interroge: que se passerait-il si dans une école ou dans les écoles, un directeur, une directrice d'école décidait que tous les élèves avaient droit de connaître des pratiques d'autorégulation et surtout une pratique qui permet de connecter, de se brancher avec sa respiration et sa conscience et donc de permettre à tous les élèves de pratiquer le yoga? Que se passerait-il si dans cette école on insistait sur le fait que les mathématiques, le français, la grammaire, la géographie sont aussi importants que le yoga, que se passerait-il? Que se passerait-il si les professeurs étaient heureux? C'est le sujet de la retraite que j'ai suivie, que j'ai eu la chance de pouvoir vivre en présence dans le virtuel, ce qui est la nouvelle modalité de pouvoir participer dans cette Happy Teachers Retreat. Que se passerait-il si en premier lieu les professeurs prenaient soin d'eux, pouvaient pratiquer la méditation, la méditation, le mindfulness, la pleine conscience pour ensuite accueillir, guider, entendre, montrer aux élèves qu'il les écoute. Que se passerait-il? Dans les retraites du Village des Pruniers, dans les retraites des Happy Teachers Retreat, on apprend ou on se rappelle qu'en premier lieu, avant de répondre, on respire. Il y a la cloche, cette merveilleuse petite cloche, ce gong qui sonne, qui nous permet de fermer les yeux et d'attendre, d'attendre, de sentir à l'intérieur de soi si on a une réponse qui surgit, si on a envie d'apporter quelque chose, ou bien simplement si le silence est autorisé, ici le silence est accepté comme une merveilleuse façon, un outil d'accueillir la parole de l'autre et d'écouter les résonances de la parole d'autrui en soi.
Tengo los bolsillos vacíos, los labios partidos, la piel con escamas cada vez que miro hacia el vacío, las suelas gastadas, las manos atadas, la puerta de entrada siempre tuvo el cartel que dijo que estaba cerrada, una espina clavada.
Au lieu de ça, les professeurs sont fâchés, énervés, maltraités, mal payés. Et forcément, quelle difficulté que d'être bienveillant, gentil, à l'écoute, doux vis-à-vis de ses élèves. Quelle difficulté.
Que miro hacia el vacío, las suelas gastadas, las manos atadas. La puerta de entrada siempre tuvo el cartel que dijo que estaba cerrada. Una espina clavada, una herida infectada entramada, una rabia colmada en el todo y en la nada. El paso torpe al borde, sin acorde. Cada vez que pierdo el norte, tengo la pérdida del soporte. El tiempo que clava me traba, la daga me mata, filuda la flama sin calma, y de las manos se me escapa Tengo mi rincón florido, sacar la voz. Estoy sola, estoy conmigo.
Nous en étions restés au chapitre cinq, transformer la souffrance. Transformer Manas. La pleine conscience va nous aider à transformer Manas. En respirant consciemment, nous aiderons notre mental à regarder la situation en profondeur afin d'identifier Manas et tout son cortège d'illusions, réalisant ainsi que la graine de sagesse est disponible au cœur même de notre conscience du tréfonds. Dès qu'il est transformé, Manas incarne alors la sagesse de la non-discrimination. Nirvikalpa jnana en sanskrit. Il existe un conte qui décrit très bien la non-discrimination. C'est l'histoire du petit grain de sel qui voulait savoir à quel point l'eau de mer était salée. Je suis un grain de sel, je suis très salé, je voudrais savoir si l'eau de mer est aussi salée que moi. C'est alors qu'arriva un enseignant qui lui répondit, mon cher petit grain de sel, la seule manière pour toi de vraiment savoir quelle est la salinité de l'océan, C'est de sauter dedans. C'est ainsi que le grain de sel sauta dans la mer et ne fit plus qu'un avec l'eau, et sa compréhension fut parfaite. À la fin du printemps 1949, Thay a 23 ans. Il vient de passer 2 ans à Huế, à l'institut Bào Quốc, qu'il quitte avec 2 autres moines et un ami afin de poursuivre leurs études à Saïgon. Les combats sont toujours intenses et il leur faudra faire de longs détours et parfois même se déplacer en bateau pour éviter les barrages militaires. En cours de route, les jeunes moines décident de prendre de nouveaux noms pour affirmer leur profonde aspiration à devenir des bodhisattvas de l'action. Ils prennent tous le nom de Hán, qui signifie action. C'est ainsi que Thay, Phùng Xuân, devient Nhat Hanh, une action, et que deux autres moines deviennent Đuông Hàn, grande action, et Trân Hàn, action juste. Sachant que le nom de chaque moine bouddhiste vietnamien commence par Thích, c'est à partir de ce jour que Thay portera le nom de Thích Nhất Hạnh. Nous ne pouvons véritablement comprendre quelqu'un ou quelque chose que si nous faisons un avec cette personne ou cette chose. En effet, si l'on considère le terme comprendre, son origine latine nous rappelle qu'il signifie littéralement prendre quelque chose et fusionner avec. Comment pourrions-nous comprendre quelqu'un ou quelque chose si nous nous en sentons séparés? Quand ils arrivent à Saigon, la guerre avec les Français fait toujours rage. Thay et ses amis séjournent et étudient dans plusieurs temples où ils resteront de quelques semaines à plusieurs mois. Tout en poursuivant leurs études en autodidactes. Thay publie bientôt ses premiers recueils de poésie: Flûte de bambou dans un crépuscule automnal, qui sera publié à l'automne 1949, et À la lumière dorée du printemps, un recueil de poèmes qu'il a composé dans une toute nouvelle forme, en vers libres, qui sera publié en 1951. La poésie de Thay, dans laquelle il livre ses expériences de la guerre et du deuil, est bien accueillie et ses livres connaissent un rapide succès. La pratique de la méditation consiste précisément à porter sur la réalité un regard tel qu'il n'existe plus de frontière entre sujet et objet. Nous devons supprimer cette barrière qui sépare celui qui observe et l'objet de son observation. Si nous voulons comprendre quelqu'un, nous devons nous mettre dans sa peau. Pour que des amis ou des proches puissent parvenir à une compréhension mutuelle authentique, ils doivent pouvoir endosser le personnage l'un de l'autre. La seule manière de comprendre complètement est de devenir l'objet de notre compréhension. Elle sera réelle et profonde quand lorsque nous aurons pu abolir la frontière entre nous-mêmes et l'objet de notre compréhension. Prenons l'exemple des cadeaux et supposons que nous en offrions un à quelqu'un. Avec la sagesse de la non-discrimination, nous percevrons qu'il n'y a ni donneur ni receveur. Au contraire, si nous restons prisonniers de l'idée que nous sommes la personne qui offre et que l'autre est celle qui reçoit, notre don ne sera pas parfait. Si nous choisissons d'offrir quelque chose à une personne, c'est parce qu'elle a besoin ou envie de ce que nous avons. Notre geste est tout naturel. Quand nous pratiquons vraiment la générosité, il ne nous viendra pas à l'esprit de nous dire, c'est un ingrat. En pratiquant la pleine conscience, nous pourrons alors commencer à repérer la présence de manas en nous. Si nous sommes vigilants aux 6 tendances de manas, nous serons en mesure d'utiliser la pleine conscience, la concentration et la vision profonde afin de transformer ces habitudes négatives et de faire éclore la sagesse de la non-discrimination. Si, au lieu de fuir notre souffrance, nous acceptons de la reconnaître, de l'étreindre avec grande douceur et de l'examiner attentivement, elle pourra se transformer peu à peu, ouvrant alors la voie à la libération et à l'éveil. Il est essentiel pour chacun de nous de prendre le temps de définir ce qui est nécessaire à notre bonheur. Il est tout aussi important de pouvoir évaluer les besoins des membres de notre famille, de notre communauté et de notre société. En effet, dès que nous aurons pu en identifier les objectifs, nous pourrons déployer les moyens nécessaires et agir concrètement afin de procurer la nourriture, la démocratie et la liberté dont tous ont tant besoin. Nos actions prennent racine dans nos objectifs. Ils définissent le travail que nous avons à accomplir pour contribuer à orienter la société dans une direction positive. Pour déterminer si nos actions sont bonnes ou mauvaises, nous veillerons à ce qu'elles mènent à notre vision ultime. Thay et ses compagnons de route sont parmi les premiers moines bouddhistes au Vietnam à suivre un programme d'études de type occidental en fréquentant la Bibliothèque nationale de Saïgon. À l'époque, le bouddhisme traditionnel au Vietnam ne permettait pas aux moines d'étudier des disciplines mondaines, mais Thay et ses amis voulaient étudier non seulement le Tripitaka, le canon bouddhique, mais aussi les sciences, la littérature étrangère, les langues étrangères, en particulier le français, la philosophie et la psychologie. Comme il le commentera plus tard, nous étions convaincus que ces sujets pourraient nous aider à donner un nouveau souffle à la pratique du bouddhisme dans notre pays. Si nous voulions exprimer les enseignements du Bouddha d'une manière compréhensible pour nos contemporains, il était important que nous parlions le langage de notre temps. La sagesse de la non-discrimination. La discrimination entre ceci et cela, de ceci contre cela, engendre toujours beaucoup de souffrance. Or, dans notre conscience du tréfonds, nous disposons d'une graine qui permet de transformer manas: la sagesse de la non-discrimination. Il est essentiel que notre conscience mentale puisse identifier cette graine de sagesse enfouie au sein même de notre tréfonds et qu'elle puisse ainsi l'aider à se manifester. Si nous pratiquons la respiration consciente et la vision profonde, nous pourrons à notre tour faciliter la manifestation de la sagesse de la non-discrimination. Celle-ci est présente en chacun de nous. Prenons l'exemple de la main droite. Elle invite la cloche et écrit des poèmes et fait plein d'autres choses. Ma main droite porte en elle la sagesse de la non-discrimination, car jamais elle ne dira à ma main gauche: Main gauche, tu ne me sembles pas douée pour quoi que ce soit. C'est moi qui écris tous les poèmes, c'est moi qui fais de la calligraphie. La communication et la collaboration entre les deux mains sont parfaites. Jamais la main droite ne se considère comme supérieure à la main gauche. Elles ne connaissent ni le complexe de supériorité ni celui d'infériorité, ni même celui de l'égalité. En effet, si nous entrons dans la comparaison, nous nous considérerons toujours soit comme supérieur, soit comme inférieur à l'autre, ou tenterons d'être son égal. Mais ce genre de comparaison engendre la discrimination et c'est d'elle que naît ensuite la souffrance. Les cellules de notre corps collaborent les unes avec les autres sans discrimination. Un jour, ma main gauche tenait un clou et ma main droite un marteau. J'essayais d'installer un tableau et je n'étais pas très attentif. Et au moment de frapper avec le marteau, j'ai confondu clou et main. Ma main droite a immédiatement posé le marteau et s'est occupée de ma main gauche comme si elle prenait soin d'elle-même. Et comme ma main gauche possède la sagesse de la non-discrimination, elle ne s'est pas mise en colère contre la droite. À son tour, ma main droite n'a pas dit à la gauche: Regarde comme je prends soin de toi à l'avenir, tâche de t'en rappeler. Ma main gauche n'a pas dit non plus: c'est injuste, je demande réparation, donne-moi ce marteau. Il n'y a ni tu, ni je, ni discrimination. Les deux mains sont unies, comme la Trinité. Dieu le Père est dans Dieu le Fils. Le Saint-Esprit est autant dans le Fils que dans le Père. C'est l'inter-être. Dans l'un, je vois aussi l'autre. Bien sûr, ma main droite souffrait, mais les deux se partageaient la douleur sans discrimination, comme dans toute relation aimante. C'est ce que nous appelons l'équanimité, ou peshka. Bonheur et souffrance ne sont plus des considérations individuelles dès lors que la sagesse de la non-discrimination se manifeste, ou peksha.
Upeksha.
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