65. « Le mal-être et le bien-être existent l’un dans l’autre.» RIP MJF (Série Thich Nhat Hanh)
16 May 2022 · 32 min
Mélanie Berthaud returns to the Just in Time podcast after two months, dedicating the episode to late activist Mintyann Faber. She reads Thich Nhat Hanh on inner child care and interdependence of suffering and well-being, draws the Birds-Freedom tarot card, and explores how mindfulness and yoga transform fear and catastrophic thinking.
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Bonjour, bonsoir. Après une interruption de 2 mois qui a été très salutaire dans la mesure où elle m'a permis de faire plusieurs projets, donc de commencer plusieurs projets, de finir une formation, etc., nous voilà donc de retour. Les textes des grands auteurs, des grands maîtres, ma voix, la musique, le chien derrière qui aboie et la vie vie qui pulse pour continuer dans notre cheminement de lecture, de réflexion. Ici, dans cet épisode, il s'agit d'un aller-retour entre le texte, donc de prendre soin de l'enfant intérieur, comme on a commencé à le faire il y a quelques mois, et puis des réflexions. On n'abordera pas aujourd'hui la biographie de Thích Nhất Hạnh, mais plutôt un aller-retour entre des des choses vues, des choses entendues, des éléments. Depuis quelques semaines, un cycle de lecture a commencé, qui est un cycle de lecture du texte de Bruce Lipton qui s'intitule La biologie de la croyance. Très, très intéressant. On a eu une masterclass de Katia Harida qui était vraiment phénoménale. Également, on a opéré des changements en ce qui concerne les lieux de pratique. Pour aller pratiquer dans des lieux lumineux comme le bois, la nature, les pieds dans la terre. Entre la masterclass, le livre que nous lisons toutes les semaines, The Biology of Belief, la formation en hypnothérapie et encore bien d'autres projets liés au yoga, eh bien, il n'y avait pas eu de possibilité d'enregistrer le podcast qui a maintenant 2 ans et demi. Puisqu'on voyait, c'est ça, deux ans et demi. Voilà, donc je vous souhaite une très bonne écoute et comme d'habitude, je lis vos commentaires, vos retours, soit sur la page Instagram, soit directement sur le site internet, la plateforme également, et j'y réponds dès que possible. Je vous souhaite une très belle semaine du mois de mai 2022 en ce jour d'éclipse lunaire. Une éclipse extrêmement puissante où il est conseillé de rester tranquille, rester calme, de s'apporter du soin, de méditer énormément, de rester le plus calme possible, de prendre soin de soi, de se reposer, de baigner dans l'art, de faire du sport. Bonne écoute. Je dédie cet épisode 9 à Mintyann Faber, qui a été un de mes mentors les plus importants dans le domaine des droits de l'homme. Et j'apprends à l'instant qu'il est décédé hier, le 15 mai 2022. Mintyann Faber était un activiste de la paix. Il a été le directeur de l'Interkirchliches Friedensbeirat, le Interchurch Peace Council, dans lequel j'ai travaillé et pour lequel j'ai réalisé des actions après avoir étudié en Angleterre. C'est un homme qui m'a énormément inspirée. Il est devenu célèbre aux Pays-Bas parce qu'il est devenu le leader de grandes, grandes manifestations contre les armes nucléaires dans les années 80. Il a également collaboré avec beaucoup d'intensité avec tous les activistes des droits de l'homme du Pacte de Varsovie pendant très longtemps. Après la fin de la guerre froide, il a travaillé avec les victimes des violences et des violences de guerre et des régimes dictatoriaux. C'est une grande perte pour toute la communauté internationale. C'était un homme extraordinaire avec une philosophie de vie et une volonté de changement que j'ai rarement vue. Il a participé à un mouvement et à des idées qui ont permis finalement d'abattre le mur. Et donc c'est un symbole de ce qu'un être humain qui est convaincu et qui s'allie à d'autres êtres humains peut réussir à accomplir. Il est devenu directeur de IKV en 1974. Il a réussi à arrêter les campagnes nucléaires, ce qui est quand même quelque chose d'incroyable aujourd'hui quand on y pense. C'était vraiment la figure clé de grandes manifestations que le Royaume-Uni n'avait jamais vu. Une manifestation le 21 novembre 1981 avec 400 000 personnes sur Amsterdam. Et une autre avec 500 000 participants 2 ans plus tard, le 29 octobre 1983 à La Haye. Pour cette campagne, il s'était uni avec une autre organisation qui s'appelle Pax Christi Netherlands, Women for Peace, une autre organisation encore et d'autres groupes encore de la société civile. Pendant des années, il a travaillé pour cette cause-là. Et puis après, il a lié dans son travail le désarmement, le thème du désarmement avec les droits de l'homme. Il est devenu un des leaders les plus importants du mouvement de paix dans les années 80. Ensuite, il a développé avec d'autres activistes tout un mouvement qui s'appelait The Détente from Below, donc qui était le processus de détente par en bas. Qui impliquait des dialogues intensifs entre l'Est et l'Ouest. Après la chute du mur de Berlin en 1989, il a orienté son travail, toujours avec son organisation IKV, pour remplir le vide qui a émergé de la chute des régimes communistes. Par exemple, l'arrivée de Václav Havel comme premier président démocratique en Tchécoslovaquie. Peu après l'élection de Václav Havel, Václav Havel a invité Mendel Faber pour une visite présidentielle du palais à Prague. Et en 1990, de nombreux activistes des droits de l'homme et de la paix se sont unis pour créer HCA, Helsinki Citizens Assembly, où j'ai travaillé quand j'étais Western Liaison Officer en 1997. C'est donc Mintian Faber qui a fondé Helsinki Citizens Assembly, qui était un réseau d'activistes européens qui a travaillé pour Une Europe démocratique et une Europe peaceful, une Europe de paix, ce qui est très, très, très important aujourd'hui vu qu'on est en train de vivre un conflit en Ukraine qui est là depuis 3 mois. Pardon, je suis émue. Pas un conflit, une guerre, une invasion, à la suite d'une invasion. Je vais placer le press release dans la description de cet épisode pour que vous puissiez lire tout ce qu'a accompli Mintian Faber. J'ai connu sa famille, j'ai connu sa femme, sa fille, et je leur envoie aujourd'hui toute la lumière et puis aussi tout l'amour qu'a transmis Mintian et qu'il revienne vers eux aujourd'hui et vers elle, car ils en ont besoin.
El podcast Just in Time, porque necesitamos salir, mantenernos abiertos al movimiento, a la reflexión, caminar, observar, reflexionar para empezar algo nuevo.
Bonjour, bonsoir. Je lisais une citation des multiples merveilleuses citations de Carl Jung récemment qui disait, nous ne devenons pas lumineux en regardant la lumière, mais en traversant nos propres ténèbres. Et cette phrase fait écho à la première phrase du chapitre que nous allons lire ensemble aujourd'hui, toujours de l'ouvrage Prendre soin de l'enfant intérieur, faire la paix avec soi de Thich Nhat Hanh, qui commence ainsi: grâce à la sagesse de la non-discrimination, nous pouvons percevoir que le mal-être et le bien-être existent l'un dans l'autre. Et voici un nouvel épisode où on parle tarot, Jung, Tich Nhat Hanh, souffrance, peur, idées noires, idées catastrophiques, pratique, corps, pierre de ronsard, de nombreux sujets. En ce qui concerne les tarots, que j'utilise. Je dis les tarots parce qu'il y en a plusieurs depuis très très longtemps maintenant, presque 25 ans. Il y a un tarot qui n'est pas vraiment un tarot mais qui peut s'utiliser comme un tarot, que j'utilise depuis à peu près un an, que je conseille vivement. Ce sont plutôt des cartes d'oracle qui peuvent, je répète, être utilisées comme tarot, réalisées par Barbara Michael John Free et Flavia Kate Peters. Je mettrai toutes les références dans la description. Il s'agit de Shamanic Medicine. C'est un magnifique travail réalisé par ces deux autrices qui est basé sur la pratique chamanique. Donc évidemment, ce sont des illustrations d'animaux, de nature, de paysages, d'ancêtres, de visages travaillés. C'est superbe, je le conseille vivement. Et la carte qu'aujourd'hui j'ai tirée, parce qu'après chaque méditation je tire des cartes des tarots, donc ça prend pas mal de temps, de temps de réflexion et de recueillement, c'est Birds. Alors la carte indique simplement le nom, le sous-titre, par exemple là c'est Birds, Freedom, et ça représente un magnifique aigle qui déploie ses ailes, une colombe qui traverse un ciel en spirale rose et bleu avec un croisement de 3 lignes avec une intersection au milieu de la spirale. Au fond, il y a encore 3 aigles qui volent et puis une chouette sur le cadran droit. Inférieure. Et donc on se réfère ensuite à la lecture sur le petit, du petit livret qui est, qui accompagne le tarot, qui s'appelle Guidebook. Et je vais lire ce que signifie donc Birds Freedom pour qu'on comprenne de quoi il s'agit. Donc il y a une première partie qui dit, your soul is longing to soar like a bird high in the sky.
It sings as a caged bird, a song of freedom. You're being urged to sharpen your senses and be watchful. Spirit has been sending you messages in the form of falling feathers and ornithomancy— divining through the observation of birds, their flight patterns, cries, and behaviors. This card has flown in now and taps on your windowpane, so fling the doors wide open and let fresh air circulate. You have been cooped up for quite long enough. It is time to spread your wings and go searching for adventure. Opportunity awaits as a new horizon beckons. See the world from a bird's-eye view and break free from entrapment. Escape from the chains that prevent you from speaking your truth. It is time for you to be heard, to have the freedom to make your own choices, And be responsible for making decisions, never minding whether they are right or wrong. Right now, it is having the freedom to make a choice that will set you well and truly free.
Et ensuite, on a plusieurs apartés. La suite, c'est Birds Revealed, donc une précision, un approfondissement qui dit: The winged ones have been showing us signs from nature.
Omens and messages from the gods long before history was written. In Egypt, seeing a flock of birds after someone's death was a good sign. It was believed the birds were escorting the person to their new incarnation.
From supernatural to magical powers, the medicine of birds teaches us how to fly free with strength and Et c'est vrai que c'est tout à fait aligné avec ce que je suis en train de travailler également, avec le retour à la nature, au bois, le yoga le dimanche au bois, le rapport à la terre, les pieds directement sur la terre, ce besoin très, très fort et très présent d'aller pratiquer dans la nature. Et après, il y a ensuite un nouveau passage, un nouveau aparté qui dit Other divinatory meanings: a new gateway is opening, have courage and walk through it.
You are soaring high right now, don't let others bring you down. Sharpen your senses to the messages around you. Take steps to leave a difficult situation. Make a decision, freedom awaits.
Donc c'est toujours des paragraphes qui permettent d'approfondir. Et à la fin, le chapitre qui correspond à la carte À l'oracle est toujours accompagné d'une sorte d'un poème.
Alors ici c'est Bird Speaks. In each direction, watchers fly. We send a message from the sky. Receive our feathers. Hear our sound. Fly through life. New freedoms found.
Ce tarot, ce paquet d'oracles est publié par Blue Blue Angel Publishing. On peut le trouver sur le site www.blueangelonline.com. Je le conseille vivement. Ici à Mexico, il existe un lieu qui s'appelle la Casa del Tarot. On trouve presque, presque tous les tarots qui existent, qui ont été inventés. C'est un très bel endroit à visiter au cas où vous visiteriez À un moment, la ville de Mexico. Grâce à la sagesse de la non-discrimination, nous pouvons percevoir que le mal-être et le bien-être existent l'un dans l'autre. Tous, nous avons cette tendance habituelle à considérer que cette fois, c'en est assez. Nous avons assez souffert dans notre vie, nous voulons enfin autre chose, nous voulons être bien. Nous cherchons à fuir le mal-être et à aller dans la direction du bien-être. Or, c'est précisément là où se trouve le mal-être que nous pourrons entrer en contact avec le bien-être. En effet, si nous fuyons le mal-être, nous nous donnerons peu de chances de trouver le bien-être. Dans la pratique du yoga, par la pratique du yoga et à travers la pratique du yoga, on cherche en partie à réconcilier la part d'ombre et la part lumineuse. On ne pratique pas le yoga pour montrer à l'autre de quoi on est capable, jusqu'où on est capable d'aller, ni ce qu'on est capable de faire, de quoi on est capable, mais au contraire pour intégrer toutes les parties qui sont en nous. Donc lorsque, par exemple, on sent que notre corps ne nous permet pas de de réaliser une posture, par exemple, parce qu'il manque de la flexibilité, ou bien il manque un travail, ou bien simplement la physionomie. C'est justement là qu'il est important de s'arrêter, d'observer au lieu de rejeter. Tout bonheur porte aussi en lui un goût de souffrance. C'est comme les fleurs. Quand vous regardez une fleur en profondeur, Vous pouvez y voir les déchets et le sol. Nous voyons le compost, car nous savons en effet que la fleur ne peut exister sans lui. Aussi, entrant en contact profond avec la fleur, je peux aussi entrer en contact avec le compost qu'elle contient. Je crois profondément que tout est lié, que tout ce qui surgit à un moment précis est en lien avec la toile qui est présente à ce moment-là. Il y a un poème que j'ai entendu hier, qui est un poème que je connaissais déjà, un poème de Pierre de Ronsard, qui justement est en lien avec ce que Thich Nhat Hanh aborde dans ce chapitre. Ce poème s'intitule Je n'ai plus que les os. Je n'ai plus que les os, un squelette je semble, décharné, dénervé, démusclé, dépulpé, que le trait de la mort sans pardon a frappé. Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble. Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble, ne me sauraient guérir, leur métier m'a trompé. Adieu plaisant soleil, mon œil est étoupé, mon corps s'en va descendre où tout se désassemble. Quel ami me voyant en ce point dépouillé ne remporte au logis un œil triste et mouillé, me consolant au lit et me baisant la face? En essuyant mes yeux par la mort endormis, Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis. Je m'en vais le premier, vous préparez la place. Pierre de Ronsard. Thich Nhat Hanh aborde ici la nourriture. La nourriture et les divertissements sont pour beaucoup d'entre nous un moyen de fuir la souffrance. Nous nous sentons si seuls, si tristes, tellement vides et frustrés. Nous vivons dans une telle peur que nous essayons de combler ces états d'âme avec un film, ou un sandwich. C'est notre façon de gérer le malaise si profond en nous. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour refouler notre douleur, notre désespoir, la colère, la dépression. Alors nous écoutons de la musique, nous ouvrons le réfrigérateur pour manger quelque chose, nous prenons un magazine, bref, nous consommons. Et même si une émission de télévision n'est pas intéressante, nous continuons à la regarder parce que c'est toujours mieux que de devoir affronter notre malaise, ce mal-être si fortement présent en nous. J'écoutais justement hier dans Le Grand Atelier sur France Inter, une de mes émissions préférées, dimanche matin pendant 2 heures, un invité spécial. L'invité, c'était la surprise pour moi puisque je me réveille en avec le réveil calé sur cette émission pour toujours garder la surprise de l'invité. C'était Matthieu Ricard. Et Matthieu Ricard évoquait ses premières années donc dans l'Himalaya. Il disait que ses premières années, ses 7 premières années, étaient les plus belles années de sa vie. C'était des années où il a vécu sans lumière, sans électricité plutôt, beau lapsus. Sans eau courante, sans chauffage. Et il évoquait le fait que son maître habitait juste à quelques pas au-dessous de lui, dans la montagne. Il s'agissait des plus belles années de sa vie. Il vivait avec très peu. Je crois qu'il avait parlé de la somme de 50 euros par mois. Et donc les plus grands moments, les plus beaux moments de sa vie sont liés avec le plus d'austérité possible au regard des standards occidentaux. Mais en réalité, plus nous consommons, plus nous incorporons des toxines de violence, d'envie, de désespoir et de discrimination. Et plus la situation empirera. En revanche, si nous acceptons ce mal-être, notre énergie de pleine conscience et de concentration nous aidera à regarder en profondeur dans la nature de ce malaise et à identifier la source de nourriture qui l'a généré. Rien ne peut survivre sans nourriture, pas même la souffrance. Aucun animal, aucune plante, rien ne survit survivra sans alimentation. Il en va de même pour notre amour. Si nous voulons qu'il survive, nous devons le nourrir. À défaut, si nous ne l'alimentons pas ou si nous ne lui donnons pas les aliments appropriés, notre amour va mourir. Il peut très vite se transformer en haine. C'est pareil pour notre souffrance et notre dépression, qui elles aussi ont besoin d'être alimentées pour continuer à exister. Ainsi, si notre dépression ne peut pas partir, ne veut pas partir, c'est que nous continuons à l'alimenter au quotidien. Il nous appartient alors de prendre le temps de regarder en profondeur la nourriture qui en est à l'origine. Même si notre souffrance s'exprime parfois sous la forme d'une émotion puissante, l'identification de ce qui nourrit ce mal-être nous permettra peu à peu d'en couper la source et la souffrance souffrance finira par dépérir. À l'inverse, en consommant violence et souffrance, nous augmenterons ce mal-être, non seulement le nôtre, mais aussi celui des personnes que nous côtoyons. En mettant fin à la consommation d'images violentes et de conversations toxiques, notre pratique nous offre alors une magnifique opportunité de transformer la violence et la souffrance qui sont en nous. C'est de ce bon terreau que pourront alors naître compréhension et compassion pour nous guérir et aider ensuite les personnes autour de nous à guérir à leur tour. Effectivement, si en rentrant du travail on s'alimente des images sur les news, les informations, et puis qu'après on va boire un verre ou un thé ou un café avec des amis qui nous parlent d'autres personnes qui sont dans le commérage et pas au contraire dans l'échange nourrissant, effectivement, je crois comme Thích Nhất Hạnh qu'on est en train d'alimenter le mauvais terreau au lieu d'alimenter le bon terreau. Tout est une histoire de décision, de décision qui ne plaira pas à tout le monde bien sûr, mais de décision. Ce paragraphe s'intitule Accepter la vie telle qu'elle est. Nous savons que naissance et mort, maladie et vieillesse font partie de la vie. Nous ne voulons pas vieillir, ni tomber malade, ni mourir, mais ainsi est la vie. Si nous nous révoltons, si nous protestons, nous souffrirons encore plus. Inversement, si nous acceptons la vie et tout ce qu'elle implique, les moments de bonheur, de joie, de paix, mais aussi la maladie, la vieillesse et la mort, alors nous ne souffrirons plus. Ainsi, la souffrance est acceptable. Et non seulement elle est acceptable, mais grâce à elle, nous avons une opportunité d'expérimenter le bien-être. Si nous voulons surmonter la peur, nous pouvons commencer par simplement prendre conscience de sa présence en nous. Puis, dans un second temps, nous pouvons faire naître en nous l'intention de ne pas la fuir. La fuite est en effet une réaction très courante chez nous, car Ce n'est pas agréable d'avoir peur. Nous ne voulons pas vivre avec elle, mais elle revient sans cesse. Nous craignons toujours qu'il arrive quelque chose cet après-midi ou demain. Nous vivons avec cette peur de l'impermanence. Cette deuxième étape de la transformation consiste donc à être déterminé à ne pas fuir pour examiner en profondeur notre angoisse et l'accepter pleinement. Effectivement, l'être humain passe 75% de son temps à ruminer des idées noires. C'est ce qu'évoquait Michel Vinguëne à propos de son livre Cerveau et nature. Et donc ces idées noires, effectivement, ce sont les scénarios catastrophes dont personne n'ose parler. Tout le monde le garde pour soi. Effectivement, il y a des personnes qui ont un débit plus rapide, plus généreux de scénarios catastrophes et d'autres moins. Mais c'est quelque chose qui est complètement universel. Cette peur dont parle Thích Nhất Hạnh et cette nécessité de ne pas la fuir, c'est-à-dire c'est une négation, ne pas la fuir. Au contraire, moi je conseille très souvent d'écrire ses peurs, de transformer le récit, d'en faire un conte, d'en faire un texte, d'écrire, de ne pas les fuir, de ne pas les nier. Voici toutes les idées qui sont parvenues en moi aujourd'hui, voici le scénario catastrophe, voici les scénarios catastrophes surgis ce jour-ci. Et on peut même essayer d'en sourire, d'en rire. Premier exemple en ce qui concerne les peurs générées par les scénarios catastrophes. Et puis il y a la peur qui prend le ventre également. À chaque fois, je conseillerais de l'amener à la pratique, d'aller s'asseoir sur le safouf, de l'amener à la pratique, d'aller faire une pratique de yoga courte, mais de toujours essayer de donner la possibilité au corps de se l'approprier pour en faire quelque chose, pour en faire un beau, une belle production. Le processus de transformation repose sur une troisième étape qui consiste à agir de façon appropriée face à la peur. En effet, si nous acceptons de lui faire face et d'en faire profondément l'expérience, nous pourrons observer quelle est notre réaction face à elle. Nous verrons si nous réagissons avec confusion ou déni, ou à l'inverse, si nous y répondons avec gentillesse, acceptation et compassion. C'est précisément cette réponse clairvoyante qui apportera la guérison. Désormais, puisque nous savons comment susciter la guérison, Nous pouvons éviter que la souffrance ne nous surprenne. Avec l'entraînement, notre pleine conscience gagnant en force et en stabilité, nous n'avons plus à attendre que les graines de souffrance surgissent à l'improviste pour en prendre soin. Nous savons qu'elles résident au cœur de notre conscience du Tréfonds. Nous pouvons donc les inviter à venir dans le champ de notre conscience mentale et les éclairer à la lumière de notre pleine conscience. Il est essentiel de se renforcer avant de traiter la souffrance. En effet, prendre soin du mal-être, c'est un peu comme essayer d'attraper un serpent venimeux. Nous devons d'abord apprendre à connaître le serpent et en parallèle, nous devons développer notre habileté et notre stabilité afin de pouvoir l'attraper sans nous blesser. Une fois cette étape accomplie, nous serons prêts à faire face au serpent. Au contraire, si nous ne nous confrontons jamais à lui, viendra le jour où il nous prendra par surprise et nous perdrons la vie à la suite de sa morsure. Il en va de même avec la douleur que nous gardons dans les profondeurs de notre conscience. Lorsqu'elle enfle et nous met au défi, il n'y a rien que nous ne puissions faire si nous ne nous sommes pas entraînés à renforcer et à stabiliser notre pleine conscience. Nous ne devrions donc pas inviter notre souffrance à remonter avant d'être réellement prêts à l'accueillir. Alors, quand elle arrivera, nous pourrons la gérer en toute sécurité. Transformer la souffrance ne veut pas dire la combattre ni se débarrasser, ni se débarrasser d'elle. Il s'agit tout simplement de la baigner dans la lumière de notre pleine conscience. On voit bien à la fin de ce chapitre 5 comment Thich Nhat Hanh oppose la pleine conscience et la conscience du tréfonds, et comment il justifie la nécessité de la pratique quotidienne. C'est-à-dire, on ne pratique pas en urgence, comme on ne va pas voir son médecin ayurvédique parce qu'on a mal à la gorge. On va voir son médecin ayurvéda, on pratique parce qu'on sait qu'un jour ou l'autre On va avoir mal à la gorge parce qu'on sait qu'un jour ou l'autre, la conscience du tréfonds va prendre le dessus.
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