70. "Si nous avons profondément souffert durant l'enfance, il nous sera difficile d'oser encore faire confiance et aimer." (Série Thich Nhat Hanh)
28 Jun 2022 · 25 min
Mélanie Berthaud traces Thich Nhat Hanh's retreat to a remote tea plantation in 1956 after his mother's death, then teaches mindfulness practices to heal childhood wounds: meditating as your five-year-old self, writing letters to that child, dialogues with your parents. The work requires daily practice and community support to break cycles of pain.
Chapters
Alors que la situation dans le pays évolue très rapidement, Thay apprend que sa mère ne va pas bien et que son état s'est aggravé. Thay et son frère Hanh la ramènent chez eux à Da Lat où elle est prise en charge médicalement. Le frère aîné de Thay, Thich Nhat Hanh, se joint à eux ainsi que leur sœur aînée. La mère de Thay décédera le jour de la pleine lune du 9e mois lunaire de 1956 en présence de ses 4 enfants. Tay écrit alors dans son journal: Le plus grand malheur de ma vie est arrivé. Comme il le fera remarquer plus tard, même très âgé, celui qui perd sa mère a toujours l'impression qu'il n'est pas suffisamment mûr. Il se sent seul, délaissé, aussi malheureux qu'un petit orphelin.
El podcast just in time porque necesitamos salir. Maintenirnos abiertos al movimiento, a la reflexión. Caminar, observar, reflexionar para empezar algo nuevo.
Guérir l'enfant intérieur. Enfants, nous étions tous très vulnérables, si facilement heurtés, blessés. Un seul regard sévère de notre père suffisait parfois à nous plonger dans une profonde douleur. Un mot dur de notre mère pouvait creuser une profonde blessure dans notre cœur. Comme tous les jeunes enfants, nous ressentions beaucoup de sentiments, d'émotions, mais nous ne pouvions pas nous exprimer facilement. Nous essayions et essayions encore. Parfois, alors même que nous trouvions les mots, les adultes autour de nous ne pouvaient pas nous entendre. Ils ne nous écoutaient pas ou ne nous laissaient pas parler. À présent, nous avons la possibilité de revenir à nous et de parler à notre petit enfant intérieur. Nous pouvons l'écouter et lui répondre directement. Personnellement, bien que j'aie reçu beaucoup d'amour et d'affection de mes parents, j'ai pratiqué ce retour à l'enfant intérieur et cela m'a considérablement aidée. Le petit que nous avons été est toujours là en nous. Il est peut-être profondément blessé. Nous l'avons négligé pendant si longtemps qu'il nous appartient aujourd'hui de revenir à lui, de le réconforter, l'aimer et lui donner toute notre attention. Vers la fin de 1956, Tai passe de plus en plus de temps à Blao, un hameau situé dans les hauts plateaux du centre du pays où l'on cultive le thé. À environ 200 km au nord-est de Saïgon, sur la route de Đà Lạt. La division du pays, la mort de sa mère, le fait que la hiérarchie bouddhiste se soit opposée à ses efforts visant à unifier les différentes branches bouddhistes et à renouveler le programme d'études de l'Institut An Quang, tout cela finit par le miner. C'est ainsi qu'à Quang Hinh, un autre nom de Blao, que Thay décide de de venir s'installer au temple Phước Huệ, qui est aussi le siège de la congrégation bouddhiste locale. Il se retire alors dans une petite hutte au toit de chaume qu'il a construite au milieu des plantations de théiers sur les terres du temple, une petite hutte toute simple située au bout d'un sentier, où il n'y a qu'un lit, une table et des piles de livres. Le climat à Bào, légèrement plus chaud et plus doux qu'à Đà Lạt, offre à Thay des conditions favorables pour écrire et effectuer des travaux de recherche. Loin de l'agitation de Saïgon et des luttes de pouvoir au sein de la hiérarchie bouddhiste qui fait barrage à la nouvelle génération. À Bão Lào, c'est tout juste si de temps à autre on entend le moteur d'une voiture vrombir au loin sur la route principale. Le temple n'a pas l'électricité et dispose d'un petit générateur pour éclairer une douzaine d'ampoules électriques pendant quelques heures le soir. Méditation sur l'enfant de 5 ans. Cette méditation peut être faite en position assise ou en marchant. L'essentiel étant de trouver un lieu calme, confortable, là où vous ne serez pas dérangé et pourrez vous relaxer pendant au moins 5 minutes. Sur chaque inspiration et expiration, je vous propose de prononcer ces phrases: j'inspire, je me vois enfant à l'âge de 5 ans. J'expire, je souris avec compassion à l'enfant de 5 ans en moi. Au départ, vous pouvez prononcer la phrase complète pour ensuite dire simplement: moi, à l'âge de 5 ans, souris avec compassion. L'enfant de 5 ans qui se trouve en chacun de nous a besoin de beaucoup de compassion et de toute notre attention. Si chaque jour nous trouvions quelques minutes pour nous asseoir avec lui, avec elle, et pratiquer cette méditation, nous pourrions lui apporter réconfort et guérison. Cet enfant de 5 ans est toujours vivant en nous et a besoin que nous prenions soin de lui, d'elle. Si nous reconnaissons sa présence et prenons le temps d'entrer en réelle communication, nous pourrons entendre ses réponses et peu à peu notre enfant se sentira nettement mieux. Nous bénéficierons tout naturellement nous aussi de son mieux-être, nous nous sentirons de mieux en mieux, mieux, de plus en plus libérés. L'enfant qui sommeille en chacun de nous est en fait bien plus que nous. Nos parents ont souffert eux aussi quand ils étaient enfants. Tous ont été de jeunes enfants de 5 ans fragiles et vulnérables. Et même adultes, ils se sont souvent sentis démunis face à leur souffrance, ne sachant pas comment la gérer et la reportant alors sur leurs enfants. Victimes de leur propre souffrance, leurs enfants en sont devenus victimes à leur tour. Si nous ne parvenons pas à transformer la souffrance en nous, nous la transmettrons inévitablement à nos enfants. Mon père et moi sommes pareils. Nous ne sommes pas deux entités séparées. Je suis sa continuation et il est donc en moi. Si je peux aider le petit garçon de 5 ans qui est mon père en moi, nous nous guérirons tous les deux en même temps. En prenant soin de la petite fille de 5 ans qui était ma mère et qui est toujours en moi, je l'aide à se transformer et à se libérer. Je suis son prolongement. Cette petite fille blessée qui a tant souffert est toujours vivante en moi. Ainsi, si je suis capable de transformer et de soigner ma mère et mon père en moi, je serai aussi capable de les aider à l'extérieur de moi. Cette méditation va engendrer de la compassion et de la compréhension pour nous-mêmes, mais également envers nos parents, enfants de 5 ans. Nous parlons souvent de compréhension, mais n'est-ce pas là une des plus grandes qui puisse se révéler à nous? Quand nous sourions, nous savons que nous sommes en train de sourire pour notre père ou notre mère et que nous leur permettons ainsi de se libérer. Si nous pratiquons de cette manière, alors toutes ces questions existentielles qui nous font tant souffrir— qui suis-je? Est-ce que ma mère me vraiment? Est-ce que mon père voulait vraiment de moi? Quel est le sens de ma vie? s'évanouiront d'elles-mêmes. Nous n'avons pas besoin de retourner sur notre terre natale en Irlande ou en Chine pour trouver nos racines. Il nous suffit d'être en contact avec chaque cellule de notre corps. Notre père, notre mère et tous nos ancêtres sont présents de manière très concrète dans chacune des cellules de notre corps, y compris dans les bactéries. La compréhension éveillée nous a été transmise par toutes les générations, par tous les êtres vivants ainsi que par tous les êtres que l'on dit inanimés. Nous sommes à la fois père et fils, mère et fille. Nous nous manifestons parfois comme père ou mère et parfois comme l'enfant. Nous pouvons comparer cela au fruit de la goyave. Dès qu'il apparaît, il porte des graines de goyave en lui et il est donc déjà un père ou une mère. Thay rêve de créer une communauté monastique sur les hauts plateaux et il sera très vite rejoint par plusieurs jeunes frères monastiques de l'institut Bao Quoc ainsi que par des étudiants de l'institut An Quang. Il met ainsi en place un programme d'études et de pratique pour les moines qui sera aussi ouvert aux pratiquants laïcs des environs. Ils se réveillent à 4 heures du matin et commencent leur journée par une séance de méditation assise et des chants. Ils suivent des cours et étudient le matin. C'est depuis Blaau que Thay écrira et publiera pendant 2 ans des articles pour Phat Chau Vietnam, tout en donnant des cours aux jeunes moines. En fin d'après-midi ou en début de soirée, Thay se joint parfois aux étudiants pour faire une partie de ping-pong. Il lui arrive même de jouer au football, sur le grand terrain situé à l'arrière du bâtiment, ce qui était alors très osé, les moines au Vietnam n'étant pas censés faire du sport. Leur journée se termine par une séance de méditation assise et des chants dans le temple. Si nous voulons aller plus loin dans cette belle compréhension, nous pouvons pratiquer ainsi: j'inspire, je vois papa à l'âge de 5 ans. J'expire, je souris à papa enfant de 5 ans. Papa à l'âge de 5 ans sourit avec compassion. Avant d'être un père, votre papa a lui aussi été un enfant de 5 ans, petit garçon très vulnérable. Sensible. Il se sentait facilement blessé par votre grand-père ou votre grand-mère et par d'autres personnes. Si votre papa s'est parfois montré particulièrement sévère, violent ou exigeant, c'est probablement en raison de la manière dont il a été traité lui-même. Sans doute a-t-il été blessé quand il était encore un petit garçon. Si vous comprenez cela, vous ne ressentirez peut-être plus besoin de vous mettre en colère contre lui, car vous pourrez éprouver de la compassion pour lui. Peut-être pouvez-vous prendre une photo de lui quand il avait 5 ans et le regarder pendant votre méditation. Regardez-le enfant, et en inspirant et expirant, vous pourrez recevoir le petit garçon de 5 ans qui est toujours vivant en lui et en vous aussi. Il en va de même pour votre maman. Elle aussi a été une petite fille de 5 ans vulnérable et fragile. Elle s'est parfois sentie facilement blessée sans avoir la chance d'avoir un enseignant ou un ami pour l'aider à guérir. C'est ainsi que la blessure et la peine subsistent encore en elle, expliquant les moments où elle a sans doute manqué de gentillesse pour vous. Si vous pouvez voir votre maman comme cette petite fille de 5 ans fragile, alors vous pourrez facilement lui pardonner avec compassion. La petite fille de 5 ans qui est devenue votre maman est toujours vivante en elle et en vous. J'inspire, je vois maman comme une petite fille de 5 ans. J'expire, je souris à la petite fille de 5 ans qui est devenue ma maman. Maman, petite fille de 5 ans, souris à maman. Si vous êtes encore jeune, il est essentiel que vous pratiquiez pour guérir l'enfant de 5 ans toujours présent en vous. En vous, sous peine de risquer de transmettre cet enfant blessé à vos propres enfants. Mais ne vous inquiétez pas si vous avez déjà transmis cette blessure à votre fille ou votre fils, il n'est jamais trop tard. Il vous appartient maintenant de pratiquer afin de guérir l'enfant en vous. C'est ainsi que vous pourrez aider ensuite vos enfants à soigner l'enfant blessé que vous leur avez transmis. Nous avons tous, parents et enfants, la possibilité de pratiquer ensemble et de guérir l'enfant blessé qui vit encore en nous et en nos enfants. Il n'y a pas de temps à perdre, c'est une sorte d'urgence, car si nous parvenons à faire cette pratique, la communication avec nos familles sera rétablie et la compréhension mutuelle deviendra possible. En réalité, nous sommes nos enfants. Nous leur avons légué notre être tout entier. Nos fils, nos filles sont notre continuation. Ils sont nous-mêmes. Ils nous emporteront avec eux loin dans le futur. En prenant le temps d'aimer, en prenant le temps d'aimer nos enfants avec compassion et compréhension, nous leur donnons tous les moyens d'en bénéficier pleinement pour que, à leur tour, ils puissent contribuer à un meilleur avenir pour eux-mêmes, leurs enfants et les générations futures. Pour bien prendre soin de nous-mêmes, il est important que nous revenions à l'enfant blessé qui vit encore en nous afin de veiller attentivement sur lui. Cette pratique du retour à l'enfant blessé doit être quotidienne. Nous revenons à lui et nous l'accueillons tendrement dans nos bras comme un grand frère ou une grande sœur. Nous devons l'écouter. Il est en nous ici et maintenant et nous pouvons le guérir dès à présent. Mon cher petit enfant blessé, je suis là pour toi. Prêt à t'écouter. Je t'en prie, fais-moi part de toute ta souffrance, de toute ta douleur. Je suis là pour toi, je t'écoute vraiment. Nous devons étreindre cet enfant et si nécessaire, nous pouvons pleurer avec lui même durant notre méditation assise. Nous pouvons aussi aller en forêt pour pratiquer. Si nous savons comment revenir à l'enfant blessé et l'écouter ainsi chaque jour, 5 à 10 minutes, la guérison aura lieu. Plusieurs parmi nous ont déjà pu appliquer cette pratique et, par leur régularité, ressentir un réel apaisement jusqu'à obtenir une véritable transformation. Si nous maintenons bien cette pratique, notre relation aux autres sera meilleure et plus souple. Nous ressentirons plus de paix et davantage d'amour en nous. Nous ne sommes pas totalement différents de notre enfant intérieur. Nous ne formons pas deux entités totalement distinctes, mais nous ne sommes pas véritablement un non plus. L'un influence l'autre. À présent, nous sommes adultes, nous pouvons pratiquer la pleine conscience, invitant le petit qui vit en nous à nous rejoindre dans la pratique. Cet enfant existe bel et bien au même titre que l'adulte que nous sommes aujourd'hui. C'est comme le grain de maïs qui est encore présent dans le plant. Il est pleinement là aujourd'hui et ce n'est pas juste quelque chose qui appartient au passé. Ainsi, dès que le plant de maïs a conscience d'être ni au grain, leur conversation devient possible. En revanche, il est essentiel d'être conscient que si nous avons tendance à revenir sans cesse au passé et à revivre nos souvenirs douloureux, nous replongeons dans le passé avec notre enfant intérieur, expérimentant à nouveau cette peur, cette envie. Cela est devenu une habitude qu'il est essentiel d'abandonner, car elle ne nous aide pas. Pour ce faire, nous pouvons dialoguer avec notre enfant intérieur et l'inviter à sortir à venir faire connaissance avec la vie dans le moment présent. Rester totalement ancré dans le moment présent, ici et maintenant, est une réelle pratique, c'est un entraînement. Tant que je suis totalement établi dans l'instant présent, je ne souffre pas des traumatismes du passé, je prends aussi pleinement conscience de toutes les merveilles disponibles pour moi, de toutes les conditions favorables qui sont à ma disposition ici et maintenant. La véritable pratique consiste dès lors à prendre la main de l'enfant et à jouer avec lui pour entrer plus profondément en relation avec toutes ces merveilles du présent. Bien sûr, comme notre tendance naturelle nous pousse tous à retourner vers le passé, il nous arrivera d'avoir besoin d'aide. Nous n'hésiterons pas alors à chercher le soutien d'une personne en qui nous avons confiance. Tous nos désirs sont issus de notre besoin initial d'être en sécurité. Aujourd'hui encore, le petit enfant en nous reste inquiet, apeuré, et pourtant l'instant présent ne comporte aucun problème, aucune menace. Donc si nous n'avons pas de problème dans le moment présent, présent, cela veut dire qu'en réalité nous n'avons pas de problème du tout. Pourquoi donc continuer à cultiver nos peurs et inquiétudes? Communiquons donc cette sagesse à l'enfant qui demeure en nous et disons-lui bien qu'il n'y a plus aucune raison de s'inquiéter. Nous pouvons aller sur la colline pour être seul, marcher parmi les pruniers ou les vignes et parler à l'enfant en nous. Rassurons-le. Mon petit frère chéri, ma chère petite sœur, je sais que tu souffres. Tu es mon enfant intérieur et je suis donc également toi. Aujourd'hui, nous avons grandi, alors n'aie plus peur. Nous sommes en sécurité, nous avons les moyens de nous protéger. Viens avec moi et vivons ce que nous offre le présent. Ne laisse plus le passé nous emprisonner. Viens, prends ma main, marchons ensemble et savourons chacun de nos pas. Nous devons réellement parler à l'enfant qui vit en nous, même à voix haute. Non seulement y penser, mais le faire vraiment. Si nous prenons l'habitude de dialoguer avec notre enfant intérieur chaque jour, la guérison interviendra. À son tour, il nous rejoindra dans notre vie aujourd'hui. Parlons à l'enfant, prenons sa main et ramenons-le au présent pour qu'il savoure la vie ici et maintenant. Si nous pouvons dialoguer ainsi 15 minutes tous les jours avec le petit enfant vulnérable, nous pourrons faire face à nos vieilles angoisses. Comparons cela à une casserole d'eau que nous faisons bouillir en laissant dessus un couvercle. Sous l'effet de la chaleur, la vapeur fera pression sur le couvercle. À l'inverse, dès qu'on ôtera celui-ci, la vapeur pourra s'échapper. Libérée de tout obstacle, la vapeur ne crée plus aucune pression. C'est pareil avec l'enfant. Si nous voulons lui parler tendrement et exposer la peur originelle, de l'enfant à la lumière de notre pleine conscience, nous commencerons à guérir. Nous devons rassurer l'enfant et lui faire sentir que, bien que la peur soit réelle, elle n'a plus aucun fondement. À présent, nous sommes adultes et nous pouvons nous protéger, nous défendre par nous-mêmes. Dialoguer avec l'enfant intérieur. Comme nous l'avons vu, il est essentiel de parler à l'enfant, mais il est tout aussi important de lui laisser l'espace pour s'exprimer lui aussi. Si à l'époque l'enfant que nous étions n'a guère pu s'exprimer, voici l'occasion rêvée pour qu'il puisse enfin le faire. Placez 2 coussins face à face, asseyez-vous sur l'un des 2 et regardez l'autre. Visualisez-vous assis là, enfant de 3, 4 ou 5 ans, et parlez-lui. Mon enfant chéri, je sais que tu es là en moi. Tu es blessé, je le sais. Tu as traversé tant de souffrances, je sais que c'est vrai parce que j'ai été toi. Mais maintenant, je te parle comme ta part adulte et je veux te dire que la vie est merveilleuse, qu'elle regorge d'éléments qui apportent fraîcheur et apaisement. Ne nous laissons plus engloutir par le passé, ressassant et revivant sans cesse tout ce qui nous a fait tant souffrir. Aujourd'hui, je suis là pour toi. Si tu as quelque chose à me dire, je t'écoute. Peux me le dire simplement. Ensuite, asseyez-vous sur l'autre coussin, ou même si vous préférez, allongez-vous comme l'enfant de 3 ans et utilisez le langage de la petite fille ou du petit garçon que vous étiez. Vous pouvez vous plaindre, vous pouvez vous lamenter de vous sentir tellement fragile et vulnérable, complètement démuni, dire que vous ne pouvez rien faire et que vous avez si peur. Dites à quel point vous avez besoin de la présence d'un adulte. Exprimez-vous librement, jouant pleinement le rôle de l'enfant en vous. Et si l'émotion et la peur émergent, c'est très bien. C'est le signe que vous êtes en contact avec une réelle angoisse. Vous ressentez le désir profond d'avoir quelqu'un près de vous pour vous protéger. Revenez enfin sur l'autre coussin et dites-lui, bien, je t'ai écouté, mon enfant chéri, et je comprends entièrement ta souffrance. Mais tu sais, nous avons grandi. Aujourd'hui, nous sommes devenus un adulte. Toi et moi sommes désormais capables de nous défendre par nous-mêmes. Nous pouvons même appeler la police police s'il y a vraiment un danger. Nous pouvons nous protéger et empêcher d'autres personnes de faire ce qui nous cause du tort. Et nous pouvons tout faire par nous-mêmes. Nous n'avons plus besoin d'un adulte pour nous protéger. Nous n'avons besoin de personne. Nous pouvons ressentir la plénitude par nous-mêmes sans avoir besoin que quelqu'un d'autre soit là pour se sentir bien. Il est vrai que nous avons souvent tendance à croire qu'il nous faut une autre personne pour jouer le rôle de papa et maman, mais ce n'est qu'une impression. Ce n'est pas la réalité. J'ai déjà pu faire l'expérience de me sentir vraiment comblée sans avoir besoin d'une personne extérieure. Nous pouvons être autonomes et nous épanouir sans devoir recourir à la présence de quelqu'un d'autre pour devenir autonomes, pour obtenir détente et réconfort. Si vous préférez, il n'est même pas nécessaire de changer de coussin ni de parler à voix haute. Si vous dialoguez avec votre enfant intérieur en l'écoutant aussi attentivement chaque jour, 5 à 10 minutes, la guérison s'amorcera. Thay tient à donner aux moines la possibilité de se former dans un esprit d'étude et de travaux autodirigés, dans un endroit inspirant et régénérant proche de la nature. Son souhait est que les jeunes moines fassent preuve de curiosité en ayant envie d'apprendre par eux-mêmes et pour eux-mêmes, et pas seulement pour réussir leurs examens et obtenir un diplôme. Nous voulions offrir un tout nouveau bouddhisme, se souviendra-t-il, un bouddhisme capable d'agir comme un radeau pour sortir le pays entier de la situation désespérée des conflits, des divisions et de la guerre. Thay attend des moines qu'ils cultivent leur propre discernement, leur propre vision profonde et leur propre éveil, et non qu'ils aient une foi aveugle dans la doctrine bouddhique. Il apprend aux jeunes moines à se familiariser avec des sujets qui ne relèvent pas du bouddhisme, comme la science, l'histoire et la littérature. Mais pourront leur servir d'outils dans le cadre de leur étude du bouddhisme. Il leur enseigne l'histoire de la pensée bouddhique, l'évolution des différentes écoles bouddhiques et les principaux textes des écoles anciennes du bouddhisme indien, notamment les courants des Theravādines et des Sarvātivādines. Des professeurs d'université et des lettrés viennent de Saigon passer plusieurs semaines à l'institut, se joindre aux discussions et aux marches et savourer pleinement la sérénité et le charme d'une vie simple. Écrire une lettre à l'enfant intérieur. Une autre approche est d'écrire au petit enfant. Rédigez 1, 2, 3 pages ou plus pour lui montrer que vous savez qu'il est là en vous et que vous ferez tout ce que vous pouvez pour soigner ses blessures. Après lui avoir écrit plusieurs lettres, vous pourrez remarquer que lui aussi a peut-être quelque chose à vous écrire en réponse. Partagez les joies avec l'enfant intérieur. Une autre manière de veiller à ce que le petit enfant en nous se sente en sécurité est de l'inviter à nous accompagner pour jouer dans la cour du moment présent. Lorsque nous escaladons une montagne magnifique, invitons le petit enfant à grimper avec nous. Quand nous contemplons un magnifique coucher de soleil, invitons-le à le savourer ensemble. Là encore, en poursuivant cette pratique quelques semaines ou quelques mois, l'enfant pourra guérir ses blessures. Nous asseoir avec des amis de la Sangha. Si nous avons profondément souffert durant l'enfance, il te sera difficile d'oser encore faire confiance et aimer. Nous craignons de laisser l'amour nous pénétrer et pourtant cette pratique nous invite à retourner en nous afin de prendre bien soin de notre enfant blessé, même si cela peut parfois se révéler particulièrement difficile. Il nous faut quelques pistes des instructions sur la manière de pratiquer afin de ne pas nous laisser submerger par la douleur intérieure. La pratique consiste à développer l'énergie de pleine conscience pour nous renforcer. Et pour ce faire, l'énergie de pleine conscience de nos amis peut également être une aide précieuse. Il est possible que quand nous reviendrons à nous pour la première fois, nous ayons besoin de la présence rassurante d'un ou deux amis, en particulier ceux qui ont déjà l'expérience de cette pratique, pour nous apporter soutien, pleine conscience et énergie. Si un ami est assis à côté de nous et nous tient la main, nous pourrons combiner son énergie à la nôtre pour aller étreindre notre petit enfant blessé. Si vous avez une Sangha attentionnée, alors votre pratique sera facilitée. En revanche, il est souvent trop difficile de pratiquer seul, en particulier pour quelqu'un qui serait encore au début de sa pratique. C'est pourquoi il est si important de prendre refuge dans la Sangha, et d'avoir des frères et des sœurs de pratique pour bénéficier du soutien et des conseils nécessaires dans les moments difficiles.
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